{"id":639,"date":"2026-03-26T11:24:38","date_gmt":"2026-03-26T10:24:38","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/grande-berce\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:11","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:11","slug":"grande-berce","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/grande-berce\/","title":{"rendered":"GRANDE BERCE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Grande%20berce.jpg\" alt=\"Planche botanique Grande berce\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<p><em>Heracleum sphondylium<\/em> L.<\/p>\n<figure class=\"botanical-commons-figure botanical-commons-figure--grande-berce botanical-commons-figure--pissenlit-officinal\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/botanical-local-main-20-683x1024-transparentfix-std-transparent.png\" alt=\"GRANDE BERCE\"><\/figure>\n<p><strong>Famille :<\/strong> Apiaceae.<\/p>\n<p><strong>Noms vernaculaires :<\/strong> grande berce, berce commune, berce sphondyle, patte-d&rsquo;ours, branc-ursine.<\/p>\n<p>La grande berce est l&rsquo;une des Apiac\u00e9es les plus imposantes et les plus communes de la flore europ\u00e9enne. Plante robuste des prairies grasses, des lisi\u00e8res, des foss\u00e9s et des m\u00e9gaphorbiaies, elle peut atteindre deux m\u00e8tres de hauteur et d\u00e9ployer des ombelles de 20 \u00e0 30 cm de diam\u00e8tre. Son allure massive, ses feuilles profond\u00e9ment d\u00e9coup\u00e9es et ses tiges cannel\u00e9es-velues en font une plante facilement reconnaissable, m\u00eame de loin.<\/p>\n<p>La grande berce est \u00e0 la fois comestible (jeunes pousses, p\u00e9tioles, boutons floraux) et phototoxique (s\u00e8ve contenant des <strong>furanocoumarines<\/strong>). Cette dualit\u00e9 en fait une plante embl\u00e9matique de la cueillette sauvage : largement consomm\u00e9e dans les traditions culinaires d&rsquo;Europe du Nord et de l&rsquo;Est, mais \u00e0 manipuler avec pr\u00e9caution en raison du risque de br\u00fblures cutan\u00e9es photosensibilisantes. Elle est aussi l&rsquo;objet d&rsquo;une confusion fr\u00e9quente avec la berce du Caucase (<em>Heracleum mantegazzianum<\/em>), esp\u00e8ce invasive beaucoup plus dangereuse.<\/p>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>R\u00e8gne :<\/strong> Plantae<\/li>\n<li><strong>Division :<\/strong> Magnoliophyta<\/li>\n<li><strong>Classe :<\/strong> Magnoliopsida<\/li>\n<li><strong>Ordre :<\/strong> Apiales<\/li>\n<li><strong>Famille :<\/strong> Apiaceae<\/li>\n<li><strong>Genre :<\/strong> <em>Heracleum<\/em> L.<\/li>\n<li><strong>Esp\u00e8ce :<\/strong> <em>Heracleum sphondylium<\/em> L.<\/li>\n<li><strong>Noms vernaculaires :<\/strong> grande berce, berce commune, patte-d&rsquo;ours.<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>\u00c9tymologie :<\/strong> <em>Heracleum<\/em> (H\u00e9racl\u00e8s, Hercule) \u00e9voque la stature imposante de la plante, digne du h\u00e9ros mythologique. <em>Sphondylium<\/em> d\u00e9rive du grec <em>sphondylos<\/em> (vert\u00e8bre), allusion aux entre-n\u0153uds renfl\u00e9s de la tige ou \u00e0 la forme des graines.<\/p>\n<p>Le genre <em>Heracleum<\/em> comprend environ 70 esp\u00e8ces en Eurasie et en Am\u00e9rique du Nord. <em>H. sphondylium<\/em> est l&rsquo;esp\u00e8ce type, extr\u00eamement polymorphe, subdivis\u00e9e en plusieurs sous-esp\u00e8ces selon les r\u00e9gions (subsp. <em>sphondylium<\/em>, subsp. <em>pyrenaicum<\/em>, subsp. <em>elegans<\/em>, etc.). La distinction avec les formes invasives du groupe de la berce du Caucase est un enjeu pratique et r\u00e9glementaire majeur.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>Plante herbac\u00e9e bisannuelle \u00e0 vivace, robuste, de 80 \u00e0 200 cm de hauteur. Tige dress\u00e9e, \u00e9paisse (2 \u00e0 5 cm de diam\u00e8tre), creuse, profond\u00e9ment <strong>cannel\u00e9e-sillonn\u00e9e<\/strong>, couverte de poils raides, souvent teint\u00e9e de rouge\u00e2tre aux n\u0153uds. Les entre-n\u0153uds sont renfl\u00e9s, les gaines foliaires tr\u00e8s d\u00e9velopp\u00e9es, ventrues, embrassantes.<\/p>\n<p>Les feuilles sont <strong>alternes<\/strong>, tr\u00e8s grandes (30 \u00e0 60 cm), <strong>pennatis\u00e9qu\u00e9es<\/strong> \u00e0 3-5 segments (folioles) larges, profond\u00e9ment lob\u00e9s ou incis\u00e9s, \u00e0 marge irr\u00e9guli\u00e8rement dent\u00e9e. Les segments sont ovales \u00e0 oblongs, pubescents sur les deux faces (surtout dessous), \u00e0 nervation penn\u00e9e bien marqu\u00e9e. Les feuilles basales sont longuement p\u00e9tiol\u00e9es, avec une gaine massive.<\/p>\n<p>L&rsquo;inflorescence est une tr\u00e8s grande <strong>ombelle compos\u00e9e<\/strong>, de 15 \u00e0 30 cm de diam\u00e8tre, \u00e0 15-30 rayons in\u00e9gaux. L&rsquo;involucre est absent ou r\u00e9duit \u00e0 quelques bract\u00e9es caduques. L&rsquo;involucelle est constitu\u00e9 de bract\u00e9oles lin\u00e9aires r\u00e9fl\u00e9chies. Les fleurs sont blanches, parfois ros\u00e9es, \u00e0 5 p\u00e9tales profond\u00e9ment bifides, in\u00e9gaux (les p\u00e9tales p\u00e9riph\u00e9riques des fleurs marginales sont nettement plus grands, rayonnants \u2014 caract\u00e8re diagnostique du genre). Cinq \u00e9tamines. Ovaire inf\u00e8re biloculaire. Deux styles r\u00e9fl\u00e9chis.<\/p>\n<p>Le fruit est un <strong>diak\u00e8ne<\/strong> aplati dorsalement, large, orbiculaire, de 7 \u00e0 10 mm, \u00e0 c\u00f4tes fines et \u00e0 vittae (bandelettes) en massue raccourcies, ne descendant pas jusqu&rsquo;\u00e0 la base du m\u00e9ricarpe \u2014 caract\u00e8re distinctif important du genre <em>Heracleum<\/em>.<\/p>\n<p>Floraison : juin \u00e0 septembre.<\/p>\n<hr>\n<h3>HABITAT, \u00c9COLOGIE ET R\u00c9PARTITION<\/h3>\n<p>La grande berce est une esp\u00e8ce de milieux frais et riches : prairies grasses, m\u00e9gaphorbiaies, lisi\u00e8res, foss\u00e9s, berges de cours d&rsquo;eau, haies, talus humides, friches prairiales et bords de chemin. Elle pr\u00e9f\u00e8re les sols profonds, frais \u00e0 humides, riches en azote, neutres \u00e0 basiques, argileux ou limoneux. C&rsquo;est une esp\u00e8ce nitrophile, semi-h\u00e9liophile, caract\u00e9ristique des prairies de fauche et des ourlets frais.<\/p>\n<p>R\u00e9partition : toute l&rsquo;Europe, de l&rsquo;Islande \u00e0 la Turquie et de la Scandinavie \u00e0 la M\u00e9diterran\u00e9e. Naturalis\u00e9e en Am\u00e9rique du Nord. En France, elle est commune dans tous les d\u00e9partements, du littoral aux \u00e9tages montagnards (jusqu&rsquo;\u00e0 2000 m). Probablement l&rsquo;une des Apiac\u00e9es les plus abondantes du territoire.<\/p>\n<p>Phytosociologiquement, elle appartient aux prairies de fauche du <em>Arrhenatherion<\/em>, aux m\u00e9gaphorbiaies du <em>Filipendulion<\/em> et aux ourlets du <em>Aegopodion<\/em>. Elle est indicatrice de sols riches, frais et bien pourvus en azote.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Jeunes pousses et p\u00e9tioles :<\/strong> usage alimentaire principal (consomm\u00e9s cuits, pel\u00e9s, \u00e0 saveur douce). Les p\u00e9tioles charnus, pel\u00e9s et blanchis, sont un l\u00e9gume de cueillette appr\u00e9ci\u00e9.<\/li>\n<li><strong>Boutons floraux :<\/strong> consomm\u00e9s comme l\u00e9gume (confits, saut\u00e9s, lactoferment\u00e9s).<\/li>\n<li><strong>Fruits (graines) :<\/strong> usage condimentaire et aromatique (saveur \u00e9pic\u00e9e, proche du cumin).<\/li>\n<li><strong>Racine :<\/strong> usage m\u00e9dicinal populaire (digestif, carminatif).<\/li>\n<\/ul>\n<p>La manipulation de la plante fra\u00eeche doit se faire avec des gants ou en \u00e9vitant le contact de la s\u00e8ve avec la peau, surtout par temps ensoleill\u00e9. La cuisson et le pelage des p\u00e9tioles r\u00e9duisent le risque de phytophotodermatose.<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<h3>A. Furanocoumarines<\/h3>\n<p>La grande berce contient des <strong>furanocoumarines<\/strong> (psoral\u00e8nes) dans tous ses organes, mais principalement dans la s\u00e8ve, les fruits et la surface des tiges et p\u00e9tioles. Les compos\u00e9s principaux sont le <strong>psoral\u00e8ne<\/strong>, le <strong>bergapt\u00e8ne<\/strong> (5-m\u00e9thoxypsoral\u00e8ne), le <strong>xanthotoxine<\/strong> (8-m\u00e9thoxypsoral\u00e8ne) et l&rsquo;<strong>isopimpinelline<\/strong>. Les concentrations sont nettement plus faibles que chez la berce du Caucase (<em>H. mantegazzianum<\/em>), ce qui explique la moindre s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 des phytophotodermatoses.<\/p>\n<h3>B. Huiles essentielles<\/h3>\n<p>Les fruits contiennent une <strong>huile essentielle<\/strong> riche en esters (ac\u00e9tate d&rsquo;octyle, ac\u00e9tate d&rsquo;hexyle) et en alcools terp\u00e9niques, responsable de l&rsquo;ar\u00f4me \u00e9pic\u00e9 caract\u00e9ristique. Cette huile a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9e en parfumerie et en aromatique.<\/p>\n<h3>C. Flavono\u00efdes et polyph\u00e9nols<\/h3>\n<p>Des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a>, kaempf\u00e9rol, isoquercitrine), des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> et des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/coumarines\/\">coumarines<\/a> simples<\/strong> (ombellif\u00e9rone, scopol\u00e9tine) compl\u00e8tent le profil phytochimique et contribuent aux propri\u00e9t\u00e9s antioxydantes.<\/p>\n<h3>D. Nutriments<\/h3>\n<p>Les jeunes p\u00e9tioles sont riches en <strong>vitamine C<\/strong>, en <strong>fibres<\/strong>, en <strong>potassium<\/strong> et en <strong>prot\u00e9ines<\/strong> (pour un l\u00e9gume). Leur valeur nutritionnelle est comparable \u00e0 celle du c\u00e9leri-branche.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Phototoxicit\u00e9 (furanocoumarines) :<\/strong> m\u00e9canisme identique \u00e0 celui du panais (intercalation dans l&rsquo;ADN, pontages sous UVA), mais \u00e0 des concentrations g\u00e9n\u00e9ralement moindres. Le risque de br\u00fblure est r\u00e9el mais mod\u00e9r\u00e9 compar\u00e9 \u00e0 la berce du Caucase.<\/li>\n<li><strong>Carminatif et spasmolytique (huile essentielle) :<\/strong> l&rsquo;huile des fruits exerce un effet relaxant sur les muscles lisses digestifs.<\/li>\n<li><strong>Anti-inflammatoire (flavono\u00efdes, coumarines) :<\/strong> effet anti-inflammatoire modeste li\u00e9 aux <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/polyphenols\/\">polyph\u00e9nols<\/a> et \u00e0 l&rsquo;ombellif\u00e9rone.<\/li>\n<li><strong>Digestif et ap\u00e9ritif :<\/strong> la tradition populaire attribue \u00e0 la racine et aux fruits des propri\u00e9t\u00e9s stimulantes de l&rsquo;app\u00e9tit et facilitatrices de la digestion.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h3>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h3>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2605\u2606<\/strong> Int\u00e9r\u00eat alimentaire (l\u00e9gume de cueillette)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Phototoxicit\u00e9 (furanocoumarines \u2014 risque mod\u00e9r\u00e9)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Carminatif (fruits, usage populaire)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Digestif (racine, tradition)<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Les donn\u00e9es cliniques sp\u00e9cifiques \u00e0 la grande berce sont limit\u00e9es aux cas de phytophotodermatose (br\u00fblures de contact, s\u00e9ries dermatologiques). Les br\u00fblures sont g\u00e9n\u00e9ralement moins s\u00e9v\u00e8res que celles de la berce du Caucase, mais peuvent n\u00e9anmoins n\u00e9cessiter une prise en charge dermatologique (deuxi\u00e8me degr\u00e9, hyperpigmentation r\u00e9siduelle).<\/p>\n<p>L&rsquo;usage alimentaire est consid\u00e9r\u00e9 comme s\u00fbr apr\u00e8s cuisson et pelage. Aucun essai clinique n&rsquo;a \u00e9valu\u00e9 les propri\u00e9t\u00e9s m\u00e9dicinales de la plante. La berce ne figure dans aucune pharmacop\u00e9e contemporaine comme substance m\u00e9dicinale.<\/p>\n<hr>\n<h3>TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h3>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe chimique<\/th>\n<th>Organe<\/th>\n<th>Effet<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td><strong>Psoral\u00e8ne, bergapt\u00e8ne, xanthotoxine<\/strong><\/td>\n<td>Furanocoumarines<\/td>\n<td>S\u00e8ve, fruits<\/td>\n<td>Phototoxique<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Ac\u00e9tate d&rsquo;octyle<\/td>\n<td>Ester terp\u00e9nique<\/td>\n<td>Fruits<\/td>\n<td>Aromatique, carminatif<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Ombellif\u00e9rone<\/td>\n<td>Coumarine simple<\/td>\n<td>Parties a\u00e9riennes<\/td>\n<td>Anti-inflammatoire l\u00e9ger<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Querc\u00e9tine, kaempf\u00e9rol<\/td>\n<td>Flavono\u00efdes<\/td>\n<td>Feuilles<\/td>\n<td>Antioxydant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Vitamine C<\/td>\n<td>Vitamine<\/td>\n<td>P\u00e9tioles<\/td>\n<td>Nutrition<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Furanocoumarines<\/td>\n<td>Coumarine<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Psoral\u00e8ne<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Bergapt\u00e8ne<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Xanthotoxine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Isopimpinelline<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Usage alimentaire :<\/strong> jeunes p\u00e9tioles pel\u00e9s et cuits (soupe, saut\u00e9, gratin), boutons floraux confits ou lactoferment\u00e9s, fruits en \u00e9pice (ar\u00f4me de cumin).<\/li>\n<li><strong>D\u00e9coction de racine :<\/strong> usage populaire comme digestif et carminatif (non officinal).<\/li>\n<li><strong>Distillation :<\/strong> dans certaines traditions d&rsquo;Europe de l&rsquo;Est, les p\u00e9tioles ferment\u00e9s donnent un alcool de berce (barszcz en polonais, d&rsquo;o\u00f9 le nom de la soupe).<\/li>\n<\/ul>\n<p>Aucune forme gal\u00e9nique officinale. L&rsquo;usage est exclusivement alimentaire et artisanal.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Le risque toxicologique principal est la <strong>phytophotodermatose<\/strong> par contact de la s\u00e8ve avec la peau, suivie d&rsquo;exposition aux UVA. Les br\u00fblures sont g\u00e9n\u00e9ralement mod\u00e9r\u00e9es (premier \u00e0 deuxi\u00e8me degr\u00e9 superficiel) chez <em>H. sphondylium<\/em>, contrairement \u00e0 la berce du Caucase qui provoque des br\u00fblures s\u00e9v\u00e8res et \u00e9tendues.<\/p>\n<p><strong>Pr\u00e9vention :<\/strong> port de gants et de manches longues lors de la manipulation, lavage imm\u00e9diat en cas de contact, protection solaire dans les 48 heures suivantes. Les cueilleurs exp\u00e9riment\u00e9s r\u00e9coltent les p\u00e9tioles le matin par temps couvert et les p\u00e8lent imm\u00e9diatement.<\/p>\n<p>La confusion avec la berce du Caucase (<em>H. mantegazzianum<\/em>) est le risque le plus grave. La berce du Caucase est beaucoup plus grande (3 \u00e0 5 m), \u00e0 tiges tachet\u00e9es de pourpre, \u00e0 feuilles encore plus grandes, et \u00e0 concentrations en furanocoumarines bien sup\u00e9rieures. La distinction est importante sur le plan de la s\u00e9curit\u00e9 publique (esp\u00e8ce invasive soumise \u00e0 obligation de destruction dans de nombreux pays).<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>La grande berce est consomm\u00e9e depuis des mill\u00e9naires en Europe. Son nom slave (<em>barszcz<\/em>, d&rsquo;o\u00f9 le mot \u00ab borchtch \u00bb) t\u00e9moigne de son importance dans la cuisine d&rsquo;Europe de l&rsquo;Est, o\u00f9 les p\u00e9tioles et les jeunes pousses entraient dans la pr\u00e9paration de soupes et de ragouts. En Scandinavie, les p\u00e9tioles \u00e9taient consomm\u00e9s comme l\u00e9gume courant, parfois ferment\u00e9s pour produire une boisson alcoolis\u00e9e.<\/p>\n<p>En France, la grande berce \u00e9tait consomm\u00e9e dans les campagnes comme \u00ab l\u00e9gume de disette \u00bb ou comme verdure printani\u00e8re. Fournier (1948) la cite parmi les \u00ab plantes alimentaires des temps de famine \u00bb. La tradition herboriste lui attribuait des vertus digestives, carminatives et aphrodisiaques (Matthiole, Culpeper). La racine \u00e9tait employ\u00e9e en d\u00e9coction contre les coliques et les flatulences.<\/p>\n<p>La red\u00e9couverte de la grande berce par la gastronomie sauvage contemporaine en a fait un \u00ab l\u00e9gume star \u00bb de la cueillette, au m\u00eame titre que le plantain, l&rsquo;ail des ours et l&rsquo;ortie. Plusieurs chefs \u00e9toil\u00e9s int\u00e8grent ses p\u00e9tioles et ses boutons floraux dans leurs cartes.<\/p>\n<hr>\n<h3>CONFUSIONS ET DISTINCTIONS<\/h3>\n<ul>\n<li><strong><em>Heracleum mantegazzianum<\/em> (berce du Caucase) :<\/strong> beaucoup plus grande (3 \u00e0 5 m), tige tach\u00e9e de pourpre, feuilles de 1 m ou plus, concentrations en furanocoumarines tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9es. Esp\u00e8ce invasive dangereuse. Distinction par la taille et les macules de la tige.<\/li>\n<li><strong><em>Angelica sylvestris<\/em> (ang\u00e9lique sauvage) :<\/strong> tige souvent violac\u00e9e, lisse (pas cannel\u00e9e), feuilles plus finement d\u00e9coup\u00e9es, ombelles plus petites et souvent ros\u00e9es. Gaine foliaire tr\u00e8s renfl\u00e9e.<\/li>\n<li><strong><em>Pastinaca sativa<\/em> (panais sauvage) :<\/strong> ombelles jaune verd\u00e2tre (pas blanches), feuilles \u00e0 folioles plus larges et moins d\u00e9coup\u00e9es, plante pubescente mais plus modeste.<\/li>\n<li><strong><em>Conium maculatum<\/em> (grande cigu\u00eb) :<\/strong> tige lisse, glabre, \u00e0 macules pourpres, odeur f\u00e9tide. Ne pas confondre avec la berce qui est velue, cannel\u00e9e et \u00e0 odeur herbac\u00e9e.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Le crit\u00e8re le plus fiable est la combinaison : tige \u00e9paisse cannel\u00e9e velue + feuilles pennatis\u00e9qu\u00e9es \u00e0 grands segments lob\u00e9s + grandes ombelles blanches \u00e0 p\u00e9tales in\u00e9gaux (rayonnants) + gaine foliaire ventrue.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p><em>Heracleum sphondylium<\/em> est une grande Apiac\u00e9e des prairies fra\u00eeches et des lisi\u00e8res, \u00e0 ombelles blanches imposantes, \u00e0 p\u00e9tales rayonnants in\u00e9gaux et \u00e0 fruits aplatis. Son profil phytochimique associe des furanocoumarines phototoxiques (mod\u00e9r\u00e9es par rapport \u00e0 la berce du Caucase), une huile essentielle aromatique (fruits) et des polyph\u00e9nols antioxydants. La plante est comestible (p\u00e9tioles, jeunes pousses, boutons floraux) mais phototoxique \u00e0 la manipulation.<\/p>\n<p>Son int\u00e9r\u00eat est alimentaire (l\u00e9gume de cueillette red\u00e9couvert, cuisine sauvage), botanique (Apiac\u00e9e formatrice, morphologie imposante et caract\u00e9ristique), toxicologique (mod\u00e8le de phytophotodermatose, comparaison avec la berce du Caucase) et ethnobotanique (plante alimentaire ancestrale d&rsquo;Europe, lien avec la cuisine slave et scandinave). Elle illustre la fronti\u00e8re subtile entre plante comestible et plante phototoxique, exigeant une connaissance botanique pr\u00e9cise et des pr\u00e9cautions de manipulation adapt\u00e9es.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li>Plants of the World Online (POWO), Royal Botanic Gardens, Kew. <em>Heracleum sphondylium<\/em> L.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica \u2014 Flore de France<\/em>. Biotope \u00c9ditions, 2014.<\/li>\n<li>Bruneton J. <em>Pharmacognosie \u2014 Phytochimie, Plantes m\u00e9dicinales<\/em>. 5<sup>e<\/sup> \u00e9d., Lavoisier Tec &amp; Doc, 2016.<\/li>\n<li>Tela Botanica \u2014 <em>Heracleum sphondylium<\/em>.<\/li>\n<li>Couplan F. <em>Le r\u00e9gal v\u00e9g\u00e9tal \u2014 Plantes sauvages comestibles<\/em>. \u00c9ditions Sang de la Terre, 2009.<\/li>\n<li>Zobel A.M., Brown S.A. \u00ab Furanocoumarins on the leaf surface of <em>Heracleum<\/em> \u00bb. <em>Journal of Chemical Ecology<\/em>, 1990.<\/li>\n<li>Fournier P. <em>Le Livre des plantes m\u00e9dicinales et v\u00e9n\u00e9neuses de France<\/em>. Lechevalier, 1947-1948.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Digestif<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Carminatif<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antioxydant<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Heracleum sphondylium L. Famille : Apiaceae. Noms vernaculaires : grande berce, berce commune, berce sphondyle, patte-d&rsquo;ours, branc-ursine. 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