{"id":640,"date":"2026-03-26T11:24:39","date_gmt":"2026-03-26T10:24:39","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/laser-de-france\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:11","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:11","slug":"laser-de-france","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/laser-de-france\/","title":{"rendered":"LASER DE FRANCE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Laser%20de%20France.jpg\" alt=\"Planche botanique Laser de France\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<p>Le laser de France est une Apiac\u00e9e robuste des pelouses s\u00e8ches et des garrigues calcaires du Midi et des montagnes, dont la silhouette imposante et les ombelles larges et plates dominent la v\u00e9g\u00e9tation herbac\u00e9e de juillet \u00e0 septembre. Plante aromatique autrefois utilis\u00e9e comme condiment et comme rem\u00e8de des affections respiratoires, il est devenu un bon indicateur des pelouses calcicoles extensives, habitats en r\u00e9gression dans les plaines agricoles.<\/p>\n<p><em>Laserpitium gallicum<\/em> L. est l&rsquo;un des repr\u00e9sentants les plus caract\u00e9ristiques du genre <em>Laserpitium<\/em>, h\u00e9ritier des anciens <em>lasers<\/em> de l&rsquo;Antiquit\u00e9 dont le silphium de Cyr\u00e8ne \u2014 aujourd&rsquo;hui \u00e9teint \u2014 demeure le plus c\u00e9l\u00e8bre. Bien que jamais confondu avec ce dernier, le laser de France partage avec lui une r\u00e9sine aromatique et une appartenance \u00e0 un groupe de plantes dont la valeur condimentaire et m\u00e9dicale a nourri l&rsquo;histoire de la pharmacie m\u00e9diterran\u00e9enne.<\/p>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p><strong>Classification :<\/strong> R\u00e8gne Plantae \u2014 Division Magnoliophyta \u2014 Classe Magnoliopsida \u2014 Ordre Apiales \u2014 Famille Apiaceae (Ombellif\u00e8res) \u2014 Genre <em>Laserpitium<\/em> \u2014 Esp\u00e8ce <em>Laserpitium gallicum<\/em> L.<\/p>\n<p><strong>Synonymes :<\/strong> <em>Laserpitium gallicum<\/em> var. <em>angustifolium<\/em> Gouan, <em>Laserpitium peucedanoides<\/em> auct. non L.<\/p>\n<p><strong>Noms vernaculaires :<\/strong> Laser de France, Laser \u00e0 feuilles larges, Laser gaulois, Laser odorant. En occitan : <em>laser\u00f2<\/em>.<\/p>\n<p><strong>\u00c9tymologie :<\/strong> Le nom de genre <em>Laserpitium<\/em> d\u00e9rive du latin <em>laser<\/em>, terme d\u00e9signant la r\u00e9sine aromatique tir\u00e9e de certaines ombellif\u00e8res dans l&rsquo;Antiquit\u00e9, et de <em>pitium<\/em>, apparent\u00e9 \u00e0 <em>pituita<\/em> (suc, gomme). L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>gallicum<\/em> renvoie \u00e0 la Gaule, c\u0153ur de l&rsquo;aire de distribution de cette esp\u00e8ce essentiellement franco-ib\u00e9rique.<\/p>\n<p>Le genre <em>Laserpitium<\/em> comprend une dizaine d&rsquo;esp\u00e8ces europ\u00e9ennes, principalement montagnardes et m\u00e9diterran\u00e9ennes. <em>L. gallicum<\/em> se distingue des autres esp\u00e8ces fran\u00e7aises \u2014 <em>L. latifolium<\/em> (laser \u00e0 larges feuilles), <em>L. siler<\/em> (laser siler), <em>L. prutenicum<\/em> \u2014 par ses feuilles finement divis\u00e9es et son \u00e9cologie calcicole thermophile.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>Le laser de France est une plante vivace herbac\u00e9e de 30 \u00e0 100 cm de hauteur, parfois davantage, \u00e0 port dress\u00e9 et ramifi\u00e9 dans le tiers sup\u00e9rieur. La souche, \u00e9paisse et ligneuse, \u00e9met une ou plusieurs tiges robustes, stri\u00e9es longitudinalement, glabres et glauques, d&rsquo;un vert bleut\u00e9 caract\u00e9ristique.<\/p>\n<p>Les feuilles basales, longuement p\u00e9tiol\u00e9es, sont tr\u00e8s grandes (jusqu&rsquo;\u00e0 40 cm), bi- \u00e0 tri-pennatis\u00e9qu\u00e9es, \u00e0 segments lin\u00e9aires \u00e9troits, coriaces, d&rsquo;un vert gris\u00e2tre. Les feuilles caulinaires sont progressivement r\u00e9duites, avec des gaines engainantes bien d\u00e9velopp\u00e9es. L&rsquo;ensemble du feuillage d\u00e9gage une odeur aromatique r\u00e9sineuse au froissement, rappelant vaguement la carotte et le c\u00e9leri.<\/p>\n<p>Les fleurs, blanches ou jaun\u00e2tres, sont group\u00e9es en ombelles compos\u00e9es de 15 \u00e0 40 rayons in\u00e9gaux, port\u00e9es au sommet des tiges. Les involucres et involucelles sont constitu\u00e9s de bract\u00e9es lin\u00e9aires, r\u00e9fl\u00e9chies. Le calice est \u00e0 cinq dents minuscules ; la corolle comprend cinq p\u00e9tales \u00e9chancr\u00e9s, infl\u00e9chis au sommet.<\/p>\n<p>Le fruit est un diak\u00e8ne ovo\u00efde de 6 \u00e0 10 mm, comprim\u00e9 par le dos, portant quatre ailes membraneuses longitudinales tr\u00e8s d\u00e9velopp\u00e9es \u2014 caract\u00e8re diagnostique du genre <em>Laserpitium<\/em>. Ces ailes facilitent la diss\u00e9mination an\u00e9mochore. Le fruit contient des canaux s\u00e9cr\u00e9teurs (vittae) remplis de r\u00e9sine aromatique, qui conf\u00e8rent \u00e0 la plante son odeur caract\u00e9ristique.<\/p>\n<p>La floraison s&rsquo;\u00e9tend de juillet \u00e0 septembre, selon l&rsquo;altitude. La pollinisation est entomophile, assur\u00e9e par un cort\u00e8ge diversifi\u00e9 de dipt\u00e8res et d&rsquo;hym\u00e9nopt\u00e8res attir\u00e9s par le nectar abondant des ombelles.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9cologie et r\u00e9partition<\/h3>\n<p>Le laser de France est une esp\u00e8ce ouest-m\u00e9diterran\u00e9enne et montagnarde, dont l&rsquo;aire s&rsquo;\u00e9tend de la p\u00e9ninsule Ib\u00e9rique (Catalogne, Aragon, Castille) au sud-est de la France, en passant par les Pyr\u00e9n\u00e9es, le Massif central, les Pr\u00e9alpes m\u00e9ridionales et la Corse. Il est absent du nord de la France et de l&rsquo;Europe septentrionale.<\/p>\n<p>Son habitat de pr\u00e9dilection comprend les pelouses s\u00e8ches calcicoles, les garrigues ouvertes, les \u00e9boulis stabilis\u00e9s, les rocailles et les lisi\u00e8res thermophiles des ch\u00eanaies pubescentes, entre 200 et 1 800 m d&rsquo;altitude. Il affectionne les sols calcaires, pierreux, bien drain\u00e9s, en exposition chaude. C&rsquo;est une esp\u00e8ce h\u00e9liophile qui ne tol\u00e8re pas l&rsquo;ombrage dense.<\/p>\n<p>Le laser de France est un marqueur phytosociologique des pelouses du <em>Mesobromion<\/em> et du <em>Xerobromion<\/em> m\u00e9diterran\u00e9o-montagnard. Sa pr\u00e9sence signale des milieux ouverts \u00e0 gestion extensive, sensibles \u00e0 la fermeture du couvert v\u00e9g\u00e9tal par abandon pastoral. En contexte de d\u00e9prise agricole, les populations de laser reculent lorsque les pelouses sont envahies par les ligneux (buis, gen\u00e9vrier, pin sylvestre).<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>La drogue v\u00e9g\u00e9tale traditionnelle est constitu\u00e9e des <strong>racines<\/strong> et des <strong>fruits<\/strong>, r\u00e9colt\u00e9s respectivement \u00e0 l&rsquo;automne (deuxi\u00e8me ann\u00e9e) et \u00e0 maturit\u00e9 (septembre-octobre). La racine, charnue et aromatique, contient une r\u00e9sine ol\u00e9o-gommeuse que les anciens auteurs comparaient au <em>laser<\/em> antique. Les fruits, riches en huile essentielle, \u00e9taient r\u00e9colt\u00e9s pour leur ar\u00f4me condimentaire.<\/p>\n<p>Les <strong>parties a\u00e9riennes<\/strong> (feuilles, tiges) ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9es en m\u00e9decine populaire m\u00e9ridionale, mais moins syst\u00e9matiquement que la racine.<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>La composition phytochimique du laser de France est domin\u00e9e par les terp\u00e9no\u00efdes, caract\u00e9ristiques des Apiac\u00e9es aromatiques.<\/p>\n<p><strong>Huile essentielle :<\/strong> pr\u00e9sente dans les fruits (1 \u00e0 3 % de la mati\u00e8re s\u00e8che) et dans la racine (0,5 \u00e0 1,5 %), elle contient principalement de l&rsquo;<strong>alpha-<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/pinene\/\">pin\u00e8ne<\/a><\/strong>, du <strong>b\u00eata-pin\u00e8ne<\/strong>, du <strong>sabin\u00e8ne<\/strong>, du <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/limonene\/\">limon\u00e8ne<\/a><\/strong> et du <strong>myrc\u00e8ne<\/strong> comme <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/monoterpenes\/\">monoterp\u00e8nes<\/a> dominants. Des <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/sesquiterpenes\/\">sesquiterp\u00e8nes<\/a> (<strong>b\u00eata-caryophyll\u00e8ne<\/strong>, <strong>germacr\u00e8ne D<\/strong>) compl\u00e8tent le profil. La composition varie significativement selon la provenance g\u00e9ographique et l&rsquo;altitude.<\/p>\n<p><strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/coumarines\/\">Coumarines<\/a> :<\/strong> la racine contient des coumarines simples et des furanocoumarines, notamment l&rsquo;<strong>ombellif\u00e9rone<\/strong>, la <strong>bergapt\u00e8ne<\/strong> et l&rsquo;<strong>isoimperatorine<\/strong>. Ces compos\u00e9s sont responsables de la photosensibilisation potentielle associ\u00e9e au genre <em>Laserpitium<\/em>.<\/p>\n<p><strong>Lactones sesquiterp\u00e9niques :<\/strong> des d\u00e9riv\u00e9s de type guaianolide ont \u00e9t\u00e9 isol\u00e9s de la racine, contribuant aux propri\u00e9t\u00e9s am\u00e8res et anti-inflammatoires traditionnellement reconnues.<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sine ol\u00e9o-gommeuse :<\/strong> la racine exsude, \u00e0 la cassure, un latex r\u00e9sineux jaun\u00e2tre qui durcit \u00e0 l&rsquo;air. Cette r\u00e9sine, m\u00e9lange complexe de terp\u00e9no\u00efdes et de polysaccharides, constitue le <em>laser<\/em> au sens strict des anciens pharmaciens.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>Les propri\u00e9t\u00e9s pharmacologiques du laser de France sont document\u00e9es principalement par la tradition et par extrapolation \u00e0 partir d&rsquo;esp\u00e8ces apparent\u00e9es, les \u00e9tudes pharmacologiques sp\u00e9cifiques \u00e0 <em>L. gallicum<\/em> restant rares.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 expectorante et mucolytique :<\/strong> l&rsquo;huile essentielle riche en monoterp\u00e8nes (alpha-pin\u00e8ne, limon\u00e8ne) conf\u00e8re \u00e0 la plante des propri\u00e9t\u00e9s expectorantes par stimulation de la s\u00e9cr\u00e9tion bronchique et liqu\u00e9faction du mucus. Cet usage est commun aux Apiac\u00e9es aromatiques et justifie l&#8217;emploi traditionnel contre la toux et les catarrhes.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 carminative et digestive :<\/strong> les monoterp\u00e8nes et les coumarines exercent un effet spasmolytique sur les fibres musculaires lisses du tractus digestif. L&rsquo;infusion de racine ou de fruits \u00e9tait prescrite contre les flatulences, les coliques et l&rsquo;atonie digestive.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 anti-inflammatoire :<\/strong> les lactones sesquiterp\u00e9niques et les furanocoumarines poss\u00e8dent des propri\u00e9t\u00e9s anti-inflammatoires document\u00e9es, par inhibition de la synth\u00e8se des prostaglandines et des leucotri\u00e8nes.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 antimicrobienne :<\/strong> l&rsquo;huile essentielle pr\u00e9sente une activit\u00e9 antibact\u00e9rienne mod\u00e9r\u00e9e <em>in vitro<\/em>, principalement attribu\u00e9e \u00e0 l&rsquo;alpha-pin\u00e8ne et au limon\u00e8ne.<\/p>\n<hr>\n<h3>Propri\u00e9t\u00e9s m\u00e9dicinales \u2014 Notation<\/h3>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Expectorant \/ Mucolytique<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Carminatif \/ Digestif<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2606\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2606\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antimicrobien<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Il n&rsquo;existe pas d&rsquo;essais cliniques modernes sp\u00e9cifiques au laser de France. Les donn\u00e9es disponibles reposent enti\u00e8rement sur la tradition d&rsquo;usage et sur les monographies historiques des auteurs m\u00e9ridionaux. L&rsquo;absence de donn\u00e9es cliniques refl\u00e8te le caract\u00e8re r\u00e9gional et la raret\u00e9 relative de cette plante, qui n&rsquo;a jamais fait l&rsquo;objet d&rsquo;une exploitation industrielle.<\/p>\n<p>Les indications traditionnelles \u2014 toux productive, bronchites, troubles digestifs fonctionnels, flatulences \u2014 sont pharmacologiquement coh\u00e9rentes avec la composition phytochimique, mais n&rsquo;ont pas \u00e9t\u00e9 valid\u00e9es par des \u00e9tudes contr\u00f4l\u00e9es.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Huile essentielle<\/td>\n<td>Huile essentielle<\/td>\n<td>Aromatique<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>B\u00eata-pin\u00e8ne<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Sabin\u00e8ne<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Myrc\u00e8ne<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>B\u00eata-caryophyll\u00e8ne<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p><strong>D\u00e9coction de racine :<\/strong> 5 \u00e0 10 g de racine s\u00e8che coup\u00e9e dans 250 ml d&rsquo;eau, port\u00e9s \u00e0 \u00e9bullition douce pendant 10 minutes. Deux tasses par jour, entre les repas.<\/p>\n<p><strong>Infusion de fruits :<\/strong> 2 \u00e0 3 g de fruits \u00e9cras\u00e9s dans 200 ml d&rsquo;eau fr\u00e9missante, couverts pendant 15 minutes. Apr\u00e8s les repas, comme digestif.<\/p>\n<p><strong>Teinture :<\/strong> mac\u00e9ration de racine fra\u00eeche dans l&rsquo;alcool \u00e0 60\u00b0, au titre de 1:5. Posologie indicative : 20 \u00e0 40 gouttes, deux \u00e0 trois fois par jour.<\/p>\n<p>Ces formes gal\u00e9niques rel\u00e8vent de l&rsquo;herboristerie traditionnelle m\u00e9ridionale et ne sont plus gu\u00e8re prescrites aujourd&rsquo;hui.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>La toxicit\u00e9 du laser de France est faible aux doses d&rsquo;usage traditionnel. Les principaux risques sont li\u00e9s aux <strong>furanocoumarines<\/strong> (bergapt\u00e8ne, isoimperatorine), qui sont des agents photosensibilisants. Le contact de la s\u00e8ve ou de la r\u00e9sine avec la peau, suivi d&rsquo;une exposition solaire, peut provoquer une phytophotodermatite (\u00e9ryth\u00e8me, v\u00e9sicules, hyperpigmentation r\u00e9siduelle) comparable \u00e0 celle caus\u00e9e par la berce du Caucase, bien que d&rsquo;intensit\u00e9 moindre.<\/p>\n<p><strong>Pr\u00e9cautions :<\/strong> \u00e9viter le contact cutan\u00e9 avec la r\u00e9sine avant exposition solaire. Usage d\u00e9conseill\u00e9 pendant la grossesse (les furanocoumarines sont potentiellement t\u00e9ratog\u00e8nes \u00e0 forte dose). Interactions possibles avec les anticoagulants coumariniques (warfarine), par comp\u00e9tition m\u00e9tabolique sur les cytochromes P450.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>Le laser de France occupe une place modeste mais constante dans l&rsquo;ethnobotanique m\u00e9ridionale fran\u00e7aise. Les bergers des Causses et des Pr\u00e9alpes utilisaient la racine r\u00e2p\u00e9e comme condiment \u00e2cre et aromatique, ajout\u00e9 aux soupes et aux rago\u00fbts de mouton. En Provence, les fruits \u00e9cras\u00e9s entraient dans la composition de m\u00e9langes d&rsquo;\u00e9pices locaux.<\/p>\n<p>Sur le plan m\u00e9dicinal, la tradition populaire attribuait au laser des vertus pectorales (contre la toux, l&rsquo;enrouement, les catarrhes chroniques), stomachiques (contre les digestions lentes et les ballonnements) et emm\u00e9nagogues (pour r\u00e9gulariser les r\u00e8gles). Ces usages sont mentionn\u00e9s par Lieutaghi dans <em>Le Livre des bonnes herbes<\/em> (1966) et par Fournier dans son <em>Dictionnaire<\/em> (1947).<\/p>\n<p>L&rsquo;assimilation symbolique entre le laser de France et le <em>silphium<\/em> de l&rsquo;Antiquit\u00e9 a nourri une litt\u00e9rature abondante mais largement sp\u00e9culative. Si <em>Laserpitium gallicum<\/em> n&rsquo;a \u00e9videmment rien \u00e0 voir avec le silphium cyr\u00e9n\u00e9en (<em>Ferula<\/em>?), il appartient n\u00e9anmoins au m\u00eame r\u00e9seau de plantes ombellif\u00e8res r\u00e9sineuses qui ont fourni aux civilisations m\u00e9diterran\u00e9ennes des condiments, des m\u00e9dicaments et des parfums pendant des mill\u00e9naires.<\/p>\n<hr>\n<h3>Int\u00e9r\u00eat \u00e9cologique et conservation<\/h3>\n<p>Le laser de France est une esp\u00e8ce indicatrice des pelouses calcicoles s\u00e8ches, habitats d&rsquo;int\u00e9r\u00eat communautaire au titre de la directive Habitats (code 6210). Sa pr\u00e9sence signale des milieux ouverts, extensivement p\u00e2tur\u00e9s ou fauch\u00e9s, dont la biodiversit\u00e9 est souvent remarquable (orchid\u00e9es, papillons, orthopt\u00e8res).<\/p>\n<p>La r\u00e9gression de ces habitats par abandon pastoral, reboisement naturel ou artificiel, et intensification agricole, entra\u00eene un d\u00e9clin progressif des populations de laser dans les plaines et les collines. En montagne, l&rsquo;esp\u00e8ce se maintient mieux, b\u00e9n\u00e9ficiant d&rsquo;une dynamique de v\u00e9g\u00e9tation plus lente.<\/p>\n<p>Le laser de France est une plante nectarif\u00e8re appr\u00e9ci\u00e9e des insectes pollinisateurs, en particulier des syrphes, des ichneumons et des col\u00e9opt\u00e8res floricoles, pour qui les ombelles plates constituent des plateformes d&rsquo;atterrissage id\u00e9ales. Il participe ainsi au r\u00e9seau trophique des communaut\u00e9s entomologiques des milieux ouverts thermophiles.<\/p>\n<hr>\n<h3>Confusions possibles<\/h3>\n<p>Le laser de France peut \u00eatre confondu avec d&rsquo;autres grandes Apiac\u00e9es de son habitat :<\/p>\n<p><strong><em>Laserpitium latifolium<\/em><\/strong> (laser \u00e0 larges feuilles) : feuilles \u00e0 segments beaucoup plus larges, ovales et dent\u00e9s ; habitats plus frais et plus ombrag\u00e9s (h\u00eatraies, lisi\u00e8res fra\u00eeches). Le fruit ail\u00e9 est similaire.<\/p>\n<p><strong><em>Laserpitium siler<\/em><\/strong> (laser siler, sermontain) : feuilles \u00e0 segments plus larges et plus arrondis que <em>L. gallicum<\/em>, port plus trapu ; m\u00eame \u00e9cologie calcicole thermophile mais souvent \u00e0 plus basse altitude.<\/p>\n<p><strong><em>Peucedanum<\/em> spp.<\/strong> : certains <em>Peucedanum<\/em> pr\u00e9sentent un port et un feuillage d\u00e9coup\u00e9 similaires, mais les fruits ne portent pas les quatre ailes caract\u00e9ristiques du genre <em>Laserpitium<\/em>.<\/p>\n<p>La cl\u00e9 de d\u00e9termination repose principalement sur le fruit ail\u00e9 (diagnostic du genre) et la forme des segments foliaires (diagnostic de l&rsquo;esp\u00e8ce).<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>Le laser de France est une plante aromatique et m\u00e9dicinale mineure de la pharmacop\u00e9e m\u00e9ridionale, dont l&rsquo;int\u00e9r\u00eat repose davantage sur sa dimension ethnobotanique et \u00e9cologique que sur un potentiel pharmacologique majeur. Sa composition phytochimique \u2014 huile essentielle terp\u00e9nique, coumarines, lactones sesquiterp\u00e9niques, r\u00e9sine \u2014 est coh\u00e9rente avec les usages traditionnels (expectorant, digestif, aromatique), mais l&rsquo;absence de donn\u00e9es cliniques modernes limite son positionnement en phytoth\u00e9rapie contemporaine.<\/p>\n<p>Son int\u00e9r\u00eat principal est aujourd&rsquo;hui \u00e9cologique : indicateur fiable des pelouses calcicoles s\u00e8ches en bon \u00e9tat de conservation, plante nectarif\u00e8re structurante pour les communaut\u00e9s d&rsquo;insectes des milieux ouverts, et t\u00e9moin vivant d&rsquo;une tradition m\u00e9dicale et culinaire m\u00e9diterran\u00e9enne en voie d&rsquo;oubli.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li>Bruneton, J. \u2014 <em>Pharmacognosie, phytochimie, plantes m\u00e9dicinales<\/em>, 5<sup>e<\/sup> \u00e9d., Lavoisier, 2016.<\/li>\n<li>Fournier, P.-V. \u2014 <em>Dictionnaire des plantes m\u00e9dicinales et v\u00e9n\u00e9neuses de France<\/em>, Omnibus, 1947.<\/li>\n<li>Lieutaghi, P. \u2014 <em>Le Livre des bonnes herbes<\/em>, Actes Sud, 1966 (r\u00e9\u00e9d. 1996).<\/li>\n<li>Tison, J.-M. &amp; de Foucault, B. \u2014 <em>Flora Gallica<\/em>, Biotope, 2014.<\/li>\n<li>Tutin, T.G. <em>et al.<\/em> \u2014 <em>Flora Europaea<\/em>, vol. 2, Cambridge University Press, 1968.<\/li>\n<li>Pignatti, S. \u2014 <em>Flora d&rsquo;Italia<\/em>, 3 vol., Edagricole, 1982.<\/li>\n<li>Flamini, G. <em>et al.<\/em> \u2014 \u00ab Essential oil composition of <em>Laserpitium<\/em> species from the Italian Alps \u00bb, <em>Biochemical Systematics and Ecology<\/em>, 2003.<\/li>\n<li>Sari\u0107-Kundali\u0107, B. <em>et al.<\/em> \u2014 \u00ab Phytochemical analysis and antimicrobial activity of <em>Laserpitium<\/em> spp. \u00bb, <em>Natural Product Communications<\/em>, 2011.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Expectorant (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Digestif<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Carminatif<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le laser de France est une Apiac\u00e9e robuste des pelouses s\u00e8ches et des garrigues calcaires du Midi et des montagnes, dont la silhouette imposante et [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[10],"tags":[],"class_list":["post-640","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-apiacees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/640","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=640"}],"version-history":[{"count":21,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/640\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13629,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/640\/revisions\/13629"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=640"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=640"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=640"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}