{"id":645,"date":"2026-03-26T11:24:45","date_gmt":"2026-03-26T10:24:45","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/opopanax-chironium\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:11","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:11","slug":"opopanax-chironium","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/opopanax-chironium\/","title":{"rendered":"OPOPANAX CHIRONIUM"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Opopanax%20chironium.jpg\" alt=\"Planche botanique Opopanax chironium\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<p>L&rsquo;opopanax (<em>Opopanax chironium<\/em>) est une plante vivace robuste de la famille des Apiac\u00e9es, rare et m\u00e9connue, qui cro\u00eet dans les garrigues, les friches et les lisi\u00e8res thermophiles du bassin m\u00e9diterran\u00e9en. Son nom \u00e9vocateur, h\u00e9rit\u00e9 de l&rsquo;Antiquit\u00e9 grecque, d\u00e9signe \u00e0 la fois la plante et la gomme-r\u00e9sine aromatique qui s&rsquo;\u00e9coule de ses tiges et de ses racines lorsqu&rsquo;elles sont incis\u00e9es \u2014 un produit qui fut jadis aussi recherch\u00e9 que la myrrhe ou l&rsquo;encens dans la pharmacop\u00e9e et la parfumerie antiques.<\/p>\n<p>Tomb\u00e9 dans un oubli quasi complet depuis la Renaissance, l&rsquo;opopanax est aujourd&rsquo;hui une curiosit\u00e9 botanique dont la red\u00e9couverte int\u00e9resse les phytochimistes et les ethnobotanistes. Sa gomme-r\u00e9sine, riche en <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/coumarines\/\">coumarines<\/a> et en terp\u00e9no\u00efdes, poss\u00e8de des propri\u00e9t\u00e9s pharmacologiques document\u00e9es mais insuffisamment exploit\u00e9es. L&rsquo;esp\u00e8ce elle-m\u00eame, en rar\u00e9faction dans une partie de son aire, m\u00e9rite une attention de conservation que sa discr\u00e9tion ne lui attire gu\u00e8re.<\/p>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p><strong>R\u00e8gne :<\/strong> Plantae<br \/>\n<strong>Division :<\/strong> Magnoliophyta<br \/>\n<strong>Classe :<\/strong> Magnoliopsida<br \/>\n<strong>Ordre :<\/strong> Apiales<br \/>\n<strong>Famille :<\/strong> Apiaceae (Ombellif\u00e8res)<br \/>\n<strong>Genre :<\/strong> <em>Opopanax<\/em> W.D.J. Koch, 1824<br \/>\n<strong>Esp\u00e8ce :<\/strong> <em>Opopanax chironium<\/em> (L.) W.D.J. Koch, 1824<\/p>\n<p>Synonyme : <em>Pastinaca opopanax<\/em> L. Le genre <em>Opopanax<\/em> comprend deux ou trois esp\u00e8ces m\u00e9diterran\u00e9ennes. Le nom g\u00e9n\u00e9rique d\u00e9rive du grec <em>opos<\/em> (suc, gomme) et <em>panax<\/em> (panac\u00e9e, rem\u00e8de universel), soit litt\u00e9ralement \u00ab suc panac\u00e9e \u00bb. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>chironium<\/em> fait r\u00e9f\u00e9rence au centaure Chiron, gu\u00e9risseur mythologique de l&rsquo;Antiquit\u00e9 grecque, qui aurait enseign\u00e9 aux hommes les vertus m\u00e9dicinales des plantes. Ne pas confondre avec <em>Commiphora guidottii<\/em>, arbuste africain dont la r\u00e9sine est commercialis\u00e9e en parfumerie sous le nom d&rsquo;opopanax.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<h3>A. Appareil v\u00e9g\u00e9tatif<\/h3>\n<p>L&rsquo;opopanax est une plante vivace robuste de 80 \u00e0 200 cm de hauteur. La racine est \u00e9paisse, pivotante, charnue, jaune \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur, exsudant un suc r\u00e9sineux jaune-orang\u00e9 \u00e0 l&rsquo;incision. La tige est dress\u00e9e, \u00e9paisse, creuse, finement stri\u00e9e, glabre ou faiblement pubescente, rameuse dans sa partie sup\u00e9rieure. Les feuilles basales sont tr\u00e8s grandes (jusqu&rsquo;\u00e0 50 cm), simplement pennatis\u00e9qu\u00e9es (caract\u00e8re inhabituel chez les grandes Apiac\u00e9es, qui ont souvent des feuilles bi- ou tripennatis\u00e9qu\u00e9es), \u00e0 3 \u00e0 9 segments larges, ovales \u00e0 oblongs, de 5 \u00e0 15 cm, grossi\u00e8rement dent\u00e9s-cr\u00e9nel\u00e9s, \u00e9pais, \u00e0 face sup\u00e9rieure glabre et luisante, \u00e0 face inf\u00e9rieure pubescente sur les nervures. Le p\u00e9tiole est \u00e9pais, canalicul\u00e9, \u00e0 gaine large et renfl\u00e9e. Les feuilles caulinaires sont progressivement r\u00e9duites, avec une gaine tr\u00e8s d\u00e9velopp\u00e9e.<\/p>\n<h3>B. Appareil reproducteur<\/h3>\n<p>Les ombelles sont compos\u00e9es, grandes, \u00e0 15 \u00e0 30 rayons in\u00e9gaux. L&rsquo;involucre et l&rsquo;involucelle sont absents ou r\u00e9duits \u00e0 quelques bract\u00e9es caduques. Les fleurs sont jaunes (teinte commune chez les grandes Apiac\u00e9es m\u00e9diterran\u00e9ennes : fenouil, f\u00e9rule), petites, pentam\u00e8res. La floraison a lieu de mai \u00e0 juillet. La pollinisation est entomogame, attirant une entomofaune diversifi\u00e9e de dipt\u00e8res, hym\u00e9nopt\u00e8res et col\u00e9opt\u00e8res.<\/p>\n<h3>C. Fruit et graine<\/h3>\n<p>Le fruit est un diak\u00e8ne oblong, fortement comprim\u00e9 dorsalement, de 7 \u00e0 12 mm de longueur, \u00e0 c\u00f4tes dorsales filiformes et \u00e0 c\u00f4tes marginales ail\u00e9es, formant une bordure membraneuse caract\u00e9ristique. Les bandelettes (vittae) sont grandes et visibles, au nombre de 1 \u00e0 3 par vall\u00e9cule et de 4 \u00e0 8 sur la face commissurale. La diss\u00e9mination est an\u00e9mochore gr\u00e2ce aux ailes marginales.<\/p>\n<h3>D. Variabilit\u00e9<\/h3>\n<p>L&rsquo;esp\u00e8ce est relativement homog\u00e8ne dans ses caract\u00e8res. Deux sous-esp\u00e8ces sont parfois distingu\u00e9es : la sous-esp\u00e8ce type et la sous-esp\u00e8ce <em>O. chironium<\/em> subsp. <em>bulgaricum<\/em>, d\u00e9crite des Balkans, \u00e0 segments foliaires plus \u00e9troits. La variabilit\u00e9 porte principalement sur la taille de la plante et le nombre de rayons de l&rsquo;ombelle.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9cologie et r\u00e9partition<\/h3>\n<p><em>Opopanax chironium<\/em> est une esp\u00e8ce m\u00e9diterran\u00e9enne, pr\u00e9sente dans le sud de la France, en Italie, en Croatie, en Gr\u00e8ce, en Turquie et en Afrique du Nord. En France, il est rare, localis\u00e9 dans le sud-est (Var, Bouches-du-Rh\u00f4ne, Alpes-Maritimes, H\u00e9rault), o\u00f9 il cro\u00eet dans les garrigues ouvertes, les friches, les talus, les maquis d\u00e9grad\u00e9s et les lisi\u00e8res thermophiles.<\/p>\n<p>C&rsquo;est une esp\u00e8ce thermophile, h\u00e9liophile, calcicole, des sols argileux \u00e0 argilo-calcaires, profonds, secs en \u00e9t\u00e9. Elle appartient aux groupements m\u00e9diterran\u00e9ens de l&rsquo;<em>Oleo-Ceratonion<\/em> et du <em>Rosmarino-Ericion<\/em>. Son altitude optimale se situe entre 0 et 600 m. L&rsquo;esp\u00e8ce est sensible au gel prolong\u00e9 et ne survit pas dans les r\u00e9gions \u00e0 hiver continental.<\/p>\n<p>L&rsquo;opopanax est en rar\u00e9faction dans plusieurs parties de son aire, en raison de l&rsquo;urbanisation littorale, de la fermeture des milieux par l&#8217;embroussaillement (d\u00e9prise pastorale) et de la fragmentation des habitats. Il est inscrit sur les listes rouges r\u00e9gionales de certaines r\u00e9gions fran\u00e7aises.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>La gomme-r\u00e9sine (<em>gummi opopanax<\/em>) constituait la drogue officinale de l&rsquo;Antiquit\u00e9 et du Moyen \u00c2ge. Elle s&rsquo;obtient par incision des racines et de la base des tiges au printemps, lorsque la s\u00e8ve circule activement. Le suc jaune-orang\u00e9 qui s&rsquo;\u00e9coule se solidifie \u00e0 l&rsquo;air en grains ou en masses irr\u00e9guli\u00e8res, d&rsquo;un brun jaun\u00e2tre, \u00e0 odeur forte, balsamique, et \u00e0 saveur \u00e2cre et am\u00e8re. La r\u00e9colte \u00e9tait pratiqu\u00e9e dans l&rsquo;Antiquit\u00e9 en Asie Mineure et en Gr\u00e8ce.<\/p>\n<p>Aujourd&rsquo;hui, la gomme-r\u00e9sine d&rsquo;opopanax n&rsquo;est plus commercialis\u00e9e. La raret\u00e9 de la plante et l&rsquo;abandon de ses usages m\u00e9dicinaux rendent toute r\u00e9colte inappropri\u00e9e et \u00e9cologiquement irresponsable.<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>La gomme-r\u00e9sine d&rsquo;opopanax pr\u00e9sente une phytochimie riche :<\/p>\n<p><strong>Coumarines<\/strong> : la gomme-r\u00e9sine est particuli\u00e8rement riche en coumarines et en pyranocoumarines. On y trouve l&rsquo;<strong>ombellif\u00e9rone<\/strong>, la <strong>scopol\u00e9tine<\/strong> et, surtout, des pyranocoumarines originales comme l&rsquo;<strong>opopanaxone<\/strong> et la <strong>chronimine<\/strong>. Ces compos\u00e9s sont responsables de l&rsquo;odeur balsamique caract\u00e9ristique et de propri\u00e9t\u00e9s pharmacologiques int\u00e9ressantes.<\/p>\n<p><strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/sesquiterpenes\/\">Sesquiterp\u00e8nes<\/a><\/strong> : l&rsquo;huile essentielle contenue dans la gomme-r\u00e9sine est riche en sesquiterp\u00e8nes, dont le <strong>\u03b2-bisabol\u00e8ne<\/strong>, le <strong>germacra-1(10),7(11)-di\u00e8ne<\/strong> et divers d\u00e9riv\u00e9s.<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sines<\/strong> : la fraction r\u00e9sineuse repr\u00e9sente 30 \u00e0 50 % de la gomme-r\u00e9sine, compos\u00e9e de terp\u00e9no\u00efdes oxyd\u00e9s et de compos\u00e9s ph\u00e9noliques polym\u00e9ris\u00e9s.<\/p>\n<p><strong>Gomme<\/strong> : polysaccharides hydrophiles, principalement des galactomannanes, repr\u00e9sentant 20 \u00e0 30 % de la masse totale.<\/p>\n<p><strong>Polyac\u00e9tyl\u00e8nes<\/strong> : le <strong>falcarinol<\/strong> et des d\u00e9riv\u00e9s ac\u00e9tyl\u00e9niques sont pr\u00e9sents dans les parties fra\u00eeches de la plante.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p><strong>Activit\u00e9 anti-inflammatoire<\/strong> : les pyranocoumarines, en particulier l&rsquo;<strong>opopanaxone<\/strong>, montrent une inhibition significative de la voie de la cyclo-oxyg\u00e9nase in vitro, avec une s\u00e9lectivit\u00e9 pour COX-2 par rapport \u00e0 COX-1. Cette activit\u00e9 est sup\u00e9rieure \u00e0 celle de coumarines simples et a suscit\u00e9 un int\u00e9r\u00eat pour le d\u00e9veloppement d&rsquo;anti-inflammatoires d&rsquo;origine v\u00e9g\u00e9tale.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 antimicrobienne<\/strong> : l&rsquo;huile essentielle et les extraits r\u00e9sineux pr\u00e9sentent une activit\u00e9 antibact\u00e9rienne contre <em>Staphylococcus aureus<\/em> et <em>Bacillus subtilis<\/em>, et une activit\u00e9 antifongique contre <em>Candida albicans<\/em>.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 antioxydante<\/strong> : les compos\u00e9s ph\u00e9noliques de la r\u00e9sine conf\u00e8rent aux extraits une activit\u00e9 antioxydante mod\u00e9r\u00e9e \u00e0 bonne dans les tests in vitro.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 antispasmodique<\/strong> : les coumarines exercent un effet relaxant sur le muscle lisse, document\u00e9 pour l&rsquo;ombellif\u00e9rone et ses d\u00e9riv\u00e9s.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 photosensibilisante<\/strong> : comme la plupart des Apiac\u00e9es riches en coumarines, le contact avec la s\u00e8ve peut provoquer une phytophotodermatose en cas d&rsquo;exposition solaire.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Aucun essai clinique moderne n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9 avec <em>Opopanax chironium<\/em>. L&rsquo;usage th\u00e9rapeutique est enti\u00e8rement historique. La gomme-r\u00e9sine d&rsquo;opopanax \u00e9tait l&rsquo;un des ingr\u00e9dients de la pharmacop\u00e9e antique, cit\u00e9e par Hippocrate, Th\u00e9ophraste, Dioscoride et Galien. Elle figurait dans la formule de la c\u00e9l\u00e8bre th\u00e9riaque, l&rsquo;antidote universel de l&rsquo;Antiquit\u00e9.<\/p>\n<p>Les indications antiques et m\u00e9di\u00e9vales de l&rsquo;opopanax comprenaient les affections respiratoires (toux, asthme), les troubles digestifs (coliques, flatulences), les douleurs articulaires (rhumatismes, goutte), les paralysies et les convulsions. En usage externe, la gomme-r\u00e9sine \u00e9tait appliqu\u00e9e en empl\u00e2tres sur les plaies, les ulc\u00e8res et les tumeurs.<\/p>\n<p>La plante n&rsquo;est inscrite dans aucune pharmacop\u00e9e contemporaine. La gomme-r\u00e9sine d&rsquo;opopanax (d&rsquo;origine v\u00e9g\u00e9tale europ\u00e9enne) ne doit pas \u00eatre confondue avec l&rsquo;opopanax de parfumerie, qui provient de <em>Commiphora guidottii<\/em>, esp\u00e8ce africaine sans rapport botanique.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Coumarines<\/td>\n<td>Coumarine<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Ombellif\u00e9rone<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Scopol\u00e9tine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Opopanaxone<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Chronimine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p><strong>Gomme-r\u00e9sine<\/strong> (usage historique) : 0,5 \u00e0 2 g par jour, en pilules ou d\u00e9lay\u00e9e dans du miel ou du vin. Comme antispasmodique, expectorant et carminatif.<\/p>\n<p><strong>Teinture<\/strong> (usage historique) : mac\u00e9ration de la gomme-r\u00e9sine dans l&rsquo;alcool, 20 \u00e0 40 gouttes par jour.<\/p>\n<p><strong>Empl\u00e2tre<\/strong> (usage historique) : gomme-r\u00e9sine ramollie \u00e0 la chaleur et appliqu\u00e9e sur la zone douloureuse.<\/p>\n<p>Ces formes gal\u00e9niques ne sont mentionn\u00e9es qu&rsquo;\u00e0 titre documentaire. L&rsquo;usage th\u00e9rapeutique de cette plante n&rsquo;est plus d&rsquo;actualit\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>La toxicit\u00e9 de l&rsquo;opopanax est mal document\u00e9e. La gomme-r\u00e9sine, utilis\u00e9e pendant des si\u00e8cles aux doses indiqu\u00e9es, n&rsquo;a pas provoqu\u00e9 d&rsquo;effets ind\u00e9sirables graves dans la litt\u00e9rature ancienne, hormis des irritations digestives en cas de surdosage.<\/p>\n<p>Le principal risque est la phytophotodermatose : le contact de la s\u00e8ve avec la peau, suivi d&rsquo;une exposition solaire, peut provoquer des br\u00fblures cutan\u00e9es s\u00e9v\u00e8res (phytophotodermatite), comme chez d&rsquo;autres grandes Apiac\u00e9es (berce du Caucase, ang\u00e9lique). Ce risque justifie le port de gants et de v\u00eatements protecteurs lors de la manipulation de la plante fra\u00eeche.<\/p>\n<p>L&rsquo;usage est d\u00e9conseill\u00e9 chez la femme enceinte et allaitante, en l&rsquo;absence de donn\u00e9es de s\u00e9curit\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>L&rsquo;opopanax occupe une place notable dans l&rsquo;histoire de la pharmacop\u00e9e occidentale. Th\u00e9ophraste le d\u00e9crit comme une plante dont la gomme est r\u00e9colt\u00e9e en incisant la racine au pied de la tige. Dioscoride lui consacre une notice d\u00e9taill\u00e9e, vantant ses propri\u00e9t\u00e9s emm\u00e9nagogues, antispasmodiques et r\u00e9solutives. Galien classe la gomme d&rsquo;opopanax parmi les rem\u00e8des \u00ab chauds \u00bb et \u00ab secs \u00bb, propres \u00e0 dissoudre les humeurs froides.<\/p>\n<p>Au Moyen \u00c2ge, l&rsquo;opopanax figurait dans les formulaires arabes et latins aux c\u00f4t\u00e9s de la myrrhe, du galbanum et de l&rsquo;ase f\u00e9tide, quatre gommes-r\u00e9sines d&rsquo;Ombellif\u00e8res ou de Burs\u00e9rac\u00e9es qui constituaient le fonds de la pharmacie orientale et occidentale. La th\u00e9riaque d&rsquo;Andromachus, antidote universel compos\u00e9 de plus de soixante ingr\u00e9dients, incluait l&rsquo;opopanax.<\/p>\n<p>En parfumerie ancienne, la gomme d&rsquo;opopanax (europ\u00e9enne) \u00e9tait utilis\u00e9e comme fixateur et comme note de fond balsamique-ambr\u00e9e. Cet usage a \u00e9t\u00e9 supplant\u00e9 par la r\u00e9sine d&rsquo;opopanax africain (<em>Commiphora guidottii<\/em>), disponible en plus grande quantit\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h3>Int\u00e9r\u00eat \u00e9cologique<\/h3>\n<p>L&rsquo;opopanax est une grande Apiac\u00e9e m\u00e9diterran\u00e9enne dont la pr\u00e9sence signale des garrigues ouvertes et des milieux thermophiles en bon \u00e9tat de conservation. Sa stature imposante et ses grandes ombelles jaunes en font un \u00e9l\u00e9ment structurant de la v\u00e9g\u00e9tation des friches m\u00e9diterran\u00e9ennes.<\/p>\n<p>Les fleurs attirent une entomofaune diversifi\u00e9e, comparable \u00e0 celle des f\u00e9rules et des fenouils : syrphes, gu\u00eapes, mouches, col\u00e9opt\u00e8res et papillons. La plante constitue un support alimentaire pour les larves de certains l\u00e9pidopt\u00e8res inf\u00e9od\u00e9s aux Apiac\u00e9es m\u00e9diterran\u00e9ennes.<\/p>\n<p>La conservation de l&rsquo;opopanax passe par le maintien des milieux ouverts thermophiles : garrigues p\u00e2tur\u00e9es, friches extensives, lisi\u00e8res de ch\u00eanaies vertes. La fermeture des milieux par l&#8217;embroussaillement, cons\u00e9quence de la d\u00e9prise pastorale, constitue la principale menace pour les populations de cette esp\u00e8ce h\u00e9liophile.<\/p>\n<hr>\n<h3>Confusions possibles<\/h3>\n<p><em>Ferula communis<\/em> (f\u00e9rule commune) : grande Apiac\u00e9e m\u00e9diterran\u00e9enne \u00e0 fleurs jaunes, mais \u00e0 feuilles tr\u00e8s finement d\u00e9coup\u00e9es en segments filiformes (et non \u00e0 segments larges et dent\u00e9s). Tige pleine (non creuse). Hautement toxique.<\/p>\n<p><em>Pastinaca sativa<\/em> (panais sauvage) : fleurs jaunes similaires, mais feuilles simplement pennatis\u00e9qu\u00e9es \u00e0 segments plus larges et non coriaces. Port plus modeste (50 \u00e0 100 cm). Milieux rud\u00e9raux, non strictement m\u00e9diterran\u00e9en.<\/p>\n<p><em>Tordylium maximum<\/em> (tordyle majeur) : grande Apiac\u00e9e m\u00e9diterran\u00e9enne, mais \u00e0 fleurs blanches et \u00e0 fruits tr\u00e8s aplatis \u00e0 bordure \u00e9paissie.<\/p>\n<p>La combinaison de la grande taille, des feuilles simplement pennatis\u00e9qu\u00e9es \u00e0 grands segments larges et dent\u00e9s, des fleurs jaunes et de l&rsquo;habitat m\u00e9diterran\u00e9en permet d&rsquo;identifier l&rsquo;opopanax avec confiance.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>L&rsquo;opopanax est une plante relique de la pharmacop\u00e9e antique, dont la gomme-r\u00e9sine fut pendant deux mill\u00e9naires un rem\u00e8de prestigieux aux c\u00f4t\u00e9s de la myrrhe et de l&rsquo;encens. Sa phytochimie, domin\u00e9e par des pyranocoumarines originales et des sesquiterp\u00e8nes, rec\u00e8le un potentiel anti-inflammatoire qui m\u00e9riterait d&rsquo;\u00eatre explor\u00e9 par la pharmacologie moderne. Cependant, la raret\u00e9 de la plante et l&rsquo;abandon complet de ses usages rendent cette perspective peu r\u00e9aliste \u00e0 court terme.<\/p>\n<p>L&rsquo;int\u00e9r\u00eat de l&rsquo;opopanax est donc avant tout patrimonial : patrimonial au sens botanique (esp\u00e8ce rare des garrigues m\u00e9diterran\u00e9ennes en rar\u00e9faction), patrimonial au sens historique (l&rsquo;un des ingr\u00e9dients de la th\u00e9riaque et des grandes formules de l&rsquo;Antiquit\u00e9) et patrimonial au sens culturel (le nom d&rsquo;opopanax \u00e9voque \u00e0 lui seul deux mill\u00e9naires d&rsquo;histoire de la pharmacie et de la parfumerie).<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<p>Bonnier G., Layens G. de. <em>Flore compl\u00e8te portative de la France, de la Suisse et de la Belgique<\/em>. Belin, Paris, 1894.<\/p>\n<p>Dioscoride. <em>De Materia Medica<\/em>. Trad. Beck L.Y., Olms-Weidmann, 2005.<\/p>\n<p>Fournier P. <em>Le Livre des plantes m\u00e9dicinales et v\u00e9n\u00e9neuses de France<\/em>. Lechevalier, Paris, 1947-1948.<\/p>\n<p>Pimenov M.G., Leonov M.V. <em>The Genera of the Umbelliferae<\/em>. Royal Botanic Gardens, Kew, 1993.<\/p>\n<p>Taschner S. et al. Pyranocoumarins from <em>Opopanax chironium<\/em>. <em>Phytochemistry<\/em>, 2001 ; 56 : 727-731.<\/p>\n<p>Tison J.-M., de Foucault B. (dir.). <em>Flora Gallica \u2013 Flore de France<\/em>. Biotope \u00c9ditions, M\u00e8ze, 2014.<\/p>\n<p>Tutin T.G. et al. (eds). <em>Flora Europaea<\/em>, vol. 2. Cambridge University Press, 1968.<\/p>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antispasmodique<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Digestif<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antioxydant<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;opopanax (Opopanax chironium) est une plante vivace robuste de la famille des Apiac\u00e9es, rare et m\u00e9connue, qui cro\u00eet dans les garrigues, les friches et les [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[10],"tags":[],"class_list":["post-645","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-apiacees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/645","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=645"}],"version-history":[{"count":22,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/645\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13624,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/645\/revisions\/13624"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=645"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=645"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=645"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}