{"id":648,"date":"2026-03-26T11:24:49","date_gmt":"2026-03-26T10:24:49","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/panais-sauvage\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:11","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:11","slug":"panais-sauvage","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/panais-sauvage\/","title":{"rendered":"PANAIS SAUVAGE"},"content":{"rendered":"<p><em>Pastinaca sativa<\/em> L. subsp. <em>sylvestris<\/em> (Mill.) Rouy &amp; E.G.Camus [syn. <em>Pastinaca sativa<\/em> L. var. <em>sylvestris<\/em>]<\/p>\n<figure class=\"botanical-commons-figure botanical-commons-figure--panais-sauvage botanical-commons-figure--pissenlit-officinal\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/botanical-local-main-32-683x1024-transparentfix-std-transparent.png\" alt=\"PANAIS SAUVAGE\"><\/figure>\n<p><strong>Famille :<\/strong> Apiaceae.<\/p>\n<p><strong>Noms vernaculaires :<\/strong> panais sauvage, panais commun, pastenade, pastonade, grand chervis.<\/p>\n<p>Le panais sauvage est la forme spontan\u00e9e de la plante dont d\u00e9rive le panais cultiv\u00e9, l\u00e9gume-racine oubli\u00e9 de la cuisine europ\u00e9enne, aujourd&rsquo;hui red\u00e9couvert par la gastronomie de terroir. C&rsquo;est une grande Apiac\u00e9e bisannuelle des bords de route, des friches, des talus et des prairies grasses, reconnaissable \u00e0 ses ombelles jaune verd\u00e2tre \u2014 une couleur inhabituelle dans une famille domin\u00e9e par le blanc. Sa silhouette robuste, ses feuilles penn\u00e9es \u00e0 larges folioles et son odeur caract\u00e9ristique en font une ombellif\u00e8re relativement facile \u00e0 identifier, mais le risque de confusion avec d&rsquo;autres Apiac\u00e9es (dont certaines tr\u00e8s toxiques) impose une prudence de rigueur.<\/p>\n<p>Le panais sauvage est aussi une plante \u00e0 conna\u00eetre pour sa <strong>phototoxicit\u00e9<\/strong> : sa s\u00e8ve contient des <strong>furanocoumarines<\/strong> capables de provoquer des br\u00fblures cutan\u00e9es graves en pr\u00e9sence de lumi\u00e8re solaire (phytophotodermatose). Cette propri\u00e9t\u00e9, partag\u00e9e avec la grande berce et d&rsquo;autres Apiac\u00e9es, constitue le point de vigilance majeur de cette plante par ailleurs alimentaire et m\u00e9dicinale mineure.<\/p>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>R\u00e8gne :<\/strong> Plantae<\/li>\n<li><strong>Division :<\/strong> Magnoliophyta<\/li>\n<li><strong>Classe :<\/strong> Magnoliopsida<\/li>\n<li><strong>Ordre :<\/strong> Apiales<\/li>\n<li><strong>Famille :<\/strong> Apiaceae<\/li>\n<li><strong>Genre :<\/strong> <em>Pastinaca<\/em> L.<\/li>\n<li><strong>Esp\u00e8ce :<\/strong> <em>Pastinaca sativa<\/em> L.<\/li>\n<li><strong>Sous-esp\u00e8ce :<\/strong> subsp. <em>sylvestris<\/em> (Mill.) Rouy &amp; E.G.Camus (forme sauvage)<\/li>\n<li><strong>Noms vernaculaires :<\/strong> panais sauvage, panais commun, pastenade.<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>\u00c9tymologie :<\/strong> <em>Pastinaca<\/em> d\u00e9rive du latin <em>pastus<\/em> (nourriture) ou de <em>pastinum<\/em> (outil de jardinage), \u00e9voquant l&rsquo;usage alimentaire de la racine. <em>Sativa<\/em> (cultiv\u00e9e) s&rsquo;applique \u00e0 l&rsquo;esp\u00e8ce dans son ensemble, la forme sauvage \u00e9tant distingu\u00e9e par la sous-esp\u00e8ce <em>sylvestris<\/em> (des for\u00eats, des lieux sauvages).<\/p>\n<p>Le genre <em>Pastinaca<\/em> comprend une quinzaine d&rsquo;esp\u00e8ces en Eurasie, dont une seule est commune en France. La distinction entre le panais sauvage (subsp. <em>sylvestris<\/em>) et le panais cultiv\u00e9 (subsp. <em>sativa<\/em>) repose principalement sur la taille de la racine (pivotante gr\u00eale et dure chez le sauvage, \u00e9paisse et tendre chez le cultiv\u00e9) et sur l&rsquo;habitat. Les formes interm\u00e9diaires sont fr\u00e9quentes, t\u00e9moignant d&rsquo;un continuum de domestication.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>Plante herbac\u00e9e bisannuelle, robuste, de 60 \u00e0 150 cm de hauteur. La premi\u00e8re ann\u00e9e, elle d\u00e9veloppe une rosette de grandes feuilles et une racine pivotante. La deuxi\u00e8me ann\u00e9e, la tige florif\u00e8re s&rsquo;\u00e9l\u00e8ve, ramifi\u00e9e, cannel\u00e9e, creuse, pubescente, souvent anguleuse.<\/p>\n<p>Les feuilles sont <strong>alternes<\/strong>, grandes (15 \u00e0 30 cm), <strong>pennatis\u00e9qu\u00e9es<\/strong> \u00e0 5-11 folioles ovales \u00e0 oblongues, sessiles ou bri\u00e8vement p\u00e9tiolul\u00e9es, \u00e0 marge dent\u00e9e ou lob\u00e9e, vert mat, pubescentes sur les deux faces (surtout dessous). Les folioles sont nettement plus larges que chez la plupart des Apiac\u00e9es communes, ce qui facilite l&rsquo;identification. La gaine foliaire est d\u00e9velopp\u00e9e, embrassante.<\/p>\n<p>L&rsquo;inflorescence est une <strong>ombelle compos\u00e9e<\/strong>, grande, \u00e0 7-20 rayons in\u00e9gaux, sans involucre (pas de bract\u00e9es \u00e0 la base de l&rsquo;ombelle principale) ni involucelle (pas de bract\u00e9oles), ou avec des \u00e9l\u00e9ments tr\u00e8s r\u00e9duits et caducs. Les fleurs sont petites, \u00e0 5 p\u00e9tales <strong>jaune verd\u00e2tre<\/strong>, incurv\u00e9s au sommet. Cette couleur jaune est un crit\u00e8re distinctif majeur parmi les Apiac\u00e9es europ\u00e9ennes. Cinq \u00e9tamines. Deux styles courts sur un stylopode d\u00e9prim\u00e9. L&rsquo;ovaire est inf\u00e8re, biloculaire.<\/p>\n<p>Le fruit est un <strong>diak\u00e8ne<\/strong> (schizocarpe) aplati dorsalement, ovale, ail\u00e9, \u00e0 c\u00f4tes fines et vittae (bandelettes ol\u00e9if\u00e8res) bien d\u00e9velopp\u00e9es. Les vittae contiennent les furanocoumarines et les huiles essentielles caract\u00e9ristiques. Le fruit mesure 5 \u00e0 8 mm de long.<\/p>\n<p>La racine sauvage est pivotante, gr\u00eale (1 \u00e0 3 cm de diam\u00e8tre), dure, fibreuse, blanch\u00e2tre \u00e0 jaun\u00e2tre, \u00e0 odeur forte et caract\u00e9ristique (aromatique, l\u00e9g\u00e8rement piquante). Elle est beaucoup moins charnue et plus coriace que celle du panais cultiv\u00e9.<\/p>\n<p>Floraison : juillet \u00e0 septembre.<\/p>\n<hr>\n<h3>HABITAT, \u00c9COLOGIE ET R\u00c9PARTITION<\/h3>\n<p>Le panais sauvage est une esp\u00e8ce de pleine lumi\u00e8re des bords de route, des talus, des friches, des prairies grasses, des berges de cours d&rsquo;eau, des lisi\u00e8res et des terrains vagues. Il pr\u00e9f\u00e8re les sols riches, argileux \u00e0 limoneux, calcaires ou neutres, frais mais bien drain\u00e9s. C&rsquo;est une esp\u00e8ce typiquement rud\u00e9rale et prairiale, associ\u00e9e aux activit\u00e9s humaines (bords de cultures, accotements routiers, anciennes jach\u00e8res).<\/p>\n<p>Sa r\u00e9partition naturelle couvre l&rsquo;Europe temp\u00e9r\u00e9e, de l&rsquo;Espagne \u00e0 la Russie et de la Scandinavie m\u00e9ridionale \u00e0 la M\u00e9diterran\u00e9e. L&rsquo;esp\u00e8ce a \u00e9t\u00e9 largement introduite et naturalis\u00e9e en Am\u00e9rique du Nord, en Australie et en Nouvelle-Z\u00e9lande, o\u00f9 elle est parfois consid\u00e9r\u00e9e comme invasive. En France, le panais sauvage est commun dans presque tous les d\u00e9partements, du littoral aux \u00e9tages montagnards inf\u00e9rieurs (jusqu&rsquo;\u00e0 1500 m).<\/p>\n<p>Phytosociologiquement, il appartient aux communaut\u00e9s d&rsquo;ourlets et de friches prairiales de l&rsquo;ordre des <em>Onopordetalia<\/em> et des <em>Arrhenatheretalia<\/em>. Il est souvent associ\u00e9 \u00e0 la carotte sauvage, \u00e0 la grande berce, au daucus et \u00e0 d&rsquo;autres Apiac\u00e9es prairiales.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Racine :<\/strong> usage alimentaire (panais cultiv\u00e9 surtout ; le sauvage est plus fibreux et aromatique). Utilis\u00e9e en d\u00e9coction dans la m\u00e9decine populaire.<\/li>\n<li><strong>Fruits (graines) :<\/strong> usage condimentaire et m\u00e9dicinal populaire (carminatif, digestif).<\/li>\n<li><strong>Parties a\u00e9riennes :<\/strong> sans usage m\u00e9dicinal ; \u00e0 manipuler avec pr\u00e9caution (phototoxicit\u00e9 de la s\u00e8ve).<\/li>\n<\/ul>\n<p>La racine du panais cultiv\u00e9 est le principal organe d&rsquo;int\u00e9r\u00eat alimentaire. Celle du panais sauvage est comestible mais n\u00e9cessite une identification formelle pr\u00e9alable, compte tenu du risque de confusion avec des Apiac\u00e9es toxiques (cigu\u00ebs, \u0153nanthe).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<h3>A. Furanocoumarines (psoral\u00e8nes)<\/h3>\n<p>Le panais est riche en <strong>furanocoumarines<\/strong>, compos\u00e9s photosensibilisants de la famille des <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/coumarines\/\">coumarines<\/a>. Les principales sont le <strong>psoral\u00e8ne<\/strong>, le <strong>bergapt\u00e8ne<\/strong> (5-m\u00e9thoxypsoral\u00e8ne), le <strong>xanthotoxine<\/strong> (8-m\u00e9thoxypsoral\u00e8ne) et l&rsquo;<strong>isopimpinelline<\/strong>. Ces mol\u00e9cules, concentr\u00e9es dans les vittae du fruit, la s\u00e8ve des tiges et des feuilles, et la surface de la racine, sont responsables de la phytophotodermatose par intercalation dans l&rsquo;ADN en pr\u00e9sence d&rsquo;UVA, provoquant des pontages inter-brins et des l\u00e9sions cellulaires.<\/p>\n<h3>B. Huiles essentielles<\/h3>\n<p>Le fruit contient une <strong>huile essentielle<\/strong> (1 \u00e0 3 %) dont les composants principaux sont des <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/terpenes\/\">terp\u00e8nes<\/a> (myrc\u00e8ne, \u03b1-<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/pinene\/\">pin\u00e8ne<\/a>, terpinol\u00e8ne) et des esters. La racine contient \u00e9galement des compos\u00e9s aromatiques responsables de son odeur et de sa saveur caract\u00e9ristiques. Le profil terp\u00e9nique contribue aux propri\u00e9t\u00e9s carminatives et digestives traditionnellement attribu\u00e9es aux fruits.<\/p>\n<h3>C. Polyac\u00e9tyl\u00e8nes<\/h3>\n<p>Des <strong>polyac\u00e9tyl\u00e8nes<\/strong> (falcarinol, falcarindiol), compos\u00e9s caract\u00e9ristiques des Apiac\u00e9es, ont \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9s dans la racine. Le falcarinol poss\u00e8de des propri\u00e9t\u00e9s antifongiques, cytotoxiques et anti-inflammatoires d\u00e9montr\u00e9es in vitro. Il est \u00e9galement pr\u00e9sent dans la carotte et le c\u00e9leri.<\/p>\n<h3>D. Nutriments<\/h3>\n<p>La racine du panais (cultiv\u00e9 surtout) est riche en <strong>amidon<\/strong>, en <strong>fibres<\/strong>, en <strong>potassium<\/strong>, en <strong>acide folique<\/strong> et en <strong>vitamine C<\/strong>. Sa valeur nutritionnelle est comparable \u00e0 celle de la carotte, avec une teneur en sucres plus \u00e9lev\u00e9e (go\u00fbt sucr\u00e9 caract\u00e9ristique apr\u00e8s cuisson).<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Phototoxicit\u00e9 (furanocoumarines) :<\/strong> les psoral\u00e8nes s&rsquo;intercalent dans la double h\u00e9lice d&rsquo;ADN et forment, sous irradiation UVA (320-400 nm), des adduits covalents mono- et bifunctionnels (pontages inter-brins). Ce m\u00e9canisme provoque la mort cellulaire (apoptose des k\u00e9ratinocytes), une r\u00e9action inflammatoire intense et des l\u00e9sions bulleuses. C&rsquo;est le fondement de la phytophotodermatose et, \u00e0 doses contr\u00f4l\u00e9es, de la PUVAth\u00e9rapie m\u00e9dicale (traitement du psoriasis et du vitiligo).<\/li>\n<li><strong>Carminatif et spasmolytique :<\/strong> les huiles essentielles des fruits exercent un effet relaxant sur les muscles lisses du tractus digestif, r\u00e9duisant les spasmes et favorisant l&rsquo;expulsion des gaz. Ce m\u00e9canisme est partag\u00e9 avec de nombreuses Apiac\u00e9es aromatiques (fenouil, carvi, anis).<\/li>\n<li><strong>Antifongique et cytotoxique (polyac\u00e9tyl\u00e8nes) :<\/strong> le falcarinol inhibe la croissance de plusieurs champignons pathog\u00e8nes et exerce une cytotoxicit\u00e9 mod\u00e9r\u00e9e sur des lign\u00e9es cellulaires tumorales in vitro. L&rsquo;extrapolation clinique reste tr\u00e8s limit\u00e9e.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h3>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h3>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2605\u2606<\/strong> Int\u00e9r\u00eat alimentaire (l\u00e9gume-racine)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2605\u2606<\/strong> Phototoxicit\u00e9 (furanocoumarines \u2014 risque)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Carminatif (fruits)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Diur\u00e9tique (racine, usage populaire)<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Les donn\u00e9es cliniques sp\u00e9cifiques au panais sauvage sont tr\u00e8s limit\u00e9es. La phytophotodermatose induite par le contact cutan\u00e9 avec la s\u00e8ve en pr\u00e9sence de soleil est bien document\u00e9e (cas cliniques, s\u00e9ries dermatologiques) et constitue la donn\u00e9e clinique la plus pertinente. Les br\u00fblures peuvent \u00eatre s\u00e9v\u00e8res (deuxi\u00e8me degr\u00e9), \u00e9tendues et laisser des s\u00e9quelles pigmentaires prolong\u00e9es.<\/p>\n<p>L&rsquo;usage alimentaire du panais cultiv\u00e9 est parfaitement s\u00fbr apr\u00e8s cuisson (la cuisson d\u00e9grade partiellement les furanocoumarines de surface). Aucun essai clinique n&rsquo;a \u00e9valu\u00e9 les propri\u00e9t\u00e9s m\u00e9dicinales du panais en tant que tel. Les furanocoumarines isol\u00e9es (psoral\u00e8ne, m\u00e9thoxsal\u00e8ne) sont en revanche des m\u00e9dicaments bien \u00e9tudi\u00e9s dans le cadre de la PUVAth\u00e9rapie dermatologique.<\/p>\n<hr>\n<h3>TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h3>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe chimique<\/th>\n<th>Organe<\/th>\n<th>Action \/ Effet<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td><strong>Psoral\u00e8ne, bergapt\u00e8ne, xanthotoxine<\/strong><\/td>\n<td>Furanocoumarines<\/td>\n<td>S\u00e8ve, fruits, racine<\/td>\n<td>Phototoxique, intercalant ADN<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Falcarinol<\/strong><\/td>\n<td>Polyac\u00e9tyl\u00e8ne<\/td>\n<td>Racine<\/td>\n<td>Antifongique, cytotoxique<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Myrc\u00e8ne, \u03b1-pin\u00e8ne<\/td>\n<td>Terp\u00e8nes<\/td>\n<td>Fruits<\/td>\n<td>Carminatif, aromatique<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Amidon, fibres<\/td>\n<td>Glucides<\/td>\n<td>Racine<\/td>\n<td>Valeur nutritionnelle<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Potassium, acide folique<\/td>\n<td>Min\u00e9raux \/ vitamines<\/td>\n<td>Racine<\/td>\n<td>Nutrition<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Furanocoumarines<\/td>\n<td>Coumarine<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Psoral\u00e8ne<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Bergapt\u00e8ne<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Xanthotoxine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Isopimpinelline<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Usage alimentaire (racine cuite) :<\/strong> la forme d&rsquo;utilisation la plus s\u00fbre et la plus pertinente. Soupe, pur\u00e9e, r\u00f4ti, gratin. La cuisson r\u00e9duit la teneur en furanocoumarines de surface.<\/li>\n<li><strong>D\u00e9coction de racine (m\u00e9decine populaire) :<\/strong> usage traditionnel comme diur\u00e9tique et digestif, sans validation moderne.<\/li>\n<li><strong>Fruits en infusion (carminatif) :<\/strong> usage populaire comparable \u00e0 celui des graines de fenouil ou de carvi, non officinal.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Aucune forme gal\u00e9nique officinale n&rsquo;est inscrite dans les pharmacop\u00e9es contemporaines pour le panais. Les furanocoumarines purifi\u00e9es (m\u00e9thoxsal\u00e8ne, 8-MOP) sont des sp\u00e9cialit\u00e9s pharmaceutiques \u00e0 part enti\u00e8re, utilis\u00e9es exclusivement en milieu dermatologique hospitalier.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Le risque toxicologique principal du panais sauvage est la <strong>phytophotodermatose<\/strong> (dermatite de contact phototoxique). Le contact de la s\u00e8ve avec la peau, suivi d&rsquo;une exposition aux rayons ultraviolets A (soleil), provoque une r\u00e9action inflammatoire retard\u00e9e (12 \u00e0 48 heures) se manifestant par un \u00e9ryth\u00e8me intense, des bulles (phlyct\u00e8nes), une douleur br\u00fblante et une hyperpigmentation r\u00e9siduelle pouvant persister plusieurs mois.<\/p>\n<p>Les cas les plus fr\u00e9quents surviennent lors du d\u00e9sherbage ou du fauchage sans protection (bras nus, jambes expos\u00e9es). Les enfants jouant dans les friches o\u00f9 pousse le panais sauvage sont particuli\u00e8rement expos\u00e9s. Les jardiniers et les agents d&rsquo;entretien des bords de route doivent \u00eatre inform\u00e9s du risque.<\/p>\n<p><strong>Pr\u00e9vention :<\/strong> port de v\u00eatements couvrants et de gants lors de la manipulation, lavage imm\u00e9diat de la peau en cas de contact avec la s\u00e8ve, \u00e9vitement de l&rsquo;exposition solaire dans les 48 heures suivant un contact.<\/p>\n<p>Le risque de confusion botanique avec des Apiac\u00e9es toxiques (cigu\u00eb macul\u00e9e, \u0153nanthe safran\u00e9e, petite cigu\u00eb) constitue un danger suppl\u00e9mentaire pour les cueilleurs non exp\u00e9riment\u00e9s. L&rsquo;identification formelle est imp\u00e9rative avant toute consommation de la racine.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>Le panais est l&rsquo;un des plus anciens l\u00e9gumes-racines d&rsquo;Europe. Il \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 cultiv\u00e9 par les Romains, qui l&#8217;employaient \u00e0 la fois comme aliment et comme plante m\u00e9dicinale (Pline, Dioscoride). Avant l&rsquo;introduction de la pomme de terre (XVI<sup>e<\/sup>-XVII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle), le panais constituait, avec la carotte, le navet et les f\u00e8ves, la base de l&rsquo;alimentation paysanne europ\u00e9enne.<\/p>\n<p>En m\u00e9decine populaire, la racine \u00e9tait utilis\u00e9e en d\u00e9coction comme diur\u00e9tique, f\u00e9brifuge et tonique digestif. Les graines (fruits) \u00e9taient employ\u00e9es comme carminatif contre les coliques et les flatulences. Culpeper (XVII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle) recommandait le panais pour \u00ab ouvrir les obstructions du foie et de la rate \u00bb. Les herboristes anglais du XVIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle le prescrivaient contre la jaunisse et les affections urinaires.<\/p>\n<p>Le panais a connu un d\u00e9clin dramatique \u00e0 partir du XVIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, supplant\u00e9 par la pomme de terre. Sa red\u00e9couverte gastronomique date des ann\u00e9es 1990-2000, port\u00e9e par le mouvement des l\u00e9gumes anciens et de la cuisine de terroir. Aujourd&rsquo;hui, le panais cultiv\u00e9 est \u00e0 nouveau un l\u00e9gume courant sur les march\u00e9s europ\u00e9ens.<\/p>\n<hr>\n<h3>CONFUSIONS ET DISTINCTIONS<\/h3>\n<ul>\n<li><strong><em>Conium maculatum<\/em> (grande cigu\u00eb) :<\/strong> plante glabre, \u00e0 tige lisse tach\u00e9e de pourpre, \u00e0 ombelles blanches, \u00e0 odeur f\u00e9tide. Extr\u00eamement toxique. La confusion est possible avant floraison (feuilles pennatis\u00e9qu\u00e9es). Le panais a des feuilles pubescentes, une tige cannel\u00e9e velue et des ombelles jaunes.<\/li>\n<li><strong><em>Heracleum sphondylium<\/em> (grande berce) :<\/strong> feuilles plus grandes et plus d\u00e9coup\u00e9es, ombelles blanches (pas jaunes), plante plus imposante. \u00c9galement phototoxique mais comestible (jeunes pousses).<\/li>\n<li><strong><em>Oenanthe crocata<\/em> (\u0153nanthe safran\u00e9e) :<\/strong> extr\u00eamement toxique, \u00e0 s\u00e8ve jaun\u00e2tre, racines en faisceau (pas de pivot unique). Ombelles blanches. Habitat humide (foss\u00e9s, berges).<\/li>\n<li><strong><em>Daucus carota<\/em> (carotte sauvage) :<\/strong> feuilles plus finement d\u00e9coup\u00e9es, ombelles blanches avec souvent une fleur centrale pourpre, bract\u00e9es de l&rsquo;involucre pennatis\u00e9qu\u00e9es tr\u00e8s d\u00e9velopp\u00e9es. Non phototoxique.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Le crit\u00e8re distinctif le plus imm\u00e9diat du panais sauvage est la couleur <strong>jaune verd\u00e2tre<\/strong> de ses ombelles, unique parmi les grandes Apiac\u00e9es communes de France.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p><em>Pastinaca sativa<\/em> subsp. <em>sylvestris<\/em> est une grande Apiac\u00e9e bisannuelle des friches et bords de route, \u00e0 ombelles jaune verd\u00e2tre et \u00e0 racine pivotante aromatique. Son profil phytochimique est domin\u00e9 par les furanocoumarines phototoxiques (psoral\u00e8ne, bergapt\u00e8ne, xanthotoxine), les polyac\u00e9tyl\u00e8nes (falcarinol) et les huiles essentielles terp\u00e9niques. La plante est l&rsquo;anc\u00eatre sauvage du panais cultiv\u00e9, l\u00e9gume-racine historique de l&rsquo;alimentation europ\u00e9enne.<\/p>\n<p>Le panais sauvage n&rsquo;est pas une plante m\u00e9dicinale officinale, mais il pr\u00e9sente un triple int\u00e9r\u00eat : alimentaire (l\u00e9gume-racine red\u00e9couvert), toxicologique (mod\u00e8le de phytophotodermatose par furanocoumarines, avec des applications en PUVAth\u00e9rapie), et botanique (Apiac\u00e9e facile \u00e0 identifier gr\u00e2ce \u00e0 ses ombelles jaunes, formatrice pour l&rsquo;apprentissage des crit\u00e8res de d\u00e9termination dans cette famille difficile). La prudence s&rsquo;impose dans la manipulation de la plante vivante (phototoxicit\u00e9 cutan\u00e9e) et dans l&rsquo;identification pour la cueillette (risque de confusion avec des Apiac\u00e9es mortelles).<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li>Plants of the World Online (POWO), Royal Botanic Gardens, Kew. <em>Pastinaca sativa<\/em> L.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica \u2014 Flore de France<\/em>. Biotope \u00c9ditions, 2014.<\/li>\n<li>Bruneton J. <em>Pharmacognosie \u2014 Phytochimie, Plantes m\u00e9dicinales<\/em>. 5<sup>e<\/sup> \u00e9d., Lavoisier Tec &amp; Doc, 2016.<\/li>\n<li>Tela Botanica \u2014 <em>Pastinaca sativa<\/em>.<\/li>\n<li>Zobel A.M., Brown S.A. \u00ab Determination of furanocoumarins on the leaf surface of <em>Pastinaca sativa<\/em> \u00bb. <em>Journal of Chemical Ecology<\/em>, 1990.<\/li>\n<li>Christensen L.P., Brandt K. \u00ab Bioactive polyacetylenes in food plants of the Apiaceae family \u00bb. <em>Journal of Pharmaceutical and Biomedical Analysis<\/em>, 2006.<\/li>\n<li>Fournier P. <em>Le Livre des plantes m\u00e9dicinales et v\u00e9n\u00e9neuses de France<\/em>. Lechevalier, 1947-1948.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Diur\u00e9tique (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Digestif<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Carminatif<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> F\u00e9brifuge<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pastinaca sativa L. subsp. sylvestris (Mill.) Rouy &amp; E.G.Camus [syn. Pastinaca sativa L. var. sylvestris] Famille : Apiaceae. 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