{"id":652,"date":"2026-03-26T11:24:55","date_gmt":"2026-03-26T10:24:55","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/ridolfie\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:11","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:11","slug":"ridolfie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/ridolfie\/","title":{"rendered":"RIDOLFIE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Ridolfie%20des%20moissons.jpg\" alt=\"Planche botanique Ridolfie des moissons\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<p><em>Ridolfia segetum<\/em> (L.) Moris<\/p>\n<p>Famille : Apiaceae<\/p>\n<p>La ridolfie est une ombellif\u00e8re annuelle des moissons m\u00e9diterran\u00e9ennes, dont les ombelles jaunes, fines et vaporeuses, animent les champs de bl\u00e9 et d&rsquo;orge du Midi au coeur de l&rsquo;\u00e9t\u00e9. Sa silhouette \u00e9lanc\u00e9e, son feuillage capillaire d&rsquo;un vert glauque et son parfum anis\u00e9-fenouill\u00e9 en font une compagne discr\u00e8te mais reconnaissable des cultures c\u00e9r\u00e9ali\u00e8res traditionnelles. Elle est souvent confondue avec le fenouil, dont elle partage l&rsquo;aspect et l&rsquo;odeur sans en avoir la robustesse.<\/p>\n<p>L&rsquo;int\u00e9r\u00eat m\u00e9dicinal de la ridolfie est modeste, mais son profil chimique \u2014 huile essentielle riche en <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/monoterpenes\/\">monoterp\u00e8nes<\/a> et en ph\u00e9nylpropano\u00efdes \u2014 la rattache au groupe des ombellif\u00e8res aromatiques digestives et carminatives, aux c\u00f4t\u00e9s de l&rsquo;aneth, du fenouil et de la coriandre. Son int\u00e9r\u00eat principal est ethnobotanique et patrimonial : la ridolfie est une messicole m\u00e9diterran\u00e9enne en r\u00e9gression, t\u00e9moin d&rsquo;une agriculture traditionnelle qui dispara\u00eet sous la pression de l&rsquo;intensification.<\/p>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Famille :<\/strong> Apiaceae (Ombellif\u00e8res)<\/li>\n<li><strong>Genre :<\/strong> <em>Ridolfia<\/em><\/li>\n<li><strong>Esp\u00e8ce :<\/strong> <em>Ridolfia segetum<\/em> (L.) Moris<\/li>\n<li><strong>Synonymes :<\/strong> <em>Anethum segetum<\/em> L., <em>Carum ridolfia<\/em> Baill.<\/li>\n<li><strong>Noms vernaculaires :<\/strong> Ridolfie, Ridolfie des moissons, Faux fenouil, Aneth des moissons.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Le genre <em>Ridolfia<\/em> est monosp\u00e9cifique. La plante a longtemps \u00e9t\u00e9 plac\u00e9e dans le genre <em>Anethum<\/em> (aneth), ce qui refl\u00e8te sa proximit\u00e9 morphologique et chimique avec cette esp\u00e8ce. Le nom du genre honore le botaniste florentin Cosimo Ridolfi (1794-1865). La classification APG IV place le genre dans la sous-famille des Apioideae, tribu des Apieae, au voisinage de <em>Foeniculum<\/em> (fenouil) et <em>Anethum<\/em> (aneth).<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>La ridolfie est une plante annuelle de 30 \u00e0 100 centim\u00e8tres, glabre, glaucescente, \u00e0 tige dress\u00e9e, finement stri\u00e9e, ramifi\u00e9e dans sa partie sup\u00e9rieure. Les feuilles sont bi- \u00e0 tripennatis\u00e9qu\u00e9es, \u00e0 segments ultimes capillaires, filiformes, tr\u00e8s fins, rappelant fortement le feuillage du fenouil ou de l&rsquo;aneth. Les feuilles basales sont longuement p\u00e9tiol\u00e9es ; les sup\u00e9rieures sont r\u00e9duites \u00e0 des gaines embrassantes.<\/p>\n<p>Les fleurs, tr\u00e8s petites, jaunes, sont r\u00e9unies en ombelles compos\u00e9es l\u00e2ches, \u00e0 15 \u00e0 40 rayons fins et in\u00e9gaux. L&rsquo;involucre et les involucelles sont nuls ou r\u00e9duits \u00e0 quelques bract\u00e9oles caduques. Les p\u00e9tales sont entiers, incurv\u00e9s. Les fruits (diak\u00e8nes) sont ovo\u00efdes, comprim\u00e9s lat\u00e9ralement, \u00e0 5 c\u00f4tes filiformes, aromatiques au froissement.<\/p>\n<p>La ridolfie fr\u00e9quente les cultures c\u00e9r\u00e9ali\u00e8res (messicole), les friches, les vignes, les vergers et les bords de chemins du domaine m\u00e9diterran\u00e9en, sur sols calcaires \u00e0 neutres, secs et bien expos\u00e9s. Sa r\u00e9partition couvre le pourtour m\u00e9diterran\u00e9en : sud de l&rsquo;Europe (Espagne, Portugal, France m\u00e9ridionale, Italie, Gr\u00e8ce), l&rsquo;Afrique du Nord et le Proche-Orient. Elle est naturalis\u00e9e ponctuellement en Am\u00e9rique et en Australie.<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Floraison :<\/strong> juin \u00e0 ao\u00fbt<\/li>\n<li><strong>Habitat :<\/strong> cultures c\u00e9r\u00e9ali\u00e8res, friches, vignes, bords de chemins m\u00e9diterran\u00e9ens<\/li>\n<li><strong>R\u00e9partition :<\/strong> pourtour m\u00e9diterran\u00e9en<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h3>\u00c9COLOGIE, CULTURE ET CONSERVATION<\/h3>\n<p>La ridolfie est une messicole estivale du domaine m\u00e9diterran\u00e9en, dont le cycle de vie est synchronis\u00e9 avec celui des c\u00e9r\u00e9ales d&rsquo;hiver. Elle germe \u00e0 l&rsquo;automne, passe l&rsquo;hiver \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat de rosette, puis se d\u00e9veloppe et fleurit en \u00e9t\u00e9, au moment de la moisson. Ce cycle la rend d\u00e9pendante du maintien des cultures c\u00e9r\u00e9ali\u00e8res traditionnelles non trait\u00e9es aux herbicides.<\/p>\n<p>L&rsquo;intensification agricole (herbicides, semences certifi\u00e9es, labour profond) a entra\u00een\u00e9 une r\u00e9gression importante de la ridolfie dans toute la M\u00e9diterran\u00e9e occidentale. En France, elle est rare et en r\u00e9gression, limit\u00e9e au littoral m\u00e9diterran\u00e9en. Au Portugal et en Espagne, elle reste plus commune, mais sa tendance est partout \u00e0 la diminution.<\/p>\n<p>La ridolfie fait partie des plantes messicoles b\u00e9n\u00e9ficiant des programmes de conservation de la flore adventice en Europe (bandes refuges, mesures agri-environnementales). Sa conservation d\u00e9pend du maintien de pratiques agricoles extensives en milieu m\u00e9diterran\u00e9en.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<ul>\n<li>Parties a\u00e9riennes (usage ethnobotanique)<\/li>\n<li>Fruits (graines) \u2014 usage aromatique et m\u00e9dicinal traditionnel<\/li>\n<\/ul>\n<p>Les fruits (diak\u00e8nes) constituent la partie la plus aromatique et la plus int\u00e9ressante du point de vue chimique. Les parties a\u00e9riennes sont utilis\u00e9es en cuisine populaire m\u00e9diterran\u00e9enne comme condiment, \u00e0 la mani\u00e8re de l&rsquo;aneth ou du fenouil. Aucune drogue officinale n&rsquo;est d\u00e9finie pour cette esp\u00e8ce.<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<h3>A. Huile essentielle<\/h3>\n<p>L&rsquo;huile essentielle de la ridolfie, extraite des fruits et des parties a\u00e9riennes, est domin\u00e9e par les monoterp\u00e8nes et les ph\u00e9nylpropano\u00efdes. Les compos\u00e9s principaux identifi\u00e9s dans la litt\u00e9rature sont l&rsquo;<strong>alpha-phellandr\u00e8ne<\/strong> et le <strong>myristicine<\/strong> (ph\u00e9nylpropano\u00efde), souvent accompagn\u00e9s de <strong>dillapiol<\/strong>, de <strong>terpinol\u00e8ne<\/strong>, de <strong>p-cym\u00e8ne<\/strong> et de <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/limonene\/\">limon\u00e8ne<\/a><\/strong>. La teneur en huile essentielle est de l&rsquo;ordre de 0,5 \u00e0 2 % dans les fruits. La composition varie significativement selon l&rsquo;origine g\u00e9ographique des populations.<\/p>\n<h3>B. Coumarines<\/h3>\n<p>Comme chez la plupart des Apiaceae, des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/coumarines\/\">coumarines<\/a><\/strong> sont pr\u00e9sentes, notamment l&rsquo;<strong>ombellif\u00e9rone<\/strong> et la <strong>scopol\u00e9tine<\/strong>. Des <strong>furanocoumarines<\/strong> pourraient \u00eatre pr\u00e9sentes mais n&rsquo;ont pas \u00e9t\u00e9 sp\u00e9cifiquement document\u00e9es chez cette esp\u00e8ce.<\/p>\n<h3>C. Flavono\u00efdes et compos\u00e9s ph\u00e9noliques<\/h3>\n<p>Des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> et des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a>, acide caf\u00e9ique) ont \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9s, contribuant \u00e0 l&rsquo;activit\u00e9 antioxydante des extraits.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>L&rsquo;action pharmacologique de la ridolfie est celle d&rsquo;une ombellif\u00e8re aromatique typique. L&rsquo;<strong>alpha-phellandr\u00e8ne<\/strong> exerce des propri\u00e9t\u00e9s antimicrobiennes, anti-inflammatoires (inhibition de la production de cytokines pro-inflammatoires) et analg\u00e9siques l\u00e9g\u00e8res document\u00e9es in vitro et in vivo. La <strong>myristicine<\/strong>, ph\u00e9nylpropano\u00efde pr\u00e9sent aussi dans la noix de muscade, poss\u00e8de des propri\u00e9t\u00e9s insecticides, antimicrobiennes et, \u00e0 haute dose, psychoactives (inhibition de la MAO), bien que les quantit\u00e9s pr\u00e9sentes dans la ridolfie soient tr\u00e8s inf\u00e9rieures aux doses pharmacologiquement significatives. Le <strong>dillapiol<\/strong>, synergiste naturel d&rsquo;insecticides, renforce l&rsquo;activit\u00e9 biocide du m\u00e9lange.<\/p>\n<p>L&rsquo;action carminative (r\u00e9duction des gaz intestinaux) est classiquement attribu\u00e9e \u00e0 l&rsquo;huile essentielle dans son ensemble, par relaxation des muscles lisses intestinaux et inhibition des fermentations excessives. Les coumarines contribuent \u00e0 une action spasmolytique sur les muscles lisses digestifs et vasculaires.<\/p>\n<hr>\n<h3>DONN\u00c9ES CLINIQUES ET \u00c9TUDES PHARMACOLOGIQUES<\/h3>\n<p>La ridolfie ne fait l&rsquo;objet d&rsquo;aucune monographie officielle ni d&rsquo;essais cliniques. Les \u00e9tudes pharmacologiques, peu nombreuses, portent sur la composition de l&rsquo;huile essentielle et l&rsquo;activit\u00e9 antimicrobienne des extraits. Des travaux marocains, tunisiens et portugais ont document\u00e9 l&rsquo;activit\u00e9 antibact\u00e9rienne et antifongique de l&rsquo;huile essentielle de <em>Ridolfia segetum<\/em> contre <em>S. aureus<\/em>, <em>E. coli<\/em>, <em>Candida albicans<\/em> et plusieurs champignons phytopathog\u00e8nes. L&rsquo;activit\u00e9 antioxydante est mod\u00e9r\u00e9e.<\/p>\n<p>L&rsquo;int\u00e9r\u00eat agronomique des compos\u00e9s insecticides et synergistes (myristicine, dillapiol) est explor\u00e9 dans le cadre de la recherche sur les bio-pesticides d&rsquo;origine v\u00e9g\u00e9tale.<\/p>\n<hr>\n<h3>TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h3>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe chimique<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td><strong>Alpha-phellandr\u00e8ne<\/strong><\/td>\n<td>Monoterp\u00e8ne<\/td>\n<td>Antimicrobien, anti-inflammatoire<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Myristicine<\/strong><\/td>\n<td>Ph\u00e9nylpropano\u00efde<\/td>\n<td>Insecticide, antimicrobien<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Dillapiol<\/strong><\/td>\n<td>Ph\u00e9nylpropano\u00efde<\/td>\n<td>Synergiste insecticide<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Terpinol\u00e8ne<\/strong><\/td>\n<td>Monoterp\u00e8ne<\/td>\n<td>Antioxydant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Ombellif\u00e9rone<\/strong><\/td>\n<td>Coumarine<\/td>\n<td>Spasmolytique<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h3>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h3>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Carminatif et digestif<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antimicrobien (huile essentielle)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2606\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antioxydant<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2606\u2606\u2606\u2606<\/strong> Spasmolytique l\u00e9ger<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Donn\u00e9es cliniques limit\u00e9es ; usage essentiellement traditionnel. <strong>Niveau de preuve :<\/strong> usage traditionnel.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Alpha-phellandr\u00e8ne<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Myristicine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Dillapiol<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Terpinol\u00e8ne<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>P-cym\u00e8ne<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>Aucune forme gal\u00e9nique standardis\u00e9e n&rsquo;est d\u00e9finie pour la ridolfie. L&rsquo;usage traditionnel comprend :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Usage culinaire :<\/strong> parties a\u00e9riennes fra\u00eeches utilis\u00e9es comme condiment aromatique (\u00e0 la mani\u00e8re de l&rsquo;aneth ou du fenouil) dans les salades, les poissons et les l\u00e9gumes m\u00e9diterran\u00e9ens.<\/li>\n<li><strong>Infusion :<\/strong> une pinc\u00e9e de fruits \u00e9cras\u00e9s ou de parties a\u00e9riennes s\u00e9ch\u00e9es pour une tasse d&rsquo;eau (d\u00e9part \u00e0 froid), en digestif apr\u00e8s le repas (usage ethnobotanique m\u00e9diterran\u00e9en).<\/li>\n<\/ul>\n<p>Ces usages sont domestiques, non codifi\u00e9s et limit\u00e9s aux r\u00e9gions m\u00e9diterran\u00e9ennes o\u00f9 la plante est connue. Aucune posologie th\u00e9rapeutique n&rsquo;est \u00e9tablie.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>La ridolfie n&rsquo;est pas consid\u00e9r\u00e9e comme toxique aux doses culinaires et traditionnelles. La myristicine, \u00e0 forte dose, peut th\u00e9oriquement exercer des effets psychoactifs et h\u00e9patotoxiques (comme dans l&rsquo;intoxication \u00e0 la noix de muscade), mais les quantit\u00e9s pr\u00e9sentes dans la ridolfie sont tr\u00e8s largement insuffisantes pour atteindre ces doses.<\/p>\n<p>La prudence impose, comme pour toutes les Apiaceae, une identification botanique certaine avant toute consommation, en raison du risque de confusion avec des esp\u00e8ces toxiques. L&rsquo;usage est d\u00e9conseill\u00e9 chez la femme enceinte par prudence (les ph\u00e9nylpropano\u00efdes aromatiques sont traditionnellement consid\u00e9r\u00e9s comme emm\u00e9nagogues).<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>La ridolfie est surtout connue dans l&rsquo;ethnobotanique m\u00e9diterran\u00e9enne populaire. Au Portugal, en Espagne et au Maroc, elle est traditionnellement utilis\u00e9e comme condiment aromatique dans la cuisine locale, en remplacement de l&rsquo;aneth ou du fenouil. Au Portugal, elle porte le nom populaire de <em>funcho-bravo<\/em> (fenouil sauvage) et entre dans la pr\u00e9paration des soupes de poisson alentejanes et des conserves de l\u00e9gumes.<\/p>\n<p>L&rsquo;usage m\u00e9dicinal est tr\u00e8s marginal : infusion digestive, carminatif, usage externe comme antiseptique l\u00e9ger en m\u00e9decine populaire nord-africaine. Les grands trait\u00e9s de phytoth\u00e9rapie europ\u00e9ens ne la mentionnent g\u00e9n\u00e9ralement pas, la plante \u00e9tant trop localis\u00e9e et trop proche du fenouil pour avoir acquis une identit\u00e9 m\u00e9dicinale propre.<\/p>\n<p>L&rsquo;int\u00e9r\u00eat principal de la ridolfie est patrimonial : elle fait partie du cort\u00e8ge des plantes messicoles m\u00e9diterran\u00e9ennes, compagnes des cultures c\u00e9r\u00e9ali\u00e8res traditionnelles depuis le N\u00e9olithique, aujourd&rsquo;hui menac\u00e9es par l&rsquo;intensification agricole.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p><em>Ridolfia segetum<\/em> est une ombellif\u00e8re aromatique m\u00e9diterran\u00e9enne dont le profil en huile essentielle \u2014 alpha-phellandr\u00e8ne, myristicine, dillapiol \u2014 la rapproche de l&rsquo;aneth et du fenouil sans lui conf\u00e9rer de propri\u00e9t\u00e9s m\u00e9dicinales sp\u00e9cifiques. Son int\u00e9r\u00eat est essentiellement culinaire (condiment aromatique), ethnobotanique (t\u00e9moin des pratiques agricoles traditionnelles) et agronomique (compos\u00e9s insecticides et synergistes). Elle incarne la cat\u00e9gorie des plantes utiles sans \u00eatre m\u00e9dicinales au sens strict, dont la valeur patrimoniale d\u00e9passe largement la valeur pharmacologique.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li>Marongiu B. et al. \u2014 Isolation of <em>Ridolfia segetum<\/em> essential oil by supercritical CO2, <em>J. Essent. Oil Res.<\/em>, 2007.<\/li>\n<li>Jabrane A. et al. \u2014 Chemical composition and antimicrobial activity of <em>Ridolfia segetum<\/em> essential oil, <em>Nat. Prod. Commun.<\/em>, 2010.<\/li>\n<li>Guilherme R. et al. \u2014 Nutritional and phytochemical characterization of <em>Ridolfia segetum<\/em>, <em>Food Chem.<\/em>, 2020.<\/li>\n<li>Plants of the World Online, Kew : <em>Ridolfia segetum<\/em><\/li>\n<li>Tela Botanica, eFlore : <em>Ridolfia segetum<\/em><\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Digestif<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Carminatif<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antiseptique<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ridolfia segetum (L.) 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