{"id":657,"date":"2026-03-26T11:25:02","date_gmt":"2026-03-26T10:25:02","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/seseli-des-montagnes\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:11","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:11","slug":"seseli-des-montagnes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/seseli-des-montagnes\/","title":{"rendered":"S\u00c9S\u00c9LI DES MONTAGNES"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/S%C3%A9s%C3%A9li%20des%20montagnes.jpg\" alt=\"Planche botanique S\u00c9S\u00c9LI DES MONTAGNES\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<p>Le s\u00e9s\u00e9li des montagnes (<em>Seseli montanum<\/em>) est une plante vivace de la famille des Apiac\u00e9es, caract\u00e9ristique des pelouses s\u00e8ches et des rocailles calcaires des r\u00e9gions montagnardes et m\u00e9diterran\u00e9ennes d&rsquo;Europe. Sa silhouette dress\u00e9e, ses feuilles finement d\u00e9coup\u00e9es en lani\u00e8res \u00e9troites et ses ombelles blanches serr\u00e9es en font un \u00e9l\u00e9ment familier des cort\u00e8ges floristiques des causses, des garrigues et des pelouses x\u00e9rothermophiles.<\/p>\n<p>Plante aromatique au parfum \u00e2cre et r\u00e9sineux, le s\u00e9s\u00e9li des montagnes a fait l&rsquo;objet d&rsquo;usages m\u00e9dicinaux dans l&rsquo;Antiquit\u00e9 et la Renaissance, principalement comme carminatif, stomachique et emm\u00e9nagogue. Si ces emplois sont aujourd&rsquo;hui tomb\u00e9s en d\u00e9su\u00e9tude, la plante conserve un int\u00e9r\u00eat phytochimique par sa richesse en <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/coumarines\/\">coumarines<\/a> et en huile essentielle, ainsi qu&rsquo;un int\u00e9r\u00eat \u00e9cologique majeur en tant qu&rsquo;esp\u00e8ce structurante des pelouses s\u00e8ches calcicoles, habitats de haute valeur patrimoniale en Europe.<\/p>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p><strong>R\u00e8gne :<\/strong> Plantae<br \/>\n<strong>Division :<\/strong> Magnoliophyta<br \/>\n<strong>Classe :<\/strong> Magnoliopsida<br \/>\n<strong>Ordre :<\/strong> Apiales<br \/>\n<strong>Famille :<\/strong> Apiaceae (Ombellif\u00e8res)<br \/>\n<strong>Genre :<\/strong> <em>Seseli<\/em> L., 1753<br \/>\n<strong>Esp\u00e8ce :<\/strong> <em>Seseli montanum<\/em> L., 1753<\/p>\n<p>Le genre <em>Seseli<\/em> comprend environ 130 esp\u00e8ces r\u00e9parties en Eurasie et en Afrique du Nord. Il appartient \u00e0 la tribu des Selineae au sein des Apiac\u00e9es. Le nom g\u00e9n\u00e9rique d\u00e9rive du grec <em>seseli<\/em>, employ\u00e9 par Dioscoride et Hippocrate pour d\u00e9signer plusieurs Ombellif\u00e8res aromatiques des montagnes. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>montanum<\/em> souligne l&rsquo;habitat pr\u00e9f\u00e9rentiel de l&rsquo;esp\u00e8ce. En France, on rencontre plusieurs esp\u00e8ces du genre, dont <em>S. libanotis<\/em> (s\u00e9s\u00e9li libanotis), <em>S. tortuosum<\/em> (s\u00e9s\u00e9li tortueux) et <em>S. annuum<\/em> (s\u00e9s\u00e9li annuel).<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<h3>A. Appareil v\u00e9g\u00e9tatif<\/h3>\n<p>Le s\u00e9s\u00e9li des montagnes est une plante vivace de 30 \u00e0 60 cm de hauteur, \u00e0 souche ligneuse \u00e9paisse, couronn\u00e9e par les restes fibreux des anciennes feuilles. La tige est dress\u00e9e, cylindrique, finement stri\u00e9e, pleine, glabre, souvent ramifi\u00e9e dans sa partie sup\u00e9rieure. Les feuilles basales sont longuement p\u00e9tiol\u00e9es, bi- \u00e0 tripennatis\u00e9qu\u00e9es, \u00e0 segments ultimes lin\u00e9aires-filiformes, de 1 \u00e0 2 mm de largeur, coriaces, vert glauque. Les feuilles caulinaires sont r\u00e9duites, \u00e0 gaine d\u00e9velopp\u00e9e et limbe simplifi\u00e9. L&rsquo;ensemble de la plante d\u00e9gage au froissement une odeur aromatique forte, r\u00e9sineuse et \u00e2cre, caract\u00e9ristique.<\/p>\n<h3>B. Appareil reproducteur<\/h3>\n<p>Les ombelles sont compos\u00e9es, \u00e0 10 \u00e0 20 rayons courts et serr\u00e9s, donnant un aspect dense et compact \u00e0 l&rsquo;inflorescence. L&rsquo;involucre est absent ou r\u00e9duit \u00e0 1-2 bract\u00e9es caduques. L&rsquo;involucelle est constitu\u00e9 de nombreuses bract\u00e9oles lin\u00e9aires, scarieuses-margin\u00e9es. Les fleurs sont blanches, parfois l\u00e9g\u00e8rement ros\u00e9es, petites, pentam\u00e8res, \u00e0 5 p\u00e9tales \u00e9chancr\u00e9s au sommet. La floraison s&rsquo;\u00e9tend d&rsquo;ao\u00fbt \u00e0 octobre, ce qui en fait une Ombellif\u00e8re \u00e0 floraison tardive. La pollinisation est entomogame, attirant de nombreux dipt\u00e8res, hym\u00e9nopt\u00e8res et col\u00e9opt\u00e8res.<\/p>\n<h3>C. Fruit et graine<\/h3>\n<p>Le fruit est un diak\u00e8ne ovo\u00efde, de 2 \u00e0 3 mm, \u00e0 c\u00f4tes saillantes et \u00e9gales, pubescent \u00e0 la maturit\u00e9. Les bandelettes (vittae) sont au nombre de 1 \u00e0 3 par vall\u00e9cule. Les m\u00e9ricarpes sont \u00e0 section pentagonale. La diss\u00e9mination est barochore et occasionnellement myrm\u00e9cochore.<\/p>\n<h3>D. Variabilit\u00e9<\/h3>\n<p>L&rsquo;esp\u00e8ce est polymorphe et a donn\u00e9 lieu \u00e0 la description de plusieurs sous-esp\u00e8ces. La sous-esp\u00e8ce type, <em>S. montanum<\/em> subsp. <em>montanum<\/em>, est la plus r\u00e9pandue. La sous-esp\u00e8ce <em>polyphyllum<\/em> se distingue par ses feuilles \u00e0 segments plus nombreux et plus courts. La d\u00e9limitation infrasp\u00e9cifique reste discut\u00e9e et les transitions entre formes sont fr\u00e9quentes.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9cologie et r\u00e9partition<\/h3>\n<p><em>Seseli montanum<\/em> est une esp\u00e8ce ouest-m\u00e9diterran\u00e9enne \u00e0 sub-atlantique, pr\u00e9sente de l&rsquo;Espagne et du Portugal jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;Italie, les Balkans occidentaux et l&rsquo;Allemagne du Sud. En France, il est commun dans les r\u00e9gions calcaires du Midi, des causses (Larzac, Quercy, Grands Causses), de la Provence, du Dauphin\u00e9, de la Bourgogne et du Jura.<\/p>\n<p>C&rsquo;est une esp\u00e8ce des pelouses s\u00e8ches calcicoles, des dalles rocheuses, des \u00e9boulis fix\u00e9s, des garrigues ouvertes et des lisi\u00e8res thermophiles. Elle affectionne les sols peu profonds, pierreux, bien drain\u00e9s, riches en calcaire actif, avec un pH compris entre 7 et 8,5. H\u00e9liophile et x\u00e9rophile, elle tol\u00e8re les s\u00e9cheresses estivales prolong\u00e9es gr\u00e2ce \u00e0 sa souche profonde et \u00e0 ses feuilles coriaces \u00e0 segments \u00e9troits qui limitent l&rsquo;\u00e9vapotranspiration. On la trouve de l&rsquo;\u00e9tage collin\u00e9en \u00e0 l&rsquo;\u00e9tage montagnard (200 \u00e0 1 800 m d&rsquo;altitude).<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Les fruits (graines au sens courant) et les parties a\u00e9riennes constituaient les drogues traditionnelles. Les fruits \u00e9taient r\u00e9colt\u00e9s \u00e0 maturit\u00e9, en septembre-octobre, par battage des ombelles s\u00e8ches. Les parties a\u00e9riennes fleuries \u00e9taient coup\u00e9es en pleine floraison, en septembre. La racine \u00e9tait \u00e9galement employ\u00e9e dans certaines traditions.<\/p>\n<p>Le s\u00e9chage s&rsquo;effectuait \u00e0 l&rsquo;ombre. La drogue d\u00e9gageait une odeur forte, aromatique et r\u00e9sineuse. L&rsquo;usage m\u00e9dicinal de cette esp\u00e8ce \u00e9tant aujourd&rsquo;hui abandonn\u00e9, il n&rsquo;existe pas de circuit de r\u00e9colte ou de commercialisation organis\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>La phytochimie de <em>Seseli montanum<\/em> est marqu\u00e9e par une richesse en coumarines et en huile essentielle :<\/p>\n<p><strong>Coumarines<\/strong> : la plante contient de l&rsquo;<strong>ombellif\u00e9rone<\/strong> (7-hydroxycoumarine), de la <strong>scopol\u00e9tine<\/strong>, du <strong>bergapt\u00e8ne<\/strong> (5-m\u00e9thoxypsoral\u00e8ne) et de l&rsquo;<strong>isopimpinelline<\/strong>. Ces furanocoumarines sont caract\u00e9ristiques de nombreuses Apiac\u00e9es et sont photosensibilisantes. Le <strong>bergapt\u00e8ne<\/strong> est un compos\u00e9 d&rsquo;int\u00e9r\u00eat pharmacologique, utilis\u00e9 en phototh\u00e9rapie dermatologique (PUVA-th\u00e9rapie).<\/p>\n<p><strong>Huile essentielle<\/strong> : pr\u00e9sente \u00e0 0,3 \u00e0 1,5 % dans les fruits et les parties a\u00e9riennes, elle est domin\u00e9e par des <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/monoterpenes\/\">monoterp\u00e8nes<\/a> (<strong>\u03b1-<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/pinene\/\">pin\u00e8ne<\/a><\/strong>, <strong>\u03b2-pin\u00e8ne<\/strong>, <strong>sabin\u00e8ne<\/strong>, <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/limonene\/\">limon\u00e8ne<\/a><\/strong>) et des <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/sesquiterpenes\/\">sesquiterp\u00e8nes<\/a> (<strong>germacr\u00e8ne D<\/strong>, <strong>\u03b2-caryophyll\u00e8ne<\/strong>). La composition varie selon les populations et les organes.<\/p>\n<p><strong>Flavono\u00efdes<\/strong> : d\u00e9riv\u00e9s de la <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a><\/strong> et du <strong>kaempf\u00e9rol<\/strong>, en quantit\u00e9 mod\u00e9r\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>Polyac\u00e9tyl\u00e8nes<\/strong> : le <strong>falcarinol<\/strong> et le <strong>falcarindiol<\/strong>, compos\u00e9s caract\u00e9ristiques des Apiac\u00e9es, aux propri\u00e9t\u00e9s cytotoxiques document\u00e9es.<\/p>\n<p><strong>Acides ph\u00e9noliques<\/strong> : <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a><\/strong> et <strong>acide caf\u00e9ique<\/strong>.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p><strong>Activit\u00e9 photosensibilisante<\/strong> : les furanocoumarines (<strong>bergapt\u00e8ne<\/strong>, <strong>isopimpinelline<\/strong>) sont des agents photosensibilisants qui, combin\u00e9s aux UV-A, provoquent une r\u00e9action phototoxique cutan\u00e9e. Cette propri\u00e9t\u00e9, d\u00e9l\u00e9t\u00e8re en cas d&rsquo;exposition accidentelle, est exploit\u00e9e en dermatologie dans le traitement du psoriasis et du vitiligo (PUVA-th\u00e9rapie).<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 antimicrobienne<\/strong> : l&rsquo;huile essentielle montre une activit\u00e9 antibact\u00e9rienne mod\u00e9r\u00e9e contre des souches gram-positives (<em>Staphylococcus aureus<\/em>) et une activit\u00e9 antifongique contre <em>Candida albicans<\/em> et des dermatophytes.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 antispasmodique<\/strong> : les coumarines simples (ombellif\u00e9rone, scopol\u00e9tine) exercent un effet relaxant sur le muscle lisse, document\u00e9 in vitro, coh\u00e9rent avec l&rsquo;usage traditionnel carminatif et stomachique.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 antioxydante<\/strong> : les flavono\u00efdes et les acides ph\u00e9noliques conf\u00e8rent aux extraits une activit\u00e9 antioxydante mod\u00e9r\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 cytotoxique<\/strong> : le falcarinol et le falcarindiol pr\u00e9sentent une activit\u00e9 cytotoxique in vitro contre plusieurs lign\u00e9es cellulaires tumorales, mais ces r\u00e9sultats pr\u00e9liminaires n&rsquo;ont pas d\u00e9bouch\u00e9 sur des applications cliniques.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Aucun essai clinique n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9 avec <em>Seseli montanum<\/em>. L&rsquo;usage th\u00e9rapeutique historique \u00e9tait fond\u00e9 sur la tradition antique et m\u00e9di\u00e9vale. Dioscoride recommandait les s\u00e9s\u00e9lis comme emm\u00e9nagogues, diur\u00e9tiques et carminatifs. Matthiole (XVIe si\u00e8cle) et Tournefort (XVIIe si\u00e8cle) d\u00e9crivent des usages similaires : faciliter la digestion, combattre les flatulences, provoquer les r\u00e8gles, traiter la toux.<\/p>\n<p>Ces indications ne sont plus pratiqu\u00e9es. La plante n&rsquo;est inscrite dans aucune pharmacop\u00e9e contemporaine et ne fait l&rsquo;objet d&rsquo;aucune monographie r\u00e9glementaire. Son int\u00e9r\u00eat r\u00e9siduel en pharmacologie r\u00e9side dans la pr\u00e9sence de furanocoumarines photosensibilisantes, dont le bergapt\u00e8ne est un compos\u00e9 d&rsquo;importance en dermatologie, bien qu&rsquo;il soit aujourd&rsquo;hui produit par synth\u00e8se ou extrait d&rsquo;autres esp\u00e8ces plus productives (bergamote, <em>Ammi majus<\/em>).<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Coumarines<\/td>\n<td>Coumarine<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Ombellif\u00e9rone<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Scopol\u00e9tine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Bergapt\u00e8ne<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Isopimpinelline<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p><strong>Infusion<\/strong> (usage historique) : 2 \u00e0 4 g de fruits \u00e9cras\u00e9s par tasse d&rsquo;eau (d\u00e9part \u00e0 froid), infuser 10 minutes. Deux tasses par jour apr\u00e8s les repas, comme carminatif.<\/p>\n<p><strong>D\u00e9coction de racine<\/strong> (usage historique) : 20 \u00e0 30 g par litre, bouillir 10 minutes, comme emm\u00e9nagogue et diur\u00e9tique.<\/p>\n<p><strong>Huile essentielle<\/strong> : non commercialis\u00e9e pour cet usage. Son emploi \u00e9ventuel n\u00e9cessiterait une grande prudence en raison de la pr\u00e9sence de furanocoumarines photosensibilisantes.<\/p>\n<p>Ces formes gal\u00e9niques ne sont mentionn\u00e9es qu&rsquo;\u00e0 titre historique. L&rsquo;usage de cette plante en autom\u00e9dication est d\u00e9conseill\u00e9 en raison du potentiel photosensibilisant.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Le principal risque toxicologique est la photosensibilisation cutan\u00e9e li\u00e9e aux furanocoumarines. Le contact de la s\u00e8ve ou des parties fra\u00eeches de la plante avec la peau, suivi d&rsquo;une exposition solaire, peut provoquer des dermatites phototoxiques (phytophotodermatose) caract\u00e9ris\u00e9es par un \u00e9ryth\u00e8me, des v\u00e9sicules et une hyperpigmentation r\u00e9siduelle. Ce risque est commun \u00e0 de nombreuses Apiac\u00e9es (berce du Caucase, ang\u00e9lique, panais).<\/p>\n<p>L&rsquo;ingestion de quantit\u00e9s importantes pourrait th\u00e9oriquement provoquer des troubles digestifs li\u00e9s aux coumarines et aux polyac\u00e9tyl\u00e8nes. L&rsquo;usage emm\u00e9nagogue ancien sugg\u00e8re une action sur la musculature ut\u00e9rine, contre-indiquant formellement la plante pendant la grossesse.<\/p>\n<p>Les furanocoumarines sont par ailleurs mutag\u00e8nes et potentiellement canc\u00e9rig\u00e8nes en pr\u00e9sence d&rsquo;UV. Une exposition chronique est d\u00e9conseill\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>Le s\u00e9s\u00e9li est cit\u00e9 par Hippocrate, Th\u00e9ophraste et Dioscoride parmi les plantes m\u00e9dicinales des montagnes m\u00e9diterran\u00e9ennes. Dioscoride distingue trois sortes de s\u00e9s\u00e9lis dont il vante les vertus emm\u00e9nagogues, diur\u00e9tiques et expectorantes. Pline l&rsquo;Ancien rapporte que le s\u00e9s\u00e9li des montagnes \u00e9tait employ\u00e9 en fumigations contre les morsures de serpent et comme antidote aux poisons.<\/p>\n<p>Au Moyen \u00c2ge et \u00e0 la Renaissance, le s\u00e9s\u00e9li figurait dans les herbiers m\u00e9dicinaux (Fuchs, Matthiole, Dodoens) comme plante aromatique m\u00e9dicinale de second rang, utilis\u00e9e contre les coliques, les retards de r\u00e8gles et les affections respiratoires. Son d\u00e9clin th\u00e9rapeutique date du XVIIIe si\u00e8cle, lorsque des Ombellif\u00e8res plus efficaces (fenouil, anis, carvi) l&rsquo;ont supplant\u00e9 dans les officines.<\/p>\n<p>En Provence, la plante \u00e9tait parfois utilis\u00e9e par les bergers comme condiment aromatique pour parfumer les fromages de ch\u00e8vre, usage anecdotique mais r\u00e9v\u00e9lateur de la connaissance populaire de ses propri\u00e9t\u00e9s organoleptiques.<\/p>\n<hr>\n<h3>Int\u00e9r\u00eat \u00e9cologique<\/h3>\n<p>Le s\u00e9s\u00e9li des montagnes est une esp\u00e8ce structurante des pelouses s\u00e8ches calcicoles, habitats class\u00e9s prioritaires par la directive europ\u00e9enne Habitats (code 6210). Ces pelouses, parmi les milieux les plus riches en biodiversit\u00e9 d&rsquo;Europe temp\u00e9r\u00e9e, h\u00e9bergent une flore et une faune remarquables, incluant de nombreuses orchid\u00e9es, des papillons rares et des reptiles thermophiles.<\/p>\n<p>La floraison tardive du s\u00e9s\u00e9li (ao\u00fbt-octobre) en fait une ressource nectarif\u00e8re pr\u00e9cieuse pour les insectes pollinisateurs en fin de saison, lorsque les autres sources florales se rar\u00e9fient. Les ombelles attirent une entomofaune diversifi\u00e9e : syrphes, gu\u00eapes parasites, col\u00e9opt\u00e8res, punaises et mouches diverses. Elles constituent \u00e9galement une ressource pour les araign\u00e9es-crabes (<em>Thomisus<\/em> spp.) qui y embusquent leurs proies.<\/p>\n<p>La conservation des pelouses s\u00e8ches, menac\u00e9es par la d\u00e9prise agricole (fermeture par les ligneux) ou par l&rsquo;intensification, passe par le maintien d&rsquo;un p\u00e2turage extensif qui pr\u00e9serve l&rsquo;ouverture du milieu et favorise des esp\u00e8ces comme le s\u00e9s\u00e9li des montagnes.<\/p>\n<hr>\n<h3>Confusions possibles<\/h3>\n<p><em>Seseli libanotis<\/em> (s\u00e9s\u00e9li libanotis) : esp\u00e8ce plus robuste, \u00e0 ombelles plus l\u00e2ches, \u00e0 involucre d\u00e9velopp\u00e9 (nombreuses bract\u00e9es lin\u00e9aires), et \u00e0 feuilles \u00e0 segments plus larges. Plut\u00f4t montagnarde et subalpine.<\/p>\n<p><em>Seseli tortuosum<\/em> (s\u00e9s\u00e9li tortueux) : esp\u00e8ce m\u00e9diterran\u00e9enne \u00e0 tiges tortueuses et divariqu\u00e9es, \u00e0 rayons de l&rsquo;ombelle tr\u00e8s in\u00e9gaux, donnant un port caract\u00e9ristique en \u00ab cand\u00e9labre \u00bb. Milieux arides et rocailleux du littoral.<\/p>\n<p><em>Seseli annuum<\/em> (s\u00e9s\u00e9li annuel) : esp\u00e8ce bisannuelle \u00e0 ombelles plus l\u00e2ches et \u00e0 involucre nul. Pelouses et lisi\u00e8res calcicoles.<\/p>\n<p>Parmi les autres Apiac\u00e9es des pelouses s\u00e8ches, <em>Trinia glauca<\/em> (trinie glauque) peut \u00e9voquer le s\u00e9s\u00e9li par son port et son feuillage glauque, mais elle est dio\u00efque et plus petite. <em>Peucedanum oreoselinum<\/em> (persil des montagnes) se distingue par ses feuilles \u00e0 segments plus larges et ses fruits tr\u00e8s aplatis.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>Le s\u00e9s\u00e9li des montagnes est une Ombellif\u00e8re aromatique dont l&rsquo;int\u00e9r\u00eat th\u00e9rapeutique, r\u00e9el dans l&rsquo;Antiquit\u00e9 et \u00e0 la Renaissance, s&rsquo;est progressivement effac\u00e9 au profit d&rsquo;esp\u00e8ces plus efficaces et mieux document\u00e9es. Sa phytochimie, domin\u00e9e par les furanocoumarines photosensibilisantes et une huile essentielle \u00e0 monoterp\u00e8nes, lui conf\u00e8re des propri\u00e9t\u00e9s pharmacologiques document\u00e9es mais insuffisantes pour justifier un usage m\u00e9dicinal contemporain.<\/p>\n<p>La valeur principale de cette esp\u00e8ce r\u00e9side dans son r\u00f4le \u00e9cologique au sein des pelouses s\u00e8ches calcicoles, habitats patrimoniaux de premier ordre en Europe. Sa floraison tardive, sa r\u00e9sistance \u00e0 la s\u00e9cheresse et son attractivit\u00e9 pour l&rsquo;entomofaune en font un acteur discret mais important de la biodiversit\u00e9 des milieux ouverts calcaires. La connaissance et la pr\u00e9servation de telles esp\u00e8ces participent \u00e0 la compr\u00e9hension et \u00e0 la protection de ces \u00e9cosyst\u00e8mes fragiles.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<p>Bonnier G., Layens G. de. <em>Flore compl\u00e8te portative de la France, de la Suisse et de la Belgique<\/em>. Belin, Paris, 1894.<\/p>\n<p>Coste H. <em>Flore descriptive et illustr\u00e9e de la France, de la Corse et des contr\u00e9es limitrophes<\/em>. Librairie Albert Blanchard, Paris, 1901-1906.<\/p>\n<p>Dioscoride. <em>De Materia Medica<\/em>. Trad. Beck L.Y., Olms-Weidmann, 2005.<\/p>\n<p>Fournier P. <em>Le Livre des plantes m\u00e9dicinales et v\u00e9n\u00e9neuses de France<\/em>. Lechevalier, Paris, 1947-1948.<\/p>\n<p>Maxia A. et al. Essential oil composition of <em>Seseli<\/em> spp. from the Mediterranean area. <em>Natural Product Communications<\/em>, 2012 ; 7(8) : 1033-1036.<\/p>\n<p>Pimenov M.G., Leonov M.V. <em>The Genera of the Umbelliferae<\/em>. Royal Botanic Gardens, Kew, 1993.<\/p>\n<p>Tison J.-M., de Foucault B. (dir.). <em>Flora Gallica \u2013 Flore de France<\/em>. Biotope \u00c9ditions, M\u00e8ze, 2014.<\/p>\n<p>Tutin T.G. et al. (eds). <em>Flora Europaea<\/em>, vol. 2. Cambridge University Press, 1968.<\/p>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Diur\u00e9tique (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Expectorant<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antispasmodique<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Carminatif<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le s\u00e9s\u00e9li des montagnes (Seseli montanum) est une plante vivace de la famille des Apiac\u00e9es, caract\u00e9ristique des pelouses s\u00e8ches et des rocailles calcaires des r\u00e9gions [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[10],"tags":[],"class_list":["post-657","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-apiacees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/657","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=657"}],"version-history":[{"count":21,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/657\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13617,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/657\/revisions\/13617"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=657"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=657"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=657"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}