{"id":658,"date":"2026-03-26T11:25:03","date_gmt":"2026-03-26T10:25:03","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/thapsie-velue\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:11","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:11","slug":"thapsie-velue","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/thapsie-velue\/","title":{"rendered":"THAPSIE VELUE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Thapsie%20velue.jpg\" alt=\"Planche botanique THAPSIE VELUE\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<p><em>Thapsia villosa<\/em> L.<\/p>\n<p>Famille : Apiaceae<\/p>\n<p>La thapsie velue est l&rsquo;une des grandes ombellif\u00e8res m\u00e9diterran\u00e9ennes, reconnaissable \u00e0 ses ombelles jaunes massives, \u00e0 son feuillage d\u00e9coup\u00e9 en lani\u00e8res fines et \u00e0 la puissance de son appareil souterrain. Sa racine \u00e9paisse, profond\u00e9ment enfonc\u00e9e dans les sols secs et rocailleux du maquis et de la garrigue, contient une r\u00e9sine \u00e2cre et v\u00e9sicante qui a fond\u00e9 son usage m\u00e9dicinal ancien comme rub\u00e9fiant et r\u00e9vulsif, mais aussi sa r\u00e9putation de plante dangereuse, capable de provoquer des dermites graves au simple contact.<\/p>\n<p>La thapsie est une plante de l&rsquo;ancienne mati\u00e8re m\u00e9dicale m\u00e9diterran\u00e9enne, connue depuis Dioscoride et Hippocrate, mais presque abandonn\u00e9e par la phytoth\u00e9rapie moderne en raison de sa toxicit\u00e9 cutan\u00e9e. Son int\u00e9r\u00eat pharmacologique a cependant \u00e9t\u00e9 renouvel\u00e9 par la d\u00e9couverte de compos\u00e9s terpeniques originaux \u2014 les thapsigargins \u2014 qui se sont r\u00e9v\u00e9l\u00e9s \u00eatre de puissants inhibiteurs de la Ca2+-ATPase du r\u00e9ticulum sarcoplasmique (SERCA) et qui font l&rsquo;objet de recherches anticanc\u00e9reuses prometteuses. La thapsie illustre ainsi le chemin qui peut mener d&rsquo;une plante toxique du maquis \u00e0 la pharmacologie mol\u00e9culaire de pointe.<\/p>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Famille :<\/strong> Apiaceae (Ombellif\u00e8res)<\/li>\n<li><strong>Genre :<\/strong> <em>Thapsia<\/em><\/li>\n<li><strong>Esp\u00e8ce :<\/strong> <em>Thapsia villosa<\/em> L.<\/li>\n<li><strong>Noms vernaculaires :<\/strong> Thapsie velue, Thapsie, Faux fenouil, Turbith b\u00e2tard.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Le genre <em>Thapsia<\/em> comprend une dizaine d&rsquo;esp\u00e8ces, toutes m\u00e9diterran\u00e9ennes. <em>T. villosa<\/em> est l&rsquo;esp\u00e8ce la plus r\u00e9pandue en M\u00e9diterran\u00e9e occidentale. Le genre est proche de <em>Laser<\/em> et de <em>Ferula<\/em>, avec lesquels il partage des compos\u00e9s terpeniques caract\u00e9ristiques. Le nom <em>Thapsia<\/em> viendrait de l&rsquo;\u00eele de Thapsos (Sicile), o\u00f9 la plante \u00e9tait abondante et utilis\u00e9e dans l&rsquo;Antiquit\u00e9. L&rsquo;esp\u00e8ce <em>T. garganica<\/em> L., plus orientale, est celle qui contient les thapsigargins les plus \u00e9tudi\u00e9s.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>La thapsie velue est une plante vivace robuste de 50 \u00e0 150 centim\u00e8tres, \u00e0 racine pivotante \u00e9paisse, napiforme, profonde, contenant un latex r\u00e9sineux jaun\u00e2tre. La tige est dress\u00e9e, \u00e9paisse, cylindrique, stri\u00e9e, pubescente (velue, d&rsquo;o\u00f9 le nom sp\u00e9cifique), ramifi\u00e9e au sommet. Les feuilles basales, grandes (30 \u00e0 60 cm), sont bi- \u00e0 tripennatis\u00e9qu\u00e9es, \u00e0 segments tr\u00e8s fins, filiformes, pubescents, d&rsquo;aspect plumeux.<\/p>\n<p>Les fleurs, jaunes, sont r\u00e9unies en ombelles compos\u00e9es grandes (15 \u00e0 30 cm de diam\u00e8tre), \u00e0 10 \u00e0 30 rayons \u00e9pais. L&rsquo;involucre est nul ou r\u00e9duit ; les involucelles sont pr\u00e9sentes. Les fruits (diak\u00e8nes) sont grands (15 \u00e0 25 mm), ovales, aplatis, bord\u00e9s de larges ailes membraneuses caract\u00e9ristiques qui facilitent la dispersion an\u00e9mochore.<\/p>\n<p>La thapsie fr\u00e9quente les maquis, les garrigues, les pelouses s\u00e8ches, les friches, les bords de chemins et les clairi\u00e8res foresti\u00e8res du domaine m\u00e9diterran\u00e9en, sur sols calcaires ou siliceux, toujours en situation s\u00e8che et bien expos\u00e9e. Sa r\u00e9partition couvre la p\u00e9ninsule ib\u00e9rique, le sud de la France, l&rsquo;Italie, l&rsquo;Afrique du Nord et la Macaron\u00e9sie.<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Floraison :<\/strong> mai \u00e0 juillet<\/li>\n<li><strong>Habitat :<\/strong> maquis, garrigues, pelouses s\u00e8ches, friches m\u00e9diterran\u00e9ennes<\/li>\n<li><strong>R\u00e9partition :<\/strong> M\u00e9diterran\u00e9e occidentale, Macaron\u00e9sie, Afrique du Nord<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h3>\u00c9COLOGIE, CULTURE ET CONSERVATION<\/h3>\n<p>La thapsie velue est une grande ombellif\u00e8re du maquis m\u00e9diterran\u00e9en, h\u00e9liophile, x\u00e9rophile, adapt\u00e9e aux sols pauvres, secs et rocailleux. Sa racine pivotante profonde lui permet de r\u00e9sister aux s\u00e9cheresses estivales prolong\u00e9es. Elle est favoris\u00e9e par le p\u00e2turage (les animaux l&rsquo;\u00e9vitent en raison de sa toxicit\u00e9) et par le feu (r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration \u00e0 partir de la souche).<\/p>\n<p>Sa pr\u00e9sence dans les garrigues et les p\u00e2turages d\u00e9grad\u00e9s est souvent un indicateur de surp\u00e2turage, les animaux consommant les esp\u00e8ces app\u00e9tentes et laissant les thapsies se d\u00e9velopper sans concurrence. Cette dynamique est classique en \u00e9cologie pastorale m\u00e9diterran\u00e9enne.<\/p>\n<p>La thapsie n&rsquo;est menac\u00e9e nulle part. Sa culture n&rsquo;est pratiqu\u00e9e qu&rsquo;\u00e0 des fins de recherche pharmacologique, pour la production de thapsigargins en laboratoire. Des travaux r\u00e9cents explorent la biosynth\u00e8se des thapsigargins et la possibilit\u00e9 de les produire par voie biotechnologique.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<ul>\n<li>Racine (usage historique, abandonn\u00e9)<\/li>\n<li>R\u00e9sine de la racine (usage r\u00e9vulsif historique)<\/li>\n<\/ul>\n<p>La racine et sa r\u00e9sine constituaient les drogues de l&rsquo;ancienne mati\u00e8re m\u00e9dicale. La racine \u00e9tait r\u00e9colt\u00e9e \u00e0 l&rsquo;automne, pel\u00e9e, d\u00e9coup\u00e9e et s\u00e9ch\u00e9e. La r\u00e9sine s&rsquo;obtenait par incision de la racine fra\u00eeche et recueil du latex. L&rsquo;usage de ces pr\u00e9parations est aujourd&rsquo;hui abandonn\u00e9 en raison de la toxicit\u00e9 cutan\u00e9e s\u00e9v\u00e8re et de l&rsquo;absence de b\u00e9n\u00e9fice th\u00e9rapeutique par rapport \u00e0 des alternatives plus s\u00fbres.<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<h3>A. Sesquiterp\u00e8ne-lactones : thapsigargins<\/h3>\n<p>Le genre <em>Thapsia<\/em> produit des <strong>thapsigargins<\/strong>, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/sesquiterpenes\/\">sesquiterp\u00e8ne<\/a>-lactones de type gua\u00efanolide polyoxyg\u00e9n\u00e9es, dont la <strong>thapsigargine<\/strong> est le repr\u00e9sentant principal (surtout chez <em>T. garganica<\/em>). Chez <em>T. villosa<\/em>, les thapsigargins sont pr\u00e9sents mais en concentration variable selon les populations. Ces compos\u00e9s sont des inhibiteurs puissants et sp\u00e9cifiques de la <strong>Ca2+-ATPase SERCA<\/strong> (Sarco\/Endoplasmic Reticulum Ca2+-ATPase), enzyme cruciale de l&rsquo;hom\u00e9ostasie calcique intracellulaire. L&rsquo;inhibition de SERCA entra\u00eene une \u00e9l\u00e9vation du calcium cytosolique, d\u00e9clenchant l&rsquo;apoptose cellulaire.<\/p>\n<h3>B. R\u00e9sine et compos\u00e9s irritants<\/h3>\n<p>La racine contient une <strong>r\u00e9sine<\/strong> complexe, riche en compos\u00e9s diterpeniques et sesquiterp\u00e9niques, responsable de la v\u00e9sication cutan\u00e9e violente au contact. Les compos\u00e9s exacts responsables de la dermite de contact ne sont pas tous identifi\u00e9s, mais incluent des esters terpeniques irritants et des polyac\u00e9tyl\u00e8nes.<\/p>\n<h3>C. Coumarines et furanocoumarines<\/h3>\n<p>Comme de nombreuses Apiaceae, la thapsie contient des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/coumarines\/\">coumarines<\/a><\/strong> et des <strong>furanocoumarines<\/strong> (psoral\u00e8ne, bergapt\u00e8ne) photosensibilisantes, qui aggravent les r\u00e9actions cutan\u00e9es en cas d&rsquo;exposition solaire apr\u00e8s contact.<\/p>\n<h3>D. Huile essentielle et autres compos\u00e9s<\/h3>\n<p>Les fruits contiennent une huile essentielle \u00e0 composante monoterp\u00e9nique et sesquiterp\u00e9nique. Les parties a\u00e9riennes contiennent des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> et des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> de profil typique des Apiaceae.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>L&rsquo;action pharmacologique majeure de la thapsie est li\u00e9e aux <strong>thapsigargins<\/strong>. L&rsquo;inhibition de la pompe SERCA provoque une accumulation de Ca2+ dans le cytoplasme, activant les voies de signalisation de l&rsquo;apoptose (mort cellulaire programm\u00e9e). Ce m\u00e9canisme est non s\u00e9lectif : toutes les cellules sont vuln\u00e9rables, ce qui explique la toxicit\u00e9 de la thapsigargine brute. La recherche anticanc\u00e9reuse a d\u00e9velopp\u00e9 un prom\u00e9dicament, le <strong>mipsagargin<\/strong> (G-202), qui est un conjugu\u00e9 thapsigargine-peptide ciblant sp\u00e9cifiquement les cellules tumorales exprimant le PSMA (prostate-specific membrane antigen), lib\u00e9rant la thapsigargine uniquement dans le microenvironnement tumoral.<\/p>\n<p>L&rsquo;action <strong>rub\u00e9fiante et v\u00e9sicante<\/strong> de la r\u00e9sine est li\u00e9e \u00e0 l&rsquo;irritation directe des terminaisons nerveuses et des cellules \u00e9pidermiques par les esters terp\u00e9niques. Appliqu\u00e9e sur la peau, la r\u00e9sine provoque une rougeur intense (rub\u00e9faction) suivie d&rsquo;une v\u00e9sication (formation de cloques) et d&rsquo;une dermatite parfois s\u00e9v\u00e8re et prolong\u00e9e. Cet effet, autrefois recherch\u00e9 en m\u00e9decine r\u00e9vulsive, est aujourd&rsquo;hui consid\u00e9r\u00e9 comme un effet toxique ind\u00e9sirable.<\/p>\n<p>Les <strong>furanocoumarines<\/strong> potentialisent la photosensibilisation : le contact suivi d&rsquo;une exposition solaire peut provoquer des phytophotodermatoses graves, avec br\u00fblures, hyperpigmentation et cicatrices durables.<\/p>\n<hr>\n<h3>DONN\u00c9ES CLINIQUES ET \u00c9TUDES PHARMACOLOGIQUES<\/h3>\n<p>La thapsie ne fait l&rsquo;objet d&rsquo;aucune monographie officielle positive. Son usage direct est contre-indiqu\u00e9. L&rsquo;int\u00e9r\u00eat pharmacologique contemporain porte exclusivement sur les thapsigargins et leurs d\u00e9riv\u00e9s comme outils de recherche et agents anticanc\u00e9reux.<\/p>\n<p>La <strong>thapsigargine<\/strong> est l&rsquo;un des outils pharmacologiques les plus utilis\u00e9s en biologie cellulaire pour \u00e9tudier l&rsquo;hom\u00e9ostasie calcique et le stress du r\u00e9ticulum endoplasmique. Des milliers de publications scientifiques utilisent la thapsigargine comme r\u00e9actif de laboratoire.<\/p>\n<p>Le <strong>mipsagargin<\/strong> (G-202) a fait l&rsquo;objet d&rsquo;essais cliniques de phase I et II contre le carcinome h\u00e9patocellulaire, le glioblastome et le cancer de la prostate, avec des r\u00e9sultats pr\u00e9liminaires prometteurs. Des travaux r\u00e9cents explorent d&rsquo;autres conjugu\u00e9s cibl\u00e9s de thapsigargins pour diff\u00e9rents types tumoraux.<\/p>\n<p>Des cas de dermites s\u00e9v\u00e8res apr\u00e8s contact avec la thapsie sont document\u00e9s dans la litt\u00e9rature dermatologique m\u00e9diterran\u00e9enne, parfois chez des randonneurs ou des bergers ayant manipul\u00e9 la plante sans protection.<\/p>\n<hr>\n<h3>TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h3>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe chimique<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td><strong>Thapsigargine<\/strong><\/td>\n<td>Sesquiterp\u00e8ne-lactone (gua\u00efanolide)<\/td>\n<td>Inhibiteur SERCA, pro-apoptotique<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>R\u00e9sine terpenique<\/strong><\/td>\n<td>Esters terp\u00e9niques<\/td>\n<td>Rub\u00e9fiant, v\u00e9sicant (toxique)<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Furanocoumarines<\/strong><\/td>\n<td>Coumarines<\/td>\n<td>Photosensibilisant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Polyac\u00e9tyl\u00e8nes<\/strong><\/td>\n<td>Compos\u00e9s ac\u00e9tyl\u00e9niques<\/td>\n<td>Irritant, antimicrobien<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h3>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h3>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2605\u2605<\/strong> Inhibiteur SERCA (int\u00e9r\u00eat pharmacologique, pas d&rsquo;usage direct)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Rub\u00e9fiant et v\u00e9sicant (usage historique, abandonn\u00e9)<\/li>\n<li><strong>\u26a0\ufe0f PLANTE TOXIQUE<\/strong> \u2014 Usage th\u00e9rapeutique direct contre-indiqu\u00e9<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Donn\u00e9es cliniques limit\u00e9es ; usage essentiellement traditionnel. <strong>Niveau de preuve :<\/strong> usage traditionnel.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Thapsigargins<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Thapsigargine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Ca2+-ATPase SERCA<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>R\u00e9sine<\/td>\n<td>R\u00e9sine<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Furanocoumarines<\/td>\n<td>Coumarine<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p><strong>L&rsquo;usage th\u00e9rapeutique direct de la thapsie est aujourd&rsquo;hui contre-indiqu\u00e9.<\/strong> Aucune forme gal\u00e9nique ne peut \u00eatre recommand\u00e9e. Les anciennes pr\u00e9parations (empl\u00e2tre de thapsie, r\u00e9sine de thapsie) sont retir\u00e9es de la pharmacop\u00e9e et ne doivent plus \u00eatre utilis\u00e9es. Le risque de dermite s\u00e9v\u00e8re et le manque d&rsquo;int\u00e9r\u00eat th\u00e9rapeutique par rapport \u00e0 des alternatives plus s\u00fbres rendent tout usage direct injustifiable.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>La thapsie est une plante toxique par contact cutan\u00e9. La r\u00e9sine de la racine et, dans une moindre mesure, les parties a\u00e9riennes provoquent des <strong>dermites de contact<\/strong> pouvant \u00eatre s\u00e9v\u00e8res : \u00e9ryth\u00e8me intense, oed\u00e8me, v\u00e9sication, phlyct\u00e8nes, douleur. La gu\u00e9rison est lente et peut laisser des cicatrices et une hyperpigmentation durable. L&rsquo;exposition solaire apr\u00e8s contact aggrave consid\u00e9rablement la r\u00e9action (phytophotodermatose).<\/p>\n<p>L&rsquo;ingestion est potentiellement dangereuse : irritation gastro-intestinale s\u00e9v\u00e8re, vomissements, diarrh\u00e9e, et \u00e0 forte dose, atteinte r\u00e9nale et h\u00e9patique li\u00e9e aux thapsigargins.<\/p>\n<p>Les cueilleurs, les randonneurs et les bergers en milieu m\u00e9diterran\u00e9en doivent \u00eatre inform\u00e9s du risque. La plante ne doit pas \u00eatre manipul\u00e9e \u00e0 mains nues, et toute partie coup\u00e9e ou bless\u00e9e de la plante est particuli\u00e8rement dangereuse en raison de la lib\u00e9ration du latex r\u00e9sineux.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>La thapsie est mentionn\u00e9e par Hippocrate, Th\u00e9ophraste et Dioscoride comme plante v\u00e9sicante et purgative. Dioscoride avertit de sa toxicit\u00e9 et recommande de ne l&rsquo;utiliser qu&rsquo;avec grande prudence. Dans la m\u00e9decine gr\u00e9co-romaine, la r\u00e9sine de thapsie servait de r\u00e9vulsif externe : appliqu\u00e9e en cataplasme, elle provoquait une inflammation locale cens\u00e9e \u00ab d\u00e9river \u00bb les humeurs des organes profonds malades, selon la th\u00e9orie humorale. Cet usage r\u00e9vulsif s&rsquo;est maintenu jusqu&rsquo;au XIXe si\u00e8cle dans les h\u00f4pitaux europ\u00e9ens.<\/p>\n<p>L&#8217;empl\u00e2tre de thapsie figurait dans la Pharmacop\u00e9e fran\u00e7aise jusqu&rsquo;au d\u00e9but du XXe si\u00e8cle, utilis\u00e9 comme v\u00e9sicatoire dans les maladies pulmonaires chroniques, les rhumatismes et les n\u00e9vralgies. Cazin le mentionne avec prudence. Fournier le d\u00e9crit comme obsol\u00e8te et dangereux. L&rsquo;abandon de la m\u00e9decine r\u00e9vulsive au XXe si\u00e8cle a entra\u00een\u00e9 la disparition de ces pr\u00e9parations.<\/p>\n<p>En Afrique du Nord, la thapsie (\u00ab drias \u00bb en arabe populaire) est encore connue dans la m\u00e9decine traditionnelle comme r\u00e9vulsif et purgatif, mais son usage recule avec l&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 la m\u00e9decine moderne.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p><em>Thapsia villosa<\/em> est une plante toxique du maquis m\u00e9diterran\u00e9en dont l&rsquo;int\u00e9r\u00eat pharmacognosique contemporain repose enti\u00e8rement sur les thapsigargins, inhibiteurs de SERCA devenus des outils de recherche fondamentale majeurs et des candidats anticanc\u00e9reux prometteurs. L&rsquo;usage direct de la plante est abandonn\u00e9 et contre-indiqu\u00e9. Le parcours qui m\u00e8ne de l&#8217;empl\u00e2tre v\u00e9sicant de l&rsquo;ancienne mati\u00e8re m\u00e9dicale au mipsagargin des essais cliniques anticanc\u00e9reux illustre la capacit\u00e9 de la pharmacognosie \u00e0 transformer une plante dangereuse en source d&rsquo;inspiration th\u00e9rapeutique.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li>Christensen S.B. et al. \u2014 Thapsigargin, a sesquiterpene lactone from <em>Thapsia<\/em> species, <em>Prog. Chem. Org. Nat. Prod.<\/em>, 2009, 91, 1-49.<\/li>\n<li>Denmeade S.R. et al. \u2014 Engineering a prostate-specific membrane antigen-activated tumor endothelial cell prodrug for cancer therapy, <em>Sci. Transl. Med.<\/em>, 2012, 4(140), 140ra86.<\/li>\n<li>Andersen T.B. et al. \u2014 Thapsigargin \u2014 from <em>Thapsia<\/em> to mipsagargin, <em>Molecules<\/em>, 2015, 20(4), 6113-6127.<\/li>\n<li>Fournier P.-V. \u2014 <em>Le Livre des plantes m\u00e9dicinales et v\u00e9n\u00e9neuses de France<\/em>, Lechevalier, 1947.<\/li>\n<li>Plants of the World Online, Kew : <em>Thapsia villosa<\/em><\/li>\n<li>Tela Botanica, eFlore : <em>Thapsia villosa<\/em><\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antimicrobien (usage traditionnel)<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Thapsia villosa L. Famille : Apiaceae La thapsie velue est l&rsquo;une des grandes ombellif\u00e8res m\u00e9diterran\u00e9ennes, reconnaissable \u00e0 ses ombelles jaunes massives, \u00e0 son feuillage d\u00e9coup\u00e9 [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[10],"tags":[],"class_list":["post-658","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-apiacees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/658","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=658"}],"version-history":[{"count":19,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/658\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13616,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/658\/revisions\/13616"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=658"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=658"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=658"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}