{"id":660,"date":"2026-03-26T11:25:06","date_gmt":"2026-03-26T10:25:06","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/torilis-des-champs\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:11","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:11","slug":"torilis-des-champs","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/torilis-des-champs\/","title":{"rendered":"TORILIS DES CHAMPS"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Torilis%20des%20champs.jpg\" alt=\"Planche botanique TORILIS DES CHAMPS\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<p><em>Torilis arvensis<\/em> (Huds.) Link<\/p>\n<p>Famille : Apiaceae<\/p>\n<p>Le torilis des champs est l&rsquo;une de ces ombellif\u00e8res discr\u00e8tes que l&rsquo;on croise partout sans jamais les nommer : bords de chemins, friches, cultures, haies, talus. Ses ombelles blanches \u00e0 ros\u00e9es, petites, l\u00e2ches, \u00e9mergeant d&rsquo;un feuillage finement d\u00e9coup\u00e9, se fondent dans le paysage estival des campagnes temp\u00e9r\u00e9es au point de devenir invisibles. Et pourtant, cette plante poss\u00e8de, comme toutes les Apiaceae, un profil chimique int\u00e9ressant, structur\u00e9 par les <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/coumarines\/\">coumarines<\/a>, les flavono\u00efdes et l&rsquo;huile essentielle caract\u00e9ristique de la famille.<\/p>\n<p>L&rsquo;int\u00e9r\u00eat m\u00e9dicinal du torilis des champs est marginal dans la pharmacop\u00e9e contemporaine. Il n&rsquo;a jamais acc\u00e9d\u00e9 au statut de plante officinale et n&rsquo;a fait l&rsquo;objet d&rsquo;aucune monographie r\u00e9glementaire. Mais dans la tradition herboriste populaire et dans la m\u00e9decine traditionnelle de certaines r\u00e9gions du pourtour m\u00e9diterran\u00e9en, il a trouv\u00e9 des usages modestes comme diur\u00e9tique, carminatif et antiseptique l\u00e9ger, usages partag\u00e9s avec de nombreuses ombellif\u00e8res sauvages et fond\u00e9s sur le m\u00eame socle phytochimique familial.<\/p>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Famille :<\/strong> Apiaceae (Ombellif\u00e8res)<\/li>\n<li><strong>Genre :<\/strong> <em>Torilis<\/em><\/li>\n<li><strong>Esp\u00e8ce :<\/strong> <em>Torilis arvensis<\/em> (Huds.) Link<\/li>\n<li><strong>Synonymes :<\/strong> <em>Torilis helvetica<\/em> C.C.Gmel., <em>Torilis infesta<\/em> (L.) Clairv.<\/li>\n<li><strong>Noms vernaculaires :<\/strong> Torilis des champs, Torilis champ\u00eatre, Torilis des moissons.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Le genre <em>Torilis<\/em> comprend une quinzaine d&rsquo;esp\u00e8ces dans l&rsquo;Ancien Monde, dont plusieurs en Europe. <em>T. arvensis<\/em> se distingue de <em>T. japonica<\/em> (torilis du Japon) par ses ombelles \u00e0 rayons \u00e9tal\u00e9s-dress\u00e9s apr\u00e8s la floraison, ses fruits \u00e0 aiguillons droits (non crochus) et son involucre nul ou r\u00e9duit \u00e0 une bract\u00e9e. La classification APG IV maintient le genre dans la sous-famille des Apioideae, tribu des Scandiceae.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>Le torilis des champs est une plante annuelle de 20 \u00e0 80 centim\u00e8tres, \u00e0 tige dress\u00e9e, ramifi\u00e9e, stri\u00e9e, couverte de poils apprim\u00e9s r\u00e9trorses. Les feuilles sont bi- \u00e0 tripennatis\u00e9qu\u00e9es, \u00e0 segments lanc\u00e9ol\u00e9s, dent\u00e9s ou incis\u00e9s, pubescentes sur les deux faces, les feuilles sup\u00e9rieures plus r\u00e9duites et moins divis\u00e9es que les basales.<\/p>\n<p>Les fleurs, tr\u00e8s petites, blanches \u00e0 ros\u00e9es, sont r\u00e9unies en ombelles compos\u00e9es de 2 \u00e0 12 rayons in\u00e9gaux. L&rsquo;involucre est nul ou r\u00e9duit \u00e0 une bract\u00e9e, les involucelles sont form\u00e9s de quelques bract\u00e9oles. Les p\u00e9tales, in\u00e9gaux, sont \u00e9chancr\u00e9s en coeur. Les fruits (diak\u00e8nes) sont ovo\u00efdes, couverts d&rsquo;aiguillons droits, non crochus, qui facilitent la dispersion par \u00e9pizoochorie (accrochage aux poils des animaux et aux v\u00eatements).<\/p>\n<p>La plante fr\u00e9quente les cultures (messicole), les friches, les bords de chemins, les haies, les talus, les vignes, les vergers et les d\u00e9combres, sur sols secs \u00e0 mod\u00e9r\u00e9ment frais, calcaires \u00e0 neutres. C&rsquo;est une compagne des grandes cultures c\u00e9r\u00e9ali\u00e8res de l&rsquo;Europe temp\u00e9r\u00e9e et m\u00e9diterran\u00e9enne. Sa r\u00e9partition couvre toute l&rsquo;Europe, le Bassin m\u00e9diterran\u00e9en, l&rsquo;Asie occidentale et l&rsquo;Afrique du Nord. Elle est naturalis\u00e9e dans de nombreuses r\u00e9gions temp\u00e9r\u00e9es du monde.<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Floraison :<\/strong> juin \u00e0 septembre<\/li>\n<li><strong>Habitat :<\/strong> cultures, friches, haies, bords de chemins, vignes, d\u00e9combres<\/li>\n<li><strong>R\u00e9partition :<\/strong> Europe, Bassin m\u00e9diterran\u00e9en, Asie occidentale, naturalis\u00e9e ailleurs<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h3>\u00c9COLOGIE, CULTURE ET CONSERVATION<\/h3>\n<p>Le torilis des champs est une plante annuelle estivale, messicole et rud\u00e9rale, dont le cycle accompagne celui des c\u00e9r\u00e9ales d&rsquo;hiver : germination automnale ou printani\u00e8re, floraison estivale, fructification et mort avant ou pendant la moisson. C&rsquo;est une compagne classique du bl\u00e9, de l&rsquo;orge et de l&rsquo;avoine dans les syst\u00e8mes agraires traditionnels.<\/p>\n<p>L&rsquo;intensification agricole, l&rsquo;usage massif d&rsquo;herbicides et le tri des semences ont consid\u00e9rablement r\u00e9duit la flore messicole en Europe occidentale depuis les ann\u00e9es 1950. Le torilis des champs, bien que plus r\u00e9sistant que certaines messicoles rares (nigelle, miroir de V\u00e9nus), a vu ses populations diminuer dans les grandes plaines c\u00e9r\u00e9ali\u00e8res. Il se maintient mieux dans les friches, les vignes, les vergers et les marges agricoles.<\/p>\n<p>Des programmes de conservation de la flore messicole existent dans plusieurs pays europ\u00e9ens, visant \u00e0 maintenir des bandes refuges non trait\u00e9es en bordure de champ. Le torilis b\u00e9n\u00e9ficie de ces mesures sans en \u00eatre le b\u00e9n\u00e9ficiaire principal. Sa culture n&rsquo;a aucun int\u00e9r\u00eat pratique.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<ul>\n<li>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel)<\/li>\n<li>Fruits (usage ethnobotanique)<\/li>\n<\/ul>\n<p>Il n&rsquo;existe pas de drogue officinale d\u00e9finie pour le torilis des champs. Les rares usages traditionnels portent sur les parties a\u00e9riennes et les fruits. La r\u00e9colte se fait en p\u00e9riode de fructification, quand les diak\u00e8nes h\u00e9riss\u00e9s sont form\u00e9s. Le s\u00e9chage est simple, \u00e0 l&rsquo;air libre, comme pour la plupart des ombellif\u00e8res sauvages. La drogue s\u00e8che d\u00e9gage une odeur aromatique discr\u00e8te, caract\u00e9ristique des Apiaceae.<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<h3>A. Huile essentielle<\/h3>\n<p>Les fruits de <em>Torilis arvensis<\/em> contiennent une huile essentielle dont la composition a \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9e dans quelques travaux m\u00e9diterran\u00e9ens. Les compos\u00e9s majoritaires signal\u00e9s incluent le <strong>b\u00eata-caryophyll\u00e8ne<\/strong> (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/sesquiterpenes\/\">sesquiterp\u00e8ne<\/a>), le <strong>germacr\u00e8ne D<\/strong>, l&rsquo;<strong>alpha-<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/pinene\/\">pin\u00e8ne<\/a><\/strong> et le <strong>myrc\u00e8ne<\/strong>. La teneur en huile essentielle est faible (0,1 \u00e0 0,5 % dans les fruits), inf\u00e9rieure \u00e0 celle des ombellif\u00e8res aromatiques majeures (fenouil, anis, coriandre).<\/p>\n<h3>B. Coumarines<\/h3>\n<p>Comme de nombreuses Apiaceae, le torilis contient des <strong>coumarines<\/strong> et probablement des <strong>furanocoumarines<\/strong>, compos\u00e9s photosensibilisants qui fondent la prudence d&#8217;emploi en usage externe sous exposition solaire. Les coumarines simples (ombellif\u00e9rone, scopol\u00e9tine) exercent des propri\u00e9t\u00e9s spasmolytiques et vasodilatatrices.<\/p>\n<h3>C. Flavono\u00efdes et compos\u00e9s ph\u00e9noliques<\/h3>\n<p>Des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> (d\u00e9riv\u00e9s de la <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a> et du kaempf\u00e9rol) et des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a>, acide caf\u00e9ique) ont \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9s dans les extraits de parties a\u00e9riennes. Ces compos\u00e9s sont responsables de l&rsquo;activit\u00e9 antioxydante mod\u00e9r\u00e9e mesur\u00e9e in vitro.<\/p>\n<h3>D. Autres compos\u00e9s<\/h3>\n<p>On signale la pr\u00e9sence de <strong>polyac\u00e9tyl\u00e8nes<\/strong>, compos\u00e9s fr\u00e9quents chez les Apiaceae, dot\u00e9s de propri\u00e9t\u00e9s antimicrobiennes et cytotoxiques. Des <strong>saponines<\/strong> et des <strong>st\u00e9rols<\/strong> (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/beta-sitosterol\/\">b\u00eata-sitost\u00e9rol<\/a>) compl\u00e8tent le profil.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>Les m\u00e9canismes pharmacologiques du torilis des champs sont extrapol\u00e9s de son profil chimique familial. L&rsquo;huile essentielle, m\u00eame en faible concentration, exerce une action carminative (r\u00e9duction des gaz intestinaux par relaxation des muscles lisses digestifs) et antimicrobienne l\u00e9g\u00e8re. Le b\u00eata-caryophyll\u00e8ne est un agoniste s\u00e9lectif du r\u00e9cepteur cannabino\u00efde CB2, ce qui lui conf\u00e8re des propri\u00e9t\u00e9s anti-inflammatoires et analg\u00e9siques sans effet psychotrope, propri\u00e9t\u00e9 largement document\u00e9e pour ce sesquiterp\u00e8ne commun \u00e0 de nombreuses plantes aromatiques.<\/p>\n<p>Les coumarines exercent une action spasmolytique sur les muscles lisses vasculaires et digestifs, par inhibition de la phosphodiest\u00e9rase. Leur activit\u00e9 veinotonique et protectrice vasculaire a \u00e9t\u00e9 document\u00e9e pour d&rsquo;autres Apiaceae (ang\u00e9lique, persil).<\/p>\n<p>Les flavono\u00efdes et les acides ph\u00e9noliques contribuent \u00e0 l&rsquo;activit\u00e9 antioxydante globale. Les polyac\u00e9tyl\u00e8nes, s&rsquo;ils sont pr\u00e9sents en quantit\u00e9 suffisante, ajoutent une activit\u00e9 antimicrobienne et antifongique.<\/p>\n<p>Dans l&rsquo;ensemble, le profil pharmacodynamique du torilis est celui d&rsquo;une Apiaceae banale : carminatif, diur\u00e9tique l\u00e9ger, antispasmodique mod\u00e9r\u00e9, antimicrobien faible. Aucune de ces actions n&rsquo;est suffisamment marqu\u00e9e pour justifier un usage m\u00e9dicinal pr\u00e9f\u00e9rentiel par rapport aux ombellif\u00e8res aromatiques bien connues.<\/p>\n<hr>\n<h3>DONN\u00c9ES CLINIQUES ET \u00c9TUDES PHARMACOLOGIQUES<\/h3>\n<p>Il n&rsquo;existe aucune donn\u00e9e clinique sur le torilis des champs. La plante ne fait l&rsquo;objet d&rsquo;aucune monographie officielle. Les rares \u00e9tudes pharmacologiques portent sur la composition de l&rsquo;huile essentielle et l&rsquo;activit\u00e9 antioxydante des extraits, r\u00e9alis\u00e9es dans le cadre d&rsquo;inventaires phytochimiques syst\u00e9matiques de la flore m\u00e9diterran\u00e9enne.<\/p>\n<p>Quelques travaux iraniens et turcs ont \u00e9valu\u00e9 l&rsquo;activit\u00e9 antimicrobienne des extraits de fruits et de parties a\u00e9riennes, avec des r\u00e9sultats modestes mais mesurables contre <em>S. aureus<\/em>, <em>E. coli<\/em> et <em>C. albicans<\/em>. L&rsquo;activit\u00e9 antioxydante, mesur\u00e9e par le test DPPH, est significative mais inf\u00e9rieure \u00e0 celle de la plupart des Lamiaceae et de nombreuses Apiaceae aromatiques.<\/p>\n<hr>\n<h3>TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h3>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe chimique<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td><strong>B\u00eata-caryophyll\u00e8ne<\/strong><\/td>\n<td>Sesquiterp\u00e8ne<\/td>\n<td>Anti-inflammatoire (agoniste CB2)<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Germacr\u00e8ne D<\/strong><\/td>\n<td>Sesquiterp\u00e8ne<\/td>\n<td>Antimicrobien<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Coumarines<\/strong><\/td>\n<td>Coumarines<\/td>\n<td>Spasmolytique, veinotonique<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Querc\u00e9tine<\/strong><\/td>\n<td>Flavono\u00efde<\/td>\n<td>Antioxydant, anti-inflammatoire<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Polyac\u00e9tyl\u00e8nes<\/strong><\/td>\n<td>Compos\u00e9s ac\u00e9tyl\u00e9niques<\/td>\n<td>Antimicrobien, cytotoxique<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h3>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h3>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Carminatif<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Diur\u00e9tique l\u00e9ger<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2606\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antimicrobien<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2606\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antioxydant<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Donn\u00e9es cliniques limit\u00e9es ; usage essentiellement traditionnel. <strong>Niveau de preuve :<\/strong> usage traditionnel.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>B\u00eata-caryophyll\u00e8ne<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Germacr\u00e8ne d<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Myrc\u00e8ne<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Coumarines<\/td>\n<td>Coumarine<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Furanocoumarines<\/td>\n<td>Coumarine<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>En l&rsquo;absence de drogue officinale et de tradition posologique \u00e9tablie, aucune forme gal\u00e9nique standardis\u00e9e ne peut \u00eatre recommand\u00e9e pour le torilis des champs. Les usages traditionnels m\u00e9diterran\u00e9ens mentionnent l&rsquo;infusion de parties a\u00e9riennes (une pinc\u00e9e pour une tasse d&rsquo;eau (d\u00e9part \u00e0 froid)) comme carminatif apr\u00e8s le repas, et la d\u00e9coction de fruits comme diur\u00e9tique l\u00e9ger, mais ces pratiques restent marginales et non codifi\u00e9es.<\/p>\n<p>La prudence impose de ne pas utiliser cette plante en autom\u00e9dication sans identification botanique certaine, les Apiaceae comprenant des esp\u00e8ces extr\u00eamement toxiques (grande cigu\u00eb, cigu\u00eb vireuse, oenanthe safran\u00e9e) avec lesquelles une confusion est possible pour un cueilleur inexp\u00e9riment\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Aucune toxicit\u00e9 sp\u00e9cifique n&rsquo;est document\u00e9e pour <em>Torilis arvensis<\/em>. La pr\u00e9sence probable de furanocoumarines impose une prudence en cas d&rsquo;usage externe suivi d&rsquo;exposition solaire (risque de photosensibilisation). Les polyac\u00e9tyl\u00e8nes, \u00e0 forte dose, peuvent \u00eatre irritants pour les muqueuses digestives.<\/p>\n<p>Le principal risque li\u00e9 au torilis n&rsquo;est pas intrins\u00e8que mais extrins\u00e8que : le risque de confusion avec d&rsquo;autres Apiaceae toxiques. Les ombellif\u00e8res blanches se ressemblent superficiellement, et la cueillette requiert une comp\u00e9tence botanique s\u00e9rieuse. Cette mise en garde vaut pour toutes les ombellif\u00e8res sauvages et constitue l&rsquo;un des fondamentaux de la cueillette responsable.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>Le torilis des champs n&rsquo;appara\u00eet pas dans les grands trait\u00e9s de phytoth\u00e9rapie classique. Ni Dioscoride, ni Galien, ni Matthiole, ni Cazin, ni Fournier ne le mentionnent sp\u00e9cifiquement, bien que les ombellif\u00e8res sauvages soient souvent trait\u00e9es collectivement dans la litt\u00e9rature ancienne.<\/p>\n<p>En ethnobotanique m\u00e9diterran\u00e9enne, les torilis sont parfois mentionn\u00e9s dans les enqu\u00eates de terrain, en Iran, en Turquie et en Italie m\u00e9ridionale, comme plantes aromatiques mineures utilis\u00e9es en assaisonnement et en m\u00e9decine populaire pour les troubles digestifs et les refroidissements. Les fruits h\u00e9riss\u00e9s, qui s&rsquo;accrochent efficacement aux tissus, ont pu servir de \u00ab pansement v\u00e9g\u00e9tal \u00bb improvis\u00e9 dans certaines traditions pastorales.<\/p>\n<p>L&rsquo;int\u00e9r\u00eat ethnobotanique principal du torilis r\u00e9side dans son statut de plante messicole, compagne des grandes cultures c\u00e9r\u00e9ali\u00e8res depuis le N\u00e9olithique. Sa pr\u00e9sence dans les champs t\u00e9moigne d&rsquo;une agriculture respectueuse des adventices, et sa r\u00e9gression dans les cultures intensives en fait un indicateur \u00e9cologique de la sant\u00e9 des agrosyst\u00e8mes traditionnels.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p><em>Torilis arvensis<\/em> est une Apiaceae banale dont le profil phytochimique \u2014 huile essentielle sesquiterp\u00e9nique, coumarines, flavono\u00efdes, polyac\u00e9tyl\u00e8nes \u2014 est typique de la famille sans pr\u00e9senter de compos\u00e9 original ou de concentration remarquable. Son int\u00e9r\u00eat m\u00e9dicinal est marginal et ne justifie pas un usage th\u00e9rapeutique sp\u00e9cifique. La plante appartient au vaste r\u00e9servoir des ombellif\u00e8res sauvages europ\u00e9ennes dont la valeur est davantage \u00e9cologique et botanique que pharmaceutique.<\/p>\n<p>Son v\u00e9ritable int\u00e9r\u00eat est patrimonial : le torilis des champs fait partie du cort\u00e8ge floristique des campagnes cultiv\u00e9es traditionnelles, cort\u00e8ge menac\u00e9 par l&rsquo;agriculture intensive. Sa pr\u00e9sence dans un champ signale une agriculture sans herbicide, ce qui, dans le contexte contemporain, acquiert une valeur indicatrice consid\u00e9rable.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li>Pimenov M.G. &amp; Leonov M.V. \u2014 <em>The genera of the Umbelliferae<\/em>, Royal Botanic Gardens, Kew, 1993.<\/li>\n<li>Tavares L. et al. \u2014 Essential oil composition of <em>Torilis arvensis<\/em> from Portugal, <em>J. Essent. Oil Res.<\/em>, 2008.<\/li>\n<li>Nearchou I. et al. \u2014 Phytochemical screening and antioxidant activity of Apiaceae, <em>Nat. Prod. Res.<\/em>, 2015.<\/li>\n<li>Fournier P.-V. \u2014 <em>Le Livre des plantes m\u00e9dicinales et v\u00e9n\u00e9neuses de France<\/em>, Lechevalier, 1947.<\/li>\n<li>Plants of the World Online, Kew : <em>Torilis arvensis<\/em><\/li>\n<li>Tela Botanica, eFlore : <em>Torilis arvensis<\/em><\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Diur\u00e9tique (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antispasmodique<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Digestif<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Torilis arvensis (Huds.) 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