{"id":662,"date":"2026-03-26T11:25:08","date_gmt":"2026-03-26T10:25:08","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/trinie-glauque\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:11","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:11","slug":"trinie-glauque","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/trinie-glauque\/","title":{"rendered":"TRINIE GLAUQUE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Trinie%20glauque.jpg\" alt=\"Planche botanique TRINIE GLAUQUE\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>La Trinie glauque, <em>Trinia glauca<\/em> (L.) Dumort., appartient \u00e0 la famille des <strong>Apiaceae<\/strong> (Ombellif\u00e8res), genre <em>Trinia<\/em> Hoffm. Ce genre modeste comprend une dizaine d&rsquo;esp\u00e8ces distribu\u00e9es de l&rsquo;Europe occidentale \u00e0 l&rsquo;Asie centrale, caract\u00e9ris\u00e9es par leur port gr\u00eale, leurs feuilles finement d\u00e9coup\u00e9es et leurs ombelles de petites fleurs blanches. <em>Trinia glauca<\/em> est l&rsquo;esp\u00e8ce la plus r\u00e9pandue du genre en Europe occidentale. Les noms vernaculaires incluent Trinie glauque, Trinie commune et, en anglais, Honewort. Sur le plan de la classification APG IV, les Apiaceae s&rsquo;inscrivent dans l&rsquo;ordre des Apiales, clade des Campanulidae. Le genre <em>Trinia<\/em> appartient \u00e0 la sous-famille des Apioideae, tribu des Selineae selon les analyses mol\u00e9culaires r\u00e9centes. La synonymie comprend <em>Pimpinella dioica<\/em> L. et <em>Trinia vulgaris<\/em> DC. L&rsquo;esp\u00e8ce est dio\u00efque, ce qui constitue une exception remarquable au sein des Apiaceae, famille massivement hermaphrodite. L&rsquo;aire de r\u00e9partition s&rsquo;\u00e9tend de l&rsquo;Angleterre m\u00e9ridionale et de la France \u00e0 la Russie m\u00e9ridionale, \u00e0 travers l&rsquo;Europe centrale et m\u00e9diterran\u00e9enne, avec une pr\u00e9f\u00e9rence pour les substrats calcaires et les pelouses s\u00e8ches thermophiles.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>Plante vivace ou bisannuelle, h\u00e9micryptophyte, haute de 10 \u00e0 40 cm, glabre, glauque, \u00e0 souche pivotante lignescente. La tige est dress\u00e9e, finement stri\u00e9e, ramifi\u00e9e d\u00e8s la base en rameaux \u00e9tal\u00e9s-dress\u00e9s, formant une silhouette a\u00e9rienne et diffuse. Les feuilles basales sont bi- \u00e0 tripennatis\u00e9qu\u00e9es, \u00e0 segments lin\u00e9aires-filiformes de 1 \u00e0 2 mm de large, glauques, les feuilles caulinaires progressivement r\u00e9duites. L&rsquo;esp\u00e8ce est <strong>dio\u00efque<\/strong> : les pieds m\u00e2les portent des ombelles \u00e0 fleurs blanches \u00e0 \u00e9tamines saillantes, les pieds femelles des ombelles \u00e0 fleurs plus petites \u00e0 styles pro\u00e9minents. Les ombelles sont compos\u00e9es, \u00e0 3 \u00e0 8 rayons in\u00e9gaux, sans involucre ou avec un involucre rudimentaire d&rsquo;une \u00e0 deux bract\u00e9oles. Les p\u00e9tales sont blancs, petits, \u00e0 pointe infl\u00e9chie. Le fruit est un diak\u00e8ne ovo\u00efde, de 2 \u00e0 3 mm, \u00e0 c\u00f4tes saillantes et \u00e0 bandelettes peu visibles, glabre et lisse. La floraison s&rsquo;\u00e9tend de mai \u00e0 juillet. L&rsquo;esp\u00e8ce colonise les pelouses s\u00e8ches calcaires, les dalles rocheuses, les garrigues ouvertes et les \u00e9boulis thermophiles, depuis le niveau de la mer jusqu&rsquo;\u00e0 1500 m d&rsquo;altitude.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9COLOGIE ET HABITAT<\/h3>\n<p><em>Trinia glauca<\/em> est une esp\u00e8ce x\u00e9rophile et calcicole stricte, inf\u00e9od\u00e9e aux pelouses s\u00e8ches sur calcaire, aux dalles rocheuses, aux garrigues ouvertes et aux \u00e9boulis thermophiles. Elle affectionne les sols squelettiques, bien drain\u00e9s, riches en carbonate de calcium et pauvres en azote. L&rsquo;esp\u00e8ce est h\u00e9liophile et thermophile, ne supportant pas l&rsquo;ombrage ni la concurrence des gramin\u00e9es hautes. Son aire de r\u00e9partition couvre l&rsquo;Europe occidentale et centrale, du sud de l&rsquo;Angleterre \u00e0 la Russie m\u00e9ridionale, en passant par la France, l&rsquo;Espagne, l&rsquo;Italie, l&rsquo;Europe danubienne et les Balkans. En France, l&rsquo;esp\u00e8ce est pr\u00e9sente dans les Causses, le Midi m\u00e9diterran\u00e9en, la vall\u00e9e du Rh\u00f4ne, les Alpes m\u00e9ridionales et localement dans le Bassin parisien calcaire. L&rsquo;altitude varie du niveau de la mer \u00e0 environ 1500 m. La pollinisation est entomogame, assur\u00e9e par de petits dipt\u00e8res et hym\u00e9nopt\u00e8res. La dio\u00e9cie impose une pollinisation crois\u00e9e obligatoire, ce qui rend l&rsquo;esp\u00e8ce vuln\u00e9rable \u00e0 la fragmentation des populations. La diss\u00e9mination est barochore et an\u00e9mochore \u00e0 courte distance. L&rsquo;esp\u00e8ce est bio-indicatrice des pelouses calcaires m\u00e9sox\u00e9rophiles \u00e0 x\u00e9rophiles de l&rsquo;alliance phytosociologique du <em>Mesobromion<\/em> et du <em>Xerobromion<\/em>.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>La Trinie glauque n&rsquo;est pas une plante m\u00e9dicinale reconnue dans les pharmacop\u00e9es modernes. Les usages document\u00e9s rel\u00e8vent exclusivement de la m\u00e9decine populaire et de l&rsquo;ethnobotanique locale. Les <strong>parties a\u00e9riennes<\/strong> (tiges, feuilles, inflorescences) ont \u00e9t\u00e9 occasionnellement r\u00e9colt\u00e9es pour des infusions aux vertus digestives suppos\u00e9es dans certaines traditions rurales du sud de la France et de l&rsquo;Europe centrale. La <strong>racine<\/strong> pivotante, aromatique et l\u00e9g\u00e8rement am\u00e8re, a \u00e9t\u00e9 signal\u00e9e dans des usages condimentaires mineurs en Provence et en Languedoc. L&rsquo;ensemble de la plante d\u00e9gage une odeur discr\u00e8tement aromatique, typique des Apiaceae, due \u00e0 la pr\u00e9sence d&rsquo;huile essentielle dans les canaux s\u00e9cr\u00e9teurs. L&rsquo;absence de toxicit\u00e9 document\u00e9e ne signifie pas pour autant une innocuit\u00e9 garantie, les Apiaceae comptant de nombreuses esp\u00e8ces toxiques dont la confusion est possible.<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<h3>A. Huile essentielle et compos\u00e9s volatils<\/h3>\n<p>Comme la plupart des Apiaceae, <em>Trinia glauca<\/em> \u00e9labore une <strong>huile essentielle<\/strong> dans ses canaux s\u00e9cr\u00e9teurs. La composition, insuffisamment \u00e9tudi\u00e9e chez cette esp\u00e8ce, comprend vraisemblablement des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/monoterpenes\/\">monoterp\u00e8nes<\/a><\/strong> (\u03b1-<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/pinene\/\">pin\u00e8ne<\/a>, \u03b2-pin\u00e8ne, sabin\u00e8ne), des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/sesquiterpenes\/\">sesquiterp\u00e8nes<\/a><\/strong> et des <strong>ph\u00e9nylpropano\u00efdes<\/strong>. L&rsquo;analyse chromatographique de l&rsquo;huile essentielle d&rsquo;esp\u00e8ces proches du genre sugg\u00e8re un profil domin\u00e9 par les monoterp\u00e8nes hydrocarbon\u00e9s.<\/p>\n<h3>B. Coumarines et furanocoumarines<\/h3>\n<p>Les Apiaceae sont chimiotaxonomiquement caract\u00e9ris\u00e9es par la production de <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/coumarines\/\">coumarines<\/a><\/strong> et de <strong>furanocoumarines<\/strong>. Chez <em>Trinia glauca<\/em>, la pr\u00e9sence de <strong>xanthotoxine<\/strong>, de <strong>bergapt\u00e8ne<\/strong> et d&rsquo;<strong>isopimpinelline<\/strong> est probable par analogie avec les genres apparent\u00e9s. Ces furanocoumarines sont phototoxiques et peuvent provoquer des dermatites photoallergiques au contact de la peau expos\u00e9e au soleil.<\/p>\n<h3>C. Flavono\u00efdes et acides ph\u00e9noliques<\/h3>\n<p>Les parties a\u00e9riennes contiennent des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/flavones\/\">flavones<\/a><\/strong> et <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/flavonols\/\">flavonols<\/a><\/strong> (<strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/apigenine\/\">apig\u00e9nine<\/a><\/strong>, <strong>lut\u00e9oline<\/strong>, <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a><\/strong> et leurs glycosides) ainsi que des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> (<strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a><\/strong>, <strong>acide caf\u00e9ique<\/strong>). Ces compos\u00e9s contribuent au potentiel antioxydant de la plante.<\/p>\n<h3>D. Polyac\u00e9tyl\u00e8nes<\/h3>\n<p>Les Apiaceae produisent fr\u00e9quemment des <strong>polyac\u00e9tyl\u00e8nes<\/strong> (falcarinol, falcarindiol) dot\u00e9s d&rsquo;activit\u00e9s antimicrobiennes et cytotoxiques. Leur pr\u00e9sence chez <em>Trinia glauca<\/em> est vraisemblable mais non confirm\u00e9e par des \u00e9tudes sp\u00e9cifiques.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>Les donn\u00e9es pharmacologiques sp\u00e9cifiques \u00e0 <em>Trinia glauca<\/em> sont quasi inexistantes. Par extrapolation \u00e0 partir de la famille des Apiaceae, on peut d\u00e9duire les m\u00e9canismes potentiels suivants. L&rsquo;<strong>huile essentielle<\/strong> peut exercer un effet carminatif et spasmolytique sur le tube digestif par relaxation des muscles lisses, m\u00e9canisme commun aux Ombellif\u00e8res aromatiques (anis, fenouil, carvi). Les <strong>furanocoumarines<\/strong> pr\u00e9sentent une activit\u00e9 photosensibilisante par intercalation dans l&rsquo;ADN et formation de liaisons covalentes sous irradiation UV, ce qui en fait des compos\u00e9s \u00e0 la fois th\u00e9rapeutiquement int\u00e9ressants (puvath\u00e9rapie) et potentiellement dangereux en cas d&rsquo;exposition solaire. Les <strong>flavono\u00efdes<\/strong> contribuent \u00e0 un effet antioxydant et anti-inflammatoire l\u00e9ger par pi\u00e9geage des radicaux libres et inhibition des enzymes pro-inflammatoires. Les <strong>polyac\u00e9tyl\u00e8nes<\/strong>, s&rsquo;ils sont pr\u00e9sents, peuvent exercer une activit\u00e9 antimicrobienne et antifongique. L&rsquo;ensemble dessine un profil pharmacologique modeste, typique d&rsquo;une Ombellif\u00e8re aromatique mineure non exploit\u00e9e m\u00e9dicalement.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Aucune \u00e9tude clinique n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e pour <em>Trinia glauca<\/em>. L&rsquo;esp\u00e8ce ne figure dans aucune pharmacop\u00e9e officielle ni dans les monographies de la Commission E ou de l&rsquo;ESCOP. L&rsquo;absence totale de validation clinique refl\u00e8te le caract\u00e8re marginal de cette esp\u00e8ce en phytoth\u00e9rapie. L&rsquo;int\u00e9r\u00eat de la plante r\u00e9side avant tout dans sa botanique (dio\u00e9cie exceptionnelle chez les Apiaceae) et son \u00e9cologie (esp\u00e8ce indicatrice des pelouses calcaires s\u00e8ches). La m\u00e9decine populaire occasionnelle rapport\u00e9e dans certaines r\u00e9gions n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 formalis\u00e9e ni investigu\u00e9e par la pharmacologie moderne. En l&rsquo;\u00e9tat actuel des connaissances, aucune recommandation th\u00e9rapeutique ne peut \u00eatre formul\u00e9e pour cette esp\u00e8ce. La recherche phytochimique constitue un pr\u00e9alable indispensable avant toute \u00e9valuation pharmacologique s\u00e9rieuse.<\/p>\n<hr>\n<h3>TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h3>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe chimique<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td><strong>\u03b1-Pin\u00e8ne<\/strong><\/td>\n<td>Monoterp\u00e8ne<\/td>\n<td>Aromatique, antiseptique l\u00e9ger<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Xanthotoxine<\/strong><\/td>\n<td>Furanocoumarine<\/td>\n<td>Photosensibilisant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Apig\u00e9nine<\/strong><\/td>\n<td>Flavone<\/td>\n<td>Anti-inflammatoire, s\u00e9datif l\u00e9ger<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Acide chlorog\u00e9nique<\/strong><\/td>\n<td>Acide ph\u00e9nolique<\/td>\n<td>Antioxydant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Falcarinol<\/strong><\/td>\n<td>Polyac\u00e9tyl\u00e8ne<\/td>\n<td>Antimicrobien, cytotoxique<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Bergapt\u00e8ne<\/strong><\/td>\n<td>Furanocoumarine<\/td>\n<td>Photosensibilisant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Huile essentielle<\/td>\n<td>Huile essentielle<\/td>\n<td>Aromatique<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Ph\u00e9nylpropano\u00efdes<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Furanocoumarines<\/td>\n<td>Coumarine<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Xanthotoxine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Bergapt\u00e8ne<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>En l&rsquo;absence de tradition phytoth\u00e9rapique structur\u00e9e, les formes gal\u00e9niques de la Trinie glauque sont mal d\u00e9finies. Les rares usages populaires document\u00e9s incluent :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Infusion de parties a\u00e9riennes :<\/strong> usage populaire occasionnel, sans posologie \u00e9tablie, pour des troubles digestifs mineurs.<\/li>\n<li><strong>Usage condimentaire :<\/strong> feuilles et jeunes pousses aromatiques utilis\u00e9es localement comme aromate mineur dans certaines r\u00e9gions m\u00e9diterran\u00e9ennes.<\/li>\n<li><strong>Aucune sp\u00e9cialit\u00e9 pharmaceutique<\/strong> contenant <em>Trinia glauca<\/em> n&rsquo;est commercialis\u00e9e.<\/li>\n<\/ul>\n<p>L&rsquo;usage m\u00e9dicinal de cette esp\u00e8ce ne peut \u00eatre recommand\u00e9 en l&rsquo;absence de donn\u00e9es de s\u00e9curit\u00e9 et d&rsquo;efficacit\u00e9. La confusion possible avec des Apiaceae toxiques (petite cigu\u00eb, cigu\u00eb tachet\u00e9e) constitue un risque suppl\u00e9mentaire dissuadant l&rsquo;autom\u00e9dication.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>La toxicologie de <em>Trinia glauca<\/em> n&rsquo;est pas sp\u00e9cifiquement document\u00e9e. Le principal risque associ\u00e9 aux Apiaceae est la pr\u00e9sence de <strong>furanocoumarines phototoxiques<\/strong> pouvant provoquer des dermatites bulleuses s\u00e9v\u00e8res en cas de contact cutan\u00e9 suivi d&rsquo;une exposition solaire (phytophotodermatite). Ce risque est bien document\u00e9 pour des esp\u00e8ces apparent\u00e9es (Berce du Caucase, Ang\u00e9lique, Panais). Chez <em>Trinia glauca<\/em>, la teneur en furanocoumarines est vraisemblablement mod\u00e9r\u00e9e mais non quantifi\u00e9e. Le risque de confusion avec des Apiaceae franchement toxiques constitue le danger le plus concret : la petite cigu\u00eb (<em>Aethusa cynapium<\/em>), la cigu\u00eb tachet\u00e9e (<em>Conium maculatum<\/em>) et l&rsquo;\u0153nanthe safran\u00e9e (<em>Oenanthe crocata<\/em>) peuvent \u00eatre confondues par des cueilleurs inexp\u00e9riment\u00e9s. La prudence absolue est recommand\u00e9e pour toute Ombellif\u00e8re non formellement identifi\u00e9e. Aucun cas d&rsquo;intoxication par <em>Trinia glauca<\/em> n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9 dans la litt\u00e9rature.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>La Trinie glauque est une plante discr\u00e8te qui n&rsquo;a pas marqu\u00e9 l&rsquo;histoire de la m\u00e9decine occidentale. Elle n&rsquo;appara\u00eet pas dans les grands herbiers de l&rsquo;Antiquit\u00e9 ni du Moyen \u00c2ge, contrairement aux Apiaceae majeures (persil, fenouil, ang\u00e9lique, cigu\u00eb). Son int\u00e9r\u00eat botanique a \u00e9t\u00e9 reconnu tardivement, principalement \u00e0 partir du XVIIIe si\u00e8cle par les floristes r\u00e9gionaux. En Angleterre, l&rsquo;esp\u00e8ce est consid\u00e9r\u00e9e comme un joyau botanique rare, limit\u00e9e \u00e0 quelques sites du Somerset et du Devon, o\u00f9 elle fait l&rsquo;objet d&rsquo;une attention conservatoire particuli\u00e8re. En France m\u00e9ridionale et en Europe centrale, la Trinie glauque participe aux cort\u00e8ges floristiques des pelouses s\u00e8ches calcaires, milieux \u00e0 haute valeur patrimoniale. Les usages ethnobotaniques rapport\u00e9s sont anecdotiques et limit\u00e9s \u00e0 des emplois condimentaires ou digestifs locaux en Provence, en Languedoc et dans les r\u00e9gions pannoniennes. Le caract\u00e8re dio\u00efque de l&rsquo;esp\u00e8ce, exceptionnel dans la famille, en fait un sujet d&rsquo;\u00e9tude pour la biologie \u00e9volutive de la reproduction des Apiaceae.<\/p>\n<hr>\n<h3>STATUT DE CONSERVATION ET PROTECTION<\/h3>\n<p><em>Trinia glauca<\/em> n&rsquo;est pas globalement menac\u00e9e mais pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat patrimonial significatif dans les r\u00e9gions p\u00e9riph\u00e9riques de son aire. En Angleterre, l&rsquo;esp\u00e8ce est class\u00e9e comme rare et b\u00e9n\u00e9ficie d&rsquo;une protection r\u00e9glementaire dans le cadre du Wildlife and Countryside Act. En France, l&rsquo;esp\u00e8ce est assez commune dans le Midi mais rare dans le Nord et le Centre, o\u00f9 ses stations isol\u00e9es sur les pelouses calcaires constituent des enjeux de conservation. Les pelouses s\u00e8ches calcaires, habitat principal de l&rsquo;esp\u00e8ce, sont des milieux en r\u00e9gression dans toute l&rsquo;Europe en raison de la d\u00e9prise agropastorale suivie de fermeture par embroussaillement, de la mise en culture, de l&rsquo;urbanisation et de l&rsquo;eutrophisation atmosph\u00e9rique. La Directive Habitats prot\u00e8ge ces milieux (habitat 6210 \u00ab Pelouses s\u00e8ches semi-naturelles et faci\u00e8s d&#8217;embuissonnement sur calcaires \u00bb) mais pas l&rsquo;esp\u00e8ce elle-m\u00eame. Les programmes de gestion conservatoire des pelouses calcaires (p\u00e2turage extensif, d\u00e9broussaillage) b\u00e9n\u00e9ficient directement aux populations de <em>Trinia glauca<\/em>.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>La Trinie glauque est avant tout une esp\u00e8ce d&rsquo;int\u00e9r\u00eat botanique et \u00e9cologique, dont le potentiel pharmacognosique reste enti\u00e8rement \u00e0 explorer. Sa phytochimie, pr\u00e9sum\u00e9e typique des Apiaceae (huile essentielle, furanocoumarines, flavono\u00efdes, polyac\u00e9tyl\u00e8nes), n&rsquo;a fait l&rsquo;objet d&rsquo;aucune \u00e9tude approfondie. L&rsquo;absence de tradition m\u00e9dicinale structur\u00e9e, de donn\u00e9es pharmacologiques et de validation clinique interdit toute recommandation th\u00e9rapeutique. Le principal int\u00e9r\u00eat de l&rsquo;esp\u00e8ce r\u00e9side dans sa dio\u00e9cie exceptionnelle parmi les Ombellif\u00e8res, son r\u00f4le d&rsquo;indicateur des pelouses calcaires thermophiles et sa valeur patrimoniale dans les r\u00e9gions o\u00f9 elle est rare. Du point de vue de la recherche, l&rsquo;esp\u00e8ce m\u00e9riterait une caract\u00e9risation phytochimique compl\u00e8te, notamment de son huile essentielle et de ses furanocoumarines, afin de pr\u00e9ciser son positionnement dans la chimiosyst\u00e9matique des Apiaceae et d&rsquo;\u00e9valuer un \u00e9ventuel potentiel biologique.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li>Pimenov M.G., Leonov M.V., 1993. <em>The Genera of the Umbelliferae<\/em>. Royal Botanic Gardens, Kew.<\/li>\n<li>Reduron J.-P., 2007. <em>Ombellif\u00e8res de France<\/em>, vol. 5. Bulletin de la Soci\u00e9t\u00e9 Botanique du Centre-Ouest, n.s.<\/li>\n<li>Spalik K. et al., 2004. Phylogenetic analysis of <em>Trinia<\/em> (Apiaceae) based on nrDNA ITS sequences. <em>Plant Systematics and Evolution<\/em>, 248, 69-82.<\/li>\n<li>Rich T.C.G., 1998. <em>Trinia glauca<\/em> in Britain. <em>Watsonia<\/em>, 22, 67-72.<\/li>\n<li>Plants of the World Online \u2014 Royal Botanic Gardens, Kew : <em>Trinia glauca<\/em>.<\/li>\n<li>Tela Botanica \u2014 eFlore : Fiche <em>Trinia glauca<\/em>.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> S\u00e9datif<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Digestif<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Carminatif<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE La Trinie glauque, Trinia glauca (L.) 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