{"id":675,"date":"2026-03-26T11:25:25","date_gmt":"2026-03-26T10:25:25","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/houx-commun\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:10","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:10","slug":"houx-commun","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/houx-commun\/","title":{"rendered":"HOUX COMMUN"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Houx%20commun.jpg\" alt=\"Planche botanique Houx commun\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<p>Le houx commun est l&rsquo;un des arbustes les plus embl\u00e9matiques de la flore europ\u00e9enne \u2014 symbole de No\u00ebl dans le monde chr\u00e9tien, protecteur des maisons dans les traditions celtiques, et l&rsquo;un des rares feuillus indig\u00e8nes \u00e0 conserver un feuillage vert lustr\u00e9 en plein hiver. Ses feuilles coriaces \u00e0 \u00e9pines ac\u00e9r\u00e9es et ses baies rouge vif constituent l&rsquo;une des images botaniques les plus reconnaissables de la culture occidentale. Mais le houx est aussi une plante m\u00e9dicinale ancienne, dont les feuilles \u2014 l\u00e9g\u00e8rement diff\u00e9rentes du st\u00e9r\u00e9otype \u00e9pineux \u2014 contiennent des saponines, des d\u00e9riv\u00e9s de la caf\u00e9ine et des compos\u00e9s amers qui lui ont valu un usage comme f\u00e9brifuge, tonique et diur\u00e9tique dans la tradition populaire.<\/p>\n<p>Esp\u00e8ce bioindicatrice des for\u00eats anciennes \u00e0 climat oc\u00e9anique, le houx est prot\u00e9g\u00e9 dans plusieurs d\u00e9partements fran\u00e7ais en raison de la surexploitation saisonni\u00e8re de ses rameaux d\u00e9coratifs.<\/p>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Famille :<\/strong> Aquifoliaceae<\/li>\n<li><strong>Genre :<\/strong> <em>Ilex<\/em><\/li>\n<li><strong>Esp\u00e8ce :<\/strong> <em>Ilex aquifolium<\/em> L.<\/li>\n<li><strong>Noms vernaculaires :<\/strong> Houx commun, Houx, Grand houx, Agrifoux, Pardon (Bretagne).<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>\u00c9tymologie :<\/strong> <em>Ilex<\/em> \u00e9tait le nom latin du ch\u00eane vert (<em>Quercus ilex<\/em>), appliqu\u00e9 au houx par confusion due \u00e0 la ressemblance des feuilles \u00e9pineuses. <em>aquifolium<\/em> du latin <em>acus<\/em> (\u00ab aiguille \u00bb) et <em>folium<\/em> (\u00ab feuille \u00bb), \u00ab feuille \u00e0 aiguilles \u00bb. Le genre <em>Ilex<\/em> comprend plus de 400 esp\u00e8ces dans le monde, dont le mat\u00e9 (<em>I. paraguariensis<\/em>) et le yaupon (<em>I. vomitoria<\/em>).<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<h3>A. Port et architecture<\/h3>\n<p>Arbuste ou petit arbre sempervirent de 2 \u00e0 15 m (exceptionnellement 25 m), \u00e0 port pyramidal ou conique, tr\u00e8s ramifi\u00e9 d\u00e8s la base. La croissance est lente mais la long\u00e9vit\u00e9 remarquable \u2014 des houx de 300 ans sont document\u00e9s. L&rsquo;\u00e9corce est lisse et grise.<\/p>\n<h3>B. Appareil v\u00e9g\u00e9tatif<\/h3>\n<p><strong>Feuilles :<\/strong> alternes, persistantes, coriaces, ovales de 5 \u00e0 10 cm, \u00e0 surface vert fonc\u00e9 brillant (verniss\u00e9e) dessus, plus p\u00e2le et mate dessous. Le caract\u00e8re le plus connu est la marge ondul\u00e9e et garnie de <strong>fortes \u00e9pines ac\u00e9r\u00e9es<\/strong>. Cependant, ce caract\u00e8re est variable : les feuilles des branches hautes (hors de port\u00e9e des herbivores) sont souvent <strong>enti\u00e8res et sans \u00e9pines<\/strong> \u2014 un ph\u00e9nom\u00e8ne de <strong>h\u00e9t\u00e9rophyllie d\u00e9fensive<\/strong> (la plante ne produit des \u00e9pines que l\u00e0 o\u00f9 le broutage est probable). Ce dimorphisme foliaire est l&rsquo;un des exemples les plus spectaculaires de plasticit\u00e9 ph\u00e9notypique chez les plantes europ\u00e9ennes.<\/p>\n<h3>C. Appareil reproducteur<\/h3>\n<p><strong>Dio\u00efcie :<\/strong> le houx est dio\u00efque \u2014 pieds m\u00e2les et pieds femelles s\u00e9par\u00e9s. Seuls les pieds femelles portent des baies (\u00e0 condition qu&rsquo;un pied m\u00e2le soit pr\u00e9sent \u00e0 proximit\u00e9 pour la pollinisation).<\/p>\n<p><strong>Fleur :<\/strong> petite (6-8 mm), blanche \u00e0 blanc-verd\u00e2tre, parfum\u00e9e, group\u00e9e en cymes axillaires. Quatre p\u00e9tales, quatre \u00e9tamines (m\u00e2les) ou un pistil \u00e0 stigmate sessile (femelles).<\/p>\n<p><strong>Fruit :<\/strong> drupe globuleuse de 7-10 mm, <strong>rouge vif<\/strong> \u00e0 maturit\u00e9 (novembre-mars), contenant 4 noyaux (pyr\u00e8nes). Les baies persistent tout l&rsquo;hiver sur les branches \u2014 attrait ornemental et ressource alimentaire hivernale pour les oiseaux (grives, merles, fauvettes).<\/p>\n<p><strong>Floraison :<\/strong> mai \u00e0 juin. Pollinisation entomophile (abeilles). <strong>Les baies sont toxiques pour l&rsquo;homme.<\/strong><\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9COLOGIE ET DISTRIBUTION<\/h3>\n<h3>A. Habitat<\/h3>\n<p>Le houx est une esp\u00e8ce sciaphile (supporte l&rsquo;ombre dense), oc\u00e9anique (climat doux et humide), et calcifuge \u00e0 neutrophile. Il cro\u00eet dans les sous-bois des ch\u00eanaies, h\u00eatraies, for\u00eats mixtes, haies bocag\u00e8res et parcs. C&rsquo;est un excellent indicateur de climat oc\u00e9anique et de for\u00eats anciennes. En sous-bois, il constitue souvent la seule strate arbustive persistante, formant un \u00ab sous-\u00e9tage vert \u00bb permanent sous la canop\u00e9e caduque.<\/p>\n<h3>B. Distribution<\/h3>\n<p>Europe atlantique et sub-m\u00e9diterran\u00e9enne, de l&rsquo;Irlande \u00e0 la Turquie, de la Norv\u00e8ge au Maghreb. En France, commun dans l&rsquo;Ouest, le Nord-Ouest, le Massif central, les Pyr\u00e9n\u00e9es et la Corse. Plus rare dans le Nord-Est continental et le Midi sec. C&rsquo;est l&rsquo;esp\u00e8ce sempervirente feuillue la plus septentrionale d&rsquo;Europe.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Les <strong>feuilles<\/strong> (usage m\u00e9dicinal traditionnel \u2014 f\u00e9brifuge, diur\u00e9tique) et l&rsquo;<strong>\u00e9corce<\/strong> (usage tinctorial \u2014 glu). Les <strong>baies sont toxiques<\/strong> et ne doivent pas \u00eatre consomm\u00e9es. La drogue \u00ab feuille de houx \u00bb est inscrite \u00e0 la liste A des plantes m\u00e9dicinales de la Pharmacop\u00e9e fran\u00e7aise.<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<h3>A. Saponines triterp\u00e9niques<\/h3>\n<p>Les feuilles contiennent des <strong>saponines<\/strong> d\u00e9riv\u00e9es de l&rsquo;acide ilexique et de l&rsquo;<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-ursolique\/\">acide ursolique<\/a>. Les saponines sont responsables de l&rsquo;activit\u00e9 h\u00e9molytique <em>in vitro<\/em> et de l&rsquo;effet expectorant et diur\u00e9tique traditionnellement attribu\u00e9 \u00e0 la plante.<\/p>\n<h3>B. Bases puriques \u2014 la \u00ab caf\u00e9ine du houx \u00bb<\/h3>\n<p>Les feuilles contiennent de la <strong>th\u00e9obromine<\/strong> (dim\u00e9thylxanthine) en petite quantit\u00e9 \u2014 le m\u00eame compos\u00e9 stimulant que dans le cacao (o\u00f9 la th\u00e9obromine est l&rsquo;<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/alcaloides\/\">alcalo\u00efde<\/a> majoritaire) ; dans le mat\u00e9 (Ilex paraguariensis), c&rsquo;est la caf\u00e9ine qui domine (\u2248 1 g\/100 g contre 0,1 g\/100 g pour la th\u00e9obromine). Des traces de <strong>caf\u00e9ine<\/strong> ont aussi \u00e9t\u00e9 signal\u00e9es. Cette parent\u00e9 chimique avec le mat\u00e9 (<em>Ilex paraguariensis<\/em>) et le yaupon (<em>I. vomitoria<\/em>) est un caract\u00e8re chimiotaxonomique important du genre <em>Ilex<\/em>.<\/p>\n<h3>C. Compos\u00e9s amers \u2014 ilicine<\/h3>\n<p>L&rsquo;<strong>ilicine<\/strong> est un glucoside amer responsable de la saveur am\u00e8re des feuilles et de l&rsquo;activit\u00e9 f\u00e9brifuge attribu\u00e9e \u00e0 la plante (tonique amer stimulant les d\u00e9fenses).<\/p>\n<h3>D. Flavono\u00efdes<\/h3>\n<p><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/rutine\/\">Rutine<\/a>, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a>, kaempf\u00e9rol. Activit\u00e9 antioxydante.<\/p>\n<h3>E. Baies \u2014 toxicit\u00e9<\/h3>\n<p>Les baies contiennent des <strong>saponines<\/strong> en concentration plus \u00e9lev\u00e9e que les feuilles, de l&rsquo;<strong>ilicine<\/strong> et des <strong>ilexantines<\/strong>. L&rsquo;ingestion provoque des vomissements, diarrh\u00e9es et troubles neurologiques. La dose toxique est d&rsquo;environ 20 baies chez l&rsquo;adulte, nettement moins chez l&rsquo;enfant.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<h3>A. Activit\u00e9 f\u00e9brifuge et tonique<\/h3>\n<p>L&rsquo;ilicine (amer) stimule les r\u00e9cepteurs amers gastro-intestinaux, provoquant par voie r\u00e9flexe une stimulation des s\u00e9cr\u00e9tions digestives et une \u00e9l\u00e9vation du tonus g\u00e9n\u00e9ral. Cet effet \u00ab tonique amer f\u00e9brifuge \u00bb \u00e9tait autrefois compar\u00e9 \u00e0 celui du quinquina \u2014 d&rsquo;o\u00f9 le surnom de \u00ab quinquina d&rsquo;Europe \u00bb donn\u00e9 au houx dans certaines flores anciennes.<\/p>\n<h3>B. Activit\u00e9 diur\u00e9tique<\/h3>\n<p>Les saponines et les bases puriques (th\u00e9obromine) contribuent \u00e0 un effet diur\u00e9tique l\u00e9ger document\u00e9 dans la tradition.<\/p>\n<h3>C. Activit\u00e9 antioxydante<\/h3>\n<p>Les flavono\u00efdes et les d\u00e9riv\u00e9s ph\u00e9noliques conf\u00e8rent une activit\u00e9 antioxydante aux extraits de feuilles.<\/p>\n<hr>\n<h3>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h3>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> F\u00e9brifuge<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Diur\u00e9tique<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> D\u00e9puratif<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2606\u2606\u2606\u2606<\/strong> Laxatif<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2606\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antispasmodique<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Aucune donn\u00e9e clinique moderne. L&rsquo;usage m\u00e9dicinal du houx est tomb\u00e9 en d\u00e9su\u00e9tude au profit des m\u00e9dicaments modernes. La parent\u00e9 chimique avec le mat\u00e9 (th\u00e9obromine) suscite un int\u00e9r\u00eat acad\u00e9mique mais n&rsquo;a pas conduit \u00e0 un usage th\u00e9rapeutique actuel.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Saponines<\/td>\n<td>Saponine<\/td>\n<td>Constituant tensioactif<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Th\u00e9obromine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Caf\u00e9ine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Ilicine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Saponines<\/td>\n<td>Saponine<\/td>\n<td>Constituant tensioactif<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Infusion de feuilles :<\/strong> 2 g de feuilles s\u00e9ch\u00e9es pour 150 ml, 10 min. Usage populaire comme f\u00e9brifuge et diur\u00e9tique. Go\u00fbt amer.<\/li>\n<li><strong>D\u00e9coction d&rsquo;\u00e9corce :<\/strong> usage tinctorial (glu pour attraper les oiseaux \u2014 pratique aujourd&rsquo;hui interdite).<\/li>\n<li><strong>Usage ornemental :<\/strong> rameaux feuill\u00e9s et fructif\u00e8res pour les d\u00e9corations de No\u00ebl.<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>Ne jamais consommer les baies.<\/strong><\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Les <strong>baies sont toxiques<\/strong> : l&rsquo;ingestion de 20-30 baies peut \u00eatre dangereuse chez l&rsquo;adulte et pouvant \u00eatre grave chez l&rsquo;enfant (vomissements, diarrh\u00e9es, douleurs abdominales, somnolence dans les cas s\u00e9v\u00e8res) \u2014 les d\u00e9c\u00e8s sont exceptionnels dans la litt\u00e9rature clinique moderne ; les convulsions ne font pas partie du tableau habituel. Les centres antipoison signalent r\u00e9guli\u00e8rement des intoxications accidentelles d&rsquo;enfants attir\u00e9s par les baies rouges \u2014 surtout en p\u00e9riode de No\u00ebl quand des rameaux de houx d\u00e9corent les maisons. Les feuilles, en revanche, ne sont pas toxiques aux doses d&rsquo;infusion (la voie d&rsquo;exposition est diff\u00e9rente : les saponines sont peu absorb\u00e9es par voie orale en solution aqueuse dilu\u00e9e).<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>Le houx est charg\u00e9 d&rsquo;une symbolique mill\u00e9naire :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Tradition celtique et germanique :<\/strong> le houx \u00e9tait sacr\u00e9 pour les druides, associ\u00e9 au solstice d&rsquo;hiver. Ses feuilles persistantes symbolisaient l&rsquo;immortalit\u00e9 et la r\u00e9sistance au froid. Les rameaux de houx \u00e9taient accroch\u00e9s aux portes pour prot\u00e9ger la maison des mauvais esprits.<\/li>\n<li><strong>Christianisme :<\/strong> les \u00e9pines des feuilles symbolisent la couronne d&rsquo;\u00e9pines du Christ, les baies rouges son sang \u2014 d&rsquo;o\u00f9 l&rsquo;association universelle houx\/No\u00ebl.<\/li>\n<li><strong>Usage artisanal :<\/strong> le bois de houx, blanc et tr\u00e8s dur, servait \u00e0 la fabrication de manches d&rsquo;outils, de cannes, de pi\u00e8ces d&rsquo;\u00e9checs et de marqueterie. La glu, extraite de l&rsquo;\u00e9corce, servait \u00e0 capturer les oiseaux (technique de chasse traditionnelle, aujourd&rsquo;hui interdite dans l&rsquo;UE).<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h3>INT\u00c9R\u00caT \u00c9COLOGIQUE<\/h3>\n<p>Le houx est une <strong>esp\u00e8ce cl\u00e9 des sous-bois atlantiques<\/strong> :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Abri hivernal :<\/strong> son feuillage persistant et dense offre un refuge vital aux oiseaux et aux mammif\u00e8res en hiver (merles, rouges-gorges, troglodytes).<\/li>\n<li><strong>Nourriture hivernale :<\/strong> les baies constituent l&rsquo;une des principales ressources alimentaires pour les oiseaux frugivores en hiver (grives, merles, fauvettes \u00e0 t\u00eate noire) \u2014 la dispersion des graines (ornithochorie) est assur\u00e9e par ces oiseaux.<\/li>\n<li><strong>Indicateur de for\u00eats anciennes :<\/strong> la pr\u00e9sence de vieux houx signale des for\u00eats non perturb\u00e9es depuis des si\u00e8cles.<\/li>\n<li><strong>R\u00e9gulation du sous-bois :<\/strong> par son ombre dense et sa liti\u00e8re acide, le houx structure les communaut\u00e9s v\u00e9g\u00e9tales du sous-bois.<\/li>\n<\/ul>\n<p>La r\u00e9colte commerciale de rameaux de No\u00ebl a conduit \u00e0 la rar\u00e9faction du houx dans certaines r\u00e9gions \u2014 d&rsquo;o\u00f9 les arr\u00eat\u00e9s de protection pr\u00e9fectoraux interdisant ou limitant la cueillette.<\/p>\n<hr>\n<h3>CONFUSIONS POSSIBLES<\/h3>\n<ul>\n<li><strong><em>Ilex crenata<\/em><\/strong> (houx cr\u00e9nel\u00e9) : horticole, feuilles petites sans \u00e9pines, ressemblant au buis.<\/li>\n<li><strong><em>Ruscus aculeatus<\/em><\/strong> (fragon petit-houx) : beaucoup plus petit, \u00ab feuilles \u00bb (cladodes) ovales pointues, baies rouges mais plante tr\u00e8s diff\u00e9rente (Asparagac\u00e9e).<\/li>\n<li><strong><em>Quercus ilex<\/em><\/strong> (ch\u00eane vert) : feuilles coriaces et parfois \u00e9pineuses, mais arbre de grande taille, glands.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>Le houx commun est une plante dont l&rsquo;int\u00e9r\u00eat pharmacognosique actuel est modeste \u2014 supplant\u00e9 par des m\u00e9dicaments modernes \u2014 mais dont la richesse en saponines, th\u00e9obromine et ilicine justifie son inscription historique dans la mati\u00e8re m\u00e9dicale v\u00e9g\u00e9tale europ\u00e9enne. Son appartenance au genre <em>Ilex<\/em>, qui comprend le mat\u00e9 et d&rsquo;autres esp\u00e8ces \u00e0 bases puriques stimulantes, lui conf\u00e8re un int\u00e9r\u00eat chimiotaxonomique. Mais c&rsquo;est avant tout un arbuste d&rsquo;exception \u00e9cologique et culturelle : sentinelle des for\u00eats oc\u00e9aniques anciennes, refuge hivernal vital pour la faune, et symbole universel des f\u00eates de fin d&rsquo;ann\u00e9e dans la civilisation occidentale.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li>Bruneton J., <em>Pharmacognosie, phytochimie, plantes m\u00e9dicinales<\/em>, 5<sup>e<\/sup> \u00e9d., Lavoisier, 2016.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B., <em>Flora Gallica \u2014 Flore de France<\/em>, Biotope \u00c9ditions, 2014.<\/li>\n<li>Rameau J.-C., Mansion D., Dum\u00e9 G., <em>Flore foresti\u00e8re fran\u00e7aise<\/em>, IDF, 1989-2008.<\/li>\n<li>Peterken G.F., Lloyd P.S., \u00ab <em>Ilex aquifolium<\/em> L. (Biological Flora of the British Isles) \u00bb, <em>Journal of Ecology<\/em>, 1967, 55(3), 841-858.<\/li>\n<li>Roth L., Daunderer M., Kormann K., <em>Giftpflanzen \u2014 Pflanzengifte<\/em>, 6<sup>e<\/sup> \u00e9d., Nikol, 2012.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Diur\u00e9tique (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antispasmodique<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> F\u00e9brifuge<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Tonique<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le houx commun est l&rsquo;un des arbustes les plus embl\u00e9matiques de la flore europ\u00e9enne \u2014 symbole de No\u00ebl dans le monde chr\u00e9tien, protecteur des maisons [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[52],"tags":[],"class_list":["post-675","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-aquifoliacees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/675","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=675"}],"version-history":[{"count":13,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/675\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13514,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/675\/revisions\/13514"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=675"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=675"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=675"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}