{"id":679,"date":"2026-03-26T11:25:31","date_gmt":"2026-03-26T10:25:31","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/gouet-tachete\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:16","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:16","slug":"gouet-tachete","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/gouet-tachete\/","title":{"rendered":"GOUET TACHET\u00c9"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Gouet%20tachet%C3%A9.jpg\" alt=\"Planche botanique Gouet tachet\u00e9\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>Le <strong>gouet tachet\u00e9<\/strong> (<em>Arum maculatum<\/em> L.) appartient \u00e0 la famille des <strong>Araceae<\/strong>. Le genre <em>Arum<\/em> comprend environ 30 esp\u00e8ces r\u00e9parties en Europe, en Asie occidentale et en Afrique du Nord. Le nombre chromosomique est 2n = 56. Le nom <em>Arum<\/em> est le nom latin classique de la plante, d\u00e9riv\u00e9 du grec <em>aron<\/em>. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>maculatum<\/em> (tachet\u00e9) fait r\u00e9f\u00e9rence aux taches pourpre fonc\u00e9 pr\u00e9sentes sur les feuilles de nombreux individus. Noms vernaculaires : arum tachet\u00e9, pied-de-veau, chandelle, gouet, herbe \u00e0 pain, pain de li\u00e8vre, vachotte. En anglais : <em>lords-and-ladies<\/em>, <em>cuckoo pint<\/em>, <em>wild arum<\/em>. La plante est bien connue pour sa <strong>toxicit\u00e9<\/strong> et son inflorescence spectaculaire en forme de spadice.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>Plante herbac\u00e9e vivace g\u00e9ophyte de 20 \u00e0 50 cm. <strong>Tubercule<\/strong> souterrain ovo\u00efde, charnu, blanc, de 2 \u00e0 4 cm, riche en amidon. <strong>Feuilles<\/strong> basales, longuement p\u00e9tiol\u00e9es (p\u00e9tiole de 15 \u00e0 25 cm), limbe sagitt\u00e9 (en forme de fer de lance), de 10 \u00e0 20 cm, vert luisant, <strong>souvent macul\u00e9 de taches pourpre fonc\u00e9<\/strong> (caract\u00e8re polymorphe : certains individus sont immacul\u00e9s). Les feuilles apparaissent au printemps et disparaissent en \u00e9t\u00e9. <strong>Inflorescence<\/strong> : <strong>spadice<\/strong> entour\u00e9 d&rsquo;une <strong>spathe<\/strong>. La spathe est un bract\u00e9e en cornet, de 15 \u00e0 25 cm, vert p\u00e2le jaun\u00e2tre bord\u00e9e de pourpre. Le spadice porte de bas en haut : des fleurs femelles (ovaires) \u00e0 la base, un anneau de poils st\u00e9riles (pi\u00e8ge \u00e0 insectes), des fleurs m\u00e2les (\u00e9tamines) au-dessus, et un appendice terminal massue (<strong>appendice<\/strong>) violet-pourpre fonc\u00e9, d\u00e9passant de la spathe. L&rsquo;appendice \u00e9met de la <strong>chaleur<\/strong> (thermogen\u00e8se) et une <strong>odeur f\u00e9tide<\/strong> (d&rsquo;excr\u00e9ments) attirant les mouches pollinisatrices. <strong>Fruit<\/strong> : baies rouge vif, group\u00e9es en \u00e9pi dense, tr\u00e8s voyantes en \u00e9t\u00e9-automne, contenant 1 \u00e0 3 graines. <strong>Floraison<\/strong> : avril \u00e0 mai.<\/p>\n<hr>\n<h3>Origine g\u00e9ographique et r\u00e9partition<\/h3>\n<p>Esp\u00e8ce <strong>europ\u00e9enne<\/strong>. R\u00e9partie de l&rsquo;Irlande et de l&rsquo;Angleterre \u00e0 l&rsquo;Europe de l&rsquo;Est (Pologne, Ukraine), au sud jusqu&rsquo;\u00e0 la M\u00e9diterran\u00e9e et au Caucase. En France, commune dans presque toutes les r\u00e9gions, de la plaine \u00e0 l&rsquo;\u00e9tage montagnard (0 \u00e0 1 500 m). Plus rare en haute montagne et en r\u00e9gion m\u00e9diterran\u00e9enne basse (o\u00f9 elle est remplac\u00e9e par <em>Arum italicum<\/em>). L&rsquo;esp\u00e8ce est l&rsquo;un des Araceae les plus communs d&rsquo;Europe occidentale.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9cologie et habitat<\/h3>\n<p><strong>Sous-bois de for\u00eats feuillues<\/strong>, <strong>haies<\/strong>, <strong>lisi\u00e8res foresti\u00e8res<\/strong>, <strong>berges ombrag\u00e9es<\/strong>, <strong>parcs<\/strong>, <strong>jardins<\/strong>. Le gouet tachet\u00e9 est sciaphile \u00e0 semi-sciaphile, li\u00e9 aux milieux frais et ombrag\u00e9s. Les sols sont riches en mati\u00e8re organique, humif\u00e8res, frais, argileux \u00e0 limoneux, neutres \u00e0 calcaires. L&rsquo;esp\u00e8ce appartient aux communaut\u00e9s des Fagetalia (h\u00eatraies-ch\u00eanaies) et des Querco-Fagetea (for\u00eats feuillues temp\u00e9r\u00e9es). Le m\u00e9canisme de pollinisation est un pi\u00e8ge \u00e0 insectes : les mouches (Psychodidae, petites mouches des latrines) sont attir\u00e9es par l&rsquo;odeur f\u00e9tide et la chaleur de l&rsquo;appendice, glissent dans la chambre florale (int\u00e9rieur cireux de la spathe), sont retenues prisonni\u00e8res par les poils st\u00e9riles, pollinisent les fleurs femelles avec le pollen transport\u00e9 d&rsquo;un autre gouet, puis sont lib\u00e9r\u00e9es apr\u00e8s la maturation des fleurs m\u00e2les (qui les couvrent de pollen frais). La dispersion est ornithochore (les merles et les grives consomment les baies et dispersent les graines).<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>Toutes les parties de la plante contiennent des <strong>cristaux d&rsquo;oxalate de calcium<\/strong> en forme d&rsquo;aiguilles (raphides), responsables de l&rsquo;irritation m\u00e9canique des muqueuses. Le tubercule contient de l&rsquo;<strong>amidon<\/strong> (25-35 %, extractible apr\u00e8s cuisson prolong\u00e9e, historiquement utilis\u00e9 pour l&#8217;empesage du linge), des <strong>saponines<\/strong>, des <strong>lectines<\/strong> (prot\u00e9ines agglutinantes) et des compos\u00e9s cyanog\u00e9niques en traces. Des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/alcaloides\/\">alcalo\u00efdes<\/a><\/strong> de type <strong>conine<\/strong> (pip\u00e9ridine) ont \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9s mais contest\u00e9s. Les feuilles contiennent des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> : <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a><\/strong>, <strong>kaempf\u00e9rol<\/strong>. L&rsquo;appendice du spadice contient des <strong>amines volatiles<\/strong> : <strong>indole<\/strong>, <strong>p-cr\u00e9sol<\/strong>, <strong>scatole<\/strong> (compos\u00e9s f\u00e9calo\u00efdes responsables de l&rsquo;odeur putride attirant les mouches). Les baies contiennent des <strong>saponines<\/strong>, des <strong>oxalates de calcium<\/strong> et des <strong>anthocyanes<\/strong> (coloration rouge). La thermogen\u00e8se du spadice implique la voie m\u00e9tabolique de l&rsquo;<strong>oxydase alternative<\/strong> (AOX), produisant de la chaleur par d\u00e9couplage mitochondrial.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>Les propri\u00e9t\u00e9s pharmacologiques du gouet sont domin\u00e9es par sa <strong>toxicit\u00e9<\/strong>. Les <strong>raphides d&rsquo;oxalate de calcium<\/strong> provoquent une irritation m\u00e9canique intense des muqueuses buccales, pharyng\u00e9es et digestives. Les <strong>saponines<\/strong> sont h\u00e9molytiques et irritantes gastro-intestinales. Les <strong>lectines<\/strong> sont des prot\u00e9ines agglutinantes pouvant provoquer une inflammation locale. Par analogie : les <strong>flavono\u00efdes<\/strong> poss\u00e8dent des propri\u00e9t\u00e9s antioxydantes et anti-inflammatoires. L&rsquo;amidon du tubercule, apr\u00e8s extraction et purification, est pharmacologiquement inerte et a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9 comme excipient (amidon d&rsquo;arum). Des recherches r\u00e9centes sur les lectines d&rsquo;Araceae montrent des propri\u00e9t\u00e9s <strong>anticanc\u00e9reuses<\/strong> in vitro (inhibition de la prolif\u00e9ration de cellules tumorales). L&rsquo;<strong>indole<\/strong> et le <strong>scatole<\/strong> du spadice sont \u00e9tudi\u00e9s en \u00e9cologie chimique mais n&rsquo;ont pas d&rsquo;int\u00e9r\u00eat pharmacologique direct.<\/p>\n<hr>\n<h3>Utilisations m\u00e9dicinales traditionnelles<\/h3>\n<p>En <strong>m\u00e9decine populaire europ\u00e9enne<\/strong>, le gouet tachet\u00e9 a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9 avec pr\u00e9caution en raison de sa toxicit\u00e9. Le tubercule s\u00e9ch\u00e9 et longuement cuit (pour \u00e9liminer les raphides) servait de <strong>f\u00e9culent alimentaire de famine<\/strong> (d&rsquo;o\u00f9 les noms \u00ab herbe \u00e0 pain \u00bb, \u00ab pain de li\u00e8vre \u00bb). En <strong>m\u00e9decine populaire<\/strong>, le tubercule r\u00e2p\u00e9 \u00e9tait appliqu\u00e9 en cataplasme r\u00e9vulsif sur les articulations douloureuses (rhumatismes) et les engelures. L&rsquo;amidon extrait du tubercule (<em>Portland sago<\/em> en Angleterre) servait d&rsquo;\u00e9mollient et d&rsquo;excipient. En <strong>hom\u00e9opathie<\/strong>, <em>Arum maculatum<\/em> est prescrit pour les irritations des muqueuses buccales et respiratoires. <strong>Dioscoride<\/strong> mentionne le gouet pour les polypes nasaux et les ulc\u00e8res. <strong>Culpeper<\/strong> le recommande contre les vers intestinaux. Tous les usages internes sont dangereux et abandonn\u00e9s.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Les recherches portent sur la <strong>thermogen\u00e8se<\/strong> (m\u00e9canisme mitochondrial de production de chaleur par l&rsquo;oxydase alternative AOX, r\u00e9gulation par l&rsquo;<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-salicylique\/\">acide salicylique<\/a>, r\u00f4le dans la volatilisation des compos\u00e9s odorants), l&rsquo;<strong>\u00e9cologie de la pollinisation<\/strong> (pi\u00e8ge \u00e0 mouches, mim\u00e9tisme olfactif f\u00e9calo\u00efde, micro-climat thermique dans la chambre florale), la <strong>toxicologie<\/strong> des raphides (m\u00e9canismes de p\u00e9n\u00e9tration des cristaux, lib\u00e9ration d&rsquo;enzymes prot\u00e9olytiques associ\u00e9es), les <strong>lectines<\/strong> d&rsquo;Araceae (propri\u00e9t\u00e9s anticanc\u00e9reuses, immunomodulatrices) et la <strong>biologie \u00e9volutive<\/strong> du dimorphisme foliaire (taches pourpres : r\u00f4le dans le mim\u00e9tisme, l&rsquo;herbivorie ou la thermor\u00e9gulation, sujet d\u00e9battu). Des \u00e9tudes de <strong>g\u00e9nomique<\/strong> explorent les voies de biosynth\u00e8se des compos\u00e9s volatils attractifs.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Cristaux d&rsquo;oxalate de calcium<\/td>\n<td>Sel<\/td>\n<td>Pr\u00e9sence \u00e0 signaler (calculs)<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Amidon<\/td>\n<td>Polysaccharide<\/td>\n<td>R\u00e9serve glucidique<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Saponines<\/td>\n<td>Saponine<\/td>\n<td>Constituant tensioactif<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Lectines<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Conine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p><strong>L&rsquo;USAGE INTERNE EST DANGEREUX ET D\u00c9CONSEILL\u00c9.<\/strong> \u00c0 titre strictement historique : <strong>cataplasme de tubercule frais r\u00e2p\u00e9<\/strong> (r\u00e9vulsif, application br\u00e8ve de quelques minutes, risque de dermite). <strong>Amidon extrait du tubercule<\/strong> (apr\u00e8s lavages r\u00e9p\u00e9t\u00e9s pour \u00e9liminer les oxalates et les saponines) : excipient pharmaceutique. <strong>Hom\u00e9opathie<\/strong> : teinture-m\u00e8re en dilutions (5 CH et plus). Le tubercule frais ne doit jamais \u00eatre consomm\u00e9 cru. La cuisson prolong\u00e9e et les lavages multiples r\u00e9duisent la toxicit\u00e9 mais ne l&rsquo;\u00e9liminent pas compl\u00e8tement. La plante ne figure dans aucune pharmacop\u00e9e officielle moderne.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Le gouet tachet\u00e9 est une <strong>plante toxique<\/strong>. L&rsquo;ingestion de toute partie de la plante (feuilles, tubercule, baies) provoque une <strong>irritation intense des muqueuses buccales<\/strong> : sensation de br\u00fblure imm\u00e9diate, \u0153d\u00e8me de la langue et de la gorge, hypersalivation, dysphagie. En cas d&rsquo;ingestion de baies (surtout par les enfants, attir\u00e9s par la couleur rouge vif) : vomissements, diarrh\u00e9es, douleurs abdominales. Dans les cas graves : \u0153d\u00e8me du pharynx pouvant compromettre les voies a\u00e9riennes. Les <strong>raphides d&rsquo;oxalate de calcium<\/strong> sont le principal agent toxique, p\u00e9n\u00e9trant les muqueuses et lib\u00e9rant des enzymes irritantes. La DL50 orale n&rsquo;est pas pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e9tablie chez l&rsquo;homme ; les cas mortels sont exceptionnellement rares gr\u00e2ce \u00e0 la douleur imm\u00e9diate qui limite l&rsquo;ingestion. Les centres antipoison rapportent r\u00e9guli\u00e8rement des cas d&rsquo;intoxication (principalement des enfants et des confusions avec l&rsquo;ail des ours). Le contact cutan\u00e9 prolong\u00e9 avec le tubercule frais provoque une dermite de contact. <strong>Contre-indications absolues :<\/strong> tout usage interne non supervis\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>Le gouet tachet\u00e9 est l&rsquo;une des plantes les plus riches en <strong>noms populaires<\/strong> et en <strong>symbolisme<\/strong>. En anglais, <em>lords-and-ladies<\/em> et <em>cuckoo pint<\/em> \u00e9voquent des connotations sexuelles (la forme phallique du spadice). En fran\u00e7ais, \u00ab pied-de-veau \u00bb et \u00ab chandelle \u00bb font r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la morphologie. En <strong>folklore celtique et germanique<\/strong>, le gouet \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9 comme une plante magique, associ\u00e9e aux f\u00e9es et aux esprits des bois. L&rsquo;amidon de gouet (<em>Portland sago<\/em>) \u00e9tait une industrie locale sur l&rsquo;\u00eele de Portland (Angleterre) au XVIIIe si\u00e8cle, fournissant un amidon fin pour l&#8217;empesage du linge de cour. La <strong>thermogen\u00e8se<\/strong> du spadice, d\u00e9couverte par <strong>Lamarck<\/strong> (1778), est l&rsquo;un des premiers ph\u00e9nom\u00e8nes de production de chaleur par un organisme v\u00e9g\u00e9tal \u00e0 avoir \u00e9t\u00e9 document\u00e9 scientifiquement.<\/p>\n<hr>\n<h3>Statut r\u00e9glementaire et conservation<\/h3>\n<p><em>Arum maculatum<\/em> n&rsquo;est pas menac\u00e9 (UICN : LC). Esp\u00e8ce commune dans toute l&rsquo;Europe temp\u00e9r\u00e9e. Non prot\u00e9g\u00e9e. La plante est r\u00e9pertori\u00e9e comme <strong>toxique<\/strong> dans toutes les bases de donn\u00e9es des centres antipoison europ\u00e9ens. Elle ne figure dans aucune pharmacop\u00e9e moderne (usage hom\u00e9opathique uniquement). Les baies sont une cause fr\u00e9quente d&rsquo;appel aux centres antipoison (intoxication accidentelle des enfants). La plante est cultiv\u00e9e dans les jardins d&rsquo;ombre pour son int\u00e9r\u00eat esth\u00e9tique et p\u00e9dagogique.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>Aucune monographie dans les pharmacop\u00e9es europ\u00e9ennes modernes. L&rsquo;identification est ais\u00e9e : feuilles sagitt\u00e9es souvent tachet\u00e9es de pourpre, spathe en cornet verd\u00e2tre, spadice \u00e0 appendice violet, baies rouge vif en \u00e9pi. La distinction avec <em>Arum italicum<\/em> (feuilles \u00e0 nervures blanches, spathe plus jaune, fruits orange) est importante. L&rsquo;examen microscopique du tubercule montre un parenchyme amylif\u00e8re riche en grains d&rsquo;amidon compos\u00e9s et des raphides d&rsquo;oxalate de calcium abondantes (faisceaux de cristaux en aiguilles). Le test aux raphides (\u00e9crasement d&rsquo;un fragment de tubercule frais sur la peau provoquant une sensation de picotement imm\u00e9diat) est un test d&rsquo;identification rapide. Le dosage de l&rsquo;oxalate total se fait par titrage permanganom\u00e9trique.<\/p>\n<hr>\n<h3>Conclusion et perspectives<\/h3>\n<p><em>Arum maculatum<\/em>, le pied-de-veau des sous-bois europ\u00e9ens, conjugue une biologie fascinante (thermogen\u00e8se, pi\u00e8ge \u00e0 mouches, mim\u00e9tisme olfactif) et une toxicit\u00e9 bien document\u00e9e. Si ses usages m\u00e9dicinaux sont justement abandonn\u00e9s, les lectines et les m\u00e9canismes de la thermogen\u00e8se ouvrent des pistes de recherche en canc\u00e9rologie et en bio\u00e9nergie. Le gouet tachet\u00e9 rappelle que les plantes les plus communes de nos bois rec\u00e8lent des innovations biologiques remarquables, de la production de chaleur \u00e0 la manipulation sensorielle des insectes, et que la fronti\u00e8re entre poison, aliment de famine et objet de science n&rsquo;a cess\u00e9 de se d\u00e9placer au fil des si\u00e8cles.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/results?q=Arum%20maculatum\">Plants of the World Online, Kew : <em>Arum maculatum<\/em><\/a>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/?s=Arum+maculatum\">Tela Botanica \/ eFlore : <em>Arum maculatum<\/em><\/a>.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antioxydant<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> \u00c9mollient<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE Le gouet tachet\u00e9 (Arum maculatum L.) appartient \u00e0 la famille des Araceae. 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