{"id":680,"date":"2026-03-26T11:25:33","date_gmt":"2026-03-26T10:25:33","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/lierre-dalgerie\/"},"modified":"2026-06-25T09:28:36","modified_gmt":"2026-06-25T07:28:36","slug":"lierre-dalgerie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/lierre-dalgerie\/","title":{"rendered":"LIERRE D\u2019ALG\u00c9RIE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Lierre%20d%27Alg%C3%A9rie.jpg\" alt=\"Planche botanique Lierre d&#039;Alg\u00e9rie\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>Le <strong>Lierre d&rsquo;Alg\u00e9rie<\/strong> (<em>Hedera algeriensis<\/em> Hibberd, syn. <em>Hedera canariensis<\/em> auct. non Willd. p.p.) appartient \u00e0 la famille des <strong>Araliac\u00e9es<\/strong>. Le nom <em>Hedera<\/em> est le nom latin classique du lierre. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>algeriensis<\/em> fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l&rsquo;Alg\u00e9rie, d&rsquo;o\u00f9 l&rsquo;esp\u00e8ce fut d\u00e9crite. Synonymes fr\u00e9quemment utilis\u00e9s : <em>Hedera canariensis<\/em> var. <em>algeriensis<\/em>, <em>Hedera helix<\/em> subsp. <em>canariensis<\/em> auct. Noms vernaculaires : lierre d&rsquo;Alg\u00e9rie, lierre des Canaries (par confusion), lierre \u00e0 grandes feuilles.<\/p>\n<p>Liane ligneuse sempervirente, pouvant atteindre 20 \u00e0 30 m de long. Les tiges sont robustes, munies de crampons a\u00e9riens adh\u00e9sifs (racines adventives). Les feuilles juv\u00e9niles (forme rampante et grimpante) sont grandes (8-20 cm), palm\u00e9es \u00e0 3-5 lobes peu profonds, coriaces, luisantes, vert fonc\u00e9 dessus, souvent marbr\u00e9es de blanc-cr\u00e8me ou de jaune chez les cultivars ornementaux. Les feuilles adultes (forme fertile, au sommet des arbres ou des murs) sont ovales-rhombo\u00efdales, enti\u00e8res, non lob\u00e9es. Les p\u00e9tioles et les jeunes rameaux sont souvent rouge\u00e2tres. Les fleurs, verd\u00e2tres, sont group\u00e9es en ombelles sph\u00e9riques terminales (septembre-novembre). Le fruit est une baie globuleuse, noire \u00e0 maturit\u00e9, de 8-10 mm.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p><em>Hedera algeriensis<\/em> est originaire d&rsquo;Afrique du Nord (Alg\u00e9rie, Tunisie, Libye) et de la fa\u00e7ade atlantique marocaine. Son aire native couvre le Tell alg\u00e9rien, les montagnes de Kabylie et de l&rsquo;Atlas, la Tunisie septentrionale et la Cyr\u00e9na\u00efque libyenne. L&rsquo;esp\u00e8ce est \u00e9troitement apparent\u00e9e au lierre des Canaries (<em>H. canariensis<\/em>) et au lierre de Mad\u00e8re (<em>H. maderensis<\/em>).<\/p>\n<p>Le lierre d&rsquo;Alg\u00e9rie est tr\u00e8s largement cultiv\u00e9 comme plante ornementale dans le monde entier, en particulier les cultivars panach\u00e9s (&lsquo;Gloire de Marengo&rsquo;). Il est naturalis\u00e9 dans le sud de l&rsquo;Europe (c\u00f4te m\u00e9diterran\u00e9enne fran\u00e7aise, Espagne, Italie), en Californie, en Australie et en Nouvelle-Z\u00e9lande. En France, il est naturalis\u00e9 dans le Midi et sur la fa\u00e7ade atlantique.<\/p>\n<p>Dans son aire native, il cro\u00eet dans les for\u00eats humides de montagne (ch\u00eanaies, z\u00e9enaies), les gorges ombrag\u00e9es, les falaises et les murs. Il pr\u00e9f\u00e8re les milieux ombrag\u00e9s \u00e0 semi-ombrag\u00e9s, les sols frais et humif\u00e8res, le climat m\u00e9diterran\u00e9en humide \u00e0 subhumide.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9cologie et conservation<\/h3>\n<p><em>Hedera algeriensis<\/em> n&rsquo;est pas menac\u00e9 dans son aire native, class\u00e9 en \u00ab pr\u00e9occupation mineure \u00bb (LC). Toutefois, les for\u00eats humides de montagne d&rsquo;Afrique du Nord, qui constituent son habitat naturel principal, sont en r\u00e9gression en raison de la d\u00e9forestation, des incendies et du changement climatique.<\/p>\n<p>Comme plante ornementale introduite, le lierre d&rsquo;Alg\u00e9rie peut devenir invasif dans les zones au climat doux et humide, \u00e9touffant la v\u00e9g\u00e9tation native par sa croissance vigoureuse. En Californie et en Australie, il est list\u00e9 comme esp\u00e8ce envahissante.<\/p>\n<p>\u00c9cologiquement, le lierre fournit des ressources pr\u00e9cieuses : les fleurs tardives (octobre-novembre) constituent la derni\u00e8re source de nectar et de pollen pour les abeilles, les syrphes et les gu\u00eapes avant l&rsquo;hiver. Les baies, m\u00fbres en mars-avril, nourrissent les merles, les grives et les fauvettes \u00e0 t\u00eate noire. Le feuillage persistant offre un abri hivernal \u00e0 de nombreux oiseaux et invert\u00e9br\u00e9s.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>La composition de <em>Hedera algeriensis<\/em> est proche de celle du lierre commun, avec des variations quantitatives :<\/p>\n<p><strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/saponines-triterpeniques\/\">Saponines triterp\u00e9niques<\/a><\/strong> : les <strong>h\u00e9d\u00e9rasaponines<\/strong> sont les compos\u00e9s majeurs. L&rsquo;<strong>h\u00e9d\u00e9racoside C<\/strong> (h\u00e9d\u00e9rasaponine C) est le compos\u00e9 principal, accompagn\u00e9 de l&rsquo;<strong>h\u00e9d\u00e9racoside B<\/strong> et de l&rsquo;<strong>\u03b1-h\u00e9d\u00e9rine<\/strong> (aglycone : h\u00e9d\u00e9rag\u00e9nine). La teneur en saponines totales peut atteindre 5-8 % de la masse s\u00e8che des feuilles.<\/p>\n<p><strong>Flavono\u00efdes<\/strong> : <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/rutine\/\">rutine<\/a><\/strong> (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a>-3-O-rutinoside), <strong>kaempf\u00e9rol-3-O-rutinoside<\/strong>, <strong>querc\u00e9tine<\/strong>.<\/p>\n<p><strong>Acides ph\u00e9noliques<\/strong> : <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a><\/strong>, <strong>acide caf\u00e9ique<\/strong>.<\/p>\n<p><strong>Polyac\u00e9tyl\u00e8nes<\/strong> : le <strong>falcarinol<\/strong> (panaxynol) est pr\u00e9sent dans les tiges et les feuilles. Ce compos\u00e9 est responsable de la dermite de contact observ\u00e9e chez certains jardiniers.<\/p>\n<p><strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/coumarines\/\">Coumarines<\/a><\/strong> : <strong>scopol\u00e9tine<\/strong> et <strong>aescul\u00e9tine<\/strong>.<\/p>\n<p><strong>Autres<\/strong> : <strong>\u00e9m\u00e9tine<\/strong> (en traces dans les baies), <strong>st\u00e9rols<\/strong>, <strong>tanins<\/strong>, <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/carotenoides\/\">carot\u00e9no\u00efdes<\/a><\/strong>, <strong>huile essentielle<\/strong> (traces).<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p><strong>Activit\u00e9 expectorante et mucolytique<\/strong> : l&rsquo;<strong>\u03b1-h\u00e9d\u00e9rine<\/strong>, m\u00e9tabolite actif de l&rsquo;h\u00e9d\u00e9racoside C, stimule la production de surfactant pulmonaire par les pneumocytes de type II, via l&rsquo;activation des r\u00e9cepteurs <strong>\u03b22-adr\u00e9nergiques<\/strong>. Elle r\u00e9duit la viscosit\u00e9 du mucus bronchique et facilite son expulsion. C&rsquo;est le m\u00e9canisme d&rsquo;action principal de la plupart des sirops antitussifs \u00e0 base de lierre.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 bronchospasmolytique<\/strong> : l&rsquo;\u03b1-h\u00e9d\u00e9rine exerce une relaxation du muscle lisse bronchique, r\u00e9duisant le bronchospasme, par un m\u00e9canisme \u03b22-adr\u00e9nergique indirect (augmentation de l&rsquo;internalisation des r\u00e9cepteurs \u03b22).<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 anti-inflammatoire<\/strong> : les saponines et les flavono\u00efdes inhibent la <strong>COX-2<\/strong>, la <strong>5-LOX<\/strong> et r\u00e9duisent la production de <strong>TNF-\u03b1<\/strong>.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 antifongique<\/strong> : l&rsquo;\u03b1-h\u00e9d\u00e9rine et les polyac\u00e9tyl\u00e8nes montrent une activit\u00e9 antifongique contre <em>Candida albicans<\/em> et les dermatophytes.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 anticanc\u00e9reuse<\/strong> : l&rsquo;\u03b1-h\u00e9d\u00e9rine et l&rsquo;h\u00e9d\u00e9racoside C induisent l&rsquo;apoptose de cellules canc\u00e9reuses in vitro (lign\u00e9es de cancer du c\u00f4lon, du sein, de leuc\u00e9mie), par activation de la voie des caspases et perm\u00e9abilisation de la membrane mitochondriale.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p><strong>Affections respiratoires<\/strong> : toux productive, bronchite aigu\u00eb et chronique, asthme bronchique. C&rsquo;est l&rsquo;indication majeure, valid\u00e9e pour les feuilles de lierre (<em>H. helix<\/em>), extrapolable \u00e0 <em>H. algeriensis<\/em>.<\/p>\n<p><strong>Troubles circulatoires<\/strong> : cellulite, insuffisance veino-lymphatique. Les extraits de lierre sont utilis\u00e9s en cosm\u00e9tique et en dermocosm\u00e9tique pour leur action sur la microcirculation.<\/p>\n<p><strong>Usage externe<\/strong> : douleurs rhumatismales, n\u00e9vralgies, cors et durillons (cataplasme de feuilles fra\u00eeches mac\u00e9r\u00e9es dans du vinaigre).<\/p>\n<hr>\n<h3>Donn\u00e9es cliniques<\/h3>\n<p>Les donn\u00e9es cliniques sur le lierre concernent principalement <em>H. helix<\/em>, mais sont extrapolables \u00e0 <em>H. algeriensis<\/em> en raison du profil saponosidique similaire.<\/p>\n<p><strong>Toux et bronchite<\/strong> : une m\u00e9ta-analyse (Holzinger &amp; Chenot, 2011) portant sur 10 essais cliniques (17 463 patients) a montr\u00e9 que les extraits de feuilles de lierre am\u00e9lioraient significativement les sympt\u00f4mes de toux et de bronchite aigu\u00eb en 7 jours, avec un bon profil de tol\u00e9rance.<\/p>\n<p><strong>Asthme infantile<\/strong> : un essai contr\u00f4l\u00e9 sur 52 enfants asthmatiques a montr\u00e9 une am\u00e9lioration de la fonction respiratoire (augmentation du VEMS) apr\u00e8s 4 semaines de traitement par un extrait standardis\u00e9 de lierre.<\/p>\n<p><strong>Cellulite<\/strong> : des \u00e9tudes cliniques sur des cr\u00e8mes \u00e0 base d&rsquo;extraits de lierre ont montr\u00e9 une am\u00e9lioration des signes de cellulite (\u00e9paisseur cutan\u00e9e, aspect peau d&rsquo;orange) apr\u00e8s 12 semaines d&rsquo;application, attribu\u00e9e \u00e0 l&rsquo;action des saponines sur la microcirculation.<\/p>\n<hr>\n<h3>Recherche contemporaine<\/h3>\n<p><strong>Oncologie<\/strong> : l&rsquo;<strong>\u03b1-h\u00e9d\u00e9rine<\/strong> est \u00e9tudi\u00e9e comme agent anticanc\u00e9reux. Des \u00e9tudes pr\u00e9cliniques montrent une synergie avec les chimioth\u00e9rapies conventionnelles (cisplatine, doxorubicine) sur des lign\u00e9es de cancer du c\u00f4lon et du poumon. Les nanoformulations d&rsquo;\u03b1-h\u00e9d\u00e9rine sont en d\u00e9veloppement pour am\u00e9liorer la biodisponibilit\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Phytochimie comparative<\/strong> : les analyses HPLC et LC-MS comparatives entre <em>H. algeriensis<\/em>, <em>H. helix<\/em> et <em>H. canariensis<\/em> permettent de caract\u00e9riser les profils saponosidiques sp\u00e9cifiques et d&rsquo;optimiser le choix des sources v\u00e9g\u00e9tales pour l&rsquo;industrie.<\/p>\n<p><strong>Allergologie<\/strong> : les m\u00e9canismes de la dermite de contact au falcarinol sont \u00e9tudi\u00e9s au niveau immunologique (activation des cellules de Langerhans, voie Th1).<\/p>\n<p><strong>Biomat\u00e9riaux<\/strong> : les crampons adh\u00e9sifs du lierre inspirent le d\u00e9veloppement de colles biomim\u00e9tiques et de surfaces adh\u00e9sives r\u00e9versibles.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>\u03b1-h\u00e9d\u00e9rine, h\u00e9d\u00e9racosides<\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/saponines-triterpeniques\/\">Saponines triterp\u00e9niques<\/a><\/td>\n<td>Expectorantes, spasmolytiques bronchiques<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Flavono\u00efdes<\/td>\n<td>Flavonols<\/td>\n<td>Antioxydants<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acides ph\u00e9noliques<\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">Acides ph\u00e9noliques<\/a><\/td>\n<td>Antioxydants<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p><strong>Extrait sec de feuilles<\/strong> (standardis\u00e9 en h\u00e9d\u00e9racoside C) : adulte 100 \u00e0 200 mg par jour ; enfant (2-12 ans) 50 \u00e0 100 mg par jour.<\/p>\n<p><strong>Teinture-m\u00e8re<\/strong> : 30 \u00e0 50 gouttes, 3 fois par jour dans un verre d&rsquo;eau.<\/p>\n<p><strong>Sirop<\/strong> : selon les sp\u00e9cialit\u00e9s (Hedelix\u00ae, Prospan\u00ae \u2014 formul\u00e9s \u00e0 partir de <em>H. helix<\/em>, principe actif similaire).<\/p>\n<p><strong>Infusion<\/strong> : 3 \u00e0 5 g de feuilles s\u00e9ch\u00e9es par tasse, infuser 10 minutes. Boire 2 \u00e0 3 tasses par jour. L&rsquo;infusion est moins courante que les extraits standardis\u00e9s.<\/p>\n<p><strong>Usage externe<\/strong> : cataplasme de feuilles fra\u00eeches, d\u00e9coction concentr\u00e9e (50-80 g\/L) en bains ou compresses.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p><strong>Contre-indications<\/strong> : hypersensibilit\u00e9 connue aux Araliac\u00e9es. Les baies sont toxiques et ne doivent jamais \u00eatre consomm\u00e9es.<\/p>\n<p><strong>Pr\u00e9cautions d&#8217;emploi<\/strong> : les feuilles fra\u00eeches contiennent du <strong>falcarinol<\/strong>, un polyac\u00e9tyl\u00e8ne allergisant qui peut provoquer une dermatite de contact (phytodermatose) chez les personnes sensibilis\u00e9es. Le port de gants est recommand\u00e9 lors de la manipulation prolong\u00e9e de lierre frais.<\/p>\n<p><strong>Grossesse et allaitement<\/strong> : par pr\u00e9caution, l&rsquo;usage est d\u00e9conseill\u00e9 au premier trimestre en raison du potentiel \u00e9m\u00e9tisant des saponines. Les sirops p\u00e9diatriques \u00e0 base de lierre sont toutefois largement utilis\u00e9s chez l&rsquo;enfant de plus de 2 ans.<\/p>\n<p><strong>Interactions<\/strong> : aucune interaction cliniquement significative rapport\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h3>Toxicologie<\/h3>\n<p>La toxicit\u00e9 des feuilles de <em>Hedera algeriensis<\/em> est faible aux doses th\u00e9rapeutiques. La DL50 de l&rsquo;\u03b1-h\u00e9d\u00e9rine chez la souris est de 600-800 mg\/kg par voie orale (toxicit\u00e9 mod\u00e9r\u00e9e).<\/p>\n<p>Les <strong>baies<\/strong> sont toxiques : l&rsquo;ingestion de 2-3 baies provoque des troubles digestifs (naus\u00e9es, vomissements, diarrh\u00e9e) ; une ingestion massive (rare) peut entra\u00eener des troubles neurologiques (excitation, convulsions). Le centre antipoison rapporte r\u00e9guli\u00e8rement des appels pour ingestion de baies de lierre par les enfants, mais les cas graves sont exceptionnels.<\/p>\n<p>Le <strong>falcarinol<\/strong> est un sensibilisant cutan\u00e9 de contact, responsable de dermatites professionnelles chez les jardiniers et les fleuristes. La sensibilisation crois\u00e9e avec d&rsquo;autres Araliac\u00e9es et Apiac\u00e9es (carotte, c\u00e9leri) est document\u00e9e.<\/p>\n<p>Les saponines, \u00e0 fortes doses, sont h\u00e9molytiques in vitro. Par voie orale, elles sont faiblement r\u00e9sorb\u00e9es et leur h\u00e9molytique est neutralis\u00e9 par le cholest\u00e9rol plasmatique.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>Le lierre d&rsquo;Alg\u00e9rie partage les usages traditionnels des autres esp\u00e8ces de <em>Hedera<\/em>, en particulier du lierre commun (<em>H. helix<\/em>). En m\u00e9decine populaire nord-africaine, les feuilles sont utilis\u00e9es comme expectorant, antitussif et cataplasme anti-inflammatoire. Le suc des feuilles fra\u00eeches \u00e9tait appliqu\u00e9 sur les br\u00fblures, les cors et les verrues.<\/p>\n<p>Dans la tradition berb\u00e8re d&rsquo;Alg\u00e9rie, le lierre est une plante respect\u00e9e, associ\u00e9e \u00e0 des usages rituels et m\u00e9dicinaux. Les d\u00e9coctions de feuilles servaient \u00e0 traiter les affections respiratoires (toux, bronchite), les troubles digestifs et les douleurs rhumatismales. Le bois de lierre, rare et dense, servait \u00e0 confectionner de petits objets rituels.<\/p>\n<p>En phytoth\u00e9rapie europ\u00e9enne, les lierres sont surtout connus pour les feuilles de <em>H. helix<\/em>, officinales comme expectorant. L&rsquo;utilisation de <em>H. algeriensis<\/em> sp\u00e9cifiquement est moins document\u00e9e, mais le profil chimique similaire justifie des usages comparables.<\/p>\n<hr>\n<h3>Statut r\u00e9glementaire et pharmacop\u00e9e<\/h3>\n<p>La Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne comporte une monographie \u00ab Hederae folium \u00bb (feuilles de lierre) sp\u00e9cifiant <em>Hedera helix<\/em>. <em>H. algeriensis<\/em> n&rsquo;est pas explicitement couvert mais le profil chimique similaire permet une utilisation \u00e9quivalente par certains fabricants.<\/p>\n<p>Une monographie europ\u00e9enne reconna\u00eet un \u00ab usage m\u00e9dical bien \u00e9tabli \u00bb des extraits de feuilles de lierre (<em>H. helix<\/em>) dans le traitement de la toux productive associ\u00e9e au rhume, et un \u00ab usage traditionnel \u00bb comme expectorant.<\/p>\n<p>En France, les feuilles de lierre sont inscrites sur la liste A des plantes m\u00e9dicinales. De nombreuses sp\u00e9cialit\u00e9s pharmaceutiques et dispositifs m\u00e9dicaux \u00e0 base de lierre sont commercialis\u00e9s (sirops, comprim\u00e9s, solutions buvables).<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>LIERRE D\u2019ALG\u00c9RIE pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat phytoth\u00e9rapeutique surtout traditionnel, \u00e0 confirmer faute de donn\u00e9es cliniques propres ; sa lecture demande de la prudence.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<p>Bonnier G., Layens G. \u2014 <em>Flore compl\u00e8te portative de la France, de la Suisse et de la Belgique<\/em>, Belin, Paris.<br \/>\nBruneton J. \u2014 <em>Pharmacognosie, Phytochimie, Plantes m\u00e9dicinales<\/em>, 5e \u00e9d., Lavoisier Tec &amp; Doc, 2016.<br \/>\nPharmacop\u00e9e europ\u00e9enne, 11e \u00e9d. \u2014 Monographie \u00ab Hederae folium \u00bb.<br \/>\nHolzinger F., Chenot J.-F. \u2014 \u00ab Systematic review of clinical trials assessing the effectiveness of ivy leaf (Hederae helicis folium) for acute upper respiratory tract infections \u00bb, <em>Evid. Based Complement. Alternat. Med.<\/em>, 2011, 382789.<br \/>\nAckerfield J., Wen J. \u2014 \u00ab A morphometric analysis of <em>Hedera<\/em> L. (the ivy genus, Araliaceae) and its taxonomic implications \u00bb, <em>Adansonia<\/em>, 2002, 24, 197-212.<br \/>\nFournier P. \u2014 <em>Le livre des plantes m\u00e9dicinales et v\u00e9n\u00e9neuses de France<\/em>, Lechevalier, Paris, 1947.<\/p>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Expectorant<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Antispasmodique bronchique<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE Le Lierre d&rsquo;Alg\u00e9rie (Hedera algeriensis Hibberd, syn. Hedera canariensis auct. non Willd. p.p.) appartient \u00e0 la famille des Araliac\u00e9es. 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