{"id":681,"date":"2026-03-26T11:25:34","date_gmt":"2026-03-26T10:25:34","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/lierre-dirlande\/"},"modified":"2026-06-25T09:28:36","modified_gmt":"2026-06-25T07:28:36","slug":"lierre-dirlande","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/lierre-dirlande\/","title":{"rendered":"LIERRE D\u2019IRLANDE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Lierre%20d%27Irlande.jpg\" alt=\"Planche botanique Lierre d&#039;Irlande\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>Le <strong>lierre d&rsquo;Irlande<\/strong> (<em>Hedera hibernica<\/em> (G. Kirchn.) Bean, synonyme : <em>H. helix<\/em> subsp. <em>hibernica<\/em> (G. Kirchn.) D.C. McClint.) appartient \u00e0 la famille des <strong>Araliaceae<\/strong>. Le genre <em>Hedera<\/em> comprend environ 12 \u00e0 15 esp\u00e8ces r\u00e9parties en Europe, en Asie et en Afrique du Nord. Le nombre chromosomique est 2n = 96 (octoplo\u00efde, contre 2n = 48 t\u00e9traplo\u00efde pour <em>H. helix<\/em>). Le nom <em>Hedera<\/em> est le nom latin classique du lierre. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>hibernica<\/em> fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l&rsquo;Hibernie (Irlande). Noms vernaculaires : lierre d&rsquo;Irlande, lierre d&rsquo;Atlantique, lierre grimpant atlantique. En anglais : <em>Atlantic ivy<\/em>, <em>Irish ivy<\/em>. L&rsquo;esp\u00e8ce est souvent confondue avec <em>H. helix<\/em>, dont elle se distingue par sa polyplo\u00efdie plus \u00e9lev\u00e9e, ses feuilles plus grandes et son \u00e9cologie plus atlantique.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>Liane grimpante ou rampante <strong>sempervirente<\/strong>, atteignant 20 \u00e0 30 m de hauteur sur un support. <strong>Tige<\/strong> ligneuse, rampante ou grimpante, fix\u00e9e par des <strong>crampons<\/strong> (racines adventives adh\u00e9sives). <strong>Dimorphisme foliaire<\/strong> prononc\u00e9 : les feuilles des tiges st\u00e9riles (rampantes et grimpantes) sont <strong>palmatilob\u00e9es<\/strong>, \u00e0 3-5 lobes triangulaires, de 5 \u00e0 15 cm (plus grandes que chez <em>H. helix<\/em>), vert fonc\u00e9 luisant, souvent \u00e0 nervures blanch\u00e2tres ; les feuilles des tiges florif\u00e8res (au sommet, expos\u00e9es \u00e0 la lumi\u00e8re) sont <strong>ovales-rhombo\u00efdales<\/strong>, enti\u00e8res, non lob\u00e9es, plus claires. <strong>Inflorescence<\/strong> : ombelles sph\u00e9riques de 15 \u00e0 25 fleurs, group\u00e9es en panicule terminale. <strong>Fleurs<\/strong> petites (5-8 mm), verd\u00e2tres \u00e0 jaun\u00e2tres ; 5 p\u00e9tales, 5 \u00e9tamines ; ovaire inf\u00e8re. <strong>Fruit<\/strong> : baie globuleuse de 7 \u00e0 10 mm, noir-bleu\u00e2tre \u00e0 maturit\u00e9, contenant 2 \u00e0 5 graines. Les baies m\u00fbrissent en <strong>hiver-printemps<\/strong> (f\u00e9vrier-avril), fournissant une ressource alimentaire pour les oiseaux en p\u00e9riode de p\u00e9nurie. <strong>Floraison<\/strong> : septembre \u00e0 novembre (l&rsquo;une des rares plantes \u00e0 floraison automnale en Europe).<\/p>\n<hr>\n<h3>Origine g\u00e9ographique et r\u00e9partition<\/h3>\n<p>Esp\u00e8ce <strong>atlantique<\/strong>. R\u00e9partie sur la fa\u00e7ade atlantique de l&rsquo;Europe : Irlande, \u00c9cosse, Pays de Galles, Angleterre, Bretagne, fa\u00e7ade atlantique fran\u00e7aise, p\u00e9ninsule Ib\u00e9rique. En France, dominante dans l&rsquo;<strong>ouest<\/strong> (Bretagne, Normandie, fa\u00e7ade atlantique, sud-ouest), le <strong>centre-ouest<\/strong> et le <strong>sud<\/strong>. L&rsquo;esp\u00e8ce remplace progressivement <em>H. helix<\/em> vers l&rsquo;ouest et dans les zones \u00e0 climat oc\u00e9anique prononc\u00e9. Les deux esp\u00e8ces coexistent dans une large zone de contact (Bassin parisien, centre de la France). Altitude : 0 \u00e0 800 m. L&rsquo;esp\u00e8ce a \u00e9t\u00e9 largement introduite comme plante ornementale dans le monde entier.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9cologie et habitat<\/h3>\n<p><strong>For\u00eats feuillues et mixtes<\/strong>, <strong>haies<\/strong>, <strong>murs<\/strong>, <strong>rochers<\/strong>, <strong>talus<\/strong>, <strong>parcs<\/strong>, <strong>jardins<\/strong>. Le lierre d&rsquo;Irlande est sciaphile \u00e0 semi-sciaphile, adapt\u00e9 aux climats humides et doux (oc\u00e9aniques). Il couvre les sols forestiers, grimpe aux troncs d&rsquo;arbres et colonise les murs et les rochers gr\u00e2ce \u00e0 ses crampons. Les sols sont vari\u00e9s, frais \u00e0 humides, riches, argileux \u00e0 limoneux. L&rsquo;esp\u00e8ce est un \u00e9l\u00e9ment majeur de la biodiversit\u00e9 des for\u00eats atlantiques : sa floraison automnale fournit du nectar et du pollen aux derniers insectes de la saison (abeilles, syrphes, gu\u00eapes), et ses baies hivernales nourrissent les merles, les grives, les fauvettes et les pigeons ramiers. Les feuilles persistantes servent d&rsquo;abri hivernal pour de nombreux insectes et arthropodes. Le lierre est un <strong>\u00e9cosyst\u00e8me \u00e0 lui seul<\/strong> dans les for\u00eats temp\u00e9r\u00e9es.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>Le profil chimique de <em>H. hibernica<\/em> est tr\u00e8s proche de celui de <em>H. helix<\/em>, les deux esp\u00e8ces \u00e9tant utilis\u00e9es indiff\u00e9remment en phytoth\u00e9rapie. Les feuilles contiennent des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/saponines-triterpeniques\/\">saponines triterp\u00e9niques<\/a><\/strong> (3-8 %) : <strong>h\u00e9d\u00e9racoside C<\/strong> (saponine majeure, pro-drogue), <strong>h\u00e9d\u00e9racoside B<\/strong>, <strong>\u03b1-h\u00e9d\u00e9rine<\/strong> (m\u00e9tabolite actif de l&rsquo;h\u00e9d\u00e9racoside C apr\u00e8s hydrolyse intestinale), <strong>h\u00e9d\u00e9rag\u00e9nine<\/strong> (aglycone). Des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> : <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/rutine\/\">rutine<\/a><\/strong>, <strong>kaempf\u00e9rol-3-O-rutinoside<\/strong>, <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a><\/strong>. Des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> : <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a><\/strong>, <strong>acide caf\u00e9ique<\/strong>. Des <strong>polyac\u00e9tyl\u00e8nes<\/strong> : <strong>falcarinol<\/strong>, <strong>falcarinone<\/strong> (compos\u00e9s cytotoxiques et dermite de contact). Des <strong>st\u00e9rols<\/strong> : <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/beta-sitosterol\/\">\u03b2-sitost\u00e9rol<\/a><\/strong>, <strong>stigmast\u00e9rol<\/strong>. Les <strong>baies<\/strong> contiennent des saponines, des <strong>anthocyanes<\/strong> et sont <strong>toxiques<\/strong>. La <strong>farine<\/strong> (poussi\u00e8re de lierres coup\u00e9s) contient du falcarinol irritant.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>L&rsquo;<strong>\u03b1-h\u00e9d\u00e9rine<\/strong> (m\u00e9tabolite actif issu de l&rsquo;hydrolyse de l&rsquo;h\u00e9d\u00e9racoside C) exerce des effets <strong>spasmolytiques<\/strong> sur les muscles lisses bronchiques (relaxation par augmentation de l&rsquo;AMPc via inhibition de l&rsquo;internalisation des r\u00e9cepteurs \u03b22-adr\u00e9nergiques), <strong>mucolytiques<\/strong> (stimulation de la s\u00e9cr\u00e9tion de surfactant par les pneumocytes de type II) et <strong>anti-inflammatoires<\/strong> bronchiques. L&rsquo;h\u00e9d\u00e9racoside C est la pro-drogue, convertie en \u03b1-h\u00e9d\u00e9rine par les bact\u00e9ries intestinales. Les <strong>saponines<\/strong> poss\u00e8dent \u00e9galement des propri\u00e9t\u00e9s <strong>antimicrobiennes<\/strong>, <strong>antifongiques<\/strong> et <strong>antihelminthiques<\/strong>. Les <strong>flavono\u00efdes<\/strong> sont antioxydants. Le <strong>falcarinol<\/strong> est cytotoxique et anticanc\u00e9reux (inhibition des cellules de cancer du c\u00f4lon). L&rsquo;efficacit\u00e9 du lierre dans la toux et la bronchite est bien document\u00e9e par des essais cliniques.<\/p>\n<hr>\n<h3>Utilisations m\u00e9dicinales traditionnelles<\/h3>\n<p>Le lierre est utilis\u00e9 en m\u00e9decine traditionnelle europ\u00e9enne depuis l&rsquo;Antiquit\u00e9. <strong>Dioscoride<\/strong> et <strong>Pline l&rsquo;Ancien<\/strong> mentionnent le lierre pour les br\u00fblures, les otites et les n\u00e9vralgies. En <strong>m\u00e9decine populaire europ\u00e9enne<\/strong>, les feuilles en d\u00e9coction servaient d&rsquo;expectorant contre la toux, les bronchites et la coqueluche. En usage externe, les feuilles bouillies dans du vinaigre \u00e9taient appliqu\u00e9es en cataplasme sur les cors, les durillons et les douleurs rhumatismales. En <strong>Irlande<\/strong>, le lierre avait une dimension rituelle et protectrice : il \u00e9tait plac\u00e9 dans les maisons pour \u00e9loigner les mauvais esprits. En <strong>m\u00e9decine populaire fran\u00e7aise<\/strong>, les feuilles de lierre mac\u00e9r\u00e9es dans du vinaigre servaient de \u00ab vinaigre de lierre \u00bb contre les cors et les verrues. L&rsquo;usage du lierre comme expectorant est valid\u00e9 par la Commission E et l&rsquo;ESCOP.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Le lierre fait l&rsquo;objet d&rsquo;une recherche clinique et pharmacologique active. Des essais cliniques randomis\u00e9s confirment l&rsquo;efficacit\u00e9 des extraits standardis\u00e9s de feuilles de lierre dans la <strong>toux aigu\u00eb<\/strong> (r\u00e9duction de la fr\u00e9quence et de l&rsquo;intensit\u00e9 de la toux en 7 jours, comparable aux mucolytiques de synth\u00e8se). Le m\u00e9canisme d&rsquo;action de l&rsquo;\u03b1-h\u00e9d\u00e9rine sur les r\u00e9cepteurs \u03b22-adr\u00e9nergiques est bien caract\u00e9ris\u00e9. Des recherches portent sur le <strong>falcarinol<\/strong> comme anticanc\u00e9reux (cancer colorectal) et sur les propri\u00e9t\u00e9s <strong>antifongiques<\/strong> des saponines (Candida, dermatophytes). L&rsquo;<strong>\u00e9cologie<\/strong> du lierre est \u00e9tudi\u00e9e dans le contexte du changement climatique (extension de l&rsquo;aire de r\u00e9partition, impact sur la biodiversit\u00e9 foresti\u00e8re). Des \u00e9tudes de <strong>taxonomie mol\u00e9culaire<\/strong> clarifient les limites entre <em>H. helix<\/em> et <em>H. hibernica<\/em> (marqueurs ITS, microsatellites, taille du g\u00e9nome par cytom\u00e9trie de flux).<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>\u03b1-h\u00e9d\u00e9rine, h\u00e9d\u00e9racosides<\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/saponines-triterpeniques\/\">Saponines triterp\u00e9niques<\/a><\/td>\n<td>Expectorantes, spasmolytiques bronchiques<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Flavono\u00efdes<\/td>\n<td>Flavonols<\/td>\n<td>Antioxydants<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acides ph\u00e9noliques<\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">Acides ph\u00e9noliques<\/a><\/td>\n<td>Antioxydants<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p><strong>Extrait sec de feuilles standardis\u00e9 :<\/strong> la posologie varie selon l&rsquo;extrait (ex. EA 575 : 35 mg d&rsquo;h\u00e9d\u00e9racoside C par jour ; Prospan : 7,5 mL de sirop 3 fois\/jour chez l&rsquo;adulte). <strong>Infusion de feuilles :<\/strong> 0,3 g de feuilles s\u00e9ch\u00e9es pour 150 mL d&rsquo;eau (d\u00e9part \u00e0 froid), 3 fois\/jour (usage traditionnel). <strong>Teinture-m\u00e8re :<\/strong> 20 \u00e0 30 gouttes, 3 fois\/jour. <strong>Sirop :<\/strong> formulations commerciales standardis\u00e9es en h\u00e9d\u00e9racoside C. <strong>Usage externe :<\/strong> cataplasme de feuilles bouillies sur les cors. Dur\u00e9e de traitement : 1 semaine pour la toux aigu\u00eb (consulter si persistance au-del\u00e0). La monographie europ\u00e9enne reconna\u00eet l&rsquo;usage \u00ab bien \u00e9tabli \u00bb des feuilles de lierre comme expectorant dans la toux productive.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Aux doses th\u00e9rapeutiques, le lierre est bien tol\u00e9r\u00e9. Les effets ind\u00e9sirables sont rares : naus\u00e9es, vomissements, diarrh\u00e9es \u00e0 forte dose (irritation gastrique par les saponines). Le <strong>falcarinol<\/strong> provoque une <strong>dermite de contact<\/strong> chez les jardiniers et les \u00e9lagueurs manipulant fr\u00e9quemment le lierre (dermite professionnelle). Les <strong>baies<\/strong> sont <strong>toxiques<\/strong> : l&rsquo;ingestion provoque des vomissements, des diarrh\u00e9es et une irritation buccale. Des cas d&rsquo;intoxication p\u00e9diatrique sont r\u00e9guli\u00e8rement rapport\u00e9s (3 \u00e0 5 baies suffisent \u00e0 provoquer des sympt\u00f4mes). Les cas graves sont exceptionnels. <strong>Contre-indications :<\/strong> allergie aux Araliaceae, enfants de moins de 2 ans (sirop), grossesse et allaitement (donn\u00e9es insuffisantes). Interaction possible avec les antitussifs cod\u00e9in\u00e9s (potentialisation).<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>Le lierre est l&rsquo;une des plantes les plus charg\u00e9es de symbolisme dans la culture europ\u00e9enne. Dans la <strong>mythologie grecque<\/strong>, le lierre est consacr\u00e9 \u00e0 <strong>Dionysos<\/strong> (Bacchus), dieu du vin, dont le thyrse est couronn\u00e9 de lierre. Les bacchantes portaient des couronnes de lierre. En <strong>symbolique chr\u00e9tienne<\/strong>, le lierre repr\u00e9sente la fid\u00e9lit\u00e9 et l&rsquo;attachement (il s&rsquo;accroche \u00e0 son support). En <strong>tradition celtique<\/strong>, le lierre est le dernier arbre de l&rsquo;alphabet oghamique et symbolise la r\u00e9surrection et l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9 (feuillage persistant). En <strong>Angleterre<\/strong>, le lierre orne traditionnellement les pubs (ivy bush = buisson de lierre signalait un d\u00e9bit de boissons). En <strong>architecture<\/strong>, le lierre sur les fa\u00e7ades est tant\u00f4t consid\u00e9r\u00e9 comme protecteur (isolation, esth\u00e9tique), tant\u00f4t comme destructeur (dommages aux joints). En <strong>phytoth\u00e9rapie moderne<\/strong>, le lierre est devenu l&rsquo;un des phytom\u00e9dicaments les plus vendus en Europe (sirop contre la toux, avec un chiffre d&rsquo;affaires annuel estim\u00e9 \u00e0 plus de 200 millions d&rsquo;euros).<\/p>\n<hr>\n<h3>Statut r\u00e9glementaire et conservation<\/h3>\n<p><em>Hedera hibernica<\/em> est une esp\u00e8ce tr\u00e8s commune, non menac\u00e9e (UICN : LC). La feuille de lierre est inscrite \u00e0 la <strong>Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne<\/strong> et \u00e0 la <strong>Pharmacop\u00e9e fran\u00e7aise<\/strong>. Le lierre figure sur la <strong>liste A<\/strong> des plantes m\u00e9dicinales en France. Une monographie europ\u00e9enne reconna\u00eet l&rsquo;usage \u00ab bien \u00e9tabli \u00bb comme expectorant. De nombreuses sp\u00e9cialit\u00e9s pharmaceutiques (Prospan, Lierre Pectoral, etc.) sont commercialis\u00e9es en Europe. L&rsquo;esp\u00e8ce est consid\u00e9r\u00e9e comme invasive dans certaines r\u00e9gions hors de son aire naturelle (nord-ouest des \u00c9tats-Unis, Australie).<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>La feuille de lierre est inscrite \u00e0 la <strong>Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne<\/strong> (<em>Hederae folium<\/em>). La monographie sp\u00e9cifie une teneur minimale en h\u00e9d\u00e9racoside C de 3,0 % (calcul\u00e9 sur la drogue s\u00e8che). Les esp\u00e8ces admises sont <em>H. helix<\/em> et <em>H. hibernica<\/em> (trait\u00e9es indiff\u00e9remment). L&rsquo;identification microscopique repose sur les cellules \u00e9pidermiques \u00e0 parois rectilignes, les stomates anomocytiques, les poils tecteurs \u00e9toil\u00e9s (trichomes stellaires) caract\u00e9ristiques, et les cristaux d&rsquo;oxalate de calcium prismatiques. Le profil CCM montre les bandes d&rsquo;h\u00e9d\u00e9racoside C et d&rsquo;\u03b1-h\u00e9d\u00e9rine. Le dosage de l&rsquo;h\u00e9d\u00e9racoside C se fait par HPLC-UV (d\u00e9tection \u00e0 205 nm).<\/p>\n<hr>\n<h3>Conclusion et perspectives<\/h3>\n<p><em>Hedera hibernica<\/em>, le lierre atlantique des for\u00eats et des haies d&rsquo;Irlande, est l&rsquo;une des plantes m\u00e9dicinales europ\u00e9ennes les plus utilis\u00e9es. Son profil en saponines triterp\u00e9niques (h\u00e9d\u00e9racoside C, \u03b1-h\u00e9d\u00e9rine) conf\u00e8re des propri\u00e9t\u00e9s spasmolytiques et mucolytiques bronchiques valid\u00e9es par des essais cliniques. La plante est \u00e9galement un pilier de la biodiversit\u00e9 foresti\u00e8re, fournissant nectar automnal, baies hivernales et abri pour la faune. Le lierre illustre la r\u00e9ussite de la phytoth\u00e9rapie fond\u00e9e sur les preuves, avec des m\u00e9canismes d&rsquo;action mol\u00e9culaires \u00e9lucid\u00e9s et des produits standardis\u00e9s largement prescrits. Il rappelle que les lianes les plus communes de nos haies sont parfois les alli\u00e9es les plus efficaces de la pneumologie v\u00e9g\u00e9tale.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/results?q=Hedera%20hibernica\">Plants of the World Online, Kew : <em>Hedera hibernica<\/em><\/a>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/?s=Hedera+hibernica\">Tela Botanica \/ eFlore : <em>Hedera hibernica<\/em><\/a>.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Expectorant<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Antispasmodique bronchique<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE Le lierre d&rsquo;Irlande (Hedera hibernica (G. Kirchn.) Bean, synonyme : H. helix subsp. hibernica (G. Kirchn.) D.C. McClint.) appartient \u00e0 la [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[54],"tags":[],"class_list":["post-681","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-araliacees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/681","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=681"}],"version-history":[{"count":12,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/681\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":14237,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/681\/revisions\/14237"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=681"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=681"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=681"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}