{"id":683,"date":"2026-03-26T11:25:37","date_gmt":"2026-03-26T10:25:37","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/aristoloche-clematite\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:16","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:16","slug":"aristoloche-clematite","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/aristoloche-clematite\/","title":{"rendered":"ARISTOLOCHE CL\u00c9MATITE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/aristoloche-clematite.png\" alt=\"Planche botanique Aristoloche cl\u00e9matite\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>L&rsquo;<strong>Aristoloche cl\u00e9matite<\/strong> (<em>Aristolochia clematitis<\/em> L.) appartient \u00e0 la famille des <strong>Aristolochiac\u00e9es<\/strong>. Le nom <em>Aristolochia<\/em> vient du grec <em>aristos<\/em> (le meilleur) et <em>lochia<\/em> (accouchement), la plante \u00e9tant r\u00e9put\u00e9e faciliter les parturitions. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>clematitis<\/em> fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la tige grimpante rappelant les cl\u00e9matites. Noms vernaculaires : aristoloche cl\u00e9matite, pipe du diable, sarrasine, pomme de terre du diable.<\/p>\n<p>Plante vivace herbac\u00e9e de 30 \u00e0 80 cm, \u00e0 rhizome gr\u00eale, tra\u00e7ant. Les tiges sont dress\u00e9es, simples ou peu ramifi\u00e9es, anguleuses, glabres. Les feuilles sont alternes, longuement p\u00e9tiol\u00e9es, cordiformes-arrondies, de 5 \u00e0 15 cm, enti\u00e8res, glabres, vert mat. Les fleurs, fascicul\u00e9es par 2 \u00e0 8 \u00e0 l&rsquo;aisselle des feuilles, poss\u00e8dent un p\u00e9rianthe jaune vif, tubuleux, en forme de pipe ou de saxophone, de 2 \u00e0 3 cm, renfl\u00e9 \u00e0 la base puis r\u00e9tr\u00e9ci en tube allong\u00e9, termin\u00e9 par un limbe oblique en languette. Le fruit est une capsule piriforme de 3 \u00e0 5 cm, pendante, s&rsquo;ouvrant \u00e0 maturit\u00e9 pour lib\u00e9rer de nombreuses graines triangulaires aplaties.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p><em>Aristolochia clematitis<\/em> est une esp\u00e8ce d&rsquo;origine m\u00e9diterran\u00e9enne et pontique. Son aire native couvre l&rsquo;Europe m\u00e9ridionale et centrale, de la France \u00e0 la Russie, le Caucase et l&rsquo;Asie Mineure. Elle a \u00e9t\u00e9 largement introduite et naturalis\u00e9e en Europe du Nord (Grande-Bretagne, Scandinavie m\u00e9ridionale) d\u00e8s le Moyen \u00c2ge, propag\u00e9e autour des monast\u00e8res qui la cultivaient comme plante m\u00e9dicinale.<\/p>\n<p>L&rsquo;aristoloche cl\u00e9matite affectionne les sols riches en azote, frais, les vignobles, les haies, les bords de rivi\u00e8res, les friches, les jardins et les ruines. C&rsquo;est une esp\u00e8ce nitrophile, caract\u00e9ristique des communaut\u00e9s rud\u00e9rales et adventices des cultures. En France, elle est pr\u00e9sente sur presque tout le territoire, surtout dans les r\u00e9gions viticoles.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9cologie et conservation<\/h3>\n<p><em>Aristolochia clematitis<\/em> n&rsquo;est pas menac\u00e9e, class\u00e9e en \u00ab pr\u00e9occupation mineure \u00bb (LC). C&rsquo;est une esp\u00e8ce commune des vignobles, haies et friches de l&rsquo;Europe temp\u00e9r\u00e9e.<\/p>\n<p>L&rsquo;esp\u00e8ce joue un r\u00f4le \u00e9cologique notable comme plante-h\u00f4te de la <strong>Diane<\/strong> (<em>Zerynthia polyxena<\/em>), papillon rare et prot\u00e9g\u00e9 au titre de la directive Habitats. Les chenilles de la Diane se nourrissent exclusivement d&rsquo;aristoloches et s\u00e9questrent les acides aristolochiques, les rendant immangeables pour les pr\u00e9dateurs (d\u00e9fense chimique par s\u00e9questration). La conservation de la Diane d\u00e9pend directement du maintien des populations d&rsquo;aristoloche.<\/p>\n<p>Ce paradoxe \u2014 plante toxique pour l&rsquo;humain mais indispensable \u00e0 un papillon prot\u00e9g\u00e9 \u2014 illustre la complexit\u00e9 des enjeux de conservation.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>La composition d&rsquo;<em>Aristolochia clematitis<\/em> est domin\u00e9e par des compos\u00e9s extr\u00eamement toxiques :<\/p>\n<p><strong>Acides aristolochiques<\/strong> : l&rsquo;<strong>acide aristolochique I<\/strong> (AA-I, 8-m\u00e9thoxy-6-nitroph\u00e9nanthr\u00e8ne-1-carboxylique) et l&rsquo;<strong>acide aristolochique II<\/strong> (AA-II) sont les compos\u00e9s majeurs. Ce sont des nitroph\u00e9nantr\u00e8nes hautement toxiques, g\u00e9notoxiques et canc\u00e9rog\u00e8nes. Leur teneur peut atteindre 0,5-1 % de la masse s\u00e8che des parties a\u00e9riennes.<\/p>\n<p><strong>Aristolactames<\/strong> : produits de transformation des acides aristolochiques, \u00e9galement toxiques.<\/p>\n<p><strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/alcaloides\/\">Alcalo\u00efdes<\/a> isoquinol\u00e9iques<\/strong> : la <strong>magnoflorine<\/strong> et d&rsquo;autres alcalo\u00efdes aporphiniques en faible concentration.<\/p>\n<p><strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/terpenes\/\">Terp\u00e8nes<\/a><\/strong> : des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/sesquiterpenes\/\">sesquiterp\u00e8nes<\/a><\/strong> et des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/diterpenes\/\">diterp\u00e8nes<\/a><\/strong> ont \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9s.<\/p>\n<p><strong>Flavono\u00efdes<\/strong> : <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a><\/strong>, <strong>kaempf\u00e9rol<\/strong>.<\/p>\n<p><strong>Huile essentielle<\/strong> : en faible quantit\u00e9, contenant des sesquiterp\u00e8nes.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p><strong>N\u00e9phrotoxicit\u00e9<\/strong> : les <strong>acides aristolochiques<\/strong> sont m\u00e9tabolis\u00e9s en aristolactames nitr\u00e9nium r\u00e9actifs qui forment des adduits covalents avec l&rsquo;ADN (adduits dA-AA et dG-AA). Ces adduits provoquent une fibrose tubulo-interstitielle r\u00e9nale progressive, irr\u00e9versible, conduisant \u00e0 l&rsquo;insuffisance r\u00e9nale terminale. C&rsquo;est la base mol\u00e9culaire de la \u00ab n\u00e9phropathie aux aristoloches \u00bb (AAN, anciennement n\u00e9phropathie aux herbes chinoises).<\/p>\n<p><strong>Canc\u00e9rog\u00e9nicit\u00e9<\/strong> : les adduits ADN-AA provoquent des mutations caract\u00e9ristiques (transversions A:T\u2192T:A) dans les g\u00e8nes suppresseurs de tumeur (<strong>TP53<\/strong>). L&rsquo;exposition aux acides aristolochiques est associ\u00e9e \u00e0 un risque tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9 de carcinome uroth\u00e9lial (cancer des voies urinaires). L&rsquo;acide aristolochique I est class\u00e9 <strong>canc\u00e9rog\u00e8ne av\u00e9r\u00e9 pour l&rsquo;humain (groupe 1)<\/strong> par le CIRC\/IARC.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 anti-inflammatoire<\/strong> : paradoxalement, les acides aristolochiques poss\u00e8dent une activit\u00e9 anti-inflammatoire, inhibant la <strong>phospholipase A2<\/strong>. Cette activit\u00e9 explique l&rsquo;effet \u00ab b\u00e9n\u00e9fique \u00bb per\u00e7u en usage traditionnel, mais le b\u00e9n\u00e9fice est largement surpass\u00e9 par la toxicit\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p><strong>AUCUNE INDICATION N&rsquo;EST RECEVABLE.<\/strong> L&rsquo;aristoloche cl\u00e9matite et toutes les esp\u00e8ces contenant des acides aristolochiques sont formellement contre-indiqu\u00e9es en m\u00e9decine humaine. Tout usage th\u00e9rapeutique est interdit dans l&rsquo;Union europ\u00e9enne.<\/p>\n<p>Les usages historiques (emm\u00e9nagogue, cicatrisant, contrepoison) sont obsol\u00e8tes et dangereux.<\/p>\n<hr>\n<h3>Donn\u00e9es cliniques<\/h3>\n<p>Les donn\u00e9es cliniques concernent exclusivement la documentation de la toxicit\u00e9 :<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9pid\u00e9mie belge de 1993 (\u00ab n\u00e9phropathie aux herbes chinoises \u00bb) a conduit \u00e0 l&rsquo;identification de plus de 100 cas de n\u00e9phropathie aux aristoloches et de plus de 40 cas de carcinome uroth\u00e9lial chez des femmes ayant pris des g\u00e9lules contamin\u00e9es pendant 1 \u00e0 2 ans.<\/p>\n<p>Des \u00e9tudes \u00e9pid\u00e9miologiques dans les Balkans (BEN) montrent que l&rsquo;exposition chronique aux acides aristolochiques (via la contamination alimentaire) augmente le risque de cancer uroth\u00e9lial d&rsquo;un facteur 100 et provoque une insuffisance r\u00e9nale chronique chez 2 \u00e0 10 % de la population expos\u00e9e.<\/p>\n<p>Des \u00e9tudes de s\u00e9quen\u00e7age g\u00e9nomique (Science, 2012) ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que jusqu&rsquo;\u00e0 10 % des cancers h\u00e9patocellulaires \u00e0 Ta\u00efwan portent la signature mutationnelle des acides aristolochiques, sugg\u00e9rant une exposition plus large que soup\u00e7onn\u00e9e via la m\u00e9decine traditionnelle chinoise.<\/p>\n<hr>\n<h3>Recherche contemporaine<\/h3>\n<p><strong>Mutag\u00e9n\u00e8se et canc\u00e9rogen\u00e8se<\/strong> : les acides aristolochiques sont devenus un mod\u00e8le de r\u00e9f\u00e9rence en g\u00e9notoxicologie. La \u00ab signature aristolochique \u00bb (SBS22 dans la classification COSMIC) est utilis\u00e9e comme marqueur universel d&rsquo;exposition dans les \u00e9tudes de g\u00e9nomique des cancers.<\/p>\n<p><strong>\u00c9pid\u00e9miologie mol\u00e9culaire<\/strong> : le s\u00e9quen\u00e7age de cancers uroth\u00e9liaux et h\u00e9patiques dans le monde entier r\u00e9v\u00e8le l&rsquo;ampleur insoup\u00e7onn\u00e9e de l&rsquo;exposition aux aristoloches via les m\u00e9decines traditionnelles, notamment en Asie du Sud-Est.<\/p>\n<p><strong>D\u00e9tection analytique<\/strong> : des m\u00e9thodes ultra-sensibles (LC-MS\/MS) permettent de d\u00e9tecter les adduits ADN-AA dans les tissus r\u00e9naux et h\u00e9patiques des d\u00e9cennies apr\u00e8s l&rsquo;exposition, avec des seuils de d\u00e9tection de l&rsquo;ordre du femtomole.<\/p>\n<p><strong>Biorem\u00e9diation<\/strong> : l&rsquo;\u00e9radication d&rsquo;<em>A. clematitis<\/em> des champs de c\u00e9r\u00e9ales dans les Balkans fait l&rsquo;objet de programmes agronomiques pour pr\u00e9venir la contamination alimentaire.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Acides aristolochiques<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acide aristolochique i<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acide aristolochique ii<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Aristolactames<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Magnoflorine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p><strong>AUCUNE POSOLOGIE N&rsquo;EST RECOMMANDABLE.<\/strong> L&rsquo;utilisation d&rsquo;<em>Aristolochia clematitis<\/em> sous quelque forme que ce soit est formellement interdite et dangereuse. Il n&rsquo;existe pas de dose s\u00fbre pour les acides aristolochiques, leur toxicit\u00e9 \u00e9tant cumulative et les adduits ADN persistant des d\u00e9cennies.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p><strong>CONTRE-INDICATION ABSOLUE ET UNIVERSELLE.<\/strong> L&rsquo;aristoloche cl\u00e9matite ne doit jamais \u00eatre utilis\u00e9e, sous quelque forme et \u00e0 quelque dose que ce soit, en m\u00e9decine humaine ou v\u00e9t\u00e9rinaire. Cela inclut les infusions, d\u00e9coctions, teintures, cataplasmes et toute pr\u00e9paration contenant des parties de la plante.<\/p>\n<p>Le risque est aggrav\u00e9 par le caract\u00e8re cumulatif de la toxicit\u00e9 : m\u00eame des expositions br\u00e8ves et \u00e0 faible dose laissent des adduits ADN permanents, augmentant le risque de cancer \u00e0 vie.<\/p>\n<hr>\n<h3>Toxicologie<\/h3>\n<p>Les acides aristolochiques constituent l&rsquo;un des plus puissants mutag\u00e8nes et canc\u00e9rog\u00e8nes naturels connus :<\/p>\n<p><strong>N\u00e9phropathie aux aristoloches (AAN)<\/strong> : d\u00e9crite pour la premi\u00e8re fois en 1993 chez des patientes belges ayant pris des capsules amaigrissantes contenant par erreur de l&rsquo;aristoloche (substitu\u00e9e \u00e0 <em>Stephania tetrandra<\/em>). Plus de 100 cas, dont plusieurs d\u00e9c\u00e8s et transplantations r\u00e9nales, ont \u00e9t\u00e9 document\u00e9s. La fibrose r\u00e9nale est progressive et irr\u00e9versible.<\/p>\n<p><strong>N\u00e9phropathie end\u00e9mique des Balkans (BEN)<\/strong> : cette n\u00e9phropathie chronique, touchant les populations rurales de Serbie, Bulgarie, Roumanie et Croatie, est aujourd&rsquo;hui attribu\u00e9e \u00e0 la contamination des farines de bl\u00e9 par des graines d&rsquo;<em>Aristolochia clematitis<\/em> poussant dans les champs de c\u00e9r\u00e9ales. Le taux de cancer uroth\u00e9lial dans ces r\u00e9gions est 100 fois sup\u00e9rieur \u00e0 la normale.<\/p>\n<p><strong>Signature mutationnelle<\/strong> : les cancers induits par les acides aristolochiques pr\u00e9sentent une signature mutationnelle unique (transversion A:T\u2192T:A), d\u00e9tectable par s\u00e9quen\u00e7age de nouvelle g\u00e9n\u00e9ration, permettant un diagnostic r\u00e9trospectif de l&rsquo;exposition.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>L&rsquo;aristoloche est l&rsquo;une des plantes m\u00e9dicinales les plus anciennement document\u00e9es. Dioscoride, Hippocrate et Galien la prescrivaient pour faciliter l&rsquo;accouchement, traiter les morsures de serpent, les ulc\u00e8res, les fistules et les plaies infect\u00e9es. La th\u00e9orie des signatures associait la forme de la fleur (\u00e9voquant un ut\u00e9rus) aux usages obst\u00e9tricaux.<\/p>\n<p>Au Moyen \u00c2ge et \u00e0 la Renaissance, l&rsquo;aristoloche \u00e9tait cultiv\u00e9e dans les jardins monastiques et largement prescrite comme emm\u00e9nagogue, cicatrisant, f\u00e9brifuge et antidote. En m\u00e9decine traditionnelle des Balkans et d&rsquo;Asie du Sud-Est, les pr\u00e9parations \u00e0 base d&rsquo;aristoloche sont encore utilis\u00e9es pour la perte de poids, les troubles digestifs et la cicatrisation.<\/p>\n<p>Ces usages sont aujourd&rsquo;hui FORMELLEMENT CONTRE-INDIQU\u00c9S en raison de la d\u00e9couverte de la n\u00e9phrotoxicit\u00e9 et de la canc\u00e9rog\u00e9nicit\u00e9 des acides aristolochiques.<\/p>\n<hr>\n<h3>Statut r\u00e9glementaire et pharmacop\u00e9e<\/h3>\n<p>Les esp\u00e8ces d&rsquo;<em>Aristolochia<\/em> et les acides aristolochiques sont <strong>interdits<\/strong> dans l&rsquo;Union europ\u00e9enne :<\/p>\n<p>La directive 2004\/24\/CE et les l\u00e9gislations nationales interdisent l&rsquo;utilisation d&rsquo;aristoloche dans les m\u00e9dicaments \u00e0 base de plantes. En France, l&rsquo;arr\u00eat\u00e9 du 24 juin 2014 interdit la mise sur le march\u00e9 de tout produit contenant des esp\u00e8ces du genre <em>Aristolochia<\/em>.<\/p>\n<p>L&rsquo;acide aristolochique I est class\u00e9 <strong>canc\u00e9rog\u00e8ne du groupe 1<\/strong> par le CIRC\/IARC (2012). La plante est retir\u00e9e de toutes les pharmacop\u00e9es europ\u00e9ennes. En Chine, les pr\u00e9parations contenant des aristoloches sont progressivement retir\u00e9es ou reformul\u00e9es.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>ARISTOLOCHE CL\u00c9MATITE pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat phytoth\u00e9rapeutique surtout traditionnel, \u00e0 confirmer faute de donn\u00e9es cliniques propres ; sa lecture demande de la prudence.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<p>Bonnier G., Layens G. \u2014 <em>Flore compl\u00e8te portative de la France, de la Suisse et de la Belgique<\/em>, Belin, Paris.<br \/>\nBruneton J. \u2014 <em>Plantes toxiques. V\u00e9g\u00e9taux dangereux pour l&rsquo;homme et les animaux<\/em>, 4e \u00e9d., Lavoisier Tec &amp; Doc, 2005.<br \/>\nVanherweghem J.-L. et al. \u2014 \u00ab Rapidly progressive interstitial renal fibrosis in young women: association with slimming regimen including Chinese herbs \u00bb, <em>Lancet<\/em>, 1993, 341, 387-391.<br \/>\nGrollman A.P. et al. \u2014 \u00ab Aristolochic acid and the etiology of endemic (Balkan) nephropathy \u00bb, <em>PNAS<\/em>, 2007, 104, 12129-12134.<br \/>\nPoon S.L. et al. \u2014 \u00ab Genome-wide mutational signatures of aristolochic acid and its application as a screening tool \u00bb, <em>Sci. Transl. Med.<\/em>, 2013, 5, 197ra101.<br \/>\nCIRC\/IARC \u2014 Monograph Vol. 100A: \u00ab Aristolochic acids \u00bb, 2012 (Group 1 carcinogen).<\/p>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Digestif<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Cicatrisant<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> F\u00e9brifuge<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE L&rsquo;Aristoloche cl\u00e9matite (Aristolochia clematitis L.) appartient \u00e0 la famille des Aristolochiac\u00e9es. Le nom Aristolochia vient du grec aristos (le meilleur) et [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[55],"tags":[],"class_list":["post-683","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-aristolochiacees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/683","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=683"}],"version-history":[{"count":14,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/683\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":14045,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/683\/revisions\/14045"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=683"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=683"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=683"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}