{"id":686,"date":"2026-03-26T11:25:41","date_gmt":"2026-03-26T10:25:41","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/asaret-deurope\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:16","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:16","slug":"asaret-deurope","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/asaret-deurope\/","title":{"rendered":"ASARET D\u2019EUROPE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/asaret-deurope.png\" alt=\"Planche botanique Asaret d&#039;Europe\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<p><em>Asarum europaeum<\/em> L.<\/p>\n<p><strong>Famille :<\/strong> Aristolochiaceae.<\/p>\n<p><strong>Noms vernaculaires :<\/strong> asaret d&rsquo;Europe, cabaret, oreille-d&rsquo;homme, nard sauvage, rondelle.<\/p>\n<p>L&rsquo;asaret d&rsquo;Europe est une plante vivace discr\u00e8te des sous-bois frais et ombrag\u00e9s, \u00e0 feuilles r\u00e9niformes persistantes, luisantes, et \u00e0 fleurs solitaires brun-pourpr\u00e9 cach\u00e9es sous le feuillage, \u00e0 m\u00eame le sol. Cette Aristolochiac\u00e9e, longtemps c\u00e9l\u00e8bre comme \u00e9m\u00e9tique et sternutatoire puissant dans la mati\u00e8re m\u00e9dicale ancienne, est aujourd&rsquo;hui totalement abandonn\u00e9e par la phytoth\u00e9rapie en raison de la d\u00e9couverte de la toxicit\u00e9 r\u00e9nale et canc\u00e9rog\u00e8ne des <strong>acides aristolochiques<\/strong> pr\u00e9sents dans la famille.<\/p>\n<p>L&rsquo;asaret appartient \u00e0 l&rsquo;un des groupes les plus archa\u00efques des Angiospermes : les Aristolochiac\u00e9es, famille des Magnoliid\u00e9es basales, \u00e0 fleurs sans p\u00e9tales, \u00e0 corolle tubuleuse unique, pollinis\u00e9es par de petits dipt\u00e8res pi\u00e9g\u00e9s dans le tube floral. Cette position phylog\u00e9n\u00e9tique, combin\u00e9e \u00e0 une phytochimie originale (acides aristolochiques, huiles essentielles \u00e0 asarone), en fait un sujet d&rsquo;\u00e9tude passionnant pour la botanique \u00e9volutive et la pharmacognosie de s\u00e9curit\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>R\u00e8gne :<\/strong> Plantae<\/li>\n<li><strong>Division :<\/strong> Magnoliophyta<\/li>\n<li><strong>Classe :<\/strong> Magnoliopsida (Magnoliid\u00e9es basales)<\/li>\n<li><strong>Ordre :<\/strong> Piperales<\/li>\n<li><strong>Famille :<\/strong> Aristolochiaceae<\/li>\n<li><strong>Genre :<\/strong> <em>Asarum<\/em> L.<\/li>\n<li><strong>Esp\u00e8ce :<\/strong> <em>Asarum europaeum<\/em> L.<\/li>\n<li><strong>Noms vernaculaires :<\/strong> asaret d&rsquo;Europe, cabaret, oreille-d&rsquo;homme, nard sauvage.<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>\u00c9tymologie :<\/strong> <em>Asarum<\/em> d\u00e9rive du grec <em>asaron<\/em> (\u1f04\u03c3\u03b1\u03c1\u03bf\u03bd), nom antique de la plante chez Dioscoride, d&rsquo;\u00e9tymologie incertaine (peut-\u00eatre du privatif <em>a-<\/em> + <em>saron<\/em>, parure, \u00e9voquant l&rsquo;apparence modeste de la plante). Le nom \u00ab cabaret \u00bb viendrait de l&rsquo;arabe <em>kabar<\/em> (c\u00e2prier), par confusion. \u00ab Oreille-d&rsquo;homme \u00bb d\u00e9crit la forme r\u00e9niforme des feuilles.<\/p>\n<p>Le genre <em>Asarum<\/em> comprend environ 90 esp\u00e8ces r\u00e9parties dans les r\u00e9gions temp\u00e9r\u00e9es de l&rsquo;h\u00e9misph\u00e8re nord (Am\u00e9rique du Nord, Asie de l&rsquo;Est, Europe). <em>A. europaeum<\/em> est la seule esp\u00e8ce europ\u00e9enne. Les esp\u00e8ces asiatiques (<em>A. sieboldii<\/em>, <em>A. heterotropoides<\/em>) sont utilis\u00e9es en m\u00e9decine traditionnelle chinoise (xi xin, \u7ec6\u8f9b) avec des pr\u00e9cautions croissantes li\u00e9es aux acides aristolochiques.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>Plante herbac\u00e9e vivace basse, de 5 \u00e0 15 cm de hauteur, \u00e0 rhizome rampant, mince, ramifi\u00e9, aromatique. Feuilles <strong>persistantes<\/strong> (au moins semi-persistantes), port\u00e9es par de longs p\u00e9tioles, \u00e0 limbe <strong>r\u00e9niforme<\/strong> (en forme de rein), de 4 \u00e0 8 cm de large, entier, \u00e9pais, coriace, vert fonc\u00e9 luisant sur la face sup\u00e9rieure, plus p\u00e2le et pubescent dessous. Le p\u00e9tiole est finement pubescent, souvent rouge\u00e2tre \u00e0 la base.<\/p>\n<p>Les fleurs sont solitaires, port\u00e9es par un court p\u00e9doncule au niveau du sol, <strong>cach\u00e9es sous les feuilles<\/strong>. Elles sont petites (10 \u00e0 15 mm de diam\u00e8tre), en forme de cloche ou d&rsquo;urne, \u00e0 p\u00e9rianthe simple (pas de corolle distincte du calice) de 3 lobes triangulaires r\u00e9curv\u00e9s, <strong>brun-pourpr\u00e9<\/strong> \u00e0 brun verd\u00e2tre \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur, pourpre fonc\u00e9 \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur. Douze \u00e9tamines libres. Ovaire inf\u00e8re \u00e0 6 loges. Pollinisation par de petits dipt\u00e8res (mouches, moucherons) attir\u00e9s par l&rsquo;odeur de champignon ou de charogne produite par la fleur \u2014 pollinisation dite sapromyiophile.<\/p>\n<p>Le fruit est une capsule globuleuse, s&rsquo;ouvrant irr\u00e9guli\u00e8rement \u00e0 maturit\u00e9. Les graines portent un <strong>\u00e9la\u00efosome<\/strong> (appendice charnu) attractif pour les fourmis, qui assurent la dispersion (myrm\u00e9cochorie).<\/p>\n<p>Floraison : mars \u00e0 mai. Toute la plante d\u00e9gage une odeur aromatique forte, camphr\u00e9e, poivr\u00e9e, due \u00e0 l&rsquo;huile essentielle contenant de l&rsquo;<strong>asarone<\/strong>.<\/p>\n<hr>\n<h3>HABITAT, \u00c9COLOGIE ET R\u00c9PARTITION<\/h3>\n<p>L&rsquo;asaret d&rsquo;Europe est une esp\u00e8ce sciaphile (d&rsquo;ombre stricte), caract\u00e9ristique des sous-bois frais, des h\u00eatraies, des ch\u00eanaies-charmaies, des for\u00eats mixtes humides et des ravins ombrag\u00e9s. Il pr\u00e9f\u00e8re les sols riches en humus, frais \u00e0 humides, neutres \u00e0 calcaires, profonds et bien structur\u00e9s. C&rsquo;est une esp\u00e8ce indicatrice de for\u00eats anciennes \u00e0 sol riche.<\/p>\n<p>R\u00e9partition : Europe temp\u00e9r\u00e9e, de la France \u00e0 la Sib\u00e9rie occidentale. En France, il est surtout pr\u00e9sent dans l&rsquo;est (Alsace, Lorraine, Franche-Comt\u00e9, Jura, Alpes du Nord, Bourgogne) et rare ou absent dans l&rsquo;ouest, le sud-ouest et la r\u00e9gion m\u00e9diterran\u00e9enne. C&rsquo;est une esp\u00e8ce \u00e0 tendance continentale et montagnarde.<\/p>\n<p>Phytosociologiquement, il caract\u00e9rise les sous-bois des h\u00eatraies-charmaies du <em>Carpinion betuli<\/em> et des h\u00eatraies du <em>Fagion sylvaticae<\/em>. Sa pr\u00e9sence est un indicateur fiable de for\u00eats anciennes non perturb\u00e9es.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p><strong>Usage historique :<\/strong> rhizome et feuilles (\u00e9m\u00e9tique, sternutatoire, purgatif). <strong>Usage actuel : aucun.<\/strong> La plante est totalement abandonn\u00e9e par la phytoth\u00e9rapie moderne en raison de la toxicit\u00e9 des acides aristolochiques.<\/p>\n<p>Le rhizome \u00e9tait autrefois r\u00e9colt\u00e9 au printemps ou \u00e0 l&rsquo;automne, s\u00e9ch\u00e9 et r\u00e9duit en poudre pour l&rsquo;usage \u00e9m\u00e9tique et sternutatoire. Les feuilles s\u00e9ch\u00e9es et pulv\u00e9ris\u00e9es servaient de sternutatoire (poudre \u00e0 \u00e9ternuer).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<h3>A. Acides aristolochiques<\/h3>\n<p>L&rsquo;asaret contient des <strong>acides aristolochiques<\/strong> (AA), compos\u00e9s nitroph\u00e9nanthr\u00e8niques caract\u00e9ristiques de la famille des Aristolochiac\u00e9es. L&rsquo;acide aristolochique I (AAI) et l&rsquo;acide aristolochique II (AAII) sont les principaux repr\u00e9sentants. Ces compos\u00e9s sont <strong>n\u00e9phrotoxiques<\/strong> (n\u00e9phropathie tubulo-interstitielle progressive), <strong>g\u00e9notoxiques<\/strong> (formation d&rsquo;adduits \u00e0 l&rsquo;ADN) et <strong>canc\u00e9rog\u00e8nes<\/strong> (class\u00e9s groupe 1 par le CIRC \u2014 canc\u00e9rog\u00e8nes av\u00e9r\u00e9s pour l&rsquo;homme), avec un tropisme particulier pour l&rsquo;\u00e9pith\u00e9lium uroth\u00e9lial (cancers des voies urinaires).<\/p>\n<h3>B. Huile essentielle (asarone)<\/h3>\n<p>Le rhizome et les feuilles contiennent une <strong>huile essentielle<\/strong> (1 \u00e0 4 %) dont le composant principal est l&rsquo;<strong>asarone<\/strong> (principalement \u03b2-asarone, trans-isomer). L&rsquo;asarone est un ph\u00e9nylpropano\u00efde structuralement apparent\u00e9 au safrole et \u00e0 l&rsquo;estragole, dont la toxicit\u00e9 (h\u00e9patotoxicit\u00e9, canc\u00e9rog\u00e9nicit\u00e9 potentielle) est document\u00e9e. D&rsquo;autres composants incluent le born\u00e9ol, l&rsquo;<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/cineal-eucalyptol\/\">eucalyptol<\/a>, le <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/pinene\/\">pin\u00e8ne<\/a> et des <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/sesquiterpenes\/\">sesquiterp\u00e8nes<\/a>.<\/p>\n<h3>C. Autres compos\u00e9s<\/h3>\n<p>Des <strong>flavono\u00efdes<\/strong>, des <strong>tanins<\/strong> et des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/lignanes\/\">lignanes<\/a><\/strong> compl\u00e8tent le profil phytochimique. L&rsquo;aristolochine (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/alcaloides\/\">alcalo\u00efde<\/a>) peut \u00eatre pr\u00e9sente en traces.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>\u00c9m\u00e9tique :<\/strong> l&rsquo;huile essentielle et les compos\u00e9s irritants provoquent des vomissements par stimulation directe de la muqueuse gastrique et de la zone ch\u00e9mor\u00e9ceptrice.<\/li>\n<li><strong>Sternutatoire :<\/strong> la poudre de rhizome provoque un \u00e9ternuement violent par irritation de la muqueuse nasale.<\/li>\n<li><strong>N\u00e9phrotoxique (AA) :<\/strong> les acides aristolochiques provoquent une fibrose interstitielle r\u00e9nale progressive (n\u00e9phropathie aux herbes chinoises, n\u00e9phropathie des Balkans) aboutissant \u00e0 l&rsquo;insuffisance r\u00e9nale terminale.<\/li>\n<li><strong>Canc\u00e9rog\u00e8ne (AA) :<\/strong> les AA forment des adduits covalents \u00e0 l&rsquo;ADN (aristolactam-ADN) provoquant des mutations caract\u00e9ristiques (transversions A:T\u2192T:A) dans les g\u00e8nes suppresseurs de tumeur, avec un tropisme pour l&rsquo;\u00e9pith\u00e9lium uroth\u00e9lial (carcinomes des voies urinaires).<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h3>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h3>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2605\u2605<\/strong> Toxicit\u00e9 (acides aristolochiques \u2014 canc\u00e9rog\u00e8ne av\u00e9r\u00e9)<\/li>\n<li><strong>\u2606\u2606\u2606\u2606\u2606<\/strong> Int\u00e9r\u00eat th\u00e9rapeutique moderne (interdit)<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Les donn\u00e9es cliniques pertinentes sont toxicologiques. L&rsquo;\u00e9pid\u00e9mie de n\u00e9phropathie aux herbes chinoises (Belgian Chinese Herbs Nephropathy, d\u00e9couverte en 1992 \u00e0 Bruxelles) a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 la n\u00e9phrotoxicit\u00e9 et la canc\u00e9rog\u00e9nicit\u00e9 des acides aristolochiques contenus dans des Aristolochiac\u00e9es utilis\u00e9es par erreur dans des formules amaigrissantes chinoises. La n\u00e9phropathie end\u00e9mique des Balkans, maladie r\u00e9nale chronique touchant les populations rurales de Serbie, Bulgarie et Roumanie, a \u00e9t\u00e9 attribu\u00e9e \u00e0 l&rsquo;exposition alimentaire chronique aux acides aristolochiques provenant d&rsquo;<em>Aristolochia clematitis<\/em> contaminant les r\u00e9coltes de bl\u00e9.<\/p>\n<p>Bien que ces \u00e9tudes concernent d&rsquo;autres esp\u00e8ces de la famille, la pr\u00e9sence d&rsquo;acides aristolochiques dans l&rsquo;asaret d&rsquo;Europe a conduit \u00e0 son interdiction totale en phytoth\u00e9rapie par les autorit\u00e9s sanitaires europ\u00e9ennes.<\/p>\n<hr>\n<h3>TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h3>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe chimique<\/th>\n<th>Organe<\/th>\n<th>Effet \/ Risque<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td><strong>Acides aristolochiques I et II<\/strong><\/td>\n<td>Nitroph\u00e9nanthr\u00e8nes<\/td>\n<td>Toute la plante<\/td>\n<td>N\u00e9phrotoxique, canc\u00e9rog\u00e8ne (CIRC 1)<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>\u03b2-Asarone<\/strong><\/td>\n<td>Ph\u00e9nylpropano\u00efde<\/td>\n<td>Rhizome, feuilles (HE)<\/td>\n<td>Toxique, h\u00e9patotoxique potentiel<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Born\u00e9ol, eucalyptol<\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/terpenes\/\">Terp\u00e8nes<\/a> (HE)<\/td>\n<td>Rhizome<\/td>\n<td>Aromatique, irritant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Flavono\u00efdes<\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/polyphenols\/\">Polyph\u00e9nols<\/a><\/td>\n<td>Feuilles<\/td>\n<td>Antioxydant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Acides aristolochiques<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>N\u00e9phrotoxiques<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>G\u00e9notoxiques<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Canc\u00e9rog\u00e8nes<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Huile essentielle<\/td>\n<td>Huile essentielle<\/td>\n<td>Aromatique<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p><strong>Aucune forme gal\u00e9nique n&rsquo;est autoris\u00e9e.<\/strong> La plante est interdite d&rsquo;usage en phytoth\u00e9rapie dans l&rsquo;Union europ\u00e9enne. Les anciennes pr\u00e9parations (poudre sternutatoire, teinture, d\u00e9coction \u00e9m\u00e9tique) sont totalement obsol\u00e8tes et dangereuses. L&rsquo;asaret ne figure dans aucune pharmacop\u00e9e contemporaine comme substance m\u00e9dicinale autoris\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p><strong>Plante toxique, interdite en phytoth\u00e9rapie.<\/strong> La toxicit\u00e9 est double :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Toxicit\u00e9 aigu\u00eb :<\/strong> l&rsquo;ingestion provoque des vomissements violents, des diarrh\u00e9es, des douleurs abdominales et une gastro-ent\u00e9rite s\u00e9v\u00e8re (effet des huiles essentielles et des compos\u00e9s irritants).<\/li>\n<li><strong>Toxicit\u00e9 chronique :<\/strong> les acides aristolochiques provoquent une n\u00e9phropathie interstitielle progressive irr\u00e9versible et des carcinomes uroth\u00e9liaux (uret\u00e8re, bassinet, vessie). Le risque canc\u00e9rog\u00e8ne est cumulatif et irr\u00e9versible.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Les acides aristolochiques sont class\u00e9s <strong>canc\u00e9rog\u00e8nes du groupe 1 par le CIRC<\/strong> (2012), ce qui signifie que leur canc\u00e9rog\u00e9nicit\u00e9 pour l&rsquo;homme est formellement \u00e9tablie. L&rsquo;asaret d&rsquo;Europe, comme toutes les Aristolochiac\u00e9es, est concern\u00e9 par cette classification.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>L&rsquo;asaret \u00e9tait l&rsquo;un des \u00e9m\u00e9tiques et sternutatoires les plus utilis\u00e9s de la pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne ancienne. Dioscoride, Galien, puis les herboristes m\u00e9di\u00e9vaux et renaissants (Matthiole, Fuchs, Dodoens) le prescrivaient comme vomitif, purgatif, expectorant et \u00ab d\u00e9congestionnant c\u00e9r\u00e9bral \u00bb (par l&rsquo;\u00e9ternuement provoqu\u00e9). La poudre de rhizome, insuffl\u00e9e dans les narines, provoquait un \u00e9ternuement violent cens\u00e9 \u00ab purger le cerveau des humeurs froides \u00bb.<\/p>\n<p>Le nom de \u00ab cabaret \u00bb proviendrait de l&rsquo;usage qu&rsquo;en faisaient les buveurs pour se faire vomir apr\u00e8s des exc\u00e8s de boisson \u2014 pratique document\u00e9e dans les tavernes m\u00e9di\u00e9vales. Le nom \u00ab nard sauvage \u00bb est une allusion \u00e0 l&rsquo;odeur aromatique du rhizome, compar\u00e9e (tr\u00e8s abusivement) \u00e0 celle du nard vrai (<em>Nardostachys jatamansi<\/em>).<\/p>\n<p>L&rsquo;usage a d\u00e9clin\u00e9 progressivement \u00e0 partir du XVIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, remplac\u00e9 par l&rsquo;ip\u00e9cacuana. La d\u00e9couverte de la toxicit\u00e9 r\u00e9nale et canc\u00e9rog\u00e8ne des acides aristolochiques dans les ann\u00e9es 1990-2000 a scell\u00e9 d\u00e9finitivement l&rsquo;abandon de toutes les pr\u00e9parations \u00e0 base d&rsquo;Aristolochiac\u00e9es.<\/p>\n<hr>\n<h3>CONFUSIONS ET DISTINCTIONS<\/h3>\n<ul>\n<li><strong><em>Cyclamen europaeum<\/em> (cyclamen d&rsquo;Europe) :<\/strong> feuilles orbiculaires \u00e0 r\u00e9niformes, marbr\u00e9es d&rsquo;argent, mais fleurs roses caract\u00e9ristiques et habitat similaire. Distinction facile en fleur.<\/li>\n<li><strong><em>Hepatica nobilis<\/em> (an\u00e9mone h\u00e9patique) :<\/strong> feuilles trilob\u00e9es (pas r\u00e9niformes enti\u00e8res), fleurs bleues-violettes. M\u00eame milieu forestier.<\/li>\n<li><strong><em>Viola<\/em> spp. (violettes) :<\/strong> certaines violettes \u00e0 feuilles r\u00e9niformes peuvent \u00e9voquer l&rsquo;asaret avant floraison, mais les stipules, la nervation et la texture diff\u00e8rent.<\/li>\n<\/ul>\n<p>La combinaison feuilles r\u00e9niformes persistantes luisantes + fleurs cach\u00e9es brun-pourpr\u00e9 au ras du sol + odeur aromatique camphr\u00e9e du rhizome est absolument caract\u00e9ristique et ne permet aucune confusion s\u00e9rieuse.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p><em>Asarum europaeum<\/em> est une Aristolochiac\u00e9e vivace des sous-bois frais, \u00e0 feuilles r\u00e9niformes persistantes et \u00e0 fleurs cryptiques brun-pourpr\u00e9 pollinis\u00e9es par des dipt\u00e8res. Son profil phytochimique est domin\u00e9 par les acides aristolochiques (n\u00e9phrotoxiques et canc\u00e9rog\u00e8nes, CIRC groupe 1) et l&rsquo;huile essentielle \u00e0 \u03b2-asarone (h\u00e9patotoxique potentiel). La plante est totalement interdite en phytoth\u00e9rapie moderne.<\/p>\n<p>Son int\u00e9r\u00eat est botanique (Angiosperme basal, morphologie florale archa\u00efque, pollinisation sapromyiophile, myrm\u00e9cochorie), phytochimique (mod\u00e8le de toxicologie des acides aristolochiques) et historique (\u00e9m\u00e9tique et sternutatoire classique de l&rsquo;ancienne mati\u00e8re m\u00e9dicale). L&rsquo;asaret illustre de mani\u00e8re exemplaire comment une plante m\u00e9dicinale majeure du pass\u00e9 peut \u00eatre totalement abandonn\u00e9e lorsque la science moderne r\u00e9v\u00e8le sa toxicit\u00e9 cach\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li>Plants of the World Online (POWO), Royal Botanic Gardens, Kew. <em>Asarum europaeum<\/em> L.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica \u2014 Flore de France<\/em>. Biotope \u00c9ditions, 2014.<\/li>\n<li>Bruneton J. <em>Pharmacognosie \u2014 Phytochimie, Plantes m\u00e9dicinales<\/em>. 5<sup>e<\/sup> \u00e9d., Lavoisier Tec &amp; Doc, 2016.<\/li>\n<li>Bruneton J. <em>Plantes toxiques \u2014 V\u00e9g\u00e9taux dangereux pour l&rsquo;homme et les animaux<\/em>. 4<sup>e<\/sup> \u00e9d., Lavoisier, 2016.<\/li>\n<li>IARC. \u00ab A review of human carcinogens: pharmaceuticals \u00bb. <em>IARC Monographs<\/em>, vol. 100A, 2012.<\/li>\n<li>Vanherweghem J.-L. et al. \u00ab Rapidly progressive interstitial renal fibrosis in young women: association with slimming regimen including Chinese herbs \u00bb. <em>Lancet<\/em>, 1993.<\/li>\n<li>Fournier P. <em>Le Livre des plantes m\u00e9dicinales et v\u00e9n\u00e9neuses de France<\/em>. Lechevalier, 1947-1948.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Expectorant (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antioxydant<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Asarum europaeum L. Famille : Aristolochiaceae. Noms vernaculaires : asaret d&rsquo;Europe, cabaret, oreille-d&rsquo;homme, nard sauvage, rondelle. L&rsquo;asaret d&rsquo;Europe est une plante vivace discr\u00e8te des sous-bois [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[55],"tags":[],"class_list":["post-686","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-aristolochiacees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/686","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=686"}],"version-history":[{"count":12,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/686\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":14042,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/686\/revisions\/14042"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=686"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=686"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=686"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}