{"id":690,"date":"2026-03-26T11:25:47","date_gmt":"2026-03-26T10:25:47","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/armoise-commune\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:12","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:12","slug":"armoise-commune","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/armoise-commune\/","title":{"rendered":"ARMOISE COMMUNE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/armoise-commune.png\" alt=\"Planche botanique Armoise commune\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>L&rsquo;Armoise commune, <em>Artemisia vulgaris<\/em> L., appartient \u00e0 la famille des <strong>Asteraceae<\/strong>, tribu des Anthemideae, genre <em>Artemisia<\/em> L. Ce genre immense comprend environ 500 esp\u00e8ces r\u00e9parties dans les r\u00e9gions temp\u00e9r\u00e9es et froides de l&rsquo;h\u00e9misph\u00e8re nord. <em>A. vulgaris<\/em> est l&rsquo;esp\u00e8ce type du genre et l&rsquo;une des armoises les plus r\u00e9pandues et les plus anciennement utilis\u00e9es en Europe. Les noms vernaculaires incluent Armoise commune, Herbe de feu, Ceinture de Saint-Jean, Art\u00e9mise et Herbe aux cent go\u00fbts. Sur le plan de la classification APG IV, les Asteraceae appartiennent \u00e0 l&rsquo;ordre des Asterales, clade des Campanulidae. Le genre <em>Artemisia<\/em> se divise en plusieurs sous-genres dont <em>Artemisia<\/em> (armoises vraies non aromatiques ou faiblement aromatiques) et <em>Absinthium<\/em> (armoises fortement aromatiques). <em>A. vulgaris<\/em> se rattache au sous-genre <em>Artemisia<\/em>. L&rsquo;esp\u00e8ce est circumbor\u00e9ale, pr\u00e9sente dans toute l&rsquo;Europe, l&rsquo;Asie temp\u00e9r\u00e9e et naturalis\u00e9e en Am\u00e9rique du Nord et dans d&rsquo;autres r\u00e9gions du monde.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>Grande plante vivace herbac\u00e9e, h\u00e9micryptophyte \u00e0 cham\u00e9phyte, haute de 60 \u00e0 150 cm (parfois 200 cm), \u00e0 souche ligneuse rhizomateuse. Les tiges sont dress\u00e9es, robustes, anguleuses, stri\u00e9es, rouge\u00e2tres \u00e0 brun\u00e2tres, souvent ramifi\u00e9es dans la partie sup\u00e9rieure. Les feuilles sont alternes, pennatilob\u00e9es \u00e0 pennatipartites, \u00e0 segments lanc\u00e9ol\u00e9s dent\u00e9s ou lob\u00e9s, vert fonc\u00e9 et glabres dessus, blanches-tomenteuses en dessous par un feutrage dense de poils en T (caract\u00e8re diagnostique majeur visible en retournant les feuilles). Les feuilles inf\u00e9rieures sont p\u00e9tiol\u00e9es, les sup\u00e9rieures sessiles et progressivement r\u00e9duites. L&rsquo;inflorescence est une grande panicule terminale allong\u00e9e de capitules ovo\u00efdes sessiles, de 2 \u00e0 4 mm de long, rouge\u00e2tres \u00e0 jaun\u00e2tres, contenant des fleurons tubuleux. Les ak\u00e8nes sont minuscules, glabres, sans aigrette. La floraison a lieu de juillet \u00e0 octobre. L&rsquo;ensemble de la plante d\u00e9gage une odeur aromatique caract\u00e9ristique, chaude et am\u00e8re, particuli\u00e8rement perceptible au froissement des feuilles. L&rsquo;esp\u00e8ce colonise les terrains vagues, bords de routes, d\u00e9combres, berges, haies et lisi\u00e8res sur sols riches en azote.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9COLOGIE ET HABITAT<\/h3>\n<p><em>Artemisia vulgaris<\/em> est une esp\u00e8ce rud\u00e9rale nitrophile, ubiquiste dans les milieux anthropis\u00e9s des r\u00e9gions temp\u00e9r\u00e9es. Elle colonise les terrains vagues, bords de routes, d\u00e9combres, talus ferroviaires, berges, foss\u00e9s, haies et lisi\u00e8res sur sols riches en azote, frais \u00e0 secs, de texture vari\u00e9e. L&rsquo;esp\u00e8ce est h\u00e9liophile et tol\u00e8re une large gamme de conditions \u00e9daphiques. Son aire de r\u00e9partition native couvre l&rsquo;Eurasie temp\u00e9r\u00e9e, du Portugal au Japon, de la Scandinavie \u00e0 l&rsquo;Afrique du Nord. L&rsquo;esp\u00e8ce est naturalis\u00e9e en Am\u00e9rique du Nord, en Am\u00e9rique du Sud, en Australie et en Nouvelle-Z\u00e9lande, o\u00f9 elle est parfois consid\u00e9r\u00e9e comme invasive. En France, elle est extr\u00eamement commune dans tout le territoire, de 0 \u00e0 1500 m d&rsquo;altitude. La pollinisation est an\u00e9mogame, le pollen \u00e9tant un allerg\u00e8ne majeur. La diss\u00e9mination est an\u00e9mochore et \u00e9pizoochore. La plante se multiplie vigoureusement par ses rhizomes, formant des colonies denses et persistantes.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Les parties utilis\u00e9es sont les <strong>sommit\u00e9s fleuries<\/strong> et les <strong>feuilles<\/strong>, r\u00e9colt\u00e9es en d\u00e9but de floraison (juillet-ao\u00fbt) lorsque la teneur en principes actifs est optimale. Les sommit\u00e9s sont s\u00e9ch\u00e9es rapidement \u00e0 l&rsquo;ombre \u00e0 temp\u00e9rature mod\u00e9r\u00e9e pour pr\u00e9server l&rsquo;huile essentielle et les lactones sesquiterp\u00e9niques. La <strong>racine<\/strong> a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9e dans certaines traditions comme emm\u00e9nagogue et f\u00e9brifuge, mais cet usage est moins courant. La drogue s\u00e8che doit conserver la pubescence blanche caract\u00e9ristique de la face inf\u00e9rieure des feuilles. L&rsquo;odeur de la drogue est chaude, herbac\u00e9e-aromatique avec une note am\u00e8re. En moxibustion (m\u00e9decine traditionnelle chinoise et japonaise), les feuilles s\u00e8ches d&rsquo;armoise sont roul\u00e9es en c\u00f4nes ou en b\u00e2tonnets (moxa) pour la caut\u00e9risation thermique de points d&rsquo;acupuncture.<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<h3>A. Huile essentielle<\/h3>\n<p>L&rsquo;huile essentielle (0,03 \u00e0 0,3 % des parties a\u00e9riennes) contient des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/monoterpenes\/\">monoterp\u00e8nes<\/a><\/strong> (<strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/cineal-eucalyptol\/\">1,8-cin\u00e9ole<\/a><\/strong>, <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/camphre\/\">camphre<\/a><\/strong>, <strong>\u03b1-thuyone<\/strong>, <strong>\u03b2-thuyone<\/strong>, <strong>born\u00e9ol<\/strong>), des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/sesquiterpenes\/\">sesquiterp\u00e8nes<\/a><\/strong> (<strong>germacr\u00e8ne D<\/strong>, <strong>\u03b2-caryophyll\u00e8ne<\/strong>, <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/chamazulene\/\">chamazul\u00e8ne<\/a><\/strong> en traces) et des compos\u00e9s oxyg\u00e9n\u00e9s vari\u00e9s. La composition varie fortement selon le chimiotype g\u00e9ographique.<\/p>\n<h3>B. Lactones sesquiterp\u00e9niques<\/h3>\n<p>Les <strong>lactones sesquiterp\u00e9niques<\/strong> de type germacranolide et guaianolide constituent les principaux compos\u00e9s amers, responsables de l&rsquo;activit\u00e9 digestive traditionnelle. La <strong>vulgarine<\/strong> et ses d\u00e9riv\u00e9s sont caract\u00e9ristiques de l&rsquo;esp\u00e8ce.<\/p>\n<h3>C. Flavono\u00efdes et polyph\u00e9nols<\/h3>\n<p>Les parties a\u00e9riennes contiennent des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/flavones\/\">flavones<\/a><\/strong> (<strong>eupatiline<\/strong>, <strong>jaceosidine<\/strong>, <strong>hispiduline<\/strong>), des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/flavonols\/\">flavonols<\/a><\/strong> (<strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a><\/strong>, <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/rutine\/\">rutine<\/a><\/strong>) et des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> (<strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a><\/strong>, <strong>acide caf\u00e9ique<\/strong>). Les <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/coumarines\/\">coumarines<\/a><\/strong> (<strong>ombellif\u00e9rone<\/strong>, <strong>escul\u00e9tine<\/strong>) sont pr\u00e9sentes en quantit\u00e9s mod\u00e9r\u00e9es.<\/p>\n<h3>D. Autres compos\u00e9s<\/h3>\n<p>Des <strong>polyac\u00e9tyl\u00e8nes<\/strong>, des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/triterpenes\/\">triterp\u00e8nes<\/a><\/strong> (\u03b1-amyrine, \u03b2-amyrine) et des <strong>st\u00e9rols<\/strong> (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/beta-sitosterol\/\">\u03b2-sitost\u00e9rol<\/a>, stigmast\u00e9rol) compl\u00e8tent le profil chimique. L&rsquo;<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/inuline\/\">inuline<\/a> est pr\u00e9sente dans les racines.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>L&rsquo;Armoise commune agit comme <strong>amer digestif<\/strong> par stimulation r\u00e9flexe de la s\u00e9cr\u00e9tion gastrique et biliaire via les lactones sesquiterp\u00e9niques activant les r\u00e9cepteurs TAS2R. L&rsquo;huile essentielle exerce un effet <strong>spasmolytique<\/strong> mod\u00e9r\u00e9 sur les muscles lisses digestifs, document\u00e9 in vitro par r\u00e9duction des contractions induites sur l&rsquo;il\u00e9on de cobaye isol\u00e9. L&rsquo;<strong>eupatiline<\/strong> et d&rsquo;autres flavones m\u00e9thoxyl\u00e9es pr\u00e9sentent une activit\u00e9 <strong>anti-inflammatoire<\/strong> par inhibition de la 5-lipooxyg\u00e9nase et de la production de leucotri\u00e8nes. Les <strong>polyac\u00e9tyl\u00e8nes<\/strong> exercent une activit\u00e9 antimicrobienne in vitro. L&rsquo;usage traditionnel comme <strong>emm\u00e9nagogue<\/strong> (stimulant des menstruations) repose probablement sur un effet ut\u00e9rotonique des compos\u00e9s terp\u00e9niques, bien que ce m\u00e9canisme ne soit pas pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e9lucid\u00e9. L&rsquo;effet <strong>f\u00e9brifuge<\/strong> traditionnel, qui a inspir\u00e9 le nom du genre (Art\u00e9mis, d\u00e9esse protectrice des femmes et de l&rsquo;enfantement), n&rsquo;est pas valid\u00e9 par des donn\u00e9es pharmacologiques modernes pour cette esp\u00e8ce, contrairement \u00e0 <em>A. annua<\/em> (art\u00e9misinine). La moxibustion exploite l&rsquo;effet thermique de la combustion lente des feuilles s\u00e8ches plut\u00f4t que les propri\u00e9t\u00e9s pharmacologiques internes.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Les donn\u00e9es cliniques sp\u00e9cifiques \u00e0 <em>Artemisia vulgaris<\/em> sont limit\u00e9es. L&rsquo;esp\u00e8ce ne dispose pas de monographie individuelle de la Commission E ni de l&rsquo;ESCOP, bien que les armoises en g\u00e9n\u00e9ral soient reconnues dans les pharmacop\u00e9es traditionnelles. La Commission E allemande a toutefois \u00e9mis un avis n\u00e9gatif pour <em>A. vulgaris<\/em> en raison de l&rsquo;insuffisance de preuves d&rsquo;efficacit\u00e9 et de la pr\u00e9sence de thuyone (neurotoxique \u00e0 haute dose). La moxibustion, technique utilisant l&rsquo;armoise comme combustible, fait l&rsquo;objet de nombreuses \u00e9tudes cliniques dans le cadre de la m\u00e9decine traditionnelle chinoise, notamment pour la version f\u0153tale par moxibustion du point BL67, avec des r\u00e9sultats encourageants dans des essais contr\u00f4l\u00e9s. En allergologie, <em>A. vulgaris<\/em> est un allerg\u00e8ne pollinique majeur en Europe centrale et m\u00e9ridionale, responsable de pollinoses estivo-automnales et de r\u00e9activit\u00e9s crois\u00e9es avec des aliments (syndrome c\u00e9leri-armoise-\u00e9pices). Des extraits allerg\u00e9niques standardis\u00e9s sont utilis\u00e9s en diagnostic et en immunoth\u00e9rapie sp\u00e9cifique.<\/p>\n<hr>\n<h3>TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h3>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe chimique<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td><strong>Vulgarine<\/strong><\/td>\n<td>Lactone sesquiterp\u00e9nique<\/td>\n<td>Amer digestif<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>1,8-Cin\u00e9ole<\/strong><\/td>\n<td>Monoterp\u00e8ne oxyde<\/td>\n<td>Aromatique, antiseptique respiratoire<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>\u03b1-Thuyone<\/strong><\/td>\n<td>Monoterp\u00e8ne c\u00e9tone<\/td>\n<td>Neurotoxique \u00e0 haute dose<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Eupatiline<\/strong><\/td>\n<td>Flavone m\u00e9thoxyl\u00e9e<\/td>\n<td>Anti-inflammatoire<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Acide chlorog\u00e9nique<\/strong><\/td>\n<td>Acide ph\u00e9nolique<\/td>\n<td>Antioxydant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Germacr\u00e8ne D<\/strong><\/td>\n<td>Sesquiterp\u00e8ne<\/td>\n<td>Aromatique<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>\u0391-thuyone<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>\u0392-thuyone<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Born\u00e9ol<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Germacr\u00e8ne d<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>\u0392-caryophyll\u00e8ne<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Infusion de sommit\u00e9s fleuries :<\/strong> 1 \u00e0 2 g par tasse d&rsquo;eau (d\u00e9part \u00e0 froid), infuser 10 minutes. 2 \u00e0 3 tasses par jour avant les repas comme digestif amer. Usage limit\u00e9 dans le temps (cure de 2 \u00e0 3 semaines maximum).<\/li>\n<li><strong>Teinture-m\u00e8re :<\/strong> plante fra\u00eeche 1:5 dans \u00e9thanol 45\u00b0. 20 \u00e0 40 gouttes 2 \u00e0 3 fois par jour.<\/li>\n<li><strong>Moxa (moxibustion) :<\/strong> feuilles s\u00e8ches d&rsquo;armoise roul\u00e9es en c\u00f4nes ou b\u00e2tonnets, br\u00fbl\u00e9es \u00e0 proximit\u00e9 de points d&rsquo;acupuncture. Usage en m\u00e9decine traditionnelle chinoise et japonaise.<\/li>\n<li><strong>Poudre en g\u00e9lules :<\/strong> 200 \u00e0 500 mg par prise, 2 \u00e0 3 fois par jour.<\/li>\n<li><strong>Usage culinaire :<\/strong> jeunes pousses comme aromate dans certaines pr\u00e9parations (anguille, oie en Allemagne).<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>L&rsquo;Armoise commune pr\u00e9sente une toxicit\u00e9 mod\u00e9r\u00e9e li\u00e9e principalement \u00e0 la <strong>thuyone<\/strong> de l&rsquo;huile essentielle. La thuyone est un convulsivant GABAergique (antagoniste des r\u00e9cepteurs GABA-A) pouvant provoquer des crises \u00e9pileptiformes \u00e0 haute dose. Les doses pr\u00e9sentes dans les tisanes traditionnelles sont tr\u00e8s inf\u00e9rieures au seuil toxique. L&rsquo;usage prolong\u00e9 \u00e0 forte dose est n\u00e9anmoins d\u00e9conseill\u00e9. La plante est <strong>contre-indiqu\u00e9e pendant la grossesse<\/strong> en raison de l&rsquo;effet ut\u00e9rotonique potentiel. Les <strong>allergies crois\u00e9es<\/strong> avec le pollen d&rsquo;armoise sont fr\u00e9quentes : le syndrome c\u00e9leri-armoise-\u00e9pices provoque des r\u00e9actions allergiques alimentaires chez les sujets sensibilis\u00e9s au pollen. Le contact cutan\u00e9 avec la plante fra\u00eeche peut provoquer une dermite de contact chez les sujets sensibilis\u00e9s aux Asteraceae (lactones sesquiterp\u00e9niques). La plante est d\u00e9conseill\u00e9e chez les sujets \u00e9pileptiques et en cas de traitement anticoagulant.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>L&rsquo;Armoise commune est l&rsquo;une des plantes les plus anciennement et universellement utilis\u00e9es dans l&rsquo;h\u00e9misph\u00e8re nord. Dans la Gr\u00e8ce antique, elle est consacr\u00e9e \u00e0 la d\u00e9esse Art\u00e9mis, protectrice des femmes et de l&rsquo;accouchement. Dioscoride la recommande comme emm\u00e9nagogue et abortif. Pline l&rsquo;Ancien la cite comme rem\u00e8de contre la fatigue du voyageur (\u00ab celui qui porte de l&rsquo;armoise dans ses chaussures ne conna\u00eetra pas la lassitude \u00bb). Au Moyen \u00c2ge, elle figure parmi les plantes magiques de la nuit de la Saint-Jean, br\u00fbl\u00e9e dans les feux de joie solsticiaux, d&rsquo;o\u00f9 le nom \u00ab herbe de la Saint-Jean \u00bb. La ceinture d&rsquo;armoise tress\u00e9e et port\u00e9e pendant la danse autour du feu \u00e9tait cens\u00e9e prot\u00e9ger contre les maladies de l&rsquo;ann\u00e9e. En m\u00e9decine populaire europ\u00e9enne, l&rsquo;armoise est le grand emm\u00e9nagogue v\u00e9g\u00e9tal, employ\u00e9 pour provoquer ou r\u00e9gulariser les r\u00e8gles. En Asie orientale, l&rsquo;armoise est le combustible de la moxibustion, technique mill\u00e9naire compl\u00e9mentaire de l&rsquo;acupuncture. Le festival de Duanwu (F\u00eate des bateaux-dragons) en Chine inclut l&rsquo;accrochage d&rsquo;armoise sur les portes comme protection contre les esprits malveillants.<\/p>\n<hr>\n<h3>STATUT DE CONSERVATION ET PROTECTION<\/h3>\n<p><em>Artemisia vulgaris<\/em> est l&rsquo;une des plantes les plus communes d&rsquo;Europe et ne fait l&rsquo;objet d&rsquo;aucune pr\u00e9occupation de conservation. L&rsquo;esp\u00e8ce est class\u00e9e LC (Pr\u00e9occupation mineure) partout et ne b\u00e9n\u00e9ficie d&rsquo;aucune protection r\u00e9glementaire. Elle est consid\u00e9r\u00e9e comme adventice ou invasive dans de nombreuses r\u00e9gions hors de son aire native. La ressource est surabondante et renouvelable. La cueillette pour usage m\u00e9dicinal ne pose aucun probl\u00e8me de conservation. L&rsquo;esp\u00e8ce repr\u00e9sente cependant un enjeu de sant\u00e9 publique en allergologie en raison de la quantit\u00e9 de pollen produite en zone urbaine et p\u00e9riurbaine.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>L&rsquo;Armoise commune est une grande plante m\u00e9dicinale de la tradition eurasiatique, dont l&rsquo;usage remonte \u00e0 la Pr\u00e9histoire et traverse toutes les civilisations de l&rsquo;h\u00e9misph\u00e8re nord. Sa phytochimie complexe associe une huile essentielle \u00e0 thuyone, des lactones sesquiterp\u00e9niques am\u00e8res, des flavones m\u00e9thoxyl\u00e9es anti-inflammatoires et des <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/polyphenols\/\">polyph\u00e9nols<\/a> antioxydants. Le profil pharmacologique \u2014 amer digestif, spasmolytique l\u00e9ger, emm\u00e9nagogue \u2014 est coh\u00e9rent avec les usages traditionnels mais insuffisamment valid\u00e9 par des essais cliniques modernes. La pr\u00e9sence de thuyone et l&rsquo;activit\u00e9 ut\u00e9rotonique imposent des pr\u00e9cautions d&#8217;emploi (contre-indication pendant la grossesse, cure courte). L&rsquo;usage le plus original de l&rsquo;armoise, la moxibustion, transcende la pharmacognosie classique pour s&rsquo;inscrire dans une pratique th\u00e9rapeutique physique. L&rsquo;esp\u00e8ce reste un pilier de la phytoth\u00e9rapie traditionnelle europ\u00e9enne et asiatique, m\u00e9ritant des \u00e9tudes cliniques rigoureuses pour pr\u00e9ciser ses indications.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li>Bora K.S., Sharma A., 2011. The genus <em>Artemisia<\/em>: a comprehensive review. <em>Pharmaceutical Biology<\/em>, 49(1), 101-109.<\/li>\n<li>Carnat A.P. et al., 2005. The essential oil of <em>Artemisia vulgaris<\/em> L. from France. <em>J. Essential Oil Research<\/em>, 17(2), 209-212.<\/li>\n<li>Mugwort allergenic molecules. IUIS Allergen Nomenclature Database.<\/li>\n<li>Bruneton J., 2009. <em>Pharmacognosie<\/em>, 4e \u00e9d. Tec &amp; Doc Lavoisier : Asteraceae.<\/li>\n<li>Plants of the World Online \u2014 Royal Botanic Gardens, Kew : <em>Artemisia vulgaris<\/em>.<\/li>\n<li>Tela Botanica \u2014 eFlore : Fiche <em>Artemisia vulgaris<\/em>.<\/li>\n<li>Cardini F. et al., 1998. Moxibustion for correction of breech presentation. <em>JAMA<\/em>, 280(18), 1580-1584.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Digestif<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antiseptique<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> F\u00e9brifuge<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE L&rsquo;Armoise commune, Artemisia vulgaris L., appartient \u00e0 la famille des Asteraceae, tribu des Anthemideae, genre Artemisia L. Ce genre immense comprend [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[56],"tags":[],"class_list":["post-690","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-asteracees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/690","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=690"}],"version-history":[{"count":23,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/690\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13674,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/690\/revisions\/13674"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=690"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=690"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=690"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}