{"id":726,"date":"2026-03-26T11:26:35","date_gmt":"2026-03-26T10:26:35","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/cynoglosse-officinale\/"},"modified":"2026-04-26T09:58:54","modified_gmt":"2026-04-26T07:58:54","slug":"cynoglosse-officinale","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/cynoglosse-officinale\/","title":{"rendered":"CYNOGlOSSE OFFICINALE"},"content":{"rendered":"<p>La cynoglosse officinale (<em>Cynoglossum officinale<\/em> L.) est une plante bisannuelle de la famille des Boraginac\u00e9es, commune dans les friches, les bords de chemins et les p\u00e2turages d&rsquo;Europe temp\u00e9r\u00e9e. Son nom, du grec <em>kynos<\/em> (chien) et <em>glossa<\/em> (langue), \u00e9voque la forme et la texture de ses feuilles, douces et velout\u00e9es comme la langue d&rsquo;un chien. Ses petites fleurs rouge sombre en cymes scorpio\u00efdes et ses fruits munis de crochets barbel\u00e9s la rendent facilement identifiable dans les terrains vagues et les d\u00e9combres.<\/p>\n<p>La cynoglosse officinale occupe une place ambivalente dans l&rsquo;histoire de la m\u00e9decine. Utilis\u00e9e depuis l&rsquo;Antiquit\u00e9 comme <strong>s\u00e9datif<\/strong>, <strong>antitussif<\/strong> et <strong>cicatrisant<\/strong>, elle est aujourd&rsquo;hui consid\u00e9r\u00e9e avec prudence en raison de sa teneur en <strong>alcalo\u00efdes pyrrolizidiniques<\/strong> h\u00e9patotoxiques. Cette dualit\u00e9 entre efficacit\u00e9 th\u00e9rapeutique traditionnelle et risque toxicologique moderne illustre la n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;une r\u00e9\u00e9valuation permanente des drogues v\u00e9g\u00e9tales anciennes.<\/p>\n<hr>\n<h2>I \u2013 Nomenclature et syst\u00e9matique<\/h2>\n<p>La cynoglosse officinale porte le nom scientifique <em>Cynoglossum officinale<\/em> L. Elle appartient \u00e0 la famille des <strong>Boraginaceae<\/strong>, genre <em>Cynoglossum<\/em>, qui comprend environ 75 esp\u00e8ces dans les r\u00e9gions temp\u00e9r\u00e9es. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>officinale<\/em> confirme son ancien statut de plante m\u00e9dicinale officinale. Les synonymes sont rares. Les noms vernaculaires sont : \u00ab cynoglosse officinale \u00bb, \u00ab langue de chien \u00bb, \u00ab herbe d&rsquo;Antal \u00bb en fran\u00e7ais ; \u00ab hound&rsquo;s tongue \u00bb en anglais ; \u00ab Echte Hundszunge \u00bb en allemand.<\/p>\n<p>La plante est parfois confondue avec d&rsquo;autres Boraginac\u00e9es (consoude, vip\u00e9rine), mais ses fruits \u00e0 crochets et ses fleurs rouge sombre sont caract\u00e9ristiques. L&rsquo;esp\u00e8ce est consid\u00e9r\u00e9e comme envahissante en Am\u00e9rique du Nord et en Australie, o\u00f9 elle a \u00e9t\u00e9 introduite accidentellement.<\/p>\n<hr>\n<h2>II \u2013 Botanique et morphologie<\/h2>\n<p>La cynoglosse officinale est une plante bisannuelle de 30 \u00e0 80 cm de hauteur. La tige est dress\u00e9e, robuste, rameuse, couverte d&rsquo;un indument mou et gris\u00e2tre. Les feuilles basales sont grandes (10 \u00e0 30 cm), lanc\u00e9ol\u00e9es, p\u00e9tiol\u00e9es, d&rsquo;un vert gris\u00e2tre, couvertes de poils mous et doux (d&rsquo;o\u00f9 la comparaison avec une langue de chien). Les feuilles caulinaires sont sessiles, embrassantes, progressivement plus petites.<\/p>\n<p>Les fleurs sont petites (6 \u00e0 8 mm de diam\u00e8tre), dispos\u00e9es en cymes scorpio\u00efdes terminales. La corolle est infundibuliforme, d&rsquo;un rouge sombre \u00e0 pourpre brun\u00e2tre, \u00e0 5 lobes, avec des \u00e9cailles faucales fermant la gorge. Le calice est \u00e0 5 s\u00e9pales velus. Le fruit est compos\u00e9 de 4 nucules (\u00e9r\u00e8mes) ovo\u00efdes, aplaties, couvertes de glochidies (crochets barbel\u00e9s) qui adh\u00e8rent aux v\u00eatements et \u00e0 la fourrure des animaux (\u00e9pizoochorie). La floraison a lieu de mai \u00e0 juillet.<\/p>\n<hr>\n<h2>III \u2013 Habitat et r\u00e9partition g\u00e9ographique<\/h2>\n<p>La cynoglosse officinale est une esp\u00e8ce eurasiatique largement r\u00e9pandue dans toute l&rsquo;Europe temp\u00e9r\u00e9e, l&rsquo;Asie occidentale et centrale. Elle est naturalis\u00e9e en Am\u00e9rique du Nord, en Australie et en Nouvelle-Z\u00e9lande, o\u00f9 elle est consid\u00e9r\u00e9e comme envahissante. En France, elle est commune dans la plupart des r\u00e9gions, de la plaine jusqu&rsquo;\u00e0 1 500 m, sauf dans le Midi m\u00e9diterran\u00e9en o\u00f9 elle est rare.<\/p>\n<p>Elle affectionne les friches, les d\u00e9combres, les bords de chemins, les p\u00e2turages secs, les terrains vagues, les voies ferr\u00e9es et les dunes fix\u00e9es. Elle se d\u00e9veloppe sur des sols neutres \u00e0 calcaires, bien drain\u00e9s, mod\u00e9r\u00e9ment fertiles, souvent perturb\u00e9s. C&rsquo;est une esp\u00e8ce rud\u00e9rale nitrophile, favoris\u00e9e par le pi\u00e9tinement, le surp\u00e2turage et les perturbations du sol. Ses fruits \u00e0 crochets assurent une dispersion efficace par le b\u00e9tail et les animaux sauvages.<\/p>\n<hr>\n<h2>IV \u2013 Composition chimique<\/h2>\n<p>La cynoglosse officinale contient des <strong>alcalo\u00efdes pyrrolizidiniques<\/strong> (AP) en quantit\u00e9 significative, principalement l&rsquo;<strong>h\u00e9liosupine<\/strong>, l&rsquo;<strong>\u00e9chinatine<\/strong>, la <strong>cynoglossine<\/strong> et la <strong>consolidine<\/strong>. Ces AP sont pr\u00e9sents sous forme de bases libres et de N-oxydes dans toutes les parties de la plante, avec des concentrations maximales dans les racines (0,5 \u00e0 2 % du poids sec).<\/p>\n<p>Outre les alcalo\u00efdes, la plante contient des <strong>mucilages<\/strong>, des <strong>tanins<\/strong>, de l&rsquo;<strong>allanto\u00efne<\/strong> (compos\u00e9 cicatrisant bien connu, \u00e9galement pr\u00e9sent dans la consoude), des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> (<strong>acide rosmarinique<\/strong>, <strong>acide lithospermique<\/strong>), des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> et de la <strong>choline<\/strong>. L&rsquo;allanto\u00efne est le compos\u00e9 d&rsquo;int\u00e9r\u00eat th\u00e9rapeutique principal, mais sa pr\u00e9sence est \u00e9clips\u00e9e par le risque toxicologique des AP.<\/p>\n<hr>\n<h2>V \u2013 Propri\u00e9t\u00e9s pharmacologiques<\/h2>\n<p>L&rsquo;<strong>allanto\u00efne<\/strong> poss\u00e8de des propri\u00e9t\u00e9s <strong>cicatrisantes<\/strong> remarquables : elle stimule la prolif\u00e9ration cellulaire, favorise la r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration des tissus et acc\u00e9l\u00e8re la cicatrisation des plaies et des ulc\u00e8res. L&rsquo;acide rosmarinique poss\u00e8de des propri\u00e9t\u00e9s <strong>antioxydantes<\/strong>, <strong>anti-inflammatoires<\/strong> et <strong>antivirales<\/strong>. Les mucilages exercent un effet <strong>adoucissant<\/strong> et <strong>antitussif<\/strong>.<\/p>\n<p>Historiquement, la plante \u00e9tait r\u00e9put\u00e9e <strong>s\u00e9dative<\/strong>, <strong>antispasmodique<\/strong> et <strong>analg\u00e9sique<\/strong>, propri\u00e9t\u00e9s qui pourraient \u00eatre en partie attribu\u00e9es aux alcalo\u00efdes. Cependant, les AP sont <strong>h\u00e9patotoxiques<\/strong> apr\u00e8s bioactivation par les cytochromes P450 h\u00e9patiques, provoquant des l\u00e9sions veino-occlusives h\u00e9patiques potentiellement mortelles. Ce profil de toxicit\u00e9 rend impossible l&rsquo;usage th\u00e9rapeutique interne de la plante brute. L&rsquo;usage externe (allanto\u00efne) reste th\u00e9oriquement int\u00e9ressant mais n\u00e9cessiterait des extraits purifi\u00e9s d\u00e9barrass\u00e9s d&rsquo;alcalo\u00efdes.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI \u2013 Utilisations en m\u00e9decine traditionnelle<\/h2>\n<p>La cynoglosse est mentionn\u00e9e par Dioscoride comme rem\u00e8de contre les morsures de chien (d&rsquo;o\u00f9 le nom \u00ab langue de chien \u00bb par confusion \u00e9tymologique). Au Moyen \u00c2ge, elle figurait dans les pharmacop\u00e9es comme s\u00e9datif et antitussif. Les \u00ab pilules de cynoglosse \u00bb \u00e9taient un m\u00e9dicament opiac\u00e9 c\u00e9l\u00e8bre contenant de l&rsquo;opium, de l&rsquo;encens, de la myrrhe et de la cynoglosse, prescrit contre la toux et l&rsquo;insomnie.<\/p>\n<p>En usage externe, les cataplasmes de feuilles fra\u00eeches \u00e9taient appliqu\u00e9s sur les plaies, les br\u00fblures et les ulc\u00e8res, exploitant les propri\u00e9t\u00e9s cicatrisantes de l&rsquo;allanto\u00efne. La racine en d\u00e9coction servait d&rsquo;antidiarrh\u00e9ique et de gargarisme contre les aphtes. La plante \u00e9tait r\u00e9put\u00e9e \u00e9loigner les rats et les souris (d&rsquo;o\u00f9 le nom \u00ab herbe aux rats \u00bb). Ces usages internes sont aujourd&rsquo;hui formellement d\u00e9conseill\u00e9s en raison de la toxicit\u00e9 des AP.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII \u2013 Posologie et formes d&#8217;emploi<\/h2>\n<p>L&rsquo;usage interne de la cynoglosse officinale est formellement contre-indiqu\u00e9 en raison de la teneur en alcalo\u00efdes pyrrolizidiniques. Aucune posologie interne ne peut \u00eatre recommand\u00e9e. Les \u00ab pilules de cynoglosse \u00bb historiques ont \u00e9t\u00e9 retir\u00e9es de la pharmacop\u00e9e.<\/p>\n<p>L&rsquo;usage externe (cataplasmes de feuilles fra\u00eeches, pommades) pr\u00e9sente un risque moindre car l&rsquo;absorption transcutan\u00e9e des AP est limit\u00e9e. Toutefois, par pr\u00e9caution, m\u00eame l&rsquo;usage externe est d\u00e9conseill\u00e9 sans garantie de l&rsquo;absence d&rsquo;alcalo\u00efdes. L&rsquo;allanto\u00efne pure, disponible en pharmacie, est le substitut moderne et s\u00fbr des pr\u00e9parations \u00e0 base de cynoglosse pour la cicatrisation. La plante n&rsquo;est pas utilis\u00e9e en hom\u00e9opathie courante.<\/p>\n<hr>\n<h2>VIII \u2013 Toxicologie et effets ind\u00e9sirables<\/h2>\n<p>Les <strong>alcalo\u00efdes pyrrolizidiniques<\/strong> de la cynoglosse sont h\u00e9patotoxiques, g\u00e9notoxiques et potentiellement carcinog\u00e8nes. La bioactivation h\u00e9patique par les CYP3A4 produit des m\u00e9tabolites pyrroles r\u00e9actifs qui alkylent l&rsquo;ADN et les prot\u00e9ines, provoquant une <strong>maladie veino-occlusive h\u00e9patique<\/strong> (syndrome de Budd-Chiari) potentiellement mortelle.<\/p>\n<p>Des cas d&rsquo;intoxication du b\u00e9tail (chevaux, bovins) par la cynoglosse sont document\u00e9s, principalement par consommation de foin contamin\u00e9. Les chevaux sont particuli\u00e8rement sensibles. L&rsquo;intoxication chronique \u00e0 faibles doses est insidieuse et peut provoquer une cirrhose h\u00e9patique progressive. Les enfants et les personnes souffrant de maladies h\u00e9patiques sont plus vuln\u00e9rables. La plante est contre-indiqu\u00e9e pendant la grossesse et l&rsquo;allaitement. L&rsquo;OMS recommande une exposition quotidienne aux AP inf\u00e9rieure \u00e0 0,007 \u03bcg\/kg de poids corporel.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX \u2013 Interactions m\u00e9dicamenteuses<\/h2>\n<p>Les AP sont bioactiv\u00e9s par le <strong>CYP3A4<\/strong>. Tout inducteur de ce cytochrome (rifampicine, ph\u00e9nobarbital, millepertuis) augmente la formation de m\u00e9tabolites toxiques. Les inhibiteurs du CYP3A4 (k\u00e9toconazole, \u00e9rythromycine) pourraient th\u00e9oriquement r\u00e9duire la toxicit\u00e9 mais ne constituent pas une protection fiable.<\/p>\n<p>L&rsquo;association avec d&rsquo;autres substances h\u00e9patotoxiques (alcool, parac\u00e9tamol, m\u00e9thotrexate) est \u00e0 proscrire. L&rsquo;association avec d&rsquo;autres plantes contenant des AP (consoude, tussilage, s\u00e9ne\u00e7on, h\u00e9liotrope, bourrache) entra\u00eene un effet additif. Ces consid\u00e9rations sont acad\u00e9miques puisque l&rsquo;usage de la cynoglosse est d\u00e9conseill\u00e9, mais pertinentes en cas d&rsquo;exposition accidentelle.<\/p>\n<hr>\n<h2>X \u2013 \u00c9tudes cliniques et scientifiques<\/h2>\n<p>Les \u00e9tudes sur la cynoglosse officinale sont principalement phytochimiques et toxicologiques. Des travaux ont caract\u00e9ris\u00e9 le profil en AP de diff\u00e9rentes populations europ\u00e9ennes et nord-am\u00e9ricaines. L&rsquo;h\u00e9liosupine et l&rsquo;\u00e9chinatine ont \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9es comme les AP majoritaires. Des \u00e9tudes v\u00e9t\u00e9rinaires ont document\u00e9 les intoxications chroniques chez les chevaux.<\/p>\n<p>Des \u00e9tudes pharmacologiques ont confirm\u00e9 les propri\u00e9t\u00e9s cicatrisantes de l&rsquo;allanto\u00efne, validant l&rsquo;usage vuln\u00e9raire traditionnel. L&rsquo;acide rosmarinique a fait l&rsquo;objet de nombreuses \u00e9tudes d\u00e9montrant ses propri\u00e9t\u00e9s antioxydantes et anti-inflammatoires. Aucune \u00e9tude clinique n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 men\u00e9e chez l&rsquo;homme pour des raisons \u00e9videntes de toxicit\u00e9. Des recherches en lutte biologique sont men\u00e9es en Am\u00e9rique du Nord pour contr\u00f4ler l&rsquo;invasion par la cynoglosse.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI \u2013 Aspects r\u00e9glementaires<\/h2>\n<p>La cynoglosse officinale a \u00e9t\u00e9 retir\u00e9e des pharmacop\u00e9es modernes en raison de la toxicit\u00e9 des AP. Elle ne figure plus sur la liste des plantes m\u00e9dicinales autoris\u00e9es en France. La r\u00e9glementation europ\u00e9enne sur les AP (r\u00e8glement (UE) 2020\/2040) impose des limites maximales strictes dans les denr\u00e9es alimentaires et les compl\u00e9ments.<\/p>\n<p>L&rsquo;esp\u00e8ce n&rsquo;est pas prot\u00e9g\u00e9e en Europe, \u00e9tant commune. En Am\u00e9rique du Nord et en Australie, elle est class\u00e9e comme esp\u00e8ce exotique envahissante et fait l&rsquo;objet de programmes d&rsquo;\u00e9radication. La commercialisation de pr\u00e9parations contenant de la cynoglosse est interdite ou strictement encadr\u00e9e dans la plupart des pays europ\u00e9ens.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII \u2013 \u00c9cologie et culture<\/h2>\n<p>La cynoglosse est une plante rud\u00e9rale bisannuelle qui se reproduit exclusivement par graines. La premi\u00e8re ann\u00e9e, elle forme une rosette basale ; la deuxi\u00e8me ann\u00e9e, elle fleurit et meurt. Les fruits \u00e0 crochets assurent une dispersion efficace par les animaux. La banque de graines dans le sol peut persister plusieurs ann\u00e9es.<\/p>\n<p>La culture n&rsquo;est \u00e9videmment pas recommand\u00e9e en raison de la toxicit\u00e9. En Am\u00e9rique du Nord, des biocontr\u00f4les par un charan\u00e7on (<em>Mogulones crucifer<\/em>) sont \u00e0 l&rsquo;\u00e9tude pour limiter l&rsquo;invasion. L&rsquo;arrachage avant la fructification est la meilleure m\u00e9thode de contr\u00f4le. La plante est cependant mellif\u00e8re et constitue une source de nectar pour les bourdons et les abeilles.<\/p>\n<hr>\n<h2>XIII \u2013 Aspects culturels et historiques<\/h2>\n<p>La cynoglosse est d\u00e9crite par Dioscoride, Pline et Galien. Les \u00ab pilules de cynoglosse \u00bb, m\u00e9lange de poudre de cynoglosse, d&rsquo;opium, de myrrhe et d&rsquo;encens, furent un m\u00e9dicament c\u00e9l\u00e8bre de la pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne du XVIe au XIXe si\u00e8cle, prescrit contre la toux, l&rsquo;insomnie et les n\u00e9vralgies. Leur retrait fut li\u00e9 \u00e0 l&rsquo;opium qu&rsquo;elles contenaient plut\u00f4t qu&rsquo;aux AP, alors inconnus.<\/p>\n<p>Dans le folklore, la cynoglosse \u00e9tait r\u00e9put\u00e9e emp\u00eacher les chiens d&rsquo;aboyer (d&rsquo;o\u00f9 l&rsquo;association avec la \u00ab langue de chien \u00bb) et \u00e9loigner les rats. En magie populaire, elle \u00e9tait port\u00e9e en amulette pour \u00ab lier les langues \u00bb des ennemis. Le m\u00e9decin anglais Nicholas Culpeper (XVIIe si\u00e8cle) la recommandait comme rem\u00e8de lunaire, gouvern\u00e9 par V\u00e9nus. Ces croyances t\u00e9moignent de la place de la plante dans l&rsquo;imaginaire m\u00e9dical pr\u00e9-moderne.<\/p>\n<hr>\n<h2>XIV \u2013 Conclusion et perspectives<\/h2>\n<p>La cynoglosse officinale illustre tragiquement la distance entre l&rsquo;efficacit\u00e9 th\u00e9rapeutique per\u00e7ue par la tradition et le risque toxicologique r\u00e9v\u00e9l\u00e9 par la science moderne. L&rsquo;allanto\u00efne, compos\u00e9 cicatrisant remarquable, est pi\u00e9g\u00e9e dans une matrice d&rsquo;alcalo\u00efdes h\u00e9patotoxiques qui en rendent l&rsquo;extraction et la purification n\u00e9cessaires pour tout usage s\u00fbr.<\/p>\n<p>Les perspectives portent sur le d\u00e9veloppement de m\u00e9thodes d&rsquo;extraction s\u00e9lective de l&rsquo;allanto\u00efne et de l&rsquo;acide rosmarinique d\u00e9barrass\u00e9s d&rsquo;AP, sur le biocontr\u00f4le de l&rsquo;invasion en Am\u00e9rique du Nord, et sur la compr\u00e9hension des m\u00e9canismes de d\u00e9toxification des AP chez les herbivores r\u00e9sistants. La cynoglosse rappelle que la fronti\u00e8re entre le rem\u00e8de et le poison, th\u00e8me central de la pharmacologie depuis Paracelse, demeure une r\u00e9alit\u00e9 vivante dans le monde des plantes m\u00e9dicinales.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La cynoglosse officinale (Cynoglossum officinale L.) est une plante bisannuelle de la famille des Boraginac\u00e9es, commune dans les friches, les bords de chemins et les [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[57],"tags":[],"class_list":["post-726","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-boraginaceae"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/726","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=726"}],"version-history":[{"count":8,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/726\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":9989,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/726\/revisions\/9989"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=726"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=726"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=726"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}