{"id":733,"date":"2026-03-26T11:26:43","date_gmt":"2026-03-26T10:26:43","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/myosotis-des-bois\/"},"modified":"2026-04-26T08:18:40","modified_gmt":"2026-04-26T06:18:40","slug":"myosotis-des-bois","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/myosotis-des-bois\/","title":{"rendered":"MYOSOTIS DES BOIS"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Myosotis%20des%20bois.jpg\" alt=\"Planche botanique Myosotis des bois\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<p><em>Myosotis sylvatica<\/em> Hoffm.<\/p>\n<p>Famille : Boraginaceae<\/p>\n<p>Le myosotis des bois est la plus grande et la plus commune des esp\u00e8ces de myosotis forestiers d&rsquo;Europe. Ses fleurs d&rsquo;un bleu ciel lumineux \u00e0 \u0153il jaune, port\u00e9es en cymes scorpio\u00efdes gracieuses, s&rsquo;\u00e9panouissent de mai \u00e0 juillet dans les sous-bois humides, les lisi\u00e8res fra\u00eeches et les prairies de montagne. C&rsquo;est l&rsquo;esp\u00e8ce qui a donn\u00e9 naissance \u00e0 la plupart des vari\u00e9t\u00e9s horticoles de myosotis cultiv\u00e9es dans les jardins.<\/p>\n<p>Comme toutes les Boraginac\u00e9es, <em>M. sylvatica<\/em> contient des <strong>alcalo\u00efdes pyrrolizidiniques<\/strong>, ce qui impose une prudence absolue vis-\u00e0-vis de tout usage interne. Son int\u00e9r\u00eat pharmacognosique est essentiellement n\u00e9gatif (toxicologie) et comparatif (chimiotaxonomie des Boraginac\u00e9es), tandis que son importance \u00e9cologique et ornementale reste consid\u00e9rable.<\/p>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Famille :<\/strong> Boraginaceae<\/li>\n<li><strong>Genre :<\/strong> <em>Myosotis<\/em><\/li>\n<li><strong>Esp\u00e8ce :<\/strong> <em>Myosotis sylvatica<\/em> Hoffm.<\/li>\n<li><strong>Noms vernaculaires :<\/strong> Myosotis des bois, Myosotis des for\u00eats, Ne-m&rsquo;oubliez-pas (partag\u00e9 avec le genre).<\/li>\n<\/ul>\n<p><em>Myosotis sylvatica<\/em> est l&rsquo;esp\u00e8ce la plus typique du groupe des myosotis forestiers vivaces. Sa distinction par rapport \u00e0 <em>M. alpestris<\/em> repose sur la pilosit\u00e9 du calice (poils inf\u00e9rieurs crochus chez <em>M. sylvatica<\/em>, droits et apprim\u00e9s chez <em>M. alpestris<\/em>), sur l&rsquo;habitat (forestier et collin\u00e9en vs alpin) et sur le port plus grand et plus l\u00e2che. Les cultivars horticoles d\u00e9riv\u00e9s de <em>M. sylvatica<\/em> sont omnipr\u00e9sents dans les jardins europ\u00e9ens.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<h3>A. Port et architecture<\/h3>\n<p>Vivace (ou bisannuelle) de 15 \u00e0 50 cm, \u00e0 port dress\u00e9, ramifi\u00e9, l\u00e2che, pubescent. Plus grand et plus \u00e9lanc\u00e9 que <em>M. alpestris<\/em>.<\/p>\n<h3>B. Appareil v\u00e9g\u00e9tatif<\/h3>\n<p><strong>Feuilles :<\/strong> les basales en rosette, oblanc\u00e9ol\u00e9es \u00e0 spatul\u00e9es, obtuses, pubescentes, p\u00e9tiol\u00e9es. Les caulinaires alternes, sessiles, oblongues-lanc\u00e9ol\u00e9es, couvertes de poils mous, \u00e9tal\u00e9s. Vert franc.<\/p>\n<h3>C. Appareil reproducteur<\/h3>\n<p><strong>Inflorescence :<\/strong> cyme scorpio\u00efde typique des Boraginac\u00e9es, se d\u00e9roulant progressivement.<\/p>\n<p><strong>Fleurs :<\/strong> de 5 \u00e0 8 mm de diam\u00e8tre, bleu ciel (plus clair que <em>M. alpestris<\/em>), avec un \u0153il central jaune (anneau de squamules). Calice \u00e0 5 dents, couvert de poils dont les inf\u00e9rieurs sont nettement <strong>crochus<\/strong> (= hameux) \u2014 crit\u00e8re fondamental de distinction par rapport \u00e0 <em>M. alpestris<\/em> (poils droits).<\/p>\n<p><strong>Fruit :<\/strong> t\u00e9trak\u00e8ne \u2014 quatre nucules noires, lisses, brillantes.<\/p>\n<p><strong>Floraison :<\/strong> mai \u00e0 juillet.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. \u00c9COLOGIE ET DISTRIBUTION<\/h2>\n<p><strong>Habitat :<\/strong> sous-bois frais et humides, lisi\u00e8res foresti\u00e8res, prairies de montagne, m\u00e9gaphorbiaies, bords de ruisseaux ombrag\u00e9s. L&rsquo;esp\u00e8ce est m\u00e9sophile \u00e0 hygrophile, sciaphile \u00e0 h\u00e9mi-sciaphile.<\/p>\n<p><strong>Sol :<\/strong> sols frais, humif\u00e8res, riches, neutres \u00e0 faiblement acides. Bonne tol\u00e9rance \u00e0 l&rsquo;ombrage.<\/p>\n<p><strong>R\u00e9partition :<\/strong> toute l&rsquo;Europe, de la plaine \u00e0 l&rsquo;\u00e9tage montagnard (jusqu&rsquo;\u00e0 1800 m). En France, commune partout sauf dans le Midi m\u00e9diterran\u00e9en sec. Plus largement : Caucase, Sib\u00e9rie occidentale.<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<ul>\n<li>Parties a\u00e9riennes \u2014 usage populaire marginal uniquement<\/li>\n<\/ul>\n<p>Le myosotis des bois n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 une drogue officinale. Quelques mentions anciennes signalent un usage en infusion pectorale, mais sans tradition v\u00e9ritablement \u00e9tablie. L&rsquo;esp\u00e8ce est surtout cultiv\u00e9e comme ornementale de parterre et de sous-bois.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<h3>A. Alcalo\u00efdes pyrrolizidiniques<\/h3>\n<p>Comme les autres <em>Myosotis<\/em>, <em>M. sylvatica<\/em> contient des <strong>alcalo\u00efdes pyrrolizidiniques<\/strong> (AP) de type <strong>interm\u00e9dine<\/strong> et <strong>lycopsamine<\/strong>, ainsi que leurs N-oxydes. Ces compos\u00e9s sont des esters macrocycliques ou ouverts d&rsquo;acides n\u00e9ciniques sur une base n\u00e9cine insatur\u00e9e en position 1,2, structure responsable de l&rsquo;h\u00e9patotoxicit\u00e9 et de la g\u00e9notoxicit\u00e9. Les teneurs sont faibles (inf\u00e9rieures \u00e0 celles de <em>Symphytum<\/em> ou <em>Echium<\/em>), mais suffisantes pour contre-indiquer tout usage alimentaire ou m\u00e9dicinal par voie interne.<\/p>\n<h3>B. Acide rosmarinique<\/h3>\n<p>L&rsquo;<strong>acide rosmarinique<\/strong>, depsipside de l&rsquo;acide caf\u00e9ique et de l&rsquo;acide 3,4-dihydroxyph\u00e9nyllactique, est pr\u00e9sent en teneurs significatives. C&rsquo;est le compos\u00e9 ph\u00e9nolique marqueur des Boraginac\u00e9es, puissant antioxydant et anti-inflammatoire.<\/p>\n<h3>C. Flavono\u00efdes<\/h3>\n<p>Des d\u00e9riv\u00e9s de la <strong>querc\u00e9tine<\/strong> et du <strong>kaempf\u00e9rol<\/strong> contribuent au profil polyph\u00e9nolique.<\/p>\n<h3>D. Mucilages<\/h3>\n<p>Des <strong>mucilages<\/strong> polysaccharidiques sont pr\u00e9sents, expliquant la texture l\u00e9g\u00e8rement visqueuse des feuilles fra\u00eeches.<\/p>\n<h3>E. Pigments floraux<\/h3>\n<p>La couleur bleu ciel repose sur des <strong>anthocyanes<\/strong> de type delphinidine, avec transition rose-bleu pendant le d\u00e9veloppement (caract\u00e9ristique des Boraginac\u00e9es).<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>H\u00e9patotoxicit\u00e9 (AP)<\/strong> : les alcalo\u00efdes pyrrolizidiniques 1,2-insatur\u00e9s sont bioactiv\u00e9s par les cytochromes P450 h\u00e9patiques en pyrroles alkylants, qui provoquent une n\u00e9crose h\u00e9patocytaire et une fibrose des veinules h\u00e9patiques (maladie veino-occlusive). Ce m\u00e9canisme est commun \u00e0 toutes les Boraginac\u00e9es contenant des AP.<\/li>\n<li><strong>G\u00e9notoxicit\u00e9 (AP)<\/strong> : les pyrroles alkylants forment des adduits avec l&rsquo;ADN, conf\u00e9rant un potentiel mutag\u00e8ne et carcinog\u00e8ne reconnu.<\/li>\n<li><strong>Activit\u00e9 antioxydante<\/strong> : l&rsquo;acide rosmarinique et les flavono\u00efdes poss\u00e8dent une activit\u00e9 pi\u00e9geuse de radicaux libres document\u00e9e in vitro.<\/li>\n<li><strong>Activit\u00e9 \u00e9molliente<\/strong> : les mucilages ont un effet adoucissant sur les muqueuses (usage externe th\u00e9orique).<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>VII. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Aucune donn\u00e9e clinique. L&rsquo;esp\u00e8ce ne fait l&rsquo;objet d&rsquo;aucune monographie officielle et son usage est d\u00e9conseill\u00e9 en raison de la pr\u00e9sence d&rsquo;AP.<\/p>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Horticulture :<\/strong> principal usage \u2014 plante de parterre, de massif printanier et de jardin de sous-bois. Nombreux cultivars \u00e0 fleurs bleues, roses ou blanches.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Aucune forme m\u00e9dicinale recommandable en raison des alcalo\u00efdes pyrrolizidiniques.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>La toxicit\u00e9 des myosotis est li\u00e9e aux <strong>alcalo\u00efdes pyrrolizidiniques<\/strong>. Bien que les teneurs soient faibles, l&rsquo;EFSA consid\u00e8re qu&rsquo;il n&rsquo;existe pas de dose seuil s\u00fbre pour les AP g\u00e9notoxiques. L&rsquo;ingestion chronique de toute plante contenant des AP 1,2-insatur\u00e9s est d\u00e9conseill\u00e9e.<\/p>\n<p>Les cas d&rsquo;intoxication humaine par les myosotis sont exceptionnels (la plante n&rsquo;est gu\u00e8re consomm\u00e9e), mais le risque de contamination crois\u00e9e du miel (abeilles butinant les myosotis) fait l&rsquo;objet d&rsquo;une surveillance par les autorit\u00e9s sanitaires europ\u00e9ennes.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES ET ETHNOBOTANIQUES<\/h2>\n<p>Le myosotis des bois partage avec les autres esp\u00e8ces du genre la l\u00e9gende du \u00ab ne m&rsquo;oubliez pas \u00bb (voir <em>M. alpestris<\/em>). La symbolique de fid\u00e9lit\u00e9 et de souvenir associ\u00e9e au myosotis en fait l&rsquo;une des plantes les plus charg\u00e9es culturellement en Europe, bien au-del\u00e0 de tout usage m\u00e9dicinal.<\/p>\n<p>En m\u00e9decine populaire, des mentions \u00e9parses signalent un usage pectoral (infusion contre la toux) et ophtalmologique (eau de myosotis pour les yeux fatigu\u00e9s), sans que l&rsquo;on puisse \u00e9tablir une tradition coh\u00e9rente. Le nom <em>Myosotis<\/em> (du grec \u00ab oreille de souris \u00bb) fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la forme des feuilles basales.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. INT\u00c9R\u00caT \u00c9COLOGIQUE<\/h2>\n<p>Le myosotis des bois est une composante importante de la strate herbac\u00e9e des sous-bois frais et des lisi\u00e8res humides. Sa floraison printani\u00e8re prolong\u00e9e fournit du nectar et du pollen aux pollinisateurs forestiers. L&rsquo;esp\u00e8ce est un indicateur de sols frais et riches, et sa pr\u00e9sence signale des milieux forestiers de bonne qualit\u00e9.<\/p>\n<p>En horticulture, le myosotis des bois est une plante bisannuelle \u00e0 vivace de courte dur\u00e9e, qui se ress\u00e8me spontan\u00e9ment et forme des colonies naturalis\u00e9es dans les jardins, contribuant \u00e0 la biodiversit\u00e9 urbaine.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. CONFUSIONS POSSIBLES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong><em>Myosotis alpestris<\/em><\/strong> \u2014 poils du calice droits et apprim\u00e9s (vs crochus chez <em>M. sylvatica<\/em>), port plus compact, habitat alpin.<\/li>\n<li><strong><em>Myosotis arvensis<\/em><\/strong> \u2014 annuel, fleurs plus petites (3-5 mm), calice \u00e0 poils crochus, habitat rud\u00e9ral et cultural.<\/li>\n<li><strong><em>Myosotis scorpioides<\/em><\/strong> \u2014 vivace stolonif\u00e8re des milieux humides, feuilles glabrescentes, calice \u00e0 poils apprim\u00e9s.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Le caract\u00e8re des poils du calice (crochus vs apprim\u00e9s) est le crit\u00e8re diagnostique principal.<\/p>\n<hr>\n<h2>XIII. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p><em>Myosotis sylvatica<\/em> est avant tout une plante ornementale et \u00e9cologique d&rsquo;importance, mais pharmacognosiquement d\u00e9conseill\u00e9e en usage interne en raison de ses alcalo\u00efdes pyrrolizidiniques. Son int\u00e9r\u00eat chimique r\u00e9side dans l&rsquo;acide rosmarinique (marqueur des Boraginac\u00e9es) et dans la contribution du genre \u00e0 la compr\u00e9hension de la biosynth\u00e8se et de la toxicologie des AP. La plante illustre le paradoxe d&rsquo;une esp\u00e8ce culturellement ador\u00e9e mais chimiquement dangereuse.<\/p>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antioxydant (acide rosmarinique \u2014 donn\u00e9es in vitro)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2606\u2606\u2606\u2606<\/strong> \u00c9mollient (mucilages \u2014 usage externe th\u00e9orique)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2606\u2606\u2606\u2606<\/strong> Pectoral (tradition marginale \u2014 contre-indiqu\u00e9 par voie interne)<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>XIV. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li>Plants of the World Online, Royal Botanic Gardens Kew \u2014 <em>Myosotis sylvatica<\/em><\/li>\n<li>Tela Botanica, eFlore \u2014 <em>Myosotis sylvatica<\/em><\/li>\n<li>EFSA, \u00ab Scientific opinion on pyrrolizidine alkaloids in food and feed \u00bb, <em>EFSA Journal<\/em>, 2017<\/li>\n<li>Bruneton J., <em>Pharmacognosie, Phytochimie, Plantes m\u00e9dicinales<\/em>, 5e \u00e9d., Lavoisier, 2016<\/li>\n<li>Roeder E., \u00ab Medicinal plants in Europe containing pyrrolizidine alkaloids \u00bb, <em>Pharmazie<\/em>, 1995<\/li>\n<li>Petersen M. &amp; Simmonds M.S.J., \u00ab Rosmarinic acid \u00bb, <em>Phytochemistry<\/em>, 2003<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Myosotis sylvatica Hoffm. Famille : Boraginaceae Le myosotis des bois est la plus grande et la plus commune des esp\u00e8ces de myosotis forestiers d&rsquo;Europe. 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