{"id":734,"date":"2026-03-26T11:26:45","date_gmt":"2026-03-26T10:26:45","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/myosotis-des-champs\/"},"modified":"2026-04-26T08:07:02","modified_gmt":"2026-04-26T06:07:02","slug":"myosotis-des-champs","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/myosotis-des-champs\/","title":{"rendered":"MYOSOTIS DES CHAMPS"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Myosotis%20des%20champs.jpg\" alt=\"Planche botanique Myosotis des champs\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<p><em>Myosotis arvensis<\/em> (L.) Hill<\/p>\n<p><strong>Famille :<\/strong> Boraginaceae.<\/p>\n<p><strong>Noms vernaculaires :<\/strong> myosotis des champs, oreille-de-souris, ne-m&rsquo;oubliez-pas, herbe d&rsquo;amour.<\/p>\n<p>Le myosotis des champs est l&rsquo;une des Boraginac\u00e9es les plus communes et les plus discr\u00e8tes des champs cultiv\u00e9s, des friches, des bords de chemin et des prairies s\u00e8ches d&rsquo;Europe. Annuelle ou bisannuelle, cette petite plante velue \u00e0 fleurs bleu ciel minuscules appartient au m\u00eame genre que le c\u00e9l\u00e8bre myosotis des jardins et le myosotis des marais, mais s&rsquo;en distingue par son \u00e9cologie messicole et sa taille modeste.<\/p>\n<p>Le myosotis des champs n&rsquo;a pas d&rsquo;usage m\u00e9dicinal significatif. Son int\u00e9r\u00eat est avant tout botanique \u2014 il est embl\u00e9matique du genre <em>Myosotis<\/em> et de la famille des Boraginac\u00e9es \u2014 et culturel, le myosotis \u00e9tant universellement associ\u00e9 au souvenir, \u00e0 la fid\u00e9lit\u00e9 et au \u00ab ne m&rsquo;oublie pas \u00bb dans la symbolique florale europ\u00e9enne. La phytochimie du genre r\u00e9v\u00e8le toutefois des compos\u00e9s int\u00e9ressants, notamment des <strong>alcalo\u00efdes pyrrolizidiniques<\/strong> dont la toxicit\u00e9 h\u00e9patique impose une vigilance particuli\u00e8re.<\/p>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>R\u00e8gne :<\/strong> Plantae<\/li>\n<li><strong>Division :<\/strong> Magnoliophyta<\/li>\n<li><strong>Classe :<\/strong> Magnoliopsida<\/li>\n<li><strong>Ordre :<\/strong> Boraginales<\/li>\n<li><strong>Famille :<\/strong> Boraginaceae<\/li>\n<li><strong>Genre :<\/strong> <em>Myosotis<\/em> L.<\/li>\n<li><strong>Esp\u00e8ce :<\/strong> <em>Myosotis arvensis<\/em> (L.) Hill<\/li>\n<li><strong>Noms vernaculaires :<\/strong> myosotis des champs, oreille-de-souris, ne-m&rsquo;oubliez-pas.<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>\u00c9tymologie :<\/strong> <em>Myosotis<\/em> d\u00e9rive du grec <em>mys<\/em> (\u03bc\u1fe6\u03c2, souris) et <em>ous\/otos<\/em> (\u1f60\u03c4\u03cc\u03c2, oreille), formant \u00ab oreille de souris \u00bb \u2014 allusion \u00e0 la forme et \u00e0 la pilosit\u00e9 des feuilles basales. <em>Arvensis<\/em> (des champs cultiv\u00e9s) pr\u00e9cise l&rsquo;habitat pr\u00e9f\u00e9rentiel de cette esp\u00e8ce messicole.<\/p>\n<p>Le genre <em>Myosotis<\/em> est riche d&rsquo;environ 80 esp\u00e8ces r\u00e9parties principalement dans les r\u00e9gions temp\u00e9r\u00e9es de l&rsquo;h\u00e9misph\u00e8re nord et en Oc\u00e9anie. En France, on d\u00e9nombre une dizaine d&rsquo;esp\u00e8ces, dont la d\u00e9termination repose sur des crit\u00e8res fins : pilosit\u00e9 du calice, forme des poils (appliqu\u00e9s vs crochus), longueur du p\u00e9dicelle fructif\u00e8re par rapport au calice, habitat. <em>M. arvensis<\/em> se reconna\u00eet \u00e0 ses poils du calice crochus (apprim\u00e9s \u00e0 \u00e9tal\u00e9s, non strictement appliqu\u00e9s), \u00e0 son p\u00e9dicelle fructif\u00e8re plus long que le calice, et \u00e0 son habitat de champs et friches s\u00e8ches.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>Plante herbac\u00e9e annuelle ou bisannuelle, de 10 \u00e0 40 cm de hauteur, \u00e0 port dress\u00e9 ou ascendant, souvent ramifi\u00e9e dans la moiti\u00e9 sup\u00e9rieure. La plante enti\u00e8re est couverte d&rsquo;une pubescence h\u00e9riss\u00e9e caract\u00e9ristique des Boraginac\u00e9es, constitu\u00e9e de poils simples, raides, souvent \u00e0 base tuberculeuse.<\/p>\n<p>La tige est cylindrique, dress\u00e9e, pubescente, parfois rouge\u00e2tre \u00e0 la base. Les feuilles basales sont oblongues-spatul\u00e9es, p\u00e9tiol\u00e9es, formant une rosette souvent \u00e9ph\u00e9m\u00e8re. Les feuilles caulinaires sont alternes, oblongues \u00e0 lanc\u00e9ol\u00e9es, sessiles ou courtement p\u00e9tiol\u00e9es, \u00e0 surface dens\u00e9ment velue sur les deux faces. Les poils sont simples, non glanduleux, \u00e0 paroi \u00e9paisse \u2014 caract\u00e8re typique de la famille.<\/p>\n<p>L&rsquo;inflorescence est une <strong>cyme scorpio\u00efde<\/strong> (ou cyme unipare h\u00e9lico\u00efde), structure enroul\u00e9e en spirale qui se d\u00e9roule progressivement au fur et \u00e0 mesure de l&rsquo;anth\u00e8se. Cette disposition est un marqueur morphologique fondamental de la famille des Boraginac\u00e9es. Les fleurs sont petites (3 \u00e0 5 mm de diam\u00e8tre), \u00e0 calice tubuleux \u00e0 5 dents, couvert de poils crochus (caract\u00e8re distinctif de l&rsquo;esp\u00e8ce). La corolle est hypocrat\u00e9riforme (en soucoupe), \u00e0 tube court et \u00e0 5 lobes \u00e9tal\u00e9s, <strong>bleu ciel<\/strong> avec un centre jaune (fornices, \u00e9cailles de gorge). Les fornices sont de petites \u00e9cailles protub\u00e9rantes \u00e0 la gorge de la corolle, caract\u00e8re diagnostique du genre. Cinq \u00e9tamines incluses dans le tube. Ovaire sup\u00e8re \u00e0 4 loges, style unique filiforme.<\/p>\n<p>Le fruit est compos\u00e9 de 4 <strong>nucules<\/strong> (m\u00e9ricarpes) ovales, lisses, brunes \u00e0 noires, brillantes, de 1 \u00e0 1,5 mm, enferm\u00e9es dans le calice persistant accrescent. Le p\u00e9dicelle fructif\u00e8re, plus long que le calice, est un crit\u00e8re de d\u00e9termination important pour distinguer cette esp\u00e8ce des myosotis proches.<\/p>\n<p>Floraison : avril \u00e0 septembre. La plante est autogame, ce qui assure une reproduction efficace m\u00eame en l&rsquo;absence de pollinisateurs.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. HABITAT, \u00c9COLOGIE ET R\u00c9PARTITION<\/h2>\n<p>Le myosotis des champs est une esp\u00e8ce messicole et rud\u00e9rale, fr\u00e9quentant les champs cultiv\u00e9s (c\u00e9r\u00e9ales, cultures sarcl\u00e9es), les friches, les bords de chemins, les prairies s\u00e8ches, les talus, les jardins et les sols remani\u00e9s. Il pr\u00e9f\u00e8re les sols l\u00e9gers, sablonneux ou limoneux, neutres \u00e0 l\u00e9g\u00e8rement acides, bien drain\u00e9s. C&rsquo;est une plante de pleine lumi\u00e8re \u00e0 demi-ombre l\u00e9g\u00e8re.<\/p>\n<p>Sa r\u00e9partition est vaste : toute l&rsquo;Europe, le Proche-Orient, l&rsquo;Asie centrale et occidentale. Introduit et naturalis\u00e9 en Am\u00e9rique du Nord, en Australie et en Nouvelle-Z\u00e9lande. En France, il est commun dans tous les d\u00e9partements, du littoral aux \u00e9tages montagnards inf\u00e9rieurs (jusqu&rsquo;\u00e0 1500 m environ).<\/p>\n<p>\u00c9cologiquement, <em>M. arvensis<\/em> appartient aux communaut\u00e9s th\u00e9rophytiques des cultures et friches (classe des <em>Stellarietea mediae<\/em>). Sa strat\u00e9gie annuelle ou bisannuelle lui permet de coloniser rapidement les sols perturb\u00e9s. La banque de graines dans le sol assure la p\u00e9rennit\u00e9 des populations m\u00eame apr\u00e8s des ann\u00e9es sans apparition visible de la plante.<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p><strong>Aucune partie n&rsquo;est utilis\u00e9e en phytoth\u00e9rapie moderne.<\/strong> Le myosotis des champs ne figure dans aucune pharmacop\u00e9e contemporaine et n&rsquo;a pas de tradition d&rsquo;usage m\u00e9dicinal solidement document\u00e9e. Quelques mentions \u00e9parses dans la litt\u00e9rature populaire \u00e9voquent un usage des parties a\u00e9riennes en infusion contre la toux ou les inflammations oculaires, mais ces usages sont anecdotiques et non valid\u00e9s.<\/p>\n<p>La pr\u00e9sence d&rsquo;<strong>alcalo\u00efdes pyrrolizidiniques<\/strong> dans le genre <em>Myosotis<\/em> constitue un argument suppl\u00e9mentaire contre tout usage m\u00e9dicinal ou alimentaire de la plante.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<h3>A. Alcalo\u00efdes pyrrolizidiniques<\/h3>\n<p>Le genre <em>Myosotis<\/em>, comme la plupart des Boraginac\u00e9es, contient des <strong>alcalo\u00efdes pyrrolizidiniques<\/strong> (AP). Ces compos\u00e9s, pr\u00e9sents dans de nombreux genres de la famille (Symphytum, Echium, Cynoglossum, Heliotropium), sont des esters de n\u00e9cines (r\u00e9tron\u00e9cine, h\u00e9liotridine) avec des acides n\u00e9ciques vari\u00e9s. Les AP sont h\u00e9patotoxiques, g\u00e9notoxiques et potentiellement canc\u00e9rog\u00e8nes apr\u00e8s bioactivation h\u00e9patique par les cytochromes P450 en m\u00e9tabolites pyrroles r\u00e9actifs, capables d&rsquo;alkyler l&rsquo;ADN et de provoquer des syndromes veineux occlusifs h\u00e9patiques.<\/p>\n<p>Les concentrations en AP chez <em>M. arvensis<\/em> sont g\u00e9n\u00e9ralement faibles compar\u00e9es \u00e0 celles de la consoude (<em>Symphytum<\/em>) ou de l&rsquo;h\u00e9liotrope (<em>Heliotropium<\/em>), mais leur pr\u00e9sence interdit tout usage interne r\u00e9gulier.<\/p>\n<h3>B. Polyph\u00e9nols et flavono\u00efdes<\/h3>\n<p>Des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> (querc\u00e9tine, kaempf\u00e9rol glycosyl\u00e9s) et des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> (acide rosmarinique, acide lithospermique) ont \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9s dans le genre, contribuant aux propri\u00e9t\u00e9s antioxydantes modestes de la plante. L&rsquo;acide rosmarinique est un marqueur chimiotaxonomique partag\u00e9 avec les Lamiaceae dans le cadre des Boraginales.<\/p>\n<h3>C. Mucilages et tanins<\/h3>\n<p>Des <strong>mucilages<\/strong> (polysaccharides hydrophiles) et des <strong>tanins<\/strong> en faible quantit\u00e9 compl\u00e8tent le profil phytochimique, sans originalit\u00e9 particuli\u00e8re par rapport aux autres Boraginac\u00e9es herbac\u00e9es.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>Le myosotis des champs ne pr\u00e9sente pas de profil pharmacodynamique exploitable en th\u00e9rapeutique. Les m\u00e9canismes suivants sont document\u00e9s pour le genre ou la famille, \u00e0 titre informatif :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>H\u00e9patotoxicit\u00e9 des AP :<\/strong> les alcalo\u00efdes pyrrolizidiniques, apr\u00e8s bioactivation h\u00e9patique, forment des adduits \u00e0 l&rsquo;ADN et provoquent une maladie veino-occlusive h\u00e9patique (syndrome de Budd-Chiari d&rsquo;origine toxique). Cet effet est cumulatif et dose-d\u00e9pendant.<\/li>\n<li><strong>Activit\u00e9 antioxydante :<\/strong> les polyph\u00e9nols (acide rosmarinique, flavono\u00efdes) exercent une activit\u00e9 de pi\u00e9geage des radicaux libres modeste in vitro.<\/li>\n<li><strong>Effet \u00e9mollient :<\/strong> les mucilages peuvent th\u00e9oriquement prot\u00e9ger les muqueuses irrit\u00e9es, mais cet effet n&rsquo;a pas de pertinence clinique pour cette esp\u00e8ce.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>VII. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Aucune donn\u00e9e clinique n&rsquo;est disponible pour le myosotis des champs. La plante n&rsquo;a fait l&rsquo;objet d&rsquo;aucun essai clinique, d&rsquo;aucune monographie r\u00e9glementaire (EMA, OMS, ESCOP) et d&rsquo;aucune inscription dans les pharmacop\u00e9es. Son statut est exclusivement celui d&rsquo;une plante sauvage commune sans usage m\u00e9dicinal \u00e9tabli.<\/p>\n<p>Les rares mentions d&rsquo;usage populaire (collyre de myosotis, infusion pectorale) ne reposent sur aucune validation scientifique et sont d\u00e9conseill\u00e9es en raison du risque li\u00e9 aux alcalo\u00efdes pyrrolizidiniques.<\/p>\n<hr>\n<h2>VIII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe chimique<\/th>\n<th>Signification<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td><strong>Alcalo\u00efdes pyrrolizidiniques<\/strong><\/td>\n<td>Alcalo\u00efdes (esters de n\u00e9cines)<\/td>\n<td>H\u00e9patotoxiques, g\u00e9notoxiques<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acide rosmarinique<\/td>\n<td>Ester d&rsquo;acide ph\u00e9nolique<\/td>\n<td>Antioxydant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Querc\u00e9tine, kaempf\u00e9rol<\/td>\n<td>Flavono\u00efdes<\/td>\n<td>Antioxydant modeste<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Mucilages<\/td>\n<td>Polysaccharides<\/td>\n<td>\u00c9mollient th\u00e9orique<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Tanins<\/td>\n<td>Polyph\u00e9nols<\/td>\n<td>Astringent l\u00e9ger<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>IX. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p><strong>Aucune forme gal\u00e9nique n&rsquo;est recommand\u00e9e.<\/strong> La plante ne fait l&rsquo;objet d&rsquo;aucune pr\u00e9paration officinale ou industrielle. La pr\u00e9sence d&rsquo;alcalo\u00efdes pyrrolizidiniques interdit formellement toute pr\u00e9paration \u00e0 usage interne. Des pr\u00e9parations hom\u00e9opathiques \u00e0 haute dilution (<em>Myosotis arvensis<\/em>) existent dans certains r\u00e9pertoires, mais leur pertinence clinique n&rsquo;est pas d\u00e9montr\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>La toxicit\u00e9 du myosotis des champs est li\u00e9e aux <strong>alcalo\u00efdes pyrrolizidiniques<\/strong>, caract\u00e9ristiques de la famille des Boraginac\u00e9es. Bien que les concentrations soient faibles chez <em>M. arvensis<\/em>, le risque h\u00e9patotoxique est r\u00e9el en cas d&rsquo;ingestion r\u00e9guli\u00e8re ou prolong\u00e9e.<\/p>\n<p>Les AP sont des protoxines activ\u00e9es dans le foie par les enzymes du cytochrome P450 en d\u00e9hydro-alcalo\u00efdes pyrroles hautement r\u00e9actifs. Ces m\u00e9tabolites forment des adduits covalents avec l&rsquo;ADN, les prot\u00e9ines et les lipides cellulaires, provoquant :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Maladie veino-occlusive h\u00e9patique :<\/strong> obstruction des veinules h\u00e9patiques par \u00e9paississement de l&rsquo;intima, conduisant \u00e0 une hypertension portale, une ascite et une insuffisance h\u00e9patique.<\/li>\n<li><strong>G\u00e9notoxicit\u00e9 et canc\u00e9rog\u00e9nicit\u00e9 :<\/strong> les adduits \u00e0 l&rsquo;ADN sont mutag\u00e8nes et potentiellement canc\u00e9rog\u00e8nes (class\u00e9s 2B par le CIRC pour certains AP).<\/li>\n<li><strong>Pneumotoxicit\u00e9 :<\/strong> certains AP provoquent une hypertension art\u00e9rielle pulmonaire dans les mod\u00e8les animaux.<\/li>\n<\/ul>\n<p>La consommation de myosotis comme plante alimentaire ou m\u00e9dicinale est donc formellement d\u00e9conseill\u00e9e. Le miel contamin\u00e9 par du pollen ou du nectar de Boraginac\u00e9es riches en AP fait l&rsquo;objet d&rsquo;une surveillance r\u00e9glementaire en Europe (r\u00e8glement CE 2023\/915).<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. USAGES HISTORIQUES ET ETHNOBOTANIQUE<\/h2>\n<p>Le myosotis est universellement associ\u00e9 au souvenir et \u00e0 la fid\u00e9lit\u00e9 amoureuse, symbolique cristallis\u00e9e par le nom \u00ab ne m&rsquo;oublie pas \u00bb (Vergissmeinnicht en allemand, Forget-me-not en anglais, Non ti scordar di me en italien). La l\u00e9gende la plus r\u00e9pandue raconte qu&rsquo;un chevalier, cueillant ces fleurs bleues au bord d&rsquo;une rivi\u00e8re pour sa dame, fut emport\u00e9 par le courant et cria \u00ab Ne m&rsquo;oubliez pas ! \u00bb en lan\u00e7ant le bouquet sur la rive.<\/p>\n<p>Sur le plan m\u00e9dicinal, les usages historiques sont tr\u00e8s t\u00e9nus. Quelques herboristes anciens mentionnent le myosotis comme plante \u00ab rafra\u00eechissante \u00bb pour les yeux et la gorge, en cataplasme ou en eau distill\u00e9e. Matthiole et les herboristes de la Renaissance le citent bri\u00e8vement parmi les \u00ab petites herbes des champs \u00bb sans lui accorder de vertu marquante.<\/p>\n<p>Le myosotis est devenu le symbole de la franc-ma\u00e7onnerie en Allemagne pendant la p\u00e9riode nazie (substitut discret du symbole ma\u00e7onnique interdit), puis celui de la m\u00e9moire des victimes de l&rsquo;Alzheimer et de la m\u00e9moire des g\u00e9nocides. Cette charge symbolique d\u00e9passe infiniment l&rsquo;importance botanique ou m\u00e9dicinale de la plante.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. CONFUSIONS ET DISTINCTIONS<\/h2>\n<ul>\n<li><strong><em>Myosotis scorpioides<\/em> (= <em>M. palustris<\/em>, myosotis des marais) :<\/strong> vivace, de stations humides, \u00e0 fleurs plus grandes (6 \u00e0 10 mm), \u00e0 poils du calice appliqu\u00e9s (non crochus). Habitat aquatique ou semi-aquatique \u2014 jamais en terrain sec.<\/li>\n<li><strong><em>Myosotis ramosissima<\/em> (myosotis rameux) :<\/strong> annuel tr\u00e8s petit (5 \u00e0 15 cm), \u00e0 fleurs minuscules (2 \u00e0 3 mm), \u00e0 p\u00e9dicelle fructif\u00e8re tr\u00e8s court. Pelouses s\u00e8ches et sables.<\/li>\n<li><strong><em>Myosotis sylvatica<\/em> (myosotis des bois) :<\/strong> bisannuel ou vivace, \u00e0 fleurs plus grandes et \u00e0 calice \u00e0 poils crochus. Bois et lisi\u00e8res fra\u00eeches. C&rsquo;est le myosotis des jardins.<\/li>\n<li><strong><em>Myosotis stricta<\/em> (myosotis raide) :<\/strong> annuel tr\u00e8s pr\u00e9coce, \u00e0 inflorescence basale, \u00e0 nucules sombres. Pelouses s\u00e8ches ouvertes.<\/li>\n<\/ul>\n<p>La d\u00e9termination des myosotis repose sur des crit\u00e8res fins : type de pilosit\u00e9 du calice (poils droits appliqu\u00e9s vs poils crochus \u00e9tal\u00e9s), rapport longueur p\u00e9dicelle\/calice \u00e0 maturit\u00e9, habitat, cycle de vie (annuel vs vivace). Une loupe de terrain (\u00d710) est indispensable.<\/p>\n<hr>\n<h2>XIII. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p><em>Myosotis arvensis<\/em> est une petite Boraginac\u00e9e annuelle ou bisannuelle des champs et friches, \u00e0 cymes scorpio\u00efdes de fleurs bleues minuscules et \u00e0 nucules lisses. Son profil phytochimique est marqu\u00e9 par la pr\u00e9sence d&rsquo;alcalo\u00efdes pyrrolizidiniques h\u00e9patotoxiques, caract\u00e9ristiques de la famille, qui interdisent tout usage m\u00e9dicinal ou alimentaire. La plante ne poss\u00e8de aucune indication th\u00e9rapeutique valid\u00e9e et ne figure dans aucune pharmacop\u00e9e.<\/p>\n<p>Son int\u00e9r\u00eat est botanique (morphologie typique des Boraginac\u00e9es : cyme scorpio\u00efde, poils raides, fornices, nucules), chimiotaxonomique (marqueurs pyrrolizidiniques partag\u00e9s avec les genres voisins) et culturel (symbolique universelle du souvenir et de la fid\u00e9lit\u00e9). Le myosotis des champs rappelle que la beaut\u00e9 discr\u00e8te d&rsquo;une fleur peut porter une charge symbolique immense, tout en imposant une vigilance toxicologique r\u00e9elle.<\/p>\n<hr>\n<h2>XIV. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li>Plants of the World Online (POWO), Royal Botanic Gardens, Kew. <em>Myosotis arvensis<\/em> (L.) Hill.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica \u2014 Flore de France<\/em>. Biotope \u00c9ditions, 2014.<\/li>\n<li>Bruneton J. <em>Pharmacognosie \u2014 Phytochimie, Plantes m\u00e9dicinales<\/em>. 5<sup>e<\/sup> \u00e9d., Lavoisier Tec &amp; Doc, 2016.<\/li>\n<li>Tela Botanica \u2014 <em>Myosotis arvensis<\/em>.<\/li>\n<li>Wiedenfeld H. \u00ab Plants containing pyrrolizidine alkaloids: toxicity and problems \u00bb. <em>Food Additives &amp; Contaminants<\/em>, 2011.<\/li>\n<li>EFSA. \u00ab Scientific opinion on pyrrolizidine alkaloids in food and feed \u00bb. <em>EFSA Journal<\/em>, 2017.<\/li>\n<li>Fournier P. <em>Le Livre des plantes m\u00e9dicinales et v\u00e9n\u00e9neuses de France<\/em>. Lechevalier, 1947-1948.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Risque toxicologique (alcalo\u00efdes pyrrolizidiniques)<\/li>\n<li><strong>\u2606\u2606\u2606\u2606\u2606<\/strong> Int\u00e9r\u00eat th\u00e9rapeutique (aucun usage valid\u00e9)<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Myosotis arvensis (L.) Hill Famille : Boraginaceae. Noms vernaculaires : myosotis des champs, oreille-de-souris, ne-m&rsquo;oubliez-pas, herbe d&rsquo;amour. 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