{"id":735,"date":"2026-03-26T11:26:46","date_gmt":"2026-03-26T10:26:46","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/myosotis-des-marais\/"},"modified":"2026-04-26T09:19:06","modified_gmt":"2026-04-26T07:19:06","slug":"myosotis-des-marais","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/myosotis-des-marais\/","title":{"rendered":"MYOSOTIS DES MARAIS"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Myosotis%20des%20marais.jpg\" alt=\"Planche botanique Myosotis des marais\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<p>Le myosotis des marais (<em>Myosotis scorpioides<\/em> L.), membre d\u00e9licat de la famille des Boraginac\u00e9es, est l&rsquo;une des plantes les plus embl\u00e9matiques des zones humides europ\u00e9ennes. Reconnaissable entre toutes gr\u00e2ce \u00e0 ses minuscules fleurs d&rsquo;un bleu c\u00e9leste intense orn\u00e9es d&rsquo;un \u0153il jaune central, cette vivace tapissante colonise les berges, les prairies mouill\u00e9es et les foss\u00e9s. Son nom vernaculaire \u00ab ne m&rsquo;oubliez pas \u00bb lui conf\u00e8re une dimension sentimentale qui traverse les cultures depuis le Moyen \u00c2ge.<\/p>\n<p>Si le myosotis des marais n&rsquo;occupe pas une place majeure dans la pharmacop\u00e9e moderne, il n&rsquo;en demeure pas moins une plante dont l&rsquo;usage populaire remonte \u00e0 plusieurs si\u00e8cles. Les herboristes traditionnels lui attribuaient des vertus astringentes, ophtalmiques et pectorales. Sa pr\u00e9sence dans les milieux humides en fait \u00e9galement un indicateur \u00e9cologique pr\u00e9cieux, t\u00e9moignant de la qualit\u00e9 et de la p\u00e9rennit\u00e9 des zones humides qu&rsquo;il habite. Aujourd&rsquo;hui, il est surtout cultiv\u00e9 comme plante ornementale dans les jardins d&rsquo;eau.<\/p>\n<hr>\n<h2>I \u2013 Nomenclature et syst\u00e9matique<\/h2>\n<p>Le myosotis des marais porte le nom scientifique <em>Myosotis scorpioides<\/em> L. (synonyme : <em>Myosotis palustris<\/em> (L.) Hill). Il appartient \u00e0 la famille des <strong>Boraginaceae<\/strong>, ordre des Boraginales. Le genre <em>Myosotis<\/em> comprend environ 200 esp\u00e8ces r\u00e9parties dans les r\u00e9gions temp\u00e9r\u00e9es. Le nom g\u00e9n\u00e9rique vient du grec <em>myos<\/em> (souris) et <em>otis<\/em> (oreille), en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la forme des feuilles. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>scorpioides<\/em> \u00e9voque l&rsquo;inflorescence enroul\u00e9e en queue de scorpion (cyme scorpio\u00efde).<\/p>\n<p>Parmi les synonymes fr\u00e9quemment rencontr\u00e9s : <em>Myosotis palustris<\/em> (L.) Hill, <em>Myosotis laxiflora<\/em> Rchb. Les noms vernaculaires incluent \u00ab ne m&rsquo;oubliez pas \u00bb, \u00ab oreille-de-souris des marais \u00bb, \u00ab gr\u00e9millet \u00bb en fran\u00e7ais, \u00ab water forget-me-not \u00bb en anglais, \u00ab Sumpf-Vergissmeinnicht \u00bb en allemand.<\/p>\n<hr>\n<h2>II \u2013 Botanique et morphologie<\/h2>\n<p>Le myosotis des marais est une plante vivace herbac\u00e9e de 15 \u00e0 60 cm de hauteur, \u00e0 souche rampante et stolonif\u00e8re. Les tiges sont dress\u00e9es ou ascendantes, anguleuses, couvertes de poils apprim\u00e9s. Les feuilles basales sont oblongues-spatul\u00e9es, p\u00e9tiol\u00e9es, tandis que les caulinaires sont sessiles, oblongues-lanc\u00e9ol\u00e9es, de 3 \u00e0 8 cm de long, couvertes de poils courts.<\/p>\n<p>Les fleurs, de 6 \u00e0 12 mm de diam\u00e8tre, sont dispos\u00e9es en cymes scorpio\u00efdes terminales. La corolle est rotac\u00e9e, \u00e0 5 lobes arrondis, d&rsquo;un bleu vif avec un anneau jaune \u00e0 la gorge (\u00e9cailles faucales). Le calice est \u00e0 5 dents triangulaires, couvert de poils apprim\u00e9s (caract\u00e8re distinctif par rapport \u00e0 <em>M. laxa<\/em> qui a des poils \u00e9tal\u00e9s). Les \u00e9tamines sont au nombre de 5, incluses dans le tube. Le fruit est constitu\u00e9 de 4 nucules lisses, brillantes, ovo\u00efdes, noires \u00e0 maturit\u00e9.<\/p>\n<p>La floraison s&rsquo;\u00e9tend de mai \u00e0 septembre, avec un pic en juin-juillet. La pollinisation est entomogame, assur\u00e9e principalement par les dipt\u00e8res et les petits hym\u00e9nopt\u00e8res.<\/p>\n<hr>\n<h2>III \u2013 Habitat et r\u00e9partition g\u00e9ographique<\/h2>\n<p>Le myosotis des marais est une esp\u00e8ce eurasiatique largement r\u00e9pandue dans toute l&rsquo;Europe, de la p\u00e9ninsule Ib\u00e9rique \u00e0 la Sib\u00e9rie occidentale. Il est \u00e9galement pr\u00e9sent en Afrique du Nord et a \u00e9t\u00e9 naturalis\u00e9 en Am\u00e9rique du Nord, en Australie et en Nouvelle-Z\u00e9lande. En France, on le rencontre dans toutes les r\u00e9gions, de la plaine jusqu&rsquo;\u00e0 2 000 m d&rsquo;altitude environ.<\/p>\n<p>Il affectionne les milieux humides : berges de cours d&rsquo;eau, foss\u00e9s, prairies humides, marais, tourbi\u00e8res basses, aulnaies mar\u00e9cageuses. Il recherche des sols riches en nutriments, neutres \u00e0 l\u00e9g\u00e8rement acides, gorg\u00e9s d&rsquo;eau au moins une partie de l&rsquo;ann\u00e9e. C&rsquo;est une esp\u00e8ce caract\u00e9ristique de l&rsquo;alliance phytosociologique du <em>Calthion palustris<\/em>. Sa pr\u00e9sence est un bon indicateur de milieux humides fonctionnels.<\/p>\n<hr>\n<h2>IV \u2013 Composition chimique<\/h2>\n<p>La composition chimique du myosotis des marais reste relativement peu \u00e9tudi\u00e9e par la phytochimie moderne. Les analyses disponibles r\u00e9v\u00e8lent la pr\u00e9sence de <strong>mucilages<\/strong> en quantit\u00e9 notable, de <strong>tanins<\/strong> condens\u00e9s et hydrolysables, de <strong>flavono\u00efdes<\/strong> (dont la <strong>querc\u00e9tine<\/strong> et le <strong>kaempf\u00e9rol<\/strong>), et de <strong>saponines<\/strong> en faible quantit\u00e9.<\/p>\n<p>On note \u00e9galement la pr\u00e9sence d&rsquo;<strong>alcalo\u00efdes pyrrolizidiniques<\/strong> en traces, caract\u00e9ristiques de nombreuses Boraginac\u00e9es, bien que les concentrations soient jug\u00e9es tr\u00e8s faibles compar\u00e9es \u00e0 celles de la consoude ou du s\u00e9ne\u00e7on. Des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> (<strong>acide rosmarinique<\/strong>, <strong>acide caf\u00e9ique<\/strong>) ont \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9s, ainsi que des <strong>acides gras<\/strong> dans les graines et de l&rsquo;<strong>acide ascorbique<\/strong> dans les parties a\u00e9riennes fra\u00eeches. La plante contient aussi du <strong>potassium<\/strong> et du <strong>silicium<\/strong> en quantit\u00e9s appr\u00e9ciables.<\/p>\n<hr>\n<h2>V \u2013 Propri\u00e9t\u00e9s pharmacologiques<\/h2>\n<p>Les propri\u00e9t\u00e9s pharmacologiques du myosotis des marais n&rsquo;ont fait l&rsquo;objet que de peu d&rsquo;\u00e9tudes scientifiques modernes. La tradition lui reconna\u00eet des propri\u00e9t\u00e9s <strong>astringentes<\/strong> li\u00e9es \u00e0 sa teneur en tanins, des propri\u00e9t\u00e9s <strong>\u00e9mollientes<\/strong> dues aux mucilages, et des propri\u00e9t\u00e9s <strong>anti-inflammatoires<\/strong> modestes attribu\u00e9es aux flavono\u00efdes et \u00e0 l&rsquo;acide rosmarinique.<\/p>\n<p>L&rsquo;acide rosmarinique, pr\u00e9sent dans de nombreuses Boraginac\u00e9es et Lamiac\u00e9es, poss\u00e8de des activit\u00e9s <strong>antioxydantes<\/strong>, <strong>anti-inflammatoires<\/strong> et <strong>antivirales<\/strong> bien document\u00e9es dans d&rsquo;autres plantes. Les flavono\u00efdes conf\u00e8rent une activit\u00e9 protectrice vasculaire modeste. Toutefois, aucune \u00e9tude clinique sp\u00e9cifique au myosotis des marais ne permet de valider rigoureusement ces all\u00e9gations. La pr\u00e9sence d&rsquo;alcalo\u00efdes pyrrolizidiniques, m\u00eame en faible quantit\u00e9, invite \u00e0 la prudence quant \u00e0 un usage interne prolong\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI \u2013 Utilisations en m\u00e9decine traditionnelle<\/h2>\n<p>Dans la m\u00e9decine populaire europ\u00e9enne, le myosotis des marais \u00e9tait employ\u00e9 comme plante pectorale dans les affections des voies respiratoires sup\u00e9rieures : toux, bronchite l\u00e9g\u00e8re, enrouement. Les mucilages de la plante justifient cet usage adoucissant. On l&rsquo;utilisait \u00e9galement en collyre v\u00e9g\u00e9tal pour les irritations oculaires b\u00e9nignes, d&rsquo;o\u00f9 son ancien nom d&rsquo;\u00ab herbe aux yeux \u00bb.<\/p>\n<p>En usage externe, les cataplasmes de feuilles fra\u00eeches \u00e9taient appliqu\u00e9s sur les petites plaies et les irritations cutan\u00e9es, exploitant les propri\u00e9t\u00e9s astringentes des tanins. La plante entrait parfois dans la composition de tisanes d\u00e9puratives printani\u00e8res. En m\u00e9decine populaire germanique, elle \u00e9tait r\u00e9put\u00e9e fortifier les poumons. Ces usages restent purement traditionnels et ne sont pas valid\u00e9s par la m\u00e9decine fond\u00e9e sur les preuves.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII \u2013 Posologie et formes d&#8217;emploi<\/h2>\n<p>L&rsquo;usage interne du myosotis des marais est aujourd&rsquo;hui peu courant et non recommand\u00e9 en raison de la pr\u00e9sence d&rsquo;alcalo\u00efdes pyrrolizidiniques. Historiquement, on pr\u00e9parait une infusion de plante enti\u00e8re s\u00e8che \u00e0 raison de 2 \u00e0 4 g pour 250 ml d&rsquo;eau bouillante, infus\u00e9e 10 minutes, \u00e0 boire 2 \u00e0 3 fois par jour.<\/p>\n<p>En usage externe, les cataplasmes de feuilles fra\u00eeches broy\u00e9es peuvent \u00eatre appliqu\u00e9s sur la peau irrit\u00e9e. Une d\u00e9coction l\u00e9g\u00e8re (30 g\/L, bouillie 5 minutes) servait de lotion oculaire apr\u00e8s filtration soign\u00e9e. L&#8217;emploi de la teinture-m\u00e8re hom\u00e9opathique de <em>Myosotis<\/em> est attest\u00e9 dans certains r\u00e9pertoires pour les affections pulmonaires. En aromath\u00e9rapie, la plante n&rsquo;est pas distill\u00e9e en raison de rendements insignifiants en huile essentielle.<\/p>\n<hr>\n<h2>VIII \u2013 Toxicologie et effets ind\u00e9sirables<\/h2>\n<p>La principale pr\u00e9occupation toxicologique li\u00e9e au myosotis des marais concerne la pr\u00e9sence d&rsquo;<strong>alcalo\u00efdes pyrrolizidiniques<\/strong> (AP). Ces compos\u00e9s, pr\u00e9sents dans de nombreuses Boraginac\u00e9es, sont h\u00e9patotoxiques apr\u00e8s m\u00e9tabolisation h\u00e9patique en d\u00e9riv\u00e9s pyrroles r\u00e9actifs. Ils peuvent provoquer une maladie veino-occlusive h\u00e9patique en cas d&rsquo;exposition chronique.<\/p>\n<p>Toutefois, les concentrations en AP dans le myosotis des marais sont consid\u00e9r\u00e9es comme tr\u00e8s faibles, nettement inf\u00e9rieures \u00e0 celles de la consoude (<em>Symphytum<\/em>) ou du s\u00e9ne\u00e7on (<em>Senecio<\/em>). Un usage occasionnel en infusion pr\u00e9sente un risque minimal. Par prudence, l&rsquo;usage interne prolong\u00e9 est d\u00e9conseill\u00e9, en particulier chez les femmes enceintes, allaitantes, les enfants et les personnes souffrant de pathologies h\u00e9patiques. L&rsquo;usage externe ne pr\u00e9sente pas de risque connu.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX \u2013 Interactions m\u00e9dicamenteuses<\/h2>\n<p>Aucune interaction m\u00e9dicamenteuse sp\u00e9cifique n&rsquo;est document\u00e9e pour le myosotis des marais. Par analogie avec d&rsquo;autres plantes contenant des alcalo\u00efdes pyrrolizidiniques, un usage concomitant avec des m\u00e9dicaments h\u00e9patotoxiques (parac\u00e9tamol \u00e0 forte dose, certains anti\u00e9pileptiques, antifongiques azol\u00e9s) est th\u00e9oriquement d\u00e9conseill\u00e9 afin de ne pas surcharger le m\u00e9tabolisme h\u00e9patique.<\/p>\n<p>Les tanins pr\u00e9sents pourraient th\u00e9oriquement r\u00e9duire l&rsquo;absorption de certains m\u00e9dicaments (fer, alcalo\u00efdes m\u00e9dicamenteux) si pris simultan\u00e9ment. Il est recommand\u00e9 de respecter un intervalle de deux heures entre la prise d&rsquo;une pr\u00e9paration de myosotis et celle de m\u00e9dicaments. Ces pr\u00e9cautions rel\u00e8vent du principe de prudence et non d&rsquo;interactions cliniquement av\u00e9r\u00e9es.<\/p>\n<hr>\n<h2>X \u2013 \u00c9tudes cliniques et scientifiques<\/h2>\n<p>\u00c0 ce jour, aucune \u00e9tude clinique randomis\u00e9e n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 men\u00e9e sp\u00e9cifiquement sur <em>Myosotis scorpioides<\/em>. La recherche scientifique sur cette esp\u00e8ce se concentre principalement sur l&rsquo;\u00e9cologie (bioindication des zones humides), la taxonomie et la biog\u00e9ographie du genre <em>Myosotis<\/em>.<\/p>\n<p>Quelques travaux phytochimiques ont caract\u00e9ris\u00e9 les alcalo\u00efdes pyrrolizidiniques de diff\u00e9rentes esp\u00e8ces de <em>Myosotis<\/em>, confirmant des teneurs g\u00e9n\u00e9ralement faibles. Des \u00e9tudes sur l&rsquo;acide rosmarinique et les flavono\u00efdes, r\u00e9alis\u00e9es sur d&rsquo;autres esp\u00e8ces de Boraginac\u00e9es, sugg\u00e8rent un potentiel anti-inflammatoire et antioxydant transposable au myosotis, mais cela reste sp\u00e9culatif sans validation directe. La plante gagnerait \u00e0 faire l&rsquo;objet d&rsquo;investigations phytochimiques et pharmacologiques plus approfondies.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI \u2013 Aspects r\u00e9glementaires<\/h2>\n<p>Le myosotis des marais ne figure pas sur la liste des plantes m\u00e9dicinales de la Pharmacop\u00e9e fran\u00e7aise ni sur celle de la Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne. Il n&rsquo;est pas inscrit sur la liste des plantes autoris\u00e9es dans les compl\u00e9ments alimentaires en France. La r\u00e9glementation europ\u00e9enne sur les alcalo\u00efdes pyrrolizidiniques (r\u00e8glement (UE) 2020\/2040) fixe des teneurs maximales dans les denr\u00e9es alimentaires, ce qui concerne potentiellement les pr\u00e9parations \u00e0 base de Boraginac\u00e9es.<\/p>\n<p>La plante n&rsquo;est pas prot\u00e9g\u00e9e au niveau national en France, mais elle peut b\u00e9n\u00e9ficier de protections r\u00e9gionales dans certaines zones o\u00f9 les milieux humides sont menac\u00e9s. Sa cueillette en milieu naturel ne fait l&rsquo;objet d&rsquo;aucune restriction sp\u00e9cifique, hormis les r\u00e9glementations locales relatives aux zones humides prot\u00e9g\u00e9es.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII \u2013 \u00c9cologie et culture<\/h2>\n<p>Le myosotis des marais est une plante de culture facile dans les jardins disposant d&rsquo;un point d&rsquo;eau ou d&rsquo;un sol restant frais. Il se multiplie ais\u00e9ment par division de touffe au printemps ou \u00e0 l&rsquo;automne, par bouturage de stolons, ou par semis de graines fra\u00eeches en surface d&rsquo;un substrat humide. La germination est favoris\u00e9e par la lumi\u00e8re et des temp\u00e9ratures de 15 \u00e0 20 \u00b0C.<\/p>\n<p>Il prosp\u00e8re en situation mi-ombrag\u00e9e \u00e0 ensoleill\u00e9e, dans un sol riche, humif\u00e8re, constamment frais \u00e0 d\u00e9tremp\u00e9, de pH neutre \u00e0 l\u00e9g\u00e8rement acide (5,5-7,5). Il tol\u00e8re les sols argileux et l&rsquo;immersion temporaire. Rustique jusqu&rsquo;\u00e0 \u221230 \u00b0C, il ne craint ni le froid ni l&rsquo;humidit\u00e9. En revanche, il d\u00e9p\u00e9rit rapidement en sol sec. Il peut devenir envahissant par ses stolons dans les conditions optimales. Peu sujet aux maladies, il peut \u00eatre affect\u00e9 par l&rsquo;o\u00efdium en fin de saison.<\/p>\n<hr>\n<h2>XIII \u2013 Aspects culturels et historiques<\/h2>\n<p>Le myosotis est l&rsquo;une des fleurs les plus charg\u00e9es de symbolisme dans la culture occidentale. La l\u00e9gende m\u00e9di\u00e9vale germanique raconte qu&rsquo;un chevalier, cueillant ces fleurs au bord d&rsquo;une rivi\u00e8re pour sa dame, fut emport\u00e9 par le courant et cria \u00ab Vergiss mein nicht ! \u00bb (ne m&rsquo;oublie pas) avant de dispara\u00eetre. Ce r\u00e9cit a donn\u00e9 son nom \u00e0 la plante dans de nombreuses langues.<\/p>\n<p>Le myosotis est le symbole de l&rsquo;amour fid\u00e8le, du souvenir et de la m\u00e9moire. Il fut adopt\u00e9 comme embl\u00e8me par la franc-ma\u00e7onnerie allemande durant le r\u00e9gime nazi comme signe de reconnaissance discret. Au Royaume-Uni, il est associ\u00e9 \u00e0 la Journ\u00e9e de la m\u00e9moire. En h\u00e9raldique, il symbolise le souvenir et la constance. Dioscoride mentionnait d\u00e9j\u00e0 l&rsquo;\u00ab oreille de souris \u00bb dans sa <em>Materia Medica<\/em>, bien que l&rsquo;identification exacte avec l&rsquo;esp\u00e8ce actuelle reste incertaine.<\/p>\n<hr>\n<h2>XIV \u2013 Conclusion et perspectives<\/h2>\n<p>Le myosotis des marais, malgr\u00e9 sa renomm\u00e9e universelle comme symbole du souvenir, reste une plante m\u00e9dicinale tr\u00e8s secondaire dont le potentiel th\u00e9rapeutique demeure largement inexplor\u00e9. Ses compos\u00e9s d&rsquo;int\u00e9r\u00eat (acide rosmarinique, flavono\u00efdes) m\u00e9riteraient des investigations pharmacologiques cibl\u00e9es, tandis que la question des alcalo\u00efdes pyrrolizidiniques, m\u00eame \u00e0 faibles doses, impose une approche prudente de tout usage interne.<\/p>\n<p>Son principal int\u00e9r\u00eat contemporain r\u00e9side dans son r\u00f4le \u00e9cologique comme indicateur des zones humides et dans son usage ornemental au jardin. La poursuite des \u00e9tudes phytochimiques permettrait de mieux caract\u00e9riser les chimiotypes et d&rsquo;\u00e9valuer un \u00e9ventuel potentiel pharmaceutique. En attendant, le myosotis des marais continue d&rsquo;enchanter les berges et les jardins d&rsquo;eau par la gr\u00e2ce incomparable de ses fleurs azur\u00e9es.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le myosotis des marais (Myosotis scorpioides L.), membre d\u00e9licat de la famille des Boraginac\u00e9es, est l&rsquo;une des plantes les plus embl\u00e9matiques des zones humides europ\u00e9ennes. 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