{"id":740,"date":"2026-03-26T11:26:53","date_gmt":"2026-03-26T10:26:53","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/pulmonaire-officinale\/"},"modified":"2026-06-25T09:28:37","modified_gmt":"2026-06-25T07:28:37","slug":"pulmonaire-officinale","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/pulmonaire-officinale\/","title":{"rendered":"PULMONAIRE OFFICINALE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Pulmonaire%20officinale.jpg\" alt=\"Planche botanique Pulmonaire officinale\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<p>La pulmonaire officinale est l&rsquo;une des plantes les plus embl\u00e9matiques de la \u00ab th\u00e9orie des signatures \u00bb \u2014 cette doctrine m\u00e9di\u00e9vale selon laquelle l&rsquo;apparence d&rsquo;une plante indique son usage th\u00e9rapeutique. Ses feuilles tachet\u00e9es de blanc sur fond vert, \u00e9voquant l&rsquo;aspect d&rsquo;un poumon malade, ont valu \u00e0 la pulmonaire son nom et sa r\u00e9putation de rem\u00e8de des affections respiratoires \u2014 une r\u00e9putation que la pharmacologie moderne n&rsquo;a jamais confirm\u00e9e par des essais cliniques, m\u00eame si le profil phytochimique de la plante (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/mucilages\/\">mucilages<\/a> \u00e9mollients, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-rosmarinique\/\">acide rosmarinique<\/a> anti-inflammatoire) lui offre un rationnel plausible.<\/p>\n<p>Plante vivace des sous-bois frais et des haies, la pulmonaire s\u00e9duit aussi par le changement de couleur de ses fleurs \u2014 roses en bouton, bleues \u00e0 l&rsquo;anth\u00e8se \u2014 un ph\u00e9nom\u00e8ne d\u00fb \u00e0 la variation du pH cellulaire des anthocyanes, qui constitue l&rsquo;un des exemples les plus accessibles de chimie florale pour l&rsquo;observateur de terrain.<\/p>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Famille :<\/strong> Boraginaceae<\/li>\n<li><strong>Genre :<\/strong> <em>Pulmonaria<\/em><\/li>\n<li><strong>Esp\u00e8ce :<\/strong> <em>Pulmonaria officinalis<\/em> L.<\/li>\n<li><strong>Noms vernaculaires :<\/strong> Pulmonaire officinale, Herbe aux poumons, Coucou bleu, Sauge de J\u00e9rusalem, Herbe de c\u0153ur.<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>\u00c9tymologie :<\/strong> <em>Pulmonaria<\/em> du latin <em>pulmo<\/em> (\u00ab poumon \u00bb), en r\u00e9f\u00e9rence aux taches des feuilles rappelant l&rsquo;aspect d&rsquo;un tissu pulmonaire. <em>officinalis<\/em> atteste l&rsquo;usage officinal. Le genre <em>Pulmonaria<\/em> comprend une quinzaine d&rsquo;esp\u00e8ces en Europe, dont la taxonomie est complexe (hybridation fr\u00e9quente, polymorphisme \u00e9lev\u00e9).<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<h3>A. Port et architecture<\/h3>\n<p>Plante herbac\u00e9e vivace de 15 \u00e0 40 cm, \u00e0 souche rhizomateuse, formant des touffes basses dans les sous-bois. La floraison printani\u00e8re pr\u00e9coce (mars-mai) pr\u00e9c\u00e8de le d\u00e9veloppement complet du feuillage estival \u2014 les grandes feuilles basales n&rsquo;atteignent leur taille d\u00e9finitive qu&rsquo;apr\u00e8s la fanaison des fleurs.<\/p>\n<h3>B. Appareil v\u00e9g\u00e9tatif<\/h3>\n<p><strong>Tiges florif\u00e8res :<\/strong> dress\u00e9es, pubescentes-glanduleuses, simples, portant quelques feuilles caulinaires sessiles ou semi-embrassantes.<\/p>\n<p><strong>Feuilles :<\/strong> dimorphisme net. Les <strong>feuilles basales<\/strong>, d\u00e9velopp\u00e9es apr\u00e8s la floraison, sont grandes (15-30 cm), ovales-cordiformes, longuement p\u00e9tiol\u00e9es, \u00e0 surface rugueuse et h\u00e9riss\u00e9e (poils r\u00eaches typiques des Boraginac\u00e9es), vert fonc\u00e9 et caract\u00e9ristiquement <strong>macul\u00e9es de taches blanc-argent\u00e9<\/strong> irr\u00e9guli\u00e8res \u2014 ces macules correspondent \u00e0 des poches d&rsquo;air sous l&rsquo;\u00e9piderme qui diffractent la lumi\u00e8re. Les feuilles caulinaires sont plus petites, sessiles, \u00e0 peine macul\u00e9es.<\/p>\n<p><strong>Rhizome :<\/strong> court, \u00e9pais, noir\u00e2tre, \u00e9mettant des rosettes de feuilles et des tiges florif\u00e8res.<\/p>\n<h3>C. Appareil reproducteur<\/h3>\n<p><strong>Inflorescence :<\/strong> cymes scorpio\u00efdes terminales, typiques des Boraginac\u00e9es.<\/p>\n<p><strong>Fleur :<\/strong> de 10 \u00e0 15 mm, en entonnoir \u00e0 5 lobes, avec une gorge ferm\u00e9e par 5 touffes de poils (fornices). Le caract\u00e8re le plus frappant est le <strong>changement de couleur :<\/strong> les boutons sont <strong>roses<\/strong> (anthocyanes \u00e0 pH acide), puis les fleurs ouvertes virent au <strong>bleu-violet<\/strong> (anthocyanes \u00e0 pH basique). Ce virage chromatique, d\u00fb \u00e0 l&rsquo;alcalinisation du suc cellulaire lors de la maturation florale, permet aux pollinisateurs de distinguer les fleurs jeunes (riches en nectar) des fleurs \u00e2g\u00e9es (d\u00e9j\u00e0 pollinis\u00e9es).<\/p>\n<p><strong>Fruit :<\/strong> t\u00e9trak\u00e8ne \u00e0 nucules ovo\u00efdes, lisses, brunes.<\/p>\n<p><strong>Floraison :<\/strong> mars \u00e0 mai. Pollinisation entomophile (bourdons, abeilles solitaires vernales).<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9COLOGIE ET DISTRIBUTION<\/h3>\n<h3>A. Habitat<\/h3>\n<p>La pulmonaire est une esp\u00e8ce sciaphile \u00e0 semi-sciaphile des sous-bois frais, haies bocag\u00e8res, lisi\u00e8res ombrag\u00e9es, ravins et parcs anciens. Elle pr\u00e9f\u00e8re les sols humif\u00e8res, frais, neutres \u00e0 calcaires, riches en bases. C&rsquo;est une esp\u00e8ce caract\u00e9ristique des ch\u00eanaies-charmaies m\u00e9sophiles et des h\u00eatraies sur sol riche (alliance du <em>Carpinion betuli<\/em>). Bon indicateur de for\u00eats anciennes.<\/p>\n<h3>B. Distribution<\/h3>\n<p>Esp\u00e8ce europ\u00e9enne au sens strict, de la France \u00e0 la Pologne, de la Scandinavie m\u00e9ridionale aux montagnes m\u00e9diterran\u00e9ennes. En France, commune dans le Nord, l&rsquo;Est, le Centre et les r\u00e9gions montagneuses. Plus rare dans l&rsquo;Ouest atlantique et le Midi.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Les <strong>feuilles<\/strong> et les <strong>sommit\u00e9s fleuries<\/strong>, r\u00e9colt\u00e9es au printemps (avril-mai). S\u00e9ch\u00e9es \u00e0 l&rsquo;ombre. La drogue est inscrite \u00e0 la liste A des plantes m\u00e9dicinales de la Pharmacop\u00e9e fran\u00e7aise. L&rsquo;EMA ne dispose pas encore de monographie sp\u00e9cifique pour cette esp\u00e8ce.<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<h3>A. Mucilages<\/h3>\n<p>Les feuilles sont riches en <strong>mucilages<\/strong> (polysaccharides hydrosolubles), conf\u00e9rant un effet \u00e9mollient et protecteur des muqueuses respiratoires. C&rsquo;est le support principal de l&rsquo;activit\u00e9 pectorale traditionnelle.<\/p>\n<h3>B. Acide rosmarinique<\/h3>\n<p>Pr\u00e9sent en concentration significative (1-3 %), l&rsquo;acide rosmarinique est le compos\u00e9 ph\u00e9nolique dominant. Il poss\u00e8de des propri\u00e9t\u00e9s anti-inflammatoires (inhibition COX-2, 5-LOX) et antioxydantes bien document\u00e9es.<\/p>\n<h3>C. Acide silicique (silice soluble)<\/h3>\n<p>La pulmonaire contient de la <strong>silice soluble<\/strong> (acide orthosilicique), mais sa teneur n&rsquo;est pas quantifi\u00e9e par des donn\u00e9es pharmacognosiques fiables : l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;une \u00ab richesse \u00bb exceptionnelle rel\u00e8ve surtout de la tradition herboriste (les v\u00e9ritables plantes \u00e0 silice \u00e9tant la pr\u00eale et les renou\u00e9es). La silice est traditionnellement invoqu\u00e9e pour expliquer l&rsquo;effet b\u00e9n\u00e9fique suppos\u00e9 de la plante sur les voies respiratoires.<\/p>\n<h3>D. Tanins<\/h3>\n<p><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/tanins-condenses\/\">Tanins condens\u00e9s<\/a> et hydrolysables, contribuant \u00e0 l&rsquo;effet astringent et h\u00e9mostatique.<\/p>\n<h3>E. Min\u00e9raux<\/h3>\n<p>Richesse en potassium, calcium, fer et mangan\u00e8se.<\/p>\n<h3>F. Alcalo\u00efdes pyrrolizidiniques<\/h3>\n<p>Pr\u00e9sents en <strong>traces<\/strong> (lycopsamine, interm\u00e9dine) \u2014 teneur beaucoup plus faible que chez la consoude ou la bourrache. Le risque h\u00e9patotoxique est consid\u00e9r\u00e9 comme n\u00e9gligeable aux doses d&rsquo;usage traditionnelles.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<h3>A. Activit\u00e9 pectorale et \u00e9molliente<\/h3>\n<p>Les mucilages tapissent les muqueuses des voies respiratoires sup\u00e9rieures, exer\u00e7ant un effet adoucissant et protecteur. L&rsquo;acide rosmarinique r\u00e9duit l&rsquo;inflammation bronchique. La silice soluble contribuerait \u00e0 la r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration de l&rsquo;\u00e9pith\u00e9lium bronchique. Cette triple action fonde l&rsquo;usage dans les toux s\u00e8ches, les irritations bronchiques et les enrouements.<\/p>\n<h3>B. Activit\u00e9 anti-inflammatoire<\/h3>\n<p>L&rsquo;acide rosmarinique inhibe les voies COX-2 et 5-LOX, r\u00e9duisant la production de prostaglandines et de leucotri\u00e8nes pro-inflammatoires.<\/p>\n<h3>C. Activit\u00e9 antioxydante<\/h3>\n<p>L&rsquo;acide rosmarinique et les tanins conf\u00e8rent une activit\u00e9 antioxydante significative aux extraits aqueux.<\/p>\n<h3>D. Activit\u00e9 astringente<\/h3>\n<p>Les tanins exercent un effet astringent utile en gargarismes contre les inflammations pharyng\u00e9es et en application sur les plaies.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Aucun essai clinique randomis\u00e9 sp\u00e9cifique n&rsquo;est disponible pour <em>P. officinalis<\/em>. L&rsquo;usage repose sur la tradition europ\u00e9enne solidement document\u00e9e (plusieurs si\u00e8cles) et sur l&rsquo;extrapolation pharmacologique \u00e0 partir des compos\u00e9s actifs (mucilages + acide rosmarinique + silice). La plante figure dans les listes positives de plusieurs pays europ\u00e9ens pour le traitement des \u00ab affections des voies respiratoires sup\u00e9rieures \u00bb.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/mucilages\/\">Mucilages<\/a><\/td>\n<td>Polysaccharides<\/td>\n<td>\u00c9mollients, adoucissants<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Silice<\/td>\n<td>Min\u00e9ral<\/td>\n<td>Remin\u00e9ralisante<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Allanto\u00efne, tanins<\/td>\n<td>D\u00e9riv\u00e9 purique \/ tanins<\/td>\n<td>Cicatrisants, astringents<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Flavono\u00efdes<\/td>\n<td>Flavonols<\/td>\n<td>Antioxydants<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Infusion :<\/strong> 1,5 \u00e0 2 g de feuilles s\u00e9ch\u00e9es pour 150 ml, 10-15 min. 3 tasses\/jour (toux s\u00e8che, bronchite, enrouement).<\/li>\n<li><strong>Sirop :<\/strong> d\u00e9coction concentr\u00e9e de feuilles + miel \u2014 forme traditionnelle pectorale.<\/li>\n<li><strong>Gargarisme :<\/strong> infusion concentr\u00e9e (3-4 g\/150 ml) pour les maux de gorge.<\/li>\n<li><strong>Teinture :<\/strong> 1:5 dans \u00e9thanol \u00e0 45\u00b0, 30-50 gouttes 3 fois\/jour.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>La pulmonaire est consid\u00e9r\u00e9e comme une plante de <strong>faible toxicit\u00e9<\/strong>. Bien que des traces d&rsquo;<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/alcaloides\/\">alcalo\u00efdes<\/a> pyrrolizidiniques (AP) soient pr\u00e9sentes, leur teneur est tr\u00e8s inf\u00e9rieure \u00e0 celle de la consoude ou de la bourrache, et le risque h\u00e9patotoxique aux doses d&rsquo;usage est consid\u00e9r\u00e9 comme n\u00e9gligeable par la plupart des auteurs. Par prudence, un usage prolong\u00e9 excessif est d\u00e9conseill\u00e9, et la plante n&rsquo;est pas recommand\u00e9e pendant la grossesse.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>La pulmonaire est l&rsquo;illustration la plus c\u00e9l\u00e8bre de la <strong>doctrine des signatures<\/strong> \u2014 th\u00e9orie d\u00e9velopp\u00e9e par Paracelse (XVIe si\u00e8cle) et Giambattista della Porta selon laquelle Dieu aurait marqu\u00e9 chaque plante d&rsquo;un signe indiquant son usage th\u00e9rapeutique. Les taches blanches sur les feuilles, rappelant les alv\u00e9oles pulmonaires, \u00ab signaient \u00bb la plante pour les maladies du poumon. Si cette th\u00e9orie est aujourd&rsquo;hui rejet\u00e9e comme m\u00e9thode de d\u00e9couverte pharmacologique, le cas de la pulmonaire est souvent cit\u00e9 comme une \u00ab signature \u00bb dont le rationnel phytochimique para\u00eet coh\u00e9rent a posteriori (mucilages pectoraux, acide rosmarinique anti-inflammatoire) \u2014 sans que la doctrine ait pour autant \u00ab pr\u00e9dit \u00bb l&rsquo;activit\u00e9 ; Bennett (2007), pr\u00e9cis\u00e9ment, conclut que les signatures n&rsquo;ont jamais permis de d\u00e9couvrir une propri\u00e9t\u00e9 m\u00e9dicinale.<\/p>\n<p>En m\u00e9decine populaire europ\u00e9enne, la pulmonaire \u00e9tait prescrite contre la toux, la phtisie (tuberculose), les crachements de sang et les inflammations bronchiques. Elle figurait dans tous les jardins monastiques comme plante pectorale.<\/p>\n<hr>\n<h3>INT\u00c9R\u00caT \u00c9COLOGIQUE<\/h3>\n<p>La pulmonaire officinale est un excellent <strong>indicateur de for\u00eats anciennes<\/strong> sur sols riches et calcaires. Sa floraison tr\u00e8s pr\u00e9coce (mars-avril) en fait l&rsquo;une des premi\u00e8res sources de nectar pour les bourdons-reines fondatrices et les abeilles solitaires printani\u00e8res. Le virage de couleur rose \u2192 bleu des fleurs constitue un signal visuel pour les pollinisateurs, leur permettant de concentrer leurs visites sur les fleurs encore pleines de nectar. Les nombreuses vari\u00e9t\u00e9s horticoles de pulmonaire (<em>P. saccharata<\/em>, <em>P. longifolia<\/em>, hybrides) sont d&rsquo;excellentes plantes de jardin d&rsquo;ombre pour les massifs naturalis\u00e9s.<\/p>\n<hr>\n<h3>CONFUSIONS POSSIBLES<\/h3>\n<ul>\n<li><strong><em>Pulmonaria longifolia<\/em><\/strong> (pulmonaire \u00e0 feuilles longues) : feuilles lanc\u00e9ol\u00e9es \u00e9troites (non cordiformes), taches plus r\u00e9guli\u00e8res.<\/li>\n<li><strong><em>Pulmonaria montana<\/em><\/strong> (pulmonaire des montagnes) : feuilles sans taches ou \u00e0 peine macul\u00e9es, m\u00eame milieu.<\/li>\n<li><strong><em>Myosotis sylvatica<\/em><\/strong> (myosotis des bois) : m\u00eame habitat et m\u00eame \u00e9poque de floraison, mais feuilles non macul\u00e9es et beaucoup plus petites.<\/li>\n<li><strong><em>Symphytum<\/em> spp.<\/strong> (consoudes) : m\u00eame famille, pilosit\u00e9 similaire, mais feuilles d\u00e9currentes et beaucoup plus grandes.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>La pulmonaire officinale est une plante pectorale europ\u00e9enne dont l&rsquo;usage traditionnel \u2014 fond\u00e9 sur une \u00ab signature \u00bb visuelle \u2014 se trouve confort\u00e9 par un profil phytochimique coh\u00e9rent : mucilages \u00e9mollients, acide rosmarinique anti-inflammatoire et silice r\u00e9g\u00e9n\u00e9ratrice. Si les donn\u00e9es cliniques propres font d\u00e9faut, la convergence entre tradition mill\u00e9naire et pharmacologie des compos\u00e9s actifs justifie sa place dans la phytoth\u00e9rapie des affections respiratoires b\u00e9nignes. Son int\u00e9r\u00eat botanique \u2014 virage chromatique des fleurs, indicatrice de for\u00eats anciennes \u2014 et sa valeur ornementale en jardins d&rsquo;ombre compl\u00e8tent le portrait d&rsquo;une plante dont l&rsquo;attrait traverse les disciplines.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li>Bruneton J., <em>Pharmacognosie, phytochimie, plantes m\u00e9dicinales<\/em>, 5<sup>e<\/sup> \u00e9d., Lavoisier, 2016.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B., <em>Flora Gallica \u2014 Flore de France<\/em>, Biotope \u00c9ditions, 2014.<\/li>\n<li>Wichtl M. (\u00e9d.), <em>Teedrogen und Phytopharmaka<\/em>, 5<sup>e<\/sup> \u00e9d., WVG, 2009.<\/li>\n<li>Petersen M., Simmonds M.S.J., \u00ab Rosmarinic acid \u00bb, <em>Phytochemistry<\/em>, 2003, 62(2), 121-125.<\/li>\n<li>Bennett B.C., \u00ab Doctrine of Signatures: an explanation of medicinal plant discovery or dissemination of knowledge? \u00bb, <em>Economic Botany<\/em>, 2007, 61(3), 246-255.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> \u00c9mollient \/ pectoral<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Astringent<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Adoucissant<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La pulmonaire officinale est l&rsquo;une des plantes les plus embl\u00e9matiques de la \u00ab th\u00e9orie des signatures \u00bb \u2014 cette doctrine m\u00e9di\u00e9vale selon laquelle l&rsquo;apparence d&rsquo;une [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[108],"tags":[],"class_list":["post-740","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-boraginacees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/740","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=740"}],"version-history":[{"count":17,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/740\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":14262,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/740\/revisions\/14262"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=740"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=740"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=740"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}