{"id":741,"date":"2026-03-26T11:26:54","date_gmt":"2026-03-26T10:26:54","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/pulmonaire-a-feuilles-longues\/"},"modified":"2026-04-26T08:23:39","modified_gmt":"2026-04-26T06:23:39","slug":"pulmonaire-a-feuilles-longues","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/pulmonaire-a-feuilles-longues\/","title":{"rendered":"PULMONAIRE \u00c0 FEUILLES LONGUES"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Pulmonaire%20%C3%A0%20feuilles%20longues.jpg\" alt=\"Planche botanique Pulmonaire \u00e0 feuilles longues\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<h2>I. Identit\u00e9 botanique<\/h2>\n<p>La pulmonaire \u00e0 feuilles longues, <em>Pulmonaria longifolia<\/em> (Bastard) Boreau, appartient \u00e0 la famille des <em>Boraginaceae<\/em>. C&rsquo;est une plante herbac\u00e9e vivace de 20 \u00e0 40 cm de hauteur, \u00e0 rhizome court et trapu. Les feuilles basales sont remarquablement longues et \u00e9troites (15 \u00e0 50 cm \u00d7 3 \u00e0 6 cm), lanc\u00e9ol\u00e9es, att\u00e9nu\u00e9es aux deux extr\u00e9mit\u00e9s, d&rsquo;un vert fonc\u00e9 macul\u00e9 de taches blanc argent\u00e9 bien individualis\u00e9es, \u00e0 face sup\u00e9rieure h\u00e9riss\u00e9e de poils raides sur des pustules et \u00e0 face inf\u00e9rieure plus mollement velue. Les feuilles caulinaires sont sessiles, semi-embrassantes, progressivement r\u00e9duites. Les tiges sont dress\u00e9es, poilues. L&rsquo;inflorescence est une cyme scorpio\u00efde bipare, portant des fleurs tubuleuses \u00e0 corolle infundibuliforme de 10 \u00e0 15 mm, d&rsquo;abord rose \u00e0 rouge puis virant au bleu-violet apr\u00e8s f\u00e9condation (h\u00e9t\u00e9rochronie pigmentaire due au changement de pH vacuolaire des anthocyanes). Le calice est tubuleux, \u00e0 5 dents. Les fleurs sont h\u00e9t\u00e9rostyl\u00e9es. La floraison s&rsquo;\u00e9tend de mars \u00e0 mai. Le fruit est form\u00e9 de 4 nucules lisses, brunes. Le syst\u00e8me racinaire est constitu\u00e9 d&rsquo;un rhizome court portant des racines fascicul\u00e9es. L&rsquo;esp\u00e8ce est diplo\u00efde (2n = 14) et se distingue des autres pulmonaires par ses feuilles basales tr\u00e8s allong\u00e9es, 6 \u00e0 8 fois plus longues que larges.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. \u00c9cologie et habitat<\/h2>\n<p><em>Pulmonaria longifolia<\/em> est une esp\u00e8ce atlantique \u00e0 subatlantique, dont l&rsquo;aire de r\u00e9partition s&rsquo;\u00e9tend du Portugal et de l&rsquo;Espagne atlantique \u00e0 la Belgique, en passant par la France occidentale et centrale, le sud de l&rsquo;Angleterre et le nord de l&rsquo;Italie. En France, elle est surtout pr\u00e9sente dans le sud-ouest, le centre-ouest, le Bassin parisien et la Normandie. Elle colonise les sous-bois clairs de for\u00eats de feuillus (ch\u00eanaies, ch\u00eanaies-charmaies, h\u00eatraies collin\u00e9ennes), les haies, les talus ombrag\u00e9s et les lisi\u00e8res foresti\u00e8res, sur des sols frais, humif\u00e8res, neutres \u00e0 l\u00e9g\u00e8rement acides (pH 5,5 \u00e0 7), argilo-limoneux, bien drain\u00e9s mais non dess\u00e9chants. L&rsquo;esp\u00e8ce est sciaphile \u00e0 semi-sciaphile et appartient aux communaut\u00e9s du <em>Querco-Fagetea<\/em>. Elle est souvent associ\u00e9e \u00e0 <em>Primula elatior<\/em>, <em>Anemone nemorosa<\/em>, <em>Hyacinthoides non-scripta<\/em> et <em>Mercurialis perennis<\/em>. Le virage de couleur des fleurs du rose au bleu constitue un signal visuel pour les insectes pollinisateurs (bourdons principalement), les fleurs bleues indiquant qu&rsquo;elles ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 f\u00e9cond\u00e9es et ne contiennent plus de nectar.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. Histoire et usages traditionnels<\/h2>\n<p>Le nom <em>Pulmonaria<\/em> provient du latin <em>pulmo<\/em> (poumon), les taches blanches des feuilles \u00e9voquant les alv\u00e9oles pulmonaires selon la th\u00e9orie des signatures de Paracelse. Cette ressemblance morphologique a conduit \u00e0 utiliser les pulmonaires comme rem\u00e8des des affections respiratoires depuis le XVIe si\u00e8cle. L&rsquo;usage est commun \u00e0 toutes les esp\u00e8ces de <em>Pulmonaria<\/em>. En m\u00e9decine populaire, l&rsquo;infusion des feuilles et des sommit\u00e9s fleuries \u00e9tait prescrite contre la toux, les bronchites, les catarrhes pulmonaires, l&rsquo;asthme et la phtisie (tuberculose). La plante \u00e9tait \u00e9galement consid\u00e9r\u00e9e comme \u00e9molliente, adoucissante et sudorifique. Dans certaines r\u00e9gions de France, la pulmonaire \u00e9tait ajout\u00e9e aux salades printani\u00e8res (les jeunes feuilles \u00e9tant comestibles). Les Boraginac\u00e9es sont traditionnellement associ\u00e9es aux \u00ab\u00a0plantes pectorales\u00a0\u00bb en raison de leur richesse en mucilages. Le sirop de pulmonaire figurait dans les pharmacop\u00e9es des herboristes du XVIIIe et XIXe si\u00e8cle. L&rsquo;usage a progressivement d\u00e9clin\u00e9 au XXe si\u00e8cle au profit de plantes mieux document\u00e9es.<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. Composition chimique d\u00e9taill\u00e9e<\/h2>\n<p>La composition chimique des pulmonaires, bien qu&rsquo;incompl\u00e8tement \u00e9tudi\u00e9e pour <em>P. longifolia<\/em> sp\u00e9cifiquement, est repr\u00e9sentative du genre. Les <strong>mucilages<\/strong> (polysaccharides hydrophiles de type arabinogalactanes et rhamnogalacturonanes) repr\u00e9sentent 6 \u00e0 10 % du poids sec des feuilles et sont responsables de l&rsquo;action \u00e9molliente. Des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> sont pr\u00e9sents, notamment l&rsquo;<strong>acide rosmarinique<\/strong> (0,5 \u00e0 3 % MS), un ester de l&rsquo;acide caf\u00e9ique et de l&rsquo;acide 3,4-dihydroxyph\u00e9nyllactique, aux propri\u00e9t\u00e9s antioxydantes et anti-inflammatoires marqu\u00e9es. Des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> incluent la <strong>querc\u00e9tine<\/strong>, le <strong>kaempf\u00e9rol<\/strong> et la <strong>rutine<\/strong>. Des <strong>tanins<\/strong> cat\u00e9chiques et galliques (3-8 % MS) conf\u00e8rent une astringence mod\u00e9r\u00e9e. Des <strong>saponines triterp\u00e9niques<\/strong> sont pr\u00e9sentes en faible quantit\u00e9. La plante contient de la <strong>silice<\/strong> soluble (acide silicique), des <strong>min\u00e9raux<\/strong> (potassium, calcium, fer, mangan\u00e8se) et de la <strong>vitamine C<\/strong>. Des <strong>alcalo\u00efdes pyrrolizidiniques<\/strong> (AP) caract\u00e9ristiques des Boraginac\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9tect\u00e9s dans certaines esp\u00e8ces de <em>Pulmonaria<\/em> \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat de traces ; leur pr\u00e9sence chez <em>P. longifolia<\/em> n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 sp\u00e9cifiquement \u00e9tudi\u00e9e mais est probable. Des <strong>anthocyanes<\/strong> (delphinidine, cyanidine) sont responsables du changement de couleur des fleurs.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. Pharmacologie et m\u00e9canismes d&rsquo;action<\/h2>\n<p>Les <strong>mucilages<\/strong> exercent un effet \u00e9mollient sur les muqueuses respiratoires en formant un film hydrophile protecteur qui att\u00e9nue l&rsquo;irritation, r\u00e9duit la stimulation des r\u00e9cepteurs tussig\u00e8nes et diminue l&rsquo;inflammation de contact. L&rsquo;<strong>acide rosmarinique<\/strong> est le compos\u00e9 pharmacologiquement le plus actif : il exerce des effets anti-inflammatoires (inhibition de la COX-2, de la 5-LOX, du compl\u00e9ment C3-convertase et de la synth\u00e8se des leucotri\u00e8nes), antioxydants (pi\u00e9geage des radicaux libres, ch\u00e9lation des ions Fe\u00b2\u207a et Cu\u00b2\u207a, inhibition de la peroxydation lipidique), antiviraux (inhibition de l&rsquo;adsorption et de la p\u00e9n\u00e9tration de certains virus envelopp\u00e9s) et antiallergiques (inhibition de la lib\u00e9ration d&rsquo;histamine par les mastocytes). Les <strong>tanins<\/strong> exercent un effet astringent mod\u00e9r\u00e9, r\u00e9duisant les s\u00e9cr\u00e9tions excessives et renfor\u00e7ant les d\u00e9fenses locales des muqueuses. La <strong>silice<\/strong> soluble est consid\u00e9r\u00e9e comme b\u00e9n\u00e9fique pour la r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration des tissus conjonctifs pulmonaires. Les <strong>flavono\u00efdes<\/strong> compl\u00e8tent l&rsquo;activit\u00e9 anti-inflammatoire et antioxydante. L&rsquo;ensemble de ces m\u00e9canismes justifie pharmacologiquement l&rsquo;usage traditionnel dans les affections respiratoires.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. Propri\u00e9t\u00e9s th\u00e9rapeutiques document\u00e9es<\/h2>\n<p>Les propri\u00e9t\u00e9s th\u00e9rapeutiques des pulmonaires ne sont pas soutenues par des essais cliniques randomis\u00e9s, mais les donn\u00e9es pharmacologiques de leurs constituants sont solides. (1) <strong>Effet b\u00e9chique et adoucissant<\/strong> : les mucilages calment la toux s\u00e8che et irritative en prot\u00e9geant les muqueuses enflamm\u00e9es. (2) <strong>Effet expectorant doux<\/strong> : la combinaison mucilages-saponines facilite l&rsquo;expectoration dans les toux productives. (3) <strong>Effet anti-inflammatoire<\/strong> : l&rsquo;acide rosmarinique r\u00e9duit l&rsquo;inflammation des voies respiratoires sup\u00e9rieures. (4) <strong>Effet antioxydant<\/strong> : la capacit\u00e9 antioxydante des extraits est bien document\u00e9e in vitro. (5) <strong>Effet astringent mod\u00e9r\u00e9<\/strong> : les tanins r\u00e9duisent les s\u00e9cr\u00e9tions excessives. (6) <strong>Effet diur\u00e9tique l\u00e9ger<\/strong> : rapport\u00e9 dans la tradition, attribu\u00e9 aux flavono\u00efdes et au potassium. La Commission E allemande n&rsquo;a pas \u00e9tabli de monographie positive pour les pulmonaires en raison de donn\u00e9es cliniques insuffisantes. L&rsquo;esp\u00e8ce n&rsquo;est pas inscrite dans les monographies de l&rsquo;EMA.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. Indications en phytoth\u00e9rapie clinique<\/h2>\n<p>Les pulmonaires sont utilis\u00e9es en phytoth\u00e9rapie traditionnelle europ\u00e9enne, sans reconnaissance officielle par les instances r\u00e9glementaires. Les indications traditionnelles comprennent : toux s\u00e8che irritative et bronchite aigu\u00eb b\u00e9nigne (infusion des feuilles et sommit\u00e9s fleuries) ; inflammation des voies respiratoires sup\u00e9rieures (pharyngite, laryngite) ; catarrhe bronchique avec expectoration difficile ; affections cutan\u00e9es mineures (usage externe en compresses). En herboristerie contemporaine, la pulmonaire entre dans la composition de tisanes pectorales et de m\u00e9langes \u00ab\u00a0poumons\u00a0\u00bb associant guimauve, mauve, bouillon-blanc, tussilage et thym. La pr\u00e9sence potentielle d&rsquo;alcalo\u00efdes pyrrolizidiniques, m\u00eame \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat de traces, constitue une r\u00e9serve importante qui limite les prescriptions au long cours. En gemmoth\u00e9rapie et en spagyrie, des pr\u00e9parations \u00e0 base de <em>Pulmonaria<\/em> spp. sont propos\u00e9es pour le soutien des fonctions respiratoires.<\/p>\n<hr>\n<h2>VIII. Posologie et modes d&#8217;emploi<\/h2>\n<p><strong>Infusion de feuilles et sommit\u00e9s fleuries<\/strong> : 1,5 \u00e0 3 g de plante s\u00e9ch\u00e9e pour 250 mL d&rsquo;eau bouillante, infuser 10 \u00e0 15 min, filtrer ; 3 \u00e0 4 tasses\/jour. <strong>D\u00e9coction<\/strong> (usage externe) : 30 \u00e0 50 g pour 1 L d&rsquo;eau, bouillir 10 min ; en compresses ou gargarismes. <strong>Teinture-m\u00e8re<\/strong> (plante fra\u00eeche, 1:5, \u00e9thanol 40 %) : 30 \u00e0 50 gouttes, 3 fois\/jour. <strong>Sirop<\/strong> : pr\u00e9parer une infusion concentr\u00e9e (100 g de plante pour 500 mL d&rsquo;eau), filtrer, ajouter 500 g de sucre ; 2 \u00e0 4 cuill\u00e8res \u00e0 soupe par jour. <strong>Suc de plante fra\u00eeche stabilis\u00e9<\/strong> : 10 \u00e0 20 mL, 2 \u00e0 3 fois\/jour. La dur\u00e9e de traitement est limit\u00e9e \u00e0 4 \u00e0 6 semaines par principe de pr\u00e9caution (alcalo\u00efdes pyrrolizidiniques potentiels). Les jeunes feuilles peuvent \u00eatre consomm\u00e9es en salade ou cuites comme l\u00e9gume (les poils s&rsquo;adoucissent \u00e0 la cuisson).<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. Contre-indications et pr\u00e9cautions<\/h2>\n<p>L&rsquo;usage est d\u00e9conseill\u00e9 pendant la grossesse et l&rsquo;allaitement en raison de la pr\u00e9sence potentielle d&rsquo;alcalo\u00efdes pyrrolizidiniques (AP), h\u00e9patotoxiques et g\u00e9notoxiques. Les AP sont particuli\u00e8rement dangereux pour le f\u0153tus (h\u00e9patotoxicit\u00e9 f\u0153tale, effet t\u00e9ratog\u00e8ne chez l&rsquo;animal). L&rsquo;utilisation prolong\u00e9e (au-del\u00e0 de 6 semaines par an) est d\u00e9conseill\u00e9e par extrapolation des recommandations de l&rsquo;EMA sur les Boraginac\u00e9es contenant des AP. Les patients atteints de maladie h\u00e9patique doivent \u00e9viter la plante. Les personnes allergiques aux Boraginac\u00e9es doivent \u00eatre prudentes. La pulmonaire est contre-indiqu\u00e9e en cas d&rsquo;obstruction des voies biliaires. Les poils des feuilles peuvent provoquer une irritation cutan\u00e9e de contact chez les personnes sensibles. L&rsquo;identification botanique doit \u00eatre certaine avant tout usage, le genre <em>Pulmonaria<\/em> comprenant de nombreuses esp\u00e8ces et hybrides parfois difficiles \u00e0 distinguer.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. Interactions m\u00e9dicamenteuses<\/h2>\n<p>Aucune interaction m\u00e9dicamenteuse sp\u00e9cifique n&rsquo;est document\u00e9e pour <em>Pulmonaria longifolia<\/em>. Les <strong>mucilages<\/strong> peuvent retarder l&rsquo;absorption de m\u00e9dicaments pris simultan\u00e9ment ; un intervalle de 30 \u00e0 60 minutes est recommand\u00e9. Les <strong>tanins<\/strong> peuvent r\u00e9duire l&rsquo;absorption du fer m\u00e9dicamenteux et de certains antibiotiques (fluoroquinolones, t\u00e9tracyclines, macrolides) par formation de complexes insolubles ; espacer les prises de 2 heures. L&rsquo;<strong>acide rosmarinique<\/strong> est un inhibiteur modeste de la cat\u00e9chol-O-m\u00e9thyltransf\u00e9rase (COMT) in vitro, ce qui pourrait th\u00e9oriquement potentialiser les effets des cat\u00e9cholamines (l\u00e9vodopa, dopamine), mais cette interaction n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 document\u00e9e cliniquement avec les pulmonaires. Les <strong>flavono\u00efdes<\/strong> (querc\u00e9tine) poss\u00e8dent un faible potentiel d&rsquo;inhibition du CYP3A4 et de la P-glycoprot\u00e9ine, sans pertinence clinique aux doses d&rsquo;infusion.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. Toxicologie<\/h2>\n<p>La toxicit\u00e9 aigu\u00eb des pulmonaires est tr\u00e8s faible. Aucune donn\u00e9e de DL50 n&rsquo;est disponible sp\u00e9cifiquement pour <em>P. longifolia<\/em>. La plante n&rsquo;est pas r\u00e9pertori\u00e9e comme toxique dans les bases de donn\u00e9es des centres antipoison. Le principal risque toxicologique est li\u00e9 aux <strong>alcalo\u00efdes pyrrolizidiniques<\/strong> (AP) potentiellement pr\u00e9sents. Les AP insatur\u00e9s (type 1,2-d\u00e9hydropyrrolizidine) sont h\u00e9patotoxiques (maladie veino-occlusive h\u00e9patique), g\u00e9notoxiques et potentiellement canc\u00e9rog\u00e8nes (class\u00e9s 2B par le CIRC pour certains AP). Cependant, les teneurs en AP chez les pulmonaires sont g\u00e9n\u00e9ralement tr\u00e8s faibles (&lt; 10 \u00b5g\/g de drogue s\u00e8che selon les donn\u00e9es disponibles pour <em>P. officinalis<\/em>), nettement inf\u00e9rieures \u00e0 celles de la consoude (<em>Symphytum officinale<\/em>, 500-8 000 \u00b5g\/g). Le risque pour l&rsquo;homme est consid\u00e9r\u00e9 comme faible aux doses d&rsquo;infusion traditionnelle et pour des dur\u00e9es limit\u00e9es. L&rsquo;EMA recommande de ne pas d\u00e9passer une exposition quotidienne de 1 \u00b5g d&rsquo;AP 1,2-insatur\u00e9s par voie orale sur une dur\u00e9e prolong\u00e9e. Des analyses de lot sont recommand\u00e9es pour les pr\u00e9parations commercialis\u00e9es.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. Recherche scientifique r\u00e9cente<\/h2>\n<p>La recherche r\u00e9cente sur les pulmonaires porte principalement sur la taxonomie, la phylog\u00e9nie et l&rsquo;\u00e9cologie, et dans une moindre mesure sur la phytochimie. Des analyses phylog\u00e9n\u00e9tiques mol\u00e9culaires (marqueurs nucl\u00e9aires ITS, marqueurs chloroplastiques) ont clarifi\u00e9 les relations entre les esp\u00e8ces europ\u00e9ennes de <em>Pulmonaria<\/em>, montrant que <em>P. longifolia<\/em> est proche de <em>P. angustifolia<\/em> et distincte de <em>P. officinalis<\/em>. Des \u00e9tudes \u00e9cologiques sur le virage de couleur des fleurs (rose\u2192bleu) ont d\u00e9montr\u00e9 que ce signal chromatique r\u00e9duit les visites des pollinisateurs sur les fleurs d\u00e9j\u00e0 f\u00e9cond\u00e9es, augmentant l&rsquo;efficacit\u00e9 de la pollinisation. L&rsquo;<strong>acide rosmarinique<\/strong>, abondant chez les pulmonaires, fait l&rsquo;objet de recherches en cosm\u00e9tique (photoprotection cutan\u00e9e, anti-\u00e2ge), en neurologie (neuroprotection dans des mod\u00e8les d&rsquo;Alzheimer) et en infectiologie (activit\u00e9 antivirale contre le SARS-CoV-2 in silico et in vitro). Des \u00e9tudes sur les AP des Boraginac\u00e9es europ\u00e9ennes visent \u00e0 quantifier pr\u00e9cis\u00e9ment le risque pour le consommateur de tisanes de pulmonaire, avec des r\u00e9sultats rassurants (teneurs tr\u00e8s faibles). Le genre est aussi \u00e9tudi\u00e9 comme mod\u00e8le de sp\u00e9ciation et d&rsquo;hybridation intersp\u00e9cifique en Europe.<\/p>\n<hr>\n<h2>XIII. Conservation et culture<\/h2>\n<p><em>Pulmonaria longifolia<\/em> n&rsquo;est pas globalement menac\u00e9e mais peut \u00eatre localement rare, notamment aux marges de son aire atlantique. En France, l&rsquo;esp\u00e8ce est commune dans le sud-ouest et le centre-ouest, plus rare dans le nord et l&rsquo;est. Elle ne b\u00e9n\u00e9ficie pas de protection r\u00e9glementaire nationale mais figure dans certaines listes rouges r\u00e9gionales. La culture est ais\u00e9e : la multiplication se fait par division de touffes en automne ou au d\u00e9but du printemps (m\u00e9thode la plus efficace) ou par semis (semences fra\u00eeches, germination lente, 4-8 semaines \u00e0 15 \u00b0C). La plante prosp\u00e8re en situation ombrag\u00e9e \u00e0 semi-ombrag\u00e9e, en sol humif\u00e8re, frais, bien drain\u00e9, neutre \u00e0 l\u00e9g\u00e8rement acide. Elle tol\u00e8re les sols argileux et r\u00e9siste au froid (zone USDA 5 \u00e0 8). La pulmonaire \u00e0 feuilles longues est pris\u00e9e comme plante ornementale d&rsquo;ombre pour ses feuilles \u00e9l\u00e9gamment macul\u00e9es d&rsquo;argent et sa floraison bicolore pr\u00e9coce. De nombreux cultivars horticoles existent (&lsquo;Bertram Anderson&rsquo;, &lsquo;Ankum&rsquo;, &lsquo;Diana Clare&rsquo;). La plante est mellif\u00e8re et constitue l&rsquo;une des premi\u00e8res sources de nectar au printemps pour les bourdons et les abeilles solitaires.<\/p>\n<hr>\n<h2>XIV. R\u00e9f\u00e9rences bibliographiques<\/h2>\n<p>Bruneton J. <em>Pharmacognosie, phytochimie, plantes m\u00e9dicinales<\/em>. 5e \u00e9d. Paris : Lavoisier Tec &amp; Doc ; 2016.<br \/>\nSaukel J. et al. Phytochemical studies on <em>Pulmonaria<\/em> species. <em>Scientia Pharmaceutica<\/em>. 2006;74:S108.<br \/>\nPetersen M., Simmonds M.S.J. Rosmarinic acid. <em>Phytochemistry<\/em>. 2003;62(2):121-125.<br \/>\nEMA\/HMPC. Public statement on the use of herbal medicinal products containing toxic, unsaturated pyrrolizidine alkaloids. EMA\/HMPC\/893108\/2011.<br \/>\nMeeus S. et al. Flower colour change in <em>Pulmonaria officinalis<\/em>: a signal to reduce pollinator visits to unrewarding flowers. <em>Functional Ecology<\/em>. 2016;30(2):275-284.<br \/>\nTison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<br \/>\nBolliger M. et al. Molecular phylogenetics and biogeography of <em>Pulmonaria<\/em> (Boraginaceae). <em>Taxon<\/em>. 2014;63(2):405-421.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. Identit\u00e9 botanique La pulmonaire \u00e0 feuilles longues, Pulmonaria longifolia (Bastard) Boreau, appartient \u00e0 la famille des Boraginaceae. 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