{"id":746,"date":"2026-03-26T11:27:00","date_gmt":"2026-03-26T10:27:00","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/alysse-calcaire\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:12","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:12","slug":"alysse-calcaire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/alysse-calcaire\/","title":{"rendered":"ALYSSE CALCAIRE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/alysse-calcaire.png\" alt=\"Planche botanique Alysse calcaire\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>L&rsquo;Alysse calcaire, <em>Alyssum alyssoides<\/em> (L.) L. (synonyme <em>Alyssum calycinum<\/em> L.), est une petite plante annuelle de la famille des Brassicac\u00e9es (Brassicaceae). Le genre <em>Alyssum<\/em> comprend environ 200 esp\u00e8ces, principalement r\u00e9parties dans le bassin m\u00e9diterran\u00e9en et en Asie occidentale. <em>Alyssum alyssoides<\/em> est une plante discr\u00e8te, haute de 5 \u00e0 25 centim\u00e8tres, \u00e0 port dress\u00e9 ou ascendant, enti\u00e8rement couverte d&rsquo;une pilosit\u00e9 caract\u00e9ristique form\u00e9e de poils \u00e9toil\u00e9s (ramifi\u00e9s en \u00e9toile), qui lui conf\u00e8re un aspect gris argent\u00e9. Les feuilles sont alternes, oblongues-spatul\u00e9es, enti\u00e8res. L&rsquo;inflorescence est une grappe terminale, d&rsquo;abord compacte puis s&rsquo;allongeant \u00e0 la fructification, portant de petites fleurs \u00e0 quatre p\u00e9tales jaune p\u00e2le devenant blancs \u00e0 blanch\u00e2tres en vieillissant. Les s\u00e9pales sont persistants autour du fruit, caract\u00e8re diagnostique majeur. Le fruit est une silicule circulaire, aplatie, de 3 \u00e0 4 millim\u00e8tres de diam\u00e8tre, \u00e9chancr\u00e9e au sommet, entour\u00e9e par les s\u00e9pales persistants et \u00e9tal\u00e9s. Cette petite plante passe souvent inaper\u00e7ue dans les pelouses s\u00e8ches et les milieux rocailleux calcaires qu&rsquo;elle affectionne.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p><em>Alyssum alyssoides<\/em> est une esp\u00e8ce pal\u00e9arctique largement r\u00e9pandue, pr\u00e9sente de l&rsquo;Europe \u00e0 l&rsquo;Asie centrale, englobant l&rsquo;Afrique du Nord. Elle a \u00e9t\u00e9 introduite et naturalis\u00e9e en Am\u00e9rique du Nord et en Australie. En France, elle est commune dans la majeure partie du territoire, particuli\u00e8rement abondante dans les r\u00e9gions \u00e0 substrat calcaire. Son habitat comprend les pelouses s\u00e8ches calcicoles, les rocailles, les \u00e9boulis, les friches, les bords de chemins, les murs, les cultures s\u00e8ches et les vignobles sur calcaire. Elle cro\u00eet pr\u00e9f\u00e9rentiellement sur des sols secs, peu profonds, calcaires \u00e0 neutres, pierreux ou sableux. C&rsquo;est une esp\u00e8ce pionni\u00e8re des milieux ouverts et perturb\u00e9s, capable de coloniser rapidement les surfaces nues apr\u00e8s une perturbation. Son amplitude altitudinale va du niveau de la mer \u00e0 environ 2 000 m\u00e8tres en montagne. Elle est particuli\u00e8rement fr\u00e9quente dans les causses, les garrigues, les plateaux calcaires et les vall\u00e9es s\u00e8ches.<\/p>\n<hr>\n<h3>Caract\u00e9ristiques morphologiques d\u00e9taill\u00e9es<\/h3>\n<p>La racine est pivotante, gr\u00eale. La tige est dress\u00e9e ou ascendante, simple ou ramifi\u00e9e d\u00e8s la base, haute de 5 \u00e0 25 centim\u00e8tres, cylindrique, enti\u00e8rement couverte de poils \u00e9toil\u00e9s gris argent\u00e9. Les feuilles sont alternes, sessiles ou bri\u00e8vement p\u00e9tiol\u00e9es, oblongues \u00e0 spatul\u00e9es, longues de 5 \u00e0 20 millim\u00e8tres, enti\u00e8res, couvertes des m\u00eames poils \u00e9toil\u00e9s sur les deux faces. Les feuilles basales sont souvent en rosette l\u00e2che. L&rsquo;inflorescence est une grappe terminale, compacte en d\u00e9but de floraison, s&rsquo;allongeant consid\u00e9rablement \u00e0 la fructification (jusqu&rsquo;\u00e0 10-15 centim\u00e8tres). Les fleurs sont petites (3 \u00e0 4 millim\u00e8tres de diam\u00e8tre) ; les s\u00e9pales, au nombre de quatre, sont ovales, couverts de poils \u00e9toil\u00e9s, persistants et \u00e9tal\u00e9s en \u00e9toile autour du fruit apr\u00e8s la floraison. Les p\u00e9tales, au nombre de quatre, sont \u00e9troitement spatul\u00e9s, jaune p\u00e2le \u00e0 l&rsquo;\u00e9panouissement, devenant blancs \u00e0 blanch\u00e2tres en vieillissant, \u00e0 peine plus longs que les s\u00e9pales. Les \u00e9tamines poss\u00e8dent des filets ail\u00e9s ou dent\u00e9s \u00e0 la base. La silicule est orbiculaire, aplatie, de 3 \u00e0 4 millim\u00e8tres de diam\u00e8tre, pubescente de poils \u00e9toil\u00e9s, l\u00e9g\u00e8rement \u00e9chancr\u00e9e au sommet, surmont\u00e9e d&rsquo;un style court. Chaque loge contient une \u00e0 deux graines aplaties, ovales, brun clair, souvent ail\u00e9es.<\/p>\n<hr>\n<h3>Cycle de vie et ph\u00e9nologie<\/h3>\n<p><em>Alyssum alyssoides<\/em> est une plante annuelle th\u00e9rophyte, \u00e0 cycle rapide. Les graines germent principalement en automne et au d\u00e9but du printemps, la plante passant l&rsquo;hiver sous forme de rosette basse dans le cas des germinations automnales. La croissance printani\u00e8re est rapide et la floraison intervient d&rsquo;avril \u00e0 juillet selon l&rsquo;altitude et les conditions climatiques. Les fleurs, petites et peu voyantes, sont visit\u00e9es par de petits insectes (mouches, micro-hym\u00e9nopt\u00e8res) mais l&rsquo;autopollinisation est tr\u00e8s fr\u00e9quente et probablement le mode de reproduction dominant. La transition des p\u00e9tales du jaune p\u00e2le au blanc avec l&rsquo;\u00e2ge est un signal visuel pour les pollinisateurs, distinguant les fleurs fra\u00eeches (jaunes, riches en pollen) des fleurs pollinis\u00e9es (blanches). La fructification suit rapidement la floraison et les silicules m\u00fbres lib\u00e8rent les graines par les valves de la capsule. La dispersion est principalement barochore (par gravit\u00e9) et an\u00e9mochore (par le vent) \u00e0 courte distance. La banque de graines dans le sol est persistante, permettant \u00e0 l&rsquo;esp\u00e8ce de se maintenir dans les milieux favorables malgr\u00e9 des ann\u00e9es climatiques d\u00e9favorables.<\/p>\n<hr>\n<h3>Exigences \u00e9cologiques<\/h3>\n<p>L&rsquo;Alysse calcaire est une esp\u00e8ce h\u00e9liophile, x\u00e9rophile et nettement calcicole. Son optimum se situe sur les sols calcaires secs, peu profonds, pierreux ou sableux, \u00e0 pH basique (7 \u00e0 8,5). Elle tol\u00e8re bien les sols tr\u00e8s pauvres en nutriments et les conditions de s\u00e9cheresse intense. C&rsquo;est une esp\u00e8ce classique des groupements de th\u00e9rophytes calcicoles de l&rsquo;alliance de l&rsquo;<em>Alysso-Sedion albi<\/em>, communaut\u00e9s v\u00e9g\u00e9tales de plantes annuelles pionni\u00e8res colonisant les dalles rocheuses calcaires, les lapiaz et les \u00e9boulis stabilis\u00e9s. La concurrence v\u00e9g\u00e9tale lui est d\u00e9favorable et elle est rapidement \u00e9limin\u00e9e par les esp\u00e8ces vivaces dans les milieux en cours de fermeture. Les perturbations p\u00e9riodiques (pi\u00e9tinement, \u00e9rosion, travaux de sol) qui maintiennent des surfaces nues sont favorables \u00e0 son maintien. Elle supporte bien le froid hivernal et les temp\u00e9ratures \u00e9lev\u00e9es estivales. L&rsquo;humidit\u00e9 excessive et les sols acides lui sont d\u00e9favorables.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>Phytochimie peu \u00e9tudi\u00e9e pour cette esp\u00e8ce ; aucun profil mol\u00e9culaire valoris\u00e9 n\u2019est document\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>Les recherches pharmacologiques sp\u00e9cifiques \u00e0 <em>Alyssum alyssoides<\/em> sont quasi inexistantes. Les propri\u00e9t\u00e9s g\u00e9n\u00e9rales des glucosinolates et des isothiocyanates des Brassicac\u00e9es (antimicrobiennes, anticanc\u00e9reuses par induction d&rsquo;enzymes de d\u00e9toxification, insectifuges) s&rsquo;appliquent th\u00e9oriquement \u00e0 cette esp\u00e8ce, mais n&rsquo;ont pas \u00e9t\u00e9 v\u00e9rifi\u00e9es exp\u00e9rimentalement. Les flavono\u00efdes contribuent \u00e0 une activit\u00e9 antioxydante g\u00e9n\u00e9rale. La capacit\u00e9 de certains <em>Alyssum<\/em> \u00e0 accumuler des m\u00e9taux lourds (nickel en particulier) a suscit\u00e9 un int\u00e9r\u00eat en phytorem\u00e9diation \u2014 l&rsquo;utilisation de plantes pour d\u00e9contaminer les sols pollu\u00e9s \u2014 mais <em>A. alyssoides<\/em> n&rsquo;est pas l&rsquo;esp\u00e8ce la plus performante dans ce domaine. Aucune application m\u00e9dicinale, cosm\u00e9tique ou nutraceutique n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9e \u00e0 partir de cette esp\u00e8ce. Elle n&rsquo;est inscrite dans aucune pharmacop\u00e9e et ne fait l&rsquo;objet d&rsquo;aucune recherche pharmacologique active.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Donn\u00e9es cliniques limit\u00e9es ; usage essentiellement traditionnel. <strong>Niveau de preuve :<\/strong> usage traditionnel.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<p>Aucun compos\u00e9 n\u2019est document\u00e9 de fa\u00e7on suffisante pour dresser un tableau phytochimique fiable.<\/p>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>Usage traditionnel en infusion (d\u00e9part \u00e0 froid) ; pas de forme standardis\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p><em>Alyssum alyssoides<\/em> participe aux communaut\u00e9s pionni\u00e8res des dalles rocheuses calcaires, un milieu original et riche en esp\u00e8ces sp\u00e9cialis\u00e9es. Ces communaut\u00e9s, domin\u00e9es par des th\u00e9rophytes \u00e0 cycle court, occupent les fissures et les poches de sol mince sur les surfaces rocheuses, formant une mosa\u00efque avec les mousses, les lichens et les plantes succulentes (orpins, joubarbes). L&rsquo;alysse contribue \u00e0 la fixation du sol par ses racines et \u00e0 l&rsquo;enrichissement en mati\u00e8re organique par sa d\u00e9composition apr\u00e8s la mort. Ses petites fleurs fournissent pollen et nectar \u00e0 des micro-insectes souvent n\u00e9glig\u00e9s mais \u00e9cologiquement importants. Les graines sont consomm\u00e9es par des fourmis et de petits granivores. La plante fait partie du cort\u00e8ge des esp\u00e8ces indicatrices de pelouses calcicoles thermophiles ouvertes, habitats d&rsquo;int\u00e9r\u00eat communautaire (code 6110* pour les pelouses rupicoles calcaires) au titre de la Directive Habitats europ\u00e9enne. Sa pr\u00e9sence t\u00e9moigne de conditions \u00e9daphiques et climatiques particuli\u00e8res favorisant une biodiversit\u00e9 sp\u00e9cialis\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h3>Propri\u00e9t\u00e9s biochimiques et composition<\/h3>\n<p>La chimie d&rsquo;<em>Alyssum alyssoides<\/em> est peu document\u00e9e, cette petite plante n&rsquo;ayant gu\u00e8re suscit\u00e9 d&rsquo;int\u00e9r\u00eat pharmacologique. Comme toutes les Brassicac\u00e9es, elle contient des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/glucosinolates\/\">glucosinolates<\/a><\/strong>, compos\u00e9s soufr\u00e9s dont l&rsquo;hydrolyse produit des <strong>isothiocyanates<\/strong> aux propri\u00e9t\u00e9s antimicrobiennes et insectifuges. La pilosit\u00e9 \u00e9toil\u00e9e est riche en <strong>silice<\/strong> et en <strong>carbonate de calcium<\/strong>. Des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> (kaempf\u00e9rol, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a>) sont pr\u00e9sents dans les parties a\u00e9riennes. Le genre <em>Alyssum<\/em> est connu pour la capacit\u00e9 de certaines esp\u00e8ces (notamment <em>Alyssum murale<\/em> et <em>Alyssum bertolonii<\/em>) \u00e0 hyperaccumuler le <strong>nickel<\/strong> dans leurs tissus, un ph\u00e9nom\u00e8ne remarquable de tol\u00e9rance aux m\u00e9taux lourds. <em>Alyssum alyssoides<\/em> n&rsquo;est pas un hyperaccumulateur de nickel mais pr\u00e9sente une tol\u00e9rance mod\u00e9r\u00e9e \u00e0 ce m\u00e9tal. Les graines contiennent une huile riche en <strong>acides gras<\/strong> insatur\u00e9s. La plante produit des <strong>mustard oils<\/strong> (huiles de moutarde) typiques des Brassicac\u00e9es.<\/p>\n<hr>\n<h3>Toxicit\u00e9 et pr\u00e9cautions<\/h3>\n<p><em>Alyssum alyssoides<\/em> n&rsquo;est pas consid\u00e9r\u00e9e comme une plante toxique. Aucun cas d&rsquo;intoxication humaine ou animale n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9. La plante est trop petite pour \u00eatre consomm\u00e9e en quantit\u00e9 significative, et sa saveur l\u00e9g\u00e8rement am\u00e8re et piquante (due aux glucosinolates) la rend peu attractive. La manipulation ne provoque aucune irritation cutan\u00e9e ni r\u00e9action allergique connue. Les poils \u00e9toil\u00e9s, bien que min\u00e9ralis\u00e9s, ne sont pas piquants et ne causent aucune g\u00eane au toucher. La seule pr\u00e9caution concerne les sp\u00e9cimens poussant sur des sols pollu\u00e9s par des m\u00e9taux lourds : la plante peut accumuler des concentrations en nickel ou en zinc sup\u00e9rieures \u00e0 la normale, bien qu&rsquo;elle ne soit pas un hyperaccumulateur au sens strict. La consommation de telles plantes est d\u00e9conseill\u00e9e par principe de pr\u00e9caution.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>Le nom <em>Alyssum<\/em> d\u00e9rive du grec <em>a-lyssa<\/em>, signifiant \u00ab contre la rage \u00bb (ou \u00ab contre la folie \u00bb), en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la croyance antique que certaines plantes de ce groupe pouvaient gu\u00e9rir la rage ou la folie. Cette propri\u00e9t\u00e9 suppos\u00e9e, \u00e9videmment non fond\u00e9e, est l&rsquo;une des origines \u00e9tymologiques les plus color\u00e9es de la botanique. <em>Alyssum alyssoides<\/em> n&rsquo;a pratiquement aucune utilisation ethnobotanique document\u00e9e en Europe occidentale. La plante est trop petite, trop peu abondante individuellement et trop d\u00e9pourvue de propri\u00e9t\u00e9s remarquables pour avoir retenu l&rsquo;attention des herboristes traditionnels. Dans la m\u00e9decine populaire grecque et turque, certaines esp\u00e8ces d&rsquo;<em>Alyssum<\/em> \u00e9taient employ\u00e9es comme diur\u00e9tiques et contre les calculs r\u00e9naux, mais ces usages concernent principalement d&rsquo;autres esp\u00e8ces du genre. L&rsquo;int\u00e9r\u00eat ethnobotanique de l&rsquo;alysse calcaire est surtout indirect, en tant que repr\u00e9sentante d&rsquo;un genre qui a donn\u00e9 son nom \u00e0 une propri\u00e9t\u00e9 m\u00e9dicinale mythique.<\/p>\n<hr>\n<h3>Culture et entretien<\/h3>\n<p>L&rsquo;Alysse calcaire n&rsquo;est pas cultiv\u00e9e intentionnellement en horticulture, mais elle peut s&rsquo;int\u00e9grer dans les m\u00e9langes de semences pour prairies s\u00e8ches et pelouses calcicoles reconstitu\u00e9es. Le semis s&rsquo;effectue \u00e0 l&rsquo;automne ou au printemps, sur un sol calcaire sec, pierreux, pauvre, en surface sans enfouir les graines. La germination est rapide en conditions de temp\u00e9rature mod\u00e9r\u00e9e et d&rsquo;humidit\u00e9 suffisante. La plante ne n\u00e9cessite aucun arrosage ni fertilisation et se ress\u00e8me naturellement d&rsquo;ann\u00e9e en ann\u00e9e si les conditions restent favorables (sol ouvert, absence de v\u00e9g\u00e9tation concurrente dense). Elle peut s&rsquo;int\u00e9grer dans un jardin de rocaille calcaire, un muret de pierres s\u00e8ches ou un toit v\u00e9g\u00e9talis\u00e9 extensif en combinaison avec des orpins. Son int\u00e9r\u00eat ornemental est limit\u00e9 par la petitesse de ses fleurs, mais sa texture argent\u00e9e due aux poils \u00e9toil\u00e9s apporte une note int\u00e9ressante dans les compositions min\u00e9rales.<\/p>\n<hr>\n<h3>Confusions possibles<\/h3>\n<p><em>Alyssum alyssoides<\/em> peut \u00eatre confondue avec d&rsquo;autres petites Brassicac\u00e9es \u00e0 fleurs jaunes ou blanches des milieux secs. <em>Alyssum simplex<\/em> (Alysse simple) est tr\u00e8s proche mais poss\u00e8de des s\u00e9pales caducs (non persistants) et des p\u00e9tales restant jaunes plus longtemps. <em>Alyssum montanum<\/em> (Alysse des montagnes) est une vivace plus robuste, \u00e0 fleurs jaune vif et \u00e0 silicules plus grandes. <em>Draba verna<\/em> (Drave printani\u00e8re) est une petite annuelle \u00e0 p\u00e9tales blancs bifides et \u00e0 silicules allong\u00e9es (non circulaires). <em>Lobularia maritima<\/em> (Alysse maritime) est plus grande, \u00e0 fleurs blanches parfum\u00e9es et \u00e0 pilosit\u00e9 en navette (non \u00e9toil\u00e9e). Le caract\u00e8re le plus fiable pour identifier <em>A. alyssoides<\/em> est la combinaison des s\u00e9pales persistants \u00e9tal\u00e9s autour de la silicule circulaire, de la pilosit\u00e9 \u00e9toil\u00e9e argent\u00e9e et de la transition chromatique jaune-blanc des p\u00e9tales.<\/p>\n<hr>\n<h3>Statut de conservation et menaces<\/h3>\n<p><em>Alyssum alyssoides<\/em> est une esp\u00e8ce commune et non menac\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle nationale et europ\u00e9enne. Elle ne figure sur aucune liste rouge ni ne b\u00e9n\u00e9ficie d&rsquo;aucune protection. Sa nature pionni\u00e8re et sa capacit\u00e9 \u00e0 coloniser rapidement les milieux perturb\u00e9s en font une esp\u00e8ce r\u00e9siliente. Cependant, les milieux qu&rsquo;elle occupe \u2014 pelouses s\u00e8ches calcicoles, dalles rocheuses \u2014 sont eux-m\u00eames menac\u00e9s par l&rsquo;abandon du p\u00e2turage extensif, l&#8217;embroussaillement et l&rsquo;urbanisation. La fermeture des milieux ouverts calcicoles par la dynamique naturelle de la v\u00e9g\u00e9tation (enfrichement) r\u00e9duit progressivement les surfaces favorables \u00e0 cette esp\u00e8ce pionni\u00e8re. Le maintien de pratiques de p\u00e2turage extensif, le d\u00e9broussaillement des pelouses s\u00e8ches et la pr\u00e9servation des milieux rocheux ouverts contribuent indirectement \u00e0 la conservation de cette esp\u00e8ce et de tout le cort\u00e8ge floristique associ\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h3>Anecdotes et culture<\/h3>\n<p>Le nom <em>Alyssum<\/em>, \u00ab contre la folie \u00bb, constitue l&rsquo;une des \u00e9tymologies les plus po\u00e9tiquement trompeuses de la botanique. Aucune esp\u00e8ce d&rsquo;alysse n&rsquo;a jamais gu\u00e9ri la rage ou la folie, mais ce nom antique illustre la puissance de la pens\u00e9e magique dans la m\u00e9decine des plantes, o\u00f9 la forme, la couleur ou le nom d&rsquo;une plante suffisaient parfois \u00e0 lui attribuer des vertus th\u00e9rapeutiques fantaisistes \u2014 la fameuse \u00ab doctrine des signatures \u00bb. La Gag\u00e9e des champs et l&rsquo;Alysse calcaire partagent souvent les m\u00eames terroirs viticoles ancestraux, o\u00f9 leurs floraisons discr\u00e8tes passent sous les radars de la plupart des observateurs. Les poils \u00e9toil\u00e9s de l&rsquo;alysse, visibles seulement \u00e0 la loupe, sont de v\u00e9ritables merveilles microscopiques : chaque poil se ramifie en rayons r\u00e9guliers depuis un point central, formant une \u00e9toile parfaite qui refl\u00e8te la lumi\u00e8re et conf\u00e8re \u00e0 la plante son aspect argent\u00e9 caract\u00e9ristique. Cette architecture trichomale constitue une adaptation multifactorielle remarquable : protection contre les UV, r\u00e9flexion du rayonnement solaire excessif, r\u00e9duction de l&rsquo;\u00e9vapotranspiration et dissuasion des herbivores. Dans l&rsquo;infiniment petit de cette plante modeste, la nature d\u00e9ploie une ing\u00e9nierie que les ing\u00e9nieurs humains peinent encore \u00e0 reproduire.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>ALYSSE CALCAIRE pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat phytoth\u00e9rapeutique surtout traditionnel, \u00e0 confirmer faute de donn\u00e9es cliniques propres ; sa lecture demande de la prudence.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/results?q=Alyssum%20alyssoides\">Plants of the World Online, Kew : <em>Alyssum alyssoides<\/em><\/a>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/?s=Alyssum+alyssoides\">Tela Botanica \/ eFlore : <em>Alyssum alyssoides<\/em><\/a>.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Diur\u00e9tique (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antioxydant<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antimicrobien<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE L&rsquo;Alysse calcaire, Alyssum alyssoides (L.) L. (synonyme Alyssum calycinum L.), est une petite plante annuelle de la famille des Brassicac\u00e9es (Brassicaceae). [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[8],"tags":[],"class_list":["post-746","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-brassicacees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/746","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=746"}],"version-history":[{"count":10,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/746\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13735,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/746\/revisions\/13735"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=746"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=746"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=746"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}