{"id":747,"date":"2026-03-26T11:27:02","date_gmt":"2026-03-26T10:27:02","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/alysse-maritime\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:12","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:12","slug":"alysse-maritime","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/alysse-maritime\/","title":{"rendered":"ALYSSE MARITIME"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/alysse-maritime.png\" alt=\"Planche botanique Alysse maritime\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>L&rsquo;Alysse maritime, <em>Lobularia maritima<\/em> (L.) Desv. (synonyme <em>Alyssum maritimum<\/em> (L.) Lam.), est une plante vivace \u00e0 base sous-ligneuse de la famille des Brassicac\u00e9es (Brassicaceae), anciennement Crucif\u00e8res. Malgr\u00e9 son nom commun qui la rattache au genre <em>Alyssum<\/em>, elle appartient en r\u00e9alit\u00e9 au genre <em>Lobularia<\/em>, qui comprend une dizaine d&rsquo;esp\u00e8ces, principalement m\u00e9diterran\u00e9ennes et macaron\u00e9siennes. <em>Lobularia maritima<\/em> est une plante basse, touffue, haute de 10 \u00e0 30 centim\u00e8tres, formant des coussins compacts et tr\u00e8s florif\u00e8res. Les tiges sont ramifi\u00e9es d\u00e8s la base, \u00e9tal\u00e9es puis ascendantes, devenant ligneuses dans leur partie inf\u00e9rieure. Les feuilles sont alternes, lin\u00e9aires \u00e0 lanc\u00e9ol\u00e9es, enti\u00e8res, couvertes de poils bipartites (en navette) apprim\u00e9s qui leur conf\u00e8rent un aspect gris\u00e2tre. Les fleurs, petites mais tr\u00e8s nombreuses et group\u00e9es en grappes terminales denses, poss\u00e8dent quatre p\u00e9tales blancs (parfois lilas ou violets dans les cultivars), dispos\u00e9s en croix. Elles exhalent un parfum de miel particuli\u00e8rement agr\u00e9able et intense. Le fruit est une silicule ovale, aplatie, contenant une \u00e0 deux graines.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p><em>Lobularia maritima<\/em> est originaire du bassin m\u00e9diterran\u00e9en occidental et de la Macaron\u00e9sie (Canaries, Mad\u00e8re, Cap-Vert). Son aire naturelle comprend les c\u00f4tes de la p\u00e9ninsule Ib\u00e9rique, du sud de la France, de l&rsquo;Italie, de l&rsquo;Afrique du Nord et des \u00eeles m\u00e9diterran\u00e9ennes. En France, elle est indig\u00e8ne sur le littoral m\u00e9diterran\u00e9en (du Roussillon \u00e0 la C\u00f4te d&rsquo;Azur) et en Corse, o\u00f9 elle cro\u00eet spontan\u00e9ment sur les rochers maritimes, les falaises littorales, les sables stabilis\u00e9s et les murs c\u00f4tiers. Elle est largement cultiv\u00e9e comme plante ornementale dans le monde entier et s&rsquo;est naturalis\u00e9e sur les littoraux atlantiques fran\u00e7ais, en milieu urbain, sur les trottoirs, les pieds de murs et les interstices de pav\u00e9s dans de nombreuses villes. Son habitat naturel comprend les rochers et falaises littoraux, les dunes fix\u00e9es, les graviers et sables grossiers en bordure de mer, les murs et murets c\u00f4tiers. Elle supporte les embruns et la salinit\u00e9 mod\u00e9r\u00e9e du substrat. En milieu urbain, elle colonise les fissures de bitume, les pieds de murs et les joints de dallage, t\u00e9moignant de sa capacit\u00e9 \u00e0 s&rsquo;installer dans des habitats tr\u00e8s contraints.<\/p>\n<hr>\n<h3>Caract\u00e9ristiques morphologiques d\u00e9taill\u00e9es<\/h3>\n<p>La souche de l&rsquo;Alysse maritime est ligneuse, compacte, \u00e9mettant de nombreuses tiges ramifi\u00e9es, \u00e9tal\u00e9es-ascendantes, longues de 10 \u00e0 30 centim\u00e8tres, devenant ligneuses et brunes dans leur partie basale, herbac\u00e9es et verd\u00e2tres dans leur partie sup\u00e9rieure. La pilosit\u00e9 est constitu\u00e9e de poils bipartites (en forme de navette ou de T couch\u00e9), apprim\u00e9s, blancs, caract\u00e9ristiques du genre <em>Lobularia<\/em>. Les feuilles sont alternes, sessiles, lin\u00e9aires \u00e0 lanc\u00e9ol\u00e9es-spatul\u00e9es, longues de 10 \u00e0 40 millim\u00e8tres et larges de 2 \u00e0 5 millim\u00e8tres, enti\u00e8res, \u00e0 face sup\u00e9rieure vert gris\u00e2tre et face inf\u00e9rieure plus argent\u00e9e. Les fleurs sont petites (4 \u00e0 5 millim\u00e8tres de diam\u00e8tre), port\u00e9es par des p\u00e9dicelles gr\u00eales de 4 \u00e0 8 millim\u00e8tres, group\u00e9es en grappes terminales d&rsquo;abord compactes puis s&rsquo;allongeant \u00e0 la fructification. Les quatre s\u00e9pales sont ovales, caducs. Les quatre p\u00e9tales sont blancs, en spatule, de 2 \u00e0 3 millim\u00e8tres de long. Les \u00e9tamines sont au nombre de six (dont quatre longues et deux courtes, typique des Brassicac\u00e9es). Les nectaires sont bien d\u00e9velopp\u00e9s \u00e0 la base des \u00e9tamines courtes. La silicule est ovale-elliptique, aplatie, longue de 2 \u00e0 3,5 millim\u00e8tres, glabre ou finement pubescente, \u00e0 style court persistant. Les graines sont ovales, aplaties, brunes, au nombre de une \u00e0 deux par loge.<\/p>\n<hr>\n<h3>Cycle de vie et ph\u00e9nologie<\/h3>\n<p><em>Lobularia maritima<\/em> est une plante vivace dans son aire d&rsquo;origine m\u00e9diterran\u00e9enne, o\u00f9 la base ligneuse persiste d&rsquo;une ann\u00e9e sur l&rsquo;autre, mais elle se comporte souvent en annuelle ou bisannuelle dans les r\u00e9gions \u00e0 hiver froid. La floraison est exceptionnellement longue : elle peut d\u00e9buter d\u00e8s f\u00e9vrier en climat m\u00e9diterran\u00e9en et se poursuivre jusqu&rsquo;aux premi\u00e8res gel\u00e9es, soit une p\u00e9riode potentielle de floraison de 8 \u00e0 10 mois. C&rsquo;est cette floraison quasi continue qui en fait une plante ornementale si appr\u00e9ci\u00e9e. La pollinisation est entomophile, assur\u00e9e par une grande diversit\u00e9 d&rsquo;insectes attir\u00e9s par le parfum miell\u00e9 et le nectar abondant : abeilles, syrphes, mouches, papillons et micro-hym\u00e9nopt\u00e8res parasitaires. La plante est un excellent auxiliaire de lutte biologique car elle attire les syrphes dont les larves sont de voraces pr\u00e9dateurs de pucerons. La production de graines est abondante et continue tout au long de la saison de floraison. Les graines germent facilement sans traitement pr\u00e9alable, d\u00e8s que les conditions d&rsquo;humidit\u00e9 et de temp\u00e9rature sont favorables. L&rsquo;esp\u00e8ce se ress\u00e8me spontan\u00e9ment et abondamment, formant des populations p\u00e9rennes dans les milieux favorables.<\/p>\n<hr>\n<h3>Exigences \u00e9cologiques<\/h3>\n<p>L&rsquo;Alysse maritime est une esp\u00e8ce h\u00e9liophile et thermophile, adapt\u00e9e au climat m\u00e9diterran\u00e9en caract\u00e9ris\u00e9 par des \u00e9t\u00e9s chauds et secs et des hivers doux et humides. Elle requiert le plein soleil pour une floraison optimale. Sa tol\u00e9rance \u00e0 la s\u00e9cheresse est bonne gr\u00e2ce \u00e0 sa pilosit\u00e9 protectrice, ses feuilles \u00e0 cuticule \u00e9paisse et sa base ligneuse stockant des r\u00e9serves. Elle supporte les sols pauvres, sablonneux, caillouteux, rocheux, calcaires ou l\u00e9g\u00e8rement salins. Son adaptation \u00e0 la salinit\u00e9 mod\u00e9r\u00e9e, tant a\u00e9rienne (embruns) que tellurique, en fait une plante caract\u00e9ristique des milieux littoraux. Le pH optimal est neutre \u00e0 basique. Elle tol\u00e8re mal l&rsquo;exc\u00e8s d&rsquo;humidit\u00e9 hivernale et les sols lourds et gorg\u00e9s d&rsquo;eau, qui provoquent la pourriture de la souche. Sa r\u00e9sistance au froid est limit\u00e9e : elle supporte des gel\u00e9es br\u00e8ves jusqu&rsquo;\u00e0 -5 \u00e0 -8\u00b0C mais est d\u00e9truite par des gels prolong\u00e9s. En climat continental, elle est trait\u00e9e comme une annuelle. Sa capacit\u00e9 \u00e0 s&rsquo;installer dans les fissures, les murs et les sols squelettiques t\u00e9moigne de son adaptation aux milieux contraints et oligotrophes.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>Phytochimie peu \u00e9tudi\u00e9e pour cette esp\u00e8ce ; aucun profil mol\u00e9culaire valoris\u00e9 n\u2019est document\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>Les recherches pharmacologiques sur <em>Lobularia maritima<\/em> sont relativement limit\u00e9es mais r\u00e9v\u00e8lent un potentiel int\u00e9ressant li\u00e9 aux compos\u00e9s caract\u00e9ristiques des Brassicac\u00e9es. Les <strong>glucosinolates<\/strong> et leurs produits d&rsquo;hydrolyse (<strong>isothiocyanates<\/strong>) poss\u00e8dent des propri\u00e9t\u00e9s <strong>antimicrobiennes<\/strong> \u00e0 large spectre, actives contre des bact\u00e9ries Gram-positives et Gram-n\u00e9gatives, des champignons et certains protozoaires. L&rsquo;<strong>allyl-isothiocyanate<\/strong> pr\u00e9sente des propri\u00e9t\u00e9s <strong>anticanc\u00e9reuses<\/strong> \u00e9tudi\u00e9es dans le cadre plus large des crucif\u00e8res alimentaires (brocoli, chou), avec des m\u00e9canismes impliquant l&rsquo;induction de l&rsquo;apoptose et l&rsquo;inhibition de la prolif\u00e9ration cellulaire. Les <strong>flavono\u00efdes<\/strong> contribuent \u00e0 une activit\u00e9 <strong>antioxydante<\/strong> significative. Des \u00e9tudes r\u00e9centes ont mis en \u00e9vidence des propri\u00e9t\u00e9s <strong>anti-inflammatoires<\/strong> des extraits de la plante dans des mod\u00e8les cellulaires. L&rsquo;activit\u00e9 <strong>diur\u00e9tique<\/strong> traditionnellement attribu\u00e9e \u00e0 cette plante n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 formellement valid\u00e9e par des \u00e9tudes modernes. En l&rsquo;absence d&rsquo;\u00e9tudes cliniques et de tradition d&rsquo;usage m\u00e9dicinal significative, <em>Lobularia maritima<\/em> n&rsquo;est inscrite dans aucune pharmacop\u00e9e et n&rsquo;est pas utilis\u00e9e en phytoth\u00e9rapie contemporaine.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Donn\u00e9es cliniques limit\u00e9es ; usage essentiellement traditionnel. <strong>Niveau de preuve :<\/strong> usage traditionnel.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<p>Aucun compos\u00e9 n\u2019est document\u00e9 de fa\u00e7on suffisante pour dresser un tableau phytochimique fiable.<\/p>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>Usage traditionnel en infusion (d\u00e9part \u00e0 froid) ; pas de forme standardis\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>L&rsquo;Alysse maritime joue un r\u00f4le \u00e9cologique significatif, en particulier en tant que plante nectarif\u00e8re et mellif\u00e8re de premier ordre. Son parfum miell\u00e9 puissant et sa floraison prolong\u00e9e attirent une extraordinaire diversit\u00e9 d&rsquo;insectes pollinisateurs et d&rsquo;auxiliaires de culture. Les syrphes (mouches \u00e0 allure d&rsquo;abeille) sont particuli\u00e8rement attir\u00e9s par ses fleurs et constituent l&rsquo;un des groupes de visiteurs les plus fr\u00e9quents. Or, les larves de syrphes sont d&rsquo;efficaces pr\u00e9datrices de pucerons, ce qui conf\u00e8re \u00e0 l&rsquo;alysse maritime un r\u00f4le de \u00ab plante-relais \u00bb en lutte biologique par conservation. Les micro-hym\u00e9nopt\u00e8res parasito\u00efdes, qui parasitent divers ravageurs des cultures, sont \u00e9galement d&rsquo;assidus visiteurs. Cette propri\u00e9t\u00e9 a \u00e9t\u00e9 exploit\u00e9e en agro\u00e9cologie : la plantation de bandes d&rsquo;alysse maritime en bordure de cultures mara\u00eech\u00e8res augmente significativement les populations d&rsquo;auxiliaires et r\u00e9duit les d\u00e9g\u00e2ts de pucerons. Les abeilles domestiques visitent \u00e9galement ses fleurs et produisent un miel parfum\u00e9. Les graines sont consomm\u00e9es par de petits oiseaux granivores et la plante contribue \u00e0 la fixation des substrats meubles littoraux.<\/p>\n<hr>\n<h3>Propri\u00e9t\u00e9s biochimiques et composition<\/h3>\n<p><em>Lobularia maritima<\/em> contient les m\u00e9tabolites secondaires caract\u00e9ristiques de la famille des Brassicac\u00e9es. Les <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/glucosinolates\/\">glucosinolates<\/a><\/strong>, compos\u00e9s soufr\u00e9s responsables de la saveur et de l&rsquo;odeur piquantes des crucif\u00e8res, sont pr\u00e9sents dans toutes les parties de la plante. Le principal glucosinolate identifi\u00e9 est la <strong>sinigrine<\/strong>, dont l&rsquo;hydrolyse par la <strong>myrosinase<\/strong> (enzyme lib\u00e9r\u00e9e lors de la blessure des tissus) produit de l&rsquo;<strong>allyl-isothiocyanate<\/strong>, un compos\u00e9 volatil aux propri\u00e9t\u00e9s antimicrobiennes et insectifuges. Des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9tect\u00e9s, notamment la <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a><\/strong> et le <strong>kaempf\u00e9rol<\/strong> sous forme glycosyl\u00e9e. Des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> (acide sinapique, acide f\u00e9rulique) compl\u00e8tent le profil polyph\u00e9nolique. Le nectar est riche en <strong>sucres<\/strong> (saccharose dominant), ce qui explique l&rsquo;attractivit\u00e9 exceptionnelle de ses fleurs pour les insectes. La plante contient de l&rsquo;<strong>acide ascorbique<\/strong> (vitamine C) et des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/carotenoides\/\">carot\u00e9no\u00efdes<\/a><\/strong>. Les poils bipartites contiennent de la <strong>silice<\/strong> et du <strong>carbonate de calcium<\/strong>, contribuant \u00e0 la r\u00e9sistance au stress hydrique et \u00e0 la protection contre les UV.<\/p>\n<hr>\n<h3>Toxicit\u00e9 et pr\u00e9cautions<\/h3>\n<p>L&rsquo;Alysse maritime n&rsquo;est pas consid\u00e9r\u00e9e comme une plante toxique. Aucune intoxication humaine ou animale significative n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9e. Les fleurs sont comestibles et sont parfois utilis\u00e9es en d\u00e9coration culinaire ou en salade, o\u00f9 elles apportent une note sucr\u00e9e-miell\u00e9e agr\u00e9able. Les feuilles, \u00e0 la saveur l\u00e9g\u00e8rement piquante due aux glucosinolates, sont \u00e9galement comestibles en petite quantit\u00e9. Comme pour toutes les Brassicac\u00e9es, une consommation excessive pourrait th\u00e9oriquement provoquer des troubles thyro\u00efdiens chez les personnes \u00e0 risque, en raison de l&rsquo;activit\u00e9 goitrog\u00e8ne des glucosinolates, mais les quantit\u00e9s consomm\u00e9es de cette plante ornementale restent toujours tr\u00e8s faibles. La manipulation de la plante ne provoque aucune irritation cutan\u00e9e ni r\u00e9action allergique connue. La seule pr\u00e9caution notable concerne les plantes cultiv\u00e9es en milieu urbain ou en bordure de routes, qui peuvent accumuler des polluants (m\u00e9taux lourds, r\u00e9sidus de pesticides) et ne doivent pas \u00eatre consomm\u00e9es.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>Le nom <em>Alyssum<\/em>, sous lequel l&rsquo;Alysse maritime a longtemps \u00e9t\u00e9 connue, d\u00e9rive du grec <em>a-lyssa<\/em>, signifiant \u00ab contre la rage \u00bb \u2014 une allusion \u00e0 l&rsquo;usage m\u00e9dicinal antique de certaines plantes de ce groupe comme rem\u00e8de antirabique, usage \u00e9videmment d\u00e9nu\u00e9 de fondement. <em>Lobularia maritima<\/em> elle-m\u00eame a connu un usage ethnobotanique limit\u00e9. Dans les traditions populaires m\u00e9diterran\u00e9ennes, la plante \u00e9tait occasionnellement utilis\u00e9e comme diur\u00e9tique et comme antiscorbutique, en raison de sa teneur en vitamine C. Ses propri\u00e9t\u00e9s antimicrobiennes li\u00e9es aux glucosinolates \u00e9taient empiriquement connues : des cataplasmes de feuilles broy\u00e9es \u00e9taient appliqu\u00e9s sur les plaies infect\u00e9es dans certaines r\u00e9gions c\u00f4ti\u00e8res. L&rsquo;usage principal de l&rsquo;Alysse maritime reste cependant ornemental : sa culture comme plante de jardin est attest\u00e9e depuis le XVIIe si\u00e8cle au moins, et elle a fait l&rsquo;objet d&rsquo;une s\u00e9lection horticole intensive qui a produit des cultivars \u00e0 fleurs roses, violettes, blanches pures et bicolores. Son parfum de miel a inspir\u00e9 les parfumeurs et les jardiniers qui l&rsquo;associent aux massifs de senteur.<\/p>\n<hr>\n<h3>Culture et entretien<\/h3>\n<p>L&rsquo;Alysse maritime est l&rsquo;une des plantes annuelles (ou vivaces en climat doux) les plus faciles \u00e0 cultiver et les plus gratifiantes par sa floraison g\u00e9n\u00e9reuse et parfum\u00e9e. Le semis s&rsquo;effectue de mars \u00e0 mai directement en place ou en godet, en couvrant \u00e0 peine les graines qui germent en 8 \u00e0 14 jours \u00e0 15-20\u00b0C. La plante pr\u00e9f\u00e8re le plein soleil et un sol bien drain\u00e9, m\u00eame pauvre et sableux. Un espacement de 15 \u00e0 20 centim\u00e8tres entre les plants est suffisant. L&rsquo;arrosage est mod\u00e9r\u00e9, la plante supportant bien la s\u00e9cheresse une fois \u00e9tablie. La taille des grappes fan\u00e9es stimule la remont\u00e9e florale et maintient un port compact. En climat doux (littoral m\u00e9diterran\u00e9en ou atlantique), la plante se comporte en vivace et peut former des coussins p\u00e9rennes spectaculaires. Ailleurs, elle se ress\u00e8me abondamment et r\u00e9appara\u00eet spontan\u00e9ment. Les utilisations ornementales sont multiples : bordures, rocailles, murets, jardini\u00e8res, suspensions, couvre-sol, massifs de senteur et bandes fleuries en agro\u00e9cologie. La plante est peu sujette aux maladies et aux ravageurs, hormis les altises et l&rsquo;o\u00efdium en fin de saison.<\/p>\n<hr>\n<h3>Confusions possibles<\/h3>\n<p>L&rsquo;Alysse maritime peut \u00eatre confondue avec d&rsquo;autres petites Brassicac\u00e9es blanches \u00e0 floraison abondante. <em>Alyssum alyssoides<\/em> (Alysson calicinal) est une plante plus gr\u00eale, \u00e0 fleurs jaun\u00e2tres devenant blanches, avec des silicules circulaires munies de poils \u00e9toil\u00e9s. <em>Iberis sempervirens<\/em> (Ib\u00e9ris toujours vert) poss\u00e8de des fleurs blanches en corymbe dense, mais ses p\u00e9tales sont in\u00e9gaux (les deux externes plus grands) et ses feuilles sont charnues et vert fonc\u00e9. <em>Draba verna<\/em> (Drave printani\u00e8re) est une minuscule annuelle \u00e0 rosette basale et \u00e0 p\u00e9tales bifides. <em>Lobularia libyca<\/em>, esp\u00e8ce proche pr\u00e9sente en Afrique du Nord et parfois en France m\u00e9diterran\u00e9enne, se distingue par ses silicules plus grandes et pubescentes. Les poils bipartites en navette, caract\u00e9ristiques du genre <em>Lobularia<\/em>, constituent un crit\u00e8re diagnostique fiable observable \u00e0 la loupe. Le parfum miell\u00e9 intense est \u00e9galement un bon indicateur sur le terrain, aucune autre petite Brassicac\u00e9e fran\u00e7aise ne d\u00e9gageant un parfum aussi prononc\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h3>Statut de conservation et menaces<\/h3>\n<p><em>Lobularia maritima<\/em> n&rsquo;est pas globalement menac\u00e9e et ne figure sur aucune liste rouge nationale en France. Cependant, les populations naturelles indig\u00e8nes du littoral m\u00e9diterran\u00e9en m\u00e9ritent une attention particuli\u00e8re, car elles sont distinctes des populations horticoles naturalis\u00e9es et repr\u00e9sentent le patrimoine g\u00e9n\u00e9tique originel de l&rsquo;esp\u00e8ce. L&rsquo;artificialisation du littoral m\u00e9diterran\u00e9en (urbanisation, am\u00e9nagements portuaires, enrochements) d\u00e9truit progressivement les habitats naturels de rochers et de falaises littorales o\u00f9 croissent les populations sauvages. La pollution littorale et le pi\u00e9tinement touristique constituent des menaces suppl\u00e9mentaires. Les populations naturalis\u00e9es en milieu urbain et p\u00e9riurbain ne sont pas menac\u00e9es et tendent au contraire \u00e0 s&rsquo;\u00e9tendre. La distinction entre populations indig\u00e8nes et populations \u00e9chapp\u00e9es de culture est parfois d\u00e9licate et n\u00e9cessite des \u00e9tudes g\u00e9n\u00e9tiques. La conservation des populations naturelles passe par la pr\u00e9servation des habitats littoraux rocheux et des falaises c\u00f4ti\u00e8res, dans le cadre des politiques de protection du littoral et des sites Natura 2000.<\/p>\n<hr>\n<h3>Anecdotes et culture<\/h3>\n<p>L&rsquo;Alysse maritime est un cas remarquable de plante pass\u00e9e de l&rsquo;\u00e9tat de modeste sauvageonne littorale \u00e0 celui de star des jardins mondiaux. Sa domestication horticole, amorc\u00e9e au XVIIe si\u00e8cle, a engendr\u00e9 une multitude de cultivars aux coloris vari\u00e9s : blanc pur (&lsquo;Snow Carpet&rsquo;), violet fonc\u00e9 (&lsquo;Royal Carpet&rsquo;), rose (&lsquo;Rosie O&rsquo;Day&rsquo;), abricot (&lsquo;Apricot Shades&rsquo;). Mais c&rsquo;est son parfum de miel, incomparable parmi les plantes de massif, qui lui vaut sa renomm\u00e9e. En agro\u00e9cologie, l&rsquo;Alysse maritime est devenue un outil de lutte biologique reconnu : des essais conduits en Californie et en Nouvelle-Z\u00e9lande ont montr\u00e9 qu&rsquo;une bordure d&rsquo;alysse autour des champs de laitue r\u00e9duit de 60 % les populations de pucerons, gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;attraction de syrphes auxiliaires. Ce mariage inattendu entre horticulture ornementale et agriculture durable illustre la richesse des services que le monde v\u00e9g\u00e9tal peut offrir quand on sait l&rsquo;observer et l&rsquo;utiliser avec intelligence. Le parfum enivrant d&rsquo;un massif d&rsquo;alysse en pleine floraison, m\u00ealant le miel et l&rsquo;amande douce dans la chaleur d&rsquo;un apr\u00e8s-midi d&rsquo;\u00e9t\u00e9, reste l&rsquo;une des exp\u00e9riences olfactives les plus m\u00e9morables que puisse offrir un jardin.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>ALYSSE MARITIME pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat phytoth\u00e9rapeutique surtout traditionnel, \u00e0 confirmer faute de donn\u00e9es cliniques propres ; sa lecture demande de la prudence.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/results?q=Lobularia%20maritima\">Plants of the World Online, Kew : <em>Lobularia maritima<\/em><\/a>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/?s=Lobularia+maritima\">Tela Botanica \/ eFlore : <em>Lobularia maritima<\/em><\/a>.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Diur\u00e9tique (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antioxydant<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antimicrobien<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE L&rsquo;Alysse maritime, Lobularia maritima (L.) Desv. (synonyme Alyssum maritimum (L.) 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