{"id":749,"date":"2026-03-26T11:27:05","date_gmt":"2026-03-26T10:27:05","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/arabette-des-sables\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:12","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:12","slug":"arabette-des-sables","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/arabette-des-sables\/","title":{"rendered":"ARABETTE DES SABLES"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/arabette-des-sables.png\" alt=\"Planche botanique Arabette des sables\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>L&rsquo;<em>Arabidopsis arenosa<\/em> (L.) Lawalr\u00e9e (syn. <em>Cardaminopsis arenosa<\/em>), commun\u00e9ment appel\u00e9e arabette des sables ou cardaminopside des sables, est une plante bisannuelle \u00e0 vivace de la famille des <strong>Brassicaceae<\/strong>. Le genre <em>Arabidopsis<\/em>, c\u00e9l\u00e8bre pour son esp\u00e8ce mod\u00e8le <em>A. thaliana<\/em>, comprend une dizaine d&rsquo;esp\u00e8ces de crucif\u00e8res de petite taille. Le nom <em>Arabidopsis<\/em> signifie \u00ab semblable \u00e0 <em>Arabis<\/em> \u00bb, un genre voisin de crucif\u00e8res. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>arenosa<\/em> (des sables) indique son affinit\u00e9 pour les substrats sablonneux et rocheux. Cette esp\u00e8ce pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat scientifique consid\u00e9rable en g\u00e9nomique et en biologie \u00e9volutive, en raison de son histoire de polyplo\u00efdie et de sa capacit\u00e9 d&rsquo;adaptation aux sols pollu\u00e9s par les m\u00e9taux lourds.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>L&rsquo;arabette des sables est une plante herbac\u00e9e bisannuelle \u00e0 vivace, haute de 10 \u00e0 40 cm. La tige est dress\u00e9e, simple ou ramifi\u00e9e, pubescente dans sa partie inf\u00e9rieure (poils simples et ramifi\u00e9s m\u00eal\u00e9s), glabre dans sa partie sup\u00e9rieure. Les feuilles basales forment une rosette bien d\u00e9velopp\u00e9e ; elles sont p\u00e9tiol\u00e9es, oblongues \u00e0 spatul\u00e9es, grossi\u00e8rement dent\u00e9es \u00e0 pennatifides, longues de 2 \u00e0 6 cm, pubescentes sur les deux faces. Les feuilles caulinaires sont sessiles ou bri\u00e8vement p\u00e9tiol\u00e9es, lanc\u00e9ol\u00e9es, dent\u00e9es, plus petites et moins d\u00e9coup\u00e9es que les basales. Les fleurs sont group\u00e9es en grappes terminales allong\u00e9es. Chaque fleur mesure 5 \u00e0 8 mm de diam\u00e8tre, avec quatre p\u00e9tales blancs \u00e0 lilas p\u00e2le, obovales, onguicul\u00e9s. Les six \u00e9tamines sont t\u00e9tradynames. Le fruit est une silique lin\u00e9aire, dress\u00e9e \u00e0 \u00e9tal\u00e9e, longue de 2 \u00e0 4 cm et large de 1 \u00e0 1,5 mm, glabre, contenant de nombreuses graines sur un rang dans chaque loge. Les graines sont petites, oblongues, brun clair. Le syst\u00e8me racinaire est pivotant, parfois accompagn\u00e9 de stolons courts chez les formes vivaces.<\/p>\n<hr>\n<h3>Habitat naturel et r\u00e9partition g\u00e9ographique<\/h3>\n<p>L&rsquo;arabette des sables est une esp\u00e8ce d&rsquo;Europe centrale et orientale dont l&rsquo;aire de r\u00e9partition s&rsquo;\u00e9tend de la Scandinavie m\u00e9ridionale aux Balkans et de la France \u00e0 l&rsquo;Oural. En France, elle est principalement pr\u00e9sente dans le nord et l&rsquo;est du territoire : Alsace, Lorraine, Champagne, Bourgogne, avec des stations isol\u00e9es en montagne. Elle affectionne les substrats rocheux, sablonneux et pierreux, principalement sur roches siliceuses : falaises, \u00e9boulis, murs, voies ferr\u00e9es, ballasts, anciennes carri\u00e8res. Elle se rencontre aussi sur les terrils miniers et les sols pollu\u00e9s par les m\u00e9taux lourds, o\u00f9 elle a d\u00e9velopp\u00e9 des \u00e9cotypes tol\u00e9rants. Elle pr\u00e9f\u00e8re les milieux ouverts, ensoleill\u00e9s, bien drain\u00e9s. Son amplitude altitudinale va de la plaine jusqu&rsquo;\u00e0 2 000 m environ. Deux sous-esp\u00e8ces principales sont reconnues : <em>subsp. arenosa<\/em> (diplo\u00efde) et <em>subsp. borbasii<\/em> (t\u00e9traplo\u00efde), cette derni\u00e8re \u00e9tant plus r\u00e9pandue.<\/p>\n<hr>\n<h3>Cycle de vie et ph\u00e9nologie<\/h3>\n<p>L&rsquo;arabette des sables pr\u00e9sente un cycle bisannuel ou p\u00e9renne. La germination a lieu au printemps ou en automne. La premi\u00e8re ann\u00e9e, la plante d\u00e9veloppe une rosette basale qui persiste pendant l&rsquo;hiver. La montaison et la floraison interviennent la deuxi\u00e8me ann\u00e9e, de mai \u00e0 juillet. Chez les formes vivaces, la floraison peut se r\u00e9p\u00e9ter plusieurs ann\u00e9es cons\u00e9cutives. La pollinisation est entomophile, les fleurs attirant les petits dipt\u00e8res, les abeilles solitaires et les papillons. L&rsquo;autopollinisation est possible mais l&rsquo;esp\u00e8ce est largement allogame, ce qui maintient une diversit\u00e9 g\u00e9n\u00e9tique \u00e9lev\u00e9e dans les populations. La fructification se d\u00e9roule de juin \u00e0 ao\u00fbt, les siliques m\u00fbres s&rsquo;ouvrant par deux valves qui s&rsquo;enroulent en spirale, projetant les graines (d\u00e9hiscence balistique). Les graines sont \u00e9galement dispers\u00e9es par le vent et par l&rsquo;eau de ruissellement. La banque de graines du sol est relativement peu persistante. La long\u00e9vit\u00e9 des individus vivaces peut atteindre 3 \u00e0 5 ans.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>L&rsquo;arabette des sables contient, comme toutes les Brassicaceae, des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/glucosinolates\/\">glucosinolates<\/a><\/strong>, principalement la <strong>glucobrassicine<\/strong> et la <strong>sinalbine<\/strong>, qui se d\u00e9composent en <strong>isothiocyanates<\/strong> et en <strong>indoles<\/strong> sous l&rsquo;action de la <strong>myrosinase<\/strong>. Les feuilles renferment des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> (glycosides de <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a><\/strong> et de <strong>kaempf\u00e9rol<\/strong>), des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> (acide sinapique, acide f\u00e9rulique) et de la <strong>vitamine C<\/strong>. Les populations m\u00e9tallicoles, adapt\u00e9es aux sols riches en m\u00e9taux lourds, accumulent des quantit\u00e9s remarquables de <strong>zinc<\/strong>, de <strong>cadmium<\/strong> et de <strong>plomb<\/strong> dans leurs tissus, gr\u00e2ce \u00e0 des m\u00e9canismes de tol\u00e9rance impliquant des <strong>phytoch\u00e9latines<\/strong>, des <strong>m\u00e9tallothion\u00e9ines<\/strong> et la s\u00e9questration vacuolaire. Les racines exsudent des <strong>acides organiques<\/strong> (acide citrique, acide malique) qui modifient la biodisponibilit\u00e9 des m\u00e9taux dans la rhizosph\u00e8re. Ces propri\u00e9t\u00e9s de bioaccumulation font de l&rsquo;arabette des sables une esp\u00e8ce d&rsquo;int\u00e9r\u00eat pour la phytorem\u00e9diation.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>L&rsquo;arabette des sables ne poss\u00e8de aucune propri\u00e9t\u00e9 m\u00e9dicinale reconnue ni aucun usage th\u00e9rapeutique traditionnel ou moderne. Elle n&rsquo;est mentionn\u00e9e dans aucune pharmacop\u00e9e. Comme la plupart des petites crucif\u00e8res sauvages, elle n&rsquo;a jamais attir\u00e9 l&rsquo;attention des herboristes ou des m\u00e9decins. Cependant, sa composition en glucosinolates et en flavono\u00efdes la rapproche chimiquement des Brassicaceae alimentaires (choux, brocoli, cresson) dont les propri\u00e9t\u00e9s antioxydantes et potentiellement anticanc\u00e9reuses sont bien document\u00e9es. Les populations m\u00e9tallicoles, qui accumulent des m\u00e9taux lourds dans leurs tissus, sont \u00e0 exclure de tout usage alimentaire ou m\u00e9dicinal en raison des risques de contamination. L&rsquo;int\u00e9r\u00eat principal de cette esp\u00e8ce se situe dans la recherche fondamentale en biologie v\u00e9g\u00e9tale et en \u00e9cotoxicologie.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Donn\u00e9es cliniques limit\u00e9es ; usage essentiellement traditionnel. <strong>Niveau de preuve :<\/strong> usage traditionnel.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Glucobrassicine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Sinalbine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Isothiocyanates<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Indoles<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Myrosinase<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>L&rsquo;arabette des sables ne fait l&rsquo;objet d&rsquo;aucune transformation commerciale. Les seules \u00ab pr\u00e9parations \u00bb concernent le mat\u00e9riel biologique \u00e0 usage scientifique : extraction d&rsquo;ADN pour les analyses g\u00e9nomiques, pr\u00e9paration de prot\u00e9ines pour les \u00e9tudes prot\u00e9omiques, extraction de m\u00e9tabolites pour les analyses phytochimiques, pr\u00e9paration de coupes histologiques pour la microscopie. Les graines sont conserv\u00e9es dans des banques de germoplasme sp\u00e9cialis\u00e9es (Nottingham Arabidopsis Stock Centre, centres de ressources g\u00e9n\u00e9tiques) et distribu\u00e9es aux chercheurs du monde entier. Les lign\u00e9es m\u00e9tallicoles font l&rsquo;objet d&rsquo;une attention particuli\u00e8re, car elles repr\u00e9sentent un mat\u00e9riel unique pour l&rsquo;\u00e9tude des bases g\u00e9n\u00e9tiques de la tol\u00e9rance aux m\u00e9taux lourds. Aucun usage alimentaire, m\u00e9dicinal ou industriel n&rsquo;est document\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h3>Aspects \u00e9cologiques et environnementaux<\/h3>\n<p>L&rsquo;arabette des sables joue un r\u00f4le \u00e9cologique discret mais significatif dans les milieux rocheux et pionniers. Elle participe \u00e0 la colonisation des substrats min\u00e9raux nus (\u00e9boulis, murs, ballasts), contribuant \u00e0 la formation du sol et \u00e0 l&rsquo;installation d&rsquo;une v\u00e9g\u00e9tation. Les \u00e9cotypes m\u00e9tallicoles constituent un patrimoine g\u00e9n\u00e9tique unique, t\u00e9moignant de l&rsquo;\u00e9volution rapide en r\u00e9ponse aux pressions environnementales. L&rsquo;arabette des sables est \u00e9tudi\u00e9e comme mod\u00e8le pour la phytostabilisation des sols pollu\u00e9s par les m\u00e9taux lourds. Sa capacit\u00e9 \u00e0 coloniser et \u00e0 v\u00e9g\u00e9taliser les terrils miniers et les friches industrielles en fait une esp\u00e8ce potentiellement utile pour la restauration \u00e9cologique de ces sites. L&rsquo;hybridation naturelle entre formes diplo\u00efdes et t\u00e9traplo\u00efdes cr\u00e9e une dynamique g\u00e9n\u00e9tique complexe qui int\u00e9resse les biologistes de l&rsquo;\u00e9volution. Ses interactions avec les champignons mycorhiziens et les bact\u00e9ries du sol sont \u00e9tudi\u00e9es dans le contexte de la phytorem\u00e9diation assist\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Toxicit\u00e9 non document\u00e9e ; en l\u2019absence de donn\u00e9es, s\u2019abstenir de tout usage interne non encadr\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>L&rsquo;arabette des sables n&rsquo;a fait l&rsquo;objet d&rsquo;aucun usage traditionnel document\u00e9, qu&rsquo;il soit alimentaire, m\u00e9dicinal ou artisanal. Sa taille modeste, sa distribution principalement est-europ\u00e9enne et sa confusion facile avec d&rsquo;autres petites crucif\u00e8res l&rsquo;ont maintenue hors du champ des savoirs populaires. En revanche, elle a acquis une notori\u00e9t\u00e9 consid\u00e9rable dans le monde scientifique. Sa proche parent\u00e9 avec <em>Arabidopsis thaliana<\/em>, l&rsquo;organisme mod\u00e8le de la biologie v\u00e9g\u00e9tale, en fait un sujet d&rsquo;\u00e9tude privil\u00e9gi\u00e9 pour la compr\u00e9hension des m\u00e9canismes d&rsquo;adaptation, de sp\u00e9ciation et de polyplo\u00efdie. Les populations m\u00e9tallicoles de l&rsquo;arabette des sables, pr\u00e9sentes sur les anciens sites miniers de Pologne, de R\u00e9publique tch\u00e8que et de Belgique, sont \u00e9tudi\u00e9es depuis les ann\u00e9es 1990 comme mod\u00e8les de tol\u00e9rance aux m\u00e9taux lourds et d&rsquo;\u00e9volution rapide.<\/p>\n<hr>\n<h3>Culture et exigences agronomiques<\/h3>\n<p>L&rsquo;arabette des sables est cultiv\u00e9e exclusivement \u00e0 des fins de recherche scientifique. Sa culture en laboratoire et en serre suit des protocoles proches de ceux d&rsquo;<em>Arabidopsis thaliana<\/em>. Le semis se fait en surface sur un substrat de terreau tamis\u00e9 ou sur milieu g\u00e9los\u00e9 st\u00e9rile. La germination est favoris\u00e9e par une stratification froide de 2 \u00e0 4 semaines \u00e0 4 \u00b0C. Les conditions de culture standard sont : photop\u00e9riode de 16 h de lumi\u00e8re, temp\u00e9rature de 20-22 \u00b0C le jour et 16-18 \u00b0C la nuit, arrosage par subirrigation. La plante se d\u00e9veloppe bien en pot de 8-10 cm de diam\u00e8tre sur terreau sableux bien drain\u00e9. Le cycle de culture, du semis \u00e0 la production de graines, dure environ 3 \u00e0 4 mois pour les formes bisannuelles. Les formes vivaces n\u00e9cessitent une vernalisation (6-8 semaines \u00e0 4 \u00b0C) pour induire la floraison. La plante est autofertile mais un croisement contr\u00f4l\u00e9 est possible par \u00e9masculation manuelle des fleurs.<\/p>\n<hr>\n<h3>Statut de conservation et r\u00e9glementation<\/h3>\n<p>L&rsquo;arabette des sables est une esp\u00e8ce globalement non menac\u00e9e dans son aire de r\u00e9partition europ\u00e9enne. En France, elle n&rsquo;est pas prot\u00e9g\u00e9e au niveau national mais peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme rare dans certaines r\u00e9gions p\u00e9riph\u00e9riques de son aire. Elle ne figure sur aucune liste rouge nationale fran\u00e7aise. Dans les pays d&rsquo;Europe centrale (Pologne, R\u00e9publique tch\u00e8que, Slovaquie), elle est commune et ne b\u00e9n\u00e9ficie d&rsquo;aucun statut de protection. Les populations m\u00e9tallicoles, qui repr\u00e9sentent un patrimoine g\u00e9n\u00e9tique exceptionnel, m\u00e9riteraient cependant une attention particuli\u00e8re en termes de conservation. La destruction des sites miniers anciens par r\u00e9habilitation industrielle ou urbanisation menace ces populations uniques. Aucune r\u00e9glementation sp\u00e9cifique ne concerne la cueillette ou la commercialisation de cette esp\u00e8ce.<\/p>\n<hr>\n<h3>Anecdotes et curiosit\u00e9s historiques<\/h3>\n<p>L&rsquo;arabette des sables a connu une trajectoire taxonomique mouvement\u00e9e, passant successivement par les genres <em>Arabis<\/em>, <em>Cardaminopsis<\/em> et finalement <em>Arabidopsis<\/em>. Son rattachement au genre <em>Arabidopsis<\/em>, confirm\u00e9 par la phylog\u00e9nie mol\u00e9culaire dans les ann\u00e9es 1990, a suscit\u00e9 un int\u00e9r\u00eat scientifique imm\u00e9diat, car elle devenait de facto une \u00ab s\u0153ur \u00bb de la plante mod\u00e8le <em>A. thaliana<\/em>. L&rsquo;arabette des sables est devenue un mod\u00e8le d&rsquo;\u00e9tude de la polyplo\u00efdie, ph\u00e9nom\u00e8ne de duplication du g\u00e9nome qui concerne environ 70 % des esp\u00e8ces de plantes \u00e0 fleurs. La sous-esp\u00e8ce t\u00e9traplo\u00efde (4 copies de chaque chromosome au lieu de 2) offre un syst\u00e8me d&rsquo;\u00e9tude unique pour comprendre les cons\u00e9quences \u00e9volutives du doublement chromosomique. Les populations des sols contamin\u00e9s par le zinc et le cadmium en Pologne et en Belgique ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que l&rsquo;adaptation aux sols toxiques impliquait des modifications de l&rsquo;expression de centaines de g\u00e8nes, un exemple remarquable d&rsquo;\u00e9volution contemporaine.<\/p>\n<hr>\n<h3>Confusions possibles<\/h3>\n<p>L&rsquo;arabette des sables peut \u00eatre confondue avec plusieurs crucif\u00e8res proches. L&rsquo;<em>Arabidopsis thaliana<\/em> (arabette des dames), son cong\u00e9n\u00e8re c\u00e9l\u00e8bre, se distingue par sa taille plus petite (5-25 cm), ses siliques plus fines, ses feuilles basales \u00e0 poils \u00e9toil\u00e9s et son cycle annuel strict. L&rsquo;<em>Arabis hirsuta<\/em> (arabette h\u00e9riss\u00e9e) poss\u00e8de des feuilles caulinaires embrassantes \u00e0 oreillettes et des siliques plus longues et plus dress\u00e9es. La <em>Cardamine hirsuta<\/em> (cardamine h\u00e9riss\u00e9e) a des feuilles compos\u00e9es-penn\u00e9es et des siliques qui explosent au toucher. Le <em>Draba verna<\/em> (drave printani\u00e8re) est une petite annuelle \u00e0 p\u00e9tales profond\u00e9ment bifides et \u00e0 siliques ovales courtes. L&rsquo;<em>Arabis alpina<\/em> (arabette des Alpes) est une vivace de montagne \u00e0 feuilles embrassantes et \u00e0 fleurs plus grandes. Le crit\u00e8re le plus fiable pour identifier l&rsquo;arabette des sables est la combinaison de feuilles basales en rosette, grossi\u00e8rement dent\u00e9es, pubescentes \u00e0 poils mixtes (simples et ramifi\u00e9s), et de siliques lin\u00e9aires \u00e9tal\u00e9es.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>L&rsquo;arabette des sables est une esp\u00e8ce qui illustre parfaitement comment une plante apparemment banale peut receler un int\u00e9r\u00eat scientifique consid\u00e9rable. Son r\u00f4le de mod\u00e8le en g\u00e9nomique \u00e9volutive, en biologie de la polyplo\u00efdie et en \u00e9cotoxicologie en fait l&rsquo;une des crucif\u00e8res les plus \u00e9tudi\u00e9es au monde apr\u00e8s <em>A. thaliana<\/em>. Les perspectives de recherche sont vastes : compr\u00e9hension des bases mol\u00e9culaires de l&rsquo;adaptation aux m\u00e9taux lourds et de la polyplo\u00efdie, utilisation potentielle pour la phytorem\u00e9diation des sols pollu\u00e9s, \u00e9tude de l&rsquo;hybridation et de la sp\u00e9ciation. La conservation de ses populations naturelles, notamment les \u00e9cotypes m\u00e9tallicoles, constitue un enjeu pour pr\u00e9server ce patrimoine g\u00e9n\u00e9tique irrempla\u00e7able. L&rsquo;arabette des sables rappelle que la science fondamentale peut trouver ses sujets d&rsquo;\u00e9tude les plus f\u00e9conds dans les esp\u00e8ces les plus communes de nos rocailles et de nos friches.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/results?q=Arabidopsis%20arenosa\">Plants of the World Online, Kew : <em>Arabidopsis arenosa<\/em><\/a>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/?s=Arabidopsis+arenosa\">Tela Botanica \/ eFlore : <em>Arabidopsis arenosa<\/em><\/a>.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antioxydant (usage traditionnel)<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE L&rsquo;Arabidopsis arenosa (L.) Lawalr\u00e9e (syn. Cardaminopsis arenosa), commun\u00e9ment appel\u00e9e arabette des sables ou cardaminopside des sables, est une plante bisannuelle \u00e0 [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[8],"tags":[],"class_list":["post-749","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-brassicacees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/749","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=749"}],"version-history":[{"count":10,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/749\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13733,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/749\/revisions\/13733"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=749"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=749"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=749"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}