{"id":752,"date":"2026-03-26T11:27:13","date_gmt":"2026-03-26T10:27:13","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/cameline-cultivee\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:12","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:12","slug":"cameline-cultivee","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/cameline-cultivee\/","title":{"rendered":"CAMELINE CULTIV\u00c9E"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/cameline-cultivee.png\" alt=\"Planche botanique Cameline cultiv\u00e9e\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>La Cameline cultiv\u00e9e, <em>Camelina sativa<\/em> (L.) Crantz, appartient \u00e0 la famille des <strong>Brassicaceae<\/strong> (Crucif\u00e8res), genre <em>Camelina<\/em> Crantz. Ce petit genre comprend environ six esp\u00e8ces originaires d&rsquo;Europe et d&rsquo;Asie centrale. <em>C. sativa<\/em> est l&rsquo;esp\u00e8ce la plus connue, anciennement cultiv\u00e9e comme plante ol\u00e9agineuse. Les noms vernaculaires incluent Cameline cultiv\u00e9e, Lin b\u00e2tard, S\u00e9same d&rsquo;Allemagne et \u00ab Gold of pleasure \u00bb en anglais. Sur le plan de la classification APG IV, les Brassicaceae appartiennent \u00e0 l&rsquo;ordre des Brassicales, clade des Rosidae. Le genre <em>Camelina<\/em> se rattache \u00e0 la tribu des Camelineae, proche d&rsquo;<em>Arabidopsis<\/em>, plante mod\u00e8le de la g\u00e9n\u00e9tique v\u00e9g\u00e9tale. La synonymie inclut <em>Myagrum sativum<\/em> L. et <em>Alyssum sativum<\/em> (L.) Scop. L&rsquo;esp\u00e8ce est amphidiplo\u00efde (2n = 40), r\u00e9sultat probable d&rsquo;une hybridation ancienne entre deux esp\u00e8ces diplo\u00efdes. La domestication remonte au N\u00e9olithique, dans les r\u00e9gions pontiques et caucasiennes, faisant de la cameline l&rsquo;une des plus anciennes plantes ol\u00e9agineuses d&rsquo;Europe. L&rsquo;aire de distribution actuelle, \u00e0 la fois sauvage et cultiv\u00e9e, couvre l&rsquo;Eurasie temp\u00e9r\u00e9e, avec une expansion r\u00e9cente en Am\u00e9rique du Nord comme culture industrielle.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>Plante annuelle herbac\u00e9e, th\u00e9rophyte, haute de 30 \u00e0 100 cm, \u00e0 tige dress\u00e9e, simple ou peu ramifi\u00e9e dans la partie sup\u00e9rieure, glabre \u00e0 glabrescente dans la partie haute, hispide \u00e0 la base avec des poils simples et bifurqu\u00e9s. Les feuilles basales sont oblanc\u00e9ol\u00e9es, les caulinaires sont sessiles, lanc\u00e9ol\u00e9es, embrassantes \u00e0 base sagitt\u00e9e (auricul\u00e9e), longues de 2 \u00e0 8 cm, \u00e0 bord entier ou faiblement dent\u00e9, glabrescentes. Les fleurs sont petites, en grappes terminales allong\u00e9es, \u00e0 4 p\u00e9tales jaune p\u00e2le de 4 \u00e0 6 mm, 6 \u00e9tamines t\u00e9tradynames et un pistil allong\u00e9. Le fruit est une silicule obovale-piriforme, de 6 \u00e0 9 mm de long, gonfl\u00e9e, \u00e0 paroi \u00e9paisse et dure, contenant 8 \u00e0 16 graines. Les graines sont petites (1 \u00e0 2 mm), oblongues, brun orang\u00e9, finement r\u00e9ticul\u00e9es, riches en huile. La floraison a lieu de mai \u00e0 juillet. L&rsquo;esp\u00e8ce se comporte comme messicole dans les cultures de lin et de c\u00e9r\u00e9ales, et comme adventice des jach\u00e8res et terrains remani\u00e9s sur sols l\u00e9gers et bien drain\u00e9s.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9COLOGIE ET HABITAT<\/h3>\n<p><em>Camelina sativa<\/em> est une esp\u00e8ce anthropophyte, associ\u00e9e aux cultures de lin et de c\u00e9r\u00e9ales depuis le N\u00e9olithique. \u00c0 l&rsquo;\u00e9tat subspontan\u00e9 ou adventice, elle se rencontre dans les cultures, les jach\u00e8res, les terrains vagues et les bords de routes sur sols l\u00e9gers, sablonneux \u00e0 limoneux, bien drain\u00e9s. L&rsquo;esp\u00e8ce est adapt\u00e9e aux climats temp\u00e9r\u00e9s frais \u00e0 continentaux et tol\u00e8re bien la s\u00e9cheresse printani\u00e8re gr\u00e2ce \u00e0 un cycle court (85 \u00e0 100 jours). Elle r\u00e9siste au gel mod\u00e9r\u00e9, permettant des semis d&rsquo;automne dans les r\u00e9gions \u00e0 hivers doux. L&rsquo;aire de distribution originelle couvre l&rsquo;Eurasie steppique, de l&rsquo;Europe orientale \u00e0 l&rsquo;Asie centrale. En France, l&rsquo;esp\u00e8ce est rare \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat spontan\u00e9, signal\u00e9e comme messicole en r\u00e9gression dans plusieurs r\u00e9gions. La culture moderne s&rsquo;\u00e9tend en Am\u00e9rique du Nord (Montana, Saskatchewan), en Europe du Nord (Finlande, Su\u00e8de) et en Europe de l&rsquo;Est. La pollinisation est autogame \u00e0 partiellement allogame (insectes). La plante est peu exigeante en azote et en pesticides, ce qui en fait une culture adapt\u00e9e \u00e0 l&rsquo;agriculture biologique.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>La partie principale d&rsquo;int\u00e9r\u00eat est la <strong>graine<\/strong>, source d&rsquo;une huile v\u00e9g\u00e9tale de haute qualit\u00e9 nutritionnelle. L&rsquo;<strong>huile de cameline<\/strong>, obtenue par pression \u00e0 froid des graines, est la forme d&rsquo;utilisation majeure, tant alimentaire que cosm\u00e9tique et th\u00e9rapeutique. Le <strong>tourteau<\/strong> r\u00e9siduel apr\u00e8s pression est riche en prot\u00e9ines et en fibres, utilis\u00e9 en alimentation animale. Les <strong>parties a\u00e9riennes<\/strong> n&rsquo;ont pas d&rsquo;usage m\u00e9dicinal document\u00e9. L&rsquo;huile se distingue par sa couleur jaune dor\u00e9, son odeur herbac\u00e9e caract\u00e9ristique et sa richesse exceptionnelle en acides gras polyinsatur\u00e9s om\u00e9ga-3, notamment l&rsquo;<strong>acide \u03b1-linol\u00e9nique<\/strong> (ALA).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<h3>A. Profil lipidique de l&rsquo;huile<\/h3>\n<p>L&rsquo;huile de cameline pr\u00e9sente un profil remarquable : <strong>acide \u03b1-linol\u00e9nique<\/strong> (ALA, C18:3 \u03c9-3) 30 \u00e0 40 %, <strong>acide linol\u00e9ique<\/strong> (LA, C18:2 \u03c9-6) 15 \u00e0 25 %, <strong>acide ol\u00e9ique<\/strong> (C18:1 \u03c9-9) 12 \u00e0 20 %, <strong>acide gondo\u00efque<\/strong> (C20:1) 12 \u00e0 16 %, <strong>acide \u00e9rucique<\/strong> (C22:1) 2 \u00e0 4 %. Le ratio \u03c9-6\/\u03c9-3 est d&rsquo;environ 0,5 \u00e0 0,7, ce qui est exceptionnellement favorable compar\u00e9 aux huiles courantes.<\/p>\n<h3>B. Tocoph\u00e9rols et antioxydants<\/h3>\n<p>L&rsquo;huile contient des <strong>tocoph\u00e9rols<\/strong> (vitamine E) en quantit\u00e9 significative : principalement le <strong>\u03b3-tocoph\u00e9rol<\/strong> (700 \u00e0 900 mg\/kg d&rsquo;huile) et le <strong>\u03b1-tocoph\u00e9rol<\/strong>. Cette teneur \u00e9lev\u00e9e en tocoph\u00e9rols conf\u00e8re \u00e0 l&rsquo;huile une stabilit\u00e9 oxydative sup\u00e9rieure \u00e0 celle de l&rsquo;huile de lin malgr\u00e9 une teneur comparable en ALA.<\/p>\n<h3>C. Phytost\u00e9rols<\/h3>\n<p>Les <strong>phytost\u00e9rols<\/strong> pr\u00e9sents incluent le <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/beta-sitosterol\/\">\u03b2-sitost\u00e9rol<\/a><\/strong>, le <strong>campest\u00e9rol<\/strong> et le <strong>brassicast\u00e9rol<\/strong> (ce dernier caract\u00e9ristique des Brassicaceae). Les phytost\u00e9rols contribuent \u00e0 l&rsquo;effet hypocholest\u00e9rol\u00e9miant de l&rsquo;huile.<\/p>\n<h3>D. Glucosinolates et compos\u00e9s soufr\u00e9s<\/h3>\n<p>Les graines contiennent des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/glucosinolates\/\">glucosinolates<\/a><\/strong> caract\u00e9ristiques des Brassicaceae, principalement la <strong>glucocameline<\/strong> et la <strong>glucoarabine<\/strong>. Ces compos\u00e9s sont hydrolys\u00e9s par la myrosinase en isothiocyanates bioactifs lors du broyage des graines. Le tourteau non trait\u00e9 contient des teneurs en glucosinolates limitant son usage en alimentation animale \u00e0 certaines esp\u00e8ces.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>L&rsquo;int\u00e9r\u00eat pharmacologique de la cameline repose principalement sur le profil lipidique exceptionnel de son huile. L&rsquo;<strong>acide \u03b1-linol\u00e9nique<\/strong> (ALA) est le pr\u00e9curseur m\u00e9tabolique des acides gras om\u00e9ga-3 \u00e0 longue cha\u00eene (EPA, DHA) via les voies de d\u00e9saturation et d&rsquo;\u00e9longation. L&rsquo;ALA exerce des effets <strong>anti-inflammatoires<\/strong> par comp\u00e9tition avec l&rsquo;acide arachidonique pour les cyclo-oxyg\u00e9nases et les lipo-oxyg\u00e9nases, r\u00e9duisant la production de prostaglandines et leucotri\u00e8nes pro-inflammatoires de la s\u00e9rie 2. L&rsquo;ALA contribue \u00e0 la r\u00e9duction des <strong>triglyc\u00e9rides plasmatiques<\/strong> et \u00e0 l&rsquo;am\u00e9lioration du profil lipidique cardiovasculaire. Les <strong>tocoph\u00e9rols<\/strong> exercent un effet antioxydant liposoluble en prot\u00e9geant les membranes cellulaires contre la peroxydation lipidique. Les <strong>phytost\u00e9rols<\/strong> inhibent l&rsquo;absorption intestinale du cholest\u00e9rol par comp\u00e9tition au niveau des micelles biliaires. Les <strong>isothiocyanates<\/strong> d\u00e9riv\u00e9s des glucosinolates poss\u00e8dent des activit\u00e9s anticanc\u00e9reuses document\u00e9es (induction des enzymes de phase II de d\u00e9toxification, induction de l&rsquo;apoptose). L&rsquo;ensemble conf\u00e8re \u00e0 l&rsquo;huile de cameline un profil de compl\u00e9ment nutritionnel cardiovasculaire et anti-inflammatoire bien soutenu par les donn\u00e9es exp\u00e9rimentales.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Plusieurs essais cliniques ont \u00e9valu\u00e9 l&rsquo;huile de cameline chez l&rsquo;homme. L&rsquo;\u00e9tude de Karvonen et al. (2002) en Finlande a montr\u00e9 qu&rsquo;une suppl\u00e9mentation de 30 ml\/jour d&rsquo;huile de cameline pendant 6 semaines r\u00e9duisait significativement le cholest\u00e9rol total et le LDL-cholest\u00e9rol chez des sujets hypercholest\u00e9rol\u00e9miques. L&rsquo;\u00e9tude de Schwab et al. (2006) a confirm\u00e9 ces r\u00e9sultats et a montr\u00e9 une r\u00e9duction des triglyc\u00e9rides et une augmentation de l&rsquo;ALA et de l&rsquo;EPA plasmatiques. L&rsquo;\u00e9tude de Manninen et al. (2019) a \u00e9valu\u00e9 l&rsquo;impact de l&rsquo;huile de cameline sur les marqueurs de l&rsquo;inflammation chez des sujets \u00e0 risque cardiovasculaire, montrant une r\u00e9duction de la prot\u00e9ine C-r\u00e9active (CRP). L&rsquo;EFSA a \u00e9valu\u00e9 la s\u00e9curit\u00e9 de l&rsquo;huile de cameline comme nouvel aliment et a \u00e9mis un avis favorable pour la consommation humaine. L&rsquo;huile de cameline est autoris\u00e9e \u00e0 la vente dans l&rsquo;Union europ\u00e9enne comme huile alimentaire. Ces donn\u00e9es cliniques, bien que limit\u00e9es en nombre, soutiennent l&rsquo;int\u00e9r\u00eat de l&rsquo;huile comme source v\u00e9g\u00e9tale d&rsquo;om\u00e9ga-3 et comme aliment fonctionnel cardiovasculaire.<\/p>\n<hr>\n<h3>TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h3>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe chimique<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td><strong>Acide \u03b1-linol\u00e9nique (ALA)<\/strong><\/td>\n<td>Acide gras om\u00e9ga-3<\/td>\n<td>Anti-inflammatoire, cardioprotecteur<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Acide linol\u00e9ique<\/strong><\/td>\n<td>Acide gras om\u00e9ga-6<\/td>\n<td>Acide gras essentiel<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>\u03b3-Tocoph\u00e9rol<\/strong><\/td>\n<td>Vitamine E<\/td>\n<td>Antioxydant liposoluble<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>\u03b2-Sitost\u00e9rol<\/strong><\/td>\n<td>Phytost\u00e9rol<\/td>\n<td>Hypocholest\u00e9rol\u00e9miant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Glucocameline<\/strong><\/td>\n<td>Glucosinolate<\/td>\n<td>Pr\u00e9curseur d&rsquo;isothiocyanates bioactifs<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Acide gondo\u00efque<\/strong><\/td>\n<td>Acide gras monoinsatur\u00e9 C20:1<\/td>\n<td>Lipide structurel<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Acide \u03b1-linol\u00e9nique<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acide linol\u00e9ique<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acide ol\u00e9ique<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acide gondo\u00efque<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acide \u00e9rucique<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Huile vierge press\u00e9e \u00e0 froid :<\/strong> 1 \u00e0 2 cuill\u00e8res \u00e0 soupe (10 \u00e0 20 ml) par jour, en assaisonnement des salades et crudit\u00e9s. Ne pas chauffer (point de fum\u00e9e bas, oxydation des om\u00e9ga-3). Conservation au r\u00e9frig\u00e9rateur apr\u00e8s ouverture.<\/li>\n<li><strong>Capsules d&rsquo;huile :<\/strong> 1000 \u00e0 2000 mg par jour en compl\u00e9ment alimentaire, pour les personnes n&rsquo;appr\u00e9ciant pas le go\u00fbt.<\/li>\n<li><strong>Usage cosm\u00e9tique :<\/strong> huile appliqu\u00e9e pure ou en m\u00e9lange sur la peau et les cheveux comme \u00e9mollient et anti-\u00e2ge, riche en om\u00e9ga-3 et vitamine E.<\/li>\n<li><strong>Tourteau (alimentation animale) :<\/strong> source de prot\u00e9ines et fibres pour volailles et porcs, dans les limites de teneurs en glucosinolates.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>L&rsquo;huile de cameline est consid\u00e9r\u00e9e comme s\u00fbre pour la consommation humaine. L&rsquo;EFSA a \u00e9valu\u00e9 favorablement sa s\u00e9curit\u00e9 alimentaire. Les teneurs en <strong>acide \u00e9rucique<\/strong> (2 \u00e0 4 %) sont nettement inf\u00e9rieures au seuil r\u00e9glementaire europ\u00e9en, ce qui distingue la cameline du colza \u00e0 haute teneur en \u00e9rucique. Les <strong>glucosinolates<\/strong> des graines et du tourteau peuvent provoquer des troubles thyro\u00efdiens (goitrig\u00e8nes) chez les animaux nourris exclusivement avec du tourteau de cameline non trait\u00e9, limitant son incorporation dans les rations alimentaires. Chez l&rsquo;homme, la consommation d&rsquo;huile press\u00e9e (d\u00e9barrass\u00e9e des glucosinolates par la pression et la filtration) ne pose pas de probl\u00e8me thyro\u00efdien. Aucun effet ind\u00e9sirable significatif n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9 dans les essais cliniques publi\u00e9s. L&rsquo;oxydation rapide des om\u00e9ga-3 \u00e0 haute temp\u00e9rature ou lors d&rsquo;un stockage prolong\u00e9 produit des compos\u00e9s d&rsquo;oxydation (peroxydes, ald\u00e9hydes) potentiellement nocifs, d&rsquo;o\u00f9 l&rsquo;importance de la conservation au frais et de l&rsquo;absence de cuisson.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>La cameline est l&rsquo;une des plus anciennes plantes ol\u00e9agineuses d&rsquo;Europe, cultiv\u00e9e depuis le N\u00e9olithique (5000-3000 av. J.-C.) dans les r\u00e9gions pontiques et caucasiennes. Des graines de cameline ont \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9es dans des sites arch\u00e9ologiques de l&rsquo;\u00c2ge du Bronze en Scandinavie, en Allemagne et en Europe de l&rsquo;Est. La plante constituait une source majeure d&rsquo;huile alimentaire et d&rsquo;huile d&rsquo;\u00e9clairage dans le nord de l&rsquo;Europe avant l&rsquo;arriv\u00e9e du colza et du tournesol. En France, elle \u00e9tait cultiv\u00e9e comme compagne du lin (d&rsquo;o\u00f9 le nom \u00ab lin b\u00e2tard \u00bb), les deux cultures \u00e9tant r\u00e9colt\u00e9es ensemble. L&rsquo;huile servait \u00e0 l&rsquo;alimentation, \u00e0 l&rsquo;\u00e9clairage des lampes, au graissage du cuir et \u00e0 la fabrication de savons. La culture a d\u00e9clin\u00e9 \u00e0 partir du XIXe si\u00e8cle avec l&rsquo;essor du colza et des huiles coloniales (arachide, palme). Depuis les ann\u00e9es 1990, la cameline conna\u00eet une renaissance remarquable gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;int\u00e9r\u00eat pour les sources v\u00e9g\u00e9tales d&rsquo;om\u00e9ga-3, la culture biologique et les biocarburants durables. Son potentiel agronomique (rusticit\u00e9, faible besoin en intrants, r\u00e9sistance \u00e0 la s\u00e9cheresse) en fait un candidat id\u00e9al pour l&rsquo;agriculture durable.<\/p>\n<hr>\n<h3>STATUT DE CONSERVATION ET PROTECTION<\/h3>\n<p>\u00c0 l&rsquo;\u00e9tat sauvage ou subspontan\u00e9, <em>Camelina sativa<\/em> est consid\u00e9r\u00e9e comme une arch\u00e9ophyte messicole en r\u00e9gression dans toute l&rsquo;Europe occidentale en raison de l&rsquo;intensification agricole (herbicides, tri des semences). L&rsquo;esp\u00e8ce peut figurer sur des listes rouges r\u00e9gionales de plantes messicoles menac\u00e9es en France et dans d&rsquo;autres pays europ\u00e9ens. Les programmes de conservation des messicoles (jach\u00e8res fleuries, bandes enherb\u00e9es, cultures de conservation) peuvent b\u00e9n\u00e9ficier \u00e0 l&rsquo;esp\u00e8ce. Paradoxalement, alors que la forme sauvage r\u00e9gresse, la culture intentionnelle de cameline est en pleine expansion mondiale pour la production d&rsquo;huile alimentaire, de biocarburants et de compl\u00e9ments alimentaires. Cette dualit\u00e9 illustre le d\u00e9calage entre le statut de conservation de la forme sauvage et le dynamisme de la forme cultiv\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>La Cameline cultiv\u00e9e est une plante ol\u00e9agineuse remarquable dont l&rsquo;huile pr\u00e9sente l&rsquo;un des profils en acides gras les plus favorables du r\u00e8gne v\u00e9g\u00e9tal, avec une teneur exceptionnelle en acide \u03b1-linol\u00e9nique (om\u00e9ga-3), un ratio \u03c9-6\/\u03c9-3 optimal et une bonne stabilit\u00e9 oxydative gr\u00e2ce aux tocoph\u00e9rols. Les essais cliniques, bien que peu nombreux, confirment un effet hypocholest\u00e9rol\u00e9miant et anti-inflammatoire chez l&rsquo;homme. L&rsquo;anciennet\u00e9 de la domestication (N\u00e9olithique), la rusticit\u00e9 agronomique et l&rsquo;int\u00e9r\u00eat nutritionnel convergent pour faire de la cameline une culture d&rsquo;avenir pour l&rsquo;alimentation durable et la nutraceutique. La recherche future devrait approfondir les effets cardiovasculaires \u00e0 long terme et explorer le potentiel des glucosinolates sp\u00e9cifiques de l&rsquo;esp\u00e8ce en chimiopr\u00e9vention.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li>Zubr J., 1997. Oil-seed crop: <em>Camelina sativa<\/em>. <em>Industrial Crops and Products<\/em>, 6(2), 113-119.<\/li>\n<li>Karvonen H.M. et al., 2002. Effect of <em>Camelina sativa<\/em> oil on serum lipoproteins. <em>European Journal of Clinical Nutrition<\/em>, 56(4), 352-357.<\/li>\n<li>Schwab U.S. et al., 2006. <em>Camelina sativa<\/em> oil affects plasma fatty acid composition and serum cholesterol. <em>British Journal of Nutrition<\/em>, 95(6), 1168-1174.<\/li>\n<li>Manninen S. et al., 2019. <em>Camelina sativa<\/em> oil and fatty fish alter inflammatory mediators. <em>Prostaglandins, Leukotrienes and Essential Fatty Acids<\/em>, 142, 1-8.<\/li>\n<li>Berti M. et al., 2016. <em>Camelina<\/em> uses, genetics, genomics, production. <em>Industrial Crops and Products<\/em>, 94, 690-710.<\/li>\n<li>Plants of the World Online \u2014 Royal Botanic Gardens, Kew : <em>Camelina sativa<\/em>.<\/li>\n<li>Tela Botanica \u2014 eFlore : Fiche <em>Camelina sativa<\/em>.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antioxydant<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE La Cameline cultiv\u00e9e, Camelina sativa (L.) Crantz, appartient \u00e0 la famille des Brassicaceae (Crucif\u00e8res), genre Camelina Crantz. 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