{"id":758,"date":"2026-03-26T11:27:28","date_gmt":"2026-03-26T10:27:28","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/drave-des-murailles\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:12","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:12","slug":"drave-des-murailles","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/drave-des-murailles\/","title":{"rendered":"DRAVE DES MURAILLES"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Drave%20des%20murailles.jpg\" alt=\"Planche botanique Drave des murailles\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<p><em>Draba muralis<\/em> L.<\/p>\n<p>Famille : Brassicaceae<\/p>\n<p>La drave des murailles est l&rsquo;une de ces petites crucif\u00e8res \u00e9ph\u00e9m\u00e8res que l&rsquo;on remarque \u00e0 peine et qui disparaissent avant m\u00eame qu&rsquo;on ait eu le temps de les nommer. Haute de quelques centim\u00e8tres, parfois dix ou quinze au maximum, elle fleurit discr\u00e8tement au d\u00e9but du printemps sur les vieux murs, les rocailles, les pelouses rases et les graviers calcaires, l\u00e0 o\u00f9 les conditions sont trop s\u00e8ches, trop pauvres ou trop instables pour les grandes plantes. Ses fleurs blanches minuscules et ses silicules ovales aplaties la placent dans la cat\u00e9gorie des plantes que seuls les botanistes attentifs savent voir.<\/p>\n<p>L&rsquo;int\u00e9r\u00eat m\u00e9dicinal de la drave des murailles est tr\u00e8s limit\u00e9, quasi inexistant dans la pharmacop\u00e9e moderne. C&rsquo;est une plante de botaniste, pas de pharmacien. Son int\u00e9r\u00eat r\u00e9side dans sa biologie pionni\u00e8re, dans sa capacit\u00e9 \u00e0 coloniser les substrats les plus inhospitaliers et dans la richesse discr\u00e8te de son profil chimique de Brassicaceae, domin\u00e9 par les <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/glucosinolates\/\">glucosinolates<\/a> caract\u00e9ristiques de la famille. Elle illustre parfaitement la diversit\u00e9 des crucif\u00e8res sauvages et la modestie de certaines esp\u00e8ces dont la valeur est avant tout \u00e9cologique et taxonomique.<\/p>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Famille :<\/strong> Brassicaceae (Crucif\u00e8res)<\/li>\n<li><strong>Genre :<\/strong> <em>Draba<\/em><\/li>\n<li><strong>Esp\u00e8ce :<\/strong> <em>Draba muralis<\/em> L.<\/li>\n<li><strong>Noms vernaculaires :<\/strong> Drave des murailles, Drave des murs, Drave murale.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Le genre <em>Draba<\/em> est l&rsquo;un des plus vastes des Brassicaceae, avec plus de 370 esp\u00e8ces r\u00e9parties dans les r\u00e9gions arctiques, alpines et temp\u00e9r\u00e9es de l&rsquo;h\u00e9misph\u00e8re nord. La plupart sont des plantes de haute montagne ou de toundra. <em>Draba muralis<\/em> fait figure d&rsquo;exception par son habitat de basse altitude et sa pr\u00e9dilection pour les milieux anthropis\u00e9s. Le genre est taxonomiquement difficile, avec de nombreuses esp\u00e8ces proches et des hybridations fr\u00e9quentes, mais <em>D. muralis<\/em> est relativement bien caract\u00e9ris\u00e9e et peu ambigu\u00eb.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>La drave des murailles est une petite plante annuelle ou hivernale de 5 \u00e0 30 centim\u00e8tres, \u00e0 tige dress\u00e9e, simple ou peu ramifi\u00e9e, gr\u00eale, pubescente de poils \u00e9toil\u00e9s et simples. Les feuilles basales forment une rosette peu persistante, \u00e0 limbe ovale, dent\u00e9, pubescent ; les feuilles caulinaires sont embrassantes, auricul\u00e9es \u00e0 la base, ce qui est un caract\u00e8re distinctif de l&rsquo;esp\u00e8ce parmi les draves europ\u00e9ennes.<\/p>\n<p>Les fleurs, petites (3 \u00e0 4 mm de diam\u00e8tre), blanches, sont dispos\u00e9es en grappe terminale allong\u00e9e. Elles ont la structure typique des crucif\u00e8res : quatre s\u00e9pales, quatre p\u00e9tales dispos\u00e9s en croix, six \u00e9tamines t\u00e9tradynames (quatre longues, deux courtes), un ovaire sup\u00e8re biloculaire. Les fruits sont des silicules elliptiques-ovales, aplaties, glabres, port\u00e9es sur des p\u00e9dicelles \u00e9tal\u00e9s plus longs que le fruit.<\/p>\n<p>La plante fr\u00e9quente les vieux murs, les rochers, les \u00e9boulis calcaires, les pelouses rases sur dalles rocheuses, les graviers, les toits plats et les anfractuosit\u00e9s de b\u00e2timents anciens. Elle est calcicole, h\u00e9liophile et x\u00e9rophile, typique des milieux pionniers \u00e0 sol squelettique. Sa r\u00e9partition couvre l&rsquo;Europe temp\u00e9r\u00e9e et m\u00e9ridionale, de l&rsquo;Angleterre \u00e0 la M\u00e9diterran\u00e9e, et l&rsquo;Asie Mineure. Elle est naturalis\u00e9e de fa\u00e7on sporadique en Am\u00e9rique du Nord.<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Floraison :<\/strong> mars \u00e0 mai<\/li>\n<li><strong>Habitat :<\/strong> vieux murs, rochers, \u00e9boulis calcaires, pelouses rases, graviers<\/li>\n<li><strong>R\u00e9partition :<\/strong> Europe temp\u00e9r\u00e9e et m\u00e9ridionale, Asie Mineure<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h3>\u00c9COLOGIE, CULTURE ET CONSERVATION<\/h3>\n<p>La drave des murailles est une pionni\u00e8re des milieux rocheux anthropiques et naturels. Elle colonise les anfractuosit\u00e9s de murs, les joints de dallages, les fissures de rochers, les graviers calcaires et les pelouses rases sur dalles. Cette capacit\u00e9 \u00e0 occuper des micro-habitats inaccessibles \u00e0 la plupart des autres plantes fait d&rsquo;elle un excellent indicateur des milieux pionniers secs et calcaires.<\/p>\n<p>Son cycle de vie est annuel hivernal : la germination a lieu \u00e0 l&rsquo;automne, la rosette passe l&rsquo;hiver, la floraison et la fructification s&rsquo;ach\u00e8vent au printemps, et la plante meurt avant l&rsquo;\u00e9t\u00e9. Ce cycle court lui permet d&rsquo;exploiter une fen\u00eatre \u00e9cologique \u00e9troite, entre les premi\u00e8res pluies d&rsquo;automne et la s\u00e9cheresse estivale.<\/p>\n<p>La drave des murailles n&rsquo;est pas menac\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle europ\u00e9enne. Cependant, la restauration des vieux murs en pierre s\u00e8che, le rejointoiement au ciment des murs anciens et la disparition des milieux pionniers urbains par l&rsquo;imperm\u00e9abilisation des sols r\u00e9duisent localement ses habitats. Elle ne fait l&rsquo;objet d&rsquo;aucune mesure de conservation sp\u00e9cifique. Sa culture n&rsquo;a aucun int\u00e9r\u00eat pratique.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<ul>\n<li>Plante enti\u00e8re (usage historique marginal)<\/li>\n<\/ul>\n<p>La drave des murailles n&rsquo;a pratiquement aucun usage m\u00e9dicinal document\u00e9 dans les pharmacop\u00e9es modernes ou traditionnelles. Les rares mentions dans la litt\u00e9rature ancienne portent sur la plante enti\u00e8re, utilis\u00e9e comme toutes les crucif\u00e8res sauvages en cataplasme r\u00e9solutif ou en d\u00e9coction vaguement diur\u00e9tique. Aucune drogue officinale n&rsquo;est d\u00e9finie pour cette esp\u00e8ce. Son int\u00e9r\u00eat est essentiellement botanique et \u00e9cologique.<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<h3>A. Glucosinolates<\/h3>\n<p>Comme toutes les Brassicaceae, la drave des murailles contient des <strong>glucosinolates<\/strong>, compos\u00e9s soufr\u00e9s caract\u00e9ristiques de la famille. Le profil exact en glucosinolates de <em>D. muralis<\/em> est peu \u00e9tudi\u00e9, mais par extrapolation du genre <em>Draba<\/em> et de la famille, on attend la pr\u00e9sence de <strong>sinigrine<\/strong>, de <strong>glucoib\u00e9rine<\/strong> et d&rsquo;autres glucosinolates aliphatiques. L&rsquo;hydrolyse enzymatique par la myrosinase lib\u00e8re des <strong>isothiocyanates<\/strong> (huiles de moutarde), compos\u00e9s piquants et volatils responsables de la saveur \u00e2cre des crucif\u00e8res et dot\u00e9s de propri\u00e9t\u00e9s antimicrobiennes et anticanc\u00e9reuses document\u00e9es pour d&rsquo;autres esp\u00e8ces de la famille.<\/p>\n<h3>B. Flavono\u00efdes et compos\u00e9s ph\u00e9noliques<\/h3>\n<p>Le genre <em>Draba<\/em> contient des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> (kaempf\u00e9rol, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a> et leurs glycosides) et des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> (acide sinapique, acide f\u00e9rulique), compos\u00e9s ubiquistes des Brassicaceae. Ces mol\u00e9cules contribuent \u00e0 l&rsquo;activit\u00e9 antioxydante de la plante.<\/p>\n<h3>C. Autres compos\u00e9s<\/h3>\n<p>On peut extrapoler la pr\u00e9sence de <strong>vitamine C<\/strong>, de <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/carotenoides\/\">carot\u00e9no\u00efdes<\/a><\/strong> et de <strong>sels min\u00e9raux<\/strong>, comme chez la plupart des crucif\u00e8res sauvages. Ces compos\u00e9s fondaient l&rsquo;usage alimentaire occasionnel des draves dans les traditions de cueillette d&rsquo;Europe centrale.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>Aucune \u00e9tude pharmacodynamique sp\u00e9cifique n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 conduite sur <em>Draba muralis<\/em>. Les m\u00e9canismes d&rsquo;action doivent \u00eatre extrapol\u00e9s du profil chimique g\u00e9n\u00e9ral des Brassicaceae. Les <strong>isothiocyanates<\/strong>, produits d&rsquo;hydrolyse des glucosinolates, sont des compos\u00e9s biologiquement tr\u00e8s actifs : antimicrobiens (bact\u00e9riostatiques et bact\u00e9ricides sur de nombreuses souches gram-positives et gram-n\u00e9gatives), rub\u00e9fiants (irritation cutan\u00e9e locale provoquant une hyperh\u00e9mie r\u00e9flexe), et potentiellement anticanc\u00e9reux (induction d&rsquo;apoptose et inhibition de la phase II de la canc\u00e9rogen\u00e8se, document\u00e9es pour le sulforaphane du brocoli et l&rsquo;allyl-isothiocyanate de la moutarde).<\/p>\n<p>Les flavono\u00efdes exercent une activit\u00e9 antioxydante et anti-inflammatoire mod\u00e9r\u00e9e. La vitamine C, si elle est pr\u00e9sente en quantit\u00e9 significative, conf\u00e8re des propri\u00e9t\u00e9s antiscorbutiques. Cependant, toutes ces activit\u00e9s sont partag\u00e9es par des dizaines de crucif\u00e8res bien mieux \u00e9tudi\u00e9es et plus accessibles, et aucune ne justifie un usage m\u00e9dicinal sp\u00e9cifique de la drave des murailles.<\/p>\n<hr>\n<h3>DONN\u00c9ES CLINIQUES ET \u00c9TUDES PHARMACOLOGIQUES<\/h3>\n<p>Il n&rsquo;existe aucune donn\u00e9e clinique ni \u00e9tude pharmacologique sp\u00e9cifique sur <em>Draba muralis<\/em>. La plante n&rsquo;a fait l&rsquo;objet d&rsquo;aucune monographie officielle (Commission E, ESCOP). Elle n&rsquo;est mentionn\u00e9e dans aucun formulaire phytoth\u00e9rapeutique moderne. Les rares mentions dans la litt\u00e9rature sont purement botaniques ou taxonomiques.<\/p>\n<p>Cette absence de donn\u00e9es ne signifie pas que la plante soit d\u00e9pourvue de toute activit\u00e9 biologique \u2014 son profil de Brassicaceae garantit la pr\u00e9sence de compos\u00e9s actifs \u2014 mais simplement que sa petite taille, sa raret\u00e9 relative, son absence de tradition m\u00e9dicinale solide et la concurrence de crucif\u00e8res m\u00e9dicinales bien mieux connues (moutarde, raifort, cresson, bourse-\u00e0-pasteur) n&rsquo;ont jamais justifi\u00e9 d&rsquo;investissements de recherche.<\/p>\n<hr>\n<h3>TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h3>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe chimique<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td><strong>Glucosinolates<\/strong><\/td>\n<td>Compos\u00e9s soufr\u00e9s<\/td>\n<td>Pr\u00e9curseurs d&rsquo;isothiocyanates antimicrobiens<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Isothiocyanates<\/strong><\/td>\n<td>Compos\u00e9s soufr\u00e9s volatils<\/td>\n<td>Antimicrobien, rub\u00e9fiant, anticanc\u00e9reux potentiel<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Kaempf\u00e9rol<\/strong><\/td>\n<td>Flavono\u00efde<\/td>\n<td>Antioxydant, anti-inflammatoire<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Acide sinapique<\/strong><\/td>\n<td>Acide ph\u00e9nolique<\/td>\n<td>Antioxydant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Vitamine C<\/strong><\/td>\n<td>Vitamine<\/td>\n<td>Antioxydant, antiscorbutique<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h3>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h3>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antimicrobien (par extrapolation des glucosinolates)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2606\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antioxydant<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2606\u2606\u2606\u2606<\/strong> Rub\u00e9fiant (usage externe, th\u00e9orique)<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Donn\u00e9es cliniques limit\u00e9es ; usage essentiellement traditionnel. <strong>Niveau de preuve :<\/strong> usage traditionnel.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Glucosinolates<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Sinigrine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Glucoib\u00e9rine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Isothiocyanates<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Flavono\u00efdes<\/td>\n<td>Flavono\u00efde<\/td>\n<td>Antioxydant, anti-inflammatoire<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>Aucune forme gal\u00e9nique n&rsquo;est d\u00e9finie pour la drave des murailles, faute d&rsquo;usage m\u00e9dicinal reconnu. Par analogie avec les autres crucif\u00e8res sauvages, la plante pourrait th\u00e9oriquement \u00eatre utilis\u00e9e en cataplasme frais (rub\u00e9fiant l\u00e9ger) ou en d\u00e9coction, mais ces usages sont purement hypoth\u00e9tiques et n&rsquo;ont aucune base traditionnelle solide pour cette esp\u00e8ce sp\u00e9cifique.<\/p>\n<p>La plante peut \u00eatre consomm\u00e9e en petite quantit\u00e9 comme salade sauvage printani\u00e8re, \u00e0 titre de curiosit\u00e9 botanique plut\u00f4t que de source alimentaire significative, sa petite taille rendant toute r\u00e9colte utilitaire impraticable.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Aucune toxicit\u00e9 sp\u00e9cifique n&rsquo;est rapport\u00e9e pour <em>Draba muralis<\/em>. Les glucosinolates, pr\u00e9sents dans toutes les crucif\u00e8res, sont g\u00e9n\u00e9ralement bien tol\u00e9r\u00e9s aux doses alimentaires. \u00c0 forte dose, les isothiocyanates peuvent provoquer une irritation gastrique et, en application cutan\u00e9e prolong\u00e9e, une dermatite irritative. Ces effets sont communs \u00e0 l&rsquo;ensemble des Brassicaceae et ne sont pas sp\u00e9cifiques \u00e0 la drave.<\/p>\n<p>En l&rsquo;absence de donn\u00e9es toxicologiques sp\u00e9cifiques, la prudence recommande de ne pas utiliser cette plante \u00e0 des fins m\u00e9dicinales sans encadrement comp\u00e9tent, d&rsquo;autant qu&rsquo;il n&rsquo;existe aucune indication th\u00e9rapeutique justifi\u00e9e propre \u00e0 cette esp\u00e8ce.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>La drave des murailles n&rsquo;a pratiquement aucun pass\u00e9 m\u00e9dicinal document\u00e9. Elle n&rsquo;appara\u00eet pas dans les grands trait\u00e9s de Dioscoride, de Galien ni dans les herbiers m\u00e9di\u00e9vaux. Cazin ne la mentionne pas. Fournier la cite bri\u00e8vement dans son inventaire de la flore fran\u00e7aise sans lui attribuer de propri\u00e9t\u00e9s m\u00e9dicinales. La plante est trop petite, trop \u00e9ph\u00e9m\u00e8re et trop discr\u00e8te pour avoir attir\u00e9 l&rsquo;attention des m\u00e9decins et des herboristes.<\/p>\n<p>Les seuls usages document\u00e9s concernent des cueillettes alimentaires marginales en Europe centrale, o\u00f9 les jeunes rosettes de draves, m\u00eal\u00e9es \u00e0 d&rsquo;autres crucif\u00e8res sauvages, \u00e9taient consomm\u00e9es en salade printani\u00e8re dans les p\u00e9riodes de disette. Cet usage ne rel\u00e8ve pas de la m\u00e9decine mais de la survie alimentaire.<\/p>\n<p>L&rsquo;int\u00e9r\u00eat ethnobotanique de la drave des murailles est donc quasi nul, mais son int\u00e9r\u00eat botanique est r\u00e9el : elle fait partie des plantes pionni\u00e8res des substrats rocheux anthropiques, t\u00e9moins de la colonisation v\u00e9g\u00e9tale des milieux construits par l&rsquo;homme.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p><em>Draba muralis<\/em> n&rsquo;est pas une plante m\u00e9dicinale au sens strict du terme. Son profil phytochimique, typique des Brassicaceae (glucosinolates, flavono\u00efdes, acides ph\u00e9noliques), lui conf\u00e8re th\u00e9oriquement des propri\u00e9t\u00e9s antimicrobiennes, antioxydantes et rub\u00e9fiantes, mais aucune tradition ni aucune donn\u00e9e scientifique ne justifie un usage th\u00e9rapeutique sp\u00e9cifique. Elle illustre un point important de la pharmacognosie : la pr\u00e9sence de compos\u00e9s actifs dans une plante ne suffit pas \u00e0 en faire un m\u00e9dicament. Encore faut-il que la concentration soit suffisante, que l&rsquo;acc\u00e8s soit praticable et que la tradition ou la recherche ait valid\u00e9 un usage.<\/p>\n<p>La drave des murailles m\u00e9rite sa place dans une flore botanique, pas dans un formulaire pharmaceutique. Sa valeur est \u00e9cologique, taxonomique et esth\u00e9tique \u2014 celle d&rsquo;une petite plante obstin\u00e9e qui fleurit sur la pierre nue quand le printemps commence \u00e0 peine.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li>Warwick S.I. et al. \u2014 Brassicaceae: species checklist and database, <em>Plant Systematics and Evolution<\/em>, 2006.<\/li>\n<li>Fahey J.W. et al. \u2014 The chemical diversity and distribution of glucosinolates and isothiocyanates among plants, <em>Phytochemistry<\/em>, 2001, 56(1), 5-51.<\/li>\n<li>Koch M.A. et al. \u2014 Molecular systematics of the Brassicaceae, <em>Taxon<\/em>, 2012.<\/li>\n<li>Fournier P.-V. \u2014 <em>Le Livre des plantes m\u00e9dicinales et v\u00e9n\u00e9neuses de France<\/em>, Lechevalier, 1947.<\/li>\n<li>Plants of the World Online, Kew : <em>Draba muralis<\/em><\/li>\n<li>Tela Botanica, eFlore : <em>Draba muralis<\/em><\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antioxydant<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antimicrobien<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Draba muralis L. 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