{"id":759,"date":"2026-03-26T11:27:30","date_gmt":"2026-03-26T10:27:30","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/drave-printaniere\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:12","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:12","slug":"drave-printaniere","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/drave-printaniere\/","title":{"rendered":"DRAVE PRINTANI\u00c8RE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Drave%20printani%C3%A8re.jpg\" alt=\"Planche botanique Drave printani\u00e8re\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<p>La drave printani\u00e8re (<em>Draba verna<\/em> L., synonyme <em>Erophila verna<\/em> (L.) DC.) est l&rsquo;une des plus petites plantes \u00e0 fleurs d&rsquo;Europe, minuscule repr\u00e9sentante de la famille des Brassicac\u00e9es qui illumine les pelouses rases et les murs de ses discr\u00e8tes fleurs blanches d\u00e8s les premi\u00e8res douceurs de f\u00e9vrier. Haute de 2 \u00e0 15 cm \u00e0 peine, elle passe inaper\u00e7ue du regard non averti mais constitue, par son abondance et sa pr\u00e9cocit\u00e9, l&rsquo;un des premiers signaux du renouveau printanier dans les paysages europ\u00e9ens.<\/p>\n<p>La drave printani\u00e8re n&rsquo;a pas d&rsquo;usage m\u00e9dicinal significatif et ne pr\u00e9sente pas d&rsquo;int\u00e9r\u00eat pharmacologique document\u00e9. Comme toutes les Brassicac\u00e9es, elle contient des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/glucosinolates\/\">glucosinolates<\/a><\/strong> en faible quantit\u00e9, mais sa biomasse d\u00e9risoire en fait une esp\u00e8ce impossible \u00e0 exploiter th\u00e9rapeutiquement. Son int\u00e9r\u00eat est avant tout botanique (mod\u00e8le d&rsquo;adaptation aux milieux extr\u00eames), \u00e9cologique (pionni\u00e8re des sols nus) et g\u00e9n\u00e9tique (polyplo\u00efdie complexe). Cette monographie met en lumi\u00e8re une esp\u00e8ce humble mais fascinante par sa biologie.<\/p>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>La drave printani\u00e8re porte le nom scientifique <em>Draba verna<\/em> L., souvent encore cit\u00e9e sous le synonyme <em>Erophila verna<\/em> (L.) DC. La classification dans le genre <em>Erophila<\/em> ou <em>Draba<\/em> est d\u00e9battue ; les analyses mol\u00e9culaires r\u00e9centes tendent \u00e0 inclure <em>Erophila<\/em> dans <em>Draba<\/em>. Elle appartient \u00e0 la famille des <strong>Brassicaceae<\/strong>, tribu des Arabideae (ou Drabelleae). Le genre <em>Draba<\/em> comprend environ 380 esp\u00e8ces, surtout arctiques et alpines.<\/p>\n<p>Le nom <em>Draba<\/em> vient du grec <em>drabe<\/em> (\u00e2cre), en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la saveur piquante des Crucif\u00e8res. <em>Erophila<\/em> signifie \u00ab qui aime le printemps \u00bb (du grec <em>ear<\/em>, printemps, et <em>philein<\/em>, aimer). L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>verna<\/em> (printani\u00e8re) renforce cette association. Les noms vernaculaires incluent : \u00ab drave printani\u00e8re \u00bb, \u00ab drave du printemps \u00bb, \u00ab \u00e9rophile du printemps \u00bb en fran\u00e7ais ; \u00ab spring whitlowgrass \u00bb ou \u00ab common whitlowgrass \u00bb en anglais ; \u00ab Fr\u00fchlings-Hungerbl\u00fcmchen \u00bb en allemand. Le nom anglais \u00ab whitlowgrass \u00bb fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 un ancien usage contre les panaris (whitlow).<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>La drave printani\u00e8re est une plante annuelle minuscule de 2 \u00e0 15 cm de hauteur. La rosette basale est compos\u00e9e de quelques feuilles spatul\u00e9es \u00e0 oblongues, de 5 \u00e0 20 mm de long, enti\u00e8res ou l\u00e9g\u00e8rement dent\u00e9es, pubescentes (poils simples, fourchus ou \u00e9toil\u00e9s). La tige florale est nue (aphylle), gr\u00eale, simple ou rarement ramifi\u00e9e, glabre.<\/p>\n<p>Les fleurs sont petites (3 \u00e0 6 mm de diam\u00e8tre), \u00e0 4 p\u00e9tales blancs profond\u00e9ment bifides (caract\u00e8re distinctif), \u00e0 4 s\u00e9pales verd\u00e2tres, 6 \u00e9tamines t\u00e9tradynames et un ovaire sup\u00e8re. Le fruit est une silicule elliptique \u00e0 ovale, aplatie, de 4 \u00e0 8 mm de long, contenant de petites graines brunes. La floraison est tr\u00e8s pr\u00e9coce : de f\u00e9vrier \u00e0 avril (parfois d\u00e8s janvier dans le Midi). Le cycle de vie est extr\u00eamement court : germination automnale, d\u00e9veloppement hivernal, floraison et fructification printani\u00e8re, mort avant l&rsquo;\u00e9t\u00e9. La pollinisation est autogame (autocompatible) et facultativement entomogame.<\/p>\n<hr>\n<h3>Habitat et r\u00e9partition g\u00e9ographique<\/h3>\n<p>La drave printani\u00e8re est une esp\u00e8ce eurasiatique \u00e0 tr\u00e8s large distribution, pr\u00e9sente dans toute l&rsquo;Europe, de l&rsquo;Islande \u00e0 la M\u00e9diterran\u00e9e, et de l&rsquo;Irlande \u00e0 l&rsquo;Oural. Elle est \u00e9galement pr\u00e9sente en Asie occidentale et a \u00e9t\u00e9 largement naturalis\u00e9e en Am\u00e9rique du Nord, en Australie et en Nouvelle-Z\u00e9lande. En France, elle est extr\u00eamement commune dans toutes les r\u00e9gions, de la plaine jusqu&rsquo;\u00e0 2 000 m.<\/p>\n<p>Elle colonise les pelouses rases, les dalles rocheuses, les vieux murs, les trottoirs, les voies ferr\u00e9es, les graviers, les sols sablonneux et les cultures. Elle affectionne les sols pauvres, drainants, de pH variable (acide \u00e0 calcaire), en situation ensoleill\u00e9e. C&rsquo;est une th\u00e9rophyte pionni\u00e8re ubiquiste, caract\u00e9ristique des pelouses annuelles rases des <em>Sedo-Scleranthetea<\/em>. Sa petite taille et son cycle court lui permettent d&rsquo;exploiter des niches spatiales et temporelles inaccessibles aux plantes plus grandes.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9cologie et culture<\/h3>\n<p>La drave printani\u00e8re est un mod\u00e8le d&rsquo;adaptation aux milieux extr\u00eames par la miniaturisation et la pr\u00e9cocit\u00e9. Son cycle de vie ultra-court (germination en automne, floraison d\u00e8s f\u00e9vrier, fructification en mars-avril, mort en mai) lui permet d&rsquo;exploiter la fen\u00eatre de temps entre les premiers redoux et l&rsquo;installation des gramin\u00e9es et vivaces concurrentes. Son autogamie quasi obligatoire lui assure une reproduction efficace m\u00eame en l&rsquo;absence de pollinisateurs.<\/p>\n<p>La culture de la drave printani\u00e8re est anecdotique mais possible. Les graines se s\u00e8ment en automne en surface d&rsquo;un substrat sableux ou graveleux, en situation ensoleill\u00e9e. La germination a lieu en automne avec les pluies. Aucun soin n&rsquo;est n\u00e9cessaire. La plante se ress\u00e8me spontan\u00e9ment d&rsquo;une ann\u00e9e \u00e0 l&rsquo;autre. Elle peut \u00eatre utilis\u00e9e dans les jardins de rocaille miniatures, les auges et les compositions botaniques naturalistes. En toiture v\u00e9g\u00e9talis\u00e9e extensive, elle colonise spontan\u00e9ment les substrats pauvres et constitue un \u00e9l\u00e9ment naturel de la communaut\u00e9 v\u00e9g\u00e9tale pionni\u00e8re.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>La composition chimique de <em>Draba verna<\/em> n&rsquo;a pas fait l&rsquo;objet d&rsquo;\u00e9tudes phytochimiques d\u00e9taill\u00e9es, probablement en raison de sa biomasse trop faible. Par analogie avec les autres Brassicac\u00e9es, on peut supposer la pr\u00e9sence de <strong>glucosinolates<\/strong> en faible quantit\u00e9 (les esp\u00e8ces de <em>Draba<\/em> \u00e9tudi\u00e9es contiennent principalement de la <strong>sinigrine<\/strong> et de la <strong>glucoib\u00e9rine<\/strong>).<\/p>\n<p>Les <strong>flavono\u00efdes<\/strong> courants des Brassicac\u00e9es (<strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a><\/strong>, <strong>kaempf\u00e9rol<\/strong>, <strong>isorhamn\u00e9tine<\/strong>) sont probablement pr\u00e9sents. Des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> et de la <strong>vitamine C<\/strong> en faible quantit\u00e9 sont attendus. L&rsquo;indument de poils \u00e9toil\u00e9s, caract\u00e9ristique des <em>Draba<\/em>, contient des compos\u00e9s pari\u00e9taux (cires, cutine). L&rsquo;int\u00e9r\u00eat chimique de cette esp\u00e8ce est minime du point de vue pharmacologique, mais elle constitue un mod\u00e8le int\u00e9ressant pour l&rsquo;\u00e9tude de la chimie des Crucif\u00e8res dans des conditions de stress abiotique.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>Aucune propri\u00e9t\u00e9 pharmacologique n&rsquo;est document\u00e9e pour <em>Draba verna<\/em>. Les glucosinolates, s&rsquo;ils sont pr\u00e9sents, pourraient th\u00e9oriquement exercer des propri\u00e9t\u00e9s <strong>antimicrobiennes<\/strong> et <strong>chimiopr\u00e9ventives<\/strong> similaires \u00e0 celles des Brassicac\u00e9es alimentaires, mais les quantit\u00e9s disponibles dans cette minuscule plante sont insignifiantes.<\/p>\n<p>Le nom anglais \u00ab whitlowgrass \u00bb sugg\u00e8re un ancien usage contre les panaris (inflammation p\u00e9ri-ungu\u00e9ale), mais cet usage repose sur la doctrine des signatures (les petites silicules en forme d&rsquo;ongle \u00e9voquant la gu\u00e9rison des ongles) plut\u00f4t que sur une efficacit\u00e9 r\u00e9elle. Aucune \u00e9tude pharmacologique in vitro ou in vivo n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 men\u00e9e sur cette esp\u00e8ce. Son int\u00e9r\u00eat pour la sant\u00e9 humaine est nul en l&rsquo;\u00e9tat des connaissances.<\/p>\n<hr>\n<h3>Utilisations en m\u00e9decine traditionnelle<\/h3>\n<p>La drave printani\u00e8re n&rsquo;a pratiquement aucun usage en m\u00e9decine traditionnelle, hormis la r\u00e9f\u00e9rence anglaise ancienne aux panaris. Le nom \u00ab whitlowgrass \u00bb sugg\u00e8re que la plante a pu \u00eatre utilis\u00e9e en cataplasme sur les infections p\u00e9ri-ungu\u00e9ales dans la m\u00e9decine populaire anglaise, probablement par doctrine des signatures. Cet usage est mentionn\u00e9 dans les herbiers du XVIe si\u00e8cle (William Turner, John Gerard) mais sans conviction.<\/p>\n<p>La plante ne figure pas dans les pharmacop\u00e9es continentales europ\u00e9ennes, ni dans les traditions de m\u00e9decine populaire fran\u00e7aise, allemande ou m\u00e9diterran\u00e9enne. Sa petite taille la rendait impraticable \u00e0 r\u00e9colter en quantit\u00e9 suffisante pour un usage quelconque. Elle n&rsquo;a pas non plus d&rsquo;usage alimentaire, bien qu&rsquo;elle soit techniquement comestible (comme toutes les Brassicac\u00e9es). La drave printani\u00e8re est rest\u00e9e une plante anonyme du paysage, sans tradition d&rsquo;usage humain.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Donn\u00e9es cliniques limit\u00e9es ; usage essentiellement traditionnel. <strong>Niveau de preuve :<\/strong> usage traditionnel.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Glucosinolates<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Sinigrine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Glucoib\u00e9rine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Flavono\u00efdes<\/td>\n<td>Flavono\u00efde<\/td>\n<td>Antioxydant, anti-inflammatoire<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Kaempf\u00e9rol<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>Aucune posologie ni forme d&#8217;emploi n&rsquo;est applicable \u00e0 la drave printani\u00e8re. La plante n&rsquo;entre dans la composition d&rsquo;aucune pr\u00e9paration m\u00e9dicinale, alimentaire ou cosm\u00e9tique. Son unique \u00ab emploi \u00bb est celui de plante mod\u00e8le en recherche g\u00e9n\u00e9tique et en \u00e9cologie.<\/p>\n<p>En botanique, elle a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9e par Jordan (1864) pour d\u00e9montrer l&rsquo;existence de \u00ab petites esp\u00e8ces \u00bb (micro-esp\u00e8ces) au sein d&rsquo;un complexe polymorphe, contribuant au d\u00e9bat sur la nature de l&rsquo;esp\u00e8ce en biologie. Ses diff\u00e9rents niveaux de polyplo\u00efdie (2n = 14, 24, 28, 32, 36, 40, 52, 58, 64) en font un mod\u00e8le pour l&rsquo;\u00e9tude de la sp\u00e9ciation par polyplo\u00efdie. En jardin botanique, elle est parfois cultiv\u00e9e comme curiosit\u00e9 dans les collections de plantes annuelles miniatures.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>La drave printani\u00e8re ne pr\u00e9sente aucune toxicit\u00e9 connue. Elle n&rsquo;est pas signal\u00e9e comme plante toxique pour l&rsquo;homme ni pour les animaux. Aucun effet ind\u00e9sirable n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9. Les glucosinolates potentiellement pr\u00e9sents sont en concentrations d\u00e9risoires et ne posent aucun risque, m\u00eame en cas d&rsquo;ingestion accidentelle.<\/p>\n<p>La plante est parfaitement inoffensive. Les poils \u00e9toil\u00e9s de la surface foliaire ne provoquent aucune irritation cutan\u00e9e. Aucune allergie de contact ou respiratoire n&rsquo;est document\u00e9e. La plante peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme totalement s\u00fbre, bien que sa consommation volontaire soit improbable en raison de sa taille minuscule.<\/p>\n<hr>\n<h3>Interactions m\u00e9dicamenteuses<\/h3>\n<p>Aucune interaction m\u00e9dicamenteuse n&rsquo;est pertinente pour la drave printani\u00e8re en l&rsquo;absence d&rsquo;usage m\u00e9dicinal ou alimentaire. Cette rubrique est enti\u00e8rement sans objet pour cette esp\u00e8ce. La plante ne contient aucun compos\u00e9 connu susceptible d&rsquo;interf\u00e9rer avec des m\u00e9dicaments.<\/p>\n<p>Sa mention ici ne vise qu&rsquo;\u00e0 documenter l&rsquo;absence d&rsquo;interactions, conform\u00e9ment \u00e0 la structure monographique adopt\u00e9e pour l&rsquo;ensemble de cette flore m\u00e9dicinale.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9tudes cliniques et scientifiques<\/h3>\n<p>Aucune \u00e9tude clinique ni pharmacologique n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 men\u00e9e sur <em>Draba verna<\/em>. En revanche, l&rsquo;esp\u00e8ce est un mod\u00e8le important en biologie \u00e9volutive et en g\u00e9n\u00e9tique des populations. Les travaux fondateurs d&rsquo;Alexis Jordan (1864) sur les \u00ab jordanons \u00bb (micro-esp\u00e8ces) de <em>Draba verna<\/em> ont contribu\u00e9 au d\u00e9bat sur le concept d&rsquo;esp\u00e8ce et sur les m\u00e9canismes de sp\u00e9ciation.<\/p>\n<p>Des \u00e9tudes de cytog\u00e9n\u00e9tique ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 une s\u00e9rie polyplo\u00efde exceptionnellement complexe, avec de nombreux niveaux de plo\u00efdie coexistant en sympatrie. Des analyses mol\u00e9culaires ont \u00e9clair\u00e9 l&rsquo;histoire \u00e9volutive du complexe <em>Erophila\/Draba<\/em>. Des \u00e9tudes d&rsquo;\u00e9cologie urbaine ont document\u00e9 la capacit\u00e9 de la plante \u00e0 coloniser les interstices urbains les plus inhospitaliers. La drave printani\u00e8re est ainsi une esp\u00e8ce bien \u00e9tudi\u00e9e, mais exclusivement dans le cadre de la biologie fondamentale.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>La drave printani\u00e8re n&rsquo;est inscrite \u00e0 aucune pharmacop\u00e9e et n&rsquo;a aucun statut de plante m\u00e9dicinale. Elle ne fait l&rsquo;objet d&rsquo;aucune r\u00e9glementation phytopharmaceutique, alimentaire ou cosm\u00e9tique. L&rsquo;esp\u00e8ce n&rsquo;est pas prot\u00e9g\u00e9e, \u00e9tant parmi les plantes les plus communes de la flore europ\u00e9enne.<\/p>\n<p>Elle est tellement banale et discr\u00e8te qu&rsquo;elle \u00e9chappe \u00e0 toute cat\u00e9gorisation r\u00e9glementaire. Sa mention dans les listes de plantes autoris\u00e9es ou interdites est inexistante. Elle illustre le cas de ces milliers d&rsquo;esp\u00e8ces v\u00e9g\u00e9tales qui, n&rsquo;ayant ni utilit\u00e9 directe ni danger pour l&rsquo;homme, ne sont tout simplement pas consid\u00e9r\u00e9es par la r\u00e9glementation.<\/p>\n<hr>\n<h3>Aspects culturels et historiques<\/h3>\n<p>La drave printani\u00e8re est une plante discr\u00e8te, rarement mentionn\u00e9e dans la culture populaire. Son nom allemand \u00ab Fr\u00fchlings-Hungerbl\u00fcmchen \u00bb (petite fleur de famine du printemps) \u00e9voque la pauvret\u00e9 des sols qu&rsquo;elle colonise et la saison de disette (fin d&rsquo;hiver) \u00e0 laquelle elle fleurit. En anglais, le nom \u00ab whitlowgrass \u00bb renvoie \u00e0 un usage m\u00e9dical probable par doctrine des signatures.<\/p>\n<p>En histoire des sciences, la drave printani\u00e8re occupe une place notable gr\u00e2ce aux travaux d&rsquo;Alexis Jordan, botaniste lyonnais du XIXe si\u00e8cle. En \u00e9tudiant les populations de <em>Draba verna<\/em> autour de Lyon, Jordan d\u00e9crivit plus de 50 \u00ab petites esp\u00e8ces \u00bb (jordanons), anticipant les d\u00e9bats modernes sur la micro\u00e9volution et la sp\u00e9ciation. Darwin lui-m\u00eame s&rsquo;int\u00e9ressa au travail de Jordan. L&rsquo;esp\u00e8ce illustre ainsi la capacit\u00e9 des plantes les plus humbles \u00e0 \u00e9clairer les grandes questions de la biologie.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>La drave printani\u00e8re, l&rsquo;une des plus petites et des plus pr\u00e9coces plantes \u00e0 fleurs europ\u00e9ennes, ne poss\u00e8de aucun int\u00e9r\u00eat phytoth\u00e9rapique mais constitue un objet d&rsquo;\u00e9tude fascinant pour la biologie \u00e9volutive, la g\u00e9n\u00e9tique des populations et l&rsquo;\u00e9cologie. Sa polyplo\u00efdie complexe et sa diversit\u00e9 morphologique en font un mod\u00e8le de sp\u00e9ciation en action.<\/p>\n<p>Les perspectives portent sur la poursuite des \u00e9tudes de g\u00e9nomique comparative (dans le contexte de la g\u00e9nomique des Brassicac\u00e9es, famille de la plante mod\u00e8le <em>Arabidopsis thaliana<\/em>), sur l&rsquo;\u00e9cologie de la colonisation des milieux anthropis\u00e9s et sur l&rsquo;adaptation au changement climatique (avancement ph\u00e9nologique). La drave printani\u00e8re rappelle que la grandeur scientifique d&rsquo;une plante ne d\u00e9pend pas de sa taille et que les esp\u00e8ces les plus insignifiantes en apparence peuvent r\u00e9v\u00e9ler les m\u00e9canismes les plus fondamentaux de la vie.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/results?q=Draba%20verna\">Plants of the World Online, Kew : <em>Draba verna<\/em><\/a>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/?s=Draba+verna\">Tela Botanica \/ eFlore : <em>Draba verna<\/em><\/a>.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antimicrobien (usage traditionnel)<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La drave printani\u00e8re (Draba verna L., synonyme Erophila verna (L.) 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