{"id":765,"date":"2026-03-26T11:27:48","date_gmt":"2026-03-26T10:27:48","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/passerage-drave\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:12","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:12","slug":"passerage-drave","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/passerage-drave\/","title":{"rendered":"PASSERAGE DRAVE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Passerage%20drave.jpg\" alt=\"Planche botanique Passerage drave\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>La <em>Lepidium draba<\/em> L. (syn. <em>Cardaria draba<\/em>), commun\u00e9ment appel\u00e9e passerage drave ou pain-blanc, appartient \u00e0 la famille des <strong>Brassicaceae<\/strong>. Cette plante vivace est originaire du bassin m\u00e9diterran\u00e9en oriental et de l&rsquo;Asie occidentale. Le genre <em>Lepidium<\/em>, riche de plus de 200 esp\u00e8ces \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle mondiale, regroupe des crucif\u00e8res souvent rud\u00e9rales. Le nom vernaculaire \u00ab passerage \u00bb vient du latin <em>lepidium<\/em>, lui-m\u00eame d\u00e9riv\u00e9 du grec <em>lepis<\/em> (\u00e9caille), en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la forme des silicules. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te \u00ab draba \u00bb renvoie \u00e0 un ancien nom grec pour une crucif\u00e8re \u00e0 saveur \u00e2cre. La passerage drave se distingue des autres esp\u00e8ces du genre par ses inflorescences blanches en corymbes denses et ses silicules cordiformes caract\u00e9ristiques.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>La passerage drave est une plante herbac\u00e9e vivace pouvant atteindre 30 \u00e0 60 cm de hauteur, formant des colonies denses par multiplication v\u00e9g\u00e9tative. La tige est dress\u00e9e, rameuse dans sa partie sup\u00e9rieure, cylindrique, finement pubescente, parfois l\u00e9g\u00e8rement glauque. Les feuilles basales, souvent disparues \u00e0 la floraison, sont p\u00e9tiol\u00e9es, oblongues-spatul\u00e9es, dent\u00e9es ou cr\u00e9nel\u00e9es. Les feuilles caulinaires sont sessiles, embrassantes \u00e0 oreillettes sagitt\u00e9es, oblongues-lanc\u00e9ol\u00e9es, \u00e0 marge dent\u00e9e ou enti\u00e8re, longues de 3 \u00e0 8 cm. Les fleurs, nombreuses, sont group\u00e9es en corymbes terminaux compacts. Chaque fleur mesure environ 5 \u00e0 6 mm de diam\u00e8tre, avec quatre p\u00e9tales blancs dispos\u00e9s en croix, six \u00e9tamines t\u00e9tradynames et un pistil surmont\u00e9 d&rsquo;un style court. Les silicules, fruits caract\u00e9ristiques des Brassicaceae, sont cordiformes-r\u00e9niformes, aplaties, longues de 3 \u00e0 4 mm, ind\u00e9hiscentes ou tardivement d\u00e9hiscentes, contenant une seule graine par loge. Les graines sont ovo\u00efdes, brun rouge\u00e2tre, finement r\u00e9ticul\u00e9es. Le syst\u00e8me racinaire est puissant, constitu\u00e9 d&rsquo;un pivot principal et de nombreuses racines lat\u00e9rales tra\u00e7antes capables de produire des bourgeons adventifs, assurant une multiplication v\u00e9g\u00e9tative tr\u00e8s efficace.<\/p>\n<hr>\n<h3>Habitat naturel et r\u00e9partition g\u00e9ographique<\/h3>\n<p>Originaire du sud-est de l&rsquo;Europe et de l&rsquo;Asie mineure, la passerage drave s&rsquo;est largement naturalis\u00e9e dans toute l&rsquo;Europe occidentale, en Am\u00e9rique du Nord, en Australie et en Am\u00e9rique du Sud. En France, elle est pr\u00e9sente dans la majeure partie du territoire, particuli\u00e8rement abondante dans le Midi et le long des vall\u00e9es fluviales. Elle affectionne les sols perturb\u00e9s, les bords de routes, les terrains vagues, les d\u00e9combres, les cultures, les vignobles et les friches. Elle tol\u00e8re une large gamme de sols, depuis les substrats calcaires jusqu&rsquo;aux sols l\u00e9g\u00e8rement salins. Esp\u00e8ce x\u00e9rophile \u00e0 m\u00e9sox\u00e9rophile, elle pr\u00e9f\u00e8re les stations ensoleill\u00e9es et les sols bien drain\u00e9s. Son caract\u00e8re envahissant la rend probl\u00e9matique dans les r\u00e9gions agricoles, notamment dans les grandes cultures c\u00e9r\u00e9ali\u00e8res d&rsquo;Am\u00e9rique du Nord et d&rsquo;Australie, o\u00f9 elle est consid\u00e9r\u00e9e comme une adventice majeure. En altitude, elle se rencontre g\u00e9n\u00e9ralement de la plaine jusqu&rsquo;\u00e0 800 m environ, parfois davantage dans les vall\u00e9es internes des Alpes.<\/p>\n<hr>\n<h3>Cycle de vie et ph\u00e9nologie<\/h3>\n<p>La passerage drave est une plante vivace h\u00e9micryptophyte. Elle reprend sa v\u00e9g\u00e9tation au d\u00e9but du printemps, d\u00e8s mars dans les r\u00e9gions m\u00e9ridionales. La rosette de feuilles basales appara\u00eet en premier, suivie de l&rsquo;\u00e9longation rapide de la tige florale entre avril et mai. La floraison s&rsquo;\u00e9tale d&rsquo;avril \u00e0 juin selon les r\u00e9gions, parfois jusqu&rsquo;en juillet en altitude ou dans les r\u00e9gions septentrionales. La pollinisation est essentiellement entomophile, les fleurs attirant de nombreux insectes gr\u00e2ce \u00e0 leur nectar abondant. La fructification se d\u00e9roule de mai \u00e0 juillet, les silicules m\u00fbrissant progressivement du bas vers le haut de l&rsquo;inflorescence. La diss\u00e9mination des graines est assur\u00e9e par le vent (an\u00e9mochorie), l&rsquo;eau (hydrochorie) et les activit\u00e9s humaines (anthropochorie). Cependant, la reproduction v\u00e9g\u00e9tative par drageons racinaires constitue le mode principal de propagation de l&rsquo;esp\u00e8ce. Apr\u00e8s la fructification, les parties a\u00e9riennes s\u00e8chent partiellement, mais la plante conserve une rosette basale et un syst\u00e8me racinaire vivace qui assure la p\u00e9rennit\u00e9 de la colonie.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>Comme la plupart des Brassicaceae, la passerage drave contient des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/glucosinolates\/\">glucosinolates<\/a><\/strong>, compos\u00e9s soufr\u00e9s responsables de sa saveur piquante caract\u00e9ristique. Le principal glucosinolate identifi\u00e9 est la <strong>sinigrine<\/strong>, qui, par hydrolyse enzymatique sous l&rsquo;action de la <strong>myrosinase<\/strong>, lib\u00e8re de l&rsquo;<strong>isothiocyanate d&rsquo;allyle<\/strong>, mol\u00e9cule aux propri\u00e9t\u00e9s antimicrobiennes reconnues. La plante renferme \u00e9galement de l&rsquo;<strong>acide \u00e9rucique<\/strong> dans ses graines, des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> (notamment des d\u00e9riv\u00e9s de la <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a><\/strong> et du <strong>kaempf\u00e9rol<\/strong>), des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> et de la <strong>vitamine C<\/strong>. Les racines et les feuilles contiennent des <strong>saponines<\/strong> en quantit\u00e9s mod\u00e9r\u00e9es. Les parties a\u00e9riennes pr\u00e9sentent \u00e9galement des traces d&rsquo;<strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/alcaloides\/\">alcalo\u00efdes<\/a><\/strong> et des <strong>tanins<\/strong>. La teneur en glucosinolates varie selon l&rsquo;organe consid\u00e9r\u00e9, les feuilles et les inflorescences en \u00e9tant plus riches que les tiges. Des analyses r\u00e9centes ont mis en \u00e9vidence la pr\u00e9sence de <strong>sulforaphane<\/strong> en faibles concentrations, un isothiocyanate dont les propri\u00e9t\u00e9s antioxydantes sont bien document\u00e9es.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>La passerage drave poss\u00e8de des propri\u00e9t\u00e9s m\u00e9dicinales modestes mais document\u00e9es. En m\u00e9decine populaire, elle \u00e9tait employ\u00e9e comme plante rub\u00e9fiante et r\u00e9solutive, appliqu\u00e9e en cataplasmes sur les douleurs articulaires et rhumatismales. Les glucosinolates et les isothiocyanates qu&rsquo;elle lib\u00e8re conf\u00e8rent \u00e0 la plante des propri\u00e9t\u00e9s antimicrobiennes et antifongiques. L&rsquo;usage interne, peu courant, comprenait la pr\u00e9paration de d\u00e9coctions diur\u00e9tiques et d\u00e9puratives. La plante \u00e9tait autrefois consid\u00e9r\u00e9e comme antiscorbutique gr\u00e2ce \u00e0 sa teneur en vitamine C. Ses propri\u00e9t\u00e9s irritantes, li\u00e9es aux isothiocyanates, limitent toutefois son utilisation en usage interne. La recherche contemporaine s&rsquo;est davantage int\u00e9ress\u00e9e aux glucosinolates de cette esp\u00e8ce pour leurs potentielles propri\u00e9t\u00e9s anticanc\u00e9reuses, dans le cadre plus large de l&rsquo;\u00e9tude des crucif\u00e8res. Cependant, la passerage drave n&rsquo;a jamais fait l&rsquo;objet d&rsquo;\u00e9tudes cliniques sp\u00e9cifiques et son usage th\u00e9rapeutique reste marginal.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Donn\u00e9es cliniques limit\u00e9es ; usage essentiellement traditionnel. <strong>Niveau de preuve :<\/strong> usage traditionnel.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Sinigrine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Myrosinase<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Isothiocyanate d&rsquo;allyle<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acide \u00e9rucique<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Flavono\u00efdes<\/td>\n<td>Flavono\u00efde<\/td>\n<td>Antioxydant, anti-inflammatoire<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>Les utilisations alimentaires de la passerage drave restent limit\u00e9es et surtout traditionnelles. Les jeunes feuilles, r\u00e9colt\u00e9es avant la floraison (mars-avril), peuvent \u00eatre consomm\u00e9es crues en salade, m\u00e9lang\u00e9es \u00e0 d&rsquo;autres verdures pour att\u00e9nuer leur go\u00fbt poivr\u00e9. Cuites \u00e0 l&rsquo;eau, elles perdent une partie de leur amertume et s&rsquo;int\u00e8grent aux soupes, omelettes ou gratins. Les boutons floraux, r\u00e9colt\u00e9s en corymbes serr\u00e9s, peuvent \u00eatre confits au vinaigre comme condiment. En phytopharmacie traditionnelle, la plante s\u00e9ch\u00e9e \u00e9tait r\u00e9duite en poudre pour pr\u00e9parer des cataplasmes ou des mac\u00e9rations alcooliques \u00e0 usage externe. Les graines, press\u00e9es, fournissent une huile riche en acide \u00e9rucique, impropre \u00e0 la consommation alimentaire directe mais potentiellement exploitable \u00e0 des fins industrielles. Aucune pr\u00e9paration commerciale standardis\u00e9e n&rsquo;existe \u00e0 ce jour pour cette esp\u00e8ce.<\/p>\n<hr>\n<h3>Aspects \u00e9cologiques et environnementaux<\/h3>\n<p>La passerage drave joue un r\u00f4le ambivalent dans les \u00e9cosyst\u00e8mes. D&rsquo;un c\u00f4t\u00e9, elle constitue une source de nectar printanier importante pour les pollinisateurs, notamment les abeilles domestiques et sauvages, les syrphes et les papillons. Ses graines nourrissent divers oiseaux granivores. D&rsquo;un autre c\u00f4t\u00e9, son caract\u00e8re envahissant en fait une menace pour la biodiversit\u00e9 locale dans les r\u00e9gions o\u00f9 elle n&rsquo;est pas indig\u00e8ne. En Am\u00e9rique du Nord et en Australie, elle est class\u00e9e parmi les esp\u00e8ces invasives prioritaires. Sa capacit\u00e9 \u00e0 former des peuplements denses r\u00e9duit la diversit\u00e9 v\u00e9g\u00e9tale et modifie la structure des communaut\u00e9s rud\u00e9rales. Les glucosinolates lib\u00e9r\u00e9s dans le sol par ses racines exercent un effet all\u00e9lopathique qui inhibe la germination de certaines esp\u00e8ces concurrentes. En Europe, o\u00f9 elle fait partie de la flore indig\u00e8ne ou arch\u00e9ophyte, son impact \u00e9cologique est moindre, et elle s&rsquo;int\u00e8gre dans les cort\u00e8ges floristiques des milieux perturb\u00e9s.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Toxicit\u00e9 non document\u00e9e ; en l\u2019absence de donn\u00e9es, s\u2019abstenir de tout usage interne non encadr\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>Dans les campagnes m\u00e9diterran\u00e9ennes, les jeunes pousses et les feuilles tendres de passerage drave \u00e9taient consomm\u00e9es en salade ou cuites comme l\u00e9gume vert, leur saveur piquante rappelant celle du cresson ou de la roquette. En Turquie et dans les Balkans, les inflorescences en boutons \u00e9taient marin\u00e9es au vinaigre, \u00e0 la mani\u00e8re des c\u00e2pres. Les racines, riches en amidon, ont parfois \u00e9t\u00e9 consomm\u00e9es en p\u00e9riode de disette. En m\u00e9decine populaire balkanique, la plante enti\u00e8re pil\u00e9e servait de cataplasme r\u00e9vulsif sur les abc\u00e8s et les furoncles. En Asie mineure, une d\u00e9coction de feuilles \u00e9tait administr\u00e9e contre les troubles digestifs et les parasites intestinaux. L&rsquo;esp\u00e8ce a \u00e9galement servi de plante tinctoriale, les parties a\u00e9riennes produisant un colorant jaune p\u00e2le. Dans certaines r\u00e9gions viticoles fran\u00e7aises, la pr\u00e9sence abondante de passerage drave dans les vignes \u00e9tait per\u00e7ue comme un indicateur de sol calcaire riche. Les apiculteurs appr\u00e9ciaient cette esp\u00e8ce comme plante mellif\u00e8re printani\u00e8re.<\/p>\n<hr>\n<h3>Culture et exigences agronomiques<\/h3>\n<p>La passerage drave ne fait l&rsquo;objet d&rsquo;aucune culture intentionnelle. Bien au contraire, elle est consid\u00e9r\u00e9e comme une adventice probl\u00e9matique dans de nombreuses r\u00e9gions du monde. Sa capacit\u00e9 de multiplication v\u00e9g\u00e9tative par drageons racinaires rend son \u00e9radication difficile. Les fragments de racines de seulement quelques centim\u00e8tres peuvent r\u00e9g\u00e9n\u00e9rer une plante enti\u00e8re, ce qui complique le travail du sol. Les labours profonds, loin de l&rsquo;\u00e9liminer, fragmentent les racines et favorisent sa propagation. Les m\u00e9thodes de lutte les plus efficaces combinent le travail superficiel r\u00e9p\u00e9t\u00e9 du sol en \u00e9t\u00e9 (pour \u00e9puiser les r\u00e9serves racinaires) et l&rsquo;utilisation d&rsquo;herbicides syst\u00e9miques \u00e0 base de <strong>glyphosate<\/strong> ou de <strong>2,4-D<\/strong>. En conditions favorables, la plante peut coloniser rapidement de vastes surfaces, formant des peuplements quasi monosp\u00e9cifiques. Sa tol\u00e9rance \u00e0 la s\u00e9cheresse et aux sols pauvres lui conf\u00e8re un avantage comp\u00e9titif significatif dans les milieux perturb\u00e9s.<\/p>\n<hr>\n<h3>Statut de conservation et r\u00e9glementation<\/h3>\n<p>La passerage drave ne b\u00e9n\u00e9ficie d&rsquo;aucun statut de protection en Europe ni en France, o\u00f9 elle est consid\u00e9r\u00e9e comme une esp\u00e8ce commune, voire localement envahissante. Elle ne figure sur aucune liste rouge de plantes menac\u00e9es. Au contraire, dans plusieurs pays hors de son aire d&rsquo;origine, elle est inscrite sur des listes d&rsquo;esp\u00e8ces invasives ou de quarantaine. Aux \u00c9tats-Unis, elle est class\u00e9e comme \u00ab noxious weed \u00bb (adventice nuisible) dans plusieurs \u00c9tats de l&rsquo;Ouest. En Australie, elle fait l&rsquo;objet de programmes de contr\u00f4le actifs. L&rsquo;Union europ\u00e9enne n&rsquo;a pas inclus cette esp\u00e8ce dans sa liste des esp\u00e8ces exotiques envahissantes pr\u00e9occupantes, son impact \u00e9tant jug\u00e9 moindre en contexte europ\u00e9en. Aucune r\u00e9glementation sp\u00e9cifique ne concerne sa cueillette ou son commerce en France.<\/p>\n<hr>\n<h3>Anecdotes et curiosit\u00e9s historiques<\/h3>\n<p>La passerage drave illustre parfaitement le ph\u00e9nom\u00e8ne des plantes voyageuses li\u00e9es aux activit\u00e9s humaines. Son expansion en Europe occidentale a \u00e9t\u00e9 largement facilit\u00e9e par le transport de fourrage et de grains contamin\u00e9s, notamment lors des guerres napol\u00e9oniennes. En Am\u00e9rique du Nord, son introduction accidentelle au d\u00e9but du XXe si\u00e8cle, probablement via le lest des navires ou les semences de luzerne import\u00e9es, a conduit \u00e0 une invasion spectaculaire des prairies de l&rsquo;Ouest. Le botaniste fran\u00e7ais Jean-Baptiste de Lamarck l&rsquo;a d\u00e9crite sous le nom de <em>Cochlearia draba<\/em> en 1786 avant qu&rsquo;elle ne soit transf\u00e9r\u00e9e dans le genre <em>Lepidium<\/em> puis <em>Cardaria<\/em>. Son appartenance g\u00e9n\u00e9rique a fait l&rsquo;objet de nombreux d\u00e9bats taxonomiques. Le nom populaire \u00ab pain-blanc \u00bb fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l&rsquo;aspect des inflorescences denses qui \u00e9voquent de petits pains blancs vus de loin. Dans certaines r\u00e9gions de Turquie, la plante est encore aujourd&rsquo;hui cueillie comme l\u00e9gume sauvage printanier.<\/p>\n<hr>\n<h3>Confusions possibles<\/h3>\n<p>La passerage drave peut \u00eatre confondue avec d&rsquo;autres crucif\u00e8res \u00e0 fleurs blanches. La confusion la plus fr\u00e9quente concerne le <em>Lepidium campestre<\/em> (passerage des champs), qui s&rsquo;en distingue par ses silicules ail\u00e9es, \u00e9chancr\u00e9es au sommet, et ses feuilles caulinaires \u00e0 oreillettes moins prononc\u00e9es. Le <em>Thlaspi arvense<\/em> (tabouret des champs) pr\u00e9sente des silicules orbiculaires largement ail\u00e9es et une odeur alliac\u00e9e au froissement, absente chez la passerage drave. L&rsquo;<em>Iberis amara<\/em> (ib\u00e9ris am\u00e8re) se reconna\u00eet \u00e0 ses p\u00e9tales in\u00e9gaux (les externes plus grands) et \u00e0 ses silicules \u00e9chancr\u00e9es au sommet. Le <em>Berteroa incana<\/em> (bert\u00e9roa blanch\u00e2tre), \u00e0 pubescence \u00e9toil\u00e9e gris\u00e2tre, poss\u00e8de des p\u00e9tales bifides et des siliques elliptiques. Le <em>Lobularia maritima<\/em> (alysson maritime) se distingue par son port prostr\u00e9, ses feuilles \u00e9troites et ses petites silicules ovales. Pour une identification certaine, l&rsquo;examen des feuilles caulinaires embrassantes-sagitt\u00e9es et des silicules cordiformes reste le crit\u00e8re le plus fiable.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>La passerage drave constitue un exemple remarquable de plante rud\u00e9rale cosmopolite dont le succ\u00e8s \u00e9cologique repose sur une combinaison de traits adaptatifs : multiplication v\u00e9g\u00e9tative vigoureuse, tol\u00e9rance aux sols pauvres et secs, d\u00e9fense chimique par les glucosinolates. Si elle ne pr\u00e9sente qu&rsquo;un int\u00e9r\u00eat m\u00e9dicinal limit\u00e9, sa composition en glucosinolates et en isothiocyanates m\u00e9rite une attention scientifique dans le contexte de la recherche sur les compos\u00e9s bioactifs des Brassicaceae. Les enjeux futurs concernent principalement la gestion de son caract\u00e8re invasif dans les r\u00e9gions d&rsquo;introduction, o\u00f9 elle pose de r\u00e9els probl\u00e8mes agronomiques et \u00e9cologiques. La compr\u00e9hension de ses m\u00e9canismes de propagation v\u00e9g\u00e9tative et d&rsquo;all\u00e9lopathie pourrait ouvrir des pistes int\u00e9ressantes tant pour le contr\u00f4le biologique des adventices que pour la valorisation de ses m\u00e9tabolites secondaires.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/results?q=Lepidium%20draba\">Plants of the World Online, Kew : <em>Lepidium draba<\/em><\/a>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/?s=Lepidium+draba\">Tela Botanica \/ eFlore : <em>Lepidium draba<\/em><\/a>.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Diur\u00e9tique (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Digestif<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antifongique<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antimicrobien<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE La Lepidium draba L. (syn. Cardaria draba), commun\u00e9ment appel\u00e9e passerage drave ou pain-blanc, appartient \u00e0 la famille des Brassicaceae. 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