{"id":766,"date":"2026-03-26T11:27:51","date_gmt":"2026-03-26T10:27:51","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/radis-cultive\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:12","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:12","slug":"radis-cultive","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/radis-cultive\/","title":{"rendered":"RADIS CULTIV\u00c9"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Radis%20cultiv%C3%A9.jpg\" alt=\"Planche botanique Radis cultiv\u00e9\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p><strong>Nom scientifique :<\/strong> <em>Raphanus sativus<\/em> L.<br \/>\n<strong>Famille :<\/strong> Brassicaceae (Cruciferae)<br \/>\n<strong>Genre :<\/strong> <em>Raphanus<\/em><br \/>\n<strong>Synonymes :<\/strong> <em>Raphanus raphanistrum<\/em> subsp. <em>sativus<\/em> (L.) Domin<br \/>\n<strong>Noms vernaculaires :<\/strong> Radis cultiv\u00e9, Radis, Rave, Petit radis, Radis noir (var. <em>niger<\/em>), Radish (en), Rettich (de), R\u00e1bano (es), Ravanello (it), Daikon (jp)<\/p>\n<p>Le nom <em>Raphanus<\/em> d\u00e9rive du grec <em>raphanos<\/em>, lui-m\u00eame de <em>ra<\/em> (rapidement) et <em>phainein<\/em> (appara\u00eetre), allusion \u00e0 la germination rapide de cette plante. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>sativus<\/em> (cultiv\u00e9) le distingue de l&rsquo;esp\u00e8ce sauvage apparent\u00e9e <em>Raphanus raphanistrum<\/em> (radis ravenelle). Le Radis est l&rsquo;un des plus anciens l\u00e9gumes cultiv\u00e9s, consomm\u00e9 depuis au moins 4 000 ans. Des repr\u00e9sentations de radis figurent sur les peintures des tombeaux \u00e9gyptiens de la XIIe dynastie (2 000 av. J.-C.), et H\u00e9rodote rapporte que les ouvriers des pyramides de Gizeh recevaient des rations d&rsquo;ail, d&rsquo;oignons et de radis. L&rsquo;esp\u00e8ce pr\u00e9sente une diversit\u00e9 vari\u00e9tale consid\u00e9rable, depuis les petits radis ronds rouges europ\u00e9ens jusqu&rsquo;au daikon japonais pouvant atteindre 1 m de long et peser 15 kg, en passant par le radis noir (var. <em>niger<\/em>) utilis\u00e9 en phytoth\u00e9rapie.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>Plante herbac\u00e9e annuelle ou bisannuelle, de 30 \u00e0 100 cm de hauteur en phase de mont\u00e9e \u00e0 graine. La racine, organe de r\u00e9serve comestible, est l&rsquo;int\u00e9r\u00eat principal de la plante : elle est pivotante, charnue, de forme variable selon les cultivars (globuleuse, cylindrique, conique, fusiforme), de couleur rouge, blanche, rose, violette ou noire selon les vari\u00e9t\u00e9s, \u00e0 chair blanche, croquante et juteuse, de saveur piquante \u00e0 douce.<\/p>\n<p>La rosette basale porte des feuilles lyr\u00e9es-pennatis\u00e9qu\u00e9es, \u00e0 lobe terminal tr\u00e8s grand et ovale, rugueuses, hispides. Les feuilles caulinaires sont plus petites, ovales, dent\u00e9es, progressivement r\u00e9duites vers le sommet. La tige florale est dress\u00e9e, ramifi\u00e9e, hispide, creuse.<\/p>\n<p>Les fleurs, dispos\u00e9es en grappes terminales, sont typiques des Brassicac\u00e9es : 4 s\u00e9pales dress\u00e9s, 4 p\u00e9tales en croix de 15 \u00e0 20 mm, blancs, roses, lilas ou violets, souvent vein\u00e9s de pourpre. Les \u00e9tamines sont au nombre de 6 (4 longues et 2 courtes, t\u00e9tradynames). Le fruit est une silique renfl\u00e9e, ind\u00e9hiscente (contrairement \u00e0 la plupart des Brassicac\u00e9es), spongieuse \u00e0 maturit\u00e9, longue de 3 \u00e0 8 cm, contenant 2 \u00e0 10 graines globuleuses, brunes, de 2 \u00e0 4 mm. La floraison intervient au printemps de la deuxi\u00e8me ann\u00e9e (bisannuels) ou en \u00e9t\u00e9 (annuels bolting).<\/p>\n<hr>\n<h3>Habitat et \u00e9cologie<\/h3>\n<p>Le Radis cultiv\u00e9 est strictement une plante domestiqu\u00e9e, ne se rencontrant pas \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat r\u00e9ellement sauvage. Il est cultiv\u00e9 dans les jardins potagers, les exploitations mara\u00eech\u00e8res et les cultures industrielles du monde entier, sous tous les climats temp\u00e9r\u00e9s, subtropicaux et tropicaux d&rsquo;altitude. Il tol\u00e8re une large gamme de sols, mais pr\u00e9f\u00e8re les sols meubles, profonds, bien drain\u00e9s, riches en mati\u00e8re organique, frais, de pH neutre \u00e0 l\u00e9g\u00e8rement acide.<\/p>\n<p>Son anc\u00eatre sauvage probable est <em>Raphanus raphanistrum<\/em> (radis ravenelle), esp\u00e8ce adventice commune des cultures europ\u00e9ennes et m\u00e9diterran\u00e9ennes, avec laquelle il s&rsquo;hybride facilement. Le Radis s&rsquo;\u00e9chappe occasionnellement des cultures et peut se naturaliser temporairement sur les d\u00e9combres, les bords de routes et les friches, mais il ne persiste g\u00e9n\u00e9ralement pas sans l&rsquo;intervention humaine.<\/p>\n<p>La germination est tr\u00e8s rapide (2-4 jours), et certaines vari\u00e9t\u00e9s de petits radis ronds sont r\u00e9coltables en 20-30 jours, ce qui en fait l&rsquo;un des l\u00e9gumes \u00e0 cycle le plus court. La pollinisation est entomophile, assur\u00e9e par les abeilles et les syrphes.<\/p>\n<hr>\n<h3>R\u00e9partition g\u00e9ographique<\/h3>\n<p>L&rsquo;origine g\u00e9ographique du Radis cultiv\u00e9 fait l&rsquo;objet de d\u00e9bats. L&rsquo;hypoth\u00e8se dominante situe le centre de domestication en Asie du Sud-Ouest (Proche-Orient, Iran, Asie centrale), avec un centre secondaire de diversification en Asie de l&rsquo;Est (Chine, Japon) pour les radis de type daikon. Des preuves arch\u00e9ologiques et g\u00e9n\u00e9tiques r\u00e9centes sugg\u00e8rent des domestications multiples ind\u00e9pendantes.<\/p>\n<p>Aujourd&rsquo;hui, le Radis est cultiv\u00e9 sur tous les continents. Les principaux producteurs sont la Chine (premier producteur mondial, avec le daikon omnipr\u00e9sent dans la cuisine chinoise), le Japon, la Cor\u00e9e du Sud, l&rsquo;Inde et les pays europ\u00e9ens (France, Allemagne, Pays-Bas). En France, le radis rouge rond et le radis noir sont les types les plus cultiv\u00e9s. La production fran\u00e7aise est concentr\u00e9e en Val de Loire, en Bretagne et dans le Sud-Est.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p><strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/glucosinolates\/\">Glucosinolates<\/a> :<\/strong> Les principaux glucosinolates du radis sont la <strong>glucoraphasatine<\/strong> (4-m\u00e9thylthio-3-but\u00e9nyl-glucosinolate, majoritaire), la <strong>glucoraphanine<\/strong>, la <strong>gluco\u00e9rucine<\/strong> et la <strong>sinigrine<\/strong>. Leur hydrolyse par la <strong>myrosinase<\/strong> lors de la mastication lib\u00e8re des <strong>isothiocyanates<\/strong> (dont le <strong>sulforaphane<\/strong> et le <strong>raphasatine<\/strong>), responsables de la saveur piquante et dot\u00e9s de propri\u00e9t\u00e9s pharmacologiques importantes.<\/p>\n<p><strong>Vitamines :<\/strong> Le radis est riche en <strong>vitamine C<\/strong> (15-25 mg\/100 g pour le radis rouge, 25-40 mg\/100 g pour le radis noir), en <strong>vitamines du groupe B<\/strong> (B1, B6, B9) et en <strong>provitamine A<\/strong> (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/carotenoides\/\">carot\u00e9no\u00efdes<\/a> dans les vari\u00e9t\u00e9s color\u00e9es).<\/p>\n<p><strong>Min\u00e9raux :<\/strong> <strong>Potassium<\/strong> (230 mg\/100 g), <strong>soufre<\/strong> (39 mg), <strong>calcium<\/strong> (25 mg), <strong>phosphore<\/strong> (20 mg), <strong>magn\u00e9sium<\/strong> (10 mg), <strong>fer<\/strong>, <strong>zinc<\/strong>.<\/p>\n<p><strong>Compos\u00e9s ph\u00e9noliques :<\/strong> <strong>Anthocyanes<\/strong> (pelargonidine dans les radis rouges), <strong>kaempf\u00e9rol<\/strong>, <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a><\/strong>, <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> (acide sinapique, acide f\u00e9rulique). Le radis noir est particuli\u00e8rement riche en <strong>raphanol<\/strong> et en <strong>raphanine<\/strong>, compos\u00e9s soufr\u00e9s \u00e0 activit\u00e9 chol\u00e9r\u00e9tique.<\/p>\n<p><strong>Fibres :<\/strong> 1 \u00e0 3 g\/100 g, principalement de la cellulose et de l&rsquo;h\u00e9micellulose.<\/p>\n<p><strong>Enzymes :<\/strong> <strong>Myrosinase<\/strong> (thioglucoside glucohydrolase), <strong>peroxydases<\/strong>, <strong>catalases<\/strong>.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p><strong>Activit\u00e9 chol\u00e9r\u00e9tique et cholagogue :<\/strong> Le radis noir est le plus \u00e9tudi\u00e9 \u00e0 cet \u00e9gard. Les isothiocyanates et les raphanol\/raphanine stimulent la s\u00e9cr\u00e9tion biliaire par les h\u00e9patocytes (effet chol\u00e9r\u00e9tique) et la contraction de la v\u00e9sicule biliaire (effet cholagogue). Des \u00e9tudes cliniques ont confirm\u00e9 l&rsquo;augmentation du d\u00e9bit biliaire apr\u00e8s administration de jus de radis noir chez des sujets sains et des patients dyspeptiques.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 h\u00e9patoprotectrice :<\/strong> Des \u00e9tudes in vivo chez l&rsquo;animal (intoxication au parac\u00e9tamol, au t\u00e9trachlorure de carbone) ont montr\u00e9 que les extraits de radis noir r\u00e9duisent significativement les marqueurs de cytolyse h\u00e9patique (ALAT, ASAT) et att\u00e9nuent les l\u00e9sions histologiques h\u00e9patiques. Cet effet est attribu\u00e9 aux glucosinolates, aux isothiocyanates et aux flavono\u00efdes.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 anticanc\u00e9reuse :<\/strong> Le <strong>sulforaphane<\/strong> et les autres isothiocyanates du radis sont de puissants inducteurs des enzymes de d\u00e9toxication de phase II et des inhibiteurs de la prolif\u00e9ration cellulaire canc\u00e9reuse. Des \u00e9tudes \u00e9pid\u00e9miologiques associent la consommation r\u00e9guli\u00e8re de crucif\u00e8res (dont le radis) \u00e0 une r\u00e9duction du risque de cancers du c\u00f4lon, du poumon, de la vessie et du sein.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 antimicrobienne :<\/strong> Les isothiocyanates poss\u00e8dent une activit\u00e9 antibact\u00e9rienne document\u00e9e contre <em>Helicobacter pylori<\/em> (bact\u00e9rie responsable des ulc\u00e8res gastriques), <em>Staphylococcus aureus<\/em>, <em>Escherichia coli<\/em> et divers champignons.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 expectorante et antitussive :<\/strong> Les compos\u00e9s soufr\u00e9s stimulent les s\u00e9cr\u00e9tions bronchiques, fluidifiant les mucosit\u00e9s et facilitant leur expectoration, ce qui confirme l&rsquo;usage traditionnel contre la toux.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 antilithiasique :<\/strong> Le jus de radis noir favorise l&rsquo;\u00e9limination des petits calculs biliaires et pr\u00e9vient leur formation, par stimulation du flux biliaire et modification de la composition de la bile (augmentation des sels biliaires, diminution du cholest\u00e9rol biliaire).<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p><strong>Indications reconnues (usage traditionnel) :<\/strong> Troubles digestifs d&rsquo;origine h\u00e9patobiliaire (dyspepsie, insuffisance biliaire, naus\u00e9es post-prandiales) \u2014 usage traditionnel du radis noir reconnu ; constipation l\u00e9g\u00e8re ; hypercholest\u00e9rol\u00e9mie l\u00e9g\u00e8re (adjuvant).<\/p>\n<p><strong>Indications empiriques :<\/strong> Toux grasse et bronchites (jus de radis noir au miel) ; pr\u00e9vention des calculs biliaires ; cure d\u00e9purative h\u00e9patique saisonni\u00e8re ; drainage h\u00e9patique apr\u00e8s exc\u00e8s alimentaires.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Glucoraphasatine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Glucoraphanine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Gluco\u00e9rucine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Sinigrine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Myrosinase<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p><strong>Radis noir frais (jus) :<\/strong> 1 \u00e0 2 cuiller\u00e9es \u00e0 soupe de jus frais (15-30 ml) avant les repas, 2 \u00e0 3 fois par jour. Commencer par de petites doses et augmenter progressivement, car le jus peut \u00eatre mal tol\u00e9r\u00e9 par les personnes sensibles (br\u00fblures gastriques).<\/p>\n<p><strong>Radis noir en g\u00e9lules (poudre ou extrait sec) :<\/strong> 200 \u00e0 600 mg d&rsquo;extrait sec par jour, r\u00e9partis en 2-3 prises avant les repas.<\/p>\n<p><strong>Radis noir en ampoules (jus stabilis\u00e9) :<\/strong> 1 \u00e0 2 ampoules de 10 ml par jour, pures ou dilu\u00e9es dans un verre d&rsquo;eau, en cure de 3 \u00e0 4 semaines.<\/p>\n<p><strong>Sirop de radis noir (toux) :<\/strong> Creuser un radis noir, remplir la cavit\u00e9 de miel ou de sucre candi, laisser mac\u00e9rer 12 heures. Prendre le jus sucr\u00e9 obtenu \u00e0 raison de 1 \u00e0 3 cuiller\u00e9es \u00e0 soupe par jour.<\/p>\n<p><strong>Usage alimentaire :<\/strong> Consommation libre du radis cru en salade, en crudit\u00e9, en condiment, r\u00e2p\u00e9 ou en jus. Le daikon se consomme cru, cuit, en saumure (takuan japonais) ou s\u00e9ch\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Contre-indications : obstruction biliaire (lithiase biliaire avec obstruction du chol\u00e9doque), chol\u00e9cystite aigu\u00eb, ulc\u00e8re gastro-duod\u00e9nal en phase active (les isothiocyanates peuvent irriter la muqueuse). Pr\u00e9cautions : le jus de radis noir peut provoquer des br\u00fblures gastriques chez les personnes sensibles, commencer par de petites doses. D\u00e9conseill\u00e9 chez les personnes souffrant de troubles thyro\u00efdiens (goitrog\u00e8nes, voir glucosinolates), en cas de consommation importante et exclusive. Grossesse et allaitement : l&rsquo;usage alimentaire mod\u00e9r\u00e9 est sans risque ; l&rsquo;usage th\u00e9rapeutique concentr\u00e9 est d\u00e9conseill\u00e9 par prudence.<\/p>\n<hr>\n<h3>Interactions m\u00e9dicamenteuses<\/h3>\n<p>L&rsquo;activit\u00e9 cholagogue du radis noir peut acc\u00e9l\u00e9rer l&rsquo;\u00e9limination biliaire de certains m\u00e9dicaments m\u00e9tabolis\u00e9s par voie h\u00e9patique. Interaction th\u00e9orique avec les anticoagulants oraux (vitamine K des feuilles de radis, mais non pertinent pour la racine seule). Les glucosinolates sont des inducteurs des cytochromes P450, pouvant th\u00e9oriquement modifier le m\u00e9tabolisme de certains m\u00e9dicaments (ciclosporine, th\u00e9ophylline). Consulter un professionnel de sant\u00e9 en cas de traitement chronique.<\/p>\n<hr>\n<h3>Toxicologie<\/h3>\n<p>Le Radis cultiv\u00e9 est consid\u00e9r\u00e9 comme non toxique aux doses alimentaires et th\u00e9rapeutiques habituelles. Le jus de radis noir concentr\u00e9 peut provoquer des irritations gastriques (br\u00fblures \u00e9pigastriques, naus\u00e9es) chez les personnes sensibles. Les glucosinolates, \u00e0 tr\u00e8s forte dose et en consommation chronique exclusive, exercent un effet goitrog\u00e8ne (inhibition de la captation de l&rsquo;iode par la thyro\u00efde), mais cet effet est n\u00e9gligeable dans le cadre d&rsquo;une alimentation normale. Aucun cas d&rsquo;intoxication grave n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9. La DL50 des extraits de radis noir n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 d\u00e9termin\u00e9e en raison de l&rsquo;absence de toxicit\u00e9 significative dans les \u00e9tudes animales.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>Le Radis occupe une place importante dans l&rsquo;alimentation et la m\u00e9decine traditionnelle de nombreuses civilisations. En \u00c9gypte antique, il \u00e9tait consomm\u00e9 par les ouvriers comme aliment \u00e9nerg\u00e9tique et stimulant. En Gr\u00e8ce et \u00e0 Rome, Hippocrate, Dioscoride et Pline le recommandaient comme digestif, expectorant et lithontriptique (contre les calculs biliaires).<\/p>\n<p>Le radis noir (var. <em>niger<\/em>) a acquis une place particuli\u00e8re en phytoth\u00e9rapie europ\u00e9enne comme cholagogue et chol\u00e9r\u00e9tique, utilis\u00e9 traditionnellement pour stimuler la s\u00e9cr\u00e9tion et l&rsquo;\u00e9vacuation de la bile, soulager les troubles digestifs h\u00e9patobiliaires, les migraines d&rsquo;origine h\u00e9patique et les digestions difficiles. La cure de radis noir est un classique de la m\u00e9decine naturelle, pratiqu\u00e9e au printemps et \u00e0 l&rsquo;automne comme d\u00e9puratif h\u00e9patique.<\/p>\n<p>En m\u00e9decine traditionnelle chinoise, le radis (luobo) est consid\u00e9r\u00e9 comme un aliment frais et piquant, agissant sur les m\u00e9ridiens du poumon et de l&rsquo;estomac, utilis\u00e9 pour favoriser la digestion, dissiper les mucosit\u00e9s et soulager les ballonnements. Au Japon, le daikon r\u00e2p\u00e9 est un condiment indispensable, r\u00e9put\u00e9 faciliter la digestion des aliments gras et frits. En Inde, le radis est utilis\u00e9 en m\u00e9decine ayurv\u00e9dique comme h\u00e9patoprotecteur et antilithiasique.<\/p>\n<p>Le jus de radis noir est un rem\u00e8de populaire contre la toux, l&rsquo;enrouement et les bronchites dans de nombreuses traditions europ\u00e9ennes. En Alsace et en Allemagne, le Rettich (radis noir) tremp\u00e9 dans le sel et servi avec la bi\u00e8re est un classique de la gastronomie populaire.<\/p>\n<hr>\n<h3>Conservation et culture<\/h3>\n<p>Le Radis est l&rsquo;un des l\u00e9gumes les plus faciles \u00e0 cultiver. Les petits radis ronds se s\u00e8ment directement en pleine terre, de mars \u00e0 septembre, en lignes espac\u00e9es de 15-20 cm, et se r\u00e9coltent en 3 \u00e0 5 semaines. Le radis noir se s\u00e8me en juin-juillet pour une r\u00e9colte automnale et se conserve tout l&rsquo;hiver en cave (3-5 \u00b0C, 90 % d&rsquo;humidit\u00e9). Le daikon se cultive comme le radis noir mais n\u00e9cessite un sol profond et meuble. Les vari\u00e9t\u00e9s sont innombrables : radis rond rouge (Cherry Belle, Gaudry), radis demi-long (18 Jours), radis noir long (Gros Long d&rsquo;Hiver), radis blanc (daikon, Minowase), radis past\u00e8que (c\u0153ur rouge), radis violet.<\/p>\n<p>Les graines se conservent 3 \u00e0 5 ans au sec et au frais. En phytoth\u00e9rapie, le jus de radis noir frais se conserve 48 heures au r\u00e9frig\u00e9rateur. Les extraits secs et les g\u00e9lules se conservent 2 \u00e0 3 ans dans leur emballage d&rsquo;origine.<\/p>\n<hr>\n<h3>Statut r\u00e9glementaire et protection<\/h3>\n<p><em>Raphanus sativus<\/em> est une esp\u00e8ce cultiv\u00e9e, non menac\u00e9e. Le radis noir figure \u00e0 la liste A des plantes m\u00e9dicinales de la Pharmacop\u00e9e fran\u00e7aise. Le jus de radis noir est reconnu comme m\u00e9dicament traditionnel \u00e0 base de plantes pour le traitement des troubles digestifs d&rsquo;origine h\u00e9patobiliaire. L&rsquo;esp\u00e8ce est inscrite au Catalogue officiel des esp\u00e8ces et vari\u00e9t\u00e9s de plantes cultiv\u00e9es. Les compl\u00e9ments alimentaires \u00e0 base de radis noir sont commercialis\u00e9s librement dans l&rsquo;Union europ\u00e9enne, sous r\u00e9serve de conformit\u00e9 avec le R\u00e8glement CE 1924\/2006 sur les all\u00e9gations de sant\u00e9. Aucune restriction ne s&rsquo;applique \u00e0 la culture, au commerce ou \u00e0 la consommation du radis sous toutes ses formes.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>RADIS CULTIV\u00c9 pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat phytoth\u00e9rapeutique surtout traditionnel, \u00e0 confirmer faute de donn\u00e9es cliniques propres ; sa lecture demande de la prudence.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/results?q=Raphanus%20sativus\">Plants of the World Online, Kew : <em>Raphanus sativus<\/em><\/a>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/?s=Raphanus+sativus\">Tela Botanica \/ eFlore : <em>Raphanus sativus<\/em><\/a>.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Expectorant (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Digestif<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> D\u00e9puratif<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antibact\u00e9rien<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE Nom scientifique : Raphanus sativus L. 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