{"id":769,"date":"2026-03-26T11:27:59","date_gmt":"2026-03-26T10:27:59","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/roquette-sauvage\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:12","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:12","slug":"roquette-sauvage","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/roquette-sauvage\/","title":{"rendered":"ROQUETTE SAUVAGE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Roquette%20sauvage.jpg\" alt=\"Planche botanique Roquette sauvage\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>La <strong>Roquette cultiv\u00e9e<\/strong> (<em>Eruca vesicaria<\/em> (L.) Cav. subsp. <em>sativa<\/em> (Mill.) Thell., syn. <em>Eruca sativa<\/em> Mill.) est une plante annuelle de la famille des <strong>Brassicaceae<\/strong>. Le genre <em>Eruca<\/em> est monosp\u00e9cifique ou oligosp\u00e9cifique. C&rsquo;est la roquette \u00ab vraie \u00bb du commerce, distincte de la roquette sauvage (<em>Diplotaxis tenuifolia<\/em>). Elle est originaire du bassin m\u00e9diterran\u00e9en et d&rsquo;Asie occidentale. En italien <em>rucola<\/em>, en anglais <em>rocket<\/em> ou <em>arugula<\/em>.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>Plante annuelle de <strong>20 \u00e0 80 cm<\/strong>, dress\u00e9e, peu ramifi\u00e9e. La tige est cylindrique, pubescente \u00e0 la base. Les feuilles basales sont en rosette, <strong>lyr\u00e9es-pennatilob\u00e9es<\/strong>, \u00e0 lobes lat\u00e9raux dent\u00e9s et lobe terminal large, de 5 \u00e0 15 cm, pubescentes, vert fonc\u00e9, \u00e0 saveur piquante et poivr\u00e9e. Les feuilles caulinaires sont plus r\u00e9duites et moins d\u00e9coup\u00e9es. L&rsquo;inflorescence est une grappe terminale. Les fleurs, de 15-20 mm, poss\u00e8dent 4 p\u00e9tales en croix, <strong>blanc-cr\u00e8me vein\u00e9s de violet<\/strong>, un crit\u00e8re distinctif majeur par rapport \u00e0 <em>Diplotaxis<\/em> (fleurs jaunes). Les \u00e9tamines portent des anth\u00e8res jaunes. Le fruit est une <strong>silique<\/strong> courte (15-35 mm), \u00e9rig\u00e9e, appliqu\u00e9e contre la tige, surmont\u00e9e d&rsquo;un bec aplati caract\u00e9ristique, contenant des graines bis\u00e9ri\u00e9es, rondes, brun rouge\u00e2tre. Floraison de mai \u00e0 ao\u00fbt.<\/p>\n<hr>\n<h3>Habitat et r\u00e9partition<\/h3>\n<p>La Roquette cultiv\u00e9e est originaire de la <strong>M\u00e9diterran\u00e9e<\/strong> orientale et d&rsquo;Asie occidentale. Elle est cultiv\u00e9e depuis l&rsquo;Antiquit\u00e9 romaine et naturalis\u00e9e dans toute l&rsquo;Europe m\u00e9ridionale, l&rsquo;Afrique du Nord, le Moyen-Orient et l&rsquo;Inde. En France, elle est surtout cultiv\u00e9e au potager et se rencontre \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat subspontan\u00e9 dans le Midi, les d\u00e9combres, les jardins et les friches. Elle est devenue un produit mara\u00eecher majeur depuis les ann\u00e9es 1990 avec l&rsquo;engouement pour la cuisine italienne.<\/p>\n<hr>\n<h3>Exigences \u00e9cologiques<\/h3>\n<p>La Roquette cultiv\u00e9e est <strong>h\u00e9liophile<\/strong> et <strong>thermophile<\/strong>. Elle pr\u00e9f\u00e8re les sols meubles, frais, bien drain\u00e9s, riches en azote, \u00e0 pH neutre \u00e0 calcaire. Elle tol\u00e8re la s\u00e9cheresse courte mais la chaleur et le stress hydrique acc\u00e9l\u00e8rent la mont\u00e9e en graines et rendent les feuilles tr\u00e8s piquantes. En revanche, un sol frais et une mi-ombre l\u00e9g\u00e8re donnent des feuilles plus douces et plus tendres. Le cycle est court : 4 \u00e0 6 semaines du semis \u00e0 la premi\u00e8re r\u00e9colte.<\/p>\n<hr>\n<h3>Cycle de vie et ph\u00e9nologie<\/h3>\n<p>Plante annuelle \u00e0 cycle tr\u00e8s court. Le semis se fait de mars \u00e0 septembre en \u00e9chelonnant tous les 15 jours pour une r\u00e9colte continue. La germination est rapide (3-5 jours). La rosette de feuilles se d\u00e9veloppe en 3-4 semaines. La mont\u00e9e en graines est rapide par temps chaud (6-8 semaines apr\u00e8s le semis). Les fleurs sont mellif\u00e8res. Les siliques m\u00fbrissent en 3 semaines. Les graines se conservent bien et la plante se ress\u00e8me spontan\u00e9ment. Des r\u00e9coltes successives de feuilles sont possibles si l&rsquo;on coupe \u00e0 2-3 cm du sol avant la mont\u00e9e en tige.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>La Roquette cultiv\u00e9e est riche en <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/glucosinolates\/\">glucosinolates<\/a><\/strong>, notamment la <strong>gluco\u00e9rucine<\/strong> (4-m\u00e9thylthiobutyl glucosinolate) et la <strong>glucoraphanine<\/strong>, pr\u00e9curseurs de l&rsquo;<strong>\u00e9rucine<\/strong> et du <strong>sulforaphane<\/strong>, isothiocyanates bioactifs. Elle contient aussi des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> (kaempf\u00e9rol, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a>), de la <strong>vitamine C<\/strong> (15-60 mg\/100 g), de la <strong>vitamine K<\/strong>, du <strong>calcium<\/strong> (160 mg\/100 g), du <strong>fer<\/strong>, du <strong>magn\u00e9sium<\/strong> et du <strong>folate<\/strong>. Les graines sont riches en huile riche en <strong>acide \u00e9rucique<\/strong> (40-50 %), un acide gras mono-insatur\u00e9 \u00e0 longue cha\u00eene.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>La Roquette cultiv\u00e9e \u00e9tait r\u00e9put\u00e9e <strong>aphrodisiaque<\/strong> depuis l&rsquo;Antiquit\u00e9 romaine, propri\u00e9t\u00e9 attribu\u00e9e aux glucosinolates stimulants. En m\u00e9decine traditionnelle, elle est consid\u00e9r\u00e9e comme <strong>digestive<\/strong>, <strong>diur\u00e9tique<\/strong>, <strong>stomachique<\/strong> et <strong>tonique<\/strong>. Les isothiocyanates (sulforaphane, \u00e9rucine) sont l&rsquo;objet de recherches actives pour leurs propri\u00e9t\u00e9s <strong>anticanc\u00e9reuses<\/strong>, <strong>anti-inflammatoires<\/strong> et <strong>cardioprotectrices<\/strong>. La consommation r\u00e9guli\u00e8re de roquette, comme d&rsquo;autres crucif\u00e8res, est associ\u00e9e \u00e0 une r\u00e9duction du risque de cancers dans les \u00e9tudes \u00e9pid\u00e9miologiques.<\/p>\n<hr>\n<h3>Toxicit\u00e9<\/h3>\n<p>La Roquette cultiv\u00e9e est <strong>non toxique<\/strong> aux doses alimentaires. L&rsquo;acide \u00e9rucique des graines, \u00e0 tr\u00e8s forte dose, peut \u00eatre cardiotoxique chez le rat, mais la consommation humaine de feuilles ne pr\u00e9sente aucun risque. Les m\u00eames pr\u00e9cautions que pour la roquette jaune s&rsquo;appliquent : effet goitrog\u00e8ne th\u00e9orique \u00e0 doses massives, interaction possible avec la vitamine K chez les patients sous anticoagulants.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Donn\u00e9es cliniques limit\u00e9es ; usage essentiellement traditionnel. <strong>Niveau de preuve :<\/strong> usage traditionnel.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Gluco\u00e9rucine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Glucoraphanine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>\u00c9rucine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Sulforaphane<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Flavono\u00efdes<\/td>\n<td>Flavono\u00efde<\/td>\n<td>Antioxydant, anti-inflammatoire<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>Usage traditionnel en infusion (d\u00e9part \u00e0 froid) ; pas de forme standardis\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Toxicit\u00e9 non document\u00e9e ; en l\u2019absence de donn\u00e9es, s\u2019abstenir de tout usage interne non encadr\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>La Roquette cultiv\u00e9e est une <strong>salade vedette<\/strong> de la gastronomie contemporaine. Ses feuilles au go\u00fbt <strong>poivr\u00e9, noisette et l\u00e9g\u00e8rement amer<\/strong> sont consomm\u00e9es crues en salade, en mesclun, en garniture de pizzas, de carpaccios, de bruschettas et de sandwichs gastronomiques. Elle se marie particuli\u00e8rement bien avec le parmesan, les tomates, les figues, le jambon cru et les noix. Le <strong>pesto de roquette<\/strong> est une alternative au pesto de basilic. Les fleurs sont comestibles et d\u00e9coratives. En Inde, les graines press\u00e9es donnent l&rsquo;<strong>huile de taramira<\/strong>, utilis\u00e9e en cuisine et en cosm\u00e9tique.<\/p>\n<hr>\n<h3>Culture et entretien<\/h3>\n<p>La Roquette cultiv\u00e9e est l&rsquo;un des l\u00e9gumes les plus faciles et rapides \u00e0 cultiver. Semis en lignes espac\u00e9es de 15-20 cm, \u00e0 peine enterr\u00e9, de mars \u00e0 septembre. \u00c9claircir \u00e0 5-10 cm. R\u00e9colte d\u00e8s 4 semaines, en coupant les feuilles \u00e0 2-3 cm du collet. Arrosage r\u00e9gulier pour retarder la mont\u00e9e en graines. Culture possible en pot, en jardini\u00e8re ou en bac sur un balcon. Le semis \u00e9chelonn\u00e9 tous les 15 jours assure une r\u00e9colte continue. En \u00e9t\u00e9, privil\u00e9gier la mi-ombre pour \u00e9viter la mont\u00e9e en graines trop rapide. Les altises sont le principal ravageur (petits trous dans les feuilles).<\/p>\n<hr>\n<h3>Associations v\u00e9g\u00e9tales<\/h3>\n<p>Au potager, la Roquette voisine bien avec les tomates, les salades, les haricots et les concombres. Elle peut servir d&rsquo;<strong>intercalaire<\/strong> rapide entre deux cultures longues. En m\u00e9lange mesclun, elle s&rsquo;associe \u00e0 la m\u00e2che, la laitue, le pourpier, le cerfeuil et le cresson. Dans les friches m\u00e9diterran\u00e9ennes, elle accompagne d&rsquo;autres Brassicac\u00e9es rud\u00e9rales.<\/p>\n<hr>\n<h3>Int\u00e9r\u00eat \u00e9cologique<\/h3>\n<p>La Roquette cultiv\u00e9e, par sa floraison rapide, offre une ressource en nectar pour les insectes pollinisateurs, en particulier les syrphes et les abeilles. Ses feuilles nourrissent les chenilles de pi\u00e9rides. En tant que plante \u00e0 cycle court, elle peut \u00eatre utilis\u00e9e comme <strong>engrais vert<\/strong> ou couvert interm\u00e9diaire, avec un effet biofumigant gr\u00e2ce \u00e0 ses glucosinolates (les isothiocyanates lib\u00e9r\u00e9s dans le sol lors de la d\u00e9composition inhibent les pathog\u00e8nes telluriques).<\/p>\n<hr>\n<h3>Folklore et symbolisme<\/h3>\n<p>La roquette est associ\u00e9e \u00e0 l&rsquo;<strong>amour charnel<\/strong> et \u00e0 la <strong>vigueur<\/strong> depuis l&rsquo;Antiquit\u00e9. Ovide et Columelle vantaient ses vertus aphrodisiaques. Pour cette raison, les moines m\u00e9di\u00e9vaux l&rsquo;<strong>interdisaient<\/strong> dans les jardins monastiques. En \u00c9gypte antique, elle \u00e9tait offerte au dieu Min, divinit\u00e9 de la fertilit\u00e9. L&rsquo;expression \u00ab monter comme une fus\u00e9e \u00bb (rocket en anglais) n&rsquo;a pas de lien \u00e9tymologique avec la plante, mais le rapprochement est souvent fait. La roquette symbolise la <strong>passion<\/strong> et le <strong>d\u00e9sir<\/strong>.<\/p>\n<hr>\n<h3>Confusions possibles<\/h3>\n<p>La Roquette cultiv\u00e9e (<em>Eruca vesicaria<\/em>) se distingue de la <strong>Roquette jaune<\/strong> (<em>Diplotaxis tenuifolia<\/em>) par ses fleurs blanc-cr\u00e8me vein\u00e9es de violet (et non jaunes), ses feuilles plus larges et moins d\u00e9coup\u00e9es, son port annuel (et non vivace) et sa silique \u00e0 bec aplati. La <strong>Diplotaxe des murs<\/strong> (<em>D. muralis<\/em>) est plus petite avec des fleurs jaunes. L&rsquo;<strong>Alliaire<\/strong> (<em>Alliaria petiolata<\/em>) a des feuilles en forme de c\u0153ur et une odeur d&rsquo;ail, non de poivre.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>ROQUETTE SAUVAGE pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat phytoth\u00e9rapeutique surtout traditionnel, \u00e0 confirmer faute de donn\u00e9es cliniques propres ; sa lecture demande de la prudence.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/results?q=Eruca%20vesicaria\">Plants of the World Online, Kew : <em>Eruca vesicaria<\/em><\/a>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/?s=Eruca+vesicaria\">Tela Botanica \/ eFlore : <em>Eruca vesicaria<\/em><\/a>.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Diur\u00e9tique (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Tonique<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Stomachique<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE La Roquette cultiv\u00e9e (Eruca vesicaria (L.) Cav. subsp. sativa (Mill.) Thell., syn. 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