{"id":773,"date":"2026-03-26T11:28:03","date_gmt":"2026-03-26T10:28:03","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/thlaspi-des-champs\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:12","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:12","slug":"thlaspi-des-champs","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/thlaspi-des-champs\/","title":{"rendered":"THLASPI DES CHAMPS"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Tabouret%20des%20champs.jpg\" alt=\"Planche botanique THLASPI DES CHAMPS\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<p>Le thlaspi des champs, ou tabouret des champs, est une petite crucif\u00e8re adventice des cultures, des friches et des bords de chemins, cosmopolite et prolifique. Son nom de genre vient du grec <em>thlaspis<\/em> (\u00e9craser, aplatir), en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 ses silicules aplaties et ail\u00e9es. Comme toutes les Brassicaceae, il est riche en <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/glucosinolates\/\">glucosinolates<\/a> qui lui conf\u00e8rent une saveur piquante et des propri\u00e9t\u00e9s m\u00e9dicinales document\u00e9es depuis l&rsquo;Antiquit\u00e9. Dioscoride et Pline le mentionnent d\u00e9j\u00e0 comme d\u00e9puratif et emm\u00e9nagogue. La m\u00e9decine populaire europ\u00e9enne l&rsquo;a utilis\u00e9 comme anti-infectieux, expectorant et vuln\u00e9raire. Plus r\u00e9cemment, le thlaspi des champs a attir\u00e9 l&rsquo;attention des phytotechnologues pour sa capacit\u00e9 exceptionnelle \u00e0 accumuler les m\u00e9taux lourds (zinc, cadmium, nickel) \u2014 une propri\u00e9t\u00e9 de phytorem\u00e9diation qui fait de lui un auxiliaire potentiel de la d\u00e9pollution des sols contamin\u00e9s.<\/p>\n<p><em>Thlaspi arvense<\/em> L.<\/p>\n<p>Famille : Brassicaceae<\/p>\n<p>Le thlaspi des champs est la mauvaise herbe par excellence \u2014 omnipr\u00e9sent, r\u00e9sistant, mal-aim\u00e9 des agriculteurs. Mais derri\u00e8re ce statut ingrat se cache une plante \u00e0 la chimie active et \u00e0 la biologie remarquable. Sa capacit\u00e9 \u00e0 extraire et concentrer les m\u00e9taux lourds du sol t\u00e9moigne d&rsquo;une machinerie biochimique sophistiqu\u00e9e, tandis que ses glucosinolates le placent dans la grande tradition m\u00e9dicinale des crucif\u00e8res.<\/p>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Famille :<\/strong> Brassicaceae (Cruciferae)<\/li>\n<li><strong>Genre :<\/strong> <em>Thlaspi<\/em><\/li>\n<li><strong>Esp\u00e8ce :<\/strong> <em>Thlaspi arvense<\/em> L.<\/li>\n<li><strong>Noms vernaculaires :<\/strong> Thlaspi des champs, Tabouret des champs, Monnoy\u00e8re, Penny-cress (anglais), Acker-Hellerkraut (allemand).<\/li>\n<\/ul>\n<p>Le genre <em>Thlaspi<\/em> <em>sensu lato<\/em> a \u00e9t\u00e9 consid\u00e9rablement r\u00e9duit par les r\u00e9visions mol\u00e9culaires r\u00e9centes. De nombreuses esp\u00e8ces autrefois class\u00e9es dans <em>Thlaspi<\/em> sont maintenant plac\u00e9es dans <em>Noccaea<\/em>, <em>Microthlaspi<\/em> ou <em>Pachyphragma<\/em>. <em>T. arvense<\/em> est l&rsquo;esp\u00e8ce type du genre et reste dans <em>Thlaspi<\/em> <em>sensu stricto<\/em>. Il appartient \u00e0 la tribu des Thlaspideae. Le nom tabouret fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la forme ronde et aplatie des silicules, \u00e9voquant un petit tabouret ou une pi\u00e8ce de monnaie.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>Plante annuelle (parfois hivernale), dress\u00e9e, de 10 \u00e0 50 cm de hauteur, glabre dans toutes ses parties. Tige unique, dress\u00e9e, ramifi\u00e9e dans la partie sup\u00e9rieure, anguleuse. Feuilles basales en rosette, spatul\u00e9es, p\u00e9tiol\u00e9es, souvent absentes \u00e0 la floraison. Feuilles caulinaires alternes, sessiles, embrassantes avec des oreillettes arrondies, oblongues \u00e0 lanc\u00e9ol\u00e9es, \u00e0 bord dent\u00e9.<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Fleurs :<\/strong> petites (3-4 mm), blanches, \u00e0 4 p\u00e9tales en croix, en grappes terminales s&rsquo;allongeant \u00e0 maturit\u00e9. 6 \u00e9tamines t\u00e9tradynames.<\/li>\n<li><strong>Fruit :<\/strong> silicule orbiculaire, aplatie, largement ail\u00e9e, de 10 \u00e0 18 mm de diam\u00e8tre, profond\u00e9ment \u00e9chancr\u00e9e au sommet, contenant 4 \u00e0 16 graines par loge. C&rsquo;est le fruit le plus grand et le plus caract\u00e9ristique des Thlaspi europ\u00e9ens.<\/li>\n<li><strong>Graines :<\/strong> ovo\u00efdes, brun fonc\u00e9, de 1,5 \u00e0 2 mm, \u00e0 surface finement stri\u00e9e, riches en huile et en glucosinolates.<\/li>\n<li><strong>Floraison :<\/strong> avril \u00e0 ao\u00fbt, avec possibilit\u00e9 de plusieurs g\u00e9n\u00e9rations par an.<\/li>\n<li><strong>Habitat :<\/strong> cultures c\u00e9r\u00e9ali\u00e8res, friches, bords de chemins, terrains vagues, jardins, sols neutres \u00e0 calcaires, pr\u00e9f\u00e9rentiellement argileux.<\/li>\n<li><strong>R\u00e9partition :<\/strong> cosmopolite \u2014 toute l&rsquo;Eurasie temp\u00e9r\u00e9e, Am\u00e9rique du Nord, Am\u00e9rique du Sud, Australie. L&rsquo;une des adventices les plus largement distribu\u00e9es au monde.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h3>\u00c9COLOGIE ET CULTURE<\/h3>\n<p>Le thlaspi des champs est une plante cosmopolite des sols perturb\u00e9s, annuelle ou hivernale, \u00e0 cycle de vie court (60-90 jours du semis \u00e0 la fructification). Il colonise les cultures c\u00e9r\u00e9ali\u00e8res (surtout les chaumes de bl\u00e9 et d&rsquo;orge), les friches, les terrains vagues, les bords de routes et les jardins. Il pr\u00e9f\u00e8re les sols argileux, neutres \u00e0 calcaires, frais. Chaque plante produit des milliers de graines qui persistent plusieurs ann\u00e9es dans le sol (banque de semences). Sa capacit\u00e9 d&rsquo;hyperaccumulation des m\u00e9taux lourds (zinc, cadmium, nickel) en fait un mod\u00e8le de phytorem\u00e9diation \u00e9tudi\u00e9 dans le monde entier. Des vari\u00e9t\u00e9s am\u00e9lior\u00e9es sont d\u00e9velopp\u00e9es aux \u00c9tats-Unis pour la production de biocarburants (huile de graine) et de farine prot\u00e9ique animale (tourteau de presse).<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<ul>\n<li>Parties a\u00e9riennes (plante enti\u00e8re fleurie)<\/li>\n<li>Graines<\/li>\n<\/ul>\n<p>La plante enti\u00e8re est r\u00e9colt\u00e9e en pleine floraison et s\u00e9ch\u00e9e rapidement. Les graines sont r\u00e9colt\u00e9es \u00e0 maturit\u00e9. L&rsquo;odeur de la plante fra\u00eeche est aill\u00e9e et piquante (compos\u00e9s soufr\u00e9s volatils lib\u00e9r\u00e9s au froissement). Attention : les plantes r\u00e9colt\u00e9es sur des sols contamin\u00e9s en m\u00e9taux lourds ne doivent pas \u00eatre utilis\u00e9es en phytoth\u00e9rapie en raison de la capacit\u00e9 hyperaccumulatrice du thlaspi (voir sections VIII et XIII).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<h3>A. Glucosinolates<\/h3>\n<ul>\n<li><strong>Sinigrine<\/strong> (allyl-glucosinolate) \u2014 glucosinolate majeur, lib\u00e9rant par hydrolyse enzymatique (myrosinase) l&rsquo;<strong>isothiocyanate d&rsquo;allyle<\/strong> (AITC), compos\u00e9 piquant antimicrobien et potentiellement chimiopr\u00e9ventif.<\/li>\n<li><strong>Glucoalyssine<\/strong>, <strong>gluconapine<\/strong> \u2014 glucosinolates secondaires identifi\u00e9s par HPLC.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>B. Huile fixe des graines (25-36 % du poids sec)<\/h3>\n<ul>\n<li><strong>Acide \u00e9rucique<\/strong> (C22:1, 25-35 %) \u2014 acide gras mono-insatur\u00e9 dominant.<\/li>\n<li><strong>Acide linol\u00e9ique<\/strong> (C18:2, 15-25 %), <strong>acide ol\u00e9ique<\/strong> (C18:1, 10-15 %), <strong>acide linol\u00e9nique<\/strong> (C18:3, 10-15 %) \u2014 profil lipidique int\u00e9ressant pour l&rsquo;industrie des biocarburants.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>C. Flavono\u00efdes et compos\u00e9s ph\u00e9noliques<\/h3>\n<ul>\n<li><strong>Kaempf\u00e9rol<\/strong>, <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a><\/strong>, <strong>isorhamn\u00e9tine<\/strong> et leurs glycosides \u2014 antioxydants et anti-inflammatoires.<\/li>\n<li><strong>Acide sinapique<\/strong>, <strong>acide f\u00e9rulique<\/strong>, <strong>acide p-coumarique<\/strong> \u2014 acides ph\u00e9noliques antioxydants.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>D. Compos\u00e9s soufr\u00e9s volatils<\/h3>\n<ul>\n<li><strong>Isothiocyanate d&rsquo;allyle<\/strong> (AITC) \u2014 compos\u00e9 piquant lib\u00e9r\u00e9 lors du broyage, antimicrobien \u00e0 large spectre, insecticide naturel et potentiellement chimiopr\u00e9ventif.<\/li>\n<li>Di- et trisulfures d&rsquo;allyle \u2014 compos\u00e9s volatils responsables de l&rsquo;odeur aill\u00e9e caract\u00e9ristique.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>E. M\u00e9taux lourds hyperaccumul\u00e9s<\/h3>\n<ul>\n<li><strong>Zinc<\/strong> : jusqu&rsquo;\u00e0 20 000 mg\/kg de mati\u00e8re s\u00e8che dans les parties a\u00e9riennes (contre 30-100 mg\/kg chez les plantes normales).<\/li>\n<li><strong>Cadmium<\/strong> : jusqu&rsquo;\u00e0 1 800 mg\/kg (contre 0,1-1 mg\/kg normalement).<\/li>\n<li><strong>Nickel<\/strong> : concentrations \u00e9lev\u00e9es sur sols ultramafiques.<\/li>\n<li>Cette hyperaccumulation est assur\u00e9e par des transporteurs membranaires sp\u00e9cifiques (HMA4, MTP1) et par la ch\u00e9lation intracellulaire par des phytoch\u00e9latines et de l&rsquo;histidine.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<h3>A. Action antimicrobienne<\/h3>\n<p>L&rsquo;<strong>isothiocyanate d&rsquo;allyle<\/strong> (AITC) est un antimicrobien naturel puissant, actif contre un large spectre de bact\u00e9ries Gram-positives et Gram-n\u00e9gatives (<em>S. aureus<\/em>, <em>E. coli<\/em>, <em>Salmonella<\/em> spp., <em>Listeria monocytogenes<\/em>), de champignons (<em>Candida<\/em> spp., <em>Aspergillus<\/em> spp.) et de parasites. Le m\u00e9canisme implique la perturbation des membranes cellulaires, l&rsquo;inhibition des enzymes thiol-d\u00e9pendantes et l&rsquo;induction du stress oxydatif chez les micro-organismes.<\/p>\n<h3>B. Action expectorante et d\u00e9congestionnante<\/h3>\n<p>Les compos\u00e9s soufr\u00e9s volatils stimulent la s\u00e9cr\u00e9tion de mucus bronchique par voie r\u00e9flexe (r\u00e9flexe gastro-pulmonaire), facilitant l&rsquo;expectoration dans les bronchites et les encombrements respiratoires. Ce m\u00e9canisme est commun aux crucif\u00e8res piquantes (raifort, moutarde, cresson).<\/p>\n<h3>C. Action rub\u00e9fiante<\/h3>\n<p>L&rsquo;AITC provoque une vasodilatation locale intense en application cutan\u00e9e, avec rougeur et chaleur. Cet effet de r\u00e9vulsion est exploit\u00e9 traditionnellement en cataplasme sur la poitrine (bronchites) et sur les articulations douloureuses.<\/p>\n<h3>D. Potentiel chimiopr\u00e9ventif<\/h3>\n<p>L&rsquo;AITC induit les enzymes de phase II de la d\u00e9toxification h\u00e9patique (<strong>glutathion-S-transf\u00e9rase<\/strong>, <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quinones\/\">quinone<\/a> r\u00e9ductase<\/strong>) et provoque l&rsquo;apoptose de cellules canc\u00e9reuses in vitro (cancers de la vessie, du c\u00f4lon, du poumon). Il inhibe \u00e9galement l&rsquo;angiogen\u00e8se tumorale. Ces propri\u00e9t\u00e9s sont activement \u00e9tudi\u00e9es en chimiopr\u00e9vention.<\/p>\n<h3>E. Action diur\u00e9tique<\/h3>\n<p>La plante enti\u00e8re exerce un effet diur\u00e9tique mod\u00e9r\u00e9, attribu\u00e9 aux sels de potassium et aux flavono\u00efdes. Cet usage est document\u00e9 dans la m\u00e9decine populaire europ\u00e9enne.<\/p>\n<h3>F. Action antioxydante<\/h3>\n<p>Les flavono\u00efdes et les acides ph\u00e9noliques conf\u00e8rent une activit\u00e9 antioxydante significative. L&rsquo;AITC active la voie Nrf2\/ARE de la d\u00e9fense antioxydante cellulaire, renfor\u00e7ant les m\u00e9canismes endog\u00e8nes de protection contre le stress oxydatif.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Le thlaspi des champs est principalement \u00e9tudi\u00e9 dans le contexte de la phytorem\u00e9diation des sols contamin\u00e9s en m\u00e9taux lourds. Plus de 500 publications scientifiques portent sur les m\u00e9canismes d&rsquo;hyperaccumulation du zinc et du cadmium par <em>T. arvense<\/em> et les esp\u00e8ces proches (<em>Noccaea caerulescens<\/em>). Sur le plan pharmacologique, les donn\u00e9es sont principalement extrapol\u00e9es des \u00e9tudes sur l&rsquo;AITC et les glucosinolates des Brassicaceae. L&rsquo;activit\u00e9 chimiopr\u00e9ventive de l&rsquo;AITC est document\u00e9e par plus de 100 publications in vitro et in vivo. Des \u00e9tudes agronomiques \u00e9valuent l&rsquo;esp\u00e8ce comme ol\u00e9agineuse de couverture pour la production de biocarburants (projet Pennycress aux \u00c9tats-Unis). Aucun essai clinique n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 sur l&rsquo;usage phytoth\u00e9rapeutique de <em>T. arvense<\/em>.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Sinigrine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Isothiocyanate d&rsquo;allyle<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Glucoalyssine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Gluconapine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acide \u00e9rucique<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Infusion :<\/strong> 3 \u00e0 5 g de plante s\u00e8che pour 250 ml d&rsquo;eau (d\u00e9part \u00e0 froid), infuser 10 min. 2 \u00e0 3 tasses par jour (usage diur\u00e9tique).<\/li>\n<li><strong>Graines :<\/strong> 2 \u00e0 4 g par jour, broy\u00e9es dans du miel ou de l&rsquo;eau.<\/li>\n<li><strong>Cataplasme :<\/strong> graines fra\u00eechement broy\u00e9es en p\u00e2te avec de l&rsquo;eau ti\u00e8de, application 10 \u00e0 15 min sur gaze.<\/li>\n<li><strong>Jus frais :<\/strong> 15 \u00e0 30 ml par jour en cure printani\u00e8re de 2 semaines.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Attention : s&rsquo;assurer que la plante provient d&rsquo;un sol non contamin\u00e9 en m\u00e9taux lourds. Ne jamais r\u00e9colter le thlaspi sur des sites industriels, miniers ou routiers.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>La toxicit\u00e9 intrins\u00e8que du thlaspi est comparable \u00e0 celle des autres Brassicaceae : irritation gastrique et intestinale \u00e0 forte dose (isothiocyanates), br\u00fblures cutan\u00e9es en application prolong\u00e9e, effet goitrog\u00e8ne par inhibition de la captation thyro\u00efdienne de l&rsquo;iode. Le risque sp\u00e9cifique majeur du thlaspi est la contamination en m\u00e9taux lourds : les plantes poussant sur des sols contamin\u00e9s accumulent des concentrations toxiques de cadmium, de zinc et de nickel dans leurs tissus. L&rsquo;ingestion de ces plantes hyperaccumulatrices peut provoquer une intoxication aux m\u00e9taux lourds. Ce risque impose une vigilance absolue sur l&rsquo;origine des plantes utilis\u00e9es en phytoth\u00e9rapie.<\/p>\n<hr>\n<h3>CONTRE-INDICATIONS ET PR\u00c9CAUTIONS<\/h3>\n<ul>\n<li>Grossesse : formellement contre-indiqu\u00e9 (effets emm\u00e9nagogues traditionnels).<\/li>\n<li>Allaitement : insuffisance de donn\u00e9es.<\/li>\n<li>Hypothyro\u00efdie non compens\u00e9e (effet goitrog\u00e8ne des glucosinolates).<\/li>\n<li>Ulc\u00e8re gastro-duod\u00e9nal actif.<\/li>\n<li>Ne jamais utiliser de plantes r\u00e9colt\u00e9es sur des sols contamin\u00e9s (sites industriels, miniers, bords de routes \u00e0 fort trafic) en raison de l&rsquo;hyperaccumulation de m\u00e9taux lourds.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h3>INTERACTIONS M\u00c9DICAMENTEUSES<\/h3>\n<p>Interaction th\u00e9orique avec les antithyro\u00efdiens (effet goitrog\u00e8ne additif). Interaction avec les anticoagulants de type AVK (vitamine K1 des feuilles vertes). L&rsquo;AITC est un inducteur des cytochromes CYP1A2 et CYP2E1, pouvant modifier le m\u00e9tabolisme de certains m\u00e9dicaments. Pas d&rsquo;interaction cliniquement document\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<h3>A. D\u00e9puratif et diur\u00e9tique<\/h3>\n<p>En m\u00e9decine populaire europ\u00e9enne, la plante enti\u00e8re est utilis\u00e9e en infusion comme d\u00e9puratif printanier et diur\u00e9tique, \u00e0 la mani\u00e8re du cresson et du pissenlit. Les jeunes feuilles \u00e9taient parfois consomm\u00e9es en salade pour purifier le sang apr\u00e8s l&rsquo;hiver.<\/p>\n<h3>B. Anti-infectieux et expectorant<\/h3>\n<p>La d\u00e9coction de graines est employ\u00e9e contre les infections respiratoires, les bronchites et les toux grasses. Les cataplasmes de graines broy\u00e9es sont appliqu\u00e9s sur la poitrine comme sinapisme.<\/p>\n<h3>C. Emm\u00e9nagogue<\/h3>\n<p>Dioscoride et les herboristes m\u00e9di\u00e9vaux prescrivaient le thlaspi pour provoquer les menstruations \u2014 un usage qui implique une contre-indication formelle pendant la grossesse.<\/p>\n<h3>D. Vuln\u00e9raire<\/h3>\n<p>Les feuilles fra\u00eeches \u00e9cras\u00e9es \u00e9taient appliqu\u00e9es sur les plaies pour leur effet antimicrobien (isothiocyanates lib\u00e9r\u00e9s au broyage).<\/p>\n<hr>\n<h3>R\u00c9GLEMENTATION ET STATUT<\/h3>\n<ul>\n<li>Non inscrit \u00e0 la Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne.<\/li>\n<li>Plante alimentaire sauvage consomm\u00e9e occasionnellement (jeunes feuilles).<\/li>\n<li>Esp\u00e8ce non menac\u00e9e, consid\u00e9r\u00e9e comme adventice cosmopolite.<\/li>\n<li>Utilis\u00e9 en phytorem\u00e9diation exp\u00e9rimentale des sols pollu\u00e9s.<\/li>\n<li>\u00c9valu\u00e9 comme culture \u00e9nerg\u00e9tique (biocarburant) par le minist\u00e8re de l&rsquo;Agriculture am\u00e9ricain (USDA).<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>Le thlaspi des champs est une plante \u00e0 double vocation : m\u00e9dicinale et environnementale. Son profil phytochimique de crucif\u00e8re \u2014 <strong>sinigrine<\/strong>, <strong>isothiocyanate d&rsquo;allyle<\/strong>, flavono\u00efdes, acides ph\u00e9noliques \u2014 fonde un usage traditionnel coh\u00e9rent comme antimicrobien, expectorant, diur\u00e9tique et d\u00e9puratif. Le potentiel chimiopr\u00e9ventif de l&rsquo;AITC est activement explor\u00e9 en canc\u00e9rologie. Mais c&rsquo;est surtout sa capacit\u00e9 d&rsquo;hyperaccumulation des m\u00e9taux lourds qui le distingue de toutes les autres crucif\u00e8res m\u00e9dicinales, faisant de lui un outil de d\u00e9pollution des sols contamin\u00e9s. Cette double identit\u00e9 impose une pr\u00e9caution essentielle : ne jamais utiliser en phytoth\u00e9rapie des plantes r\u00e9colt\u00e9es sur des sols potentiellement contamin\u00e9s. Pour le reste, le thlaspi des champs est un m\u00e9dicinal de bon sens, disponible partout et gratuitement, qui m\u00e9rite une place dans la pharmacop\u00e9e populaire \u2014 \u00e0 condition de savoir o\u00f9 le cueillir.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/results?q=Thlaspi%20arvense\">Plants of the World Online, Kew : <em>Thlaspi arvense<\/em><\/a>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/?s=Thlaspi+arvense\">Tela Botanica \/ eFlore : <em>Thlaspi arvense<\/em><\/a>.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Diur\u00e9tique (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Expectorant<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Vuln\u00e9raire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> D\u00e9puratif<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le thlaspi des champs, ou tabouret des champs, est une petite crucif\u00e8re adventice des cultures, des friches et des bords de chemins, cosmopolite et prolifique. 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