{"id":779,"date":"2026-03-26T11:28:12","date_gmt":"2026-03-26T10:28:12","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/bouleau-verruqueux\/"},"modified":"2026-06-24T17:51:22","modified_gmt":"2026-06-24T15:51:22","slug":"bouleau-verruqueux","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/bouleau-verruqueux\/","title":{"rendered":"BOULEAU VERRUQUEUX"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/bouleau-verruqueux.png\" alt=\"Planche botanique Bouleau verruqueux\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>Le <strong>bouleau verruqueux<\/strong> (<em>Betula pendula<\/em> Roth, synonyme : <em>B. verrucosa<\/em> Ehrh.) appartient \u00e0 la famille des <strong>Betulaceae<\/strong>. Le genre <em>Betula<\/em> comprend environ 60 esp\u00e8ces r\u00e9parties dans les r\u00e9gions temp\u00e9r\u00e9es et bor\u00e9ales de l&rsquo;h\u00e9misph\u00e8re Nord. Le nombre chromosomique est 2n = 28 (diplo\u00efde). Le nom <em>Betula<\/em> est le nom latin classique du bouleau, probablement d&rsquo;origine celtique (<em>betu<\/em>). L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>pendula<\/em> (pendant) d\u00e9crit le port retombant des rameaux. Le synonyme <em>verrucosa<\/em> (verruqueux) fait r\u00e9f\u00e9rence aux petites verrues r\u00e9sineuses pr\u00e9sentes sur les jeunes rameaux. Noms vernaculaires : bouleau blanc, bouleau pleureur, bouleau commun, arbre de la sagesse. En anglais : <em>silver birch<\/em>. Le bouleau est l&rsquo;un des arbres les plus importants de la phytoth\u00e9rapie europ\u00e9enne, inscrit \u00e0 la Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>Arbre caduc de 15 \u00e0 25 m de hauteur, pouvant atteindre 30 m. <strong>Tronc<\/strong> \u00e9lanc\u00e9, \u00e0 \u00e9corce caract\u00e9ristique : blanche, lisse et brillante, se d\u00e9tachant en lani\u00e8res horizontales (lenticelles allong\u00e9es), devenant crevass\u00e9e et noir\u00e2tre \u00e0 la base chez les vieux sujets. <strong>Branches<\/strong> \u00e9tal\u00e9es, portant des rameaux secondaires gr\u00eales et <strong>retombants<\/strong> (port pleureur caract\u00e9ristique). <strong>Jeunes rameaux<\/strong> bruns, glabres, couverts de <strong>verrues r\u00e9sineuses<\/strong> blanch\u00e2tres (glandes \u00e0 r\u00e9sine). <strong>Feuilles<\/strong> alternes, triangulaires-rhombo\u00efdales, de 3 \u00e0 7 cm, acumin\u00e9es, doublement dent\u00e9es en scie, glabres, vert vif dessus, plus p\u00e2les dessous, \u00e0 p\u00e9tiole long et souple (tremblement au vent) ; base tronqu\u00e9e ou cun\u00e9iforme. <strong>Fleurs<\/strong> en chatons : chatons m\u00e2les pendants, cylindriques, de 3 \u00e0 6 cm, jaun\u00e2tres (form\u00e9s \u00e0 l&rsquo;automne, s&rsquo;\u00e9panouissant au printemps) ; chatons femelles dress\u00e9s puis pendants, de 2 \u00e0 3 cm, verd\u00e2tres. <strong>Fruit<\/strong> : petit ak\u00e8ne ail\u00e9 (samare) de 2-3 mm, muni de 2 ailes membraneuses plus larges que le fruit, contenu dans des c\u00f4nes cylindriques pendants qui se d\u00e9sagr\u00e8gent \u00e0 maturit\u00e9, lib\u00e9rant des milliers de samares l\u00e9g\u00e8res dispers\u00e9es par le vent. <strong>Floraison<\/strong> : avril \u00e0 mai.<\/p>\n<hr>\n<h3>Origine g\u00e9ographique et r\u00e9partition<\/h3>\n<p>Esp\u00e8ce <strong>eurasiatique<\/strong>. R\u00e9partie de l&rsquo;Irlande \u00e0 la Sib\u00e9rie orientale, du nord de la Scandinavie (70\u00b0N) aux montagnes m\u00e9diterran\u00e9ennes (Espagne, Italie, Gr\u00e8ce). En France, commune dans presque toutes les r\u00e9gions, de la plaine \u00e0 l&rsquo;\u00e9tage montagnard (0 \u00e0 2 000 m). Particuli\u00e8rement abondante dans les r\u00e9gions \u00e0 sols acides : Massif armoricain, Landes, Massif central, Vosges, Alpes du Nord. Plus rare en plaine s\u00e9dimentaire calcaire et en r\u00e9gion m\u00e9diterran\u00e9enne basse. Le bouleau est un arbre <strong>pionnier<\/strong> par excellence : il colonise rapidement les terrains nus, les friches, les coupes foresti\u00e8res et les sols perturb\u00e9s.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9cologie et habitat<\/h3>\n<p><strong>For\u00eats pionni\u00e8res<\/strong>, <strong>landes<\/strong>, <strong>lisi\u00e8res<\/strong>, <strong>clairi\u00e8res<\/strong>, <strong>tourbi\u00e8res drain\u00e9es<\/strong>, <strong>friches<\/strong>, <strong>talus<\/strong>. Le bouleau verruqueux est h\u00e9liophile, pionnier, \u00e0 croissance rapide (25 \u00e0 30 cm par an en hauteur pendant les premi\u00e8res ann\u00e9es). Les sols sont acides \u00e0 neutres (pH 4-7), sablonneux, limoneux ou tourbeux, pauvres \u00e0 moyennement riches, bien drain\u00e9s. L&rsquo;esp\u00e8ce tol\u00e8re les sols tr\u00e8s pauvres gr\u00e2ce \u00e0 ses <strong>ectomycorhizes<\/strong> (association avec plus de 100 esp\u00e8ces de champignons, dont des bolets, des amanites et des cortinaires). Le bouleau am\u00e9liore les sols par sa liti\u00e8re riche en bases et en mati\u00e8re organique facilement d\u00e9gradable. La pollinisation est <strong>an\u00e9mophile<\/strong> (par le vent), avec une production massive de pollen (l&rsquo;un des pollens les plus allergisants d&rsquo;Europe). La diss\u00e9mination des samares est an\u00e9mochore (les ailes permettent un transport sur plusieurs kilom\u00e8tres). Le bouleau est un arbre \u00e0 dur\u00e9e de vie relativement courte (80 \u00e0 120 ans).<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>Le bouleau poss\u00e8de un profil chimique riche et bien \u00e9tudi\u00e9. Les <strong>feuilles<\/strong> contiennent : des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> (3-5 %) : <strong>hyp\u00e9roside<\/strong> (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a>-3-O-galactoside, compos\u00e9 majoritaire), <strong>quercitrine<\/strong>, <strong>avicularine<\/strong>, <strong>myric\u00e9tine-3-O-galactoside<\/strong>, <strong>kaempf\u00e9rol<\/strong> et glycosides ; des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/triterpenes\/\">triterp\u00e8nes<\/a><\/strong> : <strong>b\u00e9tuline<\/strong> (betulinol), <strong>acide b\u00e9tulinique<\/strong>, <strong>lup\u00e9ol<\/strong> ; des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> : <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a><\/strong>, <strong>acide caf\u00e9ique<\/strong> ; des <strong>huiles essentielles<\/strong> (traces) ; des <strong>saponines<\/strong> triterp\u00e9niques (dammarane) ; des <strong>tanins<\/strong> (5-10 %) ; de la <strong>vitamine C<\/strong>. L&rsquo;<strong>\u00e9corce<\/strong> contient : <strong>b\u00e9tuline<\/strong> (jusqu&rsquo;\u00e0 30 % de l&rsquo;\u00e9corce blanche, triterp\u00e8ne pentacyclique responsable de la couleur blanche), <strong>acide b\u00e9tulinique<\/strong>, <strong>lup\u00e9ol<\/strong>, <strong>sub\u00e9rine<\/strong> (polym\u00e8re lipidique imperm\u00e9abilisant). La <strong>s\u00e8ve<\/strong> (r\u00e9colt\u00e9e au printemps) contient : sucres (glucose, fructose), acides amin\u00e9s, acides organiques (acide malique, acide citrique), min\u00e9raux (potassium, calcium, magn\u00e9sium, mangan\u00e8se), oligo\u00e9l\u00e9ments. Le <strong>goudron de bouleau<\/strong> (distillation de l&rsquo;\u00e9corce) contient du <strong>ga\u00efacol<\/strong>, du <strong>cr\u00e9sol<\/strong> et des ph\u00e9nols.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>Les <strong>flavono\u00efdes<\/strong> (hyp\u00e9roside, quercitrine) exercent un effet <strong>diur\u00e9tique aquar\u00e9tique<\/strong> puissant (augmentation du volume urinaire sans perte d&rsquo;\u00e9lectrolytes), m\u00e9canisme principal de l&rsquo;action d\u00e9purative du bouleau. Ils poss\u00e8dent aussi des propri\u00e9t\u00e9s <strong>anti-inflammatoires<\/strong> et <strong>antioxydantes<\/strong>. L&rsquo;<strong>acide b\u00e9tulinique<\/strong> est l&rsquo;un des triterp\u00e8nes les plus \u00e9tudi\u00e9s : <strong>anticanc\u00e9reux<\/strong> (induction de l&rsquo;apoptose dans les cellules de m\u00e9lanome, de cancer du poumon, de leuc\u00e9mie), <strong>anti-VIH<\/strong> (inhibition de la maturation du virus), <strong>anti-inflammatoire<\/strong> et <strong>antipalud\u00e9en<\/strong>. La <strong>b\u00e9tuline<\/strong> est <strong>h\u00e9patoprotectrice<\/strong>, <strong>anti-inflammatoire<\/strong> et <strong>hypolip\u00e9miante<\/strong>. Les <strong>saponines dammaraniques<\/strong> potentialisent l&rsquo;effet diur\u00e9tique. Les <strong>tanins<\/strong> sont astringents et antimicrobiens. Le <strong>goudron de bouleau<\/strong> poss\u00e8de des propri\u00e9t\u00e9s <strong>antiseptiques<\/strong>, <strong>k\u00e9ratolytiques<\/strong> et <strong>antiprurigineuses<\/strong>, utilis\u00e9es en dermatologie. La <strong>s\u00e8ve de bouleau<\/strong> est consid\u00e9r\u00e9e comme drainante, remin\u00e9ralisante et d\u00e9toxifiante.<\/p>\n<hr>\n<h3>Utilisations m\u00e9dicinales traditionnelles<\/h3>\n<p>Le bouleau est utilis\u00e9 en m\u00e9decine traditionnelle europ\u00e9enne depuis des mill\u00e9naires. <strong>Sainte Hildegarde de Bingen<\/strong> (XIIe si\u00e8cle) le recommande pour les ulc\u00e8res et les plaies. En <strong>m\u00e9decine populaire scandinave, russe et germanique<\/strong>, les feuilles en infusion servaient de <strong>diur\u00e9tique<\/strong> et de <strong>d\u00e9puratif<\/strong> pour les affections r\u00e9nales, les calculs urinaires, les rhumatismes et la goutte. La <strong>s\u00e8ve de bouleau<\/strong>, r\u00e9colt\u00e9e au printemps par incision du tronc, \u00e9tait consomm\u00e9e comme tonique printanier et cure de d\u00e9toxification (tradition vivace en Scandinavie, en Russie et dans les Alpes). L&rsquo;<strong>huile de bouleau<\/strong> (goudron d&rsquo;\u00e9corce) servait en application cutan\u00e9e contre l&rsquo;ecz\u00e9ma, le psoriasis, les dartres et les parasitoses cutan\u00e9es. En <strong>Russie<\/strong>, les rameaux feuillus (venik) sont utilis\u00e9s dans le bain de vapeur (banya) pour stimuler la circulation et assouplir la peau. En <strong>m\u00e9decine am\u00e9rindienne<\/strong>, l&rsquo;\u00e9corce de bouleau servait de support pour les cataplasmes et les attelles.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Les recherches se concentrent sur l&rsquo;<strong>acide b\u00e9tulinique<\/strong> comme anticanc\u00e9reux : des essais cliniques de phase I\/II \u00e9valuent son efficacit\u00e9 contre le m\u00e9lanome (application topique), les tumeurs c\u00e9r\u00e9brales et les leuc\u00e9mies. La <strong>b\u00e9tuline<\/strong> est \u00e9tudi\u00e9e pour ses effets hypolip\u00e9miants (r\u00e9duction du cholest\u00e9rol LDL, inhibition de PCSK9). Des recherches en <strong>dermatologie<\/strong> d\u00e9veloppent des \u00e9mulsions de b\u00e9tuline pour la cicatrisation des plaies chroniques et des br\u00fblures (produit Oleogel-S10, approuv\u00e9 dans l&rsquo;UE). La <strong>s\u00e8ve de bouleau<\/strong> fait l&rsquo;objet d&rsquo;analyses nutritionnelles (oligo\u00e9l\u00e9ments, antioxydants) et de d\u00e9veloppement industriel (boissons fonctionnelles). En <strong>allergologie<\/strong>, la prot\u00e9ine Bet v 1 est un mod\u00e8le majeur pour le d\u00e9veloppement de l&rsquo;immunoth\u00e9rapie allerg\u00e9nique (d\u00e9sensibilisation). En <strong>\u00e9cologie foresti\u00e8re<\/strong>, le bouleau est un arbre cl\u00e9 des sc\u00e9narios de reforestation et de restauration des sols d\u00e9grad\u00e9s.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Flavono\u00efdes (hyperoside, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a>)<\/td>\n<td>Flavonols<\/td>\n<td>Diur\u00e9tiques, antioxydants<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>B\u00e9tuline, acide b\u00e9tulinique<\/td>\n<td>Triterp\u00e8nes<\/td>\n<td>Anti-inflammatoires, d\u00e9puratifs<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acides ph\u00e9noliques, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/proanthocyanidines\/\">proanthocyanidines<\/a><\/td>\n<td>Polyph\u00e9nols<\/td>\n<td>Antioxydants<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p><strong>Infusion de feuilles (diur\u00e9tique) :<\/strong> 2 \u00e0 3 g de feuilles s\u00e9ch\u00e9es pour 150 mL d&rsquo;eau (d\u00e9part \u00e0 froid), infuser 15 minutes, 3 \u00e0 4 tasses par jour, avec un apport hydrique abondant. <strong>Extrait sec de feuilles :<\/strong> 300 \u00e0 600 mg par jour, standardis\u00e9 en flavono\u00efdes. <strong>S\u00e8ve de bouleau fra\u00eeche :<\/strong> 200 \u00e0 300 mL par jour, en cure de 3 semaines au printemps. <strong>Teinture-m\u00e8re de feuilles<\/strong> (1:5, \u00e9thanol 45 %) : 30 \u00e0 50 gouttes, 3 fois par jour. <strong>Goudron de bouleau :<\/strong> en application externe (pommade \u00e0 5-20 %) pour les dermatoses chroniques (ecz\u00e9ma, psoriasis). <strong>EPS de feuilles :<\/strong> 5 \u00e0 10 mL par jour. La monographie europ\u00e9enne reconna\u00eet l&rsquo;usage traditionnel des feuilles de bouleau pour augmenter le volume urinaire dans le cadre d&rsquo;un traitement d&rsquo;irrigation des voies urinaires et comme adjuvant dans les infections urinaires mineures.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Le bouleau est <strong>tr\u00e8s bien tol\u00e9r\u00e9<\/strong> aux doses th\u00e9rapeutiques. Les effets ind\u00e9sirables sont rares : irritation gastrique l\u00e9g\u00e8re, r\u00e9actions allergiques cutan\u00e9es (exceptionnelles). Le pollen de bouleau est l&rsquo;un des <strong>allerg\u00e8nes les plus importants<\/strong> en Europe : la prot\u00e9ine Bet v 1 provoque une rhinite allergique saisonni\u00e8re (rhume des foins) chez 20 \u00e0 30 % des sujets allergiques. Des <strong>allergies crois\u00e9es<\/strong> avec les fruits (pomme, p\u00eache, cerise, noisette) sont fr\u00e9quentes (syndrome oral allergique). L&rsquo;usage diur\u00e9tique n\u00e9cessite un <strong>apport hydrique suffisant<\/strong> (au moins 2 L d&rsquo;eau par jour). <strong>Contre-indications :<\/strong> \u0153d\u00e8me li\u00e9 \u00e0 une insuffisance cardiaque ou r\u00e9nale (la diur\u00e8se d&rsquo;irrigation est contre-indiqu\u00e9e), allergie au bouleau ou aux salicylates. La s\u00e8ve de bouleau est contre-indiqu\u00e9e en cas d&rsquo;allergie au pollen de bouleau. Pas d&rsquo;interaction m\u00e9dicamenteuse significative document\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>Le bouleau est l&rsquo;un des arbres les plus symboliques des cultures nordiques et celtiques. En <strong>mythologie nordique<\/strong>, le bouleau est consacr\u00e9 \u00e0 Frigg, d\u00e9esse de la fertilit\u00e9, et repr\u00e9sente le renouveau printanier. La rune <strong>Berkana<\/strong> (\u16d2) repr\u00e9sente le bouleau et symbolise la naissance et la purification. En <strong>tradition celtique<\/strong>, le bouleau est le premier arbre de l&rsquo;alphabet oghamique (Beth) et marque le d\u00e9but de l&rsquo;ann\u00e9e. En <strong>Russie<\/strong>, le bouleau (<em>beryoza<\/em>) est l&rsquo;arbre national, symbole de la f\u00e9minit\u00e9 et de la patrie, c\u00e9l\u00e9br\u00e9 dans la po\u00e9sie (Essenine) et la peinture (Levitan). L&rsquo;\u00e9corce de bouleau a servi de <strong>support d&rsquo;\u00e9criture<\/strong> depuis des mill\u00e9naires : manuscrits de Novgorod (XIe si\u00e8cle), textes sanscrits de l&rsquo;Inde ancienne. En <strong>artisanat<\/strong>, l&rsquo;\u00e9corce imperm\u00e9able sert \u00e0 fabriquer des contenants, des canots (birch bark canoe des Am\u00e9rindiens) et des toitures.<\/p>\n<hr>\n<h3>Statut r\u00e9glementaire et conservation<\/h3>\n<p><em>Betula pendula<\/em> est une esp\u00e8ce tr\u00e8s commune, non menac\u00e9e (UICN : LC). La feuille est inscrite \u00e0 la <strong>Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne<\/strong> et \u00e0 la <strong>Pharmacop\u00e9e fran\u00e7aise<\/strong>. Le bouleau figure sur la <strong>liste A<\/strong> des plantes m\u00e9dicinales traditionnellement utilis\u00e9es en France. Des sp\u00e9cialit\u00e9s pharmaceutiques \u00e0 base de feuilles de bouleau sont commercialis\u00e9es. La s\u00e8ve de bouleau est vendue comme compl\u00e9ment alimentaire. Une monographie europ\u00e9enne existe. L&rsquo;esp\u00e8ce est abondante et ne n\u00e9cessite aucune mesure de conservation. Elle est largement plant\u00e9e en sylviculture et en am\u00e9nagement paysager.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>La feuille de bouleau est inscrite \u00e0 la <strong>Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne<\/strong> (<em>Betulae folium<\/em>). La monographie sp\u00e9cifie une teneur minimale en flavono\u00efdes de 1,5 % (calcul\u00e9s en hyp\u00e9roside). Les esp\u00e8ces admises sont <em>B. pendula<\/em> et <em>B. pubescens<\/em> (bouleau pubescent). L&rsquo;identification microscopique repose sur les trichomes glanduleux \u00e0 pied court, les stomates anomocytiques, les cellules \u00e9pidermiques \u00e0 parois ondul\u00e9es et les glandes r\u00e9sineuses sur la face inf\u00e9rieure. Le profil chromatographique (CCM) montre les bandes d&rsquo;hyp\u00e9roside, de quercitrine et d&rsquo;acide chlorog\u00e9nique. Le dosage des flavono\u00efdes se fait par spectrophotom\u00e9trie UV apr\u00e8s extraction et complexation \u00e0 l&rsquo;aluminium (m\u00e9thode du Christ-M\u00fcller). Le dosage de la b\u00e9tuline et de l&rsquo;acide b\u00e9tulinique dans l&rsquo;\u00e9corce se fait par HPLC-UV ou GC-MS.<\/p>\n<hr>\n<h3>Conclusion et perspectives<\/h3>\n<p><em>Betula pendula<\/em>, l&rsquo;arbre blanc des for\u00eats bor\u00e9ales et temp\u00e9r\u00e9es, est l&rsquo;une des plantes m\u00e9dicinales europ\u00e9ennes les plus compl\u00e8tes. Son profil phytochimique exceptionnel \u2014 flavono\u00efdes diur\u00e9tiques, triterp\u00e8nes anticanc\u00e9reux (acide b\u00e9tulinique), tanins astringents, s\u00e8ve remin\u00e9ralisante \u2014 lui conf\u00e8re une palette th\u00e9rapeutique allant de la phytoth\u00e9rapie urinaire \u00e0 la dermatologie et \u00e0 l&rsquo;oncologie exp\u00e9rimentale. L&rsquo;acide b\u00e9tulinique, extrait de l&rsquo;\u00e9corce blanche qui fait la beaut\u00e9 du bouleau, est l&rsquo;un des triterp\u00e8nes naturels les plus prometteurs en canc\u00e9rologie. Le bouleau incarne la synergie entre tradition mill\u00e9naire et recherche de pointe, entre la cure printani\u00e8re de s\u00e8ve des campagnes scandinaves et les essais cliniques anticanc\u00e9reux des laboratoires pharmaceutiques.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/results?q=Betula%20pendula\">Plants of the World Online, Kew : <em>Betula pendula<\/em><\/a>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/?s=Betula+pendula\">Tela Botanica \/ eFlore : <em>Betula pendula<\/em><\/a>.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2605\u2606<\/strong> Diur\u00e9tique \/ d\u00e9puratif<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Antirhumatismal<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE Le bouleau verruqueux (Betula pendula Roth, synonyme : B. verrucosa Ehrh.) appartient \u00e0 la famille des Betulaceae. 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