{"id":785,"date":"2026-03-26T11:28:21","date_gmt":"2026-03-26T10:28:21","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/campanule-des-alpes\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:15","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:15","slug":"campanule-des-alpes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/campanule-des-alpes\/","title":{"rendered":"CAMPANULE DES ALPES"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/campanule-des-alpes.png\" alt=\"Planche botanique Campanule des Alpes\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>La <em>Campanula alpestris<\/em> All. (syn. <em>Campanula allionii<\/em> Vill.), commun\u00e9ment appel\u00e9e campanule des Alpes ou campanule d&rsquo;Allioni, est une plante vivace de la famille des <strong>Campanulaceae<\/strong>. Cette esp\u00e8ce end\u00e9mique des Alpes sud-occidentales est l&rsquo;une des campanules les plus spectaculaires de la flore alpine, arborant des fleurs solitaires d\u00e9mesur\u00e9ment grandes par rapport \u00e0 la taille de la plante. Le genre <em>Campanula<\/em>, comptant environ 500 esp\u00e8ces, est particuli\u00e8rement diversifi\u00e9 dans les montagnes europ\u00e9ennes. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>alpestris<\/em> (des r\u00e9gions alpestres) situe clairement son habitat. La plante est d\u00e9di\u00e9e au botaniste pi\u00e9montais Carlo Allioni (1728-1804), auteur de la <em>Flora Pedemontana<\/em>.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>La campanule des Alpes est une plante vivace naine, haute de 3 \u00e0 10 cm seulement, formant des touffes ou des rosettes l\u00e2ches. Le rhizome est gr\u00eale, tra\u00e7ant, ramifi\u00e9, produisant des stolons courts. Les tiges sont dress\u00e9es, simples, uniflores, pubescentes, feuill\u00e9es. Les feuilles basales sont spatul\u00e9es \u00e0 oblongues, longues de 2 \u00e0 5 cm, \u00e0 marge enti\u00e8re ou faiblement cr\u00e9nel\u00e9e, pubescentes, vert gris\u00e2tre. Les feuilles caulinaires sont lin\u00e9aires-lanc\u00e9ol\u00e9es, sessiles, alternes. La fleur, solitaire et terminale, est spectaculairement grande pour la taille de la plante : elle mesure 3 \u00e0 5 cm de longueur. La corolle est tubulaire-campanul\u00e9e, dress\u00e9e ou l\u00e9g\u00e8rement pench\u00e9e, bleu-violet profond, parfois bleu p\u00e2le, \u00e0 5 lobes triangulaires. Le calice poss\u00e8de 5 dents lanc\u00e9ol\u00e9es avec des appendices r\u00e9fl\u00e9chis entre les dents. Les 5 \u00e9tamines sont libres. Le style est trifide, saillant. Le fruit est une capsule dress\u00e9e, s&rsquo;ouvrant par 3 pores apicaux. Les graines sont petites, oblongues, brun clair.<\/p>\n<hr>\n<h3>Habitat naturel et r\u00e9partition g\u00e9ographique<\/h3>\n<p>La campanule des Alpes est end\u00e9mique des Alpes sud-occidentales, avec une aire de r\u00e9partition limit\u00e9e au Pi\u00e9mont, \u00e0 la Ligurie, \u00e0 la Savoie, au Dauphin\u00e9 et aux Alpes-Maritimes. En France, elle est pr\u00e9sente dans les Alpes du Sud, du massif de la Vanoise aux Alpes-Maritimes, avec une fr\u00e9quence maximale dans le Brian\u00e7onnais, le Queyras, l&rsquo;Ubaye et le Mercantour. Elle colonise les \u00e9boulis calcaires et les moraines fix\u00e9es, les pelouses rases pierreuses, les cr\u00eates vent\u00e9es et les falaises, \u00e0 des altitudes de 1 500 \u00e0 3 200 m. Elle affectionne les substrats calcaires ou dolomitiques, pierreux, bien drain\u00e9s, en exposition ensoleill\u00e9e. C&rsquo;est une esp\u00e8ce pionni\u00e8re des milieux ouverts de haute altitude, tol\u00e9rante au froid, au vent et \u00e0 la s\u00e9cheresse \u00e9daphique des substrats perm\u00e9ables.<\/p>\n<hr>\n<h3>Cycle de vie et ph\u00e9nologie<\/h3>\n<p>La campanule des Alpes est une h\u00e9micryptophyte \u00e0 cham\u00e9phyte. La reprise de v\u00e9g\u00e9tation a lieu tardivement, en juin-juillet, apr\u00e8s la fonte des neiges tardives en haute altitude. La floraison se d\u00e9roule de juillet \u00e0 ao\u00fbt, concentr\u00e9e sur une p\u00e9riode courte. Chaque tige ne porte qu&rsquo;une seule fleur, mais la production de tiges peut \u00eatre abondante dans les touffes bien \u00e9tablies. La pollinisation est entomophile, assur\u00e9e par les bourdons, les abeilles solitaires et les papillons d&rsquo;altitude. La grande taille de la fleur et la profondeur du tube corollaire favorisent les pollinisateurs \u00e0 longue trompe. La fructification se d\u00e9roule d&rsquo;ao\u00fbt \u00e0 septembre, les capsules lib\u00e9rant les graines par les pores apicaux lorsque le vent balance les tiges. La multiplication v\u00e9g\u00e9tative par stolons contribue \u00e0 l&rsquo;expansion lente des touffes. La dormance hivernale se prolonge de 7 \u00e0 9 mois sous la couverture neigeuse, les bourgeons souterrains restant viables gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;isolation thermique de la neige.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>La composition chimique de la campanule des Alpes n&rsquo;a pas fait l&rsquo;objet d&rsquo;\u00e9tudes phytochimiques sp\u00e9cifiques. Par analogie avec les autres campanules, on peut s&rsquo;attendre \u00e0 la pr\u00e9sence de <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/saponines-triterpeniques\/\">saponines triterp\u00e9niques<\/a><\/strong>, de <strong>flavono\u00efdes<\/strong> (d\u00e9riv\u00e9s de la <strong>lut\u00e9oline<\/strong> et de l&rsquo;<strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/apigenine\/\">apig\u00e9nine<\/a><\/strong>), d&rsquo;<strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> et d&rsquo;<strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/inuline\/\">inuline<\/a><\/strong> dans les racines. Les <strong>anthocyanes<\/strong> (delphinidine et ses d\u00e9riv\u00e9s) sont responsables de la couleur bleu-violet intense des fleurs. Les <strong>polyac\u00e9tyl\u00e8nes<\/strong>, compos\u00e9s \u00e0 activit\u00e9 antimicrobienne signal\u00e9s dans le genre <em>Campanula<\/em>, sont probablement pr\u00e9sents. Un <strong>latex<\/strong> blanc, observable \u00e0 la cassure des tiges, contient des compos\u00e9s terp\u00e9niques. La plante accumule probablement des compos\u00e9s protecteurs contre le rayonnement UV intense en haute altitude (flavono\u00efdes, acides ph\u00e9noliques), une adaptation commune des plantes alpines.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>La campanule des Alpes ne poss\u00e8de aucun usage m\u00e9dicinal document\u00e9. Sa raret\u00e9, son inaccessibilit\u00e9 en haute montagne et sa protection r\u00e9glementaire excluent toute utilisation th\u00e9rapeutique. Aucune \u00e9tude pharmacologique n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 men\u00e9e sur cette esp\u00e8ce. Par analogie avec les campanules utilis\u00e9es en m\u00e9decine traditionnelle dans d&rsquo;autres r\u00e9gions (Chine, Balkans), des propri\u00e9t\u00e9s anti-inflammatoires et antimicrobiennes sont envisageables mais non v\u00e9rifi\u00e9es. L&rsquo;int\u00e9r\u00eat de la campanule des Alpes est exclusivement botanique, \u00e9cologique et esth\u00e9tique, en tant que joyau de la flore alpine europ\u00e9enne et embl\u00e8me des pelouses de haute altitude des Alpes sud-occidentales.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Donn\u00e9es cliniques limit\u00e9es ; usage essentiellement traditionnel. <strong>Niveau de preuve :<\/strong> usage traditionnel.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Flavono\u00efdes<\/td>\n<td>Flavono\u00efde<\/td>\n<td>Antioxydant, anti-inflammatoire<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Lut\u00e9oline<\/td>\n<td>Flavone<\/td>\n<td>Antioxydant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acides ph\u00e9noliques<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Anthocyanes<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Polyac\u00e9tyl\u00e8nes<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>La campanule des Alpes ne fait l&rsquo;objet d&rsquo;aucune transformation commerciale. Les plants sont cultiv\u00e9s et commercialis\u00e9s par un nombre restreint de p\u00e9pini\u00e8res sp\u00e9cialis\u00e9es en plantes alpines. Les graines sont propos\u00e9es par des soci\u00e9t\u00e9s de plantes alpines et des jardins botaniques dans le cadre d&rsquo;\u00e9changes entre collectionneurs. La conservation ex situ dans les jardins botaniques alpins (Jardin alpin du Lautaret, Jardin alpin de la Jaysinia, jardins des Alpes suisses et autrichiennes) contribue \u00e0 la pr\u00e9servation de cette esp\u00e8ce. Les herbiers de r\u00e9f\u00e9rence conservent des sp\u00e9cimens r\u00e9colt\u00e9s dans les diff\u00e9rentes stations connues, formant un r\u00e9seau documentaire utile pour le suivi des populations. La photographie botanique de terrain constitue la principale forme de \u00ab valorisation \u00bb de cette esp\u00e8ce aupr\u00e8s du grand public.<\/p>\n<hr>\n<h3>Aspects \u00e9cologiques et environnementaux<\/h3>\n<p>La campanule des Alpes est une esp\u00e8ce structurante des pelouses alpines et des \u00e9boulis fix\u00e9s de haute altitude. Ses fleurs de grande taille constituent une ressource nectarif\u00e8re importante pour les pollinisateurs de haute montagne, dans un environnement o\u00f9 les sources de nourriture sont limit\u00e9es. Ses racines contribuent \u00e0 la fixation des \u00e9boulis et des moraines. En tant qu&rsquo;end\u00e9mique \u00e0 aire restreinte, elle repr\u00e9sente un \u00e9l\u00e9ment irrempla\u00e7able du patrimoine biologique des Alpes sud-occidentales. Sa conservation d\u00e9pend du maintien des milieux ouverts de haute altitude : pelouses, \u00e9boulis, cr\u00eates. Le changement climatique constitue une menace potentielle, le r\u00e9chauffement pouvant entra\u00eener une remont\u00e9e altitudinale des esp\u00e8ces concurrentes et une modification du r\u00e9gime d&rsquo;enneigement. Les activit\u00e9s humaines en haute montagne (ski, randonn\u00e9e, am\u00e9nagements) peuvent localement menacer les stations.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Toxicit\u00e9 non document\u00e9e ; en l\u2019absence de donn\u00e9es, s\u2019abstenir de tout usage interne non encadr\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>La campanule des Alpes n&rsquo;a aucun usage ethnobotanique document\u00e9. Les montagnards des Alpes du Sud n&rsquo;ont apparemment pas collect\u00e9 cette plante \u00e0 des fins alimentaires ou m\u00e9dicinales, sa taille r\u00e9duite et son habitat difficile d&rsquo;acc\u00e8s la rendant peu attractive pour un usage pratique. En revanche, elle est depuis longtemps admir\u00e9e par les botanistes et les alpinistes pour la beaut\u00e9 disproportionn\u00e9e de ses fleurs par rapport \u00e0 sa taille. Les premi\u00e8res descriptions de cette esp\u00e8ce remontent au XVIIIe si\u00e8cle, lorsque les botanistes pi\u00e9montais explor\u00e8rent syst\u00e9matiquement la flore des Alpes occidentales. Son introduction en culture dans les jardins alpins date du XIXe si\u00e8cle. Elle est aujourd&rsquo;hui une plante embl\u00e9matique des collections de campanules des jardins botaniques alpins europ\u00e9ens.<\/p>\n<hr>\n<h3>Culture et exigences agronomiques<\/h3>\n<p>La campanule des Alpes est une plante de rocaille alpine exigeante, r\u00e9serv\u00e9e aux jardiniers exp\u00e9riment\u00e9s. Sa culture requiert un substrat calcaire, graveleux, tr\u00e8s bien drain\u00e9, pauvre en mati\u00e8re organique. L&#8217;emplacement id\u00e9al est une auge alpine, un jardin de gravier ou une rocaille sur\u00e9lev\u00e9e en plein soleil. Le semis se fait en automne en terrine, les graines \u00e9tant d\u00e9pos\u00e9es en surface sur un m\u00e9lange de sable grossier et de gravier fin. Une stratification froide naturelle (hiver \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur) est n\u00e9cessaire. La germination, lente et capricieuse, peut intervenir au printemps suivant ou plus tard. La division des touffes est possible mais d\u00e9licate, le syst\u00e8me racinaire \u00e9tant fragile. L&rsquo;arrosage est minimal, un bon drainage \u00e9tant essentiel. L&rsquo;exc\u00e8s d&rsquo;humidit\u00e9 hivernale est la premi\u00e8re cause de mortalit\u00e9 en culture. La rusticit\u00e9 au froid est excellente (-25 \u00b0C), mais la plante supporte mal les hivers doux et humides sans couverture neigeuse.<\/p>\n<hr>\n<h3>Statut de conservation et r\u00e9glementation<\/h3>\n<p>La campanule des Alpes est prot\u00e9g\u00e9e au niveau national en France, inscrite sur la liste des esp\u00e8ces v\u00e9g\u00e9tales prot\u00e9g\u00e9es sur l&rsquo;ensemble du territoire (arr\u00eat\u00e9 du 20 janvier 1982). Sa cueillette, sa destruction, son transport et sa commercialisation sont interdits. Elle est inscrite sur la liste rouge nationale des plantes menac\u00e9es de France m\u00e9tropolitaine. De nombreuses stations se trouvent dans des espaces prot\u00e9g\u00e9s : Parc national du Mercantour, Parc national des \u00c9crins, r\u00e9serves naturelles du Queyras et de l&rsquo;Ubaye. En Italie, elle b\u00e9n\u00e9ficie \u00e9galement de protections r\u00e9gionales. La directive Habitats ne la mentionne pas sp\u00e9cifiquement, mais ses habitats (pelouses alpines, \u00e9boulis calcaires) sont des habitats d&rsquo;int\u00e9r\u00eat communautaire. La conservation de cette esp\u00e8ce n\u00e9cessite la protection de ses habitats de haute altitude et la surveillance des impacts du changement climatique et des activit\u00e9s r\u00e9cr\u00e9atives.<\/p>\n<hr>\n<h3>Anecdotes et curiosit\u00e9s historiques<\/h3>\n<p>La campanule des Alpes est consid\u00e9r\u00e9e comme l&rsquo;une des plus belles campanules du monde, et sa floraison est un \u00e9v\u00e9nement attendu par les botanistes alpinistes chaque \u00e9t\u00e9. Carlo Allioni la d\u00e9crivit en 1785 dans sa <em>Flora Pedemontana<\/em>, un ouvrage monumental sur la flore du Pi\u00e9mont. Le botaniste fran\u00e7ais Dominique Villars la d\u00e9crivit ind\u00e9pendamment la m\u00eame ann\u00e9e sous le nom de <em>Campanula allionii<\/em>. La question de la priorit\u00e9 nomenclaturale entre les deux noms a fait l&rsquo;objet de d\u00e9bats pendant deux si\u00e8cles. La disproportion entre la taille minuscule de la plante (5-10 cm) et la taille de sa fleur (3-5 cm) est l&rsquo;une des plus extr\u00eames du r\u00e8gne v\u00e9g\u00e9tal. Cette \u00ab strat\u00e9gie de la grande fleur \u00bb est interpr\u00e9t\u00e9e comme une adaptation \u00e0 la faible densit\u00e9 de pollinisateurs en haute altitude : une fleur tr\u00e8s visible et tr\u00e8s attractive augmente les chances de visite. La campanule des Alpes est l&rsquo;une des esp\u00e8ces embl\u00e9matiques des flores alpines illustr\u00e9es, figurant dans presque tous les guides de la flore de montagne.<\/p>\n<hr>\n<h3>Confusions possibles<\/h3>\n<p>La campanule des Alpes peut \u00eatre confondue avec quelques campanules alpines. La <em>Campanula cenisia<\/em> (campanule du Mont-Cenis), esp\u00e8ce des \u00e9boulis, poss\u00e8de des fleurs plus petites, bleu p\u00e2le, et des feuilles basales plus arrondies. La <em>Campanula cochleariifolia<\/em> (campanule naine) a des fleurs pendantes plus petites et un port stolonif\u00e8re plus \u00e9tal\u00e9. La <em>Campanula scheuchzeri<\/em> (campanule de Scheuchzer) est plus haute (10-30 cm) avec des feuilles caulinaires lin\u00e9aires et des fleurs plus \u00e9troites. La <em>Campanula barbata<\/em> (campanule barbue) se reconna\u00eet \u00e0 ses longs poils blancs \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de la corolle. La <em>Phyteuma hemisphaericum<\/em> (raiponce h\u00e9misph\u00e9rique), Campanulaceae \u00e0 fleurs bleues, a une inflorescence en t\u00eate globuleuse tr\u00e8s diff\u00e9rente. Le crit\u00e8re distinctif de la campanule des Alpes est la combinaison d&rsquo;une fleur solitaire d\u00e9mesur\u00e9ment grande (3-5 cm) sur une tige naine (3-10 cm) dans un habitat d&rsquo;\u00e9boulis calcaire de haute altitude.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>La campanule des Alpes est un joyau de la flore alpine europ\u00e9enne, dont l&rsquo;end\u00e9misme \u00e9troit et la beaut\u00e9 saisissante en font une esp\u00e8ce patrimoniale de premier ordre. Sa conservation est indissociable de celle des milieux de haute altitude des Alpes sud-occidentales, habitats fragiles menac\u00e9s par le changement climatique et les activit\u00e9s humaines. Les perspectives de recherche incluent le suivi d\u00e9mographique des populations dans le contexte du r\u00e9chauffement climatique, l&rsquo;\u00e9tude de sa biologie de la pollinisation en haute altitude, et l&rsquo;exploration de sa composition phytochimique. En horticulture alpine, elle demeure un troph\u00e9e pour les collectionneurs et un symbole de la beaut\u00e9 des milieux extr\u00eames. La campanule des Alpes nous rappelle que les tr\u00e9sors de la biodiversit\u00e9 se trouvent souvent dans les lieux les plus recul\u00e9s et les plus inhospitaliers, l\u00e0 o\u00f9 la vie s&rsquo;exprime avec une intensit\u00e9 inversement proportionnelle aux contraintes qu&rsquo;elle surmonte.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/results?q=Campanula%20alpestris\">Plants of the World Online, Kew : <em>Campanula alpestris<\/em><\/a>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/?s=Campanula+alpestris\">Tela Botanica \/ eFlore : <em>Campanula alpestris<\/em><\/a>.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antimicrobien<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE La Campanula alpestris All. (syn. Campanula allionii Vill.), commun\u00e9ment appel\u00e9e campanule des Alpes ou campanule d&rsquo;Allioni, est une plante vivace de [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[59],"tags":[],"class_list":["post-785","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-campanulacees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/785","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=785"}],"version-history":[{"count":10,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/785\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13880,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/785\/revisions\/13880"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=785"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=785"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=785"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}