{"id":787,"date":"2026-03-26T11:28:23","date_gmt":"2026-03-26T10:28:23","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/campanule-des-murailles\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:15","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:15","slug":"campanule-des-murailles","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/campanule-des-murailles\/","title":{"rendered":"CAMPANULE DES MURAILLES"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/campanule-des-murailles.png\" alt=\"Planche botanique Campanule des murailles\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>La <em>Campanula portenschlagiana<\/em> Schult. (syn. <em>Campanula muralis<\/em> auct.), commun\u00e9ment appel\u00e9e campanule des murailles ou campanule de Portenschlag, est une plante vivace de la famille des <strong>Campanulaceae<\/strong>. Le genre <em>Campanula<\/em>, l&rsquo;un des plus vastes de la flore europ\u00e9enne avec environ 500 esp\u00e8ces, tire son nom du latin <em>campana<\/em> (cloche), en allusion \u00e0 la forme caract\u00e9ristique des fleurs. L&rsquo;esp\u00e8ce est d\u00e9di\u00e9e au botaniste autrichien Franz von Portenschlag-Ledermayer (1772-1822), qui l&rsquo;a r\u00e9colt\u00e9e en Dalmatie. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>muralis<\/em>, souvent utilis\u00e9e dans le commerce horticole, souligne son affinit\u00e9 pour les murs et les rochers. Cette campanule est l&rsquo;une des esp\u00e8ces ornementales les plus cultiv\u00e9es du genre, appr\u00e9ci\u00e9e pour sa floraison abondante et son adaptation aux milieux rocheux.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>La campanule des murailles est une plante vivace formant des coussins compacts et \u00e9tal\u00e9s, hauts de 10 \u00e0 20 cm en fleur, pouvant s&rsquo;\u00e9tendre sur 30 \u00e0 50 cm de largeur. La souche est ligneuse, rampante, produisant de nombreuses tiges couch\u00e9es-ascendantes, gr\u00eales, glabres ou faiblement pubescentes. Les feuilles sont alternes, longuement p\u00e9tiol\u00e9es pour les basales, plus bri\u00e8vement pour les caulinaires. Le limbe est r\u00e9niforme \u00e0 orbiculaire-cord\u00e9, long de 2 \u00e0 4 cm, \u00e0 marge cr\u00e9nel\u00e9e-dent\u00e9e, glabre, vert fonc\u00e9 luisant. Les fleurs sont group\u00e9es en panicules terminales l\u00e2ches de 3 \u00e0 15 fleurs. Chaque fleur est en forme de cloche \u00e9vas\u00e9e, longue de 15 \u00e0 20 mm, bleu-violet intense, \u00e0 cinq lobes \u00e9tal\u00e9s. Le calice est \u00e0 cinq dents lin\u00e9aires, glabres. Les cinq \u00e9tamines sont libres, \u00e0 filets cili\u00e9s \u00e0 la base. Le style est trifide. Le fruit est une capsule pendante, s&rsquo;ouvrant par trois pores basaux, lib\u00e9rant de nombreuses graines tr\u00e8s petites, brun clair, oblongues. Le syst\u00e8me racinaire est fibreux, s&rsquo;insinuant dans les fissures des rochers et des murs.<\/p>\n<hr>\n<h3>Habitat naturel et r\u00e9partition g\u00e9ographique<\/h3>\n<p>La campanule des murailles est end\u00e9mique des montagnes calcaires de Dalmatie (actuelle Croatie), o\u00f9 elle pousse dans les fissures de rochers, les falaises calcaires, les \u00e9boulis stabilis\u00e9s et les murs de pierres s\u00e8ches, entre 200 et 1 500 m d&rsquo;altitude. Son aire naturelle est extr\u00eamement restreinte, limit\u00e9e aux montagnes c\u00f4ti\u00e8res de la c\u00f4te dalmate et \u00e0 quelques \u00eeles de l&rsquo;Adriatique. Elle affectionne les substrats calcaires, bien drain\u00e9s, en exposition ensoleill\u00e9e \u00e0 semi-ombrag\u00e9e. En raison de sa grande popularit\u00e9 horticole, elle est cultiv\u00e9e dans les jardins du monde entier et s&rsquo;est localement naturalis\u00e9e sur les vieux murs et les ruines dans plusieurs pays d&rsquo;Europe occidentale. En France, on la rencontre subspontan\u00e9e sur les murs anciens et les rocailles abandonn\u00e9es, principalement dans les r\u00e9gions \u00e0 climat doux. Elle tol\u00e8re un ombrage partiel et une humidit\u00e9 atmosph\u00e9rique \u00e9lev\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h3>Cycle de vie et ph\u00e9nologie<\/h3>\n<p>La campanule des murailles est une plante vivace cham\u00e9phyte, dont le feuillage est semi-persistant en climat doux et caduc en climat froid. La reprise de v\u00e9g\u00e9tation d\u00e9bute en mars-avril, les nouvelles pousses \u00e9mergeant de la souche ligneuse. La croissance v\u00e9g\u00e9tative est rapide au printemps, les stolons s&rsquo;allongeant et les feuilles se d\u00e9ployant. La floraison principale se d\u00e9roule de juin \u00e0 ao\u00fbt, souvent avec une remont\u00e9e en septembre-octobre si les conditions sont favorables. La floraison est tr\u00e8s abondante, le coussin v\u00e9g\u00e9tal disparaissant presque enti\u00e8rement sous les fleurs bleu-violet. La pollinisation est entomophile, assur\u00e9e par les abeilles, les bourdons et les syrphes. La fructification se poursuit d&rsquo;ao\u00fbt \u00e0 octobre, les capsules pendantes lib\u00e9rant les graines minuscules par les pores basaux, la dispersion \u00e9tant assur\u00e9e par le vent et la pluie. La multiplication v\u00e9g\u00e9tative par les stolons rampants est le principal mode de propagation, permettant l&rsquo;extension progressive du coussin.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>La composition chimique de la campanule des murailles est peu \u00e9tudi\u00e9e. Par analogie avec les autres esp\u00e8ces de <em>Campanula<\/em>, on peut s&rsquo;attendre \u00e0 la pr\u00e9sence de <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/saponines-triterpeniques\/\">saponines triterp\u00e9niques<\/a><\/strong>, compos\u00e9s amers et tensioactifs caract\u00e9ristiques de la famille des Campanulaceae. Des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> (d\u00e9riv\u00e9s de la <strong>lut\u00e9oline<\/strong> et de l&rsquo;<strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/apigenine\/\">apig\u00e9nine<\/a><\/strong>), des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> et des <strong>anthocyanes<\/strong> (responsables de la couleur bleu-violet des fleurs) sont vraisemblablement pr\u00e9sents. Les <strong>inulines<\/strong>, polysaccharides de r\u00e9serve courants chez les Campanulaceae, sont probablement stock\u00e9s dans les racines. Le latex blanc, laiteux, observable \u00e0 la cassure des tiges de nombreuses campanules, contient des compos\u00e9s terp\u00e9niques et des <strong>polyac\u00e9tyl\u00e8nes<\/strong>. Les feuilles contiennent de la <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/chlorophylle\/\">chlorophylle<\/a><\/strong>, des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/carotenoides\/\">carot\u00e9no\u00efdes<\/a><\/strong> et de la <strong>vitamine C<\/strong>. Aucune substance toxique n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 signal\u00e9e dans cette esp\u00e8ce.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>La campanule des murailles ne poss\u00e8de pas de propri\u00e9t\u00e9s m\u00e9dicinales \u00e9tablies. Aucune \u00e9tude pharmacologique n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 conduite sp\u00e9cifiquement sur cette esp\u00e8ce. Cependant, d&rsquo;autres campanules sont utilis\u00e9es en m\u00e9decine traditionnelle dans diverses r\u00e9gions du monde. En m\u00e9decine populaire europ\u00e9enne, les racines de <em>Campanula rapunculus<\/em> (raiponce) \u00e9taient consomm\u00e9es comme tonique et les feuilles appliqu\u00e9es sur les plaies. En m\u00e9decine traditionnelle chinoise, plusieurs esp\u00e8ces de <em>Campanula<\/em> sont employ\u00e9es comme anti-inflammatoires et expectorantes. Les saponines et les polyac\u00e9tyl\u00e8nes communs aux Campanulaceae poss\u00e8dent des propri\u00e9t\u00e9s antimicrobiennes et anti-inflammatoires d\u00e9montr\u00e9es in vitro. Ces donn\u00e9es sugg\u00e8rent un potentiel pharmacologique non explor\u00e9 chez <em>C. portenschlagiana<\/em>, mais aucune validation clinique ou m\u00eame pr\u00e9clinique n&rsquo;existe pour cette esp\u00e8ce sp\u00e9cifique.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Donn\u00e9es cliniques limit\u00e9es ; usage essentiellement traditionnel. <strong>Niveau de preuve :<\/strong> usage traditionnel.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Flavono\u00efdes<\/td>\n<td>Flavono\u00efde<\/td>\n<td>Antioxydant, anti-inflammatoire<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Lut\u00e9oline<\/td>\n<td>Flavone<\/td>\n<td>Antioxydant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acides ph\u00e9noliques<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Anthocyanes<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Inulines<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>La campanule des murailles ne fait l&rsquo;objet d&rsquo;aucune transformation alimentaire, m\u00e9dicinale ou industrielle. Son utilisation est exclusivement ornementale. En p\u00e9pini\u00e8re, la production de plants se fait principalement par division et bouturage, les plantes \u00e9tant commercialis\u00e9es en godets de 9 cm. Quelques cultivars sont disponibles : &lsquo;Resholt&rsquo;s Variety&rsquo; se distingue par ses fleurs d&rsquo;un bleu particuli\u00e8rement intense et son port tr\u00e8s compact. &lsquo;Birch Hybrid&rsquo;, issu d&rsquo;un croisement avec <em>C. poscharskyana<\/em>, offre une vigueur accrue et des fleurs bleu p\u00e2le plus \u00e9toil\u00e9es. En am\u00e9nagement paysager, la campanule des murailles est largement utilis\u00e9e pour la v\u00e9g\u00e9talisation des murs de sout\u00e8nement, des escaliers en pierre, des joints de dallage et des toitures v\u00e9g\u00e9tales extensives. En jardinerie, elle figure parmi les plantes vivaces les plus vendues en Europe.<\/p>\n<hr>\n<h3>Aspects \u00e9cologiques et environnementaux<\/h3>\n<p>La campanule des murailles, dans son habitat naturel dalmate, joue un r\u00f4le \u00e9cologique dans les communaut\u00e9s chasmophytiques (plantes des fissures de rochers) des falaises calcaires. Ses racines contribuent \u00e0 la stabilisation des parois rocheuses et \u00e0 la colonisation des microhabitats min\u00e9raux. Ses fleurs constituent une ressource mellif\u00e8re et pollinif\u00e8re importante pour les insectes pollinisateurs des milieux rupestres. En culture, elle contribue \u00e0 la biodiversit\u00e9 des jardins et des espaces verts en attirant de nombreux pollinisateurs. Son adaptation aux conditions de faible substrat en fait une esp\u00e8ce utile pour la v\u00e9g\u00e9talisation \u00e9cologique des surfaces min\u00e9rales urbaines. En tant qu&rsquo;esp\u00e8ce subspontan\u00e9e sur les vieux murs en Europe occidentale, elle ne constitue pas une menace pour la flore indig\u00e8ne, les milieux qu&rsquo;elle colonise \u00e9tant pauvres en esp\u00e8ces. Son impact \u00e9cologique est globalement positif dans les contextes urbains et p\u00e9riurbains.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Toxicit\u00e9 non document\u00e9e ; en l\u2019absence de donn\u00e9es, s\u2019abstenir de tout usage interne non encadr\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>L&rsquo;usage ethnobotanique de la campanule des murailles est limit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;horticulture ornementale. Dans son aire d&rsquo;origine dalmate, elle ne semble pas avoir fait l&rsquo;objet de cueillette alimentaire ou m\u00e9dicinale, contrairement \u00e0 la raiponce (<em>C. rapunculus<\/em>), dont les racines et les feuilles sont comestibles. Son introduction en culture europ\u00e9enne remonte au d\u00e9but du XIXe si\u00e8cle, lorsque les botanistes et collectionneurs autrichiens la rapport\u00e8rent des montagnes dalmates. Elle devint rapidement populaire dans les jardins de rocaille victoriens et \u00e9douardiens, sa capacit\u00e9 \u00e0 coloniser les murs et les joints de pierre \u00e9tant particuli\u00e8rement pris\u00e9e. En Angleterre, elle re\u00e7ut l&rsquo;Award of Garden Merit de la Royal Horticultural Society, consacrant son statut de plante de jardin exceptionnelle. Dans les villages dalmates, les campanules poussant sur les murs anciens font partie int\u00e9grante du paysage culturel et sont parfois mentionn\u00e9es dans le folklore local.<\/p>\n<hr>\n<h3>Culture et exigences agronomiques<\/h3>\n<p>La campanule des murailles est une vivace ornementale extr\u00eamement facile \u00e0 cultiver, adapt\u00e9e aux rocailles, murets, bordures, pot\u00e9es et murs v\u00e9g\u00e9talis\u00e9s. Elle prosp\u00e8re en plein soleil ou \u00e0 mi-ombre, sur un sol bien drain\u00e9, m\u00eame pauvre et calcaire. Le drainage est le facteur cl\u00e9 : elle supporte la s\u00e9cheresse mais craint l&rsquo;exc\u00e8s d&rsquo;humidit\u00e9 hivernale. La multiplication se fait par division des touffes (au printemps ou \u00e0 l&rsquo;automne), par bouturage de pousses basales (au printemps) ou par semis (au printemps, germination en 14-21 jours \u00e0 18 \u00b0C). L&rsquo;espacement recommand\u00e9 est de 20 \u00e0 30 cm. Aucune fertilisation particuli\u00e8re n&rsquo;est n\u00e9cessaire. La taille apr\u00e8s la premi\u00e8re floraison (rabattage l\u00e9ger des tiges florales) favorise une remont\u00e9e automnale. La rusticit\u00e9 est bonne, jusqu&rsquo;\u00e0 -15 \u00b0C environ, mais un paillage hivernal est conseill\u00e9 dans les r\u00e9gions les plus froides. La campanule des murailles est rarement affect\u00e9e par les maladies ou les ravageurs, \u00e0 l&rsquo;exception des limaces en conditions humides.<\/p>\n<hr>\n<h3>Statut de conservation et r\u00e9glementation<\/h3>\n<p>La campanule des murailles pr\u00e9sente un statut de conservation contrast\u00e9. En culture, elle est surabondante et ne court aucun risque. Cependant, dans son aire d&rsquo;origine restreinte (c\u00f4te dalmate), ses populations naturelles sont potentiellement vuln\u00e9rables. L&rsquo;end\u00e9misme \u00e9troit de cette esp\u00e8ce la rend sensible aux perturbations locales : urbanisation c\u00f4ti\u00e8re, exploitation de carri\u00e8res, tourisme de masse le long de la c\u00f4te adriatique. En Croatie, elle ne b\u00e9n\u00e9ficie pas de statut de protection sp\u00e9cifique, bien que certaines de ses stations soient situ\u00e9es dans des zones prot\u00e9g\u00e9es. Elle ne figure pas sur les listes rouges de l&rsquo;UICN. Aucune r\u00e9glementation ne concerne sa culture, sa commercialisation ou sa cueillette en dehors de son aire d&rsquo;origine. La conservation in situ de ses populations naturelles m\u00e9riterait une attention accrue de la part des autorit\u00e9s croates de protection de la nature.<\/p>\n<hr>\n<h3>Anecdotes et curiosit\u00e9s historiques<\/h3>\n<p>La campanule des murailles est un exemple parfait de plante end\u00e9mique devenue cosmopolite par la culture. Franz von Portenschlag-Ledermayer, le botaniste autrichien qui lui a donn\u00e9 son nom, la r\u00e9colta lors d&rsquo;une exp\u00e9dition en Dalmatie au d\u00e9but du XIXe si\u00e8cle. Il \u00e9tait passionn\u00e9 par la flore des r\u00e9gions adriatiques de l&rsquo;Empire austro-hongrois. La plante fut d\u00e9crite formellement par le botaniste Josef August Schultes en 1819. La confusion nomenclaturale entre <em>C. portenschlagiana<\/em> et <em>C. poscharskyana<\/em> (campanule de Poscharski), esp\u00e8ce dalmate voisine, est une source d&rsquo;erreur fr\u00e9quente dans les jardineries. <em>C. poscharskyana<\/em> se distingue par ses fleurs plus \u00e9toil\u00e9es (\u00e0 lobes plus profond\u00e9ment divis\u00e9s) et son port plus retombant. La campanule des murailles est l&rsquo;une des plantes vivaces les plus photographi\u00e9es au monde, ses cascades de fleurs bleues d\u00e9bordant des murs et des pot\u00e9es \u00e9tant un sujet favori des photographes de jardins.<\/p>\n<hr>\n<h3>Confusions possibles<\/h3>\n<p>La confusion la plus fr\u00e9quente concerne la <em>Campanula poscharskyana<\/em> (campanule de Poscharski), esp\u00e8ce dalmate voisine cultiv\u00e9e dans les m\u00eames conditions. <em>C. poscharskyana<\/em> se distingue par ses fleurs \u00e0 lobes plus profonds (\u00e9toil\u00e9es plut\u00f4t qu&rsquo;en cloche), son port plus retombant et sa vigueur plus grande. La <em>Campanula garganica<\/em> (campanule du Gargano), italienne, poss\u00e8de des fleurs \u00e9toil\u00e9es bleu p\u00e2le et des feuilles r\u00e9niformes plus petites. La <em>Campanula carpatica<\/em> (campanule des Carpates) a des fleurs plus grandes, en coupe ouverte, et un port plus dress\u00e9. La <em>Campanula cochleariifolia<\/em> (campanule naine) a des fleurs pendantes plus petites et un port plus bas. La <em>Campanula rotundifolia<\/em> (campanule \u00e0 feuilles rondes), indig\u00e8ne, se reconna\u00eet \u00e0 ses feuilles caulinaires lin\u00e9aires et ses fleurs pendantes sur de longs p\u00e9doncules. Le crit\u00e8re distinctif de <em>C. portenschlagiana<\/em> est la combinaison de fleurs en cloche \u00e9vas\u00e9e bleu-violet, de feuilles r\u00e9niformes cr\u00e9nel\u00e9es et d&rsquo;un port en coussin compact.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>La campanule des murailles illustre parfaitement le potentiel ornemental des esp\u00e8ces end\u00e9miques de montagne. Sa robustesse, sa floraison spectaculaire et son adaptation aux conditions difficiles (rochers, murs, sols pauvres) en font une plante de jardin exemplaire, applicable aux enjeux contemporains de v\u00e9g\u00e9talisation urbaine et de jardinage \u00e0 faible entretien. Les perspectives de d\u00e9veloppement concernent la s\u00e9lection de nouveaux cultivars \u00e0 fleurs de couleurs vari\u00e9es (blanc, rose), la cr\u00e9ation d&rsquo;hybrides performants avec d&rsquo;autres esp\u00e8ces dalmates, et l&rsquo;utilisation en v\u00e9g\u00e9talisation extensive des infrastructures urbaines. La conservation de ses populations naturelles en Dalmatie m\u00e9rite une vigilance accrue dans un contexte de d\u00e9veloppement touristique intense sur la c\u00f4te adriatique. Cette campanule rappelle que les montagnes des Balkans rec\u00e8lent un patrimoine botanique exceptionnel, dont la valorisation horticole peut contribuer \u00e0 la sensibilisation du public \u00e0 la conservation de la flore sauvage.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/results?q=Campanula%20portenschlagiana\">Plants of the World Online, Kew : <em>Campanula portenschlagiana<\/em><\/a>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/?s=Campanula+portenschlagiana\">Tela Botanica \/ eFlore : <em>Campanula portenschlagiana<\/em><\/a>.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Expectorant (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Tonique<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antimicrobien<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. 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