{"id":793,"date":"2026-03-26T11:28:31","date_gmt":"2026-03-26T10:28:31","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/jasione-des-montagnes\/"},"modified":"2026-06-24T17:41:21","modified_gmt":"2026-06-24T15:41:21","slug":"jasione-des-montagnes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/jasione-des-montagnes\/","title":{"rendered":"JASIONE DES MONTAGNES"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Jasione%20des%20montagnes.jpg\" alt=\"Planche botanique Jasione des montagnes\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<p><em>Jasione montana<\/em> L.<\/p>\n<figure class=\"botanical-commons-figure botanical-commons-figure--jasione-des-montagnes\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/jasione-des-montagnes-transparent.png\" alt=\"Planche botanique de la jasione des montagnes (Jasione montana)\" style=\"width:100%;max-width:100%;height:auto\" \/><\/figure>\n<p><strong>Famille :<\/strong> Campanulaceae.<\/p>\n<p><strong>Noms vernaculaires :<\/strong> jasione des montagnes, herbe \u00e0 midi, mouton, jasione de montagne, Berg-Sandgl\u00f6ckchen (allemand), sheep&rsquo;s bit (anglais).<\/p>\n<p>La jasione des montagnes est une petite Campanulac\u00e9e des sols pauvres et acides que l&rsquo;on confond souvent, \u00e0 premi\u00e8re vue, avec une scabieuse ou un bleuet miniature. Son capitule globuleux bleu lavande, port\u00e9 sur une tige gr\u00eale au-dessus d&rsquo;une rosette de feuilles ondul\u00e9es, est pourtant celui d&rsquo;une vraie Campanulac\u00e9e \u2014 la seule du genre <em>Jasione<\/em> \u00e0 \u00eatre v\u00e9ritablement commune en France. Elle pousse sur les pelouses s\u00e8ches, les talus sableux, les landes rases et les rochers siliceux, dans une niche \u00e9cologique que les vraies campanules n&rsquo;occupent pas.<\/p>\n<p>Phytochimiquement, <em>Jasione montana<\/em> est l&rsquo;esp\u00e8ce la mieux \u00e9tudi\u00e9e du genre, gr\u00e2ce aux travaux r\u00e9cents de l&rsquo;\u00e9quipe de Tomczyk (2021, 2022) qui ont identifi\u00e9 25 compos\u00e9s ph\u00e9noliques par LC-MS, domin\u00e9s par la <strong>lut\u00e9oline<\/strong> et ses glycosides, et d\u00e9montr\u00e9 des activit\u00e9s anticanc\u00e9reuses et cicatrisantes in vitro. C&rsquo;est une plante discr\u00e8te mais chimiquement plus int\u00e9ressante que sa petite taille ne le laisse supposer.<\/p>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>R\u00e8gne :<\/strong> Plantae<\/li>\n<li><strong>Division :<\/strong> Magnoliophyta (Angiospermes)<\/li>\n<li><strong>Classe :<\/strong> Magnoliopsida (Dicotyl\u00e9dones)<\/li>\n<li><strong>Ordre :<\/strong> Asterales<\/li>\n<li><strong>Famille :<\/strong> Campanulaceae<\/li>\n<li><strong>Genre :<\/strong> <em>Jasione<\/em><\/li>\n<li><strong>Esp\u00e8ce :<\/strong> <em>Jasione montana<\/em> L.<\/li>\n<li><strong>Noms vernaculaires :<\/strong> jasione des montagnes, herbe \u00e0 midi, sheep&rsquo;s bit<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>\u00c9tymologie :<\/strong> <em>Jasione<\/em> vient du grec ancien \u1f34\u03b1\u03c3\u03b9\u03c2 (<em>iasis<\/em>), \u00ab gu\u00e9rison \u00bb, peut-\u00eatre en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 des usages m\u00e9dicinaux anciens et oubli\u00e9s. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>montana<\/em> est trompeur : la plante n&rsquo;est pas strictement montagnarde et pousse aussi bien en plaine, sur des sols secs et pauvres, que dans les landes d&rsquo;altitude. Le nom anglais \u00ab sheep&rsquo;s bit \u00bb (bouch\u00e9e de mouton) \u00e9voque sa pr\u00e9sence dans les p\u00e2turages maigres brout\u00e9s par les ovins.<\/p>\n<p><strong>Remarque taxonomique :<\/strong> le genre <em>Jasione<\/em> se distingue de tous les autres genres de Campanulac\u00e9es europ\u00e9ennes par la combinaison de fleurs \u00e0 corolle profond\u00e9ment divis\u00e9e en 5 lobes lin\u00e9aires (comme les <em>Phyteuma<\/em>) mais regroup\u00e9es en capitules munis d&rsquo;un <strong>involucre de bract\u00e9es foliac\u00e9es<\/strong> soud\u00e9es \u00e0 la base (comme les Ast\u00e9rac\u00e9es) \u2014 une convergence morphologique qui trompe souvent le regard au premier abord. Les anth\u00e8res sont bri\u00e8vement conn\u00e9es \u00e0 la base (soud\u00e9es entre elles), autre caract\u00e8re distinctif du genre.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>La jasione des montagnes est une plante annuelle ou bisannuelle (rarement p\u00e9renne), de 10 \u00e0 50 cm de hauteur, gr\u00eale, dress\u00e9e ou ascendante, souvent rameuse d\u00e8s la base. L&rsquo;ensemble de la plante est couvert de poils \u00e9tal\u00e9s ou hispides, \u00e0 texture rugueuse au toucher. La racine est pivotante, fine, peu charnue \u2014 la plante n&rsquo;est pas un organe de r\u00e9serve comme les raiponces.<\/p>\n<p>Les feuilles basales forment une rosette souvent fan\u00e9e au moment de la floraison. Elles sont <strong>oblongues \u00e0 lanc\u00e9ol\u00e9es<\/strong>, \u00e0 bord <strong>ondul\u00e9-crisp\u00e9<\/strong> (caract\u00e8re tr\u00e8s distinctif \u2014 les feuilles semblent gaufr\u00e9es ou cr\u00e9pues sur les bords), sessiles, hispides. Les feuilles caulinaires sont alternes, plus petites, \u00e0 bord \u00e9galement ondul\u00e9.<\/p>\n<p>L&rsquo;inflorescence est un <strong>capitule terminal globuleux<\/strong>, de 1 \u00e0 2 cm de diam\u00e8tre, dense, entour\u00e9 \u00e0 sa base d&rsquo;un <strong>involucre de bract\u00e9es foliac\u00e9es<\/strong> (souvent dent\u00e9es) soud\u00e9es entre elles par la base. Les fleurs sont nombreuses (20 \u00e0 40), \u00e0 corolle divis\u00e9e en <strong>5 lobes lin\u00e9aires<\/strong> bleu lavande \u00e0 bleu ciel, parfois presque blancs. Le style, longuement saillant, \u00e9merge du tube staminal comme un petit pinceau \u2014 caract\u00e8re visible \u00e0 la loupe et typique du genre. Les anth\u00e8res sont bri\u00e8vement soud\u00e9es \u00e0 la base. L&rsquo;ovaire est inf\u00e8re.<\/p>\n<p>Le fruit est une capsule s&rsquo;ouvrant par 2 valves apicales (pas par des pores comme chez <em>Phyteuma<\/em>). La floraison s&rsquo;\u00e9tale de juin \u00e0 septembre, longue et \u00e9tal\u00e9e.<\/p>\n<p>L&rsquo;esp\u00e8ce pousse sur les <strong>sols acides, sableux, pauvres et secs<\/strong> : pelouses rases sur sable ou sur rocher siliceux, landes \u00e0 bruy\u00e8res, talus de chemins, bords de routes sur substrat granitique ou schisteux, dunes fix\u00e9es. Elle est <strong>silicicole<\/strong> et <strong>acidophile<\/strong>, absente des sols calcaires. Son altitude de pr\u00e9sence va du littoral (dunes) jusqu&rsquo;\u00e0 2 000 m en montagne. Elle est commune dans toute la France sur substrat acide : Bretagne, Massif central, Vosges, massifs cristallins alpins, Pyr\u00e9n\u00e9es, landes atlantiques.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Parties a\u00e9riennes fleuries :<\/strong> \u00e9tudi\u00e9es phytochimiquement (Tomczyk et al., 2021, 2022). Pas de drogue officinale reconnue.<\/li>\n<li><strong>Usage traditionnel :<\/strong> en m\u00e9decine populaire bi\u00e9lorusse, la plante \u00e9tait utilis\u00e9e pour les troubles du sommeil chez l&rsquo;enfant \u2014 usage ethnobotanique isol\u00e9 et non valid\u00e9 cliniquement.<\/li>\n<\/ul>\n<p>La jasione des montagnes n&rsquo;est pas une plante m\u00e9dicinale au sens officiel. Son int\u00e9r\u00eat phytochimique \u00e9mergent (lut\u00e9oline, activit\u00e9s anticanc\u00e9reuses et cicatrisantes in vitro) la place cependant au-dessus du simple inventaire floristique.<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<h3>A. Lut\u00e9oline et ses glycosides : marqueurs dominants<\/h3>\n<p>L&rsquo;analyse par LC-PDA-ESI-MS\/TOF des parties a\u00e9riennes de <em>J. montana<\/em> (Juszczak et al., 2021, 2022) a identifi\u00e9 <strong>25 compos\u00e9s ph\u00e9noliques<\/strong>. La fraction est largement domin\u00e9e par la <strong>lut\u00e9oline<\/strong> (5,7,3&prime;,4&prime;-t\u00e9trahydroxyflavone) et ses d\u00e9riv\u00e9s glycosyl\u00e9s : la <strong>lut\u00e9oline-7-<em>O<\/em>-glucoside<\/strong> (cynaroside) et la <strong>lut\u00e9oline-7-<em>O<\/em>-sambubioside<\/strong> (lut\u00e9oline-7-<em>O<\/em>-\u03b2-D-xylosyl-(1\u21922)-\u03b2-D-glucoside). Ces trois compos\u00e9s constituent les marqueurs analytiques principaux de l&rsquo;esp\u00e8ce.<\/p>\n<p>La lut\u00e9oline est un <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/flavones-2\/\">flavone<\/a><\/strong> bien document\u00e9 dans la litt\u00e9rature pharmacologique : anti-inflammatoire (inhibition de la voie NF-\u03baB), antioxydant puissant, et dot\u00e9 d&rsquo;activit\u00e9s antiprolif\u00e9ratives sur plusieurs lign\u00e9es tumorales. Sa pr\u00e9sence en concentration \u00e9lev\u00e9e chez <em>J. montana<\/em> fonde l&rsquo;essentiel de l&rsquo;int\u00e9r\u00eat pharmacognosique de la plante.<\/p>\n<h3>B. Acides ph\u00e9noliques<\/h3>\n<p>L&rsquo;acide <em>p<\/em>-coumarique et ses d\u00e9riv\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9s comme composants secondaires. L&rsquo;<strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique-2\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a><\/strong> est probablement pr\u00e9sent \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat de traces, conform\u00e9ment au profil habituel des Campanulac\u00e9es.<\/p>\n<h3>C. Activit\u00e9s biologiques document\u00e9es<\/h3>\n<p>Les extraits de <em>J. montana<\/em> ont montr\u00e9 in vitro :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Activit\u00e9 anticanc\u00e9reuse :<\/strong> inhibition de la viabilit\u00e9 cellulaire sur le m\u00e9lanome am\u00e9lanotique humain (lign\u00e9e C32), avec une cytotoxicit\u00e9 dose-d\u00e9pendante (Juszczak et al., 2021).<\/li>\n<li><strong>Activit\u00e9 cicatrisante :<\/strong> stimulation de la prolif\u00e9ration et de la migration des fibroblastes \u00e0 faibles concentrations (&lt;50 \u00b5g\/mL), effet comparable \u00e0 celui de l&rsquo;allanto\u00efne (standard cicatrisant). Activit\u00e9 anti-\u00e9lastase de la lut\u00e9oline pure (IC<sub>50<\/sub> = 39,9 \u00b5g\/mL). Modulation des cytokines inflammatoires (Juszczak et al., 2022).<\/li>\n<\/ul>\n<p>Ces r\u00e9sultats sont strictement pr\u00e9cliniques (in vitro) et ne permettent aucune extrapolation th\u00e9rapeutique directe, mais ils positionnent <em>J. montana<\/em> comme une esp\u00e8ce d&rsquo;int\u00e9r\u00eat pour la recherche.<\/p>\n<h3>D. Limites<\/h3>\n<p>Les donn\u00e9es proviennent d&rsquo;une seule \u00e9quipe de recherche (Universit\u00e9 de Bia\u0142ystok, Pologne). Les dosages n&rsquo;ont pas \u00e9t\u00e9 r\u00e9pliqu\u00e9s sur des populations fran\u00e7aises. La variabilit\u00e9 infrasp\u00e9cifique est inconnue. C&rsquo;est un profil \u00e9mergent, prometteur mais encore partiel.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Anti-inflammatoire :<\/strong> la lut\u00e9oline inhibe la voie NF-\u03baB et r\u00e9duit la production de cytokines pro-inflammatoires (IL-6, TNF-\u03b1).<\/li>\n<li><strong>Antioxydant :<\/strong> la lut\u00e9oline et ses glycosides pi\u00e8gent efficacement les radicaux libres (DPPH, ABTS).<\/li>\n<li><strong>Antiprolif\u00e9ratif :<\/strong> activit\u00e9 cytotoxique sur m\u00e9lanome am\u00e9lanotique humain in vitro.<\/li>\n<li><strong>Cicatrisant :<\/strong> stimulation de la migration des fibroblastes, inhibition de l&rsquo;\u00e9lastase.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Ces m\u00e9canismes sont document\u00e9s pour la lut\u00e9oline comme mol\u00e9cule et pour les extraits de <em>J. montana<\/em> in vitro. Aucune donn\u00e9e clinique humaine n&rsquo;existe.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Aucun essai clinique publi\u00e9. Usage traditionnel limit\u00e9 (s\u00e9datif infantile en Bi\u00e9lorussie). Aucune monographie officielle (ESCOP, Commission E).<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Lecture pharmacognosique<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Lut\u00e9oline<\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/flavones-2\/\">Flavone<\/a><\/td>\n<td>Marqueur dominant, anti-inflammatoire, anticanc\u00e9reux (pr\u00e9clinique), cicatrisant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Lut\u00e9oline-7-<em>O<\/em>-glucoside (cynaroside)<\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/flavones\/\">Flavone<\/a> glycosyl\u00e9e<\/td>\n<td>Antioxydant majeur des extraits<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Lut\u00e9oline-7-<em>O<\/em>-sambubioside<\/td>\n<td>Flavone diglycoside<\/td>\n<td>Compos\u00e9 sp\u00e9cifique, haute polarit\u00e9, int\u00e9r\u00eat analytique<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acide <em>p<\/em>-coumarique et d\u00e9riv\u00e9s<\/td>\n<td>Acides ph\u00e9noliques<\/td>\n<td>Fraction secondaire<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Aucune forme gal\u00e9nique officinale.<\/strong><\/li>\n<li>Usage traditionnel en d\u00e9coction pour troubles du sommeil de l&rsquo;enfant (Bi\u00e9lorussie) \u2014 non valid\u00e9.<\/li>\n<li>Pas de tradition culinaire document\u00e9e.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Aucune toxicit\u00e9 connue.<\/strong> La plante est consid\u00e9r\u00e9e comme non toxique.<\/li>\n<li>Pas de confusion dangereuse : le capitule \u00e0 involucre foliac\u00e9, les feuilles ondul\u00e9es et l&rsquo;habitat acide orientent sans ambigu\u00eft\u00e9.<\/li>\n<li>Plante commune, non menac\u00e9e dans la majeure partie de son aire.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>La jasione des montagnes n&rsquo;a laiss\u00e9 que tr\u00e8s peu de traces dans les pharmacop\u00e9es et les traditions herboristes. Son nom grec <em>iasis<\/em> (gu\u00e9rison) sugg\u00e8re un usage m\u00e9dicinal ancien, mais aucun texte pr\u00e9cis ne le documente en Europe occidentale. En m\u00e9decine populaire bi\u00e9lorusse, elle est mentionn\u00e9e comme s\u00e9datif infantile \u2014 usage isol\u00e9 et non v\u00e9rifi\u00e9.<\/p>\n<p>Sa vraie place est dans l&rsquo;histoire de la botanique de terrain : c&rsquo;est la plante que les d\u00e9butants confondent syst\u00e9matiquement avec une scabieuse (Dipsacac\u00e9es) ou un bleuet (Ast\u00e9rac\u00e9es), et dont la d\u00e9termination correcte \u2014 \u00ab c&rsquo;est une Campanulac\u00e9e \u00bb \u2014 marque souvent un progr\u00e8s dans l&rsquo;apprentissage des familles. Son capitule bleu \u00e0 involucre foliac\u00e9 est un cas d&rsquo;\u00e9cole de convergence morphologique entre familles non apparent\u00e9es.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p><em>Jasione montana<\/em> est une petite Campanulac\u00e9e des sols acides et sableux, annuelle ou bisannuelle, reconnaissable \u00e0 son capitule bleu lavande \u00e0 involucre foliac\u00e9 et \u00e0 ses feuilles \u00e0 bord ondul\u00e9-crisp\u00e9. Phytochimiquement, elle est domin\u00e9e par la lut\u00e9oline et ses glycosides (cynaroside, sambubioside), avec un total de 25 compos\u00e9s ph\u00e9noliques identifi\u00e9s. Des activit\u00e9s anticanc\u00e9reuses (m\u00e9lanome) et cicatrisantes (fibroblastes, anti-\u00e9lastase) ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9es in vitro par Juszczak et al. (2021, 2022). Ce n&rsquo;est pas encore une plante m\u00e9dicinale au sens officiel, mais c&rsquo;est une Campanulac\u00e9e des sols pauvres dont la chimie est plus riche et plus int\u00e9ressante que sa discr\u00e9tion de terrain ne le sugg\u00e8re.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li>Juszczak AM, Czarnomysy R, Strawa JW, Zovko Kon\u010di\u0107 M, Bielawski K, Tomczyk M. In Vitro Anticancer Potential of <em>Jasione montana<\/em> and Its Main Components against Human Amelanotic Melanoma Cells. <em>International Journal of Molecular Sciences<\/em>. 2021;22(7):3345. DOI : <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.3390\/ijms22073345\">10.3390\/ijms22073345<\/a>. PMID : <a href=\"https:\/\/pubmed.ncbi.nlm.nih.gov\/33805898\/\">33805898<\/a>.<\/li>\n<li>Juszczak AM, et al. Wound Healing Properties of <em>Jasione montana<\/em> Extracts and Their Main Secondary Metabolites. <em>Frontiers in Pharmacology<\/em>. 2022;13:894233. DOI : <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.3389\/fphar.2022.894233\">10.3389\/fphar.2022.894233<\/a>. PMID : <a href=\"https:\/\/pubmed.ncbi.nlm.nih.gov\/35620288\/\">35620288<\/a>.<\/li>\n<li>Plants of the World Online, Kew. <em>Jasione montana<\/em> L. : <a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/taxon\/urn:lsid:ipni.org:names:141690-1\">https:\/\/powo.science.kew.org\/taxon\/urn:lsid:ipni.org:names:141690-1<\/a>.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. Biotope \u00c9ditions, 2014.<\/li>\n<li>Bruneton J. <em>Pharmacognosie, phytochimie, plantes m\u00e9dicinales<\/em>. 5<sup>e<\/sup> \u00e9d., Lavoisier, 2016.<\/li>\n<li>Tela Botanica \u2013 <em>Jasione montana<\/em> L. : <a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/bdtfx-nn-35813\">https:\/\/www.tela-botanica.org\/bdtfx-nn-35813<\/a>.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Cicatrisant<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> S\u00e9datif<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antioxydant<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Jasione montana L. Famille : Campanulaceae. Noms vernaculaires : jasione des montagnes, herbe \u00e0 midi, mouton, jasione de montagne, Berg-Sandgl\u00f6ckchen (allemand), sheep&rsquo;s bit (anglais). La [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[59],"tags":[],"class_list":["post-793","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-campanulacees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/793","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=793"}],"version-history":[{"count":9,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/793\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":14085,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/793\/revisions\/14085"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=793"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=793"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=793"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}