{"id":795,"date":"2026-03-26T11:28:34","date_gmt":"2026-03-26T10:28:34","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/raiponce-des-alpes\/"},"modified":"2026-06-24T17:41:21","modified_gmt":"2026-06-24T15:41:21","slug":"raiponce-des-alpes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/raiponce-des-alpes\/","title":{"rendered":"RAIPONCE DES ALPES"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Raiponce%20de%20Scheuchzer.jpg\" alt=\"Planche botanique RAIPONCE DE SCHEUCHZER\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<p><em>Phyteuma scheuchzeri<\/em> All.<\/p>\n<figure class=\"botanical-commons-figure botanical-commons-figure--raiponce-des-alpes\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/raiponce-des-alpes-transparent-683x1035.png\" alt=\"Planche botanique de la raiponce des Alpes (Phyteuma scheuchzeri)\" style=\"width:100%;max-width:100%;height:auto\" \/><\/figure>\n<p><strong>Famille :<\/strong> Campanulaceae.<\/p>\n<p><strong>Noms vernaculaires :<\/strong> raiponce des Alpes, raiponce de Scheuchzer, Scheuchzers Teufelskralle (allemand), Scheuchzer&rsquo;s rampion (anglais).<\/p>\n<p>La raiponce des Alpes est l&rsquo;une des raiponces les plus spectaculaires du genre <em>Phyteuma<\/em>. Son capitule dense de fleurs bleu vif, presque \u00e9lectrique, port\u00e9 au sommet d&rsquo;une tige gr\u00eale sur fond de rocher ou de pierrier alpin, en fait une plante d&rsquo;une beaut\u00e9 saisissante, souvent consid\u00e9r\u00e9e comme la plus photog\u00e9nique des raiponces europ\u00e9ennes. Elle pousse dans les fissures de rochers, les \u00e9boulis stabilis\u00e9s et les falaises calcaires des Alpes et des montagnes p\u00e9rim\u00e9diterran\u00e9ennes, dans un habitat de rupture et de verticalit\u00e9 o\u00f9 peu d&rsquo;autres Campanulac\u00e9es s&rsquo;aventurent.<\/p>\n<p>Esp\u00e8ce rupicole et calcicole, elle se distingue nettement des autres raiponces par son \u00e9cologie de falaise, ses feuilles caulinaires \u00e9troitement lin\u00e9aires et la vivacit\u00e9 de son bleu. Sa phytochimie n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9e directement, mais le cadre chimiotaxonomique du genre \u2014 \u00e9tabli par les travaux sur <em>P. orbiculare<\/em> (Abbet et al., 2013) et sur le complexe <em>Phyteuma<\/em> (Ferrante et al., 2022) \u2014 permet de dessiner un profil plausible. Cette fiche la documente avec la m\u00eame rigueur que ses cousines, en distinguant clairement ce qui est mesur\u00e9 de ce qui est inf\u00e9r\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>R\u00e8gne :<\/strong> Plantae<\/li>\n<li><strong>Division :<\/strong> Magnoliophyta (Angiospermes)<\/li>\n<li><strong>Classe :<\/strong> Magnoliopsida (Dicotyl\u00e9dones)<\/li>\n<li><strong>Ordre :<\/strong> Asterales<\/li>\n<li><strong>Famille :<\/strong> Campanulaceae<\/li>\n<li><strong>Genre :<\/strong> <em>Phyteuma<\/em><\/li>\n<li><strong>Esp\u00e8ce :<\/strong> <em>Phyteuma scheuchzeri<\/em> All.<\/li>\n<li><strong>Noms vernaculaires :<\/strong> raiponce des Alpes, raiponce de Scheuchzer<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>\u00c9tymologie :<\/strong> l&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>scheuchzeri<\/em> rend hommage \u00e0 <strong>Johann Jakob Scheuchzer<\/strong> (1672-1733), m\u00e9decin, naturaliste et botaniste zurichois, l&rsquo;un des premiers savants \u00e0 explorer syst\u00e9matiquement les Alpes suisses et \u00e0 publier des descriptions de la flore alpine. Son ouvrage <em>Itinera per Helvetiae alpinas regiones<\/em> (1723) est un jalon de l&rsquo;histoire naturelle des montagnes. Que son nom soit port\u00e9 par une raiponce rupicole des falaises calcaires est un hommage m\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Remarque taxonomique :<\/strong> <em>P. scheuchzeri<\/em> est parfois confondu avec <em>P. charmelii<\/em> Vill. (raiponce de Charmeil), esp\u00e8ce tr\u00e8s voisine et end\u00e9mique des Pr\u00e9alpes du sud-ouest. La distinction repose principalement sur la forme des feuilles basales (lin\u00e9aires \u00e0 lanc\u00e9ol\u00e9es chez <em>scheuchzeri<\/em>, plus nettement spatul\u00e9es chez <em>charmelii<\/em>) et sur la distribution g\u00e9ographique. Les deux esp\u00e8ces partagent le m\u00eame habitat de falaise calcaire et la m\u00eame beaut\u00e9 florale.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>La raiponce des Alpes est une vivace herbac\u00e9e gr\u00eale, de 15 \u00e0 40 cm de hauteur, au port dress\u00e9 et strict. Elle s&rsquo;ancre dans les fissures de rochers et les interstices d&rsquo;\u00e9boulis par une <strong>souche rhizomateuse<\/strong> courte et une racine pivotante fine qui exploite les moindres poches de terre entre les pierres. La plante donne une impression d&rsquo;\u00e9lancement vertical sur fond min\u00e9ral \u2014 c&rsquo;est une plante de falaise, pas de pelouse.<\/p>\n<p>Les <strong>feuilles basales<\/strong> sont longuement p\u00e9tiol\u00e9es, \u00e0 limbe <strong>ovale-lanc\u00e9ol\u00e9 \u00e0 lanc\u00e9ol\u00e9<\/strong>, cr\u00e9nel\u00e9-dent\u00e9, assez \u00e9troit par rapport \u00e0 celles de <em>P. orbiculare<\/em> ou <em>P. spicatum<\/em>. Elles forment une rosette souvent discr\u00e8te, coinc\u00e9e dans la fissure rocheuse. Les <strong>feuilles caulinaires<\/strong> sont alternes, sessiles, <strong>\u00e9troitement lin\u00e9aires<\/strong> \u00e0 lin\u00e9aires-lanc\u00e9ol\u00e9es, enti\u00e8res ou \u00e0 peine dent\u00e9es, souvent assez nombreuses le long de la tige. C&rsquo;est cette silhouette caulinaire \u00e9troite, combin\u00e9e \u00e0 l&rsquo;habitat rupicole, qui oriente imm\u00e9diatement la d\u00e9termination vers cette esp\u00e8ce.<\/p>\n<p>L&rsquo;inflorescence est un <strong>capitule globuleux \u00e0 subglobuleux<\/strong>, de 1,5 \u00e0 2,5 cm de diam\u00e8tre, regroupant 10 \u00e0 25 fleurs. Les fleurs ont la structure typique des <em>Phyteuma<\/em> : corolle divis\u00e9e en <strong>5 lobes filiformes<\/strong> soud\u00e9s en tube courb\u00e9 avant l&rsquo;anth\u00e8se, puis libres et \u00e9tal\u00e9s. La couleur est d&rsquo;un <strong>bleu vif intense<\/strong>, souvent plus satur\u00e9 que chez les autres esp\u00e8ces du genre \u2014 un bleu presque \u00e9lectrique qui contraste magnifiquement avec le gris de la roche calcaire environnante. Le calice porte 5 dents ; les 5 \u00e9tamines ont des filets dilat\u00e9s \u00e0 la base ; l&rsquo;ovaire est inf\u00e8re. Les bract\u00e9es de l&rsquo;involucre sont lanc\u00e9ol\u00e9es, souvent teint\u00e9es de bleu.<\/p>\n<p>Le fruit est une capsule \u00e0 pores lat\u00e9raux. La floraison s&rsquo;\u00e9tale de juin \u00e0 ao\u00fbt selon l&rsquo;altitude et l&rsquo;exposition.<\/p>\n<p>L&rsquo;esp\u00e8ce est strictement <strong>rupicole<\/strong> (li\u00e9e aux rochers) et <strong>calcicole<\/strong> (li\u00e9e aux substrats calcaires). Elle pousse dans les fissures de falaises, les parois rocheuses, les \u00e9boulis stabilis\u00e9s, les vires herbeuses de parois et les lapiaz, entre <strong>800 et 2 500 m<\/strong> d&rsquo;altitude. Elle est h\u00e9liophile mais tol\u00e8re les expositions nord ombreuses sur les parois rocheuses fra\u00eeches. Son enracinement profond dans les fissures lui permet de r\u00e9sister aux s\u00e9cheresses superficielles et au vent des cr\u00eates.<\/p>\n<p>Sa r\u00e9partition est centr\u00e9e sur les <strong>Alpes<\/strong> (de la Savoie au Tyrol et \u00e0 la Carinthie), avec des extensions dans les Pr\u00e9alpes calcaires, les Apennins septentrionaux et quelques massifs calcaires isol\u00e9s. En France, elle est pr\u00e9sente dans les Alpes du Nord et du Sud, sur les massifs calcaires (Vercors, Chartreuse, Bauges, Aravis, Chablais, D\u00e9voluy, Baronnies). Elle est absente du Massif central et des Pyr\u00e9n\u00e9es (o\u00f9 <em>P. charmelii<\/em> prend le relais).<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Aucune partie n&rsquo;a d&rsquo;usage m\u00e9dicinal ou alimentaire document\u00e9<\/strong> sp\u00e9cifiquement pour cette esp\u00e8ce.<\/li>\n<li>Par analogie avec les autres raiponces, la racine et les feuilles sont probablement comestibles (le genre entier est non toxique), mais la petite taille de la plante et son habitat de falaise rendent toute cueillette irr\u00e9aliste et non souhaitable.<\/li>\n<\/ul>\n<p>La raiponce des Alpes est une plante \u00e0 admirer sur sa falaise, pas \u00e0 r\u00e9colter. Son habitat rupicole la prot\u00e8ge naturellement de la cueillette, mais les populations accessibles (bords de sentiers, vires faciles) doivent \u00eatre respect\u00e9es.<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<h3>A. Profil chimiotaxonomique attendu<\/h3>\n<p>Aucune \u00e9tude phytochimique directe n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e sur <em>Phyteuma scheuchzeri<\/em>. Son profil est inf\u00e9r\u00e9 \u00e0 partir des donn\u00e9es du genre, principalement l&rsquo;analyse compl\u00e8te de <em>P. orbiculare<\/em> par Abbet et al. (2013) et l&rsquo;\u00e9tude multiesp\u00e8ce de Ferrante et al. (2022) sur le complexe <em>Phyteuma<\/em>.<\/p>\n<p>Les compos\u00e9s attendus incluent :<\/p>\n<ul>\n<li>Des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/saponines-triterpeniques-2\/\">saponines triterp\u00e9niques<\/a><\/strong> du type phyteumoside (A et B), marqueurs chimiotaxonomiques du genre \u00e0 aglycone in\u00e9dit.<\/li>\n<li>Des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/flavonols-2\/\">flavonols<\/a><\/strong> (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine-2\/\">querc\u00e9tine<\/a>, lut\u00e9oline, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/apigenine-2\/\">apig\u00e9nine<\/a>, kaempf\u00e9rol) et des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique-2\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a>, acide caf\u00e9ique).<\/li>\n<li>Des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/anthocyanines-2\/\">anthocyanes<\/a><\/strong>, principalement des delphinidines, responsables du bleu vif intense des fleurs.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>B. Anthocyanes et intensit\u00e9 du bleu<\/h3>\n<p>La couleur bleu vif exceptionnelle de <em>P. scheuchzeri<\/em> \u2014 parmi les plus satur\u00e9es du genre \u2014 sugg\u00e8re une concentration \u00e9lev\u00e9e en <strong>delphinidines<\/strong> et possiblement en d\u00e9riv\u00e9s acyl\u00e9s de delphinidines (anthocyanes stabilis\u00e9es par acylation, qui donnent des bleus plus intenses et plus stables). Ferrante et al. (2022) ont montr\u00e9 que la variation de couleur entre les esp\u00e8ces et sous-esp\u00e8ces de <em>Phyteuma<\/em> est directement corr\u00e9l\u00e9e au profil anthocyanique. <em>P. scheuchzeri<\/em>, avec son bleu satur\u00e9, se situe probablement au sommet de cette gamme.<\/p>\n<p>L&rsquo;exposition aux UV \u00e9lev\u00e9s des milieux rupicoles d&rsquo;altitude pourrait contribuer \u00e0 stimuler la biosynth\u00e8se d&rsquo;anthocyanes et de flavono\u00efdes protecteurs, comme c&rsquo;est document\u00e9 chez d&rsquo;autres plantes alpines (gentianes, soldanelles).<\/p>\n<h3>C. Adaptations de la chimie rupicole<\/h3>\n<p>Les plantes rupicoles calcicoles d\u00e9veloppent fr\u00e9quemment des strat\u00e9gies m\u00e9taboliques sp\u00e9cifiques : tol\u00e9rance aux exc\u00e8s de calcium, production de <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/carotenoides-2\/\">carot\u00e9no\u00efdes<\/a><\/strong> photoprotecteurs, accumulation de <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/polyphenols-2\/\">polyph\u00e9nols<\/a><\/strong> dans l&rsquo;\u00e9piderme. La position expos\u00e9e de <em>P. scheuchzeri<\/em> sur les parois rocheuses \u2014 souvent en plein soleil sur substrat r\u00e9fl\u00e9chissant \u2014 plaide pour un profil ph\u00e9nolique renforc\u00e9 par rapport aux esp\u00e8ces de sous-bois comme <em>P. spicatum<\/em>. Mais cette hypoth\u00e8se reste \u00e0 v\u00e9rifier par des dosages comparatifs.<\/p>\n<h3>D. Limites<\/h3>\n<p>Toutes les informations de cette section sont chimiotaxonomiques et \u00e9cophysiologiques, pas analytiques directes. <em>Phyteuma scheuchzeri<\/em> est une esp\u00e8ce phytochimiquement non \u00e9tudi\u00e9e. Cette honn\u00eatet\u00e9 est maintenue de fa\u00e7on constante dans les fiches de raiponces du site.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Aucun m\u00e9canisme pharmacodynamique d\u00e9montr\u00e9<\/strong> pour cette esp\u00e8ce.<\/li>\n<li><strong>Par chimiotaxonomie :<\/strong> fond antioxydant ph\u00e9nolique et anthocyanique, activit\u00e9 anti-inflammatoire plausible des <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/saponines-triterpeniques\/\">saponines triterp\u00e9niques<\/a> (si phyteumoside pr\u00e9sents).<\/li>\n<li><strong>Aucune indication th\u00e9rapeutique formulable.<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Aucun essai clinique, aucune monographie officielle et aucune donn\u00e9e pharmacovigilance n&rsquo;existent pour <em>Phyteuma scheuchzeri<\/em>.<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Monographies :<\/strong> aucune<\/li>\n<li><strong>Essais cliniques :<\/strong> aucun<\/li>\n<li><strong>Niveau de preuve :<\/strong> inexistant<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9 (attendu par chimiotaxonomie)<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Lecture pharmacognosique<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Phyteumoside A et B (pr\u00e9sum\u00e9s)<\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/saponines-triterpeniques-2\/\">Saponines triterp\u00e9niques<\/a><\/td>\n<td>Marqueurs originaux du genre <em>Phyteuma<\/em><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Delphinidines (tr\u00e8s probables)<\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/anthocyanines-2\/\">Anthocyanes<\/a><\/td>\n<td>Responsables du bleu vif intense, probablement \u00e0 forte concentration<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine-2\/\">Querc\u00e9tine<\/a>, lut\u00e9oline, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/apigenine-2\/\">apig\u00e9nine<\/a><\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/flavonols-2\/\">Flavonols<\/a> et <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/flavones-2\/\">flavones<\/a><\/td>\n<td>Fond ph\u00e9nolique et photoprotection UV<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique-2\/\">Acide chlorog\u00e9nique<\/a>, acide caf\u00e9ique<\/td>\n<td>Acides ph\u00e9noliques<\/td>\n<td>Antioxydant, marqueurs analytiques<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/carotenoides-2\/\">Carot\u00e9no\u00efdes<\/a> (inf\u00e9r\u00e9s)<\/td>\n<td>Terp\u00e9no\u00efdes<\/td>\n<td>Photoprotection en milieu rupicole expos\u00e9<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Aucune forme gal\u00e9nique document\u00e9e.<\/strong><\/li>\n<li>Pas de tradition culinaire ni herboriste connue pour cette esp\u00e8ce.<\/li>\n<li>Cueillette <strong>ni praticable ni souhaitable<\/strong> : habitat de falaise, populations souvent en effectif limit\u00e9, plante de conservation.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Aucune toxicit\u00e9 connue.<\/strong> Le genre <em>Phyteuma<\/em> est int\u00e9gralement r\u00e9put\u00e9 non toxique.<\/li>\n<li><strong>Conservation :<\/strong> bien que non globalement menac\u00e9e dans les Alpes (l&rsquo;habitat de falaise prot\u00e8ge naturellement les populations), <em>P. scheuchzeri<\/em> est vuln\u00e9rable localement aux am\u00e9nagements de parois (routes, tunnels, stations de ski, via ferrata) et au pr\u00e9l\u00e8vement par les collectionneurs de plantes alpines. En limite d&rsquo;aire (Pr\u00e9alpes m\u00e9ridionales, Apennins), les populations peuvent \u00eatre tr\u00e8s r\u00e9duites.<\/li>\n<li>Observer et photographier : la falaise est le meilleur conservatoire.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>La raiponce des Alpes n&rsquo;a laiss\u00e9 aucune trace dans les pharmacop\u00e9es ni dans les traditions alimentaires. Son habitat de falaise, inaccessible au cueilleur ordinaire, l&rsquo;a tenue \u00e0 l&rsquo;\u00e9cart des circuits de cueillette populaire. Ce n&rsquo;est pas une plante de jardin, de potager ni de tisane \u2014 c&rsquo;est une plante de paroi rocheuse, d\u00e9couverte par les premiers botanistes alpins et d\u00e9crite pour sa beaut\u00e9 et sa singularit\u00e9 \u00e9cologique.<\/p>\n<p>Son d\u00e9dicataire, <strong>Johann Jakob Scheuchzer<\/strong>, est l&rsquo;une des grandes figures de l&rsquo;exploration scientifique des Alpes. M\u00e9decin, physicien et naturaliste zurichois, il a parcouru les Alpes suisses \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 la haute montagne \u00e9tait encore per\u00e7ue comme un monde hostile et incompr\u00e9hensible. Son <em>Itinera per Helvetiae alpinas regiones<\/em> (1723) combine observations g\u00e9ologiques, botaniques, m\u00e9t\u00e9orologiques et ethnographiques dans un esprit encyclop\u00e9dique qui annonce les Lumi\u00e8res. Il a aussi publi\u00e9 une <em>Herbarium Diluvianum<\/em> (1709) consacr\u00e9e aux fossiles v\u00e9g\u00e9taux, tentant de prouver la r\u00e9alit\u00e9 du D\u00e9luge biblique par les plantes p\u00e9trifi\u00e9es \u2014 une erreur scientifique, mais men\u00e9e avec une rigueur m\u00e9thodique remarquable pour l&rsquo;\u00e9poque.<\/p>\n<p>Que son nom soit port\u00e9 par une raiponce des falaises calcaires des Alpes est un hommage au naturaliste de terrain, au marcheur de montagne et au descripteur m\u00e9ticuleux de la flore alpine.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>La raiponce des Alpes est une Campanulac\u00e9e rupicole calcicole de montagne, reconnaissable \u00e0 son capitule globuleux d&rsquo;un bleu vif \u00e9lectrique, \u00e0 ses feuilles caulinaires lin\u00e9aires et \u00e0 son habitat de fissure de falaise. Elle se distingue de <em>P. orbiculare<\/em> (pelouses calcaires, feuilles cordiformes) et de <em>P. hemisphaericum<\/em> (pelouses siliceuses, feuilles graminiformes) par son \u00e9cologie verticale et son bleu plus satur\u00e9.<\/p>\n<p>Sa phytochimie n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9e directement, mais la chimiotaxonomie du genre permet d&rsquo;anticiper un profil \u00e0 saponines triterp\u00e9niques originales (phyteumoside), anthocyanes concentr\u00e9es (delphinidines \u2014 responsables du bleu intense), flavono\u00efdes et acides ph\u00e9noliques. L&rsquo;habitat rupicole expos\u00e9 aux UV sugg\u00e8re un profil ph\u00e9nolique renforc\u00e9 par rapport aux esp\u00e8ces de sous-bois.<\/p>\n<p>Ce n&rsquo;est ni une plante m\u00e9dicinale ni une plante alimentaire. C&rsquo;est une beaut\u00e9 botanique de paroi calcaire, porteuse du nom d&rsquo;un grand naturaliste alpin, et un mod\u00e8le de lecture \u00e9cologique pour comprendre comment le genre <em>Phyteuma<\/em> a colonis\u00e9 des niches \u00e9cologiques tr\u00e8s contrast\u00e9es \u2014 de la pelouse rase au sous-bois frais, du pierrier siliceux \u00e0 la falaise calcaire.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li>Abbet C, Slacanin I, Hamburger M, Potterat O. Comprehensive analysis of <em>Phyteuma orbiculare<\/em> L., a wild Alpine food plant. <em>Food Chemistry<\/em>. 2013;136(2):595-603. DOI : <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1016\/j.foodchem.2012.08.018\">10.1016\/j.foodchem.2012.08.018<\/a>. PMID : <a href=\"https:\/\/pubmed.ncbi.nlm.nih.gov\/23122102\/\">23122102<\/a>. R\u00e9f\u00e9rence chimiotaxonomique pour le genre <em>Phyteuma<\/em>.<\/li>\n<li>Ferrante C, et al. Color Variation and Secondary Metabolites&rsquo; Footprint in a Taxonomic Complex of <em>Phyteuma<\/em> sp. (Campanulaceae). <em>Plants<\/em>. 2022;11(21):2894. DOI : <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.3390\/plants11212894\">10.3390\/plants11212894<\/a>. Corr\u00e9lation couleur-anthocyanes dans le genre, 35 compos\u00e9s ph\u00e9noliques identifi\u00e9s.<\/li>\n<li>Plants of the World Online, Royal Botanic Gardens, Kew. <em>Phyteuma scheuchzeri<\/em> All., taxon accept\u00e9 : <a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/taxon\/urn:lsid:ipni.org:names:142759-1\">https:\/\/powo.science.kew.org\/taxon\/urn:lsid:ipni.org:names:142759-1<\/a>.<\/li>\n<li>Aeschimann D, Lauber K, Moser DM, Theurillat J-P. <em>Flora alpina<\/em>. Haupt Verlag, Berne, 2004. R\u00e9f\u00e9rence pour l&rsquo;\u00e9cologie et la d\u00e9termination des <em>Phyteuma<\/em> rupicoles.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica \u2014 Flore de France<\/em>. Biotope \u00c9ditions, 2014. Distinction <em>scheuchzeri<\/em> \/ <em>charmelii<\/em>, cl\u00e9s de d\u00e9termination.<\/li>\n<li>Bruneton J. <em>Pharmacognosie, phytochimie, plantes m\u00e9dicinales<\/em>. 5<sup>e<\/sup> \u00e9dition, Lavoisier Tec &amp; Doc, Paris, 2016. Cadre sur les saponines triterp\u00e9niques et les Campanulac\u00e9es.<\/li>\n<li>Scheuchzer JJ. <em>Itinera per Helvetiae alpinas regiones<\/em>. 4 volumes, Leiden, 1723. Ouvrage historique de r\u00e9f\u00e9rence pour l&rsquo;exploration naturaliste des Alpes.<\/li>\n<li>Tela Botanica \u2013 R\u00e9f\u00e9rentiel floristique fran\u00e7ais, fiche <em>Phyteuma scheuchzeri<\/em> All. : <a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/bdtfx-nn-49722\">https:\/\/www.tela-botanica.org\/bdtfx-nn-49722<\/a>.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antioxydant<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Phyteuma scheuchzeri All. Famille : Campanulaceae. Noms vernaculaires : raiponce des Alpes, raiponce de Scheuchzer, Scheuchzers Teufelskralle (allemand), Scheuchzer&rsquo;s rampion (anglais). 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