{"id":798,"date":"2026-03-26T11:28:38","date_gmt":"2026-03-26T10:28:38","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/raiponce-orbiculaire\/"},"modified":"2026-06-24T17:41:21","modified_gmt":"2026-06-24T15:41:21","slug":"raiponce-orbiculaire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/raiponce-orbiculaire\/","title":{"rendered":"RAIPONCE ORBICULAIRE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Raiponce%20orbiculaire.jpg\" alt=\"Planche botanique Raiponce orbiculaire\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<p><em>Phyteuma orbiculare<\/em> L.<\/p>\n<figure class=\"botanical-commons-figure botanical-commons-figure--raiponce-orbiculaire\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/raiponce-orbiculaire-transparent-683x1049.png\" alt=\"Planche botanique de la raiponce orbiculaire (Phyteuma orbiculare)\" style=\"width:100%;max-width:100%;height:auto\" \/><\/figure>\n<p><strong>Famille :<\/strong> Campanulaceae.<\/p>\n<p><strong>Noms vernaculaires :<\/strong> raiponce orbiculaire, raiponce \u00e0 t\u00eate ronde, raiponce en boule, Rundkopf-Teufelskralle (allemand), round-headed rampion (anglais).<\/p>\n<p>La raiponce orbiculaire est une Campanulac\u00e9e montagnarde d&rsquo;une \u00e9l\u00e9gance botanique singuli\u00e8re. Son inflorescence en boule dense, d&rsquo;un bleu-violet profond, port\u00e9e sur une tige gr\u00eale et droite au milieu des pelouses alpines, en fait l&rsquo;une des plantes de montagne les plus imm\u00e9diatement reconnaissables et les plus photographi\u00e9es. Pourtant, derri\u00e8re cette beaut\u00e9 de terrain, se cache une plante beaucoup plus int\u00e9ressante qu&rsquo;un simple sujet de carte postale.<\/p>\n<p>Des \u00e9tudes phytochimiques r\u00e9centes (Abbet et al., 2013) ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 un profil chimique original : la raiponce orbiculaire contient des saponines \u00e0 aglycone triterp\u00e9nique in\u00e9dit (phyteumoside A et B), des glycosides ph\u00e9noliques, un dim\u00e8re ph\u00e9nylpropano\u00efde glucosidique nouveau, ainsi que du \u03b2-carot\u00e8ne, de l&rsquo;acide ascorbique et des acides gras dans les feuilles \u2014 le tout coh\u00e9rent avec son usage ancien comme plante potag\u00e8re sauvage des Alpes. C&rsquo;est une plante de montagne, de salade et de savoir botanique fin, que cette fiche documente \u00e0 sa juste mesure.<\/p>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>R\u00e8gne :<\/strong> Plantae<\/li>\n<li><strong>Division :<\/strong> Magnoliophyta (Angiospermes)<\/li>\n<li><strong>Classe :<\/strong> Magnoliopsida (Dicotyl\u00e9dones)<\/li>\n<li><strong>Ordre :<\/strong> Asterales (classifications modernes ; Campanulales dans les syst\u00e8mes classiques)<\/li>\n<li><strong>Famille :<\/strong> Campanulaceae<\/li>\n<li><strong>Genre :<\/strong> <em>Phyteuma<\/em><\/li>\n<li><strong>Esp\u00e8ce :<\/strong> <em>Phyteuma orbiculare<\/em> L.<\/li>\n<li><strong>Noms vernaculaires :<\/strong> raiponce orbiculaire, raiponce \u00e0 t\u00eate ronde, round-headed rampion<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>\u00c9tymologie :<\/strong> <em>Phyteuma<\/em> d\u00e9rive du grec ancien \u03c6\u03cd\u03c4\u03b5\u03c5\u03bc\u03b1 (<em>phyteuma<\/em>), \u00ab ce qu&rsquo;on plante, bouture \u00bb, nom utilis\u00e9 par Dioscoride pour d\u00e9signer une plante \u00e0 racine charnue cultiv\u00e9e \u2014 probablement une raiponce consomm\u00e9e comme l\u00e9gume. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>orbiculare<\/em> (arrondi, circulaire) fait directement r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la forme globuleuse de l&rsquo;inflorescence.<\/p>\n<p><strong>Remarque taxonomique :<\/strong> le genre <em>Phyteuma<\/em> comprend une quarantaine d&rsquo;esp\u00e8ces de vivaces herbac\u00e9es, toutes europ\u00e9ennes ou ouest-asiatiques, souvent montagnardes. Il se distingue des <em>Campanula<\/em> par la morphologie florale tr\u00e8s caract\u00e9ristique : la corolle n&rsquo;est pas campanul\u00e9e (en cloche) mais profond\u00e9ment divis\u00e9e en 5 lobes \u00e9troits, lin\u00e9aires \u00e0 filiformes, qui restent d&rsquo;abord soud\u00e9s au sommet en un tube courb\u00e9 (donnant aux boutons floraux un aspect de griffes), puis s&rsquo;ouvrent en \u00e9toile \u00e0 maturit\u00e9. Cette architecture florale unique rend les raiponces imm\u00e9diatement identifiables au sein de la famille.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>La raiponce orbiculaire est une vivace herbac\u00e9e de 15 \u00e0 50 cm, \u00e0 port dress\u00e9 et sobre, formant des touffes modestes dans les pelouses de montagne. Elle \u00e9merge d&rsquo;une racine pivotante \u00e9paissie, charnue, qui sert d&rsquo;organe de r\u00e9serve et qui \u00e9tait autrefois consomm\u00e9e comme l\u00e9gume. La tige est simple, dress\u00e9e, cylindrique, glabre ou tr\u00e8s faiblement pubescente, non ramifi\u00e9e, portant l&rsquo;inflorescence \u00e0 son sommet.<\/p>\n<p>Les feuilles basales, r\u00e9unies en rosette, sont longuement p\u00e9tiol\u00e9es, \u00e0 limbe cordiforme \u00e0 ovale, denticul\u00e9, d&rsquo;un vert moyen. Elles ont un go\u00fbt agr\u00e9able, l\u00e9g\u00e8rement noisette, qui explique leur usage en salade sauvage. Les feuilles caulinaires sont alternes, de plus en plus petites vers le haut, sessiles, \u00e9troitement lanc\u00e9ol\u00e9es.<\/p>\n<p>L&rsquo;inflorescence est le trait le plus distinctif : un <strong>capitule globuleux<\/strong> dense, de 1,5 \u00e0 3 cm de diam\u00e8tre, port\u00e9 au sommet de la tige et entour\u00e9 \u00e0 sa base par un involucre de bract\u00e9es lanc\u00e9ol\u00e9es. Ce capitule regroupe de nombreuses fleurs serr\u00e9es (20 \u00e0 30 ou davantage), chacune \u00e0 corolle d&rsquo;un <strong>bleu-violet intense<\/strong>, profond\u00e9ment divis\u00e9e en 5 lobes filiformes qui restent d&rsquo;abord soud\u00e9s au sommet en tube courb\u00e9 (stade \u00ab griffe \u00bb), puis se s\u00e9parent \u00e0 l&rsquo;anth\u00e8se. Le calice porte 5 dents ; les 5 \u00e9tamines ont des filets dilat\u00e9s \u00e0 la base et des anth\u00e8res libres. L&rsquo;ovaire est inf\u00e8re (caract\u00e8re familial constant des Campanulac\u00e9es), surmont\u00e9 d&rsquo;un style \u00e0 2-3 stigmates.<\/p>\n<p>Le fruit est une capsule s&rsquo;ouvrant par des pores lat\u00e9raux, lib\u00e9rant de tr\u00e8s nombreuses graines minuscules. La floraison s&rsquo;\u00e9tale de juin \u00e0 ao\u00fbt selon l&rsquo;altitude.<\/p>\n<p>L&rsquo;esp\u00e8ce pousse dans les pelouses alpines et subalpines, les prairies montagnardes, les pentes rocheuses et les pelouses calcaires bien drain\u00e9es, entre 500 et 2500 m d&rsquo;altitude. Elle est strictement calcicole (li\u00e9e aux substrats calcaires ou marneux) et h\u00e9liophile (plein soleil). Sa r\u00e9partition couvre les montagnes d&rsquo;Europe centrale et m\u00e9ridionale : Alpes, Jura, Massif central, Pyr\u00e9n\u00e9es, Apennins, Balkans, Carpates, et ponctuellement les montagnes d&rsquo;Asie occidentale. En France, elle est bien pr\u00e9sente dans les Alpes, le Jura, le Massif central et les Pyr\u00e9n\u00e9es, commune dans ses habitats de pr\u00e9dilection.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Racine pivotante charnue :<\/strong> historiquement consomm\u00e9e comme l\u00e9gume, crue ou cuite \u2014 c&rsquo;est la partie qui a donn\u00e9 aux raiponces leur nom de plantes potag\u00e8res sauvages.<\/li>\n<li><strong>Jeunes feuilles (rosette basale) :<\/strong> consomm\u00e9es crues en salade dans les Alpes, notamment en Valais (Suisse), o\u00f9 la raiponce orbiculaire fait partie des plantes alimentaires sauvages traditionnelles.<\/li>\n<li><strong>Pas de drogue m\u00e9dicinale officinale :<\/strong> aucune partie de la plante n&rsquo;est inscrite dans une pharmacop\u00e9e pour un usage th\u00e9rapeutique.<\/li>\n<\/ul>\n<p>La raiponce orbiculaire est avant tout une plante alimentaire sauvage et une plante de connaissance botanique. Son int\u00e9r\u00eat est nutritionnel, culturel et analytique, pas th\u00e9rapeutique au sens clinique.<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<h3>A. Phyteumoside A et B : saponines originales<\/h3>\n<p>Le r\u00e9sultat phytochimique le plus marquant publi\u00e9 sur <em>Phyteuma orbiculare<\/em> est l&rsquo;isolement de deux <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/saponines-triterpeniques\/\">saponines triterp\u00e9niques<\/a> \u00e0 aglycone in\u00e9dit<\/strong>, les <strong>phyteumoside A<\/strong> et <strong>phyteumoside B<\/strong>, par l&rsquo;\u00e9quipe d&rsquo;Abbet, Slacanin, Hamburger et Potterat (2013). Ces compos\u00e9s, isol\u00e9s des parties a\u00e9riennes, poss\u00e8dent un squelette triterp\u00e9nique qui n&rsquo;avait jamais \u00e9t\u00e9 d\u00e9crit auparavant dans la famille des Campanulac\u00e9es \u2014 ni, \u00e0 la connaissance des auteurs, dans aucune autre famille botanique. Ce r\u00e9sultat fait de la raiponce orbiculaire une esp\u00e8ce chimiquement originale, porteuse de m\u00e9tabolites secondaires uniques.<\/p>\n<p>Les <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/saponines-triterpeniques-2\/\">saponines triterp\u00e9niques<\/a><\/strong> sont des glycosides tensioactifs capables de former de la mousse dans l&rsquo;eau. Elles poss\u00e8dent g\u00e9n\u00e9ralement des activit\u00e9s anti-inflammatoires, expectorantes, h\u00e9molytiques et immunomodulatrices. Les phyteumoside A et B doivent encore \u00eatre \u00e9valu\u00e9s pharmacologiquement, mais leur structure in\u00e9dite en fait des objets de recherche potentiellement int\u00e9ressants.<\/p>\n<h3>B. Glycosides ph\u00e9noliques et ph\u00e9nylpropano\u00efdes<\/h3>\n<p>L&rsquo;analyse d&rsquo;Abbet et al. (2013) a identifi\u00e9 23 compos\u00e9s dans les parties a\u00e9riennes, dont plusieurs <strong>glycosides ph\u00e9noliques<\/strong> et un <strong>dim\u00e8re ph\u00e9nylpropano\u00efde glucosidique nouveau<\/strong> (non d\u00e9crit dans d&rsquo;autres esp\u00e8ces). Des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/flavonols-2\/\">flavonols<\/a><\/strong> et des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/flavones-2\/\">flavones<\/a><\/strong> sont pr\u00e9sents, incluant la <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine-2\/\">querc\u00e9tine<\/a><\/strong>, la lut\u00e9oline et l&rsquo;<strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/apigenine-2\/\">apig\u00e9nine<\/a><\/strong> et leurs glycosides. Des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> classiques (<strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique-2\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a><\/strong>, acide caf\u00e9ique) compl\u00e8tent le profil.<\/p>\n<p>Une \u00e9tude sur le complexe taxonomique de <em>Phyteuma<\/em> (2022, MDPI Plants) a confirm\u00e9 et \u00e9largi ces donn\u00e9es, identifiant 35 compos\u00e9s ph\u00e9noliques non anthocyaniques (14 acides ph\u00e9noliques, 23 <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/flavonols\/\">flavonols<\/a> et <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/flavones\/\">flavones<\/a>) dans plusieurs esp\u00e8ces du genre, et montrant que les <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/anthocyanines-2\/\">anthocyanes<\/a><\/strong> (principalement des delphinidines) sont responsables de la couleur bleu-violet intense des fleurs.<\/p>\n<h3>C. Compos\u00e9s nutritionnels des feuilles<\/h3>\n<p>Abbet et al. (2013) ont \u00e9galement quantifi\u00e9 les substances nutritionnelles pertinentes dans les feuilles et les fleurs : <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/carotenoides-2\/\">\u03b2-carot\u00e8ne<\/a><\/strong> (provitamine A), <strong>acide ascorbique<\/strong> (vitamine C), <strong>acides gras<\/strong> (acide \u03b1-linol\u00e9nique dominant dans les feuilles, ce qui rapproche la raiponce des l\u00e9gumes-feuilles \u00e0 haute valeur nutritionnelle) et min\u00e9raux. Ces r\u00e9sultats confirment scientifiquement l&rsquo;int\u00e9r\u00eat ancien de la plante comme aliment sauvage de qualit\u00e9.<\/p>\n<h3>D. Limites et perspectives<\/h3>\n<p>La phytochimie de <em>Phyteuma orbiculare<\/em> est mieux document\u00e9e que celle de la plupart des plantes de montagne non m\u00e9dicinales, gr\u00e2ce au travail m\u00e9thodique de l&rsquo;\u00e9quipe de B\u00e2le (Abbet et al.). Mais les phyteumoside A et B n&rsquo;ont pas encore \u00e9t\u00e9 \u00e9valu\u00e9s pharmacologiquement de fa\u00e7on approfondie, et les donn\u00e9es quantitatives (teneurs par organe, variabilit\u00e9 saisonni\u00e8re, variabilit\u00e9 selon les populations) restent incompl\u00e8tes. C&rsquo;est une esp\u00e8ce qui m\u00e9rite de nouveaux travaux.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Aucun m\u00e9canisme pharmacodynamique d\u00e9montr\u00e9 sp\u00e9cifiquement<\/strong> pour <em>Phyteuma orbiculare<\/em> dans un contexte th\u00e9rapeutique.<\/li>\n<li><strong>Par analogie avec les compos\u00e9s identifi\u00e9s :<\/strong> les flavono\u00efdes (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a>, lut\u00e9oline, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/apigenine\/\">apig\u00e9nine<\/a>) sont connus pour leurs activit\u00e9s antioxydante et anti-inflammatoire. Les saponines triterp\u00e9niques poss\u00e8dent g\u00e9n\u00e9ralement des activit\u00e9s expectorante, anti-inflammatoire et h\u00e9molytique. Les acides ph\u00e9noliques contribuent au pi\u00e9geage des radicaux libres.<\/li>\n<li><strong>Valeur nutritionnelle :<\/strong> les teneurs en \u03b2-carot\u00e8ne, vitamine C et acide \u03b1-linol\u00e9nique des feuilles conf\u00e8rent \u00e0 la plante un int\u00e9r\u00eat comme l\u00e9gume sauvage antioxydant de montagne, comparable aux m\u00e2ches et aux salades sauvages riches en om\u00e9ga-3 foliaires.<\/li>\n<\/ul>\n<p>La raiponce orbiculaire n&rsquo;est pas une plante m\u00e9dicinale au sens clinique. Sa pharmacodynamique potentielle reste de l&rsquo;ordre de la chimiotaxonomie et de la nutrition, pas de la th\u00e9rapeutique.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Aucun essai clinique, aucune monographie officielle (ESCOP, Commission E) et aucune donn\u00e9e pharmacovigilance n&rsquo;existent pour <em>Phyteuma orbiculare<\/em>. La plante est absente de tous les circuits de phytoth\u00e9rapie et de compl\u00e9mentation.<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Monographies :<\/strong> aucune<\/li>\n<li><strong>Essais cliniques :<\/strong> aucun<\/li>\n<li><strong>Niveau de preuve th\u00e9rapeutique :<\/strong> inexistant<\/li>\n<\/ul>\n<p>En revanche, l&rsquo;usage alimentaire traditionnel est bien document\u00e9 ethnobotaniquement (Alpes, Valais) et scientifiquement \u00e9tay\u00e9 par l&rsquo;analyse nutritionnelle d&rsquo;Abbet et al. (2013). La plante est comestible, appr\u00e9ci\u00e9e et d&rsquo;int\u00e9r\u00eat nutritionnel r\u00e9el.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Lecture pharmacognosique<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Phyteumoside A et B<\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/saponines-triterpeniques-2\/\">Saponines triterp\u00e9niques<\/a><\/td>\n<td>Aglycone in\u00e9dit, sp\u00e9cifique du genre <em>Phyteuma<\/em> \u2014 compos\u00e9s originaux<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine-2\/\">Querc\u00e9tine<\/a>, lut\u00e9oline, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/apigenine-2\/\">apig\u00e9nine<\/a><\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/flavonols-2\/\">Flavonols<\/a> et <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/flavones-2\/\">flavones<\/a><\/td>\n<td>Antioxydant, anti-inflammatoire, fond ph\u00e9nolique des Campanulac\u00e9es<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique-2\/\">Acide chlorog\u00e9nique<\/a>, acide caf\u00e9ique<\/td>\n<td>Acides ph\u00e9noliques<\/td>\n<td>Marqueurs analytiques, contribution antioxydante<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Delphinidines<\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/anthocyanines-2\/\">Anthocyanes<\/a><\/td>\n<td>Pigments responsables de la couleur bleu-violet intense des fleurs<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/carotenoides-2\/\">\u03b2-carot\u00e8ne<\/a>, acide ascorbique<\/td>\n<td>Vitamines<\/td>\n<td>Valeur nutritionnelle des feuilles (provitamine A, vitamine C)<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acide \u03b1-linol\u00e9nique<\/td>\n<td>Acides gras om\u00e9ga-3<\/td>\n<td>Int\u00e9r\u00eat nutritionnel des feuilles comme l\u00e9gume sauvage \u00e0 haute valeur lipidique<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Racine crue ou cuite :<\/strong> consomm\u00e9e historiquement comme l\u00e9gume, \u00e0 la mani\u00e8re d&rsquo;un navet ou d&rsquo;un salsifis. Go\u00fbt doux, l\u00e9g\u00e8rement sucr\u00e9 et noisette.<\/li>\n<li><strong>Jeunes feuilles en salade :<\/strong> rosette basale r\u00e9colt\u00e9e au printemps, consomm\u00e9e crue. Go\u00fbt agr\u00e9able, l\u00e9g\u00e8rement noisette. Pratique encore vivante dans les Alpes valaisannes et tyroliennes.<\/li>\n<li><strong>Pas de forme gal\u00e9nique m\u00e9dicinale :<\/strong> aucune infusion, teinture ou extrait n&rsquo;est document\u00e9 dans les usages traditionnels ou modernes.<\/li>\n<\/ul>\n<p>La raiponce orbiculaire est un l\u00e9gume sauvage de montagne, pas une plante de pharmacie. Sa forme d&rsquo;usage est l&rsquo;assiette, pas la tisane.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Aucune toxicit\u00e9 connue.<\/strong> La plante est consomm\u00e9e depuis des si\u00e8cles comme aliment sauvage sans effets ind\u00e9sirables rapport\u00e9s.<\/li>\n<li>La pr\u00e9sence de saponines (phyteumosides) impose une prudence th\u00e9orique en cas de consommation massive de parties a\u00e9riennes crues, mais les teneurs sont faibles et l&rsquo;usage alimentaire traditionnel porte surtout sur les feuilles et la racine, pas sur les parties florales.<\/li>\n<li><strong>Enjeu de conservation :<\/strong> dans certaines r\u00e9gions, la raiponce orbiculaire figure sur les listes d&rsquo;esp\u00e8ces prot\u00e9g\u00e9es ou surveill\u00e9es. V\u00e9rifier le statut local avant toute r\u00e9colte. En montagne, les populations peuvent \u00eatre fragiles et la cueillette doit rester respectueuse des stations.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>Les raiponces (genre <em>Phyteuma<\/em> et <em>Campanula rapunculus<\/em>) font partie des plantes potag\u00e8res sauvages les plus anciennes de l&rsquo;Europe des montagnes. Le nom m\u00eame de \u00ab raiponce \u00bb vient du latin <em>rapunculus<\/em> (petit navet), qui renvoie \u00e0 la racine charnue consomm\u00e9e comme l\u00e9gume. Le conte de Grimm <em>Rapunzel<\/em> (Raiponce) doit d&rsquo;ailleurs son nom \u00e0 cette plante, dont la m\u00e8re enceinte du conte a une envie irr\u00e9pressible de manger les racines du jardin de la sorci\u00e8re voisine.<\/p>\n<p>En Valais (Suisse), la raiponce orbiculaire fait partie des \u00ab l\u00e9gumes sauvages oubli\u00e9s \u00bb que des initiatives ethnobotaniques r\u00e9centes cherchent \u00e0 r\u00e9habiliter. Les rosettes printani\u00e8res \u00e9taient r\u00e9colt\u00e9es dans les pelouses alpines et consomm\u00e9es en salade, simplement assaisonn\u00e9es d&rsquo;huile et de vinaigre. La racine, plus laborieuse \u00e0 extraire des sols caillouteux de montagne, \u00e9tait cuite comme un petit navet doux.<\/p>\n<p>En herboristerie, les raiponces n&rsquo;ont laiss\u00e9 presque aucune trace. Ce ne sont pas des plantes de pharmacop\u00e9e mais des plantes de potager de montagne \u2014 une cat\u00e9gorie tout aussi pr\u00e9cieuse, mais diff\u00e9rente. Leur d\u00e9clin s&rsquo;explique davantage par la disparition des pratiques de cueillette alpine que par une quelconque insuffisance de la plante.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>La raiponce orbiculaire est une Campanulac\u00e9e montagnarde d&rsquo;une beaut\u00e9 remarquable et d&rsquo;un int\u00e9r\u00eat phytochimique inattendu. Son inflorescence globuleuse bleu-violet, ses feuilles en rosette et sa racine pivotante charnue en font une plante de terrain imm\u00e9diatement identifiable. L&rsquo;analyse d&rsquo;Abbet et al. (2013) a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 des saponines triterp\u00e9niques \u00e0 aglycone in\u00e9dit (phyteumoside A et B), un dim\u00e8re ph\u00e9nylpropano\u00efde glucosidique nouveau, des flavono\u00efdes, des acides ph\u00e9noliques et un profil nutritionnel de qualit\u00e9 (\u03b2-carot\u00e8ne, vitamine C, acide \u03b1-linol\u00e9nique).<\/p>\n<p>Ce n&rsquo;est pas une plante m\u00e9dicinale. C&rsquo;est une plante de salade sauvage, de connaissance botanique et de patrimoine alpin, dont la chimie se r\u00e9v\u00e8le plus originale que ce que sa modestie apparente laissait supposer. Le conte de Raiponce et les salades du Valais suffisent \u00e0 lui donner une place dans l&rsquo;imaginaire europ\u00e9en ; les phyteumoside A et B lui donnent maintenant une place dans la litt\u00e9rature phytochimique.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li>Abbet C, Slacanin I, Hamburger M, Potterat O. Comprehensive analysis of <em>Phyteuma orbiculare<\/em> L., a wild Alpine food plant. <em>Food Chemistry<\/em>. 2013;136(2):595-603. DOI : <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1016\/j.foodchem.2012.08.018\">10.1016\/j.foodchem.2012.08.018<\/a>. PMID : <a href=\"https:\/\/pubmed.ncbi.nlm.nih.gov\/23122102\/\">23122102<\/a>. Analyse compl\u00e8te : 23 compos\u00e9s identifi\u00e9s, phyteumoside A et B (saponines \u00e0 aglycone in\u00e9dit), profil nutritionnel des feuilles.<\/li>\n<li>Ferrante C, et al. Color Variation and Secondary Metabolites&rsquo; Footprint in a Taxonomic Complex of <em>Phyteuma<\/em> sp. (Campanulaceae). <em>Plants<\/em>. 2022;11(21):2894. DOI : <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.3390\/plants11212894\">10.3390\/plants11212894<\/a>. 35 compos\u00e9s ph\u00e9noliques non anthocyaniques identifi\u00e9s dans le genre <em>Phyteuma<\/em>.<\/li>\n<li>Plants of the World Online, Royal Botanic Gardens, Kew. <em>Phyteuma orbiculare<\/em> L., taxon accept\u00e9 : <a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/taxon\/urn:lsid:ipni.org:names:142750-1\">https:\/\/powo.science.kew.org\/taxon\/urn:lsid:ipni.org:names:142750-1<\/a>.<\/li>\n<li>Aeschimann D, Lauber K, Moser DM, Theurillat J-P. <em>Flora alpina<\/em>. Haupt Verlag, Berne, 2004. R\u00e9f\u00e9rence de terrain pour les Campanulac\u00e9es alpines.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica \u2014 Flore de France<\/em>. Biotope \u00c9ditions, 2014. Cl\u00e9s de d\u00e9termination des <em>Phyteuma<\/em> fran\u00e7ais.<\/li>\n<li>Bruneton J. <em>Pharmacognosie, phytochimie, plantes m\u00e9dicinales<\/em>. 5<sup>e<\/sup> \u00e9dition, Lavoisier Tec &amp; Doc, Paris, 2016. Cadre g\u00e9n\u00e9ral sur les saponines triterp\u00e9niques et les Campanulac\u00e9es.<\/li>\n<li>Tela Botanica \u2013 R\u00e9f\u00e9rentiel floristique fran\u00e7ais, fiche <em>Phyteuma orbiculare<\/em> L. : <a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/bdtfx-nn-49718\">https:\/\/www.tela-botanica.org\/bdtfx-nn-49718<\/a>.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Expectorant<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antioxydant<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Phyteuma orbiculare L. Famille : Campanulaceae. Noms vernaculaires : raiponce orbiculaire, raiponce \u00e0 t\u00eate ronde, raiponce en boule, Rundkopf-Teufelskralle (allemand), round-headed rampion (anglais). La raiponce [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[59],"tags":[],"class_list":["post-798","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-campanulacees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/798","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=798"}],"version-history":[{"count":9,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/798\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":14081,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/798\/revisions\/14081"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=798"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=798"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=798"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}