{"id":799,"date":"2026-03-26T11:28:41","date_gmt":"2026-03-26T10:28:41","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/chevrefeuille-des-alpes\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:16","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:16","slug":"chevrefeuille-des-alpes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/chevrefeuille-des-alpes\/","title":{"rendered":"CH\u00c8VREFEUILLE DES ALPES"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Ch%C3%A8vrefeuille%20des%20Alpes.jpg\" alt=\"Planche botanique Ch\u00e8vrefeuille des Alpes\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>Le Ch\u00e8vrefeuille des Alpes, <em>Lonicera alpigena<\/em> L., est un arbuste caduc de la famille des <strong>Caprifoliaceae<\/strong>, genre <em>Lonicera<\/em>. Ce genre cosmopolite, comprenant environ 180 esp\u00e8ces, se divise en deux sous-genres principaux : <em>Caprifolium<\/em> (esp\u00e8ces volubiles) et <em>Lonicera<\/em> (esp\u00e8ces buissonnantes). <em>L. alpigena<\/em> appartient au sous-genre <em>Lonicera<\/em>, section <em>Isika<\/em>, caract\u00e9ris\u00e9e par des fleurs g\u00e9min\u00e9es \u00e0 ovaires partiellement soud\u00e9s formant un fruit double charnu. Les noms vernaculaires incluent Ch\u00e8vrefeuille des Alpes, Ch\u00e8vrefeuille alpin et, en allemand, Alpen-Heckenkirsche. L&rsquo;esp\u00e8ce est distribu\u00e9e dans les montagnes d&rsquo;Europe m\u00e9ridionale et centrale, des Pyr\u00e9n\u00e9es aux Carpates. La sous-esp\u00e8ce type, <em>L. alpigena<\/em> subsp. <em>alpigena<\/em>, est la plus r\u00e9pandue. Sur le plan APG IV, la famille des Caprifoliaceae sensu stricto est incluse dans l&rsquo;ordre des Dipsacales, clade des Campanulidae. Les Caprifoliaceae ont subi d&rsquo;importants remaniements r\u00e9cents, les anciennes familles Diervillaceae, Linnaeaceae et Valerianaceae ayant \u00e9t\u00e9 s\u00e9par\u00e9es ou fusionn\u00e9es selon les auteurs. <em>Lonicera alpigena<\/em> est phylog\u00e9n\u00e9tiquement proche de <em>L. nigra<\/em> (Ch\u00e8vrefeuille noir), autre esp\u00e8ce montagnarde europ\u00e9enne.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>Arbuste caduc, dress\u00e9 et rameux, haut de 1 \u00e0 3 m, \u00e0 rameaux gris-brun, glabres, \u00e0 moelle pleine (caract\u00e8re distinctif par rapport \u00e0 certains autres <em>Lonicera<\/em> \u00e0 moelle creuse). Les feuilles sont oppos\u00e9es, elliptiques \u00e0 ovales-lanc\u00e9ol\u00e9es, longues de 5 \u00e0 12 cm et larges de 3 \u00e0 5 cm, aigu\u00ebs ou acumin\u00e9es au sommet, cun\u00e9iformes \u00e0 arrondies \u00e0 la base, \u00e0 bord entier et l\u00e9g\u00e8rement cili\u00e9, vert fonc\u00e9 et glabres dessus, plus p\u00e2les et parfois l\u00e9g\u00e8rement pubescentes sur les nervures dessous. Le p\u00e9tiole mesure 5 \u00e0 15 mm. Les fleurs, apparaissant en mai-juin, sont g\u00e9min\u00e9es sur un long p\u00e9doncule axillaire de 2 \u00e0 5 cm, bilabi\u00e9es, longues de 10 \u00e0 15 mm, jaune verd\u00e2tre teint\u00e9es de rouge ou de pourpre, \u00e0 tube bossu \u00e0 la base. Les deux ovaires des fleurs g\u00e9min\u00e9es sont soud\u00e9s, formant \u00e0 maturit\u00e9 un fruit double, ovo\u00efde-globuleux, rouge vif et luisant, de 10 \u00e0 15 mm de diam\u00e8tre, rappelant une cerise. Ce fruit caract\u00e9ristique, port\u00e9 sur un long p\u00e9doncule, est un excellent crit\u00e8re d&rsquo;identification. La saveur du fruit est am\u00e8re et peu agr\u00e9able, d\u00e9courageant la consommation. L&rsquo;arbuste se d\u00e9veloppe dans les sous-bois frais et humides, les ravins ombrag\u00e9s et les lisi\u00e8res foresti\u00e8res de l&rsquo;\u00e9tage montagnard et subalpin, entre 600 et 2000 m d&rsquo;altitude.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9COLOGIE ET HABITAT<\/h3>\n<p><em>Lonicera alpigena<\/em> est une esp\u00e8ce montagnarde sciaphile \u00e0 h\u00e9mi-sciaphile, inf\u00e9od\u00e9e aux for\u00eats fra\u00eeches et humides de l&rsquo;\u00e9tage montagnard et de la base du subalpin, entre 600 et 2100 m d&rsquo;altitude selon la latitude. L&rsquo;esp\u00e8ce se rencontre dans les h\u00eatraies-sapini\u00e8res, les for\u00eats mixtes \u00e0 \u00e9pic\u00e9a et sapin, les ravins ombrag\u00e9s, les m\u00e9gaphorbiaies foresti\u00e8res et les lisi\u00e8res humides. Elle pr\u00e9f\u00e8re les sols calcaires ou neutres, profonds, riches en humus, frais \u00e0 humides et bien drain\u00e9s. Son aire de r\u00e9partition s&rsquo;\u00e9tend des Pyr\u00e9n\u00e9es \u00e0 travers les Alpes, le Jura, les Apennins du Nord, les Dinarides et les Carpates. En France, l&rsquo;esp\u00e8ce est pr\u00e9sente dans les Pyr\u00e9n\u00e9es, le Massif central (Aubrac, C\u00e9vennes), les Alpes et le Jura. Elle est absente des plaines et des r\u00e9gions m\u00e9diterran\u00e9ennes basses. La pollinisation est entomogame, assur\u00e9e principalement par les bourdons qui visitent les fleurs bilabi\u00e9es pour leur nectar. Les fruits rouges sont dispers\u00e9s par les oiseaux frugivores (endozoochorie), notamment les grives et les merles. L&rsquo;arbuste joue un r\u00f4le \u00e9cologique dans la strate arbustive des for\u00eats montagnardes et constitue une source de nourriture pour la faune en automne.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Les utilisations m\u00e9dicinales du Ch\u00e8vrefeuille des Alpes sont limit\u00e9es et essentiellement issues de la tradition populaire montagnarde. Les <strong>feuilles<\/strong>, r\u00e9colt\u00e9es au printemps ou en d\u00e9but d&rsquo;\u00e9t\u00e9, ont \u00e9t\u00e9 employ\u00e9es en cataplasmes \u00e9mollients et en infusions l\u00e9g\u00e8res dans certaines pharmacop\u00e9es rurales alpines. Les <strong>fleurs<\/strong> ont fait l&rsquo;objet d&rsquo;usages ponctuels en parfumerie artisanale et en pr\u00e9parations adoucissantes. Les <strong>fruits<\/strong>, bien que toxiques ou au minimum \u00e9m\u00e9tiques \u00e0 doses significatives, ont \u00e9t\u00e9 signal\u00e9s dans des usages tr\u00e8s limit\u00e9s en m\u00e9decine populaire (purgatif drastique). L&rsquo;<strong>\u00e9corce<\/strong> des jeunes rameaux a \u00e9t\u00e9 mentionn\u00e9e dans certaines traditions locales comme f\u00e9brifuge l\u00e9ger. Dans l&rsquo;ensemble, cette esp\u00e8ce est nettement moins utilis\u00e9e en phytoth\u00e9rapie que le Ch\u00e8vrefeuille des jardins (<em>Lonicera caprifolium<\/em>) ou le Ch\u00e8vrefeuille du Japon (<em>Lonicera japonica<\/em>), ce dernier \u00e9tant une drogue majeure de la pharmacop\u00e9e traditionnelle chinoise sous le nom de Jin Yin Hua.<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<h3>A. Irido\u00efdes<\/h3>\n<p>Les Caprifoliaceae sont chimiotaxonomiquement caract\u00e9ris\u00e9es par la pr\u00e9sence d&rsquo;<strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/iridoides\/\">irido\u00efdes<\/a><\/strong>, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/monoterpenes\/\">monoterp\u00e8nes<\/a> bicycliques \u00e0 squelette cyclopentane. Chez <em>Lonicera alpigena<\/em>, les principaux irido\u00efdes identifi\u00e9s incluent la <strong>loganine<\/strong>, le <strong>s\u00e9cologanoside<\/strong> et la <strong>sw\u00e9roside<\/strong>. Ces compos\u00e9s, amers et instables, sont responsables de la saveur d\u00e9sagr\u00e9able des fruits et contribuent aux propri\u00e9t\u00e9s pharmacologiques anti-inflammatoires et antimicrobiennes du genre.<\/p>\n<h3>B. Saponines triterp\u00e9niques<\/h3>\n<p>Les fruits et les feuilles contiennent des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/saponines-triterpeniques\/\">saponines triterp\u00e9niques<\/a><\/strong> de type ol\u00e9anane et ursane, responsables de l&rsquo;effet \u00e9m\u00e9tique et irritant gastro-intestinal observ\u00e9 lors de l&rsquo;ingestion des baies. L&rsquo;<strong>acide ol\u00e9anolique<\/strong> et l&rsquo;<strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-ursolique\/\">acide ursolique<\/a><\/strong> ont \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9s comme aglycones principaux.<\/p>\n<h3>C. Flavono\u00efdes et acides ph\u00e9noliques<\/h3>\n<p>Les feuilles renferment des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/flavonols\/\">flavonols<\/a><\/strong> (<strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a><\/strong>, <strong>kaempf\u00e9rol<\/strong> et leurs glycosides), des <strong>acides hydroxycinnamiques<\/strong> (<strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a><\/strong>, <strong>acide caf\u00e9ique<\/strong>) et des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/proanthocyanidines\/\">proanthocyanidines<\/a><\/strong>. Le profil flavono\u00efdique est comparable \u00e0 celui d&rsquo;autres esp\u00e8ces montagnardes du genre <em>Lonicera<\/em>.<\/p>\n<h3>D. Autres compos\u00e9s<\/h3>\n<p>L&rsquo;huile essentielle des fleurs, en faible quantit\u00e9, contient des <strong>monoterp\u00e8nes<\/strong> (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/linalol\/\">linalol<\/a>, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/geraniol\/\">g\u00e9raniol<\/a>) et des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/sesquiterpenes\/\">sesquiterp\u00e8nes<\/a><\/strong> contribuant au parfum discret de la floraison. Des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/carotenoides\/\">carot\u00e9no\u00efdes<\/a><\/strong> (lycop\u00e8ne, \u03b2-carot\u00e8ne) conf\u00e8rent la couleur rouge vif aux fruits m\u00fbrs.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>Les donn\u00e9es pharmacologiques sp\u00e9cifiques \u00e0 <em>Lonicera alpigena<\/em> sont extr\u00eamement limit\u00e9es. Par analogie avec les esp\u00e8ces mieux \u00e9tudi\u00e9es du genre, notamment <em>L. japonica<\/em>, on peut d\u00e9duire certains m\u00e9canismes. Les <strong>irido\u00efdes<\/strong> (loganine, s\u00e9cologanoside) pr\u00e9sentent une activit\u00e9 anti-inflammatoire par inhibition de la production de prostaglandines et de m\u00e9diateurs pro-inflammatoires (NO, TNF-\u03b1) dans des mod\u00e8les in vitro. La <strong>sw\u00e9roside<\/strong> a montr\u00e9 un effet h\u00e9patoprotecteur chez le rat. Les <strong>saponines triterp\u00e9niques<\/strong> exercent un effet irritant sur les muqueuses digestives \u00e0 doses \u00e9lev\u00e9es (effet \u00e9m\u00e9tique et purgatif), mais \u00e0 faibles doses pourraient pr\u00e9senter un effet anti-\u0153d\u00e9mateux et anti-exsudatif. Les <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> et les <strong>flavono\u00efdes<\/strong> contribuent \u00e0 un effet antioxydant global document\u00e9 in vitro pour plusieurs esp\u00e8ces de <em>Lonicera<\/em>. L&rsquo;<strong>acide chlorog\u00e9nique<\/strong>, abondant dans le genre, poss\u00e8de des propri\u00e9t\u00e9s hypoglyc\u00e9miantes et neuroprotectrices \u00e9tudi\u00e9es dans d&rsquo;autres contextes. L&rsquo;ensemble dessine un profil de plante potentiellement anti-inflammatoire, antioxydante et l\u00e9g\u00e8rement h\u00e9patoprotectrice, mais dont l&rsquo;usage th\u00e9rapeutique reste limit\u00e9 par la toxicit\u00e9 des baies et l&rsquo;absence de validation clinique.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Il n&rsquo;existe aucune \u00e9tude clinique publi\u00e9e portant sp\u00e9cifiquement sur <em>Lonicera alpigena<\/em>. La plante ne fait l&rsquo;objet d&rsquo;aucune monographie dans les pharmacop\u00e9es europ\u00e9ennes (Ph. Eur.), ni dans les documents de la Commission E ou de l&rsquo;ESCOP. Les donn\u00e9es disponibles sont exclusivement ethnobotaniques et extrapol\u00e9es \u00e0 partir des travaux men\u00e9s sur d&rsquo;autres esp\u00e8ces du genre. <em>Lonicera japonica<\/em>, en revanche, b\u00e9n\u00e9ficie d&rsquo;une abondante litt\u00e9rature clinique en m\u00e9decine traditionnelle chinoise pour ses propri\u00e9t\u00e9s antipyr\u00e9tiques, anti-infectieuses et anti-inflammatoires. <em>Lonicera caprifolium<\/em> est mentionn\u00e9 dans les flores m\u00e9dicinales europ\u00e9ennes pour des propri\u00e9t\u00e9s diur\u00e9tiques et expectorantes l\u00e9g\u00e8res. L&rsquo;absence de donn\u00e9es cliniques pour <em>L. alpigena<\/em> refl\u00e8te son statut de plante essentiellement ornementale et patrimoniale en Europe, sans tradition d&rsquo;usage m\u00e9dicinal structur\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle continentale. Les quelques usages populaires locaux (Alpes autrichiennes, Pyr\u00e9n\u00e9es) n&rsquo;ont pas donn\u00e9 lieu \u00e0 des investigations pharmacologiques modernes.<\/p>\n<hr>\n<h3>TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h3>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe chimique<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td><strong>Loganine<\/strong><\/td>\n<td>Irido\u00efde glycoside<\/td>\n<td>Anti-inflammatoire<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>S\u00e9cologanoside<\/strong><\/td>\n<td>S\u00e9coirido\u00efde<\/td>\n<td>Amer, antimicrobien<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Sw\u00e9roside<\/strong><\/td>\n<td>S\u00e9coirido\u00efde<\/td>\n<td>H\u00e9patoprotecteur<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Acide ol\u00e9anolique<\/strong><\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/triterpenes\/\">Triterp\u00e8ne<\/a><\/td>\n<td>Anti-inflammatoire<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Acide chlorog\u00e9nique<\/strong><\/td>\n<td>Acide ph\u00e9nolique<\/td>\n<td>Antioxydant, hypoglyc\u00e9miant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Querc\u00e9tine<\/strong><\/td>\n<td>Flavonol<\/td>\n<td>Antioxydant, anti-allergique<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Loganine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>S\u00e9cologanoside<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Sw\u00e9roside<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acide ol\u00e9anolique<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Kaempf\u00e9rol<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>Les formes gal\u00e9niques du Ch\u00e8vrefeuille des Alpes sont peu standardis\u00e9es en raison de l&rsquo;absence de tradition phytoth\u00e9rapique structur\u00e9e. Les usages document\u00e9s, essentiellement ethnobotaniques, incluent :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Infusion de feuilles :<\/strong> 2 \u00e0 5 g de feuilles s\u00e8ches par tasse d&rsquo;eau (d\u00e9part \u00e0 froid), infuser 10 minutes. Usage populaire comme adoucissant et l\u00e9ger diur\u00e9tique.<\/li>\n<li><strong>Cataplasme de feuilles fra\u00eeches :<\/strong> feuilles \u00e9cras\u00e9es appliqu\u00e9es sur les inflammations cutan\u00e9es mineures et les petites plaies.<\/li>\n<li><strong>D\u00e9coction d&rsquo;\u00e9corce :<\/strong> usage tr\u00e8s local et non standardis\u00e9 comme f\u00e9brifuge, sans posologie \u00e9tablie.<\/li>\n<li><strong>Usage ornemental et paysager :<\/strong> bien que non gal\u00e9nique, l&rsquo;usage principal de l&rsquo;esp\u00e8ce reste la plantation dans les jardins d&rsquo;altitude et les haies champ\u00eatres montagnardes.<\/li>\n<\/ul>\n<p>L&rsquo;usage des fruits est d\u00e9conseill\u00e9 en raison de leur toxicit\u00e9 potentielle (saponines, irido\u00efdes irritants). Aucune sp\u00e9cialit\u00e9 pharmaceutique contenant <em>L. alpigena<\/em> n&rsquo;est actuellement commercialis\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Les fruits du Ch\u00e8vrefeuille des Alpes sont consid\u00e9r\u00e9s comme faiblement toxiques. L&rsquo;ingestion de quelques baies peut provoquer des naus\u00e9es, des vomissements, des douleurs abdominales et une diarrh\u00e9e chez les enfants et les adultes sensibles. La toxicit\u00e9 est attribu\u00e9e aux <strong>saponines triterp\u00e9niques<\/strong> irritantes pour la muqueuse gastro-intestinale et \u00e0 la <strong>xylos\u00e9ine<\/strong>, un <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/alcaloides\/\">alcalo\u00efde<\/a> d\u00e9crit chez certains <em>Lonicera<\/em> \u00e0 fruits rouges. Les centres antipoison fran\u00e7ais classent les baies de <em>Lonicera alpigena<\/em> dans la cat\u00e9gorie \u00ab toxicit\u00e9 faible \u00e0 mod\u00e9r\u00e9e \u00bb. La dose toxique n&rsquo;est pas pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e9tablie mais l&rsquo;ingestion de plus de 5 \u00e0 10 baies est susceptible de d\u00e9clencher des sympt\u00f4mes gastro-intestinaux. Aucun cas mortel n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9 chez l&rsquo;homme. Le go\u00fbt amer et d\u00e9sagr\u00e9able des fruits constitue une protection naturelle contre l&rsquo;ingestion accidentelle en quantit\u00e9 importante. Les feuilles et l&rsquo;\u00e9corce ne pr\u00e9sentent pas de toxicit\u00e9 significative connue aux doses d&rsquo;usage traditionnel. La confusion avec d&rsquo;autres esp\u00e8ces \u00e0 fruits rouges (Daphn\u00e9 bois-joli, Belladone) constitue un risque indirect lors de la cueillette en milieu montagnard.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>Le Ch\u00e8vrefeuille des Alpes n&rsquo;a pas connu la c\u00e9l\u00e9brit\u00e9 m\u00e9dicinale du Ch\u00e8vrefeuille commun (<em>L. caprifolium<\/em>), c\u00e9l\u00e9br\u00e9 depuis l&rsquo;Antiquit\u00e9 pour ses fleurs parfum\u00e9es et ses propri\u00e9t\u00e9s pectorales. <em>Lonicera alpigena<\/em> est mentionn\u00e9 par les botanistes du XVIe si\u00e8cle, notamment par Clusius (Charles de l&rsquo;\u00c9cluse) dans ses observations des plantes alpines autrichiennes. Gaspard Bauhin le d\u00e9crit dans son Pinax (1623) sous le nom de <em>Cham\u00e6cerasus alpina<\/em>. En m\u00e9decine populaire alpine, les feuilles \u00e9taient parfois utilis\u00e9es en cataplasmes sur les contusions et les entorses, et l&rsquo;\u00e9corce en d\u00e9coction contre les fi\u00e8vres intermittentes. Dans les Pyr\u00e9n\u00e9es, certains bergers utilisaient une infusion de feuilles comme rem\u00e8de contre les maux de ventre du b\u00e9tail. Le fruit rouge et luisant, bien que non comestible, a inspir\u00e9 des noms populaires tels que \u00ab cerise des Alpes \u00bb ou \u00ab cerise de loup \u00bb. Dans la tradition symbolique, le ch\u00e8vrefeuille en g\u00e9n\u00e9ral est associ\u00e9 \u00e0 la fid\u00e9lit\u00e9 et aux liens d&rsquo;amour, comme en t\u00e9moigne le lai de Marie de France au XIIe si\u00e8cle (\u00ab Lai du Ch\u00e8vrefeuille \u00bb), bien que cette symbolique concerne plut\u00f4t les esp\u00e8ces grimpantes.<\/p>\n<hr>\n<h3>STATUT DE CONSERVATION ET PROTECTION<\/h3>\n<p><em>Lonicera alpigena<\/em> n&rsquo;est pas consid\u00e9r\u00e9 comme menac\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle europ\u00e9enne. L&rsquo;esp\u00e8ce est class\u00e9e LC (Pr\u00e9occupation mineure) dans la plupart des \u00e9valuations nationales et r\u00e9gionales. En France, elle est assez commune dans les massifs montagneux calcaires mais peut \u00eatre rare ou absente dans certaines r\u00e9gions de plaine ou acides. L&rsquo;esp\u00e8ce ne figure pas dans les annexes de la Directive Habitats ni dans la Convention de Berne. Elle n&rsquo;est prot\u00e9g\u00e9e par aucune r\u00e9glementation nationale en France. Toutefois, les habitats forestiers montagnards frais qui l&rsquo;abritent sont eux-m\u00eames sensibles aux changements climatiques : le r\u00e9chauffement pourrait entra\u00eener une remont\u00e9e altitudinale de l&rsquo;esp\u00e8ce et une contraction de son aire dans les stations les plus basses. L&rsquo;exploitation foresti\u00e8re intensive et la mise en lumi\u00e8re des sous-bois peuvent d\u00e9favoriser cette esp\u00e8ce sciaphile. Dans les jardins botaniques alpins, l&rsquo;esp\u00e8ce est cultiv\u00e9e \u00e0 des fins conservatoires et \u00e9ducatives. Sa cueillette n&rsquo;est pas r\u00e9glement\u00e9e mais reste limit\u00e9e par l&rsquo;absence de demande commerciale.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>Le Ch\u00e8vrefeuille des Alpes est avant tout une esp\u00e8ce patrimoniale et ornementale de la flore montagnarde europ\u00e9enne, dont l&rsquo;int\u00e9r\u00eat pharmacognosique reste secondaire par rapport \u00e0 ses cong\u00e9n\u00e8res m\u00e9dicinaux (<em>L. japonica<\/em>, <em>L. caprifolium<\/em>). Sa phytochimie, domin\u00e9e par les irido\u00efdes, les saponines triterp\u00e9niques et les <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/polyphenols\/\">polyph\u00e9nols<\/a>, s&rsquo;inscrit dans le cadre chimiotaxonomique des Caprifoliaceae. Les quelques usages ethnobotaniques alpins document\u00e9s t\u00e9moignent d&rsquo;un savoir populaire local non formalis\u00e9 et non valid\u00e9 par la recherche moderne. La toxicit\u00e9 mod\u00e9r\u00e9e des fruits limite les perspectives d&rsquo;exploitation th\u00e9rapeutique. L&rsquo;int\u00e9r\u00eat de l&rsquo;esp\u00e8ce r\u00e9side davantage dans sa contribution \u00e0 la biodiversit\u00e9 des sous-bois montagnards, dans son r\u00f4le trophique pour la faune et dans son potentiel ornemental pour les jardins d&rsquo;altitude. Du point de vue de la recherche, une \u00e9tude phytochimique comparative approfondie avec les esp\u00e8ces m\u00e9dicinales du genre pourrait r\u00e9v\u00e9ler des compos\u00e9s d&rsquo;int\u00e9r\u00eat, notamment parmi les s\u00e9coirido\u00efdes.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li>Shang X. et al., 2011. The genus <em>Lonicera<\/em>: a review of its botany, traditional uses and pharmacology. <em>Journal of Ethnopharmacology<\/em>, 138(2), 305-312.<\/li>\n<li>Svarcova I., Heinrich J., Valentova K., 2007. Berry fruits as a source of biologically active compounds: the case of <em>Lonicera caerulea<\/em>. <em>Biomed. Papers<\/em>, 151(2), 163-174.<\/li>\n<li>Clusius C., 1601. <em>Rariorum plantarum historia<\/em>. Anvers.<\/li>\n<li>Hegi G., 1918. <em>Illustrierte Flora von Mittel-Europa<\/em>, vol. VI\/1: Caprifoliaceae.<\/li>\n<li>Plants of the World Online \u2014 Royal Botanic Gardens, Kew : <em>Lonicera alpigena<\/em>.<\/li>\n<li>Tela Botanica \u2014 eFlore : Fiche <em>Lonicera alpigena<\/em>.<\/li>\n<li>Jacquemoud F., 2014. Les Ch\u00e8vrefeuilles indig\u00e8nes de Suisse. <em>Saussurea<\/em>, 44, 67-84.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Diur\u00e9tique (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Expectorant<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antioxydant<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE Le Ch\u00e8vrefeuille des Alpes, Lonicera alpigena L., est un arbuste caduc de la famille des Caprifoliaceae, genre Lonicera. 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