{"id":801,"date":"2026-03-26T11:28:44","date_gmt":"2026-03-26T10:28:44","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/chevrefeuille-des-haies\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:16","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:16","slug":"chevrefeuille-des-haies","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/chevrefeuille-des-haies\/","title":{"rendered":"CH\u00c8VREFEUILLE DES HAIES"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Ch%C3%A8vrefeuille%20des%20Haies.jpg\" alt=\"Planche botanique Ch\u00e8vrefeuille des Haies\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>Le <em>Ch\u00e8vrefeuille des haies<\/em> (<em>Lonicera xylosteum<\/em> L.) appartient \u00e0 la famille des <em>Caprifoliaceae<\/em>. C&rsquo;est un arbuste caduc, dress\u00e9 et buissonnant, mesurant de 1 \u00e0 3 m de hauteur, parfois jusqu&rsquo;\u00e0 5 m. Les rameaux sont pleins (non creux), gris\u00e2tres, pubescents lorsqu&rsquo;ils sont jeunes, \u00e0 \u00e9corce grise s&rsquo;exfoliant en lani\u00e8res fines sur le bois \u00e2g\u00e9. Les feuilles sont oppos\u00e9es, ovales-elliptiques, de 3 \u00e0 6 cm de long, enti\u00e8res, pubescentes sur les deux faces (surtout dessous), \u00e0 p\u00e9tiole court (2-5 mm). Les fleurs sont group\u00e9es par paires \u00e0 l&rsquo;aisselle des feuilles, port\u00e9es par un p\u00e9doncule commun court. Chaque fleur est bilabi\u00e9e, tubuleuse, de 10 \u00e0 15 mm de long, blanc-cr\u00e8me \u00e0 jaune p\u00e2le, parfois teint\u00e9e de rose, pubescente \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur. Les deux ovaires de chaque paire de fleurs sont partiellement soud\u00e9s \u00e0 la base. Le fruit est constitu\u00e9 de 2 baies rouges, globuleuses, de 5 \u00e0 8 mm, souvent partiellement soud\u00e9es \u00e0 la base, port\u00e9es sur un p\u00e9doncule commun. Les baies m\u00fbrissent en juillet-ao\u00fbt et persistent sur l&rsquo;arbuste. Elles sont toxiques. La floraison a lieu de mai \u00e0 juin. Le syst\u00e8me racinaire est dense, fascicul\u00e9, superficiel.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>Le Ch\u00e8vrefeuille des haies est une esp\u00e8ce eurasiatique \u00e0 large r\u00e9partition, pr\u00e9sente dans la majeure partie de l&rsquo;Europe (de la Scandinavie m\u00e9ridionale au nord de l&rsquo;Espagne et de l&rsquo;Italie, des \u00eeles Britanniques \u00e0 la Russie) et en Asie occidentale (Caucase, Sib\u00e9rie). En France, il est commun dans presque toutes les r\u00e9gions, du littoral jusqu&rsquo;\u00e0 environ 1 600 m d&rsquo;altitude en montagne. Il est cependant plus rare dans la r\u00e9gion m\u00e9diterran\u00e9enne proprement dite, o\u00f9 il est remplac\u00e9 par d&rsquo;autres esp\u00e8ces de <em>Lonicera<\/em>. L&rsquo;esp\u00e8ce se rencontre dans les haies, les lisi\u00e8res foresti\u00e8res, les sous-bois clairs, les bosquets, les talus bois\u00e9s, les friches arbustives et les jardins. Elle pr\u00e9f\u00e8re les sols frais, riches en bases, bien drain\u00e9s, \u00e0 pH neutre \u00e0 calcaire. C&rsquo;est une esp\u00e8ce de mi-ombre, typique des strates arbustives des for\u00eats de feuillus (ch\u00eanaies-charmaies, h\u00eatraies) et des haies bocag\u00e8res. Elle tol\u00e8re la taille et le rec\u00e9page, ce qui en fait un bon constituant des haies champ\u00eatres.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9cologie et cycle de vie<\/h3>\n<p>Le Ch\u00e8vrefeuille des haies est un nanophan\u00e9rophyte caduc, \u00e0 croissance mod\u00e9r\u00e9e. Le d\u00e9bourrement est pr\u00e9coce (mars-avril), les feuilles apparaissant avant celles de nombreux arbres de la canop\u00e9e, ce qui lui permet de profiter de la lumi\u00e8re printani\u00e8re du sous-bois. La floraison a lieu en mai-juin, les fleurs \u00e9tant pollinis\u00e9es par des insectes, principalement des bourdons et des abeilles, attir\u00e9s par le nectar. Les fruits m\u00fbrissent en juillet-ao\u00fbt, les baies rouges \u00e9tant consomm\u00e9es par les oiseaux (merles, grives, fauvettes, rouge-gorges) qui assurent la diss\u00e9mination des graines (endozoochorie). La germination a lieu au printemps suivant apr\u00e8s une p\u00e9riode de dormance hivernale. L&rsquo;arbuste se r\u00e9g\u00e9n\u00e8re \u00e9galement par marcottage naturel lorsque des branches basses touchent le sol. La dur\u00e9e de vie est de plusieurs d\u00e9cennies. Le Ch\u00e8vrefeuille des haies joue un r\u00f4le \u00e9cologique important dans les \u00e9cosyst\u00e8mes forestiers et bocagers : ses fleurs nourrissent les pollinisateurs au printemps, ses fruits alimentent les oiseaux en \u00e9t\u00e9, et son feuillage dense offre un abri aux passereaux nicheurs. L&rsquo;esp\u00e8ce est r\u00e9sistante au froid, \u00e0 la taille et au rec\u00e9page. Elle est sensible \u00e0 la s\u00e9cheresse prolong\u00e9e et au plein soleil sans apport d&rsquo;eau.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>La composition chimique de <em>Lonicera xylosteum<\/em> est imparfaitement caract\u00e9ris\u00e9e. Les donn\u00e9es disponibles et les analogies avec les esp\u00e8ces cong\u00e9n\u00e9riques permettent de supposer la pr\u00e9sence de compos\u00e9s typiques des Caprifoliaceae. Les <strong>irido\u00efdes glycosidiques<\/strong> (<strong>loganine<\/strong>, <strong>secologanine<\/strong>, <strong>sw\u00e9roside<\/strong>) sont probablement pr\u00e9sents dans les feuilles et les fleurs. Les <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/saponines-triterpeniques\/\">saponines triterp\u00e9niques<\/a><\/strong> sont vraisemblablement concentr\u00e9es dans les baies, contribuant \u00e0 leur toxicit\u00e9. Des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> (<strong>lut\u00e9oline<\/strong>, <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a><\/strong>, <strong>kaempf\u00e9rol<\/strong>) et des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> (<strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a><\/strong>, <strong>acide caf\u00e9ique<\/strong>) sont attendus dans les feuilles et les fleurs. Les baies rouges doivent leur coloration \u00e0 des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/carotenoides\/\">carot\u00e9no\u00efdes<\/a><\/strong> (probablement du <strong>lycop\u00e8ne<\/strong> ou des <strong>xanthophylles<\/strong>) et\/ou \u00e0 des <strong>anthocyanes<\/strong>. Les feuilles contiennent de la <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/chlorophylle\/\">chlorophylle<\/a><\/strong>, des <strong>carot\u00e9no\u00efdes<\/strong> et probablement des <strong>tanins<\/strong>. Le bois contient de la <strong>lignine<\/strong> en proportion \u00e9lev\u00e9e, ce qui explique sa duret\u00e9 caract\u00e9ristique. Des compos\u00e9s volatils aromatiques, bien que moins abondants que chez <em>L. periclymenum<\/em>, sont vraisemblablement \u00e9mis par les fleurs.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>Les propri\u00e9t\u00e9s m\u00e9dicinales du Ch\u00e8vrefeuille des haies sont peu \u00e9tudi\u00e9es. Le genre <em>Lonicera<\/em> est chimiquement diversifi\u00e9, et certaines esp\u00e8ces sont bien document\u00e9es en pharmacologie. Le Ch\u00e8vrefeuille du Japon (<em>Lonicera japonica<\/em>), en particulier, est une plante majeure de la m\u00e9decine traditionnelle chinoise (<em>Jin Yin Hua<\/em>), aux propri\u00e9t\u00e9s <strong>antivirales<\/strong>, <strong>anti-inflammatoires<\/strong> et <strong>antimicrobiennes<\/strong> d\u00e9montr\u00e9es. Le Ch\u00e8vrefeuille des haies, bien que moins \u00e9tudi\u00e9, contient vraisemblablement des <strong>saponines<\/strong>, des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/iridoides\/\">irido\u00efdes<\/a><\/strong> (dont la <strong>loganine<\/strong> et la <strong>secologanine<\/strong>), des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> et des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong>. Les <strong>irido\u00efdes<\/strong>, caract\u00e9ristiques des Caprifoliaceae, poss\u00e8dent des activit\u00e9s <strong>anti-inflammatoires<\/strong>, <strong>h\u00e9patoprotectrices<\/strong> et <strong>antimicrobiennes<\/strong>. Les baies contiennent des <strong>saponines<\/strong> et potentiellement des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/alcaloides\/\">alcalo\u00efdes<\/a><\/strong> faiblement toxiques responsables de leur toxicit\u00e9 pour l&rsquo;homme (naus\u00e9es, vomissements, diarrh\u00e9e). Des propri\u00e9t\u00e9s <strong>antioxydantes<\/strong> ont \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9es pour des extraits de feuilles et de fleurs de <em>Lonicera<\/em> spp. Le potentiel pharmacologique de <em>L. xylosteum<\/em> m\u00e9riterait des investigations plus pouss\u00e9es.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Donn\u00e9es cliniques limit\u00e9es ; usage essentiellement traditionnel. <strong>Niveau de preuve :<\/strong> usage traditionnel.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Irido\u00efdes glycosidiques<\/td>\n<td>Irido\u00efde<\/td>\n<td>Amer, constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Loganine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Secologanine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Sw\u00e9roside<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Flavono\u00efdes<\/td>\n<td>Flavono\u00efde<\/td>\n<td>Antioxydant, anti-inflammatoire<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>Le Ch\u00e8vrefeuille des haies n&rsquo;a pas d&rsquo;utilisation th\u00e9rapeutique reconnue dans les pharmacop\u00e9es europ\u00e9ennes modernes. Son usage est essentiellement ornemental et \u00e9cologique. En tant qu&rsquo;arbuste de haie champ\u00eatre, il est plant\u00e9 \u00e0 raison de 1 plant par m\u00e8tre lin\u00e9aire en m\u00e9lange avec d&rsquo;autres arbustes indig\u00e8nes (Aub\u00e9pine, Prunellier, Cornouiller sanguin, Viorne obier, Tro\u00e8ne). Sa plantation dans les jardins est recommand\u00e9e pour sa valeur faunistique : ses fleurs nourrissent les pollinisateurs et ses baies alimentent les oiseaux. L&rsquo;arbuste se pr\u00eate au rec\u00e9page et \u00e0 la taille, permettant de former des haies basses ou des massifs arbustifs. En phytoth\u00e9rapie, seules les esp\u00e8ces de <em>Lonicera<\/em> inscrites dans les pharmacop\u00e9es (principalement <em>L. japonica<\/em>) font l&rsquo;objet de pr\u00e9parations standardis\u00e9es. L&rsquo;utilisation des fleurs de <em>L. xylosteum<\/em> en infusion est rapport\u00e9e dans certains ouvrages anciens mais n&rsquo;est pas recommand\u00e9e en l&rsquo;absence de donn\u00e9es de s\u00e9curit\u00e9. Les baies sont toxiques et ne doivent en aucun cas \u00eatre consomm\u00e9es.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Les <strong>baies du Ch\u00e8vrefeuille des haies sont toxiques<\/strong> pour l&rsquo;homme. L&rsquo;ingestion provoque des naus\u00e9es, des vomissements, des douleurs abdominales et de la diarrh\u00e9e. La toxicit\u00e9 est attribu\u00e9e aux <strong>saponines<\/strong> et potentiellement \u00e0 d&rsquo;autres compos\u00e9s (alcalo\u00efdes faibles). Quelques baies suffisent \u00e0 provoquer des sympt\u00f4mes chez l&rsquo;enfant. Les cas d&rsquo;intoxication grave sont cependant rares, la saveur d\u00e9sagr\u00e9able des baies d\u00e9courageant habituellement leur consommation en grande quantit\u00e9. En cas d&rsquo;ingestion, il faut consulter un centre antipoison. Les enfants sont les principales victimes d&rsquo;intoxications accidentelles, attir\u00e9s par la couleur rouge des baies. Il est recommand\u00e9 de sensibiliser les enfants \u00e0 la toxicit\u00e9 des baies et de surveiller les jeunes enfants \u00e0 proximit\u00e9 des haies en \u00e9t\u00e9. Les parties a\u00e9riennes (feuilles, fleurs) ne sont pas consid\u00e9r\u00e9es comme hautement toxiques, mais leur consommation est d\u00e9conseill\u00e9e par pr\u00e9caution. Le port de gants lors de la taille n&rsquo;est pas n\u00e9cessaire, l&rsquo;arbuste ne provoquant pas d&rsquo;irritation cutan\u00e9e. La confusion avec le Ch\u00e8vrefeuille des bois (<em>L. periclymenum<\/em>), dont les baies sont \u00e9galement toxiques, est sans cons\u00e9quence sanitaire particuli\u00e8re.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>Le Ch\u00e8vrefeuille des haies a une place modeste dans les traditions ethnobotaniques europ\u00e9ennes. Contrairement au Ch\u00e8vrefeuille des bois (<em>Lonicera periclymenum<\/em>), liane parfum\u00e9e tr\u00e8s populaire, le Ch\u00e8vrefeuille des haies, arbuste non grimpant aux fleurs peu odorantes, n&rsquo;a pas suscit\u00e9 le m\u00eame engouement. En m\u00e9decine populaire, les fleurs et les feuilles \u00e9taient parfois utilis\u00e9es en infusion comme sudorifique et diur\u00e9tique l\u00e9ger, mais ces usages sont peu document\u00e9s et marginaux. Le bois, dur et compact (le nom <em>xylosteum<\/em> signifie \u00ab bois dur \u00bb), servait \u00e0 fabriquer de petits objets : manches d&rsquo;outils, fuseaux, jouets. Les rameaux souples \u00e9taient utilis\u00e9s en vannerie locale. Les baies rouges, bien connues pour leur toxicit\u00e9, \u00e9taient signal\u00e9es aux enfants comme \u00ab baies du diable \u00bb dans certaines r\u00e9gions. L&rsquo;arbuste \u00e9tait plant\u00e9 dans les haies champ\u00eatres pour sa r\u00e9sistance et sa capacit\u00e9 \u00e0 fournir un abri aux oiseaux. Le Ch\u00e8vrefeuille des haies est rest\u00e9 dans l&rsquo;ombre de ses cousins plus spectaculaires, mais il constitue un \u00e9l\u00e9ment pr\u00e9cieux de la biodiversit\u00e9 bocag\u00e8re et foresti\u00e8re europ\u00e9enne.<\/p>\n<hr>\n<h3>Culture et multiplication<\/h3>\n<p>Le Ch\u00e8vrefeuille des haies se multiplie facilement par semis, bouturage ou marcottage. Le <strong>semis<\/strong> se fait en automne apr\u00e8s stratification froide des graines (3 mois \u00e0 4 \u00b0C) ou en semis direct en p\u00e9pini\u00e8re en automne. La germination a lieu au printemps, en 2 \u00e0 4 semaines. Le <strong>bouturage<\/strong> de rameaux semi-ao\u00fbt\u00e9s en fin d&rsquo;\u00e9t\u00e9 (ao\u00fbt-septembre), avec hormone d&rsquo;enracinement, donne de bons r\u00e9sultats. Le <strong>marcottage<\/strong> naturel se produit lorsque des branches touchent le sol ; il peut \u00eatre provoqu\u00e9 en couchant et en enterrant partiellement un rameau. La plantation s&rsquo;effectue de novembre \u00e0 mars, en sol frais, bien drain\u00e9, calcaire ou neutre, en situation de mi-ombre \u00e0 ombre l\u00e9g\u00e8re. L&rsquo;espacement est de 0,8 \u00e0 1,5 m en haie. Aucune fertilisation particuli\u00e8re n&rsquo;est n\u00e9cessaire, un apport de compost \u00e0 la plantation suffisant. L&rsquo;arrosage est utile la premi\u00e8re ann\u00e9e. La taille s&rsquo;effectue apr\u00e8s la fructification (automne) ou en fin d&rsquo;hiver, l&rsquo;arbuste supportant bien le rec\u00e9page. L&rsquo;esp\u00e8ce est tr\u00e8s rustique (jusqu&rsquo;\u00e0 -30 \u00b0C), peu exigeante et r\u00e9sistante aux maladies. Elle est recommand\u00e9e dans les haies champ\u00eatres, les bosquets, les lisi\u00e8res de jardins et les jardins naturalistes.<\/p>\n<hr>\n<h3>R\u00e9colte et conservation<\/h3>\n<p>Le Ch\u00e8vrefeuille des haies n&rsquo;est pas r\u00e9colt\u00e9 \u00e0 des fins th\u00e9rapeutiques ou alimentaires en raison de la toxicit\u00e9 de ses baies. Pour l&rsquo;herbier, les rameaux fleuris se r\u00e9coltent en mai-juin et les rameaux fructif\u00e8res en juillet-ao\u00fbt. Les sp\u00e9cimens se pressent et se s\u00e8chent entre des feuilles de papier buvard. Les graines se r\u00e9coltent en automne, apr\u00e8s la maturation des baies (ao\u00fbt-octobre), en \u00e9crasant les baies et en lavant les graines. Elles se conservent au froid (4 \u00b0C) au sec pendant 1 \u00e0 2 ans. Les boutures de rameaux se pr\u00e9l\u00e8vent en ao\u00fbt-septembre. Pour la plantation de haies, les plants sont disponibles en p\u00e9pini\u00e8res sp\u00e9cialis\u00e9es en v\u00e9g\u00e9taux indig\u00e8nes, sous forme de jeunes plants en godets ou en racines nues. La conservation de l&rsquo;esp\u00e8ce dans la nature ne pose pas de probl\u00e8me particulier, l&rsquo;arbuste \u00e9tant commun et bien repr\u00e9sent\u00e9 dans les haies et les lisi\u00e8res foresti\u00e8res de toute la France. La conservation in situ passe par le maintien des haies bocag\u00e8res et des lisi\u00e8res foresti\u00e8res, habitats en r\u00e9gression sous l&rsquo;effet du remembrement, de l&rsquo;arrachage des haies et de l&rsquo;intensification agricole.<\/p>\n<hr>\n<h3>Aspects r\u00e9glementaires<\/h3>\n<p>Le Ch\u00e8vrefeuille des haies ne figure dans aucune pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne en tant que plante m\u00e9dicinale. Il n&rsquo;est pas inscrit sur la liste des plantes autoris\u00e9es dans les compl\u00e9ments alimentaires. L&rsquo;esp\u00e8ce ne fait l&rsquo;objet d&rsquo;aucune protection r\u00e9glementaire en France, \u00e9tant consid\u00e9r\u00e9e comme commune. Elle n&rsquo;est pas inscrite aux listes CITES. Les haies bocag\u00e8res dans lesquelles il pousse b\u00e9n\u00e9ficient d&rsquo;une protection dans le cadre de la conditionnalit\u00e9 PAC (interdiction d&rsquo;arrachage des haies). Les haies sont \u00e9galement prot\u00e9g\u00e9es par certaines r\u00e9glementations locales (PLU, chartes de parcs naturels r\u00e9gionaux). Les plants de Ch\u00e8vrefeuille des haies sont disponibles dans le commerce horticole, notamment dans les p\u00e9pini\u00e8res sp\u00e9cialis\u00e9es en arbustes indig\u00e8nes pour haies champ\u00eatres. Des aides financi\u00e8res sont disponibles dans certaines r\u00e9gions pour la plantation de haies bocag\u00e8res \u00e0 base d&rsquo;esp\u00e8ces indig\u00e8nes, incluant le Ch\u00e8vrefeuille des haies. La valorisation de l&rsquo;arbuste dans les programmes de plantation de haies contribue \u00e0 sa conservation et au maintien de la biodiversit\u00e9 bocag\u00e8re.<\/p>\n<hr>\n<h3>Associations et synergies<\/h3>\n<p>Le Ch\u00e8vrefeuille des haies s&rsquo;inscrit dans les communaut\u00e9s arbustives des haies bocag\u00e8res et des lisi\u00e8res foresti\u00e8res. Il s&rsquo;associe \u00e0 l&rsquo;Aub\u00e9pine monogyne (<em>Crataegus monogyna<\/em>), au Prunellier (<em>Prunus spinosa<\/em>), au Cornouiller sanguin (<em>Cornus sanguinea<\/em>), \u00e0 la Viorne obier (<em>Viburnum opulus<\/em>), au Tro\u00e8ne commun (<em>Ligustrum vulgare<\/em>), au Fusain d&rsquo;Europe (<em>Euonymus europaeus<\/em>), au Noisetier (<em>Corylus avellana<\/em>) et \u00e0 l&rsquo;\u00c9glantier (<em>Rosa canina<\/em>) dans les haies champ\u00eatres traditionnelles. En sous-bois, il cohabite avec le Houx (<em>Ilex aquifolium<\/em>), le Buis (<em>Buxus sempervirens<\/em>) et le Sureau noir (<em>Sambucus nigra<\/em>). La plantation en m\u00e9lange diversifi\u00e9, associant des esp\u00e8ces \u00e0 floraisons et fructifications \u00e9tal\u00e9es dans le temps, maximise la valeur \u00e9cologique de la haie pour les pollinisateurs et les oiseaux. Le Ch\u00e8vrefeuille des haies compl\u00e8te le Prunellier (floraison tr\u00e8s pr\u00e9coce) et le Sureau (floraison plus tardive) dans la succession des ressources alimentaires offertes par la haie.<\/p>\n<hr>\n<h3>Anecdotes et faits remarquables<\/h3>\n<p>Le nom scientifique <em>xylosteum<\/em> vient du grec <em>xylon<\/em> (bois) et <em>osteon<\/em> (os), en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la duret\u00e9 exceptionnelle du bois de cet arbuste, comparable \u00e0 celle de l&rsquo;os. Cette duret\u00e9 a valu au bois du Ch\u00e8vrefeuille des haies d&rsquo;\u00eatre utilis\u00e9 pour la fabrication de fuseaux de rouet, de petits outils et m\u00eame de dents de r\u00e2teau. Le nom fran\u00e7ais \u00ab ch\u00e8vrefeuille \u00bb (caprifolium en latin) signifie \u00ab feuille de ch\u00e8vre \u00bb, les ch\u00e8vres \u00e9tant suppos\u00e9es appr\u00e9cier le feuillage de ces arbustes. Les baies rouges par paires, parfois partiellement soud\u00e9es, sont un caract\u00e8re original du genre <em>Lonicera<\/em> : les deux ovaires de chaque paire de fleurs se rapprochent et se soudent plus ou moins lors de la fructification. Chez certaines esp\u00e8ces de ch\u00e8vrefeuilles, cette soudure est compl\u00e8te, formant une seule baie apparente issue de deux fleurs. Le Ch\u00e8vrefeuille des haies est l&rsquo;h\u00f4te d&rsquo;un puceron sp\u00e9cifique (<em>Hyadaphis tataricae<\/em>) qui provoque l&rsquo;enroulement caract\u00e9ristique des feuilles au printemps, formant des galles en \u00ab rosette de sorci\u00e8re \u00bb. Les oiseaux jouent un r\u00f4le crucial dans la diss\u00e9mination : la Fauvette \u00e0 t\u00eate noire est l&rsquo;un des principaux disperseurs des graines.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>Le Ch\u00e8vrefeuille des haies est un arbuste indig\u00e8ne d&rsquo;une grande valeur \u00e9cologique, dont le r\u00f4le dans les \u00e9cosyst\u00e8mes bocagers et forestiers est souvent sous-estim\u00e9. Sa floraison printani\u00e8re nourrit les pollinisateurs, ses baies estivales alimentent les oiseaux, et son feuillage dense offre un abri aux passereaux nicheurs. La plantation de cet arbuste dans les haies champ\u00eatres, les lisi\u00e8res et les jardins constitue un geste simple et efficace en faveur de la biodiversit\u00e9. Le d\u00e9clin des haies bocag\u00e8res en Europe, sous l&rsquo;effet de l&rsquo;intensification agricole, menace l&rsquo;ensemble de la biodiversit\u00e9 associ\u00e9e, dont le Ch\u00e8vrefeuille des haies est un repr\u00e9sentant fid\u00e8le. La restauration du bocage et la plantation de haies diversifi\u00e9es \u00e0 base d&rsquo;esp\u00e8ces indig\u00e8nes sont des enjeux prioritaires pour la conservation de la biodiversit\u00e9 des paysages agricoles. Sur le plan pharmacologique, le genre <em>Lonicera<\/em> rec\u00e8le des compos\u00e9s d&rsquo;int\u00e9r\u00eat, et l&rsquo;\u00e9tude de <em>L. xylosteum<\/em> pourrait r\u00e9v\u00e9ler des irido\u00efdes et des flavono\u00efdes bioactifs. Le Ch\u00e8vrefeuille des haies m\u00e9rite une place de choix dans les programmes de plantation et de restauration des paysages bocagers europ\u00e9ens.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/results?q=Ch\u00e8vrefeuille%20des\">Plants of the World Online, Kew : <em>Ch\u00e8vrefeuille des<\/em><\/a>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/?s=Ch\u00e8vrefeuille+des\">Tela Botanica \/ eFlore : <em>Ch\u00e8vrefeuille des<\/em><\/a>.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Diur\u00e9tique (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antioxydant<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antimicrobien<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE Le Ch\u00e8vrefeuille des haies (Lonicera xylosteum L.) appartient \u00e0 la famille des Caprifoliaceae. C&rsquo;est un arbuste caduc, dress\u00e9 et buissonnant, mesurant [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":8771,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[60],"tags":[],"class_list":["post-801","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-caprifoliacees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/801","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=801"}],"version-history":[{"count":10,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/801\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13962,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/801\/revisions\/13962"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/8771"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=801"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=801"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=801"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}