{"id":803,"date":"2026-03-26T11:28:46","date_gmt":"2026-03-26T10:28:46","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/chevrefeuille-etrusque\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:16","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:16","slug":"chevrefeuille-etrusque","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/chevrefeuille-etrusque\/","title":{"rendered":"CH\u00c8VREFEUILLE \u00c9TRUSQUE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Ch%C3%A8vrefeuille%20%C3%A9trusque.jpg\" alt=\"Planche botanique Ch\u00e8vrefeuille \u00e9trusque\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>Le Ch\u00e8vrefeuille \u00e9trusque, <em>Lonicera etrusca<\/em> Santi, est un arbuste sarmenteux \u00e0 semi-grimpant de la famille des Caprifoliac\u00e9es (Caprifoliaceae). Le genre <em>Lonicera<\/em> comprend environ 180 esp\u00e8ces r\u00e9parties dans les r\u00e9gions temp\u00e9r\u00e9es de l&rsquo;h\u00e9misph\u00e8re Nord. <em>Lonicera etrusca<\/em> est une esp\u00e8ce m\u00e9diterran\u00e9enne caract\u00e9ristique, reconnaissable \u00e0 ses longues tiges volubiles pouvant atteindre 3 \u00e0 5 m\u00e8tres, \u00e0 ses feuilles oppos\u00e9es dont les sup\u00e9rieures sont soud\u00e9es (conn\u00e9es) autour de la tige formant une colerette circulaire, et \u00e0 ses fleurs tubuleuses bilabi\u00e9es extr\u00eamement parfum\u00e9es, jaune cr\u00e8me \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur et souvent teint\u00e9es de rose pourpr\u00e9. Les fleurs sont group\u00e9es en verticilles terminaux de 6 \u00e0 12 fleurs port\u00e9es au-dessus de la derni\u00e8re paire de feuilles conn\u00e9es. Le parfum est puissant, surtout en soir\u00e9e, attirant les papillons nocturnes pollinisateurs. Les fruits sont des baies rouges, group\u00e9es en grappes, l\u00e9g\u00e8rement toxiques.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p><em>Lonicera etrusca<\/em> est une esp\u00e8ce m\u00e9diterran\u00e9enne dont l&rsquo;aire de r\u00e9partition couvre le pourtour du bassin m\u00e9diterran\u00e9en, de la p\u00e9ninsule Ib\u00e9rique \u00e0 la Turquie, englobant l&rsquo;Afrique du Nord et les grandes \u00eeles m\u00e9diterran\u00e9ennes. En France, il est pr\u00e9sent dans tout le Midi m\u00e9diterran\u00e9en (Languedoc, Provence, C\u00f4te d&rsquo;Azur, Corse) et remonte dans la vall\u00e9e du Rh\u00f4ne, le Quercy et le P\u00e9rigord. Son habitat comprend les garrigues, les maquis, les haies et les lisi\u00e8res de ch\u00eanaies vertes et de ch\u00eanaies pubescentes, les taillis, les bords de routes et les zones rocheuses calcaires. Il grimpe sur les arbustes et les petits arbres voisins ou rampe sur les talus. Le substrat est presque toujours calcaire, sec et bien drain\u00e9. Cette esp\u00e8ce thermophile est sensible au froid et ne d\u00e9passe gu\u00e8re les zones d&rsquo;influence m\u00e9diterran\u00e9enne, bien qu&rsquo;elle puisse se maintenir dans des situations abrit\u00e9es en climat atlantique doux.<\/p>\n<hr>\n<h3>Caract\u00e9ristiques morphologiques d\u00e9taill\u00e9es<\/h3>\n<p>Les tiges sont volubiles ou sarmenteuses, ligneuses, pouvant atteindre 3 \u00e0 5 m\u00e8tres de longueur, \u00e0 \u00e9corce brun gris\u00e2tre se desquamant en lambeaux sur les rameaux \u00e2g\u00e9s. Les jeunes rameaux sont pubescents, souvent rouge\u00e2tres. Les feuilles sont oppos\u00e9es, caduques \u00e0 semi-persistantes selon la rigueur de l&rsquo;hiver : les feuilles inf\u00e9rieures sont ovales \u00e0 elliptiques, p\u00e9tiol\u00e9es, longues de 3 \u00e0 6 centim\u00e8tres, \u00e0 marge enti\u00e8re, pubescentes ; les feuilles sup\u00e9rieures, situ\u00e9es juste sous l&rsquo;inflorescence, sont conn\u00e9es (soud\u00e9es \u00e0 leur base autour de la tige), formant un disque perfoli\u00e9 de 3 \u00e0 5 centim\u00e8tres de diam\u00e8tre, glauque sur la face inf\u00e9rieure. L&rsquo;inflorescence terminale est un verticille de 6 \u00e0 12 fleurs sessiles, port\u00e9es au-dessus du disque foliaire conn\u00e9e. Les fleurs sont tubuleuses, bilabi\u00e9es, longues de 30 \u00e0 45 millim\u00e8tres, \u00e0 tube \u00e9troit et \u00e0 l\u00e8vres \u00e9tal\u00e9es : la l\u00e8vre sup\u00e9rieure est quadrilob\u00e9e, la l\u00e8vre inf\u00e9rieure est constitu\u00e9e d&rsquo;un lobe \u00e9troit r\u00e9fl\u00e9chi. La couleur passe du blanc cr\u00e8me au jaune en vieillissant, avec la face externe souvent teint\u00e9e de rose \u00e0 pourpre. Les \u00e9tamines et le style sont longuement exserts. Le fruit est une baie ovo\u00efde, rouge vif \u00e0 maturit\u00e9, de 5 \u00e0 8 millim\u00e8tres, contenant quelques graines.<\/p>\n<hr>\n<h3>Cycle de vie et ph\u00e9nologie<\/h3>\n<p><em>Lonicera etrusca<\/em> est un arbuste \u00e0 feuillage caduc \u00e0 semi-persistant, perdant ses feuilles en hiver dans les r\u00e9gions froides mais les conservant partiellement en climat m\u00e9diterran\u00e9en doux. La croissance reprend en mars-avril avec le d\u00e9bourrement des bourgeons. La floraison est abondante et spectaculaire, intervenant de mai \u00e0 juillet, avec des remont\u00e9es possibles en automne. Les fleurs s&rsquo;ouvrent progressivement, les boutons \u00e9tant rose pourpr\u00e9, les fleurs ouvertes blanc cr\u00e8me virant au jaune dor\u00e9 avec l&rsquo;\u00e2ge. Le parfum est maximal en soir\u00e9e et la nuit, une adaptation aux pollinisateurs cr\u00e9pusculaires et nocturnes. La pollinisation est principalement assur\u00e9e par les sphinx (papillons nocturnes \u00e0 longue trompe), notamment <em>Macroglossum stellatarum<\/em> (Moro-sphinx), et par les bourdons \u00e0 longue trompe. La fructification donne des grappes de baies rouge vif qui m\u00fbrissent en septembre-octobre. Les baies sont consomm\u00e9es par les oiseaux frugivores (fauvettes, merles, grives) qui assurent la dispersion des graines.<\/p>\n<hr>\n<h3>Exigences \u00e9cologiques<\/h3>\n<p>Le Ch\u00e8vrefeuille \u00e9trusque est une esp\u00e8ce thermophile et h\u00e9liophile, adapt\u00e9e au climat m\u00e9diterran\u00e9en avec ses \u00e9t\u00e9s chauds et secs. Il supporte bien la s\u00e9cheresse estivale gr\u00e2ce \u00e0 son syst\u00e8me racinaire profond et \u00e0 la chute partielle de son feuillage. Le substrat pr\u00e9f\u00e9rentiel est calcaire, sec, rocheux ou pierreux, \u00e0 pH basique. Il tol\u00e8re les sols pauvres et superficiels typiques des garrigues. L&rsquo;esp\u00e8ce n\u00e9cessite chaleur et lumi\u00e8re pour fleurir abondamment mais supporte l&rsquo;ombre partielle en lisi\u00e8re foresti\u00e8re. Sa r\u00e9sistance au froid est limit\u00e9e : il supporte des gel\u00e9es br\u00e8ves de -8 \u00e0 -10\u00b0C mais souffre des hivers prolong\u00e9s et des gels tardifs. L&rsquo;humidit\u00e9 hivernale excessive, combin\u00e9e au froid, est la principale cause de mortalit\u00e9 en dehors de son aire naturelle.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>Phytochimie peu \u00e9tudi\u00e9e pour cette esp\u00e8ce ; aucun profil mol\u00e9culaire valoris\u00e9 n\u2019est document\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>Les propri\u00e9t\u00e9s pharmacologiques des ch\u00e8vrefeuilles ont \u00e9t\u00e9 principalement \u00e9tudi\u00e9es chez <em>Lonicera japonica<\/em>, mais par analogie chimique, <em>L. etrusca<\/em> poss\u00e8de probablement des propri\u00e9t\u00e9s similaires. L&rsquo;<strong>acide chlorog\u00e9nique<\/strong>, compos\u00e9 majeur, poss\u00e8de des propri\u00e9t\u00e9s <strong>antioxydantes<\/strong>, <strong>anti-inflammatoires<\/strong>, <strong>antivirales<\/strong> et <strong>hypoglyc\u00e9miantes<\/strong>. Les <strong>irido\u00efdes<\/strong> (loganine, s\u00e9cologanine) exercent des effets <strong>anti-inflammatoires<\/strong> et <strong>h\u00e9patoprotecteurs<\/strong>. Les <strong>saponines<\/strong> des feuilles et des fleurs contribuent \u00e0 une activit\u00e9 <strong>expectorante<\/strong>. Des propri\u00e9t\u00e9s <strong>antimicrobiennes<\/strong> \u00e0 large spectre ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9es pour les extraits de fleurs contre diverses bact\u00e9ries pathog\u00e8nes. L&rsquo;activit\u00e9 <strong>antivirale<\/strong> contre les virus de la grippe et les coronavirus a \u00e9t\u00e9 document\u00e9e pour les extraits de <em>Lonicera<\/em>. Cependant, les \u00e9tudes sp\u00e9cifiques \u00e0 <em>L. etrusca<\/em> restent rares et cette esp\u00e8ce n&rsquo;entre dans aucune pharmacop\u00e9e officielle occidentale.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Donn\u00e9es cliniques limit\u00e9es ; usage essentiellement traditionnel. <strong>Niveau de preuve :<\/strong> usage traditionnel.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<p>Aucun compos\u00e9 n\u2019est document\u00e9 de fa\u00e7on suffisante pour dresser un tableau phytochimique fiable.<\/p>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>Usage traditionnel en infusion (d\u00e9part \u00e0 froid) ; pas de forme standardis\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Le Ch\u00e8vrefeuille \u00e9trusque joue un r\u00f4le \u00e9cologique important dans les \u00e9cosyst\u00e8mes m\u00e9diterran\u00e9ens. Sa floraison abondante et son parfum puissant en font une source majeure de nectar pour les pollinisateurs, en particulier les papillons sphinx cr\u00e9pusculaires et nocturnes. Le tube floral long et \u00e9troit est parfaitement adapt\u00e9 \u00e0 la trompe des sphinx, cr\u00e9ant une relation de pollinisation mutualiste sp\u00e9cialis\u00e9e. Les bourdons, capables de percer le tube \u00e0 sa base pour acc\u00e9der au nectar sans polliniser, sont des \u00ab voleurs de nectar \u00bb fr\u00e9quents. Les baies rouges constituent une ressource alimentaire importante pour les oiseaux frugivores en automne, assurant la dispersion des graines. Les tiges sarmenteuses fournissent un support de nidification pour les petits passereaux et un abri pour divers invert\u00e9br\u00e9s. Le ch\u00e8vrefeuille contribue \u00e0 la diversit\u00e9 structurale des haies et des lisi\u00e8res m\u00e9diterran\u00e9ennes.<\/p>\n<hr>\n<h3>Propri\u00e9t\u00e9s biochimiques et composition<\/h3>\n<p>Les ch\u00e8vrefeuilles contiennent divers compos\u00e9s bioactifs. Le nectar est riche en <strong>sucres<\/strong> (saccharose dominant) et contient des compos\u00e9s aromatiques responsables du parfum intense. Les feuilles renferment des <strong>saponines<\/strong> triterp\u00e9niques, des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/iridoides\/\">irido\u00efdes<\/a><\/strong> (loganine, s\u00e9cologanine) caract\u00e9ristiques des Caprifoliac\u00e9es, et des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> (lut\u00e9oline, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/apigenine\/\">apig\u00e9nine<\/a>). Les baies contiennent des <strong>saponines<\/strong> potentiellement \u00e9m\u00e9tiques et des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/alcaloides\/\">alcalo\u00efdes<\/a><\/strong> en faible quantit\u00e9, responsables de leur toxicit\u00e9 mod\u00e9r\u00e9e. Des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a>, acide caf\u00e9ique) contribuent \u00e0 l&rsquo;activit\u00e9 antioxydante. Les fleurs contiennent une <strong>huile essentielle<\/strong> riche en <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/linalol\/\">linalol<\/a><\/strong>, <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/geraniol\/\">g\u00e9raniol<\/a><\/strong> et <strong>\u03b2-ocim\u00e8ne<\/strong>, compos\u00e9s responsables du parfum caract\u00e9ristique. La composition chimique varie entre les diff\u00e9rentes esp\u00e8ces de <em>Lonicera<\/em>, les esp\u00e8ces asiatiques (notamment <em>L. japonica<\/em>) \u00e9tant beaucoup mieux \u00e9tudi\u00e9es pharmacologiquement.<\/p>\n<hr>\n<h3>Toxicit\u00e9 et pr\u00e9cautions<\/h3>\n<p>Les baies de <em>Lonicera etrusca<\/em> sont consid\u00e9r\u00e9es comme faiblement toxiques. Leur ingestion en petite quantit\u00e9 provoque des troubles digestifs l\u00e9gers (naus\u00e9es, vomissements, diarrh\u00e9e), principalement en raison des <strong>saponines<\/strong> \u00e9m\u00e9tiques qu&rsquo;elles contiennent. Les intoxications graves sont exceptionnelles et n\u00e9cessiteraient l&rsquo;ingestion d&rsquo;une grande quantit\u00e9 de baies, ce qui est rendu improbable par leur go\u00fbt amer. Les enfants sont les plus expos\u00e9s, attir\u00e9s par la couleur rouge vif des fruits. Les fleurs et les feuilles ne pr\u00e9sentent pas de toxicit\u00e9 significative aux doses habituelles d&rsquo;usage traditionnel. Le nectar est comestible et peut \u00eatre suc\u00e9 directement des fleurs \u2014 un plaisir d&rsquo;enfance universel en M\u00e9diterran\u00e9e. La manipulation de la plante ne provoque aucune r\u00e9action cutan\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>Les ch\u00e8vrefeuilles ont une longue tradition d&rsquo;usage en m\u00e9decine populaire europ\u00e9enne et surtout asiatique. <em>Lonicera etrusca<\/em>, en tant qu&rsquo;esp\u00e8ce m\u00e9diterran\u00e9enne, \u00e9tait utilis\u00e9e dans les traditions proven\u00e7ales et languedociennes. Les fleurs en infusion \u00e9taient r\u00e9put\u00e9es sudorifiques, diur\u00e9tiques et pectorales, employ\u00e9es contre les refroidissements, la toux et les fi\u00e8vres. Le sirop de ch\u00e8vrefeuille \u00e9tait un rem\u00e8de domestique courant contre la toux. En usage externe, les feuilles en cataplasme \u00e9taient appliqu\u00e9es sur les inflammations cutan\u00e9es et les plaies. Le nom \u00ab ch\u00e8vrefeuille \u00bb d\u00e9rive de la tendance des ch\u00e8vres \u00e0 brouter les feuilles de cette plante. En Chine, le genre <em>Lonicera<\/em> est l&rsquo;un des plus importants en pharmacop\u00e9e traditionnelle (Jin Yin Hua), mais c&rsquo;est principalement <em>L. japonica<\/em> qui est utilis\u00e9e. L&rsquo;usage ornemental des ch\u00e8vrefeuilles pour garnir les tonnelles, les pergolas et les murs est une tradition jardini\u00e8re mill\u00e9naire dans tout le bassin m\u00e9diterran\u00e9en.<\/p>\n<hr>\n<h3>Culture et entretien<\/h3>\n<p>Le Ch\u00e8vrefeuille \u00e9trusque est un excellent choix ornemental pour les jardins m\u00e9diterran\u00e9ens et les r\u00e9gions \u00e0 hiver doux. Il se plante de pr\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l&rsquo;automne, en situation ensoleill\u00e9e \u00e0 mi-ombrag\u00e9e, contre un support (mur, treillage, pergola, arbre) sur lequel ses tiges volubiles pourront s&rsquo;enrouler. Le sol doit \u00eatre bien drain\u00e9, calcaire de pr\u00e9f\u00e9rence, m\u00eame pauvre et sec. L&rsquo;arrosage est utile la premi\u00e8re ann\u00e9e puis superflu en climat m\u00e9diterran\u00e9en. La taille de formation s&rsquo;effectue apr\u00e8s la floraison, en supprimant les rameaux faibles et en raccourcissant les tiges trop longues. La multiplication est facile par bouturage semi-ligneux en \u00e9t\u00e9 ou par marcottage. La plante est rustique jusqu&rsquo;\u00e0 -8 \u00e0 -10\u00b0C mais b\u00e9n\u00e9ficie d&rsquo;une exposition abrit\u00e9e des vents froids du nord. Les principales menaces en culture sont le puceron noir du ch\u00e8vrefeuille et l&rsquo;o\u00efdium en conditions humides.<\/p>\n<hr>\n<h3>Confusions possibles<\/h3>\n<p><em>Lonicera etrusca<\/em> peut \u00eatre confondu avec d&rsquo;autres ch\u00e8vrefeuilles m\u00e9diterran\u00e9ens. <em>Lonicera implexa<\/em> (Ch\u00e8vrefeuille entrelac\u00e9) est tr\u00e8s proche mais poss\u00e8de des feuilles persistantes plus coriaces et des fleurs plus petites. <em>Lonicera caprifolium<\/em> (Ch\u00e8vrefeuille des jardins), souvent cultiv\u00e9, a des feuilles sup\u00e9rieures soud\u00e9es similaires mais des fleurs plus roses et un port plus vigoureux. <em>Lonicera periclymenum<\/em> (Ch\u00e8vrefeuille des bois), esp\u00e8ce atlantique, se distingue par ses feuilles jamais conn\u00e9es et ses fleurs en capitule terminal. <em>Lonicera japonica<\/em>, esp\u00e8ce invasive originaire d&rsquo;Asie, a des feuilles semi-persistantes jamais conn\u00e9es et des fleurs par paires axillaires. La pr\u00e9sence de feuilles sup\u00e9rieures conn\u00e9es en colerette circulaire, combin\u00e9e \u00e0 l&rsquo;habitat m\u00e9diterran\u00e9en et \u00e0 la coloration rose-jaune des fleurs, permet d&rsquo;identifier <em>L. etrusca<\/em> avec fiabilit\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h3>Statut de conservation et menaces<\/h3>\n<p><em>Lonicera etrusca<\/em> n&rsquo;est pas menac\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle europ\u00e9enne et ne b\u00e9n\u00e9ficie d&rsquo;aucun statut de protection. L&rsquo;esp\u00e8ce est commune dans les garrigues et les maquis m\u00e9diterran\u00e9ens bien conserv\u00e9s. Cependant, la destruction des habitats m\u00e9diterran\u00e9ens par l&rsquo;urbanisation littorale, les incendies r\u00e9p\u00e9t\u00e9s et l&rsquo;abandon du pastoralisme r\u00e9duit localement ses populations. Les garrigues et les maquis, soumis \u00e0 une pression anthropique croissante, constituent des habitats fragiles dont la pr\u00e9servation b\u00e9n\u00e9ficie \u00e0 l&rsquo;ensemble de leur cort\u00e8ge floristique, y compris ce ch\u00e8vrefeuille.<\/p>\n<hr>\n<h3>Anecdotes et culture<\/h3>\n<p>Le Ch\u00e8vrefeuille \u00e9trusque est l&rsquo;un des joyaux parfum\u00e9s de la garrigue m\u00e9diterran\u00e9enne. Son parfum envo\u00fbtant, qui monte en puissance \u00e0 la tomb\u00e9e du jour, transforme les soir\u00e9es d&rsquo;\u00e9t\u00e9 proven\u00e7ales en exp\u00e9riences olfactives inoubliables. Ce parfum cr\u00e9pusculaire n&rsquo;est pas un hasard : il constitue un signal chimique pr\u00e9cis\u00e9ment chronom\u00e9tr\u00e9 pour attirer les sphinx, ces papillons nocturnes \u00e0 longue trompe qui sont ses pollinisateurs privil\u00e9gi\u00e9s. Le Moro-sphinx (<em>Macroglossum stellatarum<\/em>), ce fascinant papillon qui vole sur place comme un colibri, est l&rsquo;un de ses visiteurs les plus spectaculaires. Le nom \u00ab \u00e9trusque \u00bb fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l&rsquo;\u00c9trurie, ancienne r\u00e9gion de l&rsquo;Italie centrale (actuelle Toscane), o\u00f9 l&rsquo;esp\u00e8ce a \u00e9t\u00e9 d\u00e9crite pour la premi\u00e8re fois par le botaniste italien Giorgio Santi en 1795. L&rsquo;art de dresser un ch\u00e8vrefeuille sur une pergola pour profiter de son ombre parfum\u00e9e est une tradition jardini\u00e8re m\u00e9diterran\u00e9enne qui remonte \u00e0 l&rsquo;Antiquit\u00e9 romaine \u2014 un plaisir simple mais raffin\u00e9 dont les jardins contemporains auraient tort de se priver.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>CH\u00c8VREFEUILLE \u00c9TRUSQUE pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat phytoth\u00e9rapeutique surtout traditionnel, \u00e0 confirmer faute de donn\u00e9es cliniques propres ; sa lecture demande de la prudence.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/results?q=Lonicera%20etrusca\">Plants of the World Online, Kew : <em>Lonicera etrusca<\/em><\/a>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/?s=Lonicera+etrusca\">Tela Botanica \/ eFlore : <em>Lonicera etrusca<\/em><\/a>.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Diur\u00e9tique (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Expectorant<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antioxydant<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE Le Ch\u00e8vrefeuille \u00e9trusque, Lonicera etrusca Santi, est un arbuste sarmenteux \u00e0 semi-grimpant de la famille des Caprifoliac\u00e9es (Caprifoliaceae). 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