{"id":813,"date":"2026-03-26T11:28:59","date_gmt":"2026-03-26T10:28:59","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/gypsophile-des-murailles\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:14","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:14","slug":"gypsophile-des-murailles","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/gypsophile-des-murailles\/","title":{"rendered":"GYPSOPHILE DES MURAILLES"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Gypsophile%20des%20murailles.jpg\" alt=\"Planche botanique Gypsophile des murailles\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>La <em>Gypsophila muralis<\/em> L., commun\u00e9ment appel\u00e9e gypsophile des murailles ou gypsophile des murs, est une plante annuelle de la famille des <strong>Caryophyllaceae<\/strong>. Le genre <em>Gypsophila<\/em>, du grec <em>gypsos<\/em> (gypse, pl\u00e2tre) et <em>philos<\/em> (ami), \u00e9voque l&rsquo;affinit\u00e9 de plusieurs esp\u00e8ces pour les sols gypseux et calcaires. Cependant, <em>G. muralis<\/em> fait exception en pr\u00e9f\u00e9rant les sols acides \u00e0 neutres. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>muralis<\/em> (des murs) fait r\u00e9f\u00e9rence aux milieux rocheux et muraux o\u00f9 elle peut se rencontrer. Le genre comprend environ 150 esp\u00e8ces r\u00e9parties en Eurasie et en Afrique du Nord, dont la gypsophile panicul\u00e9e (<em>G. paniculata<\/em>), c\u00e9l\u00e8bre en fleuristerie. La gypsophile des murailles est une esp\u00e8ce discr\u00e8te, souvent m\u00e9connue, qui anime les pelouses rases et les zones pi\u00e9tin\u00e9es de ses minuscules fleurs roses.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>La gypsophile des murailles est une petite plante annuelle, haute de 5 \u00e0 25 cm, d&rsquo;aspect gr\u00eale et a\u00e9rien. La tige est dress\u00e9e, tr\u00e8s ramifi\u00e9e d\u00e8s la base, formant une touffe l\u00e2che et divariqu\u00e9e, glabre, lisse, cylindrique, \u00e0 n\u0153uds l\u00e9g\u00e8rement renfl\u00e9s. Les feuilles sont oppos\u00e9es, sessiles, lin\u00e9aires \u00e0 lin\u00e9aires-lanc\u00e9ol\u00e9es, longues de 5 \u00e0 20 mm et larges de 1 \u00e0 3 mm, aigu\u00ebs, uninerves, glabres, vertes \u00e0 l\u00e9g\u00e8rement glauques. L&rsquo;inflorescence est une cyme dichotome tr\u00e8s ramifi\u00e9e, portant de nombreuses fleurs isol\u00e9es au bout de p\u00e9dicelles capillaires. Chaque fleur est petite, mesurant 4 \u00e0 6 mm de diam\u00e8tre. Le calice est campanul\u00e9, \u00e0 5 dents obtuses, glabre, \u00e0 nervures vertes bord\u00e9es de blanc membraneux. Les 5 p\u00e9tales sont roses \u00e0 lilas p\u00e2le, obovales, entiers ou faiblement \u00e9margin\u00e9s, plus longs que les s\u00e9pales. Les 10 \u00e9tamines portent des anth\u00e8res roses. Le gyn\u00e9c\u00e9e poss\u00e8de 2 styles. Le fruit est une capsule ovo\u00efde, d\u00e9passant le calice, s&rsquo;ouvrant par 4 dents, contenant de nombreuses graines tr\u00e8s petites, r\u00e9niformes, brun fonc\u00e9, finement tuberculeuses. Le syst\u00e8me racinaire est pivotant, gr\u00eale.<\/p>\n<hr>\n<h3>Habitat naturel et r\u00e9partition g\u00e9ographique<\/h3>\n<p>La gypsophile des murailles est une esp\u00e8ce eurasiatique dont l&rsquo;aire de r\u00e9partition couvre l&rsquo;Europe temp\u00e9r\u00e9e, de la France \u00e0 l&rsquo;Oural, et du sud de la Scandinavie au nord de la M\u00e9diterran\u00e9e. En France, elle est pr\u00e9sente dans une grande partie du territoire, plus commune dans les r\u00e9gions siliceuses du centre et du nord. Elle affectionne les sols sablonneux, limoneux ou argileux, acides \u00e0 neutres, temporairement humides puis secs en \u00e9t\u00e9. On la trouve dans les pelouses rases pi\u00e9tin\u00e9es, les chemins de terre, les bords de mares ass\u00e9ch\u00e9es, les cultures sarcl\u00e9es, les friches, les clairi\u00e8res foresti\u00e8res et les coupes de bois. Elle fait partie du cort\u00e8ge des th\u00e9rophytes pionni\u00e8res des milieux ouverts \u00e0 sol nu. Elle se rencontre de la plaine jusqu&rsquo;\u00e0 environ 1 000 m d&rsquo;altitude. Contrairement \u00e0 la plupart des gypsophiles, elle \u00e9vite les sols calcaires et gypseux, pr\u00e9f\u00e9rant nettement les substrats acides.<\/p>\n<hr>\n<h3>Cycle de vie et ph\u00e9nologie<\/h3>\n<p>La gypsophile des murailles est une th\u00e9rophyte \u00e0 cycle annuel estival. La germination intervient au printemps (avril-mai), sur les sols nus r\u00e9cemment perturb\u00e9s. La croissance v\u00e9g\u00e9tative est rapide, la ramification intense produisant en quelques semaines une touffe a\u00e9rienne caract\u00e9ristique. La floraison se d\u00e9roule de juin \u00e0 octobre, avec un pic en juillet-ao\u00fbt. Les fleurs, bien que petites, sont visit\u00e9es par de petits dipt\u00e8res et des micro-hym\u00e9nopt\u00e8res. L&rsquo;autopollinisation est fr\u00e9quente, assurant la reproduction m\u00eame en absence de pollinisateurs. La fructification se poursuit de juillet \u00e0 novembre, les capsules lib\u00e9rant continuellement de petites graines dispers\u00e9es par le vent, l&rsquo;eau de pluie et le pi\u00e9tinement. La plante meurt aux premi\u00e8res gel\u00e9es. Les graines constituent une banque de semences dans le sol, germant l&rsquo;ann\u00e9e suivante lorsque les conditions de lumi\u00e8re et d&rsquo;humidit\u00e9 sont r\u00e9unies. Le taux de production de graines est \u00e9lev\u00e9, chaque individu pouvant produire plusieurs centaines de graines.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>La composition chimique de la gypsophile des murailles a \u00e9t\u00e9 peu \u00e9tudi\u00e9e sp\u00e9cifiquement. Par analogie avec les autres esp\u00e8ces de <em>Gypsophila<\/em>, on peut s&rsquo;attendre \u00e0 une teneur significative en <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/saponines-triterpeniques\/\">saponines triterp\u00e9niques<\/a><\/strong>, compos\u00e9s caract\u00e9ristiques du genre. Les saponines de <em>Gypsophila<\/em>, notamment celles de <em>G. paniculata<\/em> et <em>G. struthium<\/em>, sont parmi les plus puissantes du r\u00e8gne v\u00e9g\u00e9tal en termes d&rsquo;activit\u00e9 h\u00e9molytique et tensioactive. Chez <em>G. muralis<\/em>, leur pr\u00e9sence est probable mais leur concentration et leur profil restent \u00e0 d\u00e9terminer. Les <strong>flavono\u00efdes<\/strong> (d\u00e9riv\u00e9s de la <strong>vitexine<\/strong>, de la <strong>saponarine<\/strong>), les <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> et les <strong>st\u00e9ro\u00efdes<\/strong> sont probablement pr\u00e9sents. Les graines contiennent des <strong>lipides<\/strong> et des <strong>prot\u00e9ines<\/strong> de r\u00e9serve. La plante ne contient probablement pas de substances toxiques en quantit\u00e9s significatives, les saponines des Caryophyllaceae \u00e9tant g\u00e9n\u00e9ralement mal absorb\u00e9es par le tube digestif.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>La gypsophile des murailles ne poss\u00e8de aucune propri\u00e9t\u00e9 m\u00e9dicinale document\u00e9e et n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9e en th\u00e9rapeutique. Cependant, les saponines du genre <em>Gypsophila<\/em> pr\u00e9sentent un int\u00e9r\u00eat pharmacologique consid\u00e9rable. Les saponines de <em>G. paniculata<\/em> et <em>G. oldhamiana<\/em> ont montr\u00e9 des propri\u00e9t\u00e9s immunoadjuvantes (capacit\u00e9 \u00e0 potentialiser l&rsquo;effet des vaccins), anticanc\u00e9reuses (cytotoxicit\u00e9 s\u00e9lective sur les cellules tumorales) et antimicrobiennes dans des \u00e9tudes pr\u00e9cliniques. Ces saponines agissent en perm\u00e9abilisant les membranes cellulaires, facilitant la p\u00e9n\u00e9tration d&rsquo;agents th\u00e9rapeutiques. Si des saponines similaires \u00e9taient pr\u00e9sentes chez <em>G. muralis<\/em>, elles pourraient th\u00e9oriquement partager certaines de ces propri\u00e9t\u00e9s. Toutefois, aucune \u00e9tude pharmacologique n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 men\u00e9e sur cette esp\u00e8ce, et son int\u00e9r\u00eat reste sp\u00e9culatif dans ce domaine.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Donn\u00e9es cliniques limit\u00e9es ; usage essentiellement traditionnel. <strong>Niveau de preuve :<\/strong> usage traditionnel.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Flavono\u00efdes<\/td>\n<td>Flavono\u00efde<\/td>\n<td>Antioxydant, anti-inflammatoire<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Vitexine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Saponarine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acides ph\u00e9noliques<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>St\u00e9ro\u00efdes<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>La gypsophile des murailles ne fait l&rsquo;objet d&rsquo;aucune transformation ni pr\u00e9paration, que ce soit \u00e0 des fins alimentaires, m\u00e9dicinales ou industrielles. Les saponines du genre <em>Gypsophila<\/em>, exploit\u00e9es industriellement chez d&rsquo;autres esp\u00e8ces (notamment <em>G. paniculata<\/em> pour la fleuristerie et <em>G. struthium<\/em> pour les saponines), n&rsquo;ont jamais \u00e9t\u00e9 extraites de <em>G. muralis<\/em>. En herbier, les sp\u00e9cimens de cette esp\u00e8ce sont faciles \u00e0 s\u00e9cher et \u00e0 conserver, mais leur petite taille rend la d\u00e9termination d\u00e9licate sans loupe. Les graines, tr\u00e8s petites, peuvent \u00eatre r\u00e9colt\u00e9es en secouant les capsules m\u00fbres au-dessus d&rsquo;un r\u00e9cipient et conserv\u00e9es au sec pour un \u00e9ventuel semis ult\u00e9rieur. Aucun produit commercial ne d\u00e9rive de cette esp\u00e8ce.<\/p>\n<hr>\n<h3>Aspects \u00e9cologiques et environnementaux<\/h3>\n<p>La gypsophile des murailles est une esp\u00e8ce indicatrice des pelouses rases pionni\u00e8res sur sol acide, temporairement humide. Elle participe aux communaut\u00e9s th\u00e9rophytiques des milieux ouverts perturb\u00e9s, aux c\u00f4t\u00e9s d&rsquo;esp\u00e8ces comme <em>Juncus bufonius<\/em>, <em>Gnaphalium uliginosum<\/em> et <em>Centaurium pulchellum<\/em>. Son r\u00f4le \u00e9cologique est celui d&rsquo;une pionni\u00e8re colonisant les sols nus apr\u00e8s perturbation (pi\u00e9tinement, travail du sol, ass\u00e8chement de mares). Elle contribue \u00e0 la fixation du substrat et \u00e0 la formation d&rsquo;un micro-habitat pour les invert\u00e9br\u00e9s du sol. Ses fleurs fournissent du nectar \u00e0 de petits pollinisateurs souvent n\u00e9glig\u00e9s dans les \u00e9tudes sur la biodiversit\u00e9. La r\u00e9gression des milieux pionniers ouverts (comblement des orni\u00e8res, enherbement des chemins, urbanisation) pourrait menacer ses populations dans les r\u00e9gions o\u00f9 elle est peu commune.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Toxicit\u00e9 non document\u00e9e ; en l\u2019absence de donn\u00e9es, s\u2019abstenir de tout usage interne non encadr\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>La gypsophile des murailles n&rsquo;a fait l&rsquo;objet d&rsquo;aucun usage traditionnel connu, qu&rsquo;il soit alimentaire, m\u00e9dicinal ou artisanal. Sa petite taille et son caract\u00e8re \u00e9ph\u00e9m\u00e8re l&rsquo;ont maintenue hors du champ des savoirs populaires. En revanche, d&rsquo;autres esp\u00e8ces de <em>Gypsophila<\/em> poss\u00e8dent une riche tradition d&rsquo;usage. La <em>Gypsophila struthium<\/em>, ou \u00ab herbe \u00e0 savon \u00bb d&rsquo;Espagne, \u00e9tait utilis\u00e9e depuis l&rsquo;Antiquit\u00e9 comme substitut du savon gr\u00e2ce \u00e0 ses saponines moussantes. La <em>Gypsophila paniculata<\/em> est devenue indispensable en fleuristerie sous le nom de \u00ab brouillard \u00bb ou \u00ab baby&rsquo;s breath \u00bb, ses panicules l\u00e9g\u00e8res garnissant les bouquets. La gypsophile des murailles, trop petite pour ces usages, reste une plante de botaniste et d&rsquo;\u00e9cologue, appr\u00e9ci\u00e9e pour son r\u00f4le indicateur dans les communaut\u00e9s v\u00e9g\u00e9tales des milieux ouverts acides.<\/p>\n<hr>\n<h3>Culture et exigences agronomiques<\/h3>\n<p>La gypsophile des murailles ne fait l&rsquo;objet d&rsquo;aucune culture commerciale. Elle pourrait th\u00e9oriquement \u00eatre cultiv\u00e9e dans un jardin naturaliste ou un jardin de gravier. Le semis se ferait au printemps, directement en place, sur un sol sableux, acide \u00e0 neutre, bien drain\u00e9, en plein soleil. Les graines, tr\u00e8s fines, seraient sem\u00e9es en surface sans recouvrement. La germination interviendrait en 1 \u00e0 2 semaines. Aucune fertilisation ni arrosage particulier ne seraient n\u00e9cessaires, la plante \u00e9tant adapt\u00e9e aux sols pauvres et aux conditions de s\u00e9cheresse estivale. En pratique, l&rsquo;int\u00e9r\u00eat ornemental de cette esp\u00e8ce est limit\u00e9 par la petitesse de ses fleurs, qui la rend peu visible dans un massif. Elle pourrait cependant apporter une touche de l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 dans les jardins de style \u00ab prairie sauvage \u00bb ou les semis de messicoles sur sol acide. La plante se ress\u00e8me spontan\u00e9ment d&rsquo;une ann\u00e9e sur l&rsquo;autre si le sol est laiss\u00e9 nu en hiver.<\/p>\n<hr>\n<h3>Statut de conservation et r\u00e9glementation<\/h3>\n<p>La gypsophile des murailles est une esp\u00e8ce globalement commune en France et en Europe, non menac\u00e9e et ne b\u00e9n\u00e9ficiant d&rsquo;aucun statut de protection. Elle ne figure sur aucune liste rouge nationale ou europ\u00e9enne. Cependant, dans certaines r\u00e9gions o\u00f9 les milieux pionniers acides sont rares ou en d\u00e9clin, ses populations peuvent \u00eatre localement peu abondantes. Au Royaume-Uni, elle est consid\u00e9r\u00e9e comme \u00ab Least Concern \u00bb mais en l\u00e9ger d\u00e9clin. Aucune r\u00e9glementation ne concerne sa cueillette ou son commerce. La conservation des milieux ouverts pionniers sur sol acide (pelouses rases, chemins non goudronn\u00e9s, bords de mares temporaires) b\u00e9n\u00e9ficie indirectement \u00e0 cette esp\u00e8ce et au cort\u00e8ge de th\u00e9rophytes auquel elle appartient.<\/p>\n<hr>\n<h3>Anecdotes et curiosit\u00e9s historiques<\/h3>\n<p>La gypsophile des murailles illustre une curiosit\u00e9 nomenclaturale : bien que son nom g\u00e9n\u00e9rique signifie \u00ab amie du gypse \u00bb, cette esp\u00e8ce \u00e9vite les sols gypseux et calcaires pour pr\u00e9f\u00e9rer les substrats acides. Ce paradoxe tient au fait que le genre fut nomm\u00e9 d&rsquo;apr\u00e8s les premi\u00e8res esp\u00e8ces d\u00e9crites, effectivement calcicoles. Linn\u00e9 la d\u00e9crivit en 1753 dans son <em>Species Plantarum<\/em>. La plante est si discr\u00e8te qu&rsquo;elle n&rsquo;a pratiquement laiss\u00e9 aucune trace dans la litt\u00e9rature populaire, les arts ou la folklore. Elle est cependant appr\u00e9ci\u00e9e des photographes naturalistes pour l&rsquo;\u00e9l\u00e9gance de ses minuscules fleurs roses, qui r\u00e9v\u00e8lent \u00e0 la macrophotographie une perfection de d\u00e9tails invisible \u00e0 l&rsquo;\u0153il nu. En botanique de terrain, la rencontre avec la gypsophile des murailles est souvent le fait du hasard, lors de l&rsquo;examen attentif d&rsquo;un chemin de terre ou d&rsquo;une orni\u00e8re ass\u00e9ch\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h3>Confusions possibles<\/h3>\n<p>La gypsophile des murailles peut \u00eatre confondue avec quelques esp\u00e8ces proches. La <em>Gypsophila elegans<\/em> (gypsophile \u00e9l\u00e9gante), esp\u00e8ce ornementale annuelle, poss\u00e8de des fleurs plus grandes et un port plus robuste. La <em>Petrorhagia prolifera<\/em> (\u0153illet prolif\u00e8re) a des fleurs roses similaires mais regroup\u00e9es en t\u00eates denses entour\u00e9es de bract\u00e9es scarieuses. La <em>Petrorhagia saxifraga<\/em> (\u0153illet des rochers) se distingue par ses feuilles plus larges et ses fleurs \u00e0 p\u00e9tales \u00e9margin\u00e9s. Le <em>Dianthus armeria<\/em> (\u0153illet velu) poss\u00e8de des fleurs en fascicules denses et des bract\u00e9es velues. Le <em>Spergularia rubra<\/em> (spergulaire rouge), aux milieux semblables, a des stipules scarieuses membraneuses \u00e0 la base des feuilles, absentes chez les <em>Gypsophila<\/em>. Le crit\u00e8re le plus fiable est l&rsquo;absence de stipules, le calice campanul\u00e9 \u00e0 nervures vertes bord\u00e9es de blanc et les minuscules fleurs roses sur p\u00e9dicelles capillaires.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>La gypsophile des murailles est une plante humble et discr\u00e8te dont l&rsquo;importance \u00e9cologique d\u00e9passe sa taille. Indicatrice des milieux pionniers acides, elle t\u00e9moigne de la dynamique des perturbations naturelles et anthropiques dans les paysages. Son potentiel phytochimique, li\u00e9 aux saponines caract\u00e9ristiques du genre, reste inexplor\u00e9 et pourrait r\u00e9server des surprises. Les enjeux futurs concernent le maintien des milieux ouverts pionniers dans un contexte d&rsquo;intensification de l&rsquo;usage des sols, et la caract\u00e9risation chimique de cette esp\u00e8ce encore largement inconnue sur le plan biochimique. La gypsophile des murailles nous rappelle que la biodiversit\u00e9 v\u00e9g\u00e9tale ne se limite pas aux esp\u00e8ces spectaculaires et que les plantes les plus modestes contribuent au tissu vivant de nos paysages.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/results?q=Gypsophila%20muralis\">Plants of the World Online, Kew : <em>Gypsophila muralis<\/em><\/a>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/?s=Gypsophila+muralis\">Tela Botanica \/ eFlore : <em>Gypsophila muralis<\/em><\/a>.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antimicrobien (usage traditionnel)<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. 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