{"id":817,"date":"2026-03-26T11:29:04","date_gmt":"2026-03-26T10:29:04","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/minuartie-printaniere\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:14","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:14","slug":"minuartie-printaniere","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/minuartie-printaniere\/","title":{"rendered":"MINUARTIE PRINTANI\u00c8RE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Minuartie%20printani%C3%A8re.jpg\" alt=\"Planche botanique Minuartie printani\u00e8re\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>La <em>Minuartia verna<\/em> (L.) Hiern (syn. <em>Arenaria verna<\/em> L.), commun\u00e9ment appel\u00e9e minuartie printani\u00e8re ou sabline printani\u00e8re, est une plante vivace de la famille des <strong>Caryophyllaceae<\/strong>. Le genre <em>Minuartia<\/em>, d\u00e9di\u00e9 au botaniste et pharmacien espagnol Juan Minuart (1693-1768), comprend environ 120 esp\u00e8ces r\u00e9parties dans les r\u00e9gions temp\u00e9r\u00e9es et arctiques de l&rsquo;h\u00e9misph\u00e8re nord. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>verna<\/em> (printani\u00e8re) fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 sa floraison pr\u00e9coce. Cette esp\u00e8ce est particuli\u00e8rement connue des \u00e9cologues pour sa capacit\u00e9 \u00e0 coloniser les sols pollu\u00e9s par les m\u00e9taux lourds, formant des \u00e9cotypes m\u00e9tallicoles remarquables sur les anciens sites miniers d&rsquo;Europe.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>La minuartie printani\u00e8re est une plante vivace cespiteuse, formant des coussins ou des touffes compactes, haute de 5 \u00e0 15 cm. Les tiges sont nombreuses, dress\u00e9es ou ascendantes, gr\u00eales, glabres ou finement pubescentes dans leur partie sup\u00e9rieure, souvent rouge\u00e2tres \u00e0 la base. Les feuilles sont oppos\u00e9es, sessiles, subul\u00e9es (en forme d&rsquo;al\u00e8ne), longues de 5 \u00e0 15 mm et larges de moins de 1 mm, trinerves, rigides, aigu\u00ebs, souvent arqu\u00e9es, vert fonc\u00e9. L&rsquo;inflorescence est une cyme terminale de 1 \u00e0 7 fleurs. Les fleurs mesurent 8 \u00e0 10 mm de diam\u00e8tre. Les cinq s\u00e9pales sont ovales-lanc\u00e9ol\u00e9s, aigus, trinerves, longs de 3 \u00e0 4 mm, glabres ou pubescents. Les cinq p\u00e9tales blancs sont ovales, entiers, d\u00e9passant nettement les s\u00e9pales. Les dix \u00e9tamines portent des anth\u00e8res jaunes. Le gyn\u00e9c\u00e9e poss\u00e8de trois styles. Le fruit est une capsule ovo\u00efde, s&rsquo;ouvrant par six valves, contenant des graines r\u00e9niformes, brun fonc\u00e9, finement papilleuses. Le syst\u00e8me racinaire est pivotant, puissant, profond\u00e9ment ancr\u00e9 dans les fissures des rochers ou les sols pierreux.<\/p>\n<hr>\n<h3>Habitat naturel et r\u00e9partition g\u00e9ographique<\/h3>\n<p>La minuartie printani\u00e8re a une distribution circumbor\u00e9ale et arctique-alpine, pr\u00e9sente en Europe, en Asie du Nord et en Am\u00e9rique du Nord. En France, elle se rencontre principalement dans les massifs montagneux : Alpes, Pyr\u00e9n\u00e9es, Massif central, Jura, Vosges. Elle affectionne les pelouses rocailleuses, les \u00e9boulis fix\u00e9s, les rochers calcaires ou dolomitiques, les graviers de montagne et les cr\u00eates vent\u00e9es. Elle se rencontre de 500 \u00e0 3 000 m d&rsquo;altitude selon les massifs. C&rsquo;est une esp\u00e8ce typiquement calcicole dans la plupart de son aire, mais elle colonise aussi les sols siliceux enrichis en m\u00e9taux lourds sur les anciens sites miniers. Les populations m\u00e9tallicoles, pr\u00e9sentes sur les terrils de mines de zinc, plomb et cuivre en Angleterre, en Belgique, en Allemagne et en Scandinavie, constituent des \u00e9cotypes g\u00e9n\u00e9tiquement distincts, adapt\u00e9s \u00e0 des concentrations en m\u00e9taux normalement toxiques.<\/p>\n<hr>\n<h3>Cycle de vie et ph\u00e9nologie<\/h3>\n<p>La minuartie printani\u00e8re est une plante vivace cham\u00e9phyte dont les coussins peuvent persister de nombreuses ann\u00e9es. La reprise de v\u00e9g\u00e9tation est pr\u00e9coce, d\u00e8s la fonte des neiges en montagne (avril-mai). La floraison se d\u00e9roule de mai \u00e0 juillet, pr\u00e9coce en plaine (d&rsquo;o\u00f9 le nom \u00ab printani\u00e8re \u00bb) et plus tardive en altitude. Les fleurs blanches, ouvertes de jour, sont pollinis\u00e9es par des insectes g\u00e9n\u00e9ralistes : mouches, petits col\u00e9opt\u00e8res, abeilles solitaires. L&rsquo;autopollinisation est possible et fr\u00e9quente dans les populations isol\u00e9es. La fructification se d\u00e9roule de juin \u00e0 ao\u00fbt. Les graines, petites et l\u00e9g\u00e8res, sont dispers\u00e9es par le vent et par le ruissellement. La multiplication v\u00e9g\u00e9tative, par fragmentation des touffes et enracinement de rameaux, est le mode principal de maintien des populations \u00e9tablies. La long\u00e9vit\u00e9 des touffes peut atteindre plusieurs d\u00e9cennies dans les conditions stables des milieux rocheux de montagne.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Aucune partie n\u2019a d\u2019usage m\u00e9dicinal officinal \u00e9tabli.<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>La composition chimique de la minuartie printani\u00e8re est principalement \u00e9tudi\u00e9e dans le contexte de l&rsquo;accumulation des m\u00e9taux lourds. Les populations m\u00e9tallicoles concentrent des quantit\u00e9s remarquables de <strong>zinc<\/strong> (jusqu&rsquo;\u00e0 10 000 ppm dans les feuilles), de <strong>plomb<\/strong>, de <strong>cadmium<\/strong> et de <strong>cuivre<\/strong> dans leurs tissus. Ces m\u00e9taux sont s\u00e9questr\u00e9s dans les vacuoles cellulaires ou li\u00e9s \u00e0 des <strong>phytoch\u00e9latines<\/strong> et des <strong>acides organiques<\/strong>, limitant leur toxicit\u00e9. Sur le plan des m\u00e9tabolites secondaires, la plante contient probablement des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/saponines-triterpeniques\/\">saponines triterp\u00e9niques<\/a><\/strong> caract\u00e9ristiques des Caryophyllaceae, des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> (glycosides de <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a><\/strong> et de <strong>kaempf\u00e9rol<\/strong>) et des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong>. Les populations m\u00e9tallicoles pr\u00e9sentent un profil en compos\u00e9s ph\u00e9noliques modifi\u00e9 par rapport aux populations de sols normaux, sugg\u00e9rant un r\u00f4le de ces compos\u00e9s dans la tol\u00e9rance aux m\u00e9taux. Les racines exsudent des <strong>acides organiques<\/strong> qui modifient la biodisponibilit\u00e9 des m\u00e9taux dans la rhizosph\u00e8re.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>La minuartie printani\u00e8re n&rsquo;a aucun usage m\u00e9dicinal document\u00e9. Aucune pharmacop\u00e9e traditionnelle ou moderne ne la mentionne. Sa taille r\u00e9duite et son inaccessibilit\u00e9 (milieux rocheux de montagne) l&rsquo;ont tenue \u00e0 l&rsquo;\u00e9cart de l&rsquo;attention des herboristes. Les populations m\u00e9tallicoles, charg\u00e9es en m\u00e9taux lourds toxiques, sont \u00e9videmment impropres \u00e0 tout usage th\u00e9rapeutique. Sur le plan de la recherche, la minuartie printani\u00e8re int\u00e9resse les phytotechnologues pour ses m\u00e9canismes de tol\u00e9rance aux m\u00e9taux, qui pourraient inspirer le d\u00e9veloppement de plantes transg\u00e9niques ou de biofertilisants adapt\u00e9s aux sols pollu\u00e9s. Les saponines et flavono\u00efdes potentiellement pr\u00e9sents pourraient th\u00e9oriquement pr\u00e9senter des activit\u00e9s biologiques, mais aucune \u00e9tude n&rsquo;a explor\u00e9 cette piste.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Aucune donn\u00e9e clinique ; plante sans usage m\u00e9dicinal \u00e9tabli. <strong>Niveau de preuve :<\/strong> sans objet.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Zinc<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Plomb<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Cadmium<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Cuivre<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Phytoch\u00e9latines<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>La minuartie printani\u00e8re ne fait l&rsquo;objet d&rsquo;aucune transformation commerciale. Les seules \u00ab pr\u00e9parations \u00bb concernent le mat\u00e9riel biologique \u00e0 usage scientifique : extraction de tissus pour les analyses de m\u00e9taux lourds, pr\u00e9paration d&rsquo;ADN pour les \u00e9tudes g\u00e9n\u00e9tiques, culture in vitro pour les exp\u00e9riences de tol\u00e9rance aux m\u00e9taux. Les graines sont conserv\u00e9es dans des banques de semences sp\u00e9cialis\u00e9es, notamment les collections d&rsquo;\u00e9cotypes m\u00e9tallicoles qui repr\u00e9sentent un patrimoine g\u00e9n\u00e9tique irrempla\u00e7able. En horticulture alpine, les plants sont commercialis\u00e9s par des p\u00e9pini\u00e8res sp\u00e9cialis\u00e9es dans les plantes de rocaille, en petits conteneurs. La demande reste confidentielle, limit\u00e9e aux collectionneurs de plantes alpines et aux amateurs de jardins de gravier.<\/p>\n<hr>\n<h3>Aspects \u00e9cologiques et environnementaux<\/h3>\n<p>La minuartie printani\u00e8re joue un r\u00f4le \u00e9cologique important dans les milieux rocheux de montagne et sur les sols contamin\u00e9s par les m\u00e9taux lourds. Dans les pelouses alpines et les \u00e9boulis, elle participe \u00e0 la fixation du substrat et \u00e0 la formation de sols pionniers. Sur les terrils miniers, elle fait partie des rares esp\u00e8ces capables de coloniser les sols toxiques, initiant la succession v\u00e9g\u00e9tale et la restauration \u00e9cologique naturelle de ces sites. Les \u00e9cotypes m\u00e9tallicoles de la minuartie printani\u00e8re sont \u00e9tudi\u00e9s comme mod\u00e8les de phytostabilisation, une technique de rem\u00e9diation qui consiste \u00e0 v\u00e9g\u00e9taliser les sols pollu\u00e9s pour limiter la dispersion des contaminants par l&rsquo;\u00e9rosion et le lessivage. La diversit\u00e9 g\u00e9n\u00e9tique entre populations calcicoles, silicicoles et m\u00e9tallicoles en fait un mod\u00e8le d&rsquo;adaptation locale et de micro\u00e9volution. Son r\u00f4le nourricier pour les pollinisateurs d&rsquo;altitude est non n\u00e9gligeable dans les milieux o\u00f9 la flore est r\u00e9duite.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Toxicit\u00e9 non document\u00e9e ; en l\u2019absence de donn\u00e9es, s\u2019abstenir de tout usage interne non encadr\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>La minuartie printani\u00e8re n&rsquo;a fait l&rsquo;objet d&rsquo;aucun usage traditionnel notable. En revanche, elle a une importance consid\u00e9rable en g\u00e9obotanique et en prospection mini\u00e8re. Les mineurs du Moyen \u00c2ge et de la Renaissance avaient remarqu\u00e9 que certaines plantes poussaient pr\u00e9f\u00e9rentiellement sur les sols riches en minerais. Ce savoir empirique, connu sous le nom de \u00ab g\u00e9obotanique indicatrice \u00bb, utilisait des esp\u00e8ces comme la minuartie printani\u00e8re, le sil\u00e8ne acaule et la pens\u00e9e calaminaire pour localiser les gisements de zinc, plomb et cuivre. En Angleterre, les populations de <em>Minuartia verna<\/em> des Pennines sont si \u00e9troitement associ\u00e9es aux anciens sites miniers que leur pr\u00e9sence sert d&rsquo;indicateur arch\u00e9ologique pour retrouver des mines abandonn\u00e9es depuis des si\u00e8cles. Cette utilisation de la v\u00e9g\u00e9tation comme outil de prospection est un chapitre fascinant de l&rsquo;histoire des sciences naturelles.<\/p>\n<hr>\n<h3>Culture et exigences agronomiques<\/h3>\n<p>La minuartie printani\u00e8re est cultiv\u00e9e comme plante de rocaille alpine dans les jardins sp\u00e9cialis\u00e9s. Sa culture requiert un substrat tr\u00e8s bien drain\u00e9, pierreux, calcaire ou neutre, pauvre en mati\u00e8re organique. Le semis se fait au printemps en terrine, les graines \u00e9tant d\u00e9pos\u00e9es en surface sur un m\u00e9lange de sable grossier et de gravier fin. Une stratification froide de 4 \u00e0 6 semaines \u00e0 4 \u00b0C am\u00e9liore la germination. Les plantules sont tr\u00e8s petites et fragiles, n\u00e9cessitant un repiquage soigneux. La division des touffes au printemps est la m\u00e9thode de multiplication la plus fiable. L&#8217;emplacement id\u00e9al est une rocaille en plein soleil, une auge alpine ou un jardin de gravier. L&rsquo;arrosage est minimal, la plante supportant bien la s\u00e9cheresse. L&rsquo;exc\u00e8s d&rsquo;humidit\u00e9 hivernale est fatal. Aucune fertilisation n&rsquo;est n\u00e9cessaire. La rusticit\u00e9 est excellente, la plante r\u00e9sistant \u00e0 -25 \u00b0C et au-del\u00e0.<\/p>\n<hr>\n<h3>Statut de conservation et r\u00e9glementation<\/h3>\n<p>La minuartie printani\u00e8re est globalement non menac\u00e9e dans son aire de r\u00e9partition, bien que localement rare en plaine. En France, elle ne b\u00e9n\u00e9ficie d&rsquo;aucun statut de protection national mais peut figurer sur des listes rouges r\u00e9gionales dans les r\u00e9gions de plaine o\u00f9 elle est confin\u00e9e aux sols m\u00e9tallif\u00e8res. Au Royaume-Uni, elle est class\u00e9e \u00ab Vulnerable \u00bb et prot\u00e9g\u00e9e par la loi. Les populations des Pennines, sur les anciens sites miniers de plomb, sont d&rsquo;importance nationale pour la conservation. En Scandinavie, les populations m\u00e9tallicoles sont prot\u00e9g\u00e9es dans le cadre de r\u00e9serves naturelles. Les populations m\u00e9tallicoles, irrempla\u00e7ables sur le plan g\u00e9n\u00e9tique, m\u00e9riteraient une protection sp\u00e9cifique dans tous les pays. La r\u00e9habilitation des anciens sites miniers (remise en \u00e9tat avec apport de terre \u00ab propre \u00bb) peut paradoxalement menacer ces populations uniques en d\u00e9truisant leur habitat.<\/p>\n<hr>\n<h3>Anecdotes et curiosit\u00e9s historiques<\/h3>\n<p>La minuartie printani\u00e8re est au c\u0153ur de l&rsquo;histoire de l&rsquo;\u00e9cologie de la tol\u00e9rance aux m\u00e9taux lourds. Le botaniste anglais William Dillwyn publia en 1843 l&rsquo;une des premi\u00e8res observations de \u00ab flores calaminaires \u00bb sur les terrils de mines de plomb du Pays de Galles, notant la dominance de la minuartie printani\u00e8re sur ces sols toxiques. Les \u00e9tudes pionni\u00e8res d&rsquo;Anthony Bradshaw dans les ann\u00e9es 1960 d\u00e9montr\u00e8rent que la tol\u00e9rance aux m\u00e9taux lourds chez cette esp\u00e8ce \u00e9tait d&rsquo;origine g\u00e9n\u00e9tique et pouvait \u00e9voluer en quelques g\u00e9n\u00e9rations. Ces travaux furent fondateurs pour le domaine de l&rsquo;\u00e9cotoxicologie v\u00e9g\u00e9tale et de la biologie de la conservation. Le nom de \u00ab leadwort \u00bb (plante du plomb) en anglais vernaculaire atteste de l&rsquo;association mill\u00e9naire entre cette plante et les minerais de plomb. Les populations m\u00e9tallicoles des Pennines sont aujourd&rsquo;hui des sites d&rsquo;int\u00e9r\u00eat scientifique national (SSSI) au Royaume-Uni.<\/p>\n<hr>\n<h3>Confusions possibles<\/h3>\n<p>La minuartie printani\u00e8re peut \u00eatre confondue avec plusieurs esp\u00e8ces proches. La <em>Minuartia recurva<\/em> (minuartie recourb\u00e9e) se distingue par ses feuilles plus fortement arqu\u00e9es-recourb\u00e9es et ses fleurs plus petites. La <em>Minuartia sedoides<\/em> (minuartie faux-orpin) forme des coussins plus denses, avec des feuilles imbriqu\u00e9es et des fleurs verd\u00e2tres sessiles. L&rsquo;<em>Arenaria serpyllifolia<\/em> (sabline \u00e0 feuilles de serpolet) est une annuelle \u00e0 feuilles ovales (non subul\u00e9es). Le <em>Cerastium arvense<\/em> (c\u00e9raiste des champs) poss\u00e8de des p\u00e9tales profond\u00e9ment bifides (entiers chez <em>Minuartia<\/em>). Le <em>Sagina nodosa<\/em> (sagine noueuse) a des feuilles plus courtes, formant des fascicules axillaires caract\u00e9ristiques. Le <em>Silene acaulis<\/em> (sil\u00e8ne acaule), parfois associ\u00e9 sur les m\u00eames substrats, a des fleurs roses et des feuilles en coussins denses. Le crit\u00e8re distinctif de la minuartie printani\u00e8re est la combinaison de feuilles subul\u00e9es rigides trinerves et de fleurs blanches \u00e0 p\u00e9tales entiers d\u00e9passant le calice.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>La minuartie printani\u00e8re est une esp\u00e8ce d&rsquo;int\u00e9r\u00eat scientifique majeur, v\u00e9ritable laboratoire vivant de l&rsquo;adaptation aux conditions extr\u00eames. Ses populations m\u00e9tallicoles constituent un patrimoine g\u00e9n\u00e9tique unique pour la compr\u00e9hension des m\u00e9canismes de tol\u00e9rance aux polluants et pour le d\u00e9veloppement de technologies de phytorem\u00e9diation. Les enjeux de conservation portent sur la protection de ces \u00e9cotypes irrempla\u00e7ables, menac\u00e9s par la r\u00e9habilitation non \u00e9cologique des sites miniers. La recherche future devrait approfondir les bases mol\u00e9culaires de la tol\u00e9rance aux m\u00e9taux, les interactions avec les micro-organismes du sol, et le potentiel de cette esp\u00e8ce pour la phytostabilisation des sites contamin\u00e9s. La minuartie printani\u00e8re d\u00e9montre que la nature trouve des solutions l\u00e0 o\u00f9 l&rsquo;homme ne voit que des probl\u00e8mes, transformant des d\u00e9serts toxiques en espaces de vie.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/results?q=Minuartia%20verna\">Plants of the World Online, Kew : <em>Minuartia verna<\/em><\/a>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/?s=Minuartia+verna\">Tela Botanica \/ eFlore : <em>Minuartia verna<\/em><\/a>.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE La Minuartia verna (L.) 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