{"id":818,"date":"2026-03-26T11:29:06","date_gmt":"2026-03-26T10:29:06","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/moehringie-a-trois-nervures\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:14","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:14","slug":"moehringie-a-trois-nervures","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/moehringie-a-trois-nervures\/","title":{"rendered":"MOEHRINGIE \u00c0 TROIS NERVURES"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Moehringie%20%C3%A0%20trois%20nervures.jpg\" alt=\"Planche botanique Moehringie \u00e0 trois nervures\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p><strong>Nom scientifique :<\/strong> <em>Moehringia trinervia<\/em> (L.) Clairv.<br \/>\n<strong>Famille :<\/strong> Caryophyllaceae<br \/>\n<strong>Genre :<\/strong> <em>Moehringia<\/em><br \/>\n<strong>Synonymes :<\/strong> <em>Arenaria trinervia<\/em> L., <em>Moehringia trinervia<\/em> var. <em>typica<\/em> Fiori<br \/>\n<strong>Noms vernaculaires :<\/strong> Moehringie \u00e0 trois nervures, Sabline \u00e0 trois nervures, Sabline trinerv\u00e9e, Three-nerved sandwort (en), Dreinervige Nabelmiere (de)<\/p>\n<p>Le genre <em>Moehringia<\/em> a \u00e9t\u00e9 d\u00e9di\u00e9 au botaniste allemand Paul Heinrich Gerhard Moehring (1710-1792), m\u00e9decin et naturaliste de Jever en Frise orientale. L&rsquo;esp\u00e8ce <em>trinervia<\/em> fait r\u00e9f\u00e9rence aux trois nervures caract\u00e9ristiques bien visibles sur les feuilles, trait distinctif qui permet de l&rsquo;identifier rapidement parmi les autres Caryophyllac\u00e9es de petite taille. La plante fut d&rsquo;abord d\u00e9crite par Linn\u00e9 sous le nom d&rsquo;<em>Arenaria trinervia<\/em> en 1753, avant d&rsquo;\u00eatre transf\u00e9r\u00e9e dans le genre <em>Moehringia<\/em> par Joseph Philippe de Clairville en 1811. Ce genre compte environ 25 esp\u00e8ces, principalement distribu\u00e9es dans les r\u00e9gions temp\u00e9r\u00e9es de l&rsquo;h\u00e9misph\u00e8re nord, avec un centre de diversit\u00e9 dans les montagnes du sud de l&rsquo;Europe.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>Plante herbac\u00e9e annuelle, parfois bisannuelle, de 10 \u00e0 40 cm de hauteur, \u00e0 port \u00e9tal\u00e9 ou diffus, souvent ramifi\u00e9e d\u00e8s la base. Les tiges sont gr\u00eales, cylindriques, pubescentes, portant des poils courts et recourb\u00e9s, l\u00e9g\u00e8rement cassantes aux n\u0153uds qui sont renfl\u00e9s et souvent teint\u00e9s de pourpre.<\/p>\n<p>Les feuilles sont oppos\u00e9es, ovales \u00e0 ovales-lanc\u00e9ol\u00e9es, longues de 10 \u00e0 25 mm et larges de 6 \u00e0 15 mm, acumin\u00e9es au sommet, att\u00e9nu\u00e9es en un court p\u00e9tiole. Leur caract\u00e8re le plus remarquable r\u00e9side dans les trois (parfois cinq) nervures bien marqu\u00e9es, saillantes sur la face inf\u00e9rieure. Le limbe est mince, d&rsquo;un vert tendre, cili\u00e9 sur les marges et le p\u00e9tiole.<\/p>\n<p>Les fleurs, solitaires ou r\u00e9unies en cymes l\u00e2ches pauciflores, sont port\u00e9es par des p\u00e9dicelles gr\u00eales et pubescents, nettement plus longs que les s\u00e9pales. Le calice compte 5 s\u00e9pales lanc\u00e9ol\u00e9s, aigus, trinerv\u00e9s, longs de 3 \u00e0 4 mm, \u00e0 marge scarieuse \u00e9troite. La corolle pr\u00e9sente 5 p\u00e9tales blancs, entiers, plus courts que les s\u00e9pales, mesurant 2 \u00e0 3 mm. Les \u00e9tamines sont au nombre de 10, plus courtes que les p\u00e9tales. L&rsquo;ovaire est sup\u00e8re, surmont\u00e9 de 3 styles.<\/p>\n<p>Le fruit est une capsule globuleuse, d\u00e9hiscente par 6 valves, contenant des graines noires, lisses et brillantes, munies d&rsquo;un \u00e9la\u00efosome (appendice charnu) qui favorise la diss\u00e9mination par les fourmis (myrm\u00e9cochorie). La floraison s&rsquo;\u00e9tend de mai \u00e0 juillet, la fructification de juin \u00e0 ao\u00fbt.<\/p>\n<hr>\n<h3>Habitat et \u00e9cologie<\/h3>\n<p>La Moehringie \u00e0 trois nervures est une esp\u00e8ce sciaphile \u00e0 h\u00e9misciaphile, caract\u00e9ristique des sous-bois frais et ombrag\u00e9s. On la rencontre principalement dans les for\u00eats \u00e0 feuilles caduques, les haies, les lisi\u00e8res foresti\u00e8res, les talus ombrag\u00e9s, les parcs et les jardins anciens. Elle affectionne les sols meubles, riches en humus, frais \u00e0 mod\u00e9r\u00e9ment humides, de pH neutre \u00e0 l\u00e9g\u00e8rement acide.<\/p>\n<p>Du point de vue phytosociologique, elle est consid\u00e9r\u00e9e comme une esp\u00e8ce compagne des h\u00eatraies (alliance du <em>Fagion sylvaticae<\/em>), des ch\u00eanaies-charmaies (alliance du <em>Carpinion betuli<\/em>) et plus g\u00e9n\u00e9ralement des communaut\u00e9s de l&rsquo;ordre des <em>Fagetalia sylvaticae<\/em>. Elle s&rsquo;associe fr\u00e9quemment avec <em>Stellaria holostea<\/em>, <em>Galium odoratum<\/em>, <em>Anemone nemorosa<\/em>, <em>Lamium galeobdolon<\/em> et <em>Mercurialis perennis<\/em>.<\/p>\n<p>C&rsquo;est une esp\u00e8ce nitrophile mod\u00e9r\u00e9e, indicatrice de sols forestiers relativement fertiles. Elle se d\u00e9veloppe de l&rsquo;\u00e9tage collin\u00e9en \u00e0 l&rsquo;\u00e9tage montagnard, jusqu&rsquo;\u00e0 environ 1 500 m d&rsquo;altitude. Sa strat\u00e9gie \u00e9cologique est celle d&rsquo;une annuelle opportuniste qui colonise rapidement les micro-ouvertures du sous-bois apr\u00e8s perturbation (chablis, travaux forestiers). La myrm\u00e9cochorie assure une diss\u00e9mination efficace sur de courtes distances, les fourmis transportant les graines jusqu&rsquo;\u00e0 leurs nids gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;\u00e9la\u00efosome riche en lipides.<\/p>\n<hr>\n<h3>R\u00e9partition g\u00e9ographique<\/h3>\n<p>La Moehringie \u00e0 trois nervures pr\u00e9sente une distribution eurasiatique large. Elle est commune dans la quasi-totalit\u00e9 de l&rsquo;Europe, depuis le Portugal et l&rsquo;Espagne \u00e0 l&rsquo;ouest jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;Oural et le Caucase \u00e0 l&rsquo;est, et du sud de la Scandinavie au nord jusqu&rsquo;aux montagnes du Maghreb et \u00e0 la Turquie au sud.<\/p>\n<p>En France, elle est pr\u00e9sente dans l&rsquo;ensemble du territoire m\u00e9tropolitain, des plaines aux zones montagnardes. Elle est commune dans la plupart des r\u00e9gions, quoique moins fr\u00e9quente en zone m\u00e9diterran\u00e9enne stricte o\u00f9 les conditions de s\u00e9cheresse estivale lui sont d\u00e9favorables. En Europe, elle est absente de l&rsquo;Islande et des r\u00e9gions arctiques, et devient rare dans l&rsquo;extr\u00eame sud m\u00e9diterran\u00e9en.<\/p>\n<p>L&rsquo;esp\u00e8ce a \u00e9t\u00e9 introduite accidentellement en Am\u00e9rique du Nord, o\u00f9 elle se naturalise localement dans le nord-est des \u00c9tats-Unis et le sud-est du Canada, ainsi que dans quelques localit\u00e9s de la c\u00f4te ouest. Sa pr\u00e9sence reste toutefois sporadique sur ce continent.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>La composition chimique de <em>Moehringia trinervia<\/em> reste relativement peu \u00e9tudi\u00e9e en comparaison des esp\u00e8ces m\u00e9dicinales majeures de la famille des Caryophyllac\u00e9es. Les donn\u00e9es disponibles signalent la pr\u00e9sence de <strong>flavono\u00efdes<\/strong>, notamment des d\u00e9riv\u00e9s de la <strong>vitexine<\/strong> et de l&rsquo;<strong>isovitexine<\/strong>, glycosides caract\u00e9ristiques du genre. Des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/saponines-triterpeniques\/\">saponines triterp\u00e9niques<\/a><\/strong> ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9tect\u00e9es dans les parties a\u00e9riennes, de m\u00eame que des traces d&rsquo;<strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> (acide caf\u00e9ique, acide f\u00e9rulique).<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9la\u00efosome des graines contient des <strong>acides gras<\/strong>, principalement de l&rsquo;<strong>acide ol\u00e9ique<\/strong> et de l&rsquo;<strong>acide linol\u00e9ique<\/strong>, ainsi que des <strong>prot\u00e9ines<\/strong> et des <strong>glucides simples<\/strong>, composition optimis\u00e9e pour attirer les fourmis du genre <em>Myrmica<\/em> et <em>Formica<\/em>. La plante renferme \u00e9galement des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/mucilages\/\">mucilages<\/a><\/strong> dans les feuilles, ce qui explique les propri\u00e9t\u00e9s \u00e9mollientes attribu\u00e9es empiriquement.<\/p>\n<p>Des <strong>tanins<\/strong> en faible quantit\u00e9 et des <strong>sels min\u00e9raux<\/strong> (calcium, potassium, magn\u00e9sium) compl\u00e8tent le profil biochimique connu. La teneur en <strong>vitamine C<\/strong> serait comparable \u00e0 celle d&rsquo;autres Caryophyllac\u00e9es sauvages comestibles, soit environ 30 \u00e0 50 mg pour 100 g de mati\u00e8re fra\u00eeche, mais ces donn\u00e9es demandent confirmation.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>Les propri\u00e9t\u00e9s pharmacologiques de <em>Moehringia trinervia<\/em> n&rsquo;ont fait l&rsquo;objet que de tr\u00e8s rares \u00e9tudes scientifiques modernes. Par analogie avec les esp\u00e8ces apparent\u00e9es mieux \u00e9tudi\u00e9es du genre <em>Moehringia<\/em> et de la famille des Caryophyllac\u00e9es, on peut envisager un profil pharmacologique modeste comprenant :<\/p>\n<p>Une activit\u00e9 <strong>\u00e9molliente et adoucissante<\/strong> li\u00e9e \u00e0 la pr\u00e9sence de mucilages, susceptible de calmer les irritations des muqueuses digestives et respiratoires. Une activit\u00e9 <strong>diur\u00e9tique l\u00e9g\u00e8re<\/strong>, commune \u00e0 de nombreuses Caryophyllac\u00e9es, attribu\u00e9e aux saponines et aux flavono\u00efdes. Une activit\u00e9 <strong>antioxydante<\/strong> mod\u00e9r\u00e9e, due aux flavono\u00efdes (vitexine, isovitexine) et aux acides ph\u00e9noliques, d\u00e9montr\u00e9e in vitro pour des esp\u00e8ces proches.<\/p>\n<p>Des \u00e9tudes pr\u00e9liminaires sur d&rsquo;autres esp\u00e8ces du genre ont mis en \u00e9vidence des propri\u00e9t\u00e9s <strong>anti-inflammatoires<\/strong> faibles et une activit\u00e9 <strong>antimicrobienne<\/strong> marginale des extraits m\u00e9thanoliques. Toutefois, en l&rsquo;absence d&rsquo;\u00e9tudes cliniques ou pharmacologiques sp\u00e9cifiques \u00e0 <em>M. trinervia<\/em>, ces propri\u00e9t\u00e9s restent largement hypoth\u00e9tiques et extrapol\u00e9es.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Aucune indication th\u00e9rapeutique officielle n&rsquo;est reconnue pour <em>Moehringia trinervia<\/em> par les autorit\u00e9s sanitaires europ\u00e9ennes ou nationales. La plante ne figure dans aucune pharmacop\u00e9e officielle.<\/p>\n<p>Dans le cadre de l&rsquo;usage traditionnel non valid\u00e9, la plante a pu \u00eatre employ\u00e9e pour les irritations b\u00e9nignes des voies urinaires (en raison de l&rsquo;effet diur\u00e9tique suppos\u00e9), les inflammations l\u00e9g\u00e8res des muqueuses buccales et digestives (gr\u00e2ce aux mucilages), et comme composant mineur de tisanes d\u00e9puratives printani\u00e8res.<\/p>\n<p>Il convient de souligner que ces usages sont historiques, tr\u00e8s localis\u00e9s et ne reposent sur aucune preuve clinique. La Moehringie \u00e0 trois nervures ne peut \u00eatre recommand\u00e9e en tant que rem\u00e8de phytoth\u00e9rapeutique et son int\u00e9r\u00eat r\u00e9side principalement dans les domaines botanique et \u00e9cologique.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Flavono\u00efdes<\/td>\n<td>Flavono\u00efde<\/td>\n<td>Antioxydant, anti-inflammatoire<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Vitexine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Isovitexine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acides ph\u00e9noliques<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acides gras<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>En l&rsquo;absence de donn\u00e9es pharmacologiques valid\u00e9es et de reconnaissance officielle, aucune posologie standardis\u00e9e ne peut \u00eatre recommand\u00e9e pour <em>Moehringia trinervia<\/em>.<\/p>\n<p>Les mentions historiques \u00e9voquent la pr\u00e9paration d&rsquo;une infusion \u00e0 partir de la plante enti\u00e8re s\u00e9ch\u00e9e, \u00e0 raison d&rsquo;une cuiller\u00e9e \u00e0 soupe (environ 3 \u00e0 5 g) pour une tasse d&rsquo;eau (d\u00e9part \u00e0 froid), infus\u00e9e 10 minutes, consomm\u00e9e 1 \u00e0 2 fois par jour. Ce mode d&#8217;emploi est purement documentaire et ne constitue en aucun cas une recommandation th\u00e9rapeutique.<\/p>\n<p>En usage alimentaire, les jeunes pousses et feuilles tendres peuvent \u00eatre r\u00e9colt\u00e9es au printemps et consomm\u00e9es crues en salade ou cuites \u00e0 la mani\u00e8re des \u00e9pinards, sans risque connu aux quantit\u00e9s alimentaires habituelles.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Aucune toxicit\u00e9 notable n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9e pour <em>Moehringia trinervia<\/em>. La plante est consid\u00e9r\u00e9e comme comestible et non toxique aux doses alimentaires. Toutefois, la pr\u00e9sence de saponines impose une prudence th\u00e9orique en cas de consommation importante, les saponines pouvant irriter le tube digestif \u00e0 forte dose.<\/p>\n<p>Par principe de pr\u00e9caution, l&rsquo;usage est d\u00e9conseill\u00e9 chez la femme enceinte, allaitante, et chez le jeune enfant, faute de donn\u00e9es de s\u00e9curit\u00e9. Les personnes souffrant d&rsquo;insuffisance r\u00e9nale s\u00e9v\u00e8re devraient \u00e9galement s&rsquo;abstenir en raison de l&rsquo;activit\u00e9 diur\u00e9tique suppos\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h3>Interactions m\u00e9dicamenteuses<\/h3>\n<p>Aucune interaction m\u00e9dicamenteuse n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 document\u00e9e pour <em>Moehringia trinervia<\/em>. Compte tenu de la faible activit\u00e9 pharmacologique de la plante et de l&rsquo;absence d&rsquo;usage m\u00e9dicinal significatif, le risque d&rsquo;interaction est consid\u00e9r\u00e9 comme tr\u00e8s faible. Par prudence th\u00e9orique, les personnes sous traitement diur\u00e9tique devraient \u00e9viter toute association, en raison d&rsquo;un possible effet additif non d\u00e9montr\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h3>Toxicologie<\/h3>\n<p>La toxicit\u00e9 de <em>Moehringia trinervia<\/em> est consid\u00e9r\u00e9e comme nulle \u00e0 n\u00e9gligeable. Aucun cas d&rsquo;intoxication n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9 dans la litt\u00e9rature scientifique ou dans les centres antipoison. La plante ne contient pas d&rsquo;<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/alcaloides\/\">alcalo\u00efdes<\/a> toxiques, de glycosides cyanog\u00e8nes ou de compos\u00e9s cardiotoxiques connus. Les saponines pr\u00e9sentes en faible concentration ne posent pas de risque aux doses alimentaires. La DL50 n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 d\u00e9termin\u00e9e, ce qui refl\u00e8te l&rsquo;absence de pr\u00e9occupation toxicologique pour cette esp\u00e8ce.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>La Moehringie \u00e0 trois nervures n&rsquo;a jamais occup\u00e9 une place importante dans la pharmacop\u00e9e traditionnelle europ\u00e9enne, sans doute en raison de sa petite taille et de sa discr\u00e9tion. Quelques mentions \u00e9parses dans la litt\u00e9rature ethnobotanique signalent un usage populaire occasionnel comme plante \u00e9molliente et l\u00e9g\u00e8rement diur\u00e9tique, pr\u00e9par\u00e9e en infusion dans certaines campagnes d&rsquo;Europe centrale.<\/p>\n<p>En m\u00e9decine populaire germanique, la plante enti\u00e8re s\u00e9ch\u00e9e \u00e9tait parfois ajout\u00e9e \u00e0 des m\u00e9langes de tisanes d\u00e9puratives printani\u00e8res, aux c\u00f4t\u00e9s d&rsquo;autres sablines et stellaires. Les jeunes pousses tendres \u00e9taient consomm\u00e9es en salade ou cuites comme l\u00e9gume vert dans certaines r\u00e9gions rurales, notamment en p\u00e9riode de disette, pratique partag\u00e9e avec d&rsquo;autres Caryophyllac\u00e9es proches comme <em>Stellaria media<\/em>.<\/p>\n<p>L&rsquo;int\u00e9r\u00eat principal de cette esp\u00e8ce r\u00e9side davantage dans son r\u00f4le \u00e9cologique, en tant qu&rsquo;indicatrice de qualit\u00e9 des sols forestiers et dans la myrm\u00e9cochorie, que dans ses applications en herboristerie. Son \u00e9la\u00efosome a fait l&rsquo;objet d&rsquo;\u00e9tudes entomologiques et \u00e9cologiques, car il illustre parfaitement les m\u00e9canismes de co\u00e9volution plante-fourmi.<\/p>\n<hr>\n<h3>Conservation et culture<\/h3>\n<p><em>Moehringia trinervia<\/em> ne fait l&rsquo;objet d&rsquo;aucune culture horticole ou agricole. C&rsquo;est une plante sauvage spontan\u00e9e qui se maintient naturellement dans les sous-bois forestiers. Sa culture serait ais\u00e9e en sol humif\u00e8re, frais et ombrag\u00e9, mais elle pr\u00e9sente peu d&rsquo;int\u00e9r\u00eat pratique.<\/p>\n<p>Pour une \u00e9ventuelle mise en culture \u00e0 des fins de conservation ou d&rsquo;\u00e9tude, le semis de graines fra\u00eeches \u00e0 l&rsquo;automne, en situation ombrag\u00e9e sur un substrat riche en humus, est la m\u00e9thode la plus appropri\u00e9e. La germination a lieu au printemps suivant. La plante se ress\u00e8me facilement une fois install\u00e9e, gr\u00e2ce \u00e0 la myrm\u00e9cochorie et \u00e0 la production abondante de graines.<\/p>\n<p>En herboristerie (usage confidentiel), les parties a\u00e9riennes seraient r\u00e9colt\u00e9es en pleine floraison (mai-juin), s\u00e9ch\u00e9es \u00e0 l&rsquo;ombre et conserv\u00e9es en sachets \u00e0 l&rsquo;abri de l&rsquo;humidit\u00e9 pendant un an au maximum.<\/p>\n<hr>\n<h3>Statut r\u00e9glementaire et protection<\/h3>\n<p><em>Moehringia trinervia<\/em> ne b\u00e9n\u00e9ficie d&rsquo;aucun statut de protection l\u00e9gale en France ni dans la majorit\u00e9 des pays europ\u00e9ens. L&rsquo;esp\u00e8ce est class\u00e9e LC (Pr\u00e9occupation mineure) sur la Liste rouge de l&rsquo;UICN en raison de sa large distribution et de sa relative abondance.<\/p>\n<p>Elle ne figure sur aucune liste de la Convention de Berne, de la Directive Habitats europ\u00e9enne, ni sur les listes nationales ou r\u00e9gionales d&rsquo;esp\u00e8ces prot\u00e9g\u00e9es en France. Elle n&rsquo;est pas inscrite \u00e0 la Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne ni \u00e0 la Pharmacop\u00e9e fran\u00e7aise. Aucune r\u00e9glementation sp\u00e9cifique ne s&rsquo;applique \u00e0 sa r\u00e9colte, son commerce ou son utilisation.<\/p>\n<p>Localement, des rar\u00e9factions peuvent \u00eatre observ\u00e9es en raison de la destruction des habitats forestiers, de l&rsquo;urbanisation ou de la gestion sylvicole intensive, mais ces menaces ne justifient pas, \u00e0 ce jour, de mesures de protection sp\u00e9cifiques.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>MOEHRINGIE \u00c0 TROIS NERVURES pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat phytoth\u00e9rapeutique surtout traditionnel, \u00e0 confirmer faute de donn\u00e9es cliniques propres ; sa lecture demande de la prudence.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/results?q=Moehringia%20trinervia\">Plants of the World Online, Kew : <em>Moehringia trinervia<\/em><\/a>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/?s=Moehringia+trinervia\">Tela Botanica \/ eFlore : <em>Moehringia trinervia<\/em><\/a>.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Diur\u00e9tique (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antioxydant<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> \u00c9mollient<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE Nom scientifique : Moehringia trinervia (L.) Clairv. Famille : Caryophyllaceae Genre : Moehringia Synonymes : Arenaria trinervia L., Moehringia trinervia var. 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