{"id":819,"date":"2026-03-26T11:29:08","date_gmt":"2026-03-26T10:29:08","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/mouron-des-oiseaux\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:14","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:14","slug":"mouron-des-oiseaux","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/mouron-des-oiseaux\/","title":{"rendered":"MOURON DES OISEAUX"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Mouron%20des%20oiseaux.jpg\" alt=\"Planche botanique Mouron des oiseaux\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>Le Mouron des oiseaux, <em>Stellaria media<\/em> (L.) Vill., est une plante herbac\u00e9e annuelle \u00e0 bisannuelle de la famille des Caryophyllac\u00e9es (Caryophyllaceae). Le genre <em>Stellaria<\/em> comprend environ 120 esp\u00e8ces r\u00e9parties dans les r\u00e9gions temp\u00e9r\u00e9es et froides des deux h\u00e9misph\u00e8res. <em>Stellaria media<\/em> est l&rsquo;une des plantes sauvages les plus communes et les plus cosmopolites au monde, pr\u00e9sente sur tous les continents y compris dans les r\u00e9gions subantarctiques. C&rsquo;est une petite plante, basse et \u00e9tal\u00e9e, haute de 5 \u00e0 40 centim\u00e8tres, formant des tapis denses gr\u00e2ce \u00e0 ses tiges couch\u00e9es puis ascendantes qui s&rsquo;enracinent aux n\u0153uds. Les feuilles sont oppos\u00e9es, ovales, \u00e0 p\u00e9tiole cili\u00e9. Les fleurs, petites mais d\u00e9licates, pr\u00e9sentent cinq p\u00e9tales blancs si profond\u00e9ment bifides qu&rsquo;ils semblent \u00eatre dix, d&rsquo;o\u00f9 le nom du genre <em>Stellaria<\/em> (petite \u00e9toile). Les s\u00e9pales sont lanc\u00e9ol\u00e9s, verts et l\u00e9g\u00e8rement poilus. Le fruit est une capsule ovo\u00efde d\u00e9passant le calice, s&rsquo;ouvrant par six valves pour lib\u00e9rer de nombreuses graines r\u00e9niformes, brun rouge\u00e2tre et finement tuberculeuses.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p><em>Stellaria media<\/em> est probablement l&rsquo;une des plantes les plus largement distribu\u00e9es sur la plan\u00e8te. Originaire d&rsquo;Eurasie, elle s&rsquo;est r\u00e9pandue sur tous les continents \u00e0 la faveur des activit\u00e9s humaines et est aujourd&rsquo;hui v\u00e9ritablement cosmopolite. En France, elle est ubiquiste et extr\u00eamement commune, du littoral \u00e0 la montagne (jusqu&rsquo;\u00e0 environ 2 500 m\u00e8tres). Son habitat est avant tout rud\u00e9ral et cultural : jardins, potagers, champs cultiv\u00e9s, vignobles, pieds de haies, bords de chemins, d\u00e9combres, pieds de murs, friches urbaines et p\u00e9riurbaines. C&rsquo;est l&rsquo;une des adventices les plus fr\u00e9quentes des cultures mara\u00eech\u00e8res et des jardins. Elle pousse sur tous types de sols, avec une forte pr\u00e9f\u00e9rence pour les substrats riches en azote, frais \u00e0 humides, de texture limoneuse \u00e0 argileuse. Son caract\u00e8re fortement nitrophile en fait une plante indicatrice de sols enrichis en mati\u00e8re organique. Elle tol\u00e8re l&rsquo;ombre partielle et peut se d\u00e9velopper sous le couvert de haies ou en sous-bois clairs. Sa tol\u00e9rance au froid est remarquable : elle peut fleurir en plein hiver lors des p\u00e9riodes de redoux.<\/p>\n<hr>\n<h3>Caract\u00e9ristiques morphologiques d\u00e9taill\u00e9es<\/h3>\n<p>Le syst\u00e8me racinaire du Mouron des oiseaux est fascicul\u00e9 et superficiel, compos\u00e9 de racines fines et ramifi\u00e9es. Les tiges sont couch\u00e9es \u00e0 ascendantes, cylindriques, gr\u00eales, ramifi\u00e9es, longues de 5 \u00e0 40 centim\u00e8tres (parfois plus), de couleur vert p\u00e2le, portant une ligne longitudinale de poils alternant de n\u0153ud en n\u0153ud \u2014 un caract\u00e8re diagnostique remarquable et quasiment unique dans la flore fran\u00e7aise. Les feuilles sont oppos\u00e9es, ovales \u00e0 elliptiques, longues de 5 \u00e0 25 millim\u00e8tres, \u00e0 sommet aigu ou obtus, enti\u00e8res, glabres sur le limbe ; les feuilles inf\u00e9rieures sont p\u00e9tiol\u00e9es avec un p\u00e9tiole cili\u00e9, les sup\u00e9rieures sessiles. Les fleurs sont port\u00e9es par des p\u00e9doncules gr\u00eales, pubescents, axillaires ou terminaux, solitaires ou en cymes l\u00e2ches. Les s\u00e9pales, au nombre de cinq, sont lanc\u00e9ol\u00e9s, verd\u00e2tres, pubescents-glanduleux, longs de 3 \u00e0 5 millim\u00e8tres. Les p\u00e9tales, au nombre de cinq, sont blancs, profond\u00e9ment bipartites presque jusqu&rsquo;\u00e0 la base, aussi longs ou plus courts que les s\u00e9pales. Les \u00e9tamines sont au nombre de trois \u00e0 cinq (rarement dix). Le pistil poss\u00e8de trois styles. La capsule est ovo\u00efde-oblongue, d\u00e9passant le calice, s&rsquo;ouvrant par six valves. Les graines, nombreuses (20 \u00e0 60 par capsule), sont r\u00e9niformes, aplaties, brun rouge\u00e2tre, mesurant environ 1 millim\u00e8tre, \u00e0 surface finement tuberculeuse.<\/p>\n<hr>\n<h3>Cycle de vie et ph\u00e9nologie<\/h3>\n<p><em>Stellaria media<\/em> pr\u00e9sente l&rsquo;un des cycles de vie les plus flexibles du r\u00e8gne v\u00e9g\u00e9tal, ce qui explique son succ\u00e8s plan\u00e9taire. La plante peut fleurir et fructifier pendant la quasi-totalit\u00e9 de l&rsquo;ann\u00e9e, y compris en hiver dans les r\u00e9gions \u00e0 climat doux ou lors de redoux en climat continental. Les graines germent principalement en automne et au printemps, mais la germination peut survenir \u00e0 n&rsquo;importe quelle saison si les conditions d&rsquo;humidit\u00e9 et de temp\u00e9rature sont favorables. Les individus \u00e0 germination automnale passent l&rsquo;hiver sous forme de plantes vertes basses et fleurissent d\u00e8s les premiers redoux. La dur\u00e9e de vie d&rsquo;un individu est de quelques mois, mais le chevauchement des g\u00e9n\u00e9rations assure une pr\u00e9sence continue de l&rsquo;esp\u00e8ce. La pollinisation est assur\u00e9e \u00e0 la fois par les insectes (petites mouches et abeilles) et par autopollinisation, cette derni\u00e8re \u00e9tant fr\u00e9quente et efficace \u2014 les fleurs peuvent m\u00eame s&rsquo;autof\u00e9conder sans jamais s&rsquo;ouvrir (cl\u00e9istogamie). La production de graines est consid\u00e9rable : une seule plante peut produire 2 500 \u00e0 15 000 graines. La banque de graines dans le sol est \u00e9norme et les graines restent viables pendant au moins cinq ans, certaines estimations avan\u00e7ant des dur\u00e9es sup\u00e9rieures \u00e0 vingt ans.<\/p>\n<hr>\n<h3>Exigences \u00e9cologiques<\/h3>\n<p>Le Mouron des oiseaux est une esp\u00e8ce remarquablement eurytope mais avec un optimum \u00e9cologique bien d\u00e9fini. Il prosp\u00e8re sur les sols frais \u00e0 humides, riches en azote et en mati\u00e8re organique, de texture limoneuse \u00e0 argileuse, \u00e0 pH neutre \u00e0 l\u00e9g\u00e8rement acide. Ses indicateurs d&rsquo;Ellenberg le classent comme m\u00e9sophile \u00e0 hygrophile (F = 5), sciaphile \u00e0 h\u00e9mi-h\u00e9liophile (L = 4-6), nitrophile marqu\u00e9 (N = 8) et indiff\u00e9rent au pH (R = indiff\u00e9rent). La plante tol\u00e8re l&rsquo;ombre partielle, ce qui lui permet de se d\u00e9velopper sous les cultures hautes, en sous-bois clair ou au pied des haies. En revanche, elle \u00e9vite les sols tr\u00e8s secs, tr\u00e8s acides ou tr\u00e8s pauvres en nutriments. Sa r\u00e9sistance au froid est exceptionnelle pour une plante annuelle : elle supporte des gel\u00e9es mod\u00e9r\u00e9es et reprend sa croissance d\u00e8s que les temp\u00e9ratures d\u00e9passent quelques degr\u00e9s au-dessus de z\u00e9ro. Sa capacit\u00e9 \u00e0 compl\u00e9ter son cycle tr\u00e8s rapidement (5 \u00e0 7 semaines de la germination \u00e0 la production de graines en conditions optimales) et \u00e0 tol\u00e9rer des perturbations r\u00e9p\u00e9t\u00e9es (labour, sarclage, pi\u00e9tinement) en fait l&rsquo;arch\u00e9type de la mauvaise herbe des milieux cultiv\u00e9s.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>Phytochimie peu \u00e9tudi\u00e9e pour cette esp\u00e8ce ; aucun profil mol\u00e9culaire valoris\u00e9 n\u2019est document\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>Les propri\u00e9t\u00e9s m\u00e9dicinales traditionnelles du Mouron des oiseaux ont \u00e9t\u00e9 partiellement confirm\u00e9es par la recherche moderne. L&rsquo;activit\u00e9 <strong>anti-inflammatoire<\/strong> des extraits a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9e in vitro et in vivo, par inhibition de la cyclooxyg\u00e9nase (COX) et de la production de prostaglandines. Les <strong>saponines<\/strong> (stellariosides) contribuent \u00e0 des effets <strong>expectorants<\/strong> et <strong>mucolytiques<\/strong>, validant l&rsquo;usage traditionnel contre la toux. L&rsquo;activit\u00e9 <strong>antimicrobienne<\/strong> a \u00e9t\u00e9 confirm\u00e9e contre plusieurs pathog\u00e8nes, notamment <em>Staphylococcus aureus<\/em>, <em>Bacillus cereus<\/em> et <em>Candida albicans<\/em>. Des propri\u00e9t\u00e9s <strong>antioxydantes<\/strong> significatives ont \u00e9t\u00e9 mesur\u00e9es, attribu\u00e9es aux flavono\u00efdes et aux acides ph\u00e9noliques. Des \u00e9tudes pr\u00e9liminaires sugg\u00e8rent une activit\u00e9 <strong>anti-ob\u00e9sit\u00e9<\/strong> par inhibition de la lipase pancr\u00e9atique, due aux saponines. L&rsquo;activit\u00e9 <strong>cicatrisante<\/strong> et \u00e9molliente en usage topique est bien document\u00e9e empiriquement, probablement li\u00e9e aux <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/mucilages\/\">mucilages<\/a>, aux vitamines et aux acides gras. En hom\u00e9opathie, <em>Stellaria media<\/em> est prescrite pour les rhumatismes et les affections cutan\u00e9es. Malgr\u00e9 ce profil int\u00e9ressant, la plante n&rsquo;est inscrite dans aucune pharmacop\u00e9e officielle europ\u00e9enne majeure.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Donn\u00e9es cliniques limit\u00e9es ; usage essentiellement traditionnel. <strong>Niveau de preuve :<\/strong> usage traditionnel.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<p>Aucun compos\u00e9 n\u2019est document\u00e9 de fa\u00e7on suffisante pour dresser un tableau phytochimique fiable.<\/p>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>Usage traditionnel en infusion (d\u00e9part \u00e0 froid) ; pas de forme standardis\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Le Mouron des oiseaux joue un r\u00f4le \u00e9cologique important malgr\u00e9 son statut d&rsquo;adventice. Ses graines constituent une ressource alimentaire majeure pour de nombreux oiseaux granivores, ce qui lui a valu son nom vernaculaire. Les moineaux, pinsons, verdiers, linottes et chardonnerets en sont particuli\u00e8rement friands. Les graines sont \u00e9galement consomm\u00e9es par les rongeurs et divers invert\u00e9br\u00e9s du sol. La plante elle-m\u00eame est brout\u00e9e par les poules et les oiseaux de cage, auxquels elle \u00e9tait traditionnellement distribu\u00e9e comme fourrage vert. Ses fleurs, bien que petites, fournissent du nectar et du pollen \u00e0 de petits insectes pollinisateurs, notamment des mouches et des micro-hym\u00e9nopt\u00e8res, \u00e0 des p\u00e9riodes de l&rsquo;ann\u00e9e o\u00f9 les ressources florales sont limit\u00e9es (hiver, d\u00e9but de printemps). Le tapis dense form\u00e9 par le mouron prot\u00e8ge le sol contre l&rsquo;\u00e9rosion et maintient l&rsquo;humidit\u00e9 de surface. En d\u00e9composition, il restitue rapidement les \u00e9l\u00e9ments nutritifs au sol. En agro\u00e9cologie, il est parfois tol\u00e9r\u00e9 comme couvert vivant dans les cultures p\u00e9rennes car il n&rsquo;est pas comp\u00e9titif en hauteur et prot\u00e8ge la structure du sol.<\/p>\n<hr>\n<h3>Propri\u00e9t\u00e9s biochimiques et composition<\/h3>\n<p><em>Stellaria media<\/em> pr\u00e9sente une composition nutritionnelle et phytochimique remarquablement riche pour une plante aussi commune. Les parties a\u00e9riennes contiennent des <strong>vitamines<\/strong> en quantit\u00e9 notable : <strong>vitamine C<\/strong> (acide ascorbique, 60 \u00e0 80 mg\/100 g de mati\u00e8re fra\u00eeche), <strong>vitamine A<\/strong> (\u03b2-carot\u00e8ne), <strong>vitamines du groupe B<\/strong> (thiamine, riboflavine, niacine). Les <strong>min\u00e9raux<\/strong> sont abondants : <strong>fer<\/strong>, <strong>calcium<\/strong>, <strong>potassium<\/strong>, <strong>magn\u00e9sium<\/strong>, <strong>zinc<\/strong>, <strong>cuivre<\/strong> et <strong>mangan\u00e8se<\/strong>. La plante contient des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/saponines-triterpeniques\/\">saponines triterp\u00e9niques<\/a><\/strong>, dont les <strong>stellariosides<\/strong>, qui contribuent \u00e0 ses propri\u00e9t\u00e9s biologiques. Des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> (vitexine, isovitexine, orientine) et des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> (acide caf\u00e9ique, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a>) ont \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9s. Des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/coumarines\/\">coumarines<\/a><\/strong> et des <strong>acides gras<\/strong> (dont l&rsquo;acide \u03b3-linol\u00e9nique) compl\u00e8tent le profil. La plante contient \u00e9galement de l&rsquo;<strong>acide oxalique<\/strong> en faible quantit\u00e9 et des <strong>nitrates<\/strong>, dont la teneur d\u00e9pend de la richesse azot\u00e9e du sol.<\/p>\n<hr>\n<h3>Toxicit\u00e9 et pr\u00e9cautions<\/h3>\n<p><em>Stellaria media<\/em> est g\u00e9n\u00e9ralement consid\u00e9r\u00e9e comme une plante comestible et non toxique, consomm\u00e9e sans danger depuis des mill\u00e9naires. Cependant, quelques pr\u00e9cautions m\u00e9ritent d&rsquo;\u00eatre mentionn\u00e9es. La plante contient des <strong>saponines<\/strong> qui, en grande quantit\u00e9, peuvent provoquer des troubles digestifs (naus\u00e9es, diarrh\u00e9e). Il est donc conseill\u00e9 de mod\u00e9rer la consommation, en particulier crue. La teneur en <strong>nitrates<\/strong> peut \u00eatre \u00e9lev\u00e9e lorsque la plante pousse sur des sols fortement enrichis en azote (jardins fertilis\u00e9s, abords d&rsquo;\u00e9levages), ce qui est pr\u00e9occupant car les nitrates se transforment en nitrites potentiellement toxiques. L&rsquo;<strong>acide oxalique<\/strong>, pr\u00e9sent en faible quantit\u00e9, peut poser probl\u00e8me pour les personnes souffrant de calculs r\u00e9naux oxaliques en cas de consommation excessive. La confusion avec le mouron rouge (<em>Lysimachia arvensis<\/em>, anciennement <em>Anagallis arvensis<\/em>), plante toxique, est le principal risque : cette esp\u00e8ce, \u00e0 fleurs rouges ou bleues, poss\u00e8de des feuilles oppos\u00e9es sans p\u00e9tiole et une tige carr\u00e9e, contrairement au mouron des oiseaux \u00e0 fleurs blanches et tige ronde.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>Le Mouron des oiseaux est l&rsquo;une des plantes sauvages comestibles les plus anciennement utilis\u00e9es en Europe. Sa consommation comme l\u00e9gume vert est attest\u00e9e depuis le N\u00e9olithique et s&rsquo;est maintenue dans les traditions culinaires populaires jusqu&rsquo;au XXe si\u00e8cle, notamment dans les p\u00e9riodes de disette. Les jeunes pousses et les feuilles se consomment crues en salade, o\u00f9 elles apportent une saveur douce rappelant le ma\u00efs ou la noisette, ou cuites \u00e0 la mani\u00e8re des \u00e9pinards. En herboristerie traditionnelle europ\u00e9enne, le mouron est l&rsquo;une des plantes les plus employ\u00e9es depuis le Moyen \u00c2ge. Sainte Hildegarde de Bingen (XIIe si\u00e8cle) le recommandait d\u00e9j\u00e0 pour les douleurs articulaires et les affections cutan\u00e9es. Nicholas Culpeper (XVIIe si\u00e8cle) d\u00e9crit longuement ses vertus \u00e9mollientes, anti-inflammatoires et cicatrisantes. La plante \u00e9tait utilis\u00e9e en cataplasmes contre les irritations cutan\u00e9es, les ecz\u00e9mas, les d\u00e9mangeaisons, les br\u00fblures l\u00e9g\u00e8res et les abc\u00e8s. En usage interne, les infusions \u00e9taient r\u00e9put\u00e9es diur\u00e9tiques, expectorantes et toniques. L&rsquo;usage comme aliment pour les oiseaux de cage est universel et a donn\u00e9 son nom \u00e0 la plante dans de nombreuses langues.<\/p>\n<hr>\n<h3>Culture et entretien<\/h3>\n<p>Le Mouron des oiseaux n&rsquo;a nul besoin d&rsquo;\u00eatre cultiv\u00e9 puisqu&rsquo;il appara\u00eet spontan\u00e9ment et abondamment dans tout sol riche et frais. Pour ceux qui souhaitent en disposer en quantit\u00e9, par exemple comme fourrage pour les oiseaux de cage ou comme l\u00e9gume sauvage, il suffit de m\u00e9nager un espace de sol nu et humide, riche en mati\u00e8re organique, pour que la plante s&rsquo;installe naturellement. Un semis direct est possible en dispersant les graines m\u00fbres sur un sol meuble et frais. La germination est rapide, en une \u00e0 deux semaines. La plante cro\u00eet vite et peut \u00eatre r\u00e9colt\u00e9e quatre \u00e0 six semaines apr\u00e8s le semis. Des coupes r\u00e9guli\u00e8res stimulent la repousse. En pot, le mouron pousse facilement dans un terreau riche maintenu humide, \u00e0 la mi-ombre. Pour les jardiniers qui souhaitent au contraire \u00e9liminer cette adventice, l&rsquo;arrachage est facile en raison des racines superficielles, mais doit \u00eatre r\u00e9p\u00e9t\u00e9 car la banque de graines assure une lev\u00e9e continue. Le paillage \u00e9pais constitue le moyen de contr\u00f4le le plus efficace.<\/p>\n<hr>\n<h3>Confusions possibles<\/h3>\n<p>La confusion la plus dangereuse concerne le mouron rouge (<em>Lysimachia arvensis<\/em>, anciennement <em>Anagallis arvensis<\/em>), plante toxique qui ne doit pas \u00eatre consomm\u00e9e. Les deux esp\u00e8ces partagent des habitats similaires et un port comparable, mais elles se distinguent ais\u00e9ment : le mouron rouge poss\u00e8de des fleurs rouge orang\u00e9 ou bleues (jamais blanches), des feuilles sessiles, et une tige carr\u00e9e sans ligne de poils. Le Mouron des oiseaux a des fleurs blanches, des feuilles inf\u00e9rieures p\u00e9tiol\u00e9es et une tige ronde avec une ligne de poils caract\u00e9ristique. D&rsquo;autres esp\u00e8ces de <em>Stellaria<\/em> peuvent \u00eatre confondues avec <em>S. media<\/em> : <em>Stellaria neglecta<\/em> (Mouron n\u00e9glig\u00e9) est tr\u00e8s similaire mais plus grande, avec 10 \u00e9tamines (au lieu de 3 \u00e0 5) et des p\u00e9tales plus longs que les s\u00e9pales. <em>Stellaria holostea<\/em> (Stellaire holost\u00e9e) est plus grande, \u00e0 feuilles lanc\u00e9ol\u00e9es et \u00e0 p\u00e9tales nettement plus grands. <em>Cerastium<\/em> spp. (c\u00e9raistes) ont des p\u00e9tales bilob\u00e9s (et non bipartites jusqu&rsquo;\u00e0 la base) et sont plus pubescentes.<\/p>\n<hr>\n<h3>Statut de conservation et menaces<\/h3>\n<p><em>Stellaria media<\/em> est l&rsquo;une des plantes les plus communes au monde et ne fait l&rsquo;objet d&rsquo;aucune pr\u00e9occupation de conservation. Elle est absente de toutes les listes rouges et n&rsquo;est prot\u00e9g\u00e9e nulle part. Son caract\u00e8re d&rsquo;adventice cosmopolite, sa production massive de graines, sa banque de graines durable, sa flexibilit\u00e9 ph\u00e9nologique et sa tol\u00e9rance aux perturbations en font une esp\u00e8ce virtuellement impossible \u00e0 \u00e9radiquer. Elle fait au contraire l&rsquo;objet de mesures de lutte en agriculture et en horticulture. Le changement climatique ne devrait pas menacer cette esp\u00e8ce, qui pourrait m\u00eame \u00e9tendre son aire dans les r\u00e9gions arctiques et subarctiques en cours de r\u00e9chauffement. Certaines populations ont d\u00e9velopp\u00e9 une r\u00e9sistance aux herbicides de la famille des sulfonylur\u00e9es et des triazines, illustrant la capacit\u00e9 \u00e9volutive de l&rsquo;esp\u00e8ce face aux pressions de s\u00e9lection. Le Mouron des oiseaux incarne l&rsquo;arch\u00e9type de la plante anthropophile triomphante, qui a su tirer profit de la modification des paysages par l&rsquo;homme pour conqu\u00e9rir la plan\u00e8te enti\u00e8re.<\/p>\n<hr>\n<h3>Anecdotes et culture<\/h3>\n<p>Le Mouron des oiseaux est l&rsquo;une de ces plantes si communes qu&rsquo;elles en deviennent invisibles, et pourtant rares sont les esp\u00e8ces sauvages europ\u00e9ennes aussi intimement li\u00e9es \u00e0 la vie quotidienne des hommes depuis des mill\u00e9naires. Son nom fran\u00e7ais fait directement r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 son usage le plus universel : la distribution aux oiseaux domestiques. Les \u00e9leveurs de canaris, de chardonnerets et de perruches connaissent tous cette plante, qu&rsquo;ils r\u00e9coltent fra\u00eeche pour la distribuer \u00e0 leurs pensionnaires. En anglais, <em>chickweed<\/em> (herbe \u00e0 poussins) v\u00e9hicule la m\u00eame image. La ligne de poils alternant de c\u00f4t\u00e9 \u00e0 chaque n\u0153ud de la tige est un ph\u00e9nom\u00e8ne botanique unique et \u00e9l\u00e9gant, souvent utilis\u00e9 comme exercice de d\u00e9termination en formation naturaliste. Cette particularit\u00e9 morphologique permettrait \u00e0 la plante de canaliser l&rsquo;eau de pluie vers les racines avec une efficacit\u00e9 remarquable. En cuisine sauvage contemporaine, le mouron conna\u00eet un regain d&rsquo;int\u00e9r\u00eat : sa saveur douce et sa texture agr\u00e9able en font un excellent ingr\u00e9dient pour les pestos, les smoothies verts et les salades de printemps. Les foragers anglo-saxons le consid\u00e8rent comme l&rsquo;un des meilleurs l\u00e9gumes sauvages, abondant et gratuit, disponible quasiment toute l&rsquo;ann\u00e9e \u2014 un cadeau discret de la nature au creux de nos jardins.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>MOURON DES OISEAUX pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat phytoth\u00e9rapeutique surtout traditionnel, \u00e0 confirmer faute de donn\u00e9es cliniques propres ; sa lecture demande de la prudence.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/results?q=Stellaria%20media\">Plants of the World Online, Kew : <em>Stellaria media<\/em><\/a>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/?s=Stellaria+media\">Tela Botanica \/ eFlore : <em>Stellaria media<\/em><\/a>.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Diur\u00e9tique (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Expectorant<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Cicatrisant<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE Le Mouron des oiseaux, Stellaria media (L.) Vill., est une plante herbac\u00e9e annuelle \u00e0 bisannuelle de la famille des Caryophyllac\u00e9es (Caryophyllaceae). [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[9],"tags":[],"class_list":["post-819","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-caryophyllacees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/819","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=819"}],"version-history":[{"count":10,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/819\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13841,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/819\/revisions\/13841"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=819"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=819"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=819"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}