{"id":821,"date":"2026-03-26T11:29:11","date_gmt":"2026-03-26T10:29:11","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/sabline-des-montagnes\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:14","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:14","slug":"sabline-des-montagnes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/sabline-des-montagnes\/","title":{"rendered":"SABLINE DES MONTAGNES"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Sabline%20des%20montagnes.jpg\" alt=\"Planche botanique Sabline des montagnes\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>La <em>Arenaria montana<\/em> L., commun\u00e9ment appel\u00e9e sabline des montagnes, est une plante vivace de la famille des <strong>Caryophyllaceae<\/strong>. Le genre <em>Arenaria<\/em>, dont le nom d\u00e9rive du latin <em>arena<\/em> (sable), en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l&rsquo;habitat sablonneux de nombreuses esp\u00e8ces, comprend environ 160 esp\u00e8ces r\u00e9parties dans les r\u00e9gions temp\u00e9r\u00e9es et froides de l&rsquo;h\u00e9misph\u00e8re nord. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>montana<\/em> indique son affinit\u00e9 pour les milieux montagnards, bien que l&rsquo;esp\u00e8ce se rencontre aussi en plaine. La sabline des montagnes se distingue des autres esp\u00e8ces du genre par ses grandes fleurs blanches et son port tapissant vigoureux, qui en font une plante ornementale appr\u00e9ci\u00e9e. Elle appartient \u00e0 la section <em>Grandiflorae<\/em>, caract\u00e9ris\u00e9e par des fleurs de taille sup\u00e9rieure \u00e0 celle de la plupart des sablines.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>La sabline des montagnes est une plante vivace formant des tapis ou des coussins bas et \u00e9tal\u00e9s, hauts de 10 \u00e0 25 cm. Les tiges sont nombreuses, gr\u00eales, couch\u00e9es-ascendantes, pubescentes \u00e0 glanduleuses, rameuses, formant un r\u00e9seau dense sur le sol. Les feuilles sont oppos\u00e9es, sessiles, ovales-lanc\u00e9ol\u00e9es \u00e0 elliptiques, longues de 15 \u00e0 30 mm et larges de 4 \u00e0 8 mm, aigu\u00ebs au sommet, pubescentes, \u00e0 une nervure m\u00e9diane pro\u00e9minente et \u00e0 marge cili\u00e9e. Les fleurs, les plus grandes du genre en Europe, mesurent 20 \u00e0 25 mm de diam\u00e8tre. Elles sont solitaires ou group\u00e9es par 2 \u00e0 5 en cymes terminales l\u00e2ches. Les cinq s\u00e9pales sont lanc\u00e9ol\u00e9s, aigus, pubescents-glanduleux, longs de 7 \u00e0 10 mm. Les cinq p\u00e9tales blancs sont obovales, entiers ou faiblement \u00e9margin\u00e9s, deux fois plus longs que les s\u00e9pales. Les dix \u00e9tamines portent des anth\u00e8res jaunes. L&rsquo;ovaire sup\u00e8re est surmont\u00e9 de trois styles. Le fruit est une capsule ovo\u00efde s&rsquo;ouvrant par six dents, contenant de nombreuses graines r\u00e9niformes, brun fonc\u00e9, finement tuberculeuses. Le syst\u00e8me racinaire est fibreux, tra\u00e7ant, avec des stolons souterrains qui assurent l&rsquo;expansion lat\u00e9rale des touffes.<\/p>\n<hr>\n<h3>Habitat naturel et r\u00e9partition g\u00e9ographique<\/h3>\n<p>La sabline des montagnes est une esp\u00e8ce atlantique \u00e0 subatlantique, dont l&rsquo;aire de r\u00e9partition couvre le sud-ouest de l&rsquo;Europe. Elle est pr\u00e9sente de la p\u00e9ninsule Ib\u00e9rique au sud-ouest de la France, avec des extensions vers le Massif central, les Pyr\u00e9n\u00e9es, les C\u00e9vennes et le nord de l&rsquo;Espagne. En France, elle est commune dans le grand Sud-Ouest (Landes, P\u00e9rigord, Quercy), le Massif central occidental (Limousin, Auvergne) et les Pyr\u00e9n\u00e9es occidentales. Elle affectionne les sols siliceux, sablonneux, acides \u00e0 neutres, pauvres en calcaire. On la trouve dans les landes, les lisi\u00e8res de bois de ch\u00eanes et de ch\u00e2taigniers, les clairi\u00e8res, les bords de chemins forestiers, les talus et les pelouses sableuses. Elle tol\u00e8re un ombrage l\u00e9ger mais pr\u00e9f\u00e8re les stations lumineuses. Elle se rencontre du niveau de la mer (c\u00f4tes atlantiques) jusqu&rsquo;\u00e0 environ 1 800 m d&rsquo;altitude dans les Pyr\u00e9n\u00e9es. C&rsquo;est une esp\u00e8ce caract\u00e9ristique des milieux siliceux du domaine atlantique.<\/p>\n<hr>\n<h3>Cycle de vie et ph\u00e9nologie<\/h3>\n<p>La sabline des montagnes est une plante vivace cham\u00e9phyte \u00e0 h\u00e9micryptophyte. La reprise de v\u00e9g\u00e9tation a lieu en mars-avril, les nouvelles pousses \u00e9mergeant des stolons et des tiges persistantes. La croissance v\u00e9g\u00e9tative est rapide au printemps, le tapis de feuillage s&rsquo;\u00e9paississant progressivement. La floraison, spectaculaire, se d\u00e9roule de mai \u00e0 juillet, avec un pic en juin. Les grandes fleurs blanches, ouvertes de jour, attirent une diversit\u00e9 de pollinisateurs diurnes : abeilles, bourdons, syrphes, papillons. La pollinisation est entomophile, bien que l&rsquo;autopollinisation soit possible. La fructification se d\u00e9roule de juin \u00e0 ao\u00fbt, les capsules m\u00fbres lib\u00e9rant les graines par gravit\u00e9 \u00e0 la faveur du balancement des tiges (barochorie). La diss\u00e9mination est limit\u00e9e spatialement, la multiplication v\u00e9g\u00e9tative par stolons souterrains constituant le principal moyen d&rsquo;expansion. En hiver, le feuillage persiste partiellement, les feuilles les plus anciennes jaunissant tandis que les jeunes feuilles des stolons restent vertes, assurant un couvert v\u00e9g\u00e9tal quasi permanent.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>La composition chimique de la sabline des montagnes est relativement peu \u00e9tudi\u00e9e. Par analogie avec les autres esp\u00e8ces d&rsquo;<em>Arenaria<\/em> et les Caryophyllaceae en g\u00e9n\u00e9ral, on peut s&rsquo;attendre \u00e0 la pr\u00e9sence de <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/saponines-triterpeniques\/\">saponines triterp\u00e9niques<\/a><\/strong>, compos\u00e9s caract\u00e9ristiques de la famille. Les <strong>flavono\u00efdes<\/strong>, probablement des d\u00e9riv\u00e9s de la <strong>vitexine<\/strong> et de l&rsquo;<strong>isovitexine<\/strong>, ainsi que des glycosides de <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a><\/strong> et de <strong>kaempf\u00e9rol<\/strong>, sont pr\u00e9sents dans le feuillage. Les <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> (acide caf\u00e9ique, acide f\u00e9rulique) et les <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/coumarines\/\">coumarines<\/a><\/strong> sont \u00e9galement signal\u00e9s dans le genre. Les feuilles contiennent des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/mucilages\/\">mucilages<\/a><\/strong> et des <strong>tanins<\/strong> en faibles concentrations. Les graines renferment des <strong>lipides<\/strong> et des <strong>prot\u00e9ines<\/strong> de r\u00e9serve. Certaines esp\u00e8ces voisines (<em>Arenaria serpyllifolia<\/em>) contiennent des <strong>ecdyst\u00e9ro\u00efdes<\/strong>, hormones de mue des insectes, mais leur pr\u00e9sence n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 v\u00e9rifi\u00e9e chez <em>A. montana<\/em>. L&rsquo;analyse phytochimique approfondie de cette esp\u00e8ce reste une lacune \u00e0 combler.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>La sabline des montagnes ne poss\u00e8de pas de propri\u00e9t\u00e9s m\u00e9dicinales \u00e9tablies. Aucune utilisation th\u00e9rapeutique traditionnelle n&rsquo;est document\u00e9e de mani\u00e8re fiable pour cette esp\u00e8ce. Elle n&rsquo;est mentionn\u00e9e ni dans les pharmacop\u00e9es officielles ni dans les formulaires de phytoth\u00e9rapie. Toutefois, d&rsquo;autres esp\u00e8ces du genre <em>Arenaria<\/em> sont utilis\u00e9es en m\u00e9decine traditionnelle dans diverses r\u00e9gions du monde, notamment en m\u00e9decine populaire ib\u00e9rique et en m\u00e9decine traditionnelle chinoise, pour des propri\u00e9t\u00e9s diur\u00e9tiques, anti-inflammatoires et lithontriptiques (dissolution des calculs urinaires). Ces usages, attribu\u00e9s \u00e0 la teneur en saponines, n&rsquo;ont cependant pas \u00e9t\u00e9 valid\u00e9s pour <em>A. montana<\/em>. Les saponines potentiellement pr\u00e9sentes pourraient th\u00e9oriquement conf\u00e9rer des propri\u00e9t\u00e9s \u00e9mollientes et expectorantes, mais aucune \u00e9tude pharmacologique n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 conduite sur cette esp\u00e8ce. Son int\u00e9r\u00eat demeure avant tout ornemental et \u00e9cologique.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Donn\u00e9es cliniques limit\u00e9es ; usage essentiellement traditionnel. <strong>Niveau de preuve :<\/strong> usage traditionnel.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Flavono\u00efdes<\/td>\n<td>Flavono\u00efde<\/td>\n<td>Antioxydant, anti-inflammatoire<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Vitexine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Isovitexine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Kaempf\u00e9rol<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acides ph\u00e9noliques<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>La sabline des montagnes ne fait l&rsquo;objet d&rsquo;aucune transformation alimentaire, m\u00e9dicinale ou industrielle. Son utilisation est exclusivement ornementale. En p\u00e9pini\u00e8re, les plants sont commercialis\u00e9s en godets ou en plaques pour le couvre-sol, vendus dans les jardineries et chez les p\u00e9pini\u00e9ristes sp\u00e9cialis\u00e9s en plantes vivaces. La multiplication professionnelle s&rsquo;effectue principalement par bouturage en cascade, les pieds-m\u00e8res \u00e9tant maintenus sous abri pour la production de boutures tout au long de la saison. Quelques cultivars ont \u00e9t\u00e9 s\u00e9lectionn\u00e9s pour am\u00e9liorer la compacit\u00e9, l&rsquo;abondance de la floraison ou la vigueur. Le cultivar &lsquo;Grandiflora&rsquo; offre des fleurs particuli\u00e8rement grandes. Le cultivar &lsquo;Avalanche&rsquo; se distingue par une floraison blanche immacul\u00e9e tr\u00e8s abondante. En art floral, les rameaux fleuris sont parfois utilis\u00e9s dans les compositions champ\u00eatres, bien que leur tenue en vase soit limit\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h3>Aspects \u00e9cologiques et environnementaux<\/h3>\n<p>La sabline des montagnes contribue \u00e0 l&rsquo;\u00e9cologie des milieux siliceux atlantiques. Son tapis dense de feuillage prot\u00e8ge le sol de l&rsquo;\u00e9rosion et maintient l&rsquo;humidit\u00e9 superficielle, cr\u00e9ant un microclimat favorable aux invert\u00e9br\u00e9s. Ses fleurs constituent une ressource nectarif\u00e8re et pollinif\u00e8re appr\u00e9ciable pour les insectes pollinisateurs en d\u00e9but d&rsquo;\u00e9t\u00e9. Elle participe aux communaut\u00e9s v\u00e9g\u00e9tales des ourlets et lisi\u00e8res de ch\u00eanaies acidiphiles, aux c\u00f4t\u00e9s de la callune, de la bruy\u00e8re cendr\u00e9e et du gen\u00eat \u00e0 balais. Son r\u00f4le dans le cycle des nutriments est celui d&rsquo;une esp\u00e8ce frugale, adapt\u00e9e aux sols pauvres, qui contribue \u00e0 la formation de liti\u00e8re et \u00e0 l&rsquo;enrichissement progressif du substrat en mati\u00e8re organique. En conditions naturelles, elle ne pr\u00e9sente aucun caract\u00e8re envahissant, sa croissance \u00e9tant lente et sa capacit\u00e9 de diss\u00e9mination limit\u00e9e. L&rsquo;esp\u00e8ce constitue un indicateur de milieux siliceux \u00e0 fertilit\u00e9 mod\u00e9r\u00e9e, non d\u00e9grad\u00e9s par l&rsquo;eutrophisation.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Toxicit\u00e9 non document\u00e9e ; en l\u2019absence de donn\u00e9es, s\u2019abstenir de tout usage interne non encadr\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>L&rsquo;usage ethnobotanique de la sabline des montagnes est extr\u00eamement limit\u00e9. Quelques mentions dans la litt\u00e9rature populaire du sud-ouest de la France \u00e9voquent son utilisation comme plante fourrag\u00e8re d&rsquo;appoint pour les ovins en sous-bois. Dans les Landes et le P\u00e9rigord, les anciens noms vernaculaires locaux ont disparu, signe de la faible int\u00e9gration de cette plante dans les savoirs populaires. En revanche, la sabline des montagnes a une longue histoire horticole. Introduite dans les jardins anglais d\u00e8s le XVIIIe si\u00e8cle, elle fut rapidement appr\u00e9ci\u00e9e pour la cr\u00e9ation de bordures, de rocailles et de couvre-sols dans les jardins champ\u00eatres. Les jardiniers victoriens la cultivaient dans les murs de pierres s\u00e8ches et les dalles de chemins. En Espagne, l&rsquo;esp\u00e8ce est localement associ\u00e9e aux paysages pastoraux traditionnels des sierras, o\u00f9 elle fleurit dans les clairi\u00e8res de ch\u00eanaies. Les apiculteurs du sud-ouest fran\u00e7ais reconnaissent sa valeur comme plante mellif\u00e8re printani\u00e8re.<\/p>\n<hr>\n<h3>Culture et exigences agronomiques<\/h3>\n<p>La sabline des montagnes est une vivace ornementale facile \u00e0 cultiver, particuli\u00e8rement adapt\u00e9e aux rocailles, bordures, murets et couvre-sols. La multiplication se fait par semis, bouturage ou division des touffes. Le semis s&rsquo;effectue au printemps en terrine, les graines \u00e9tant sem\u00e9es en surface sur un substrat sableux humide. La germination, lente et irr\u00e9guli\u00e8re (3 \u00e0 6 semaines), peut \u00eatre am\u00e9lior\u00e9e par une stratification froide de 4 semaines. Le bouturage de tiges herbac\u00e9es en \u00e9t\u00e9 est la m\u00e9thode la plus fiable et rapide. La division des touffes au printemps ou \u00e0 l&rsquo;automne permet une multiplication imm\u00e9diate. La sabline des montagnes exige un sol l\u00e9ger, sableux \u00e0 loameux, acide \u00e0 neutre (pH 5 \u00e0 7), bien drain\u00e9. Elle redoute les sols lourds, argileux et gorg\u00e9s d&rsquo;eau en hiver. L&rsquo;exposition id\u00e9ale est le plein soleil ou la mi-ombre l\u00e9g\u00e8re. L&rsquo;arrosage est mod\u00e9r\u00e9, la plante supportant bien la s\u00e9cheresse estivale une fois install\u00e9e. Aucune fertilisation particuli\u00e8re n&rsquo;est n\u00e9cessaire. La rusticit\u00e9 est bonne, jusqu&rsquo;\u00e0 -15 \u00b0C environ.<\/p>\n<hr>\n<h3>Statut de conservation et r\u00e9glementation<\/h3>\n<p>La sabline des montagnes ne b\u00e9n\u00e9ficie d&rsquo;aucun statut de protection en France, o\u00f9 elle est consid\u00e9r\u00e9e comme une esp\u00e8ce relativement commune dans son aire de r\u00e9partition naturelle. Elle ne figure sur aucune liste rouge nationale. Cependant, en marge de son aire (nord de la France, Belgique), elle peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme rare ou tr\u00e8s rare. En Belgique, elle est list\u00e9e parmi les esp\u00e8ces \u00e0 surveiller. Au Royaume-Uni, elle est cultiv\u00e9e mais non indig\u00e8ne. L&rsquo;esp\u00e8ce ne fait l&rsquo;objet d&rsquo;aucune r\u00e9glementation particuli\u00e8re concernant sa cueillette ou sa commercialisation. La principale menace pesant sur ses populations naturelles est la destruction de ses habitats par l&rsquo;urbanisation, le boisement des landes et l&rsquo;enr\u00e9sinement des for\u00eats feuillues du sud-ouest. La pr\u00e9servation des landes atlantiques et des for\u00eats claires de ch\u00eanes sur sol siliceux b\u00e9n\u00e9ficie indirectement \u00e0 cette esp\u00e8ce.<\/p>\n<hr>\n<h3>Anecdotes et curiosit\u00e9s historiques<\/h3>\n<p>La sabline des montagnes est l&rsquo;une des rares plantes vivaces europ\u00e9ennes \u00e0 avoir conquis une place importante dans les jardins sans jamais avoir \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9e comme plante utilitaire. Son introduction dans l&rsquo;horticulture britannique remonte au XVIIIe si\u00e8cle, lorsque les \u00ab plant hunters \u00bb rapport\u00e8rent des sp\u00e9cimens des Pyr\u00e9n\u00e9es et du nord de l&rsquo;Espagne. Le jardinier et botaniste Philip Miller la d\u00e9crit en 1768 dans son <em>Gardeners Dictionary<\/em>, recommandant son usage dans les rocailles. Linn\u00e9 lui-m\u00eame l&rsquo;avait d\u00e9crite dans son <em>Species Plantarum<\/em> de 1753 \u00e0 partir de sp\u00e9cimens pyr\u00e9n\u00e9ens. Une curiosit\u00e9 botanique : la sabline des montagnes est l&rsquo;une des esp\u00e8ces de Caryophyllaceae dont les fleurs sont les plus grandes proportionnellement \u00e0 la taille de la plante, les p\u00e9tales pouvant atteindre 15 mm alors que la plante ne d\u00e9passe pas 25 cm. Cette disproportion contribue \u00e0 l&rsquo;effet visuel spectaculaire de sa floraison, le tapis vert disparaissant sous une couverture blanche en juin.<\/p>\n<hr>\n<h3>Confusions possibles<\/h3>\n<p>La sabline des montagnes peut \u00eatre confondue avec quelques esp\u00e8ces proches. La <em>Cerastium tomentosum<\/em> (c\u00e9raiste tomenteux), souvent cultiv\u00e9e en couvre-sol, se distingue par son feuillage argent\u00e9-tomenteux et ses p\u00e9tales profond\u00e9ment bifides. La <em>Stellaria holostea<\/em> (stellaire holost\u00e9e) poss\u00e8de des feuilles plus \u00e9troites, lin\u00e9aires-lanc\u00e9ol\u00e9es, et des p\u00e9tales bifides jusqu&rsquo;au milieu. L&rsquo;<em>Arenaria serpyllifolia<\/em> (sabline \u00e0 feuilles de serpolet) est une petite annuelle \u00e0 fleurs minuscules (5 mm), sans rapport avec la robustesse de <em>A. montana<\/em>. Le <em>Cerastium arvense<\/em> (c\u00e9raiste des champs) a des p\u00e9tales bifides et un port moins tapissant. La <em>Gypsophila repens<\/em> (gypsophile rampante) poss\u00e8de des feuilles plus \u00e9troites, glauques, et des fleurs plus petites. Le crit\u00e8re le plus fiable pour identifier la sabline des montagnes reste la combinaison de grandes fleurs blanches (20-25 mm) \u00e0 p\u00e9tales entiers et d&rsquo;un port tapissant stolonif\u00e8re sur sol siliceux.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>La sabline des montagnes est une esp\u00e8ce embl\u00e9matique de la flore atlantique silicicole, alliant valeur ornementale et int\u00e9r\u00eat \u00e9cologique. Son utilisation comme couvre-sol dans les jardins naturalistes et les am\u00e9nagements paysagers durables r\u00e9pond \u00e0 une demande croissante de plantes vivaces robustes, peu exigeantes et favorables \u00e0 la biodiversit\u00e9. Les perspectives de d\u00e9veloppement concernent la s\u00e9lection de nouveaux cultivars adapt\u00e9s \u00e0 diff\u00e9rentes conditions de culture, l&rsquo;\u00e9tude de sa physiologie de tol\u00e9rance aux sols acides pauvres et la valorisation de ses potentielles propri\u00e9t\u00e9s phytochimiques. La conservation de ses habitats naturels \u2014 landes, lisi\u00e8res et clairi\u00e8res des for\u00eats de ch\u00eanes sur sols siliceux \u2014 constitue un enjeu dans le cadre de la gestion des espaces naturels du sud-ouest europ\u00e9en. Cette plante discr\u00e8te m\u00e9rite une plus grande reconnaissance tant dans les jardins que dans les programmes de conservation de la biodiversit\u00e9 atlantique.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/results?q=Arenaria%20montana\">Plants of the World Online, Kew : <em>Arenaria montana<\/em><\/a>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/?s=Arenaria+montana\">Tela Botanica \/ eFlore : <em>Arenaria montana<\/em><\/a>.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Diur\u00e9tique (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Expectorant<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> \u00c9mollient<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE La Arenaria montana L., commun\u00e9ment appel\u00e9e sabline des montagnes, est une plante vivace de la famille des Caryophyllaceae. 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