{"id":822,"date":"2026-03-26T11:29:12","date_gmt":"2026-03-26T10:29:12","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/sagine-couchee\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:14","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:14","slug":"sagine-couchee","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/sagine-couchee\/","title":{"rendered":"SAGINE COUCH\u00c9E"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Sagine%20couch%C3%A9e.jpg\" alt=\"Planche botanique Sagine couch\u00e9e\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>La <em>Sagina procumbens<\/em> L., commun\u00e9ment appel\u00e9e sagine couch\u00e9e ou sagine rampante, est une petite plante vivace de la famille des <strong>Caryophyllaceae<\/strong>. Le genre <em>Sagina<\/em>, du latin <em>sagina<\/em> (nourriture, engraissement \u2014 nom donn\u00e9 par erreur), comprend une vingtaine d&rsquo;esp\u00e8ces r\u00e9parties dans les r\u00e9gions temp\u00e9r\u00e9es de l&rsquo;h\u00e9misph\u00e8re nord. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>procumbens<\/em> (couch\u00e9e) d\u00e9crit le port prostr\u00e9 caract\u00e9ristique de cette esp\u00e8ce. La sagine couch\u00e9e est l&rsquo;une des plantes les plus communes et les plus discr\u00e8tes de la flore europ\u00e9enne, colonisant les interstices des pavages, les joints de dallage et les surfaces pi\u00e9tin\u00e9es avec une efficacit\u00e9 remarquable.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>La sagine couch\u00e9e est une plante vivace naine, formant des coussins ou des tapis ras, hauts de 2 \u00e0 10 cm. Les tiges sont gr\u00eales, couch\u00e9es-radicantes, glabres, ramifi\u00e9es, formant un r\u00e9seau serr\u00e9 sur le sol. Les feuilles sont oppos\u00e9es, lin\u00e9aires-subul\u00e9es, longues de 5 \u00e0 12 mm, mutiques ou termin\u00e9es par une pointe courte, glabres, vert vif, conn\u00e9es \u00e0 la base par une membrane courte. Les fleurs sont solitaires, terminales, port\u00e9es sur de longs p\u00e9dicelles capillaires dress\u00e9s. Elles sont petites (3 \u00e0 5 mm de diam\u00e8tre), \u00e0 4 s\u00e9pales ovales, persistants, \u00e9tal\u00e9s \u00e0 la fructification. Les p\u00e9tales, au nombre de 4, sont blancs, ovales, plus courts que les s\u00e9pales, souvent tr\u00e8s r\u00e9duits ou absents. Les 4 \u00e9tamines portent de petites anth\u00e8res jaunes. Le gyn\u00e9c\u00e9e poss\u00e8de 4 styles. Le fruit est une capsule ovo\u00efde, d\u00e9passant l\u00e9g\u00e8rement le calice, s&rsquo;ouvrant par 4 valves, contenant de nombreuses graines minuscules, brun clair, r\u00e9niformes, finement tuberculeuses. Le syst\u00e8me racinaire est fibreux, superficiel, les tiges s&rsquo;enracinant aux n\u0153uds au contact du sol.<\/p>\n<hr>\n<h3>Habitat naturel et r\u00e9partition g\u00e9ographique<\/h3>\n<p>La sagine couch\u00e9e est une esp\u00e8ce cosmopolite des r\u00e9gions temp\u00e9r\u00e9es de l&rsquo;h\u00e9misph\u00e8re nord, naturalis\u00e9e dans l&rsquo;h\u00e9misph\u00e8re sud. En France, elle est pr\u00e9sente sur l&rsquo;ensemble du territoire, de la plaine jusqu&rsquo;\u00e0 2 500 m d&rsquo;altitude. Elle colonise une tr\u00e8s grande diversit\u00e9 de milieux : joints de dallage, fissures de trottoirs, chemins pi\u00e9tin\u00e9s, pelouses rases, bords de rivi\u00e8res, tourbi\u00e8res, rochers humides, murs. Elle pr\u00e9f\u00e8re les sols acides \u00e0 neutres, frais, compacts, souvent pi\u00e9tin\u00e9s. Sa tol\u00e9rance au pi\u00e9tinement est remarquable, la plante se r\u00e9g\u00e9n\u00e9rant rapidement apr\u00e8s \u00e9crasement gr\u00e2ce \u00e0 son port prostr\u00e9 et \u00e0 son enracinement nodal. C&rsquo;est une esp\u00e8ce nitrophile, favoris\u00e9e par les apports azot\u00e9s. En milieu urbain, elle constitue l&rsquo;une des plantes les plus ubiquistes de la flore spontan\u00e9e des villes.<\/p>\n<hr>\n<h3>Cycle de vie et ph\u00e9nologie<\/h3>\n<p>La sagine couch\u00e9e est une vivace cham\u00e9phyte, active presque toute l&rsquo;ann\u00e9e en climat doux. La croissance v\u00e9g\u00e9tative est continue du printemps \u00e0 l&rsquo;automne, les tiges s&rsquo;allongeant et s&rsquo;enracinant aux n\u0153uds. La floraison se d\u00e9roule d&rsquo;avril \u00e0 novembre, avec une intensit\u00e9 maximale en \u00e9t\u00e9. Les fleurs, ouvertes par temps ensoleill\u00e9, sont autogames : l&rsquo;autopollinisation est la r\u00e8gle, les fleurs se fermant souvent avant m\u00eame que les insectes ne les visitent. La production de graines est abondante et continue. Les capsules lib\u00e8rent les graines minuscules qui sont dispers\u00e9es par l&rsquo;eau de pluie (hydrochorie), le pi\u00e9tinement (anthropochorie) et le vent. La banque de graines du sol est consid\u00e9rable, chaque plante produisant des milliers de graines par saison. En hiver, le feuillage persiste, formant des coussins verts m\u00eame par temps froid. La long\u00e9vit\u00e9 individuelle est de plusieurs ann\u00e9es, les touffes se r\u00e9g\u00e9n\u00e9rant continuellement.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>La composition chimique de la sagine couch\u00e9e est tr\u00e8s peu \u00e9tudi\u00e9e. Par analogie avec les Caryophyllaceae, on peut s&rsquo;attendre \u00e0 la pr\u00e9sence de <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/saponines-triterpeniques\/\">saponines triterp\u00e9niques<\/a><\/strong> en faibles quantit\u00e9s, de <strong>flavono\u00efdes<\/strong> (d\u00e9riv\u00e9s de la <strong>vitexine<\/strong> et de la <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a><\/strong>), d&rsquo;<strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> et de <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/mucilages\/\">mucilages<\/a><\/strong>. Les feuilles contiennent de la <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/chlorophylle\/\">chlorophylle<\/a><\/strong> et des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/carotenoides\/\">carot\u00e9no\u00efdes<\/a><\/strong>. Aucune substance toxique ni aucun compos\u00e9 d&rsquo;int\u00e9r\u00eat pharmacologique n&rsquo;ont \u00e9t\u00e9 signal\u00e9s. La plante est probablement riche en <strong>min\u00e9raux<\/strong> (potassium, calcium) en raison de sa croissance sur des substrats souvent enrichis en nutriments par les activit\u00e9s humaines. La teneur en <strong>silice<\/strong> est vraisemblablement \u00e9lev\u00e9e, comme chez de nombreuses Caryophyllaceae. Les graines contiennent probablement des <strong>lipides<\/strong> et des <strong>prot\u00e9ines<\/strong> de r\u00e9serve en faibles quantit\u00e9s.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>La sagine couch\u00e9e n&rsquo;a aucun usage m\u00e9dicinal document\u00e9, ni traditionnel ni moderne. Sa taille minuscule et sa biomasse r\u00e9duite la rendent impropre \u00e0 toute exploitation th\u00e9rapeutique. Aucune \u00e9tude pharmacologique n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 conduite sur cette esp\u00e8ce. Les saponines potentiellement pr\u00e9sentes pourraient th\u00e9oriquement conf\u00e9rer de vagues propri\u00e9t\u00e9s \u00e9mollientes ou expectorantes, mais cette hypoth\u00e8se est purement sp\u00e9culative. L&rsquo;int\u00e9r\u00eat de la sagine couch\u00e9e r\u00e9side dans les domaines de l&rsquo;\u00e9cologie urbaine, de la biog\u00e9ographie et de l&rsquo;horticulture (comme alternative au gazon traditionnel dans les jardins japonais et les jardins de mousses).<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Donn\u00e9es cliniques limit\u00e9es ; usage essentiellement traditionnel. <strong>Niveau de preuve :<\/strong> usage traditionnel.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Flavono\u00efdes<\/td>\n<td>Flavono\u00efde<\/td>\n<td>Antioxydant, anti-inflammatoire<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Vitexine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acides ph\u00e9noliques<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Min\u00e9raux<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Silice<\/td>\n<td>Min\u00e9ral<\/td>\n<td>Remin\u00e9ralisant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>La sagine couch\u00e9e ne fait l&rsquo;objet d&rsquo;aucune transformation ni pr\u00e9paration commerciale. En p\u00e9pini\u00e8re, la multiplication de <em>Sagina subulata<\/em>, esp\u00e8ce ornementale voisine, se fait par division des touffes au printemps ou \u00e0 l&rsquo;automne, les plaques de sagine \u00e9tant commercialis\u00e9es comme couvre-sol. La sagine couch\u00e9e pourrait techniquement \u00eatre multipli\u00e9e de la m\u00eame mani\u00e8re. En \u00e9cologie urbaine, la sagine couch\u00e9e fait l&rsquo;objet de suivis dans le cadre des programmes de sciences participatives sur la flore des trottoirs et des espaces urbains, o\u00f9 elle est l&rsquo;une des esp\u00e8ces les plus fr\u00e9quemment signal\u00e9es. Les graines, microscopiques, ne sont pas commercialis\u00e9es.<\/p>\n<hr>\n<h3>Aspects \u00e9cologiques et environnementaux<\/h3>\n<p>La sagine couch\u00e9e est un mod\u00e8le d&rsquo;adaptation aux milieux anthropis\u00e9s. Sa capacit\u00e9 \u00e0 coloniser les interstices de pavages, les fissures de trottoirs et les joints de murs en fait une esp\u00e8ce pionni\u00e8re de la flore urbaine spontan\u00e9e. Elle participe \u00e0 la v\u00e9g\u00e9talisation naturelle des surfaces min\u00e9rales en ville, contribuant modestement \u00e0 la fixation de poussi\u00e8res, \u00e0 la r\u00e9tention d&rsquo;eau et \u00e0 la perm\u00e9abilisation des surfaces. Sa tol\u00e9rance au pi\u00e9tinement en fait une esp\u00e8ce compagne des zones les plus perturb\u00e9es. Elle contribue \u00e0 la micro-biodiversit\u00e9 urbaine en fournissant nourriture et abri \u00e0 de minuscules invert\u00e9br\u00e9s (acariens, collemboles, petits col\u00e9opt\u00e8res). En milieu naturel, elle participe aux communaut\u00e9s pionni\u00e8res des bords de ruisseaux et des rochers humides. Son r\u00f4le \u00e9cologique est modeste mais omnipr\u00e9sent, \u00e0 l&rsquo;image de sa taille.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Toxicit\u00e9 non document\u00e9e ; en l\u2019absence de donn\u00e9es, s\u2019abstenir de tout usage interne non encadr\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>La sagine couch\u00e9e n&rsquo;a fait l&rsquo;objet d&rsquo;aucun usage traditionnel notable en Europe. Toutefois, une esp\u00e8ce apparent\u00e9e, <em>Sagina subulata<\/em> (sagine subul\u00e9e), est cultiv\u00e9e en horticulture comme substitut de mousse dans les jardins japonais et les jardins de pas japonais, formant un tapis vert compact entre les dalles. La sagine couch\u00e9e elle-m\u00eame est parfois involontairement \u00ab cultiv\u00e9e \u00bb dans les interstices de pavages et de dallages, o\u00f9 elle forme un couvre-sol spontan\u00e9 appr\u00e9ci\u00e9 par certains jardiniers. En Irlande et en \u00c9cosse, la sagine faisait l&rsquo;objet de croyances folkloriques : port\u00e9e sur soi, elle \u00e9tait cens\u00e9e porter bonheur et prot\u00e9ger contre les mauvais sorts. Les Irlandais la nommaient <em>mothan<\/em> et la cousaient dans les v\u00eatements comme talisman. Ces traditions sont aujourd&rsquo;hui largement oubli\u00e9es.<\/p>\n<hr>\n<h3>Culture et exigences agronomiques<\/h3>\n<p>La sagine couch\u00e9e n&rsquo;est pas cultiv\u00e9e commercialement en tant que telle, mais sa proche parente <em>Sagina subulata<\/em> &lsquo;Aurea&rsquo; (sagine dor\u00e9e) est largement commercialis\u00e9e comme couvre-sol pour les rocailles et les pas japonais. La sagine couch\u00e9e pourrait \u00eatre utilis\u00e9e de la m\u00eame mani\u00e8re, avec un semis en surface sur un substrat humide, compact, acide \u00e0 neutre. La germination est rapide (7-14 jours). L&rsquo;entretien est minimal : pas de fertilisation, arrosage mod\u00e9r\u00e9, pas de tonte. Le pi\u00e9tinement mod\u00e9r\u00e9 est tol\u00e9r\u00e9 et m\u00eame b\u00e9n\u00e9fique pour maintenir le port ras. L&#8217;emplacement id\u00e9al est un interstice de dallage, un chemin de jardin ou une rocaille humide. Le plein soleil ou la mi-ombre conviennent. La plante craint uniquement la s\u00e9cheresse prolong\u00e9e et les sols tr\u00e8s calcaires. La rusticit\u00e9 est excellente.<\/p>\n<hr>\n<h3>Statut de conservation et r\u00e9glementation<\/h3>\n<p>La sagine couch\u00e9e est une esp\u00e8ce extr\u00eamement commune, non menac\u00e9e, ne b\u00e9n\u00e9ficiant d&rsquo;aucun statut de protection nulle part dans le monde. Elle ne figure sur aucune liste rouge. Sa plasticit\u00e9 \u00e9cologique et sa capacit\u00e9 \u00e0 coloniser les milieux les plus anthropis\u00e9s la mettent \u00e0 l&rsquo;abri de tout risque d&rsquo;extinction. Au contraire, elle est parfois consid\u00e9r\u00e9e comme une \u00ab mauvaise herbe \u00bb dans les pelouses soign\u00e9es et les dallages entretenus. Aucune r\u00e9glementation ne concerne sa cueillette, sa culture ou son commerce.<\/p>\n<hr>\n<h3>Anecdotes et curiosit\u00e9s historiques<\/h3>\n<p>La sagine couch\u00e9e est probablement l&rsquo;une des plantes les plus pi\u00e9tin\u00e9es au monde, \u00e9tant omnipr\u00e9sente dans les joints de trottoirs et de terrasses de tous les pays temp\u00e9r\u00e9s. Pourtant, la plupart des gens ne la remarquent jamais. Le botaniste Jean-Jacques Rousseau, dans ses <em>Lettres sur la botanique<\/em>, encourageait ses correspondantes \u00e0 observer les plantes les plus humbles de leur jardin, un exercice qui pourrait commencer par la sagine couch\u00e9e. Le folklore irlandais attribuait \u00e0 la sagine (<em>mothan<\/em>) des propri\u00e9t\u00e9s magiques : la premi\u00e8re personne \u00e0 la trouver le 1er mai sans la chercher serait prot\u00e9g\u00e9e des f\u00e9es malveillantes pour toute l&rsquo;ann\u00e9e. Le cultivar <em>Sagina subulata<\/em> &lsquo;Aurea&rsquo;, \u00e0 feuillage dor\u00e9, est devenu l&rsquo;un des couvre-sols les plus vendus au monde pour les jardins zen et les toitures v\u00e9g\u00e9talis\u00e9es, b\u00e9n\u00e9ficiant par extension \u00e0 la notori\u00e9t\u00e9 du genre <em>Sagina<\/em> tout entier.<\/p>\n<hr>\n<h3>Confusions possibles<\/h3>\n<p>La sagine couch\u00e9e peut \u00eatre confondue avec d&rsquo;autres petites Caryophyllaceae prostr\u00e9es. La <em>Sagina apetala<\/em> (sagine ap\u00e9tale) est une annuelle sans p\u00e9tales et \u00e0 4 s\u00e9pales dress\u00e9s. La <em>Sagina subulata<\/em> (sagine subul\u00e9e) poss\u00e8de 5 s\u00e9pales et 5 p\u00e9tales bien d\u00e9velopp\u00e9s (4+4 chez <em>S. procumbens<\/em>). La <em>Sagina nodosa<\/em> (sagine noueuse) est plus grande, avec des feuilles formant des fascicules axillaires. Les <em>Arenaria<\/em> (sablines) et les <em>Minuartia<\/em> ont des feuilles non subul\u00e9es. Les vraies mousses (bryophytes) forment des tapis similaires mais sans fleurs. Le <em>Scleranthus annuus<\/em> (gnavelle annuelle) a des fleurs sans p\u00e9tales et des feuilles lin\u00e9aires en faisceaux. Le crit\u00e8re le plus fiable pour la sagine couch\u00e9e est la combinaison de 4 s\u00e9pales, 4 p\u00e9tales minuscules (ou absents), de feuilles lin\u00e9aires-subul\u00e9es et d&rsquo;un port prostr\u00e9 enracinant aux n\u0153uds.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>La sagine couch\u00e9e est l&rsquo;incarnation de la discr\u00e9tion botanique, une plante omnipr\u00e9sente mais invisible, qui prosp\u00e8re l\u00e0 o\u00f9 la plupart des esp\u00e8ces ne peuvent survivre. Son succ\u00e8s \u00e9cologique repose sur un ensemble de traits adaptatifs : autogamie, production massive de graines, tol\u00e9rance au pi\u00e9tinement, croissance clonale, persistance hivernale. Les perspectives de valorisation incluent son utilisation comme couvre-sol \u00e9cologique dans les am\u00e9nagements urbains perm\u00e9ables, son \u00e9tude comme mod\u00e8le d&rsquo;adaptation aux milieux urbains et sa contribution aux programmes de v\u00e9g\u00e9talisation des surfaces min\u00e9rales. La sagine couch\u00e9e nous rappelle que la nature ne renonce jamais, s&rsquo;infiltrant dans la moindre fissure pour affirmer la persistance du vivant au c\u0153ur m\u00eame de l&rsquo;environnement le plus artificiel.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/results?q=Sagina%20procumbens\">Plants of the World Online, Kew : <em>Sagina procumbens<\/em><\/a>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/?s=Sagina+procumbens\">Tela Botanica \/ eFlore : <em>Sagina procumbens<\/em><\/a>.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Expectorant (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> \u00c9mollient<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE La Sagina procumbens L., commun\u00e9ment appel\u00e9e sagine couch\u00e9e ou sagine rampante, est une petite plante vivace de la famille des Caryophyllaceae. 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