{"id":823,"date":"2026-03-26T11:29:13","date_gmt":"2026-03-26T10:29:13","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/sagine-nodulaire\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:14","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:14","slug":"sagine-nodulaire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/sagine-nodulaire\/","title":{"rendered":"SAGINE NODULAIRE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Sagine%20noueuse.jpg\" alt=\"Planche botanique Sagine noueuse\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>La <strong>Sagine nodulaire<\/strong> (<em>Sagina nodosa<\/em>) est une plante herbac\u00e9e vivace appartenant \u00e0 la famille des <strong>Caryophyllaceae<\/strong>. Son nom de genre, <em>Sagina<\/em>, d\u00e9rive du latin signifiant \u00ab nourriture \u00bb ou \u00ab engraissement \u00bb, bien que cette petite plante n&rsquo;ait jamais r\u00e9ellement servi \u00e0 l&rsquo;alimentation du b\u00e9tail. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te sp\u00e9cifique <em>nodosa<\/em> fait r\u00e9f\u00e9rence aux n\u0153uds caract\u00e9ristiques pr\u00e9sents sur ses tiges, o\u00f9 les feuilles sup\u00e9rieures se regroupent en rosettes compactes ressemblant \u00e0 de petits renflements. La plante est \u00e9galement connue sous les noms vernaculaires de Sagine noueuse ou Spergule noueuse. Elle a \u00e9t\u00e9 d\u00e9crite pour la premi\u00e8re fois par Fenzl \u00e0 partir de sp\u00e9cimens r\u00e9colt\u00e9s dans les r\u00e9gions temp\u00e9r\u00e9es d&rsquo;Europe. Cette esp\u00e8ce discr\u00e8te mesure g\u00e9n\u00e9ralement entre 5 et 15 centim\u00e8tres de hauteur et se distingue par ses petites fleurs blanches \u00e0 cinq p\u00e9tales, plus longs que les s\u00e9pales, qui s&rsquo;\u00e9panouissent de juin \u00e0 septembre.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>La Sagine nodulaire se rencontre dans une grande partie de l&rsquo;Europe, depuis les \u00eeles Britanniques et la Scandinavie jusqu&rsquo;aux r\u00e9gions montagneuses d&rsquo;Europe centrale et m\u00e9ridionale. On la trouve \u00e9galement en Am\u00e9rique du Nord, o\u00f9 elle a \u00e9t\u00e9 introduite. En France, elle est pr\u00e9sente principalement dans les r\u00e9gions du nord et du nord-est, ainsi que dans les zones montagneuses des Alpes, du Jura et du Massif central, bien qu&rsquo;elle y soit devenue relativement rare. La plante affectionne les milieux humides et ouverts : prairies mar\u00e9cageuses, bords de ruisseaux, tourbi\u00e8res, dunes littorales humides et pelouses rases sur substrats sablonneux ou tourbeux. Elle tol\u00e8re des sols pauvres en nutriments mais exige une humidit\u00e9 constante. On la retrouve fr\u00e9quemment sur des substrats l\u00e9g\u00e8rement acides \u00e0 neutres, dans des stations bien \u00e9clair\u00e9es. C&rsquo;est une esp\u00e8ce indicatrice de milieux oligotrophes humides, ce qui en fait un marqueur pr\u00e9cieux pour les naturalistes \u00e9valuant la qualit\u00e9 des zones humides. Sa pr\u00e9sence est souvent associ\u00e9e \u00e0 d&rsquo;autres esp\u00e8ces des prairies humides comme les linaigrettes et certaines la\u00eeches.<\/p>\n<hr>\n<h3>Description morphologique d\u00e9taill\u00e9e<\/h3>\n<p>La Sagine nodulaire est une plante de petite taille, formant des touffes l\u00e2ches ou des coussins bas. Ses tiges sont gr\u00eales, ascendantes \u00e0 dress\u00e9es, glabres ou l\u00e9g\u00e8rement pubescentes, et portent les fameux n\u0153uds qui lui valent son nom. Les feuilles basales sont lin\u00e9aires, \u00e9troites, longues de 10 \u00e0 25 millim\u00e8tres, dispos\u00e9es en rosette. Les feuilles caulinaires sont oppos\u00e9es, conn\u00e9es \u00e0 la base, et les sup\u00e9rieures sont souvent regroup\u00e9es en fascicules axillaires qui forment les \u00ab n\u0153uds \u00bb caract\u00e9ristiques. Les fleurs, solitaires ou en cymes pauciflores, sont port\u00e9es par des p\u00e9doncules dress\u00e9s. Elles poss\u00e8dent cinq s\u00e9pales ovales, cinq p\u00e9tales blancs nettement plus longs que les s\u00e9pales, dix \u00e9tamines et cinq styles. Le fruit est une capsule ovo\u00efde s&rsquo;ouvrant par cinq valves, contenant de nombreuses petites graines brunes, finement tuberculeuses. Le syst\u00e8me racinaire est fibreux et superficiel, adapt\u00e9 aux substrats humides et meubles. La plante se reproduit aussi bien par graines que par voie v\u00e9g\u00e9tative gr\u00e2ce \u00e0 ses stolons courts.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>La composition chimique de la Sagine nodulaire reste relativement peu \u00e9tudi\u00e9e par la phytochimie moderne, ce qui est fr\u00e9quent pour les petites Caryophyllac\u00e9es sans usage m\u00e9dicinal majeur. N\u00e9anmoins, par analogie avec les autres esp\u00e8ces du genre <em>Sagina<\/em> et de la famille des Caryophyllac\u00e9es, on peut raisonnablement supposer la pr\u00e9sence de <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/saponines-triterpeniques\/\">saponines triterp\u00e9niques<\/a><\/strong>, compos\u00e9s fr\u00e9quents dans cette famille et responsables de propri\u00e9t\u00e9s tensioactives. Des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> de type vitexine et orientine ont \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9s dans des esp\u00e8ces proches. La plante contient \u00e9galement des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong>, des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/mucilages\/\">mucilages<\/a><\/strong> et des traces d&rsquo;<strong>huiles essentielles<\/strong>. Les parties a\u00e9riennes renferment des <strong>sels min\u00e9raux<\/strong> en quantit\u00e9s variables, notamment du potassium, du calcium et du silicium, ce dernier \u00e9tant commun chez les plantes de milieux humides siliceux. Des <strong>tanins<\/strong> en faible quantit\u00e9 et des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/coumarines\/\">coumarines<\/a><\/strong> ont \u00e9t\u00e9 signal\u00e9s dans le genre. L&rsquo;absence d&rsquo;<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/alcaloides\/\">alcalo\u00efdes<\/a> notables et la faible toxicit\u00e9 apparente de la plante concordent avec le profil chimique g\u00e9n\u00e9ral des Caryophyllac\u00e9es herbac\u00e9es europ\u00e9ennes. Des recherches compl\u00e9mentaires seraient n\u00e9cessaires pour \u00e9tablir un profil phytochimique complet et pr\u00e9cis de cette esp\u00e8ce.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>La Sagine nodulaire n&rsquo;a jamais occup\u00e9 une place de premier plan dans les pharmacop\u00e9es traditionnelles europ\u00e9ennes, contrairement \u00e0 d&rsquo;autres Caryophyllac\u00e9es comme la Saponaire ou le Mouron. Cependant, dans certaines traditions populaires des r\u00e9gions nordiques et des \u00eeles Britanniques, la plante \u00e9tait cr\u00e9dit\u00e9e de vertus <strong>adoucissantes<\/strong> et <strong>\u00e9mollientes<\/strong>, utilis\u00e9e en cataplasme sur les irritations cutan\u00e9es mineures. Sa teneur pr\u00e9sum\u00e9e en mucilages justifie cet usage externe. En m\u00e9decine populaire scandinave, les sagines en g\u00e9n\u00e9ral \u00e9taient parfois employ\u00e9es comme <strong>vuln\u00e9raires<\/strong> pour acc\u00e9l\u00e9rer la cicatrisation de petites plaies. On leur attribuait \u00e9galement des propri\u00e9t\u00e9s <strong>diur\u00e9tiques<\/strong> l\u00e9g\u00e8res lorsqu&rsquo;elles \u00e9taient consomm\u00e9es en infusion. Dans les Highlands \u00e9cossais, une tradition associait les sagines \u00e0 la protection contre le mauvais sort, et la plante \u00e9tait parfois gliss\u00e9e sous le seuil des maisons ou port\u00e9e sur soi. Cette dimension magico-m\u00e9dicinale, bien que non pharmacologique, t\u00e9moigne de l&rsquo;importance symbolique de cette petite plante dans les cultures rurales du nord de l&rsquo;Europe. En herboristerie contemporaine, la Sagine nodulaire n&rsquo;est pas utilis\u00e9e de mani\u00e8re significative.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>La recherche scientifique contemporaine sur <em>Sagina nodosa<\/em> se concentre principalement sur des aspects \u00e9cologiques et taxonomiques plut\u00f4t que pharmacologiques. Des \u00e9tudes de g\u00e9n\u00e9tique des populations ont \u00e9t\u00e9 men\u00e9es dans le nord de l&rsquo;Europe pour \u00e9valuer la diversit\u00e9 g\u00e9n\u00e9tique des populations restantes et leur connectivit\u00e9, dans un contexte de fragmentation des habitats humides. Des travaux de phylog\u00e9nie mol\u00e9culaire ont permis de clarifier la position de l&rsquo;esp\u00e8ce au sein du genre <em>Sagina<\/em> et de confirmer ses relations avec les esp\u00e8ces voisines. Sur le plan \u00e9cologique, la Sagine nodulaire est utilis\u00e9e comme bio-indicateur dans des \u00e9tudes de suivi de la qualit\u00e9 des zones humides, notamment aux Pays-Bas et en Grande-Bretagne. Des recherches sur la biologie de la reproduction ont montr\u00e9 que l&rsquo;esp\u00e8ce pratique \u00e0 la fois l&rsquo;autogamie et l&rsquo;allogamie, avec un taux d&rsquo;autof\u00e9condation \u00e9lev\u00e9 dans les populations isol\u00e9es. Sur le plan phytochimique, aucune \u00e9tude r\u00e9cente majeure ne s&rsquo;est pench\u00e9e sp\u00e9cifiquement sur cette esp\u00e8ce, bien que l&rsquo;int\u00e9r\u00eat croissant pour les <strong>saponines v\u00e9g\u00e9tales<\/strong> comme agents biosurfactants pourrait \u00e0 terme motiver des investigations. La plante fait l&rsquo;objet de programmes de conservation dans plusieurs pays europ\u00e9ens, avec des travaux de restauration de ses habitats et des essais de r\u00e9introduction.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Flavono\u00efdes<\/td>\n<td>Flavono\u00efde<\/td>\n<td>Antioxydant, anti-inflammatoire<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acides ph\u00e9noliques<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Huiles essentielles<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Sels min\u00e9raux<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Tanins<\/td>\n<td>Tanin<\/td>\n<td>Astringent, antioxydant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>En l&rsquo;absence d&rsquo;usage phytoth\u00e9rapeutique courant et codifi\u00e9, il n&rsquo;existe pas de posologie officielle pour la Sagine nodulaire. Les rares mentions d&rsquo;utilisation traditionnelle sugg\u00e8rent les pr\u00e9parations suivantes, donn\u00e9es ici \u00e0 titre strictement informatif et historique. En <strong>infusion<\/strong>, une poign\u00e9e de plante fra\u00eeche (environ 10 \u00e0 15 grammes) \u00e9tait vers\u00e9e dans 250 millilitres d&rsquo;eau fr\u00e9missante et laiss\u00e9e infuser pendant 10 minutes, \u00e0 raison d&rsquo;une \u00e0 deux tasses par jour pour ses effets diur\u00e9tiques suppos\u00e9s. En <strong>cataplasme<\/strong>, la plante fra\u00eeche \u00e9tait \u00e9cras\u00e9e et appliqu\u00e9e directement sur la peau irrit\u00e9e, maintenue par un linge propre pendant une \u00e0 deux heures. En <strong>bain de pieds<\/strong>, une d\u00e9coction l\u00e9g\u00e8re de la plante enti\u00e8re (30 grammes pour un litre d&rsquo;eau, bouillis 5 minutes) \u00e9tait utilis\u00e9e pour apaiser les pieds fatigu\u00e9s et les petites irritations cutan\u00e9es. Il est important de souligner qu&rsquo;aucune de ces pr\u00e9parations n&rsquo;a fait l&rsquo;objet d&rsquo;\u00e9tudes cliniques et que la Sagine nodulaire n&rsquo;est pas inscrite \u00e0 la Pharmacop\u00e9e fran\u00e7aise ni europ\u00e9enne. Toute utilisation devrait faire l&rsquo;objet d&rsquo;un avis m\u00e9dical pr\u00e9alable.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>En raison du manque d&rsquo;\u00e9tudes pharmacologiques et toxicologiques sp\u00e9cifiques \u00e0 <em>Sagina nodosa<\/em>, la prudence s&rsquo;impose. La plante n&rsquo;est pas r\u00e9pertori\u00e9e comme toxique, et aucun cas d&rsquo;intoxication n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 signal\u00e9 dans la litt\u00e9rature. Cependant, comme pour toute Caryophyllac\u00e9e contenant potentiellement des <strong>saponines<\/strong>, une consommation excessive pourrait th\u00e9oriquement provoquer des troubles gastro-intestinaux (naus\u00e9es, diarrh\u00e9es). L&rsquo;utilisation est d\u00e9conseill\u00e9e chez la <strong>femme enceinte<\/strong> et <strong>allaitante<\/strong> en l&rsquo;absence de donn\u00e9es de s\u00e9curit\u00e9. Elle est \u00e9galement d\u00e9conseill\u00e9e chez les <strong>enfants en bas \u00e2ge<\/strong>. Les personnes souffrant d&rsquo;<strong>insuffisance r\u00e9nale<\/strong> devraient \u00e9viter les pr\u00e9parations diur\u00e9tiques \u00e0 base de cette plante. En cas d&rsquo;<strong>allergie connue aux Caryophyllac\u00e9es<\/strong>, l&rsquo;utilisation est \u00e0 proscrire. Il est fortement recommand\u00e9 de ne pas pratiquer l&rsquo;autom\u00e9dication avec cette esp\u00e8ce et de consulter un professionnel de sant\u00e9 qualifi\u00e9. La r\u00e9colte en milieu naturel pose \u00e9galement un probl\u00e8me de conservation, la plante \u00e9tant rare dans plusieurs r\u00e9gions et prot\u00e9g\u00e9e localement.<\/p>\n<hr>\n<h3>Interactions m\u00e9dicamenteuses<\/h3>\n<p>Aucune interaction m\u00e9dicamenteuse sp\u00e9cifique n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 document\u00e9e pour la Sagine nodulaire, ce qui s&rsquo;explique par l&rsquo;absence quasi totale d&rsquo;usage th\u00e9rapeutique contemporain et d&rsquo;\u00e9tudes pharmacologiques. Toutefois, par extrapolation \u00e0 partir de sa composition chimique pr\u00e9sum\u00e9e, plusieurs pr\u00e9cautions th\u00e9oriques peuvent \u00eatre formul\u00e9es. Les <strong>saponines<\/strong> potentiellement pr\u00e9sentes pourraient interagir avec les m\u00e9dicaments \u00e0 marge th\u00e9rapeutique \u00e9troite en modifiant leur absorption intestinale. L&rsquo;effet <strong>diur\u00e9tique<\/strong> l\u00e9ger attribu\u00e9 \u00e0 la plante pourrait potentialiser l&rsquo;action des <strong>diur\u00e9tiques de synth\u00e8se<\/strong> (furos\u00e9mide, hydrochlorothiazide) et entra\u00eener une d\u00e9pl\u00e9tion excessive en potassium. Cette m\u00eame propri\u00e9t\u00e9 pourrait th\u00e9oriquement interagir avec les <strong>antihypertenseurs<\/strong>, amplifiant la baisse de tension art\u00e9rielle. Les <strong>flavono\u00efdes<\/strong> pr\u00e9sents dans la plante pourraient moduler l&rsquo;activit\u00e9 de certaines enzymes du cytochrome P450, bien que cet effet soit probablement n\u00e9gligeable aux doses traditionnelles. En l&rsquo;\u00e9tat actuel des connaissances, il est prudent de signaler toute consommation de pr\u00e9parations \u00e0 base de sagine \u00e0 son m\u00e9decin traitant, particuli\u00e8rement en cas de traitement m\u00e9dicamenteux chronique.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>L&rsquo;histoire ethnobotanique de la Sagine nodulaire est intimement li\u00e9e aux cultures ga\u00e9liques et nordiques. Dans la tradition ga\u00e9lique \u00e9cossaise et irlandaise, la sagine (<em>mothan<\/em> en ga\u00e9lique) \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9e comme une plante porte-bonheur d&rsquo;une grande puissance. Il \u00e9tait dit que la personne qui trouvait une sagine par hasard, sans la chercher, b\u00e9n\u00e9ficierait d&rsquo;une protection contre les enchantements et la malchance. Les femmes la pla\u00e7aient sous leur genou droit pendant l&rsquo;accouchement pour faciliter la d\u00e9livrance. Les bergers la glissaient dans les \u00e9tables pour prot\u00e9ger le b\u00e9tail contre les maladies et les mal\u00e9fices. En Islande et en Norv\u00e8ge, les sagines faisaient partie des petites plantes des tourbi\u00e8res auxquelles on reconnaissait des vertus protectrices pour les voyageurs. Sur le plan alimentaire, la plante n&rsquo;a jamais eu d&rsquo;usage notable, son extr\u00eame petitesse rendant toute r\u00e9colte significative impraticable. En revanche, les naturalistes du XIXe si\u00e8cle, notamment Babington et Hooker, ont abondamment \u00e9tudi\u00e9 et d\u00e9crit cette esp\u00e8ce dans le cadre de la r\u00e9vision taxonomique du genre <em>Sagina<\/em>, un genre notoirement difficile en raison de la variabilit\u00e9 morphologique de ses esp\u00e8ces.<\/p>\n<hr>\n<h3>Usages alimentaires et culinaires<\/h3>\n<p>La Sagine nodulaire ne poss\u00e8de pas de tradition culinaire \u00e9tablie. Sa tr\u00e8s petite taille, ses tiges filiformes et ses feuilles minuscules rendent toute r\u00e9colte \u00e0 des fins alimentaires peu pratique et \u00e9cologiquement discutable, compte tenu de la raret\u00e9 relative de l&rsquo;esp\u00e8ce. Aucune source historique fiable ne mentionne son utilisation comme l\u00e9gume, condiment ou ingr\u00e9dient dans une pr\u00e9paration culinaire traditionnelle. Les sagines en g\u00e9n\u00e9ral ne sont pas r\u00e9pertori\u00e9es parmi les plantes sauvages comestibles dans les ouvrages de r\u00e9f\u00e9rence de Fran\u00e7ois Couplan ou de Bernard Bertrand. La plante n&rsquo;est ni toxique ni r\u00e9put\u00e9e am\u00e8re, mais son int\u00e9r\u00eat gastronomique est nul en raison de la quantit\u00e9 infime de mati\u00e8re v\u00e9g\u00e9tale qu&rsquo;elle produit. Il serait th\u00e9oriquement possible d&rsquo;incorporer quelques brins de sagine dans une salade de plantes sauvages \u00e0 titre d\u00e9coratif, mais cette pratique n&rsquo;a aucun fondement traditionnel. En r\u00e9sum\u00e9, la Sagine nodulaire est une plante \u00e0 appr\u00e9cier pour ses qualit\u00e9s botaniques et \u00e9cologiques plut\u00f4t que pour un quelconque potentiel alimentaire. Sa conservation en milieu naturel doit primer sur toute vell\u00e9it\u00e9 de cueillette.<\/p>\n<hr>\n<h3>Aspects \u00e9cologiques et biodiversit\u00e9<\/h3>\n<p>La Sagine nodulaire joue un r\u00f4le \u00e9cologique discret mais r\u00e9el dans les \u00e9cosyst\u00e8mes humides o\u00f9 elle se d\u00e9veloppe. En tant qu&rsquo;esp\u00e8ce pionni\u00e8re des milieux ouverts et perturb\u00e9s, elle participe \u00e0 la stabilisation des substrats sablonneux et tourbeux. Ses petites fleurs blanches, bien que peu spectaculaires, attirent divers insectes pollinisateurs de petite taille, notamment des <strong>dipt\u00e8res<\/strong> (mouches et moucherons) et de petits <strong>hym\u00e9nopt\u00e8res<\/strong>. La plante contribue ainsi \u00e0 la biodiversit\u00e9 entomologique des zones humides. Ses graines, minuscules et l\u00e9g\u00e8res, sont dispers\u00e9es par le vent et par l&rsquo;eau, ce qui lui permet de coloniser de nouveaux habitats. La Sagine nodulaire est consid\u00e9r\u00e9e comme une <strong>esp\u00e8ce indicatrice<\/strong> de la qualit\u00e9 des zones humides oligotrophes. Sa disparition d&rsquo;un site signale souvent une eutrophisation ou un ass\u00e8chement du milieu. En France, l&rsquo;esp\u00e8ce figure sur plusieurs listes rouges r\u00e9gionales et b\u00e9n\u00e9ficie de protections locales. La destruction des zones humides, le drainage agricole, l&rsquo;urbanisation et l&rsquo;eutrophisation des eaux constituent les principales menaces pesant sur ses populations. Sa conservation passe par la pr\u00e9servation int\u00e9grale de ses habitats naturels, en particulier les prairies humides et les tourbi\u00e8res.<\/p>\n<hr>\n<h3>Culture et multiplication<\/h3>\n<p>La culture de la Sagine nodulaire est rarement pratiqu\u00e9e, sauf dans le cadre de jardins botaniques ou de programmes de conservation. La multiplication se fait principalement par <strong>semis<\/strong>. Les graines, tr\u00e8s fines, sont r\u00e9colt\u00e9es en fin d&rsquo;\u00e9t\u00e9 lorsque les capsules sont m\u00fbres et commencent \u00e0 s&rsquo;ouvrir. Elles doivent \u00eatre sem\u00e9es en surface sur un substrat humide, sablonneux et pauvre, sans \u00eatre recouvertes car elles n\u00e9cessitent la lumi\u00e8re pour germer. Une stratification froide de quatre \u00e0 six semaines am\u00e9liore le taux de germination. Le semis s&rsquo;effectue id\u00e9alement au printemps, en terrine, sous ch\u00e2ssis froid. La germination intervient en deux \u00e0 quatre semaines \u00e0 une temp\u00e9rature de 15 \u00e0 18 degr\u00e9s. Les plantules, extr\u00eamement d\u00e9licates, doivent \u00eatre manipul\u00e9es avec pr\u00e9caution lors du repiquage. La multiplication v\u00e9g\u00e9tative par <strong>division des touffes<\/strong> au printemps est \u00e9galement possible et donne des r\u00e9sultats plus rapides. La plante exige un sol constamment humide mais bien drain\u00e9, l\u00e9g\u00e8rement acide, pauvre en mati\u00e8re organique, et une exposition ensoleill\u00e9e \u00e0 mi-ombrag\u00e9e. Elle ne tol\u00e8re ni la s\u00e9cheresse prolong\u00e9e ni les exc\u00e8s d&rsquo;azote. En culture, elle peut \u00eatre utilis\u00e9e dans les jardins de rocaille humides, les abords de bassins ou les reconstitutions de prairies humides.<\/p>\n<hr>\n<h3>Statut r\u00e9glementaire et conservation<\/h3>\n<p>La Sagine nodulaire b\u00e9n\u00e9ficie d&rsquo;un statut de protection variable selon les pays et les r\u00e9gions. En France, elle n&rsquo;est pas inscrite sur la liste nationale des esp\u00e8ces prot\u00e9g\u00e9es, mais elle figure sur plusieurs <strong>listes rouges r\u00e9gionales<\/strong>, notamment en \u00cele-de-France, en Picardie et en Normandie, o\u00f9 ses populations ont consid\u00e9rablement r\u00e9gress\u00e9. Elle est class\u00e9e comme esp\u00e8ce <strong>vuln\u00e9rable<\/strong> ou <strong>en danger<\/strong> dans plusieurs r\u00e9gions de plaine. En Belgique, elle est consid\u00e9r\u00e9e comme rare et en d\u00e9clin. Au Royaume-Uni, elle est plus r\u00e9pandue mais fait n\u00e9anmoins l&rsquo;objet d&rsquo;un suivi dans le cadre du Botanical Society monitoring scheme. La plante n&rsquo;est inscrite \u00e0 aucune annexe de la Convention de Berne ni de la Directive Habitats. Elle ne figure pas non plus dans la Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne ni dans la liste des plantes m\u00e9dicinales de l&rsquo;Agence europ\u00e9enne des m\u00e9dicaments. Sa commercialisation \u00e0 des fins m\u00e9dicinales est donc non r\u00e9glement\u00e9e faute d&rsquo;usage reconnu. La principale mesure de conservation efficace pour cette esp\u00e8ce r\u00e9side dans la protection et la gestion appropri\u00e9e de ses habitats : maintien de l&rsquo;hydrologie naturelle des zones humides, limitation du drainage et de l&rsquo;eutrophisation, et gestion extensive des prairies humides par fauche tardive ou p\u00e2turage l\u00e9ger.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>SAGINE NODULAIRE pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat phytoth\u00e9rapeutique surtout traditionnel, \u00e0 confirmer faute de donn\u00e9es cliniques propres ; sa lecture demande de la prudence.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/results?q=Sagina%20nodosa\">Plants of the World Online, Kew : <em>Sagina nodosa<\/em><\/a>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/?s=Sagina+nodosa\">Tela Botanica \/ eFlore : <em>Sagina nodosa<\/em><\/a>.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Diur\u00e9tique (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Vuln\u00e9raire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> \u00c9mollient<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE La Sagine nodulaire (Sagina nodosa) est une plante herbac\u00e9e vivace appartenant \u00e0 la famille des Caryophyllaceae. 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