{"id":832,"date":"2026-03-26T11:29:26","date_gmt":"2026-03-26T10:29:26","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/stellaire-holostee\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:14","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:14","slug":"stellaire-holostee","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/stellaire-holostee\/","title":{"rendered":"STELLAIRE HOLOST\u00c9E"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Stellaire%20holost%C3%A9e.jpg\" alt=\"Planche botanique STELLAIRE HOLOST\u00c9E\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>La <strong>Stellaire holost\u00e9e<\/strong> (<em>Stellaria holostea<\/em>) est une plante herbac\u00e9e vivace de la famille des <strong>Caryophyllaceae<\/strong>. Le nom de genre <em>Stellaria<\/em> d\u00e9rive du latin <em>stella<\/em> (\u00e9toile), en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la forme \u00e9toil\u00e9e des fleurs \u00e0 p\u00e9tales profond\u00e9ment bifides. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>holostea<\/em> provient du grec <em>holosteon<\/em>, signifiant \u00ab tout en os \u00bb, allusion \u00e0 la rigidit\u00e9 des tiges ou, selon une autre interpr\u00e9tation, aux pr\u00e9tendues vertus de la plante contre les fractures osseuses dans la m\u00e9decine antique. Connue sous les noms populaires de Grand stellaire, Stellaire \u00e0 feuilles de gramin\u00e9e ou Langue d&rsquo;oiseau, cette esp\u00e8ce gracieuse est l&rsquo;une des fleurs printani\u00e8res les plus communes et les plus \u00e9l\u00e9gantes des sous-bois et des haies europ\u00e9ennes. La plante forme des colonies l\u00e2ches de 20 \u00e0 40 centim\u00e8tres de hauteur gr\u00e2ce \u00e0 ses rhizomes tra\u00e7ants. Ses tiges quadrangulaires, cassantes, dress\u00e9es puis arqu\u00e9es, portent des feuilles oppos\u00e9es, \u00e9troitement lanc\u00e9ol\u00e9es, sessiles, et des fleurs blanches d&rsquo;un \u00e0 deux centim\u00e8tres de diam\u00e8tre, parmi les plus grandes du genre.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>La Stellaire holost\u00e9e est largement distribu\u00e9e dans toute l&rsquo;Europe, depuis les \u00eeles Britanniques et la Scandinavie m\u00e9ridionale jusqu&rsquo;au Caucase et \u00e0 l&rsquo;Iran. En France, elle est commune sur l&rsquo;ensemble du territoire m\u00e9tropolitain, de la plaine \u00e0 la moyenne montagne (jusqu&rsquo;\u00e0 1200 m\u00e8tres), bien qu&rsquo;elle soit plus rare dans la r\u00e9gion m\u00e9diterran\u00e9enne stricte o\u00f9 l&rsquo;aridit\u00e9 estivale lui est d\u00e9favorable. Son habitat de pr\u00e9dilection comprend les sous-bois clairs de for\u00eats de feuillus, les haies, les lisi\u00e8res foresti\u00e8res, les talus herbeux, les prairies semi-ombrag\u00e9es et les bords de chemins ombrag\u00e9s. Elle affectionne les sols frais, riches en humus, bien drain\u00e9s, neutres \u00e0 l\u00e9g\u00e8rement acides. C&rsquo;est une esp\u00e8ce h\u00e9liophile \u00e0 semi-sciaphile, supportant un ombrage mod\u00e9r\u00e9 mais fleurissant plus abondamment dans les stations bien \u00e9clair\u00e9es. Elle est particuli\u00e8rement abondante dans les ch\u00eanaies-charmaies, les h\u00eatraies fra\u00eeches et les haies bocag\u00e8res. Sa floraison blanche et lumineuse au printemps (avril-juin) est caract\u00e9ristique du paysage champ\u00eatre europ\u00e9en. Elle est souvent associ\u00e9e \u00e0 la Jacinthe des bois, \u00e0 l&rsquo;An\u00e9mone des bois et au Compagnon rouge dans les sous-bois printaniers.<\/p>\n<hr>\n<h3>Description morphologique d\u00e9taill\u00e9e<\/h3>\n<p>La Stellaire holost\u00e9e est une plante vivace \u00e0 rhizomes gr\u00eales et tra\u00e7ants, formant des peuplements l\u00e2ches mais parfois \u00e9tendus. Les tiges, de 20 \u00e0 40 centim\u00e8tres, sont quadrangulaires, dress\u00e9es puis arqu\u00e9es et parfois retombantes, cassantes aux n\u0153uds (caract\u00e8re distinctif), glabres, vertes \u00e0 l\u00e9g\u00e8rement teint\u00e9es de rouge\u00e2tre. Les feuilles sont oppos\u00e9es, sessiles, \u00e9troitement lanc\u00e9ol\u00e9es \u00e0 lin\u00e9aires-lanc\u00e9ol\u00e9es, longues de 4 \u00e0 8 centim\u00e8tres, \u00e0 marge enti\u00e8re et scabre (rugueuse), \u00e0 nervure m\u00e9diane saillante, d&rsquo;un vert franc, rigides et persistantes en hiver (la plante est semi-sempervirente). Les fleurs, port\u00e9es par des p\u00e9doncules longs et gr\u00eales en cyme dichotome l\u00e2che, mesurent 15 \u00e0 25 millim\u00e8tres de diam\u00e8tre. Les cinq s\u00e9pales sont lanc\u00e9ol\u00e9s, sans nervures apparentes, plus courts que les p\u00e9tales. Les cinq p\u00e9tales sont blancs, profond\u00e9ment bifides (fendus sur la moiti\u00e9 de leur longueur), ce qui donne l&rsquo;impression de dix p\u00e9tales. Les \u00e9tamines sont au nombre de dix, \u00e0 anth\u00e8res jaunes. Les styles sont au nombre de trois. Le fruit est une capsule globuleuse de 6 \u00e0 8 millim\u00e8tres, s&rsquo;ouvrant par six valves. Les graines sont brun rouge\u00e2tre, r\u00e9niformes, finement tuberculeuses.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>La composition chimique de la Stellaire holost\u00e9e est relativement peu \u00e9tudi\u00e9e en comparaison avec d&rsquo;autres Caryophyllac\u00e9es d&rsquo;usage m\u00e9dicinal comme la Saponaire. N\u00e9anmoins, plusieurs classes de compos\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9es dans le genre <em>Stellaria<\/em>. La plante contient des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/saponines-triterpeniques\/\">saponines triterp\u00e9niques<\/a><\/strong>, caract\u00e9ristiques de la famille des Caryophyllac\u00e9es, bien qu&rsquo;en quantit\u00e9s probablement moindres que chez la Saponaire officinale. Des <strong>flavono\u00efdes<\/strong>, notamment des d\u00e9riv\u00e9s de l&rsquo;<strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/apigenine\/\">apig\u00e9nine<\/a><\/strong>, de la <strong>lut\u00e9oline<\/strong> et de la <strong>vitexine<\/strong>, sont pr\u00e9sents dans les parties a\u00e9riennes. Des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong>, en particulier l&rsquo;<strong>acide caf\u00e9ique<\/strong> et l&rsquo;<strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a><\/strong>, contribuent \u00e0 l&rsquo;activit\u00e9 antioxydante de la plante. La pr\u00e9sence de <strong>vitamine C<\/strong> (acide ascorbique) a \u00e9t\u00e9 signal\u00e9e dans les feuilles fra\u00eeches, comme c&rsquo;est le cas pour d&rsquo;autres stellaires, notamment <em>Stellaria media<\/em> (le Mouron des oiseaux), esp\u00e8ce bien connue comme plante comestible riche en vitamines. Des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/mucilages\/\">mucilages<\/a><\/strong> et des <strong>tanins<\/strong> compl\u00e8tent le profil. La plante contient \u00e9galement des <strong>sels min\u00e9raux<\/strong>, en particulier du potassium, du calcium et du fer. Il faut noter que la plupart des donn\u00e9es phytochimiques disponibles concernent <em>Stellaria media<\/em> plut\u00f4t que <em>S. holostea<\/em> sp\u00e9cifiquement.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>La Stellaire holost\u00e9e a connu des usages m\u00e9dicinaux modestes mais document\u00e9s dans la m\u00e9decine populaire europ\u00e9enne. Son nom grec <em>holosteon<\/em> (\u00ab tout en os \u00bb) sugg\u00e8re un usage antique contre les <strong>affections osseuses<\/strong>, et certains herboristes m\u00e9di\u00e9vaux la recommandaient effectivement pour les <strong>fractures<\/strong>, les <strong>douleurs osseuses<\/strong> et les <strong>rhumatismes<\/strong>, tant en usage interne (d\u00e9coction) qu&rsquo;en cataplasme. En m\u00e9decine populaire anglaise et germanique, la plante \u00e9tait cr\u00e9dit\u00e9e de vertus <strong>anti-inflammatoires<\/strong> et <strong>analg\u00e9siques<\/strong>, utilis\u00e9e contre les <strong>douleurs articulaires<\/strong> et les <strong>points de c\u00f4t\u00e9<\/strong>. Ce dernier usage est refl\u00e9t\u00e9 dans le nom anglais populaire <em>stitchwort<\/em> (herbe aux points de c\u00f4t\u00e9). L&rsquo;infusion de feuilles et de tiges fleuries \u00e9tait prescrite comme <strong>diur\u00e9tique<\/strong> l\u00e9ger et comme <strong>d\u00e9puratif<\/strong> printanier. En usage externe, les cataplasmes de plante fra\u00eeche \u00e9cras\u00e9e \u00e9taient appliqu\u00e9s sur les <strong>contusions<\/strong>, les <strong>entorses<\/strong> et les <strong>enflures<\/strong>. La d\u00e9coction servait de <strong>collyre<\/strong> pour les inflammations oculaires l\u00e9g\u00e8res. Les propri\u00e9t\u00e9s <strong>\u00e9mollientes<\/strong> de la plante, dues \u00e0 ses mucilages, justifiaient son usage sur les irritations cutan\u00e9es. En Irlande, une tradition attribuait \u00e0 la Stellaire holost\u00e9e le pouvoir de prot\u00e9ger contre les mauvais sorts et les maladies des enfants.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>La recherche scientifique sur <em>Stellaria holostea<\/em> est limit\u00e9e en comparaison avec d&rsquo;autres esp\u00e8ces du genre, notamment <em>S. media<\/em>. Les \u00e9tudes existantes portent principalement sur l&rsquo;<strong>\u00e9cologie<\/strong> et la <strong>ph\u00e9nologie<\/strong> de l&rsquo;esp\u00e8ce. Des travaux sur la ph\u00e9nologie ont montr\u00e9 que la date de floraison de la Stellaire holost\u00e9e avance en r\u00e9ponse au r\u00e9chauffement climatique, l&rsquo;esp\u00e8ce \u00e9tant l&rsquo;un des indicateurs ph\u00e9nologiques du printemps dans les r\u00e9seaux de suivi europ\u00e9ens. Des \u00e9tudes d&rsquo;\u00e9cologie des populations examinent la dynamique de colonisation par les rhizomes et l&rsquo;\u00e9quilibre entre reproduction sexu\u00e9e et v\u00e9g\u00e9tative dans diff\u00e9rentes conditions de lumi\u00e8re et de perturbation. En <strong>phytochimie<\/strong>, quelques travaux ont caract\u00e9ris\u00e9 les profils en flavono\u00efdes et en acides ph\u00e9noliques de l&rsquo;esp\u00e8ce, montrant une activit\u00e9 antioxydante mod\u00e9r\u00e9e des extraits. Des \u00e9tudes en <strong>\u00e9cologie du sol<\/strong> utilisent la Stellaire holost\u00e9e comme indicateur de la qualit\u00e9 des sols forestiers et de la structure des communaut\u00e9s v\u00e9g\u00e9tales des sous-bois. En <strong>palynologie<\/strong>, le pollen de <em>Stellaria holostea<\/em> a \u00e9t\u00e9 caract\u00e9ris\u00e9 pour am\u00e9liorer l&rsquo;identification des restes polliniques dans les carottes de tourbe et les s\u00e9diments lacustres. La plante est \u00e9galement utilis\u00e9e dans des \u00e9tudes de <strong>biologie de la conservation<\/strong> \u00e9valuant l&rsquo;impact de la fragmentation foresti\u00e8re sur la flore des sous-bois.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Flavono\u00efdes<\/td>\n<td>Flavono\u00efde<\/td>\n<td>Antioxydant, anti-inflammatoire<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Lut\u00e9oline<\/td>\n<td>Flavone<\/td>\n<td>Antioxydant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Vitexine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acides ph\u00e9noliques<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acide caf\u00e9ique<\/td>\n<td>Acide ph\u00e9nolique<\/td>\n<td>Antioxydant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>Les usages m\u00e9dicinaux de la Stellaire holost\u00e9e \u00e9tant peu codifi\u00e9s, les posologies suivantes sont tir\u00e9es de la tradition herboristique populaire et donn\u00e9es \u00e0 titre strictement informatif. En <strong>infusion<\/strong> de parties a\u00e9riennes fleuries, 10 \u00e0 15 grammes de plante fra\u00eeche (ou 5 \u00e0 8 grammes de plante s\u00e9ch\u00e9e) par tasse de 250 millilitres d&rsquo;eau (d\u00e9part \u00e0 froid), infus\u00e9s 10 minutes. Une \u00e0 trois tasses par jour pour l&rsquo;effet diur\u00e9tique et d\u00e9puratif. En <strong>d\u00e9coction<\/strong> pour usage externe, 30 grammes de plante enti\u00e8re par litre d&rsquo;eau, bouillis 5 minutes et infus\u00e9s 15 minutes. En compresse sur les articulations douloureuses ou en collyre dilu\u00e9 pour les inflammations oculaires. En <strong>cataplasme<\/strong>, la plante fra\u00eeche enti\u00e8re est \u00e9cras\u00e9e et appliqu\u00e9e directement sur la zone concern\u00e9e (contusion, entorse, inflammation), maintenue par un linge propre pendant une \u00e0 deux heures. En <strong>bain<\/strong>, 100 grammes de plante fra\u00eeche dans 2 litres d&rsquo;eau, ajout\u00e9s \u00e0 l&rsquo;eau du bain pour un effet relaxant et anti-inflammatoire. Il est important de souligner qu&rsquo;aucun de ces usages n&rsquo;est valid\u00e9 scientifiquement et que la plante n&rsquo;est inscrite dans aucune pharmacop\u00e9e. Toute utilisation \u00e0 vis\u00e9e th\u00e9rapeutique doit faire l&rsquo;objet d&rsquo;un avis m\u00e9dical.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>La Stellaire holost\u00e9e n&rsquo;est pas r\u00e9pertori\u00e9e comme plante toxique et aucun cas d&rsquo;intoxication n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 signal\u00e9 dans la litt\u00e9rature. Cependant, comme pour toute plante dont le profil toxicologique n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9 de mani\u00e8re approfondie, la prudence s&rsquo;impose. La pr\u00e9sence de <strong>saponines<\/strong>, m\u00eame en faible quantit\u00e9, pourrait provoquer des troubles gastro-intestinaux (naus\u00e9es, diarrh\u00e9es) en cas de consommation excessive. L&rsquo;utilisation est <strong>d\u00e9conseill\u00e9e chez la femme enceinte<\/strong> et <strong>allaitante<\/strong> en l&rsquo;absence de donn\u00e9es de s\u00e9curit\u00e9. Les <strong>enfants en bas \u00e2ge<\/strong> ne doivent pas consommer de pr\u00e9parations \u00e0 base de cette plante. Les personnes souffrant d&rsquo;<strong>allergie aux Caryophyllac\u00e9es<\/strong> doivent \u00e9viter tout contact et toute consommation. Les personnes sous <strong>traitement diur\u00e9tique<\/strong> doivent \u00eatre prudentes en cas d&rsquo;utilisation simultan\u00e9e de pr\u00e9parations r\u00e9put\u00e9es diur\u00e9tiques. L&rsquo;utilisation comme collyre, signal\u00e9e dans certaines traditions, comporte un risque d&rsquo;<strong>infection oculaire<\/strong> et n&rsquo;est plus recommand\u00e9e, des produits ophtalmiques st\u00e9riles \u00e9tant disponibles. Il convient de ne pas confondre cette plante avec certaines esp\u00e8ces potentiellement toxiques qui pourraient pousser dans les m\u00eames habitats. La consultation d&rsquo;un professionnel de sant\u00e9 est recommand\u00e9e avant tout usage m\u00e9dicinal.<\/p>\n<hr>\n<h3>Interactions m\u00e9dicamenteuses<\/h3>\n<p>Aucune interaction m\u00e9dicamenteuse n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 document\u00e9e pour la Stellaire holost\u00e9e, en raison de l&rsquo;absence d&rsquo;\u00e9tudes pharmacologiques sp\u00e9cifiques. Par extrapolation \u00e0 partir de sa composition chimique pr\u00e9sum\u00e9e et des donn\u00e9es disponibles pour des esp\u00e8ces apparent\u00e9es du genre <em>Stellaria<\/em>, les pr\u00e9cautions th\u00e9oriques suivantes peuvent \u00eatre envisag\u00e9es. Les <strong>saponines<\/strong>, bien que faiblement concentr\u00e9es, pourraient modifier l&rsquo;absorption intestinale de m\u00e9dicaments pris simultan\u00e9ment par voie orale. L&rsquo;effet <strong>diur\u00e9tique<\/strong> attribu\u00e9 \u00e0 la plante pourrait s&rsquo;additionner \u00e0 celui de <strong>diur\u00e9tiques de synth\u00e8se<\/strong>, avec un risque de d\u00e9s\u00e9quilibre \u00e9lectrolytique. Les <strong>flavono\u00efdes<\/strong> pr\u00e9sents pourraient th\u00e9oriquement interagir avec le m\u00e9tabolisme de certains m\u00e9dicaments via les enzymes du cytochrome P450, mais cet effet est probablement cliniquement n\u00e9gligeable. La <strong>vitamine C<\/strong> contenue dans les feuilles fra\u00eeches pourrait, \u00e0 forte dose, modifier le pH urinaire et ainsi influencer l&rsquo;\u00e9limination r\u00e9nale de certains m\u00e9dicaments. En pratique, les doses utilis\u00e9es en herboristerie traditionnelle \u00e9tant faibles et les principes actifs peu concentr\u00e9s, le risque d&rsquo;interaction m\u00e9dicamenteuse significative est tr\u00e8s faible. N\u00e9anmoins, par prudence, il est recommand\u00e9 d&rsquo;informer son m\u00e9decin de toute utilisation de plantes m\u00e9dicinales.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>L&rsquo;histoire ethnobotanique de la Stellaire holost\u00e9e est riche en dimension symbolique et culturelle, au-del\u00e0 de ses usages m\u00e9dicinaux limit\u00e9s. Dans les traditions celtiques et germaniques, la plante \u00e9tait associ\u00e9e aux esprits de la for\u00eat et \u00e0 la transition entre l&rsquo;hiver et le printemps. Sa floraison blanche et lumineuse dans les sous-bois sombres lui conf\u00e9rait un caract\u00e8re f\u00e9erique. En Angleterre, la cueillette de <em>stitchwort<\/em> \u00e9tait entour\u00e9e de superstitions : certaines croyances populaires affirmaient que cueillir les fleurs attirait les serpents ou provoquait le tonnerre, ce qui t\u00e9moigne du respect m\u00eal\u00e9 de crainte inspir\u00e9 par cette plante des lisi\u00e8res, espaces liminaux entre le monde cultiv\u00e9 et le monde sauvage. Au Pays de Galles, la Stellaire holost\u00e9e \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9e comme une fleur de f\u00e9e et figurait dans les traditions orales galloises. Sur le plan alimentaire, contrairement \u00e0 sa cousine le Mouron des oiseaux (<em>Stellaria media<\/em>), largement consomm\u00e9 en salade, la Stellaire holost\u00e9e n&rsquo;a pas de tradition culinaire significative, ses feuilles \u00e9tant trop coriaces et sa saveur peu engageante. En horticulture, la plante est appr\u00e9ci\u00e9e depuis le XVIIIe si\u00e8cle comme plante de naturalisation dans les jardins de style anglais, particuli\u00e8rement dans les sous-bois et les haies.<\/p>\n<hr>\n<h3>Usages alimentaires et culinaires<\/h3>\n<p>La Stellaire holost\u00e9e n&rsquo;est pas traditionnellement consid\u00e9r\u00e9e comme une plante alimentaire, contrairement \u00e0 sa proche parente <em>Stellaria media<\/em> (Mouron des oiseaux), qui est largement consomm\u00e9e en salade de plantes sauvages. Les feuilles de <em>S. holostea<\/em> sont plus coriaces, plus \u00e9troites et moins tendres que celles du Mouron des oiseaux, ce qui limite leur int\u00e9r\u00eat culinaire. Cependant, elles ne sont pas toxiques et pourraient th\u00e9oriquement \u00eatre consomm\u00e9es en petite quantit\u00e9, cuites dans des soupes ou des bouillons printaniers, par analogie avec d&rsquo;autres Stellaires. Certains auteurs de guides de plantes sauvages comestibles mentionnent la comestibilit\u00e9 des jeunes feuilles de la Stellaire holost\u00e9e, tout en soulignant qu&rsquo;elles sont nettement moins agr\u00e9ables que celles du Mouron des oiseaux. Les jeunes pousses et les tiges tendres du printemps sont les parties les plus palatables. La cuisson (\u00e9bullition, saut\u00e9) est pr\u00e9f\u00e9rable \u00e0 la consommation crue pour ramollir les tissus fibreux. Les fleurs, d\u00e9coratives et sans saveur notable, peuvent \u00eatre utilis\u00e9es comme garniture de salades. En r\u00e9sum\u00e9, la Stellaire holost\u00e9e est comestible mais sans r\u00e9el int\u00e9r\u00eat gastronomique, et son usage alimentaire reste anecdotique. La plante est bien plus appr\u00e9ci\u00e9e pour sa beaut\u00e9 printani\u00e8re que pour ses qualit\u00e9s culinaires.<\/p>\n<hr>\n<h3>Aspects \u00e9cologiques et biodiversit\u00e9<\/h3>\n<p>La Stellaire holost\u00e9e joue un r\u00f4le \u00e9cologique important dans les \u00e9cosyst\u00e8mes forestiers et bocagers temp\u00e9r\u00e9s. En tant que plante \u00e0 floraison printani\u00e8re pr\u00e9coce et abondante, elle constitue une source de nectar et de pollen pr\u00e9cieuse pour les insectes pollinisateurs au d\u00e9but de la saison. Les <strong>abeilles solitaires<\/strong>, les <strong>syrphes<\/strong>, les <strong>petits papillons<\/strong> et divers <strong>dipt\u00e8res<\/strong> visitent r\u00e9guli\u00e8rement ses fleurs. La pollinisation est principalement entomogame, bien que l&rsquo;autogamie soit possible. Les graines sont dispers\u00e9es par les fourmis (myrm\u00e9cochorie), attir\u00e9es par un \u00e9la\u00efosome, et par les oiseaux. Les colonies de Stellaire holost\u00e9e contribuent \u00e0 la couverture v\u00e9g\u00e9tale du sol forestier au printemps, r\u00e9duisant l&rsquo;\u00e9rosion et le lessivage des nutriments. Le feuillage semi-persistant assure une couverture du sol en hiver. La plante est un indicateur de sols forestiers frais et bien structur\u00e9s. Elle est consomm\u00e9e par certains invert\u00e9br\u00e9s, notamment les chenilles de petits papillons g\u00e9om\u00e8tres. Sa pr\u00e9sence dans les haies et les lisi\u00e8res participe \u00e0 la connectivit\u00e9 \u00e9cologique du paysage, les haies constituant des corridors de biodiversit\u00e9 entre les massifs forestiers. La r\u00e9gression des haies bocag\u00e8res et l&rsquo;intensification de la gestion foresti\u00e8re sont les principales menaces pour cette esp\u00e8ce dans les paysages agricoles modernes.<\/p>\n<hr>\n<h3>Culture et multiplication<\/h3>\n<p>La Stellaire holost\u00e9e est une plante de culture facile, appr\u00e9ci\u00e9e en jardinage pour la naturalisation des zones ombrag\u00e9es. La multiplication se fait par <strong>semis<\/strong>, par <strong>division des touffes<\/strong> ou par <strong>bouturage de tiges<\/strong>. Le semis s&rsquo;effectue en automne (septembre-octobre), les graines \u00e9tant sem\u00e9es en surface sur un substrat humif\u00e8re et maintenues \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur pour b\u00e9n\u00e9ficier de la stratification naturelle hivernale. La germination intervient au printemps, de mani\u00e8re souvent irr\u00e9guli\u00e8re. La division des touffes au printemps ou en automne est la m\u00e9thode la plus simple et la plus fiable. Le bouturage de fragments de tige portant des n\u0153uds est \u00e9galement possible, les n\u0153uds produisant facilement des racines au contact du sol humide. La plante pr\u00e9f\u00e8re un sol frais, humif\u00e8re, bien drain\u00e9, neutre \u00e0 l\u00e9g\u00e8rement acide. L&rsquo;exposition id\u00e9ale est mi-ombrag\u00e9e (sous-bois clair, haie, lisi\u00e8re), bien qu&rsquo;elle tol\u00e8re le plein soleil si le sol reste frais. Elle est rustique (jusqu&rsquo;\u00e0 -20 degr\u00e9s). En jardin, elle est parfaite pour les bordures de haies, les sous-bois, les jardins sauvages et les prairies fleuries ombrag\u00e9es. Elle se naturalise facilement et peut former des tapis de fleurs blanches spectaculaires au printemps. L&rsquo;entretien est minimal : la plante se g\u00e8re toute seule et peut \u00eatre contenue par fauche apr\u00e8s la floraison si n\u00e9cessaire.<\/p>\n<hr>\n<h3>Statut r\u00e9glementaire et conservation<\/h3>\n<p>La Stellaire holost\u00e9e b\u00e9n\u00e9ficie d&rsquo;un statut de conservation favorable en Europe. Elle est class\u00e9e en <strong>pr\u00e9occupation mineure<\/strong> (LC) par l&rsquo;UICN \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle europ\u00e9enne et nationale en France. Elle n&rsquo;est inscrite sur aucune liste rouge r\u00e9gionale comme esp\u00e8ce menac\u00e9e et ne b\u00e9n\u00e9ficie d&rsquo;aucune protection l\u00e9gale sp\u00e9cifique. L&rsquo;esp\u00e8ce n&rsquo;est inscrite \u00e0 aucune annexe de la Convention de Berne ni de la Directive Habitats. Elle ne figure dans aucune pharmacop\u00e9e officielle et ne fait l&rsquo;objet d&rsquo;aucune r\u00e9glementation commerciale. Sa large distribution, son abondance dans les habitats favorables et sa capacit\u00e9 de multiplication v\u00e9g\u00e9tative efficace garantissent la stabilit\u00e9 de ses populations. N\u00e9anmoins, la r\u00e9gression des haies bocag\u00e8res, la destruction des lisi\u00e8res foresti\u00e8res, l&rsquo;intensification de la gestion foresti\u00e8re (coupes rases, enr\u00e9sinement) et l&rsquo;urbanisation p\u00e9riurbaine entra\u00eenent un d\u00e9clin local de l&rsquo;esp\u00e8ce dans certaines r\u00e9gions. La conservation de la Stellaire holost\u00e9e passe par le maintien des haies, la gestion douce des for\u00eats de feuillus, la pr\u00e9servation des lisi\u00e8res \u00e9cotones et la cr\u00e9ation de bandes tampons bois\u00e9es le long des cours d&rsquo;eau et des chemins. En jardinage, la plantation de cette esp\u00e8ce indig\u00e8ne dans les haies et les sous-bois contribue \u00e0 sa conservation dans les paysages anthropis\u00e9s.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>STELLAIRE HOLOST\u00c9E pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat phytoth\u00e9rapeutique surtout traditionnel, \u00e0 confirmer faute de donn\u00e9es cliniques propres ; sa lecture demande de la prudence.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/results?q=Stellaria%20holostea\">Plants of the World Online, Kew : <em>Stellaria holostea<\/em><\/a>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/?s=Stellaria+holostea\">Tela Botanica \/ eFlore : <em>Stellaria holostea<\/em><\/a>.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Diur\u00e9tique (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> D\u00e9puratif<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antioxydant<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE La Stellaire holost\u00e9e (Stellaria holostea) est une plante herbac\u00e9e vivace de la famille des Caryophyllaceae. 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