{"id":834,"date":"2026-03-26T11:29:30","date_gmt":"2026-03-26T10:29:30","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/oeillet-prolifere\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:14","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:14","slug":"oeillet-prolifere","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/oeillet-prolifere\/","title":{"rendered":"\u0152ILLET PROLIF\u00c8RE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/%C5%92illet%20prolif%C3%A8re.jpg\" alt=\"Planche botanique \u0152ILLET PROLIF\u00c8RE\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<p>L&rsquo;\u0153illet prolif\u00e8re (<em>Petrorhagia prolifera<\/em> (L.) P.W. Ball &amp; Heywood) est une petite plante annuelle de la famille des Caryophyllac\u00e9es, discr\u00e8te habitante des pelouses s\u00e8ches, des sols sablonneux et des friches de l&rsquo;Europe temp\u00e9r\u00e9e et m\u00e9diterran\u00e9enne. Ses minuscules fleurs roses, \u00e0 peine visibles dans leur involucre de bract\u00e9es scarieuses argent\u00e9es, passent ais\u00e9ment inaper\u00e7ues. Ce n&rsquo;est pas une plante spectaculaire, mais sa capacit\u00e9 \u00e0 coloniser les milieux les plus pauvres et les plus secs t\u00e9moigne d&rsquo;une remarquable adaptation aux conditions x\u00e9riques.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u0153illet prolif\u00e8re ne poss\u00e8de aucun usage m\u00e9dicinal document\u00e9 et ne pr\u00e9sente pas d&rsquo;int\u00e9r\u00eat pharmacologique connu. Comme la plupart des Caryophyllac\u00e9es non officinales, il ne contient pas de principes actifs th\u00e9rapeutiques significatifs. Son int\u00e9r\u00eat est avant tout \u00e9cologique (indicateur de pelouses s\u00e8ches oligotrophes) et botanique (taxonomie du genre <em>Petrorhagia<\/em>). Cette monographie documente les aspects botaniques, \u00e9cologiques et patrimoniaux de cette esp\u00e8ce modeste mais repr\u00e9sentative de la flore des milieux secs europ\u00e9ens.<\/p>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>L&rsquo;\u0153illet prolif\u00e8re porte le nom scientifique <em>Petrorhagia prolifera<\/em> (L.) P.W. Ball &amp; Heywood. Le basionyme est <em>Dianthus prolifer<\/em> L. L&rsquo;esp\u00e8ce a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 class\u00e9e dans les genres <em>Tunica<\/em> et <em>Kohlrauschia<\/em>. Elle appartient \u00e0 la famille des <strong>Caryophyllaceae<\/strong>, sous-famille des Caryophylloideae, tribu des Caryophylleae. Le genre <em>Petrorhagia<\/em> comprend une trentaine d&rsquo;esp\u00e8ces euro-m\u00e9diterran\u00e9ennes.<\/p>\n<p>Le nom <em>Petrorhagia<\/em> vient du grec <em>petra<\/em> (rocher) et <em>rhagos<\/em> (fissure), en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l&rsquo;habitat rupicole de certaines esp\u00e8ces. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>prolifera<\/em> fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la succession de fleurs dans le m\u00eame capitule (une seule fleur ouverte \u00e0 la fois, les autres en bouton prolif\u00e9rant dessous). Les noms vernaculaires sont : \u00ab \u0153illet prolif\u00e8re \u00bb, \u00ab tunique prolif\u00e8re \u00bb en fran\u00e7ais ; \u00ab proliferous pink \u00bb ou \u00ab childing pink \u00bb en anglais ; \u00ab Sprossende Felsennelke \u00bb en allemand.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>L&rsquo;\u0153illet prolif\u00e8re est une plante annuelle (parfois bisannuelle) de 15 \u00e0 50 cm de hauteur, \u00e0 tige dress\u00e9e, gr\u00eale, simple ou peu ramifi\u00e9e, glabre, \u00e0 n\u0153uds renfl\u00e9s. Les feuilles sont oppos\u00e9es, lin\u00e9aires, aigu\u00ebs, de 2 \u00e0 5 cm de long, conn\u00e9es \u00e0 la base (soud\u00e9es autour de la tige), glabres, \u00e0 nervure m\u00e9diane marqu\u00e9e.<\/p>\n<p>Les fleurs sont group\u00e9es en capitules terminaux denses, entour\u00e9s d&rsquo;un involucre de bract\u00e9es scarieuses, membraneuses, argent\u00e9es, qui d\u00e9passent le calice. Les capitules, de 10 \u00e0 15 mm de diam\u00e8tre, contiennent 5 \u00e0 15 fleurs, dont une seule s&rsquo;ouvre \u00e0 la fois. Chaque fleur est petite (5-8 mm), \u00e0 5 p\u00e9tales roses \u00e0 lilas p\u00e2le, denticul\u00e9s au sommet, \u00e0 onglet long enferm\u00e9 dans le calice tubuleux. Les \u00e9tamines sont au nombre de 10 et les styles de 2. Le fruit est une capsule s&rsquo;ouvrant par 4 dents. Les graines sont petites, noires, disco\u00efdes, finement tubercul\u00e9es. La floraison s&rsquo;\u00e9tale de mai \u00e0 septembre.<\/p>\n<hr>\n<h3>Habitat et r\u00e9partition g\u00e9ographique<\/h3>\n<p>L&rsquo;\u0153illet prolif\u00e8re est une esp\u00e8ce euro-m\u00e9diterran\u00e9enne largement r\u00e9pandue dans toute l&rsquo;Europe temp\u00e9r\u00e9e et m\u00e9ridionale, de la Grande-Bretagne \u00e0 l&rsquo;Asie Mineure, et de la Scandinavie m\u00e9ridionale \u00e0 l&rsquo;Afrique du Nord. Il a \u00e9t\u00e9 introduit en Am\u00e9rique du Nord, en Australie et en Afrique du Sud. En France, il est commun dans presque toutes les r\u00e9gions, de la plaine jusqu&rsquo;\u00e0 1 200 m environ.<\/p>\n<p>Il colonise les pelouses s\u00e8ches, les friches, les bords de chemins, les voies ferr\u00e9es, les champs sablonneux, les murs et les dalles rocheuses. Il affectionne les sols pauvres, sablonneux ou graveleux, acides \u00e0 neutres, bien drain\u00e9s, en exposition ensoleill\u00e9e. C&rsquo;est une esp\u00e8ce th\u00e9rophyte pionni\u00e8re, caract\u00e9ristique des pelouses annuelles des <em>Sedo-Scleranthetea<\/em> et des <em>Thero-Airetea<\/em>. Sa petite taille et son cycle court lui permettent de compl\u00e9ter son d\u00e9veloppement avant la s\u00e9cheresse estivale.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9cologie et culture<\/h3>\n<p>L&rsquo;\u0153illet prolif\u00e8re est une plante annuelle pionni\u00e8re parfaitement adapt\u00e9e aux milieux secs et pauvres. Il se reproduit exclusivement par graines, qui germent en automne ou au d\u00e9but du printemps. Le cycle de vie court (quelques mois) lui permet d&rsquo;achever sa reproduction avant la s\u00e9cheresse estivale. La banque de graines dans le sol assure la p\u00e9rennit\u00e9 des populations d&rsquo;une ann\u00e9e \u00e0 l&rsquo;autre.<\/p>\n<p>En culture, le semis se fait au printemps ou en automne, directement en place, sur un sol bien drain\u00e9, sablonneux ou graveleux, en plein soleil. Les graines sont minuscules et ne doivent pas \u00eatre recouvertes. La germination a lieu en 1 \u00e0 3 semaines. La plante ne n\u00e9cessite aucun entretien, aucune fertilisation (qui la d\u00e9favoriserait au profit de plantes plus comp\u00e9titives) et aucun arrosage. Elle est int\u00e9ressante pour les prairies s\u00e8ches reconstitu\u00e9es, les jardins de gravier, les toitures v\u00e9g\u00e9talis\u00e9es et les espaces de faible entretien. Elle se ress\u00e8me spontan\u00e9ment et forme des populations persistantes dans les conditions favorables.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>La composition chimique de <em>Petrorhagia prolifera<\/em> n&rsquo;a fait l&rsquo;objet d&rsquo;aucune \u00e9tude phytochimique approfondie. Par analogie avec les Caryophyllac\u00e9es apparent\u00e9es (genres <em>Dianthus<\/em>, <em>Saponaria<\/em>, <em>Gypsophila<\/em>), on peut s&rsquo;attendre \u00e0 la pr\u00e9sence de <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/saponines-triterpeniques\/\">saponines triterp\u00e9niques<\/a><\/strong> en faible quantit\u00e9, de <strong>flavono\u00efdes<\/strong> (notamment des glycosides de <strong>vitexine<\/strong> et d&rsquo;<strong>isovitexine<\/strong>, courants dans la famille), et de <strong>phytost\u00e9rols<\/strong>.<\/p>\n<p>Les Caryophyllac\u00e9es sont connues pour contenir des <strong>ecdyst\u00e9ro\u00efdes<\/strong> (hormones de mue des insectes) chez certaines esp\u00e8ces, mais leur pr\u00e9sence chez <em>P. prolifera<\/em> n&rsquo;est pas document\u00e9e. Les feuilles contiennent probablement des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> courants et de la <strong>vitamine C<\/strong> en faible quantit\u00e9. La petite taille de la plante et sa biomasse r\u00e9duite n&rsquo;ont pas encourag\u00e9 les recherches phytochimiques. L&rsquo;absence de compos\u00e9s bioactifs remarquables explique l&rsquo;absence totale d&rsquo;usage m\u00e9dicinal.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>Aucune propri\u00e9t\u00e9 pharmacologique n&rsquo;est document\u00e9e pour <em>Petrorhagia prolifera<\/em>. La plante n&rsquo;a fait l&rsquo;objet d&rsquo;aucune \u00e9tude pharmacologique in vitro ou in vivo. Les saponines, si elles sont pr\u00e9sentes, pourraient th\u00e9oriquement conf\u00e9rer des propri\u00e9t\u00e9s <strong>h\u00e9molytiques<\/strong>, <strong>expectorantes<\/strong> et <strong>molluscicides<\/strong> \u00e0 forte dose, comme chez d&rsquo;autres Caryophyllac\u00e9es saponif\u00e8res (saponaire, gypsophile).<\/p>\n<p>Les flavono\u00efdes potentiellement pr\u00e9sents poss\u00e9deraient des propri\u00e9t\u00e9s <strong>antioxydantes<\/strong> et <strong>anti-inflammatoires<\/strong> modestes, mais ces activit\u00e9s sont ubiquitaires dans le r\u00e8gne v\u00e9g\u00e9tal et ne sont pas sp\u00e9cifiques. En r\u00e9sum\u00e9, l&rsquo;\u0153illet prolif\u00e8re ne pr\u00e9sente aucun potentiel th\u00e9rapeutique identifi\u00e9. Sa petite taille et son faible rendement en biomasse rendent par ailleurs toute valorisation pharmacologique impraticable.<\/p>\n<hr>\n<h3>Utilisations en m\u00e9decine traditionnelle<\/h3>\n<p>L&rsquo;\u0153illet prolif\u00e8re n&rsquo;est mentionn\u00e9 dans aucune pharmacop\u00e9e traditionnelle, aucun herbier m\u00e9dical historique, ni aucune tradition de m\u00e9decine populaire connue. Il ne figure dans les ouvrages ni de Dioscoride, ni de Matthiole, ni des m\u00e9decins du Moyen \u00c2ge. Aucun usage ethnobotanique n&rsquo;est rapport\u00e9 dans la litt\u00e9rature scientifique.<\/p>\n<p>Cette absence totale d&rsquo;usage m\u00e9dicinal s&rsquo;explique par la discr\u00e9tion de la plante (minuscule, sans odeur ni saveur particuli\u00e8re), l&rsquo;absence de compos\u00e9s actifs remarquables et la disponibilit\u00e9 de nombreuses autres Caryophyllac\u00e9es plus grandes et plus actives (saponaire, \u0153illets odorants). L&rsquo;esp\u00e8ce n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 distingu\u00e9e du cort\u00e8ge des petites herbes des lieux secs pour un quelconque emploi m\u00e9dical ou alimentaire.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Donn\u00e9es cliniques limit\u00e9es ; usage essentiellement traditionnel. <strong>Niveau de preuve :<\/strong> usage traditionnel.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Flavono\u00efdes<\/td>\n<td>Flavono\u00efde<\/td>\n<td>Antioxydant, anti-inflammatoire<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Vitexine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Isovitexine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Phytost\u00e9rols<\/td>\n<td>Phytost\u00e9rol<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Ecdyst\u00e9ro\u00efdes<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>Aucune posologie ni forme d&#8217;emploi n&rsquo;est applicable \u00e0 l&rsquo;\u0153illet prolif\u00e8re en raison de l&rsquo;absence totale d&rsquo;usage m\u00e9dicinal. La plante n&rsquo;entre dans la composition d&rsquo;aucune pr\u00e9paration pharmaceutique, hom\u00e9opathique, cosm\u00e9tique ou alimentaire connue.<\/p>\n<p>Son seul int\u00e9r\u00eat pratique est botanique et \u00e9cologique : elle est parfois incluse dans les m\u00e9langes de semences pour prairies s\u00e8ches et pour la restauration de pelouses oligotrophes. Les graines sont disponibles chez quelques fournisseurs sp\u00e9cialis\u00e9s en semences sauvages. Son emploi en toiture v\u00e9g\u00e9talis\u00e9e extensive est envisageable en raison de sa tol\u00e9rance \u00e0 la s\u00e9cheresse et aux sols superficiels.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>L&rsquo;\u0153illet prolif\u00e8re ne pr\u00e9sente aucune toxicit\u00e9 connue. Il n&rsquo;est pas signal\u00e9 comme plante toxique pour l&rsquo;homme ni pour le b\u00e9tail. Aucun cas d&rsquo;intoxication n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9. Les saponines potentiellement pr\u00e9sentes sont en concentrations trop faibles pour poser un quelconque risque.<\/p>\n<p>Le pollen de Caryophyllac\u00e9es est entomophile et produit en quantit\u00e9s modestes, ne contribuant pas significativement aux allergies polliniques. Aucun cas d&rsquo;allergie de contact n&rsquo;est document\u00e9. La plante est consid\u00e9r\u00e9e comme totalement inoffensive. La seule pr\u00e9caution th\u00e9orique concerne les personnes atteintes de favisme (d\u00e9ficit en G6PD) en cas de consommation massive de Caryophyllac\u00e9es contenant de la vicine, mais ce risque est purement hypoth\u00e9tique pour cette esp\u00e8ce.<\/p>\n<hr>\n<h3>Interactions m\u00e9dicamenteuses<\/h3>\n<p>Aucune interaction m\u00e9dicamenteuse n&rsquo;est pertinente pour l&rsquo;\u0153illet prolif\u00e8re en l&rsquo;absence d&rsquo;usage m\u00e9dicinal ou alimentaire. La plante ne contient aucun compos\u00e9 connu pour interf\u00e9rer avec le m\u00e9tabolisme des m\u00e9dicaments. Cette rubrique est sans objet pour cette esp\u00e8ce.<\/p>\n<p>Par principe, si la plante \u00e9tait consomm\u00e9e accidentellement (ce qui est improbable), aucun risque d&rsquo;interaction avec des m\u00e9dicaments ne serait attendu, compte tenu de l&rsquo;absence de compos\u00e9s bioactifs significatifs dans sa composition.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9tudes cliniques et scientifiques<\/h3>\n<p>Aucune \u00e9tude clinique ni pharmacologique n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 men\u00e9e sur <em>Petrorhagia prolifera<\/em>. Les \u00e9tudes scientifiques concernant cette esp\u00e8ce sont exclusivement botaniques, taxonomiques et \u00e9cologiques. Des travaux de syst\u00e9matique mol\u00e9culaire ont pr\u00e9cis\u00e9 la position du genre <em>Petrorhagia<\/em> au sein des Caryophyllac\u00e9es et ses relations avec les genres voisins (<em>Dianthus<\/em>, <em>Kohlrauschia<\/em>).<\/p>\n<p>Des \u00e9tudes phytosociologiques ont document\u00e9 la pr\u00e9sence de l&rsquo;esp\u00e8ce dans les communaut\u00e9s v\u00e9g\u00e9tales de pelouses s\u00e8ches \u00e0 travers l&rsquo;Europe. Des travaux de biologie de la reproduction ont \u00e9tudi\u00e9 les m\u00e9canismes de floraison successive (prolif\u00e9ration) et de dispersion des graines. Des \u00e9tudes d&rsquo;\u00e9cologie urbaine ont not\u00e9 sa pr\u00e9sence dans les interstices des trottoirs et les espaces rud\u00e9raux des villes, t\u00e9moignant de sa capacit\u00e9 d&rsquo;adaptation aux milieux anthropis\u00e9s.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>L&rsquo;\u0153illet prolif\u00e8re n&rsquo;est inscrit \u00e0 aucune pharmacop\u00e9e et ne poss\u00e8de aucun statut de plante m\u00e9dicinale. Il n&rsquo;est pas list\u00e9 dans les plantes autoris\u00e9es ou interdites dans les compl\u00e9ments alimentaires. Il ne fait l&rsquo;objet d&rsquo;aucune r\u00e9glementation phytopharmaceutique ni cosm\u00e9tique.<\/p>\n<p>La plante n&rsquo;est pas prot\u00e9g\u00e9e en France, \u00e9tant commune et largement r\u00e9pandue. Certaines esp\u00e8ces voisines du genre <em>Petrorhagia<\/em>, plus rares, peuvent b\u00e9n\u00e9ficier de protections locales. La cueillette de l&rsquo;\u0153illet prolif\u00e8re n&rsquo;est soumise \u00e0 aucune restriction. L&rsquo;esp\u00e8ce est disponible dans le commerce sp\u00e9cialis\u00e9 en semences de fleurs sauvages pour les projets de v\u00e9g\u00e9talisation et de restauration \u00e9cologique.<\/p>\n<hr>\n<h3>Aspects culturels et historiques<\/h3>\n<p>L&rsquo;\u0153illet prolif\u00e8re est une plante discr\u00e8te, pratiquement absente de l&rsquo;histoire culturelle et litt\u00e9raire. Contrairement aux grands \u0153illets odorants (<em>Dianthus caryophyllus<\/em>), il n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 cultiv\u00e9 pour ses fleurs ni utilis\u00e9 en parfumerie. Linn\u00e9 l&rsquo;avait class\u00e9 dans le genre <em>Dianthus<\/em> sous le nom de <em>Dianthus prolifer<\/em> dans son <em>Species Plantarum<\/em> de 1753.<\/p>\n<p>Le transfert dans le genre <em>Petrorhagia<\/em> par Ball et Heywood en 1964 illustre l&rsquo;\u00e9volution de la taxonomie des Caryophyllac\u00e9es au XXe si\u00e8cle. Le terme \u00ab prolif\u00e8re \u00bb est int\u00e9ressant sur le plan botanique : il d\u00e9signe le mode de floraison en succession, une seule fleur s&rsquo;ouvrant \u00e0 la fois dans le capitule tandis que les bourgeons inf\u00e9rieurs \u00ab prolif\u00e8rent \u00bb. Cette strat\u00e9gie reproductive \u00e9tale la floraison sur plusieurs semaines, maximisant les chances de pollinisation et de production de graines dans un environnement o\u00f9 les pollinisateurs peuvent \u00eatre rares.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>L&rsquo;\u0153illet prolif\u00e8re est un repr\u00e9sentant typique de la flore modeste des pelouses s\u00e8ches europ\u00e9ennes, sans int\u00e9r\u00eat phytoth\u00e9rapique mais dot\u00e9 d&rsquo;une valeur \u00e9cologique r\u00e9elle en tant qu&rsquo;indicateur de milieux oligotrophes et x\u00e9riques. Sa capacit\u00e9 \u00e0 coloniser les milieux les plus pauvres en fait un acteur important de la dynamique pionni\u00e8re des pelouses s\u00e8ches et un candidat int\u00e9ressant pour la v\u00e9g\u00e9talisation \u00e9cologique de sols difficiles.<\/p>\n<p>Les perspectives pour cette esp\u00e8ce sont essentiellement li\u00e9es \u00e0 la conservation et \u00e0 la restauration des pelouses s\u00e8ches, habitats prioritaires de la directive europ\u00e9enne Habitats menac\u00e9s par l&rsquo;eutrophisation, la fermeture du milieu et l&rsquo;urbanisation. L&rsquo;\u0153illet prolif\u00e8re rappelle que la biodiversit\u00e9 ne se r\u00e9duit pas aux esp\u00e8ces spectaculaires et que les plantes les plus discr\u00e8tes jouent un r\u00f4le fonctionnel irrempla\u00e7able dans les \u00e9cosyst\u00e8mes.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/results?q=Petrorhagia%20prolifera\">Plants of the World Online, Kew : <em>Petrorhagia prolifera<\/em><\/a>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/?s=Petrorhagia+prolifera\">Tela Botanica \/ eFlore : <em>Petrorhagia prolifera<\/em><\/a>.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Expectorant (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antioxydant<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;\u0153illet prolif\u00e8re (Petrorhagia prolifera (L.) P.W. Ball &amp; Heywood) est une petite plante annuelle de la famille des Caryophyllac\u00e9es, discr\u00e8te habitante des pelouses s\u00e8ches, des [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[9],"tags":[],"class_list":["post-834","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-caryophyllacees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/834","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=834"}],"version-history":[{"count":9,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/834\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13829,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/834\/revisions\/13829"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=834"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=834"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=834"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}